Et me voilà de retour avec ce chapitre. Le chapitre même qui conclu l'arc sur le futur.

Je réponds aux Guest, et vous laisse à votre lecture :

Kalamar & Guest : Merci pour vos reviews plus qu'encourageantes !

Al : Merci pour ta review ^^ Cependant, je ne partage pas ton avis : Se plaindre du manque de review est, justement, ce qui pousse à réagir certain lecteurs (ce qui prouve que « taper du poing » peut parfois s'avérer utile) et quant aux review qui sont supposées arrivées à la fin d'une histoire… Elles sont incroyablement minimes… J'ai déjà fini des fanfic, et je t'assure que le nombre de review reçues en plus n'étaient vraiment pas nombreuses. Sinon, je félicite cette auteur(e) que tu as mentionné(e) précédemment. Si elle écrit très bien comme tu le dis et à moins de cents review pour 30 chapitres, alors elle doit être très déterminée… Moi j'aurais abandonné à sa place.


Chapitre 28

Hashirama et Madara avaient déjà eu l'occasion de visiter les différentes contrées des Nations Élémentaires. Cependant, le faire de nouveau à une toute autre époque serait une expérience inédite.

Partant de Konoha, ils s'étaient dirigés vers les terres arides qui composaient le pays du Vent, puis étaient remontés vers le pays de la terre en passant par Ame, avant de traverser de petites nations, telle Oto, tout récemment fondée, avant d'atteindre les terres du Raigake.

De là, ils auraient souhaité prendre un bateau et se rendre au pays de l'eau, à Kiri, mais le temps manquait et ils avaient, à la place, décidé de rentrer à Konoha dans les prochains jours.

Durant ce voyage, de nombreuses choses mettant en avant l'évolution des pays, et ainsi que les mentalités leur avaient sauté aux yeux. Énormément de changements avaient eu lieu, les laissant dépaysés sur un continent qu'ils croyaient pourtant connaître comme leur poche.

Le temps changeait les choses. Et ce, d'une manière incroyablement rapide. Les progrès ayant eu lieu avaient été si fulgurants que la terre elle-même paraissait avoir eu du mal à s'y adapter.

Ces nouveaux moyens de transports, ces « trains » dans lesquels Madara avait refusé de monter, circulaient sur un chemin de fer dont chaque obstacle avait été abattu pour lui céder le passage.

Pas un arbre, ni une montagne, ne lui avait résisté.

L'ex-tête de clan ne doutait pas qu'il s'agît là des prémices de quelque chose de bien plus grand. D'imposant.

Peu lui importait : Il n'appartenait pas à cette époque et faisait déjà de son mieux pour supporter les nombreuses péripéties que lui avait apporté ce voyage, pour avoir en plus à se préoccuper des problèmes des autres.

Il lui en était arrivé des choses en à peine trois semaines. Tellement qu'il aurait pu croire qu'il s'agissait d'un rêve.

Hashirama et lui avaient évité les villes, chassant et cueillant leur propre nourriture, et dormant à la belle étoile.

Rien, ni personne, ne les avaient dérangés.

-On est bien, n'est-ce pas ?

La voix de son ami ramena Madara à la réalité.

L'ex-tête de clan, précédemment somnolente, bâilla et s'étira langoureusement.

-Oh que oui… Soupira-t-il en levant la tête pour rencontrer le regard brillant d'Hashirama.

L'homme lui sourit, et resserra ses bras autour de lui.

La journée avait été épuisante. Ils avaient marché durant des heures sur un terrain accidenté, puis ne s'étaient arrêtés que le soir venu, dans une petite clairière au creux de laquelle ils bivouaquaient en ce moment même.

Les étoiles scintillaient au-dessus de leur tête, les hiboux hululaient, une légère brise leur caressait la peau, et le feu qu'ils avaient allumé crépitait, diffusant une douce chaleur aux alentours.

L'atmosphère était incroyablement confortable, et propice à l'endormissement.

Madara luttait d'ailleurs contre le sommeil, alors qu'il réajustait sa position sur Hashirama, allongé sous lui. Son ami grogna en sentant son coude lui rentrer douloureusement dans la poitrine.

-Désolé, marmonna l'Uchiha en s'emparant d'une couverture qui traînait près de leurs jambes emmêlées.

Il la drapa aussitôt sur leurs corps, puis fit de nouveau face à Hashirama, et croisa les bras sur la poitrine de celui-ci.

A chaque expiration, leurs ventres nus se frôlaient, et leurs respirations se mêlaient entre elles.

Ils étaient exténués. L'un autant que l'autre.

-Tu es lourd, commenta soudain Hashirama, en grimaçant.

-Et toi idiot, rétorqua aussitôt Madara. Pourtant, je te supporte, alors fait de même avec moi.

Le ninja brun gémit, mais ne répliqua pas pour autant.

-Tu peux vraiment être méchant quand tu le veux, bougonna-t-il, après coup.

-Hn…

De nouveau, ce fut le silence.

Lentement, Madara abaissa sa tête sur le torse de son ami, et ferma les yeux pour mieux écouter les battements de cœur qui résonnaient à travers celui-ci.

Il se sentait tellement bien, tant qu'il aurait pu s'endormir dans la seconde.

Malheureusement pour lui, Hashirama ne garda pas sa bouche fermée bien longtemps :

-Dis… Tu ne penses pas qu'Hitomi s'est trop attachée à Sarada et ses amis ?

L'ex-tête de clan eut un pincement au cœur à ces mots.

Ses sourcils se froncèrent :

-Pourquoi me demandes-tu ça maintenant ? Souffla-t-il en détournant le regard.

L'estomac noué, il attrapa alors une des mèches auburn qui s'étalaient sur la poitrine de l'Hokage, et entreprit de la tresser machinalement.

Il s'humecta ensuite les lèvres, ne laissant pas le temps à Hashirama de poursuivre :

-Tu… Tu penses qu'elle va avoir du mal à supporter le retour à notre époque ? Chuchota-t-il.

L'Homme hocha brièvement la tête, et se mit à lui frotter le dos d'une manière se voulant apaisante.

-J'ai l'impression que Sarada et Hitomi sont devenues comme… Comme des sœurs, dit-il après un bref instant de réflexion. –Depuis quelques semaines, on les voit de moins en moins l'une sans l'autre… Devoir les séparer, en sachant qu'elles ne se reverront plus jamais, me fend le cœur.

-Alors que proposes-tu ? Siffla Madara en se redressant. –Que nous ne retournions pas à notre époque ?!

