Disclaimer : histoire se basant sur les écrits de J.
Rating : G
Beta readers : Cassiopee008
Merci aux reviewer anonymes.
Désolée pour le retard de publication. On va dire que c'est parce que ce sont les vacances… ^u^ (vive les excuses bidons). En tout cas je voulais vous remercier pour les reviews détaillées ou juste d'encouragement. Ce chapitre est un peu court mais plus heureux que d'autres que j'ai écrit. Bonne lecture.
PS : j'ai répondu à toutes les reviews, même les encouragements. Je ne dis pas que je le ferai à chaque fois, mais je voulais juste pouvoir remercier personnellement tous ceux qui me soutiennent ou me donne des critiques constructives. Je suis vraiment très honorée de vos commentaires.
PPS : certains ont été déçu de l'arrivée de Ginny. Je sais, j'aurais pu l'annoncer plus tôt mais je voulais garder la surprise. J'espère que vous n'aurez pas été trop déçu de ce pairing.
Chapitre 29 – La fl'âme de la vie.
Harry se réveilla dans un lit. Des voix grondaient autour de lui.
- Ne … pas… Clair…
- … Question…
- Lit… Ici…
- … Directeur… Décide…
- Ginny…
« Ginny » se répéta Harry intérieurement. Ginny… La femme aux cheveux roux qu'il aimait plus que tout. Celle qui avait disparu après l'attaque des Weasley. Celle qu'il avait cru revoir dans la grande salle. Cru revoir ? Était-ce une hallucination ? Cela avait l'air terriblement réel. Ses yeux, sa bouche, sa chevelure, ses pommettes, … Il l'avait vu étonnée mais souriante. La vue était facile à tromper. Mais il y avait aussi son odeur, son parfum. Ce parfum citronné qui au départ était dû aux lotions désodorisantes qu'elle utilisait après ses cours de potion. Puis elle s'y était attachée et avait acheté du parfum. Une odeur entêtante. Peu courante et que beaucoup associaient à des produits ménagers. Et puis il y avait sa voix, sa voix si banale, sans particularité, ni grave, ni aigue, sans accent, mais que Harry reconnaitrait les yeux fermé grâce aux expirations que Ginny laissait durer un infime moment après chaque mot. Infime mais suffisant pour qu'Harry la reconnaisse. Elle l'avait aussi touchée. Sa peau n'était pas comme dans ses souvenirs, douce et pleine de grain de beauté. Non elle était plus rugueuse, comme fatigué d'avoir trop travaillée sur des potions. Mais Harry savait que pour s'occuper, alors qu'elle était assignée à résidence pour sa propre protection, Ginny s'était investie dans la science des potions et autres élixirs. C'était donc normal que ses mains soient plus rugueuses. C'était dans la logique des choses. Et le reste de sa peau semblait toujours aussi douce même s'il n'avait pu la toucher. Sa vue, son odorat, son ouïe, et son toucher pouvaient-ils s'être trompés ? Il avait l'habitude de dire que si les cinq sens envoyaient des signaux cohérents alors ce n'était pas une illusion. Et il avait entendu son prénom.
Dans un ultime effort, Harry essaya d'ouvrir les yeux mais la lumière l'aveugla. Il préféra donc la parole.
- Ginny, murmura-t-il à voix haute espérant par quelque miracle que la voix de sa bien-aimée lui réponde.
Aussitôt une main vient se glisser dans la sienne.
- Je suis là, Harry.
Était-ce encore une hallucination ? Harry aurait dû ouvrir les yeux. Il s'en sentait la force. Mais s'il les ouvrait et découvrait une autre personne ? Une lointaine aïeule à Ginny qui avait la même voix ?
- Est-ce que ça va Harry?
Harry ouvrit doucement les yeux, puis clignota plusieurs fois des paupières avant de pouvoir assimiler ce qu'il voyait. Il avait devant lui Ginny, du moins une image parfaite de ce qu'elle devait ressembler quand elle avait disparu. Son ventre était rond, et Harry mourrait de le toucher pour vérifier que l'enfant était en vie.
- Est-ce que ça va Harry ?
- Je crois.
