Disclamer Les personnages appartiennent à Masami Kurumada.
Béta-lecture Scorpio-no Caro. Un grand merci à toi, tes conseils me sont précieux ! Et je sais que ça prend du temps.
Ignis : Merci beaucoup ! Non Apollon n'a pas fini de mettre le bazar, quand à savoir qui va en pâtir... Voici la suite !
Bonne lecture !
Chapitre 29
L'aube se levait sur la terre.
Dans un chalet, perdu au milieu de la chaîne himalayenne, Hermès, messager de Zeus, attendait impatiemment ses visiteurs.
La porte s'ouvrit enfin laissant passer Athéna escortée du chevalier du Sagittaire en armure, bien évidemment. Ce dernier jeta un regard surpris sur l'intérieur du chalet de montagne qui n'offrait plus rien de l'apparence quelconque que l'on en avait de l'extérieur.
En effet, ils entraient dans un espace qui s'enfonçait sans fin apparente dans la profondeur de la montagne sur laquelle le dit chalet était adossé. La pièce même où ils avaient pénétré ressemblait au hall d'une demeure pour le moins splendide, à l'architecture tout aussi travaillée que le palais du Sanctuaire et dans la plus pure tradition grecque de l'antiquité.
Des dorures d'or fin recouvraient les colonnes le soutenant, un large choix d'œuvres d'art sur des socles de marbre et plusieurs portes s'ouvraient dans les flancs même de la montagne :
- Athéna, sois la bienvenue en ce lieu ! dit Hermès en s'inclinant légèrement devant elle en guise de salut. Tes oncles ne sont pas encore arrivés mais j'ai fait préparer un salon pour vous accueillir. Si vous voulez bien me suivre !
- Bonjour Hermès, répondit la Déesse. Nous te suivons.
Le Dieu ouvrit une porte qui donnait effectivement sur un salon où s'activaient des serviteurs. Un claquement de doigts suffit à les faire quitter rapidement la pièce et ils s'installèrent tous deux dans des canapés devant une collation.
Le décor était, encore une fois, somptueux. Une mosaïque géante, représentant le maître des lieux, occupait tout un pan de mur alors qu'ici et là se trouvaient des peintures et des statues dignes des plus grands musées du monde mais qui jamais n'y pénétreraient.
Si le décor frôlait la perfection des plus grand palais de rois de l'antiquité, l'ameublement était tout ce qu'il y a de plus chic au vingtième siècle, avec juste ce qu'il fallait dans leur conception pour se fondre dans ce décor de rêves sans paraître déplacés par leur confort moderne.
Visiblement, le roi de Dieux avait très bien su s'adapter à toutes les époques.
Par la porte restée ouverte, ils purent voir Poséidon entrer à son tour dans le chalet, rapidement il les rejoignit dans le salon. Il était accompagné du général de Kraken, revêtu de son écaille de mer.
Athéna et son chevalier se levèrent. Un instant Poséidon resta immobile, observant sa nièce alors qu'Aïoros déjà sur ses gardes, tenait dans sa ligne de vision son général, tout prêt à attraper son arc :
- Cela faisait longtemps, Athéna que nous n'avions pas envisagé de faire cause commune, commença le Dieu en guise de salut.
- Effectivement, mon oncle, plusieurs siècles se sont écoulés depuis notre dernière bataille sous une même bannière, confirma le Déesse. Comment vont mes chevaliers en visite dans ton Sanctuaire ?
- Ils se portent à merveille, je les ai laissés aux bons soins de mon bras droit. Ils te reviendront sains et saufs tous les trois, répondit l'Empereur des Mers, insistant bien sur le dernier mot.
- Je t'en remercie.
Cet échange détendit l'atmosphère et Hermès soupira de soulagement. Avec Poséidon, il s'attendait à tout, mais certes pas à autant de bonne volonté. Il n'eut pas le temps de s'interroger davantage que le porte s'ouvrait sur le maître de Enfers, suivi de l'un de ses juges, lui aussi revêtu de son surplis.