-Quoi ?! S'étonna Hashirama, les yeux ronds. Non ! Ce n'est pas ce que je disais ! Ce que je voulais dire était que nous devrions faire réaliser à Hitomi que le départ est proche.

-Oh… Fit l'ex-tête de clan en se détendant. Je vois…

Soucieux, il se trémoussa, mal à l'aise, et laissa ses yeux se perdre dans le vide. Il sentit à peine Hashirama tendre le bras pour attraper la couverture qui avait glissé au sol.

Les retours vers le passé étaient rudes. Lui seul le savait de première main, et pouvait en témoigner.

Il craignait que son élève ait bien du mal à se remettre de la séparation. Après tout, la jeune fille, contrairement à Madara, s'était fait de nombreux amis à ce temps. Les quitter serait déchirant.

-Nous devrons la soutenir, reprit alors son ami en passant cette fois la main dans ses cheveux. –Ce sera comme l'aider à surmonter un deuil…

L'Uchiha renifla.

-Donne à Hitomi plus de crédit, déclara-t-il, elle est assez forte mentalement pour s'en remettre d'elle-même.

-Certes, mais elle est encore jeune, lui répondit doucement Hashirama.

Les bras de l'homme serpentèrent sous ses aisselles, et le tirèrent vers le haut avant que leurs nez se frottent l'un contre l'autre.

-Je t'ai déjà dit d'arrêter de faire ça ! Protesta Madara, gêné.

Hashirama gloussa.

-Raison de plus pour le faire.

Il rigola moins lorsque l'ex-tête de clan, contrariée, lui mordilla le nez.

-Eh ! S'étrangla-t-il, choqué.

Madara lui adressa un sourire narquois.

-Comme ça, tu feras plus attention à ce que tu dis, renifla-t-il, hautainement.

Cependant, il ne conserva pas son air supérieur bien longtemps : Soudain, les mains de son ami se retrouvaient le long de ses côtes, et les yeux de celui-ci se mirent à luire malice.

Le shinobi se raidit.

-Tu n'oserais pas… Gronda-t-il en plissant les yeux.

-Qui sait ? Gazouilla Hashirama. Je me suis toujours demandé si tu étais chatouilleux. Mais à voir ta réaction, je pense que oui.

-Si tu fais ça, je t'arrache le nez pour de bon.

Peu intimidé, l'Hokage roula des yeux.

-Très bien, très bien, soupira-t-il en levant ses deux mains en signe de reddition.-Je ne te chatouillerais pas.

-Ça vaudrait mieux pour toi, grommela Madara.

Il souffla bruyamment, et quitta le confort du torse de son ami (volant au passage la couverture) pour s'installer à même le sol.

Il regretta immédiatement son choix en sentant de petites pierres pointues lui rentrer dans la peau.

-Tu boudes ? Pouffa Hashirama.

Le terme enfantin rebuta l'ex-tête de clan.

Brusquement, il fit face à Hashirama à qui il avait précédemment tourné le dos. Malheureusement, il s'aperçut trop tard que que son ami n'attendait que ça : Son regard taquin était sans équivoque.

-Je plaisante, lui dit celui-ci en essayant de se saisit d'un pan de la couverture.

Madara grogna, mais autorisa tout de même l'Hokage à venir se pelotonner contre lui.

Il le fusilla cependant du regard.

En réponse, Hashirama le gratifia d'un doux sourire et il en perdit sa voix, oubliant totalement ce qu'il comptait répliquer à l'origine.

Cette fois, il se renfrogna.

-Tu es exaspérant, cracha-t-il.

-Et toi caractériel.

L'ex-tête de clan sursauta.

-Répète un peu ! S'exclama-t-il, furieux.

Il voulut se redresser sur un coude, mais émit un sifflement de douleur lorsqu'il s'érafla contre le sol caillouteux.

-On aurait dû rester sur les vêtements au lieu de nous vautrer à même la terre et la poussière, lui fit nonchalamment remarquer Hashirama.

-La ferme.

L'Hokage soupira. Au lieu de se montrer offusqué par ces paroles acerbes comme l'auraient fait de nombreuses personnes, il posa une main entre eux.

Soudain, de la mousse s'étendit à partir celle-ci, se rependant sous et autour d'eux de manière à former un épais manteau de verdure.

Immédiatement, le sol leur parut bien plus confortable.

-Ce n'est pas mieux comme ça ? L'interrogea Hashirama, fier de lui.

-Peut-être, grommela Madara en détournant les yeux.

Ils se turent un instant.

-Au fait, reprit l'Hokage, je sais que je ne devrais pas ruiner l'atmosphère, mais… Est-ce que tu penses que ce monde est réellement en paix ? L'attaque des Ôtsutsuki m'a surpris, je dois l'avouer…

Prit de court par cette question, l'ex-tête de clan cligna des yeux.

-Eh bien… Commença-t-il après un court laps de temps. –Je pense que la réponse est plus qu'évidente…

-C'est-à-dire ?

-C'est-à-dire, qu'en effet, cette époque est supposée être une période au cours de laquelle la paix règne. Cependant, nous avons constaté la précarité de cette paix ainsi que sa fragilité

. Ne m'accuse pas de pessimisme, mais je pense que ce n'est juste qu'une question de temps avant qu'une nouvelle guerre n'éclate.

-Pessimiste.

Madara le fixa d'un air vide, puis reprit sans commenter cette triste tentative d'humour :

-Soyons objectifs : Le monde n'est pas composé de longues périodes de paix interrompues par des guerres, mais plutôt de guerres interrompues par de brèves périodes de paix. C'est ainsi, et nous y pouvons rien. En suivant cette logique, il est donc aisé de comprendre, qu'après une quinzaine d'années sans l'ombre d'un combat à l'horizon, un conflit risque bientôt de voir le jour. Les Ôtsutsuki n'étaient qu'une prémisse à cela, c'est une évidence.

Hashirama déglutit.

-Tu… Tu le penses vraiment ? Murmura-t-il, d'une voix blanche, en posant ses deux mains sur celle brûlée, et dépourvue de gant, de son compagnon.

L'ex-tête hocha sèchement la tête.

-J'y crois dur comme du fer, répondit-il. Les hommes sont, par nature, des créatures majoritairement agressives. Certains ont beau prétendre que nous sommes différents des animaux, mais je ne suis pas vraiment d'accord : Etre humain, c'est lutter constamment contre son instinct. Malheureusement, certain ne l'ont pas compris et commettent des crimes hideux qui finissent par muer en conflit pouvant prendre des proportions gargantuesques.