Harry avait du mal à se concentrer et l'image de son épouse reconnue comme défunte par la communauté magique n'aidait pas. Il voulait bouger le bras, mais il sentit que c'était au-dessus de ses forces pour le moment.
- Bonjour Harry, commença Albus.
Harry détourna le regard de cette hallucination pour se fixer sur son directeur.
- Bonjour Albus.
Regarder Albus était plus facile. Il était cohérent et plausible que son directeur, et père adoptif, soit à son chevet. Pas Ginny.
Harry bailla avant de sentir la fatigue revenir en force. Il ne voulait pas se rendormir.
- Harry, reprit Ginny, avec urgence. J'ai besoin que tu m'expliques la situation.
Harry la dévisagea, étudiant tous les traits de son visage. Il avait du mal à se concentrer et à garder les paupières levées.
- Quel code ?
Cette phrase le ramena plusieurs mois en arrière, à une époque où la guerre était omniprésente.
- Bleu, précisa Harry. Non, violet. Sauf Albus, tu peux lui faire confiance. Bleu pour Albus.
- Bien, répéta Ginny avant qu'il ne se rendorme.
Les codes de couleurs leur permettaient durant la guerre de déterminer le niveau de danger. Ils avaient repris ces codes des Aurors. Le code bleu signifiait que tout allait bien. La place était sécurisée.
Le code violet ne présentait pas de menaces mais signalait que des oreilles indiscrètes ou des ennemis pouvaient être présents. Il fallait tenir sa langue et être sur ses gardes. Sa baguette devait être à porter de main.
Le code orange présentait un risque certain de dérapage, même si celui-ci n'était pas imminent. La personne devait en premier choix sortir discrètement de l'endroit où il se trouvait, ou bien s'il devait rester en position, conjurer quelques sorts de protections.
Enfin le code rouge affichait clairement une menace imminente. Il fallait sortir immédiatement du lieu où l'on se trouvait et trouver un coin sûr. Ses chances de survivre diminuaient de manière exponentielle en fonction du temps passé dans un lieu zoné en rouge.
Harry se réveilla quelques minutes plus tard, ou était-ce des heures ? Il avait perdu toute notion de temps. Mais ce qu'il pouvait dire était que la main de Ginny était toujours dans la sienne. Il n'avait pas ouvert les yeux, pour savourer encore quelques secondes le contact de sa main avec celle de sa femme. C'était elle, il en était certain. Et la voix qui retentit lui confirma ses convictions.
- Il se réveille
Harry sentit qu'on lui fit avaler une potion.
- Je l'ai vérifiée, précisa Albus.
Harry avala. Même sans l'avertissement de son père adoptif, la main de Ginny dans la sienne aurait pu le pousser à faire n'importe quoi. Il avait une telle confiance en elle, que même les yeux fermés, il pouvait boire tout ce qu'elle lui donnait. Un jour, Albus l'avait mis en garde contre cette confiance naturelle qu'il accordait à ses amis. Ses parents étaient morts car un ami les avait trahis. Non pas que Ginny, Ron ou Hermione allaient le trahir, mais il devait faire attention. Harry l'avait écouté attentivement et avait appliqué cette maxime à tous ses amis… sauf à Ginny, Hermione et Ron. Il n'avait pu ne serait-ce que douter d'eux. Si un jour il était trahi par eux, alors il préférait mourir que de vivre avec ce poids qui avait rongé le cœur de Remus et Sirius.
L'effet de la potion se fit sentir rapidement. Il se sentit revigoré, et alerte, tandis qu'un gout d'orange s'éternisait dans sa bouche. Pompom s'améliorait. Ses potions n'avaient plus de gouts infects. Une seconde Harry songea qu'elle faisait peut-être exprès de faire boire des potions infectes à ses élèves pour qu'ils ne jouent pas la comédie… Harry allait approfondir cette pensée, quand Albus le fit revenir à lui.
- Harry, nous avons besoin de ton attention.
- Oui ?
- Harry, pourrais-tu me raconter ce qui s'est passé dans la grande salle ?