Hadès ne perdit pas de temps en salutation protocolaires, il s'arrêta sur le seuil du salon et s'adressa directement à Hermès :
- Conduis-nous à la salle de réunion ! ordonna-t-il.
- Si vite ? ne put s'empêcher de rétorquer Poséidon.
- La situation est grave ! Nous n'avons plus de temps à perdre !
- Que se passe-t-il mon oncle ? interrogea calmement Athéna.
- Des gardes de notre ennemi commun se sont présentés au palais de la Princesse Hilda ce matin ! Nous devons prendre une décision au plus vite !
- Je vais leur envoyer des renforts, dit Athéna en se concentrant un instant pour prendre contact avec son Grand Pope.
Hadès voulut bien patienter quelques minutes de plus, mais rapidement les trois divinités quittèrent le salon, suivant Hermès vers une autre pièce qui se tourna un instant vers leurs trois gardiens avant de sortir :
- Un serviteur va venir s'enquérir de vos désirs mais ne quittez cette pièce sous aucun prétexte pendant l'absence de vos Dieux respectifs où vous en répondrez devant Zeus lui-même !
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Sanctuaire d'Athéna
Shiryu dévalait rapidement les escaliers, des larmes inondant toujours ses yeux, ne voyant pas l'aube s'éveiller sur le Sanctuaire. C'était impossible et pourtant il devait bien s'avouer que mis à part, les émotions de Seiya, il ne ressentait plus vraiment ses autres frères. Depuis combien de temps ? Et pourquoi ? Il ne comprenait pas. Et pourquoi ne s'en était-il pas aperçu avant ?
Seiya l'attendait dans le temple du Sagittaire, le Dragon n'en fut pas surpris :
- Pourquoi cet affolement, c'est si rare de ta part ! s'étonna Pégase un peu inquiet du tumulte qu'il avait ressenti.
Shiryu ravala d'abord ses larmes avant de lui répondre :
- Mais c'est grave ! Je crains qu'on ait perdu le seul moyen de sauver Kanon !
- Calme-toi et explique-toi !
- As-tu pu ressentir les émotions de Hyoga, d'Ikki ou de Shun depuis quelques temps ?
- Je ne sais pas, je n'ai pas vraiment fait attention… avoua Seiya.
- Moi non plus et c'est bien ce qui m'affole ! J'ai peur que nous ayons perdu ce lien qui nous unissait tous les cinq !
- C'est impossible ! affirma Pégase avec une telle certitude qu'elle ébranla un peu le Dragon.
- Pourtant, si nous l'avions toujours ne crois-tu pas qu'ils devraient être là eux aussi ?
- Ce n'est pas si simple Shiryu ! les interrompit Hyoga qui pénétra dans le temple à son tour.
- Comment ? s'étonna le Dragon.
- J'ai perçu une soudaine angoisse, mais j'ai eu plus de mal à situer de qui elle venait que d'habitude, c'est tout, expliqua le Cygne.
- Comment ça ? Moi j'ai su tout de suite que cela venait de Shiryu, remarqua Seiya étonné.
- Sûrement parce que toi et moi, n'avons pas encore créé d'autres liens que le notre, en déduit ce dernier, mais alors…
- Alors il nous faut juste un peu de pratique pour mieux repérer l'émetteur, déclara Shun en entrant avec Ikki.
Le Dragon les regarda tous les quatre et laissa de nouveau les larmes inonder son visage, mais de soulagement cette fois. Il avait eu si peur…
- Croyais-tu vraiment que ce lien pouvait ce briser ? lui demanda Seiya doucement, réalisant l'ampleur de sa frayeur.
- Je ne sais pas…
- Son angoisse est légitime, intervint Ikki. Nous n'avons plus eu besoin d'unir nos cosmos depuis un bon moment et nous vivons chacun de nouvelles expériences qui n'arrangent sûrement pas les choses.
- Tends ta main, lui dit Hyoga en le faisant avec la sienne, chacun d'eux l'imitant.