-Tu es donc en train de me dire que la nouvelle génération de shinobi sera elle aussi confrontée à la guerre ?

Les yeux d'Hashirama semblaient le supplier de le contredire.

Madara ferma les siens, pinça les lèvres, et réfléchit attentivement à ce qu'il allait ensuite déclarer.

-C'est… Assez probable, pour ne pas dire très, lâcha-t-il finalement.

Ses yeux s'ouvrirent de nouveau, révélant un iris noir à l'éclat fatigué :

-Ecoute attentivement ce que je vais te dire, enchaîna-t-il. –Le propre de l'homme est de prétendre qu'il n'est pas dieu, tout en se prenant pour dieu. Tant qu'il y aura des gens pour décider de qui doit vivre ou mourir, alors les guerres se poursuivront.

La prise sur la main de l'Uchiha se resserra, et l'Hokage prit une inspiration tremblante.

-Je vois, souffla-t-il. C'est vraiment malheureux, ajouta-t-il.

Voyant que son ami n'en menait pas large, Madara le prit en pitié. Il tendit les bras, invitant Hashirama à venir s'y blottir. Ce que l'homme fit dans la seconde, le surprenant quelque peu.

-Pourrais-tu cesser de te comporter comme un enfant, grogna l'ex-tête de clan, exaspérée.

-Je ne me comporte pas comme un enfant, lui rétorqua l'Hokage. Je t'étreins. Cesse donc un peu de râler pour un rien et profite-en un peu.

Il acheva sa phrase en un marmonnement inintelligible, alors qu'il enfouissait davantage son visage dans la poitrine de son compagnon.

Compagnon qui soupira longuement avant de lui passer une main dans les cheveux, les caressant dans le sens de la longueur.

Ils restèrent pelotonnés ainsi pendant plusieurs minutes, jusqu'à ce que Madara se souvienne d'une chose dont il comptait faire part à son ami.

-Hashirama, s'exclama-t-il en forçant l'autre ninja à lever la tête vers lui. –Il y a quelque chose que je voulais te dire !

-De quoi ? Bailla l'Hokage, somnolant.

-J'ai pris une décision concernant Sarada.

-Hein ? De quoi parles-tu ?

Le son d'un claquement de langue irrité se répercuta dans la petite clairière, et Madara gronda furieusement.

-Attends idiot, je vais t'expliquer, l'invectiva-t-il.

Ignorant le regard larmoyant que lui envoya Hashirama à l'écoute de l'insulte, il se pencha à l'oreille de celui-ci, laissant sa bouche former des phrases que seuls eux pouvaient entendre.

Une fraction de seconde plus tard, l'Hokage haletait.

-Tu… Tu es sûr de cela ? Murmura-t-il, le regard soudain grave.

-Oui, affirma Madara. Je n'ai jamais été aussi sûr de toute ma vie…

Sa déclaration fut suivie d'un long silence, uniquement ponctué par les hululements des hiboux, et par les crépitements de leur feu de camps.

Le reflet des flammes dansait dans les yeux d'Hashirama.

-Tu ne vas pas m'en empêcher ? S'étonna finalement l'ex-tête de clan, quelque peu désarçonné par l'absence de remarques dissuasives qu'il s'attendait à recevoir.

Son ami secoua la tête.

-Bien sûr que non… C'est quelque chose de bien que tu vas faire là… Et, pour être honnête, je dois te confier que savoir que tu es dans le fond une gentille personne est ce qui me plaît chez toi.

Comme pour confirmer ses propos, il leva le visage, et déposa un baiser sur le front de Madara qui se crispa immédiatement.

Il rougit jusqu'aux oreilles, complètement mortifié.

-Ne fais pas ça ! Imagine si quelqu'un nous voyait ! Haleta-t-il.

-Oh, c'est bon, renifla Hashirama en levant les yeux au ciel. C'est une forêt déserte, il n'y a personne à part nous ici.

-Ah ! Laisse-moi rire, avec la chance que nous avons, ça ne m'étonnerait pas que Sasuke surgisse de nulle part et nous surprenne ainsi !

-S'il te plaît… Ne dis pas ça… Ça va nous porter malchance.

-Comme si l'on avait besoin de cela pour avoir de la malchance !

Emporté par leur petite dispute les deux hommes avaient fini par débuter un combat amical.

Les ninjas roulèrent au sol, tentant par tous les moyens de se plaquer à terre, tandis qu'ils luttaient également pour ne pas terminer empêtrés dans leur couverture.

Au final, ce fut Madara qui réussit à s'asseoir au sur le haut du corps d'Hashirama. Une moitié de la couverture lui recouvrait une partie du visage, mais il n'en avait cure. Il était bien plus occupé à savourer sa victoire.

Le souffle court, ils se fixèrent un instant, le sourire aux lèvres.

-J'ai gagné, fanfaronna soudain l'ex-tête de clan en se penchant vers son compagnon qui en profita immédiatement pour enrouler ses bras autour de son dos, et le tirer contre lui.

Il entreprit alors de le serrer aussi fort que possible, ignorant les cris de protestation de Madara.

Ce ne fut qu'après s'être lassés de serrer pour un, et de se débattre pour l'autre, qu'ils se calmèrent. Désormais apaisés, ils restèrent allongés ainsi, profitant du fait d'être simplement ensemble.

-Madara…

La voix essoufflée d'Hashirama le tira de son pseudo-sommeil.

-Hm ? Fit-il en entrouvrant un œil.

-Est-ce que tu es vraiment sérieux pour Sarada ?

-Bien sûr que je suis sérieux, grommela l'ex-tête de clan. –Je suis toujours sérieux.

-Je sais, et c'est bien ce qui m'inquiète… Tu sais ce que tu fais n'est-ce pas ? Tu sais que si tu fais vraiment ça, c'est définitif, je ne pourrai pas-

-Je le sais !

Le hurlement résonna dans toute la clairière.

Les hiboux se turent, probablement effrayés par le son.

L'Hokage avait les yeux écarquillés et les lèvres entrouvertes : Le cri l'avait apeuré semblait-il.

Le regard de Madara s'adoucit à cette vue :

-Je le sais murmura-t-il de nouveau en s'affaissant sur son compagnon.

-D'accord, répondit Hashirama, une minute plus tard, sans détacher les yeux du ciel au-dessus de lui.