Harry sourit malgré lui. Albus aurait pu commencer en lui expliquant ce qui s'était passé, en l'informant des échanges qu'il avait forcément eu avec Ginny, mais il préférait d'abord le questionner. Un instant, Harry eut la sensation de retrouver son ancien mentor lorsque lui n'était qu'un enfant. Un homme manipulateur, mais pour le plus grand bien.
- Toujours le même, fit amusé Harry. Vous posez les questions et demandez aux autres de vous aider, mais vous ne rendez pas la pareille.
Albus cligna des yeux surpris du ton d'Harry et du vouvoiement. Ginny rapprocha sa main de sa baguette comprenant ou croyant qu'Harry n'était peut-être pas en si bons termes avec le directeur.
- Non, Ginny, l'arrêta son mari. On peut lui faire confiance. D'ailleurs il est mon père… disons adoptif ici. Est-ce que tu vas bien ? Le bébé…
- Le bébé va bien. Et moi aussi.
Harry soupira de soulagement.
- T'a-t-il expliqué la situation ?
Harry n'avait posé aucune question à sa dulcinée, pour vérifier si c'était elle. Il aurait dû lui demander ce qui s'était passé, pourquoi elle était là, était-ce bien elle ? Mais il ne voulait pas poser des questions. Premièrement car il était certain que c'était elle. Il le sentait au plus profond de lui. Et deuxièmement, car l'aura de Ginny le lui confirmait. Et ceci ne pouvait laisser aucun doute.
- Je suis désolé Harry, s'excusa le directeur. J'essaye juste de reconstituer le puzzle. Mais je me rends compte que pour toi, celui-ci doit être encore plus obscur. Ginny ici présente m'a expliqué qu'elle était chez ses parents avec sa mère, un de ses frères, et la famille de son frère. Ils étaient tranquillement dans la maison, quand …
- Quand la pendule avec nos noms a vibré et a montré que mon père et Percy était morts. Maman a hurlé et on a entendu du bruit. On a vite compris, sans vraiment savoir comment, que les Mangemort nous avaient retrouvés. Maman m'a ordonné de fuir et c'est ce que j'ai fait. Comme il y avait un sort d'antitransplanage je me suis enfui par le jardin. Les fleurs et champs étaient hauts, je pensais m'y réfugier. Puis j'ai vu un homme à mes trousses. Courir ne m'était pas facile dans mon état et il allait vite me rattraper. Je croyais que j'étais fichue quand j'ai vu un vortex s'ouvrir devant moi. Normalement je n'y serais jamais rentrée, mais c'était ça ou mourir sous la baguette d'un Mangemort. Je n'ai pas hésité une seconde. Après je t'ai retrouvé inconscient dans la grande salle de Poudlard. J'ai appelé à l'aide et la porte s'est rouverte. Albus était le premier à passer. J'ai cru que la situation était normale, puis j'ai vu d'autres professeurs qui n'auraient pas dû être là… J'ai pris peur. J'ai érigé un bouclier autour de nous.
- Un bouclier impressionnant, commenta le directeur. Elle n'a pas voulu nous laisser te soigner. J'ai vite compris qui elle était. Mais je ne voyais pas comment t'approcher.
- Pour moi c'était un code rouge, précisa Ginny. Je cherchais un moyen de nous faire partir. J'étais paniquée.
- J'ai dû demander aux professeurs de quitter de nouveau la salle. Quand il ne resta plus que nous deux, je lui ai raconté ce que je savais.
- Un monde alternatif, s'exclama Ginny d'un ton qui laissait transparaître son étonnement initial. Comment cela peut-il exister ?
- Et finalement, elle a bien voulu que je t'ausculte, précisa son directeur.
Harry souleva un sourcil d'étonnement.
- Pendant mes études j'ai un peu étudié la médicomagie, précisa Albus. Bref, je lui ai dit que tu semblais juste épuisé magiquement et que d'après moi, c'était dû au fait que tu l'avais attirée ici. La première fois que je t'ai vu, tu étais exténué magiquement et c'était juste après avoir fait un vortex. Comme tout était fermé et qu'une demoiselle était apparue j'en ai déduit que c'était toi qui l'avait faite apparaître. Comme la demoiselle te connaissait très bien et correspondait au portrait de Ginny que tu m'avais si finement détaillé, j'en ai conclu rapidement que tu ne t'étais pas contenté de transporter quelqu'un à l'intérieur de Poudlard, mais que tu avais amené une personne d'un autre monde.