Leurs mains se joignirent et leurs cosmos jaillirent, s'unissant en un seul, comme il l'avait toujours fait. Et Shiryu comprit brutalement pourquoi son cosmos avait jailli de lui-même la veille dans la bibliothèque, dans les bras de Shion… les liens !
A l'entrée du temple, Ce dernier disparut dans une aura dorée, remontant au palais, rassuré sur le Dragon. C'est en réintégrant son bureau qu'il entendit la voix de sa Déesse.
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Chalet de Zeus
Alors que les divinités disparaissaient dans les confins de la montagne, leurs trois serviteurs se regardèrent, légèrement mal à l'aise.
Debout, ils n'osaient pas encore faire un geste qui aurait pu être mal perçu par l'un des deux autres. Finalement, Aïoros décida que si leurs Dieux devaient unir leurs efforts comme il venait de l'entendre, ils devraient peut-être faire de même, et prit la parole :
- Nous nous trouvons dans une situation inédite à ce jour depuis que je suis chevalier, je suppose que l'on doit au moins faire un minimum d'effort pour ne pas s'entretuer maintenant.
- Je suis d'accord, dit aussitôt Isaak qui n'aurait jamais pensé se trouver en si peu de temps face à autant d'anciens ennemis.
Rhadamanthe se contenta d'hocher la tête en signe d'approbation et s'installa sur le canapé le plus proche se servant un café. Les deux autres l'imitèrent et s'intéressèrent aux différents plats que les serviteurs de ce palais avaient préparés à leurs intentions.
Mais le silence devint bientôt pesant et Isaak finit par poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis leur arrivée :
- Vous croyez vraiment qu'on va devoir de nouveau combattre un autre Dieu ?
- J'espère que non, répondit Aïoros.
- Les chevaliers d'Athéna sont-ils devenus si pleutres ? lui lança Rhadamanthe d'un ton méprisant.
- Il me semble me souvenir que c'est pourtant un chevalier qui t'a battu récemment, lui répondit calmement le Sagittaire en plantant ses yeux verts dans les siens.
Isaak retint son souffle, ces deux-là avaient suspendu tous leurs gestes et gardaient leurs regards rivés l'un à l'autre. Il connaissait l'histoire de chacun d'eux mais ne s'était jamais retrouvé en leurs présences. Déjà qu'il n'aurait jamais pensé se retrouver dans ce rôle-là auprès de son Seigneur…
Comment était-ce arrivé d'ailleurs ? La veille, il se voyait condamné à la punition divine pour son affront mais Poséidon les avait tous deux transporté au sein de l'empire Solo. Là, il lui avait dit d'un ton sans réplique :
- Puisque tu veux tellement soulager ton cher et tendre Sirène dans ses fonctions, prends donc sa place le temps de mon séjour sur Terre. J'ai une réception ce soir, tu seras mon garde du corps ! Trouve-toi un costume digne de ce nom et remplis ton rôle envers moi, alors peut-être envisagerais-je de vous pardonner à tous les deux !
La soirée avait été un véritable cauchemar pour lui, pas du tout habitué à évoluer dans ce monde de financiers bourrés d'une hypocrisie que ses sens hyper développés captaient bien malgré lui. Poséidon, dans le rôle de Julian Solo, y naviguait par contre très à son aise et lui jetait parfois un regard moqueur quand il se retrouvait embarrassé par des avances pour le moins explicites de quelques jeunes gens en manque d'affection.
Il put néanmoins remplir son rôle en s'interposant calmement mais fermement en face d'un homme qui paraissait un peu trop mielleux envers son Seigneur. Un trop plein d'alcool ou une intention plus perfide, Isaak n'aurait pu le dire avec certitude, mais le regard de Poséidon lui confirma qu'il avait agi en conséquence.
Il fut quand même soulagé du départ des derniers invités mais tomba encore une fois des nues quand son Seigneur l'informa qu'il l'accompagnerait le lendemain pour une réunion de la plus haute importance avec d'autres Dieux et qu'il devrait porter son écaille de général.