-D'accord, répéta l'homme tout en déglutissant et fermant les yeux.

.

oOo

.

Hitomi ne voulait rien savoir.

Peu importe les fois où, de retour à Konoha, Hashirama et Madara tentèrent de la prendre à part pour lui parler de leur départ imminent la jeune fille trouvait toujours une excuse pour leur filer entre les doigts.

Au final, ils ne parvinrent pas à lui parler : Eux-mêmes étaient très occupés. De nombreuses personnes ne cessaient de les inviter à manger chez eux, boire un coup, ou simplement discuter.

C'est ainsi qu'ils firent plus ample connaissance avec la famille Nara, Yamanaka, ou encore Akimichi bien que l'ambiance durant le repas soit assez tendue.

Ils passèrent également énormément de temps avec les jeunes génins, lorsque ceux-ci n'étaient pas entraînés par leurs jônins respectifs, ou encore avec Sakura dans le cas de Madara.

Aussi surprenant que cela parût, l'ex-tête de clan s'était trouvé une amie en elle, et vice-versa.

Les deux passaient leur temps à discuter autour d'une tasse de thé. Généralement, leurs sujets de discussion tournaient autour de la mode, des jutsus qu'ils jugeaient être les plus efficaces, des livres qu'ils lisaient ensemble, ou encore de Sarada et Hitomi qui étaient devenues inséparables.

Puis, petit à petit, sans même qu'Hashirama et lui ne s'en aperçoivent, les dernières semaines passèrent, monotones mais agréables, et le jour du départ arriva.

.

oOo

.

-Pour l'amour du Sage, Hashirama, et pour la dix-huitième fois consécutive : Je vais bien. Cesse de t'enquérir de mon bien être toutes les dix secondes !

-Mais…

-Puisque je te dis que ça va !

Les épaules d'Hashirama s'affaissèrent, et il gémit misérablement.

Loin d'être apitoyé par la réaction de son ami, Madara leva bien haut le nez, et renifla dédaigneusement.

-Tu ne devrais pas t'adresser à lui aussi agressivement, intervint Senju Tsunade. -Contrairement à toi, grand-père est une bonne personne, d'où ses questions.

La femme cheminait à leurs côtés dans les rues peuplées de Konoha, en direction de la tour de l'Hokage, l'endroit même où ils quitteraient cette époque.

-Toi, je ne t'ai pas causé, lui rétorqua alors Madara avec virulence.

Tsunade émit une exclamation indignée. Furieuse, elle tenta par la suite de lui asséner un coup d'une mallette marron qu'elle transportait avec elle.

Hashirama l'en empêcha.

-Stop ! S'écria-t-il en lui attrapant le poignet. –Ne vous battez pas ici. Surtout quand Madara est en convalescence !

-Pour la énième fois ! Je ne suis pas en-

-Su tu l'es, alors maintenant calme-toi ! Les gens nous regardent !

La bouche de l'ex-tête de clan se referma en un claquement sec.

D'habitude, il n'aurait pas hésité à répliquer. Or, l'idée que des personnes les fixent intensément, comme maintenant, le dérangeait, réalisa-t-il avec une certaine forme d'effroi.

Son silence fut interprété comme un signe de reddition par Tsunade qui lui adressa un sourire goguenard.

Madara se retint de grogner : Si cette femme n'était pas la petite-fille d'Hashirama, il y aurait bien longtemps qu'il l'aurait maté.

« Mange-la si elle te dérange » commenta inutilement le Kyuubi, dans son esprit.

Le ninja ne prit pas le temps de lui répondre. De toute manière, à chaque fois que le renard et lui débutaient une conversation, ils finissaient, à quatre-vingt-dix-neuf pourcents du temps, par se disputer et se menacer de mort.

Des murmures retentissaient autour de lui alors qu'il évoluait, en compagnie d'Hashirama et Tsunade, dans les rues du village.

Pas une seule personne n'ignorait leur passage. Tous s'arrêtaient pour les observer passer avec de grands yeux, allant parfois jusqu'à désigner Madara du doigt qui, à chaque fois, se crispait et ne pouvait empêcher ses mains de se serrer sur la petite boite en bois qu'il tenait.

Rendu nerveux par tous ces regards inquisiteurs, et en connaissant la raison, il se rapprocha inconsciemment d'Hashirama.

Par la suite, ils mirent environ une dizaine de minutes à parvenir devant la tour de l'Hokage, et cinq autres pour la gravir jusqu'au sommet.

Là-haut, ils y découvrirent toute une assemblée de shinobi semblant les attendre.

En balayant du regard cette foule, Madara y repéra Naruto et sa famille, celles de Shikamaru et d'Inojin, ainsi que Kakashi, Chocho, Mitsuki, Sakura, Thorn puis, finalement, Sarada et Hitomi.

En y regardant de plus près, il s'aperçut également que la peau de son élève semblait encore plus blanche que ses cheveux.

La jeune fille se mordait les lèvres, et se cramponnait si fort aux mains de Sarada que ses jointures en devenaient crayeuses.

Les deux adolescentes se murmuraient des paroles précipitées sous leur souffle, parfois interrompues par Boruto, ou Mitsuki, qui venaient ajouter leur grain de sel à la conversation.

Finalement, après ce qui parut être des heures, les nouveaux arrivants furent remarqués :

-Ah ! Vous voilà enfin ! S'exclama Naruto, le sourire aux lèvres, en venant ers eux. –On se demandait ce que vous-

Soudain, il s'interrompit net.

Sa bouche s'entrouvrit, et il haleta, les yeux exorbités.

Si dans un premier temps, personne ne sembla comprendre ce qui avait provoqué cette réaction, il leur suffit de suivre le regard de l'Hokage pour réaliser ce qui avait mit l'homme dans cet état.

-Ma… Madara ?! Hoqueta alors Sakura, stupéfaite, en prenant la parole. –Ton… Ton…

Elle ne parvint pas à achever sa phrase, se murant involontairement dans le silence.

-Tiens, lui dit Madara en s'approchant d'elle pour lui fourrer la petite boite en bois qu'il tenait entre ses mains.

Frappée de stupeur, le regard de la femme alla de celle-ci à l'Uchiha.

-Il est dedans, ajouta l'homme.

-Qu'est-ce qui est dedans exactement ?

Ce fut ce que demanda, prudemment, Kakashi en fronçant les sourcils.

-Mon œil, répondit de but en blanc Madara, en soulevant sa frange pour révéler la moitié droite de son visage, recouverte de bandage et gaze.