- Il m'a confié ses hypothèses et j'ai décidé de le croire temporairement. De toute façon si ce n'était pas Albus, alors j'étais finie. Cela voulait dire que Poudlard et Albus Dumbledore étaient tombés, et donc il n'y avait plus d'espoir.
Harry se rembrunit. Albus était tombé mais il avait pris la relève. Poudlard n'était, elle, jamais tombée.
- Après, Ginny et moi avons attendus que tu te réveilles pour qu'elle puisse avoir confirmation de ta part que tout était OK. Durant ce laps de temps, elle n'a pas voulu nous laisser t'administrer quoique ce soit, ce qui n'était pas réellement un problème car c'était de sommeil dont tu avais essentiellement besoin.
- J'ai autorisé les potions uniquement après ton accord. Quand tu m'as dit que je pouvais avoir confiance en Albus.
- C'est parfait, confirma Harry.
Les événements lui revenant en mémoire, Harry demanda :
- Et pour Gilbert Gibbon ?
- Il est en vie. Il a subi des sorts de douleurs, mais il a survécu. Il est maintenant sous bonne garde à Saint Mangouste. Plusieurs témoins ont vu la marque de Mangemort sur son épaule. Il va être jugé pour son appartenance à ce groupe terroriste.
- Bien.
- Harry nous sommes vraiment dans un monde alternatif ?
- Oui. Ici Albus, avec d'autres Aurors, ont tué le corps de Voldemort en 1977. Ca a changé beaucoup de choses.
- C'est ce qu'il m'a dit.
- Il y a mes parents ici. Ils sont en vie.
- Oh Harry ! S'émut Ginny. Je n'ai pas encore vu tes parents, mais ils doivent être très jeunes.
Le visage de Ginny s'assombrit.
- Est-ce que ma mère, mon frère…
- Oui, termina Harry. Ils sont morts.
Ginny porta la main à son ventre et grimaça.
- Ça va ?
- Oui.
- Non, corrigea Albus. Ginny refuse d'être auscultée. Mais elle a beaucoup de crampes. Pompom craint que l'enfant soit en danger.
- N'importe quoi, précisa Ginny. J'ai survécu à pire. Ce sont juste des crampes de grossesse.
Ginny mentait, il le savait et elle aussi. Harry s'alarma.
- Ginny il faut te faire ausculter.
- Et comment j'aurais fait, s'énerva celle-ci. J'arrive dans un monde où les seules personnes que je reconnais ont rajeuni. Toi tu es étendu par terre inconscient. Que voulais-tu que je fasse ? Allez voir un médecin et te laisser entrer leurs mains ?
- Oui, répondit Harry, de mauvaise foi.
- Harry !
- Ok, capitula. Je comprends mais je t'assure que tu peux avoir confiance en Pompom. C'est la même ici que dans notre monde. Elle râle et t'empêche de sortir tant que tout ne va pas bien. Et j'ai écarté la possibilité d'une hallucination. Nous sommes bien dans un monde alternatif.
- Tu te rends compte, fit avec ironie sa femme, que c'est exactement ce qu'on me dirait si c'était une hallucination.
- Mais…
- Laisse tomber, répondit Ginny. Je compte de toute façon me faire soigner. Je voulais juste te voir en vie et vérifier que tu étais toujours toi-même. Albus pourriez-vous aller chercher Pompom ?
Harry sentit des fourmillements dans son ventre. Ginny savait-elle pour les âmes qui le composaient ?
Le directeur s'éloigna pour aller chercher Pompom.
- Harry, j'ai besoin de savoir. Albus n'a rien voulu me dire tant que je ne serais pas auscultée. Il m'a juste dit que Voldemort a été vaincu. Qui a survécu ? Ron, Hermione ?
Harry hésita.
- Je te dirais cela après que Pompom t'ai auscultée. Les nouvelles sont mauvaises. N'importe quel choc…
- Arrête tes bêtises Harry, l'engueula Ginny. J'ai survécu à l'enfermement et aux Mangemorts, je peux supporter n'importe quelle nouvelle. Je sais déjà que ma famille a été décimée, à part peut-être les jumeaux et Ron. Je peux tout supporter.