Et maintenant, il se trouvait en train de jouer les arbitres dans un combat qui le dépassait de loin, que ce soit le juge des Enfers ou le chevalier du Sagittaire, il n'était encore qu'un gamin à leurs yeux !
Rhadamanthe sourit sans arrêter de soutenir le regard vert, mais déjà il avait cessé le combat et revu ses positions. Ce chevalier était bien celui qui avait donné sa première vie pour sa Déesse et n'avait pas hésité une seconde à le refaire devant le Mur des Lamentations.
Aucun doute dans ses yeux mais une profonde invitation à chercher des meilleurs arguments que la guerre, il baissa les siens en signe de respect, Aïoros lui sourit :
- Je vois que nous sommes d'accord sur le principe Rhadamanthe, tu m'en vois ravi ! dit-il lui signifiant ainsi que lui aussi le respectait.
- Espérons que nos Maîtres le seront aussi, répondit le juge en retournant à son café.
A partir de là, une discussion plus légère et moins formelle s'engagea entres les trois protagonistes sur la reconstruction respective de leur domaine. Aucun ne souhaitant aborder le sujet qui les avait tous trois conduits ici.
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Sanctuaire d'Athéna, temple du Bélier
Mu, encore fatigué mais suffisamment remis pour pouvoir faire revivre la deuxième armure d'or des Gémeaux, s'apprêtait pour cette dernière étape, rassemblant tout ce dont il aurait besoin.
Angelo l'accompagnait, refusant toujours qu'il lui donne son sang, préférant nettement offrir le sien :
- Voilà, j'ai tout, allons-y !
- J'ai juste à m'ouvrir les poignets ?
- Oui, et si tu t'évanouis, je te les refermerais, ne t'inquiètes pas ! le rassura son compagnon avec un regard tendre.
Angelo, pas très convaincu mais préférant cette alternative à plus de fatigue de son Bélier adoré s'avança vers l'armure toujours inerte mais un violent rayon d'or le repoussa brutalement cent mètres plus loin où il s'affaissa sur le sol.
Se relevant promptement, il se mit en position de combat, cherchant qui l'avait frappé et eut un instant de stupeur en constatant que Mu s'était également retrouvé à terre mais plus en douceur que lui :
- Mu ? Tout va bien ? Qui c'était ?
- C'est l'armure de Saga, elle refuse ton sang !
- Pourquoi ? demanda le Cancer en s'approchant doucement de son amant.
- Très bonne question, lui répondit Mu dont les yeux scrutaient la dite armure en cherchant la réponse.
- Qu'est-ce qui se passe encore ? intervint Saga en pénétrant dans le temple, arraché à son petit déjeuner par l'appel de sa protection.
- Demande donc à ta capricieuse armure, railla Angelo.
Saga balaya la scène du regard, l'armure de son frère, prête à être réanimée, et la sienne semblant la protéger. Il vit Mu lui faire signe et s'avança doucement, pénétrant avec lui dans l'aura de sa propre armure, mais ils ne purent pas approcher d'assez près de celle de Kanon pour que Saga soit celui que sa jumelle voulait. Ou plutôt exigeait.
Mu recula doucement, entraînant Saga avec lui, quittant l'aura dorée :
- Bon, elle réclame quelqu'un d'autre… réfléchit-il à mi-voix. Mais qui ?
- Saga ? Tout va bien ? interrogea Aphrodite pénétrant à son tour dans l'atelier du Bélier et se précipitant vers son amant en continuant. Préviens-moi quand tu disparais aussi brutalement !
Mu, pensif, se tourna vers les deux amants, jeta un regard vers son Cancer qui lui en renvoya un, interrogatif :
- Andromède ! s'écria soudain le Bélier.
- Quoi Andromède ? répéta Saga.
- Fais venir Shun ici ! Vite ! ordonna Mu au Cancer.
Angelo se rua dehors en localisant le japonais qu'il rejoignit dans le temple du Sagittaire où Shun se trouvait toujours en compagnie de ses frères :
- Shun !
- Angelo ? répondit le japonais surpris.
- Viens avec moi, Mu a besoin de toi pour l'armure de Kanon.