Des exclamations choquées retentirent sur tout le toit. Visiblement épouvanté, Sakura en manqua même de lâcher la boite.

-Quoi… Mais pourquoi ? Croassa-t-elle.

-Pour Sarada, évidemment. Nous en avions déjà parlé il y a quelque temps. En lui donnant mon œil, je lui épargne le triste sort de devenir aveugle lorsqu'elle débloquera le Mangekyo.

Les yeux de la kunoïchi s'écarquillèrent, puis s'emplirent de larmes qu'elle retint.

-Je… Merci, balbutia-t-elle, ne sachant visiblement pas quoi dire.

Elle serra la boite contre sa poitrine, et posa une main sur l'épaule de sa fille, bouche-bée, qui dévisageait Madara comme s'il était la plus étrange créature qu'il lui eût été donné de voir de sa vie.

L'ex-tête de clan força un maigre sourire, qui devait ressembler davantage à une grimace, sur ses lèvres. Après tout, il était peu accoutumé à recevoir de la reconnaissance.

-Excusez-moi, déclara soudain Shikamaru en s'immisçant dans la conversation.

Tous les regards convergèrent vers lui. L'homme n'en parut pas le moins du monde perturbé, et poursuivit :

-Pourquoi juste un œil ? Je ne suis pas un spécialiste du sharingan, mais ne faut-il pas deux mangekyos pour que celui-ci puisse s'activer la première fois ?

Madara ouvrit la bouche avec l'intention de répondre, mais se vit devancé par Hashirama :

-Pour vous dire la vérité, commença l'Hokage, Madara voulait à l'origine donner ses deux yeux à Sarada… Je l'en ai dissuadé, heureusement.

Les yeux du shinobi prirent alors une teinte ombrageuse étonnant de nombreuses personnes.

-Ce n'est pas le devoir de Madara de s'assurer que Sarada ne perde pas la vue, murmura-t-il sombrement. –Madara n'a rien à voir avec elle après tout…

-Hashirama, que dis-tu là ! S'étrangla l'ex-tête de clan.

Que diable racontait son ami ?!

Il n'eut pas le temps d'y penser car Hashirama reprenait, ignorant sa précédente réplique :

-Madara n'appartient pas à votre temps ! Clama-t-il. –Il n'avait aucune obligation de sacrifier son œil pour une personne qui n'est même pas supposé exister à notre époque. Pourtant, voilà que vous lui demandez pourquoi il n'a pas donné son deuxième œil !

-Attendez, ce n'est pas ce que je voulais dire ! Protesta Shikamaru.

-Oui, il n'a jamais dit ça ! S'exclama à son tour Temari, en prenant la défense de son mari.

-Je le sais.

Hashirama prit tout le monde, sans exception, au dépourvu.

-Quoi ?! S'étrangla Naruto. –Mais alors pourquoi as-tu dit que…

-Je ne lui ai pas reproché sa demande. Je lui ai juste fait remarquer que compter sur Madara, concernant la vue de Sarada, alors que vous avez Sasuke me contrarie profondément.

Un lourd silence accueillit sa déclaration. Apparemment, tous avaient oublié qu'Uchiha Sasuke, dans le pire des scénarios, pouvait toujours faire cadeau de ses yeux à sa fille.

Ou alors, simplement n'avaient-ils jamais envisagé que leur camarade pût faire pareil sacrifice.

Madara n'en savait rien l'ignorait.

-Au fait, reprit Hashirama en plissant les yeux. –En parlant de Sasuke, où est-il ? Je ne le vois pas…

-Ah… Bredouilla Sakura en détournant les yeux et resserrant sa prise sur l'épaule de sa fille. –Il… Il n'est pas là. Une mission, voyez-vous…

Aussitôt, l'expression qu'arborait Hashirama subit un changement drastique : Si une seconde auparavant, il paraissait incroyablement intimidant, la seconde d'après, ses épaules s'affaissaient et il gémissait bruyamment.

-Quoooi ? Il n'est même pas venu nous dire au revoir ? Se plaignit-il.

Des murmures stupéfaits parcoururent l'assemblée, et Madara et Tsunade soupirèrent simultanément.

Pour ceux qui ne connaissaient pas Senju Hashirama intimement, ou qui n'avait jamais été témoin de son fameux côté lunatique, le voir passer d'un extrême à l'autre devait être plus que surprenant.

-En fait, déclara tout à coup Sakura, il vous a quand-même laissé un mot…

Sans attendre de réponse, elle plongea sa main dans une des poches de son pantalon blanc, et en tira un minuscule morceau de papier qu'elle tendit à Hashirama.

Intrigué, l'homme le déplia. Madara ne tarda pas à jeter un œil par-dessus son épaule, et se renfrogna :

« Bon retour à vous, Premier et Hitomi » Disait le mot.

Puis, en dessous, en pattes de mouche était écrit un bref « Et à Madara aussi », qui semblait avoir été ajouté à la va-vite.

-Euh… Tu lui diras merci de notre part, dit maladroitement Hashirama, en remettant derechef le papier à Sakura.

La kunoïchi hocha la tête.

-Bon… Intervint soudain Naruto. Je pense qu'il est temps…

Tout en disant cela, il regarda le soleil qui commençait déjà à disparaître à l'horizon.

Aussitôt, les ninjas présents se rembrunirent, réalisant probablement que l'heure du départ était proche.

Avec un soupir, Madara tira de ses vêtements le parchemin de scellement dont il fit jaillir un second parchemin.

Une fois que ce fut chose faite, il jeta le parchemin à terre sous les regards perplexes de son entourage, et invita Hitomi, d'un geste de la main, à le rejoindre.

-Nous devons partir, lui dit-il d'une voix douce, mais ferme.

L'adolescente secoua la tête, et resta aux côtés de Sarada qui, elle-même, se tenait aussi près que possible de son amie.

A cet instant, Madara ignorait laquelle des deux s'accrochait à l'autre.

-Hitomi… Répéta l'homme. –Il le faut. Nous n'appartenons pas à cette ligne temporelle.

Le visage déformé par la tristesse, la jeune fille hoqueta.

De là où il se trouvait, le ninja pouvait presque ressentir sa détresse. Pouvait savoir à quel point sa gorge était serrée, sa poitrine douloureuse, et son cœur prit dans un étau de peine.

Hitomi ne voulait pas partir, réalisa-t-il sans surprise.