Harry hésita.
Ginny grimaça lors d'une crampe.
- Ne pas savoir est pire que de savoir. Si tu veux que notre enfant survive il va te falloir me dire la vérité, Harry James Potter. Et tout de suite.
- Pas de survivant, murmura Harry plus pour lui-même que pour Ginny.
- Quoi ? s'exclama Ginny en se serrant le ventre. Que veux-tu dire pas de survivant ?
- Que ce passe-t-il ? demanda Pompom.
- Harry, hurla Ginny, qu'est-ce que tu veux dire par pas de survivant.
- Clamez-vous, préconisa Pompom.
Ginny l'écarta d'un geste et regarda Harry avant de se retenir de crier face à une crampe qui devenait encore plus douloureuse.
- Aucun n'a survécu. De tous ceux qu'on connaissait, aucun, rajouta Harry. Ron, les jumeaux, Hermione, les professeurs, le directeur, rajouta Harry aucun. De l'ordre, seuls Kingsley et Maugrey ont survécu mais ils sont morts un peu plus tard. Et parmi nos camarades de l'AD, il n'y a aucun survivant.
- Tu mens, cria Ginny plus par déni que parce qu'elle le pensait.
- Monsieur Dumbledore, s'énerva Pompom, sortez de cette infirmerie, vous êtes en train de mettre en danger la vie de votre enfant. On n'annonce pas ce genre de nouvelles à une femme déjà mal en point. Sortez.
- Mais…
- SORTEZ !
Harry s'exécuta et fut reconnaissant à Albus de l'avoir accompagné. Il était encore faible. Pompom devait être vraiment en colère pour mettre à la porte un patient qui avait encore besoin de ses soins.
- Je suis navré, précisa ce dernier.
- Ginny m'a dit que si je ne lui racontais pas tout, elle allait avoir encore plus de crampes. Tu crois que j'ai aggravé son cas ?
- Je ne crois rien Harry, et nous saurons rapidement si tout se passe bien. Tout ce que je peux te dire c'est qu'elle est entre de bonnes mains. Pompom est une très bonne infirmière. Peut-être même la meilleure.
Harry hocha la tête et su décrypter entre les lignes. Oui, il avait aggravé la situation. Mais comment aurait-il pu ne pas dire la vérité à Ginny. Elle lui avait demandé, et il n'avait jamais su lui mentir.
Soudain Harry réalisa qu'il ne l'avait même pas embrassé.
- Je ne veux pas qu'elle meurt, renifla Harry. Et le bébé non plus.
- Je sais, chuchota Albus en le prenant dans ses bras. Je sais.
Harry attendit longtemps. À la fin, il restait fixé sur sa vision elfique du fil de magie qui le reliait à Ginny et celui plus mince et plus fragile de l'enfant qui était dans son ventre.
- Ca va mal !
- Tu n'en sais rien.
- Je le vois au fil de magie de mon enfant. Il tremble et parfois il est moins scintillant.
- Tu n'en sais rien, répéta Albus qui resserra sa main sur son épaule.
Mais cette fois-ci, Harry sentit qu'Albus n'était plus très sûr. Pris de panique, il entra en trombe dans l'infirmerie.
- Ginny !
- Monsieur Dumbledore, je vous ai demandé de sortir, hurla Pompom. Je suis en plein travail.
- Quoi ?
- Elle accouche.
- Quoi ! Mais elle n'en est qu'à 8 mois.
Ginny cria à perdre haleine.
- Oui, confirma Pompom entre deux cris. Mais le bébé veut sortir et on ne peut rien faire contre. Alors retournez dans le couloir immédiatement et laissez-moi faire mon travail.
- Je peux aider.
- M. Dumbledore, fit-elle menaçante.
- Vous êtes seule, vous avez forcément besoin d'aide. Je peux aider.
L'infirmière hésita. Harry se rapprocha et prit la main de Ginny.
- Je veux être là.
- Harry, hurla Ginny.
- Je suis là.
- Si ce bébé ne sort pas immédiatement, je te jure que je lui lance un expulso immédiat.