Ce ne fut pas un, mais cinq chevaliers qui dévalèrent les marches des temples pour rejoindre celui du Bélier avec Angelo.
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Sanctuaire sous-marin
Kanon n'avait guère dormi de la nuit. Il se leva aux premières lueurs de l'aube naissante sur le monde sous-marin mais respecta les directives de Sirène en s'installant sur les marches du palais où il laissa son esprit dériver.
Il était pressé d'en finir et de libérer Io de son sceau. Ses pensées sombres le ramenaient sans cesse vers ce passé qu'il avait cherché à fuir depuis sa résurrection. Il avait peur aussi, peur de perdre ce qu'il avait enfin trouvé… Cette osmose quasi fusionnelle avec son jumeau comme du temps lointain de leur enfance… Et puis surtout Shun, son trésor, car c'en était un pour lui, sûrement le plus grand et le plus beau que tout ce qu'il n'avait jamais eu dans sa vie passé d'errance. Il était devenu l'essence même de son équilibre. Et Aphrodite, malgré le nombre incroyables d'extravagances que le Poisson savait si bien propager dans son sillage et qui rendait parfois fou son jumeau. Oui même lui, manquerait maintenant à son paysage.
Pour être honnête d'ailleurs, tous ses compagnons avaient su trouver une place dans le décor quasi immuable du Sanctuaire et dans son décor à lui. Il l'avait bien senti en partant, ils étaient tous là.
Il n'était pourtant qu'un chevalier remplaçant. Après tout le titre revenait toujours de droit à Saga. Pourtant, aucun de ses compagnons d'armes ne lui faisait sentir cette différence, l'acceptant tout comme Milo l'avait fait lors de la dernière guerre.
Il n'arrivait pas à croire qu'une possible deuxième armure ait été vraiment retrouvée. N'était-ce pas simplement une nouvelle utopie ? Comment cela pouvait-il arriver ? Saga avait parlé d'une légende lointaine et ces fragments de métal qui s'était harmonisé avec son cosmos. D'où venaient-ils ?
- Ils proviennent de la deuxième armure d'or des Gémeaux, détruite il y plusieurs siècles par un des Grand Pope du Sanctuaire.
Kanon releva les yeux vers Dohko qui regardait lui aussi l'aube se lever :
- Comment pouvez-vous en être si certain ?
- C'était écrit dans un recueil laissé par ce même Grand Pope qui donnait la clé pour les trouver et qui les avaient soigneusement enfouis dans le temple du Bélier. Et puis, Athéna connaissait son existence, tout comme Shion.
-Mais ce signe n'est pas toujours représenté par des jumeaux, comment peut-il y en avoir une deuxième et pourquoi ?
- C'est vrai, cela n'arrive que peu de fois en fait. Mais connais-tu la légende du tout premier porteur de l'armure de ton signe ?
- Non…
- D'après la légende, lors de la fondation de l'ordre de la chevalerie d'Athéna, les meilleurs combattants de cet ordre nouveau si particulier furent choisis en fonction de leur signe zodiacal pour les plus hauts rangs. Les autres constellations furent réparties en deux catégories, l'argent et le bronze. Puis vint la naissance des armures qui permettraient à ces chevaliers de combattre leurs nombreux ennemis. Comme tu le sais, ces armures sont animées d'une vie propre.
Dohko s'installa à ses côtés avant de reprendre :
- Lors de la naissance des armures d'or, des jumeaux se présentaient pour le signe des Gémeaux. Ils combattirent l'un contre l'autre pour devenir le porteur de l'armure, mais le combat tourna mal. L'un deux fut grièvement blessé et sombra dans un profond coma. Assailli par les remords, le porteur légitime de l'armure la maudit pour l'avoir fait combattre son jumeau et sombrait irrémédiablement dans la folie.
- C'est de là que vient cette malédiction du signe des Gémeaux ?