C'était loin d'être étonnant. En revanche, les expressions chagrinées des personnes l'entourant le surprirent.

Maintenant qu'il y prêtait davantage attention, Madara constata avec stupeur que certain, comme Himawari ou Boruto, semblaient au bord des larmes.

-Madara…

Le shinobi eut à peine le temps de se retourner que Sakura se jetait à son cou, y enroulant ses bras avec une telle force que l'ex-tête de clan cru que ses os pourraient rompre.

Médusé, il demeura figé comme une statue.

-Merci, lui souffla la femme. Je n'aurais jamais cru te dire ça un jour, mais merci pour tout.

Elle le serra davantage contre lui, douloureusement, agrippant une des mains à l'arrière de son yukata.

D'une manière hésitante, presque timide, Madara lui rendit maladroitement son étreinte.

Ce ne fut qu'après ce qui lui parut être une éternité que la femme le relâcha.

-Avec qui je vais discuter en prenant le thé maintenant que tu pars ? Plaisanta-t-elle, d'une voix chevrotante, en s'essuyant les joues.

-Avec le chapelier fou*, peut-être, répliqua-t-il du tac au tac.

Cela eu au moins le mérite de tirer un petit rire à la kunoïchi.

-Merci, lui répéta-t-elle pour la énième fois en pressant la petite boite de bois, contenant le sharingan, contre sa poitrine.

Il hocha la tête, un léger sourire aux lèvres.

Il se tourna ensuite vers les ninjas l'entourant et, faisant fi leurs regards ébahis, s'aperçut qu'il n'était pas le seul à avoir droit à des adieux larmoyants :

Tous les enfants, sans exceptions, s'étaient regroupés autour d'Hitomi avec laquelle ils pleuraient, pour la majorité, à chaudes larmes.

Ce n'était pas tout : Hashirama lui-même avait le droit à des adieux en bonne due et forme.

L'homme se trouvait en compagnie de sa petite-fille, et Kakashi avec qui il était devenu, contre toute attente, ami durant son séjour à cette époque.

Les trois discutaient à voix basse. L'air profondément ému, Hashirama, les yeux humides, reniflait même à intervalles réguliers tandis que Tsunade soupirait.

Ne sachant que faire et se sentant légèrement délaissé, Madara s'apprêtait à aller se réfugier dans un coin lorsque, soudain, un bras passa autour de son cou.

-Je suis content d'avoir découvert que tu étais une personne à peu près normale hors des champs de bataille, lui déclara nonchalamment Naruto.

L'Hokage lui sourit, puis laissa son regard errer vers la ligne d'horizon.

-C'est la dernière fois que nous nous voyons, murmura-t-il avec tristesse.

Madara ne répondit pas.

-C'est très curieux à dire, poursuivit le blond, mais je pense que j'en suis venu à t'apprécier.

Cette fois, l'ex-tête de clan se tourna vers l'homme.

-Nous sommes semblable dans un sens, ajouta celui-ci en lui adressant un sourire encore plus lumineux.

-Semblables ? Répéta l'Uchiha sans comprendre.

Naruto lui tapota amicalement le ventre, le poussant presque à glapir.

-Nous avons le Kyuubi en nous et, bien que ce soit pour des raisons différentes, le village nous détestait jusqu'à que nous le sauvions.

L'ex-tête de clan fronça les sourcils :

-Et ? Fit-il, tout en se demandant quand l'Hokage le relâcherait.

-Tu ne t'es pas senti en colère ? S'étonna Naruto. Lorsque ces gens qui te détestaient et parlaient derrière ton dos se sont soudain mis à t'apprécier ?

Pensif, Madara mit une bonne dizaine de secondes à trouver quoi dire.

-Non, lâcha-t-il finalement. J'ai peut-être été surpris au début, mais cela ne m'a pas dérangé outre-mesure. C'est dans la nature des êtres humains de se comporter ainsi. Tous ont besoin d'un bouc émissaire, d'une personne à accuser de tous les maux de la terre, ainsi que de quelqu'un qu'ils considèrent comme un sauveur. Peu importe s'ils calomniaient précédemment leur nouvel nouveau héros ils oublieront bien vite, ou plutôt, ignoreront hypocritement la manière dont ils l'avaient traité auparavant.

A la fin de sa tirade, le septième Hokage, la bouche entrouverte, lui jeta un regard vide.

-Je te demandais une simple réponse, pas un long monologue philosophique, lui fit-il remarquer.

Madara se hérissa, puis repoussa à deux mains le ninja.

-Il n'y a rien de philosophique là-dedans ! Vociféra-t-il. Si ta tête est trop creuse pour comprendre ce que je dis, alors il est temps d'aller t'instruire !

Naruto recula, intimidé par l'agression verbale. Courroucé, l'ex-tête clan prit alors une grande inspiration, se préparant à apostropher le jeune Hokage.

Heureusement pour celui-ci, l'Uchiha n'en eut jamais le temps : Hashirama apparut derrière lui, et le tira en arrière pour ensuite enrouler ses bras autour de sa taille.

-Ne commence pas à crier, lui dit-il d'une voix nasale.

-Je ne crie pas ! Cria l'ex-tête de clan en se débattant. –Et pour l'amour du Sage ! Lâche-moi ! Tu sais que je déteste qu'on se tienne derrière moi !

-Ah… Pardon.

Tout en soupirant, Madara fit alors face à son ami pour découvrir que celui-ci avait les yeux injectés de sang, et continuait de renifler.

-Tu pleures déjà ? Marmonna-t-il en résistant à l'envie de passer une main sur la joue mouillée de l'homme.

-Bien sûr ! Rétorqua celui-ci. Nous ne les reverrons jamais tu sais…

A ces mots, de nouvelles larmes se mirent à dévaler le long de ses joues.

-Après ces trois mois passés ici, à tisser des liens avec eux, j'ai du mal à accepter cela, hoqueta-t-il.

Il se passa alors la manche de son large haori sur le visage, le cachant du monde. Les coins de sa bouche tressaillirent, comme s'il cherchait à retenir ses pleurs.

Une amorce de sourire attendri sur le visage, Madara posa une main sur l'avant-bras de son compagnon.

-Il nous faut partir avant que le soleil se couche, souffla-t-il en jetant un œil au ciel, désormais envahi de couleurs crépusculaires.

Toujours caché derrière sa manche, Hashirama hocha brièvement la tête.

Ils devaient se dépêcher, le soleil disparaissait derrière la ligne d'horizon.