Harry paniqua. Elle n'allait tout de même pas faire ça !
L'infirmière s'interposa.
- Allez me chercher des potions étiquetées « santoti ». Et plus vite que cela !
Harry lâcha la main de Ginny à regret et chercha dans les étagères. Albus vint le rejoindre et trouva très rapidement les potions.
- Parfois je lui sers d'assistant. Je peux encore le faire aujourd'hui. Ton rôle à toi est de tenir la main de ta femme et de la soutenir.
- Merci.
Harry se pressa auprès de sa femme.
- Où étais-tu passé, hurla Ginny. Si tu te débines, je te jure que le sort de chauve-furie ne sera rien en comparaison de ce qui t'attend.
- Non, je suis là. Je resterai à tes côtés durant tout l'accouchement.
Après une contraction de plusieurs secondes, Ginny sembla avoir changé d'humeur, passant de la colère à la dépression.
- Le bébé. Harry, tu crois qu'il…
- Je suis certain qu'il va s'en sortir.
- Mais si…
- NON. Il va s'en sortir. Avec une mère telle que toi, il ne peut que réussir.
- Non, s'il s'en sort, ce sera parce qu'il a hérité de la force de son père, sourit Ginny.
- Poussez, ordonna Pompom. Allez, poussez !
Harry tint la main de sa femme avec angoisse. De son autre main, il toucha le ventre de sa femme. Il sentait la vie sous ses doigts et sa vision elfique lui montrait un lien provenant du ventre de Ginny. Un lien ténu et faible, mais symbole de vie.
Harry angoissait. Il n'avait jamais eu aussi peur qu'aujourd'hui. Les récents événements n'étaient pas anodins. Lorsque son corps se mutait en fonction des âmes qui le constituait, Harry s'était focalisé sur la seule et unique chose qui lui prouvait qu'il existait lui et personne d'autre : sa femme et son enfant.
Harry comprit que dans la grande salle, il les avait appelés, tous les deux, elle et l'enfant à le rejoindre. Ces souvenirs étaient brumeux, mais il se rappelait distinctement son besoin de les retrouver et sa magie lui obéir dans un seule et même but, les retrouver et les ramener, elle et l'enfant. Oui de cela il en était sûr. Il avait voulu qu'elle soit là et sa magie avait accompli le reste. Le bébé ne pouvait pas mourir. Ginny non plus. Sinon il se sentirait responsable. Non, c'était pire que cela. Il ne pourrait pas les perdre une seconde fois. Il avait besoin d'eux. Il les aimait. Et il ne pouvait pas vivre sans eux.
- Poussez, hurla Pompom. Poussez une dernière fois, je vois sa tête. Allez plus qu'un petit effort.
La tête de Ginny devint rouge pivoine sous l'effort, mais bientôt, le bébé sortit. En silence.
- Est-ce que tout va bien ? demanda Harry en resserrant sa main sur celle de Ginny.
Albus se retourna vers Pompom qui claqua les fesses du bébé.
- Hey, s'interposa Harry. Pourquoi frappe-t-elle mon bébé ?
Mais le Gryffondor fut vite distrait par le bruit qui sortit du bébé. Le sourire de Pompom se fit éclatant avant de couper le cordon et d'examiner le nourrisson.
Harry échangea un regard de pur soulagement avec sa femme, ravie elle aussi d'entendre le bébé crier.
Pompom revint avec le bébé et le mit dans les bras de Ginny.
- Félicitation Madame et Monsieur Dumbledore. Vous avez un beau garçon. Il m'a l'air en pleine forme.
Harry vit une petite chose bouger dans les bras de sa mère. Cette petite chose avait les yeux fixés sur sa mère. Puis soudain ses yeux se détournèrent pour rencontrer ceux de son père.
Père, se répéta Harry.
- Je suis papa, s'enthousiasma Harry.
Alors à cet instant et contre toute attente, Harry se mit à pleurer. Et ce fut la première fois, constata-t-il, qu'il pleurait non pas de désespoir, de tristesse ou de chagrin, mais parce qu'il était heureux.
Tout simplement heureux.
Fin du Chapitre
A dans deux semaines si tout se passe bien. Bises