- Oui, je le suppose, mais écoute la fin. Alors que plus personne ne croyait possible une quelconque délivrance pour l'un ou l'autre des jumeaux, Athéna pria une nuit entière sur la Montagne Sacrée pour que leur soient accordés la rédemption. Et une deuxième armure est née, son cosmos tira le deuxième jumeau de son coma et il devint le porteur de cette seconde armure.
Il fit une pause et se tourna vers Kanon, captant son regard :
- Il est dit qu'elle était née pour équilibrer les deux faces de la première. Toujours d'après la légende, quand reviendraient les temps de peine et de batailles, alors la seconde armure reviendrait elle aussi, pour apporter l'équilibre à ce signe.
- Ce n'est qu'une légende…
- Oui, mais chaque légende a sa part de vérité. Quelle est-elle dans celle-ci ? Je l'ignore, mais comment ne pas faire la relation avec votre histoire à Saga et à toi ?
Dohko sourit à Kanon en continuant :
- Cette légende n'a jamais été écrite, pourtant elle perdure depuis la naissance du Sanctuaire, même si parfois, elle retombe un peu dans l'oubli, ne ressurgissant que quand des jumeaux peuvent prétendre au titre de chevalier d'or des Gémeaux.
- Je ne la connaissais pas.
- Peu la connaisse aujourd'hui, mais pour une raison que j'ignore elle doit demeurer ainsi, transmise par oral, peut-être pour préserver un certain équilibre et ne pas forcer le destin.
Ils restèrent un moment silencieux avant que Kanon ne reprenne :
- Comment savoir si elle m'est vraiment destinée ? Après tout, j'ai bien été capable d'endosser l'écaille du Dragon des Mers, alors que je n'étais pas un marinas…
- Mais à ce moment tu avais renié la chevalerie d'Athéna. Ne t'inquiète pas de cela. Si cette armure t'est vraiment destinée alors elle te le fera savoir, car l'amure peut seule désigner son porteur. Et puis, tu possèdes à présent une force encore plus grande que le pouvoir d'une armure.
- Lequel ?
- Celle de l'amour de d'Athéna, de Shun et de tous tes compagnons…
Un sourire naquit sur les lèvres de Kanon qui sentit en cet instant un cosmos devenu familier se propager à ses côtés, celui de son trésor. Oui, de cela au moins il en était sûr. Si tout le reste pouvait le faire douter, Shun l'aimait de son cœur si pur… Cet amour, il le sentait vivre et palpiter en lui malgré la distance qui les séparait. Etait-ce de cela que lui parlait parfois son jumeau ? Un lien si fort que rien ne peut le briser ?
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Sanctuaire d'Athéna, temple du Bélier
Quand Andromède pénétra dans l'atelier de Mu, il fut aussitôt entouré du cosmos de l'armure de Saga. Il n'était pas un chevalier destiné à comprendre les armures et pourtant, il saisit instantanément ce qu'elle attendait de lui. Alors, il s'avança, pénétrant dans l'aura qui protégeait l'armure de Kanon et put s'en approcher.
Des doigts, il caressa le métal, admirant le travail des deux Béliers :
- Elle est magnifique !
- Merci, dit Mu qui l'avait suivi. Mais je dois tout le mérite à sa jumelle, tu comprends ce qu'elle attend de toi ?
- Oui, bien sûr, dit-il en ouvrant ses deux poignets, répandant son sang sur la toute nouvelle armure et libérant son cosmos.
Mu se mit aussitôt au travail, arrosant le métal de poussière d'étoile en faisant brûler lui aussi son aura.
Le temps sembla s'éterniser alors que le sang ne cessait de couler des poignets d'Andromède. Son cosmos vacilla, il se reprit mais Mu voyait bien qu'il se fatiguait vite, beaucoup trop vite… Il n'y arriverait pas. Mais alors que le Bélier allait lui demander de stopper cette folie, son cosmos fut rejoint par celui de ses frères. Il se retourna brièvement, les quatre autres chevaliers divins avaient fait chacun jaillir leur aura et l'avait uni à celle d'Andromède.
Et sous leurs yeux, la seconde armure d'or des Gémeaux reprit vie.