-Hitomi ! Héla alors l'ex-tête de clan. Le temps est venu !

Loin de protester, ou gémir, comme le ninja s'y attendait, la jeune fille le rejoignit sans un mot. Elle se rangea tranquillement à ses côtés, sans même jeter un coup d'œil à ses amis, et garda la tête baissée.

L'atmosphère, quelques minutes plus tôt assez légère, semblait désormais s'être alourdie de façon assez conséquente.

-Eh ! Porc-épic !

Le cri de Senju Tsunade prit Madara au dépourvu. A peine eut-il le temps de se retourner qu'il devait se saisir en plein vol de la mallette marron que la femme venait de lui jeter au visage.

-On m'a appelé ? Demanda au même moment Thorn, en levant le museau.

Aucune attention ne lui fut accordée.

Pendant ce temps, l'ex-tête de clan réceptionnait gauchement la petite malle et jetait aussitôt un regard noir à la femme :

-C'était pourquoi ? Gronda-t-il, rageusement.

Tsunade le toisa avec dédain.

-Ce sont de prothèses oculaires, lui répondit-elle en désignant la mallette.-Plus connue aussi sous le nom « d'œil de verre ». Cette valise en contient une dizaine que tu dois changer tous les six ans. Pense nettoyer celle que tu porteras chaque jour.

Madara en resta coi et ne put que hocher la tête en un signe d'assentiment sidéré par le fait que cette kunoïchi qui le détestait lui fasse un tel cadeau par bonté.

Il envisageait de la remercier, lorsque celle-ci reprit la parole :

-De toute manière, tu es déjà assez laid, alors pas besoin d'empirer la chose en te laissant te balader borgne.

-Quoi ?! S'indigna Madara. –Comment oses-tu, espèce de… Hmf !

La main d'Hashirama se plaqua sur sa bouche, l'empêchant d'achever sa phrase.

Ce geste spontané eut au moins le mérite de déclencher un rire fragile de la part d'Hitomi. Chose qui calma immédiatement les ardeurs de l'ex-tête de clan.

Bien qu'outré par les propos de la femme, il réussit à contenir sa colère. Il décida donc, à la place, de faire ses dernières recommandations à Thorn qu'il laissait derrière, à cette époque.

-Thorn, lui dit-il en attirant l'attention de l'animal. Tu sais ce que tu as à faire.

Celle-ci mit un court moment à comprendre qu'il s'adressait à elle.

-Bien sûr ! Grogna-t-elle, finalement.

Elle frappa le sol de sa canne :

-Je prendrai soin de Sarada ! Promit-elle.

Satisfait par cette déclaration, Madara hocha la tête puis, à pas lent, se dirigea vers Sarada qui leva de grands yeux dans sa direction.

Les joues empourprées de la jeune fille étaient maculées de larmes. Elle sursauta lorsqu'il s'adressa directement à elle :

-Toi et ton père êtes les derniers Uchiha, déclara-t-il solennellement. Faites honneur au clan.

La bouche de l'adolescente s'ouvrit, mais il ne lui laissa pas le temps de dire quoique ce soit :

Il se pencha vers elle, laissant ses cheveux sombres les cacher du reste du monde, et enserra son épaule dans une prise qui n'avait rien à envier au plus redoutable des rapaces.

La génin se tendit, comprenant qu'il ne lui offrait pas là une étreinte réconfortante comme semblait le croire leur entourage.

-Sarada, lui murmura alors Madara. Comme tu le sais, cet œil est aussi celui de mon frère… Mais ce n'est pas tout. Il détient un secret… Un secret que tu ne dois révéler à personne. Est-ce clair ?

La jeune fille déglutit, mais hocha la tête.

-Je ne cherche pas à te faire peur, reprit l'homme en relâchant l'épaule de l'enfant pour abaisser sa main au niveau de son bras. –Mais tu dois comprendre que ce je te confie ici est d'une importance capitale…

De nouveau, Sarada hocha la tête.

-Dans cet œil réside la possibilité d'activer le rinnegan, la forme ultime du sharingan que j'ai pu obtenir en combinant les cellules d'Hashirama avec les mienne, lui révéla-t-il.

-Le rinnegan ?

-Tu pourras toujours demander à ton père, ou à ta mère, discrètement bien entendu…

Il se tut un bref instant.

-Malheureusement, enchaîna-t-il, le Sage a cru bon de le sceller en me renvoyant dans le temps… cependant, comme tu t'en doutes, cela ne signifie pas qu'il m'a été enlevé, et donc qu'il est possible qu'il soit réactivé… Saisis-tu ce que j'essaie de te faire comprendre ?

-Oui, souffla Sarada, je comprends tout à fait…

Satisfait, Madara sourit.

-C'est bien, lui dit-il. Lorsque tu obtiendras le mangekyo, implante-toi mon œil, et celui que ton père te donnera.

-Mais s'il ne veut pas ? S'il en a encore besoin ?

Si la question était innocente, la réponse le fut beaucoup moins :

-Alors dans ce cas, arrache-le-lui.

L'ex-tête de clan prononça ces dernières paroles à voix haute, paralysant l'assemblée. Et, avec un rictus malveillant, se redressa, puis recula jusqu'à être de retour aux côtés d'Hashirama dont les yeux suivaient chacun de ses mouvements.

-Nous partons, déclara l'ex-tête de clan d'un ton sans réplique.

Personne ne protesta.

Madara scella la mallette que lui avait remit Tsunade dans le parchemin de Mito, et tira de celui-ci le kunaï à trois pointes qu'il leva à hauteur de son visage.

D'un geste parfaitement synchronisé, Hitomi et Hashirama s'emparèrent alors chacun d'une des manches de son yukata.

-Je crois que c'est le moment de se dire au-revoir… Souffla l'adolescente, l'air torturé, en fermant les yeux.

-Vous tous… déclara à son tour le premier Hokage. –Je ne sais pas comment vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour nous… J'ai découvert ici un futur resplendissant qui, je l'espère, sera de même chez nous malgré les modifications qu'a apporté Madara à notre ligne temporelle.

-Je l'espère aussi pour vous, répondit Naruto.

Ses cheveux, auréolés par les dernières lueurs du soleil, ressemblaient à des flammes.

Madara leva le bras, faisant scintiller le kunaï à trois pointe sous la lumière, et se prépara à le lancer sur le parchemin qu'il avait jeté au sol.

Un, se dit-il en commençant un décompte mental.