Doucement son propre cosmos commença à s'élever dans l'atelier, envahissant peu à peu chaque parcelle d'espace libre. Il tournoya, cherchant visiblement quelque chose. Chaque personne réunie dans en ce lieu put le sentir passer sur elle. Il s'arrêta longuement autour de Saga avant de revenir vers sa jumelle près de qui il s'intensifia encore davantage, puisant visiblement sa force en elle avant de revenir vers le chevalier qui venait de l'éveiller de sa longue nuit de sommeil.
Ce dernier venait de tomber à genoux, épuisé et presque vidé de son sang. Mu se précipita mais le cosmos le précéda, refermant les poignets de Shun, avant d'enfin investir l'armure d'or nouvellement reconstituée et de s'éteindre doucement, ne laissant planer que quelques brides d'aura dorée autour de lui.
Shion était apparu dès qu'il avait senti l'événement et maintenant de toutes parts, affluaient les chevaliers pour voir cette naissance, ou plutôt cette renaissance. Et tout autour d'eux, ils pouvaient tous sentir le puissant cosmos d'Athéna malgré son absence.
Le Bélier tomba à son tour, vidé par ce dernier effort. Tous les cosmos s'éteignirent doucement et Shion donna rapidement des ordres pour s'occuper de Shun et de Mu. Mais avant que Saga ne soulève Andromède pour l'emmener récupérer dans son temple, il ouvrit les yeux et posa sa main sur la toute nouvelle armure :
- Va et protège-le… murmura-t-il.
Aussitôt l'armure disparut du temple du Bélier dans un panache doré.
- Shun ? dit Saga inquiet.
- Tout va bien, j'ai juste besoin de repos… répondit Andromède d'une voix à peine audible avant de sombrer dans l'inconscience.
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Royaume d'Asgard
Hypnos avait informé Hilda rejointe par le guerrier d'Alpha, de la présence d'Apollon à Asgard. Il devenait urgent pour lui de connaître sa décision :
- Comprenez que je ne peux me mêler plus longtemps de ce qui se passe ici sans une confirmation de votre part de répondre positivement à la demande de celui que je représente, lui dit-il.
- Je le comprends parfaitement et soyez rassuré, mon Seigneur m'a recommandé de me mettre au service de cette paix et c'est donc en son nom que j'accède à la requête du Seigneur Hadès.
- Je me réjouis de votre décision et je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour mener à bien ma mission. A ce propos, mon Maître m'a fait savoir qu'Athéna s'était proposée pour vous envoyer des renforts de sa chevalerie dès qu'elle a été informée de l'arrivée d'Apollon en ce royaume.
- Je vous en remercie, mais pensez-vous qu'Apollon soit une menace ?
- Je l'ignore m ais il vaut mieux être prudent, se contenta de répondre le Dieu, ne voulant pas effrayer inutilement la Princesse.
- Si Athéna juge bon de nous envoyer quelques chevaliers, il vaut mieux rester prudent Princesse, avança Siegfried. Si vous le voulez bien, je vais convenir avec eux dès leur arrivée des précautions à prendre.
Hilda acquiesça et son guerrier ajouta à l'intention de la Divinité :
- Je serais très honoré de profiter de vos conseils sur le sujet Seigneur Hypnos.
- Je ferais de mon mieux pour vous apportez toute l'aide nécessaire.
- Nous maintiendrons le déjeuner prévu ce midi pour permettre à tous mes guerriers de faire votre connaissance, si vous le voulez bien, intervint Hilda.
- C'est une très bonne idée, conclut Hypnos avant de se retirer non sans saluer la représentante d'Odin.
Dés qu'il eut rejoint sa chambre, Hypnos laissa son cosmos se développer à la recherche des spectres envoyés par Hadès et donna des ordres pour veiller à la sécurité du palais et surveiller la demeure d'Apollon dont il avait pris soin de retenir l'emplacement pendant l'échange entre ses guerriers et les gardes du palais. Il n'avait plus qu'à attendre le contact d'Hadès qui le ferait dès qu'il aurait fini sa réunion dans le chalet de Zeus.
A suivre…