La prise d'Hitomi sur sa manche s'affermit. Des gens se mirent à renifler.

Deux…

Sarada craqua, s'effondrant à genoux, et se mit à sangloter le visage dans ses mains. Thorn détourna le regard.

Trois.

Le kunaï fendit l'air et se ficha en plein milieu du parchemin.

Au moment ou le dernier rayon s'évanouissaient sous la ligne d'horizon, ils avaient disparu.


*Ça m'étonnerait qu'Alice au pays des Merveilles existe dans l'univers de Naruto. Mais bon, après avoir appelé respectivement des plantes Gérard et Manolo, je pense que je peux me permettre mentionner ce conte une fois. (Puis, en plus, j'étais à court de punch-line pour Madara)


C'était le chapitre 28, et la fin de l'arc sur le futur.

J'espère sincèrement que vous l'aurez aimé et que j'ai réussi à l'écrire correctement. Désormais, nous nous dirigeons inéluctablement vers la fin de cette histoire. Je ferais de mon mieux pour ce dernier arc ^^ Je crois que je vous l'avais déjà dit, mais j'avais commencé cette fic avec ses axes principaux et sa fin en tête. Pour l'instant, je ne me suis jamais écarté de sa trame principale, et sa fin devrait être celle que j'avais prévue depuis le début.

Voilà, c'est tout ce que j'avais à vous dire ^^ Maintenant, je vous laisse avec les fameux…

Commentaire en vrac ! :

-Vous voulez connaître certaine des mésaventures d'Hashirama et Madara durant leur voyage ?

-Probablement.

-De toute manière que vous le vouliez ou non, je vous raconte quand même tout ça.

-Bref… Comme vous le savez, Hashirama et Madara avaient des téléphones portables (téléphones qu'ils ont du rendre d'ailleurs, au grand regret d'Hashirama)

-Autant dire qu'Hashirama s'est éclaté avec et, surtout, à très vite appris à faire des selfies qu'il envoyait à Naruto et Kakashi (pour la plupart).

-Ceux-ci étaient d'ailleurs pour le moins populaire étant donné qu'ils mettaient, très souvent, en scène Madara dans des situations cocasses.

-Par exemple, dans l'un d'eux, Hashirama s'amusait à voir combien il pouvait empiler de pancake sur la tête de Madara pendant que celui-ci piquait un somme.

-A chaque nouvelle image envoyée (en plus de la tête en gros plan d'Hashirama de plus en plus hilare et des commentaires du genre « XDDDDD », « PTDR » ou encore «MDR ») la pile s'élevait de plus en plus haut.

-… Malheureusement, Madara à finit par se réveiller, et la prochaine photo qu'Hashirama a envoyé n'était plus qu'un flou de brun, noir et de rouge sharingan.

-Cependant, une dernière image est parvenu à Naruto (et à Shikamaru qui se trouvait à ce moment dans le bureau).

-Sur celle-ci, une photo en vue plongeante leur permettait de voir Madara adresser un sourire canaille à l'objectif, tandis qu'il enfonçait son pied dans le postérieur d'Hashirama qui avait actuellement la tête encastrée dans le sol.

-Apparemment, il avait réussi à se servir de l'appareil photo et avait même écrit un commentaire : « bob » disait-il.

-Après mure réflexion, Naruto et Shikamaru en ont conclu qu'il voulait sûrement dire « lol ».

-Sinon… Pour l'anecdote, lors de leur passage sur la Terre de la Foudre, ils sont tombés sur un concert de rap donné par un certain Killer Bee.

- Si Hashirama a adoré, Madara non. Il a gardé ses mains sur sa bouche et a eut les yeux écarquillés durant tout le spectacle.

-Il a été tellement choqué par ce qu'il a appelé « musique de sauvage » qu'il a passé trois heures sans crier une seule fois sur Hashirama.

-Bref, je crois que je vous avais dit que dans le chapitre que nos deux compères, une fois rentrés à Konoha, avaient dîné chez certain ninja du village…

-Tenez, voilà d'ailleurs ce qui s'est passé un soir :

-Chez Ino, lorsqu'Inojin a fini par s'endormir vers minuit (il n'est pas bien vieux après tout) Sai a posé à Hashirama the question.

-Dans Shippuden de tout manière, il disait/posait toujours des trucs/questions bizarres et embarrassantes (surtout à Naruto comme vous le savez). Du coup, il l'a aussi demandé à Hashirama, ignorant les exclamations choquées de sa femme et Madara.

-Hashirama, pas le moins gêné du monde, à simplement répondu : « Demandez à Madara, lui le sais très bien »

-Ça a provoqué un gros blanc.

-Ino et Sai ont fixé Madara un long moment. Du moins, jusqu'à que le pauvre homme se remette du choc et se mette à essayer d'étrangler son ami, horrifié et mortifié par ses propos.

-Autant dire que la soirée à été longue, et que la famille Yamanaka n'a plus jamais regardé Madara, ni Hashirama, de la même manière.

-Et, suite cet événement, en plus des commentaires indiscrets de Naruto, Madara a dû aussi supporter ceux de Sai qui, dès qu'il le croisait, s'enquérait de choses qui relevait du domaine de la vie privée.

-Passons du coq à l'âne…

-Le Kyuubi à la solution à tous !

-Vous n'aimez pas quelqu'un ? Alors mangez-le !

-C'est dans ces moment là que je me dis que j'aimerais être un requin… Je mangerai mes problèmes ainsi.

-Un cours que je n'aime pas ? Je le bouffe.

-Une mauvaise note au partiel ? Je la bouffe.

-Un prof désagréable ? Je le bouffe !

-Manger est la réponse universelle à tout.

-Au passage… Les capacités de Madara ne seront pas altérées par son œil en moins : Après tout, lors de la QGG il lui manquait ses deux yeux à un moment donné, et il pouvait toujours activer le Susanoo (Comment ? Je l'ignore, mais bon, disons juste que ce perso est décidemment très fort).

-Ah… D'ailleurs pour la mention d'Alice au pays des merveilles… Ben en fait, Sakura et Madara avaient lu le livre ensemble pour le critiquer.

-Ils en ont conclu que son auteur soit, avait trop d'imagination, soit était drogué.

-(Madara soupçonnera d'ailleurs Hashirama d'être son fournisseur).

Et voilà, c'était tout pour aujourd'hui ! J'espère que le chapitre vous aura plus et patati et patata, vous connaissez la ritournelle maintenant ^^

Je vous dis à la prochaine !