Disclaimer : Les personnages de White Collar ne sont pas à moi.

Précision : cette histoire se situe en gros après la fin de la saison 4, vu que je n'ai aucune idée de ce qu'il va advenir dans la saison 5.


Chapitre 28) Une écoute édifiante

Lorsque Neal s'éveilla au matin Peter était déjà debout et parlait avec le médecin sur le pas de la porte.

Neal les regarda avec un peu d'angoisse, espérant qu'on allait pas lui annoncer qu'il devait rester encore.

Peter se tourna vers lui et lui sourit.

Prêt à rentrer à la maison ? demanda t'il.

Neal eut l'impression que son cœur sautait dans sa poitrine face à ce sourire.

- Oui !

Il se leva avec empressement.

Peter le rejoignit pour l'aider à se rhabiller tandis que le médecin patientait. Ils rejoignirent le docteur qui adressa un regard sévère à Neal.

- Monsieur Caffrey, j'ose espérer que cette fois vous n'allez pas revenir au bout de quelques jours, non que je sois contre les retours de mes patients en tant que visiteurs, histoire d'avoir de leurs nouvelles, mais en général je préfère qu'ils espacent leurs passages dans mon service en tant que patients, cela donne une mauvaise image de ma profession.

Neal hocha la tête.

- Je vous promets que je vais tout faire pour éviter de venir vous encombrer une troisième fois docteur, outre le fait que je m'en voudrai de vous porter préjudice je ne suis pas très porté sur la fréquentation des hôpitaux.

- C'est ce que j'avais cru comprendre. sourit le médecin. Bon retour chez vous monsieur Caffrey.

- Merci docteur.

Neal se tourna vers Peter.

- On y va ?

- Oui. sourit Peter.

Il avait écouté les propos de Neal avec plaisir, il avait eu l'impression de retrouver l'ancien Neal, le vrai Neal, celui qu'il connaissait et appréciait.

Il entraîna son ami vers la station de taxis.

Neal le suivit docilement.

Ils furent rapidement à destination et Peter ouvrit la porte à Neal. La silhouette d'Elizabeth ne tarda pas à se montrer.

- Peter ! Neal ! Je ne vous attendais pas si tôt... venez, tout est prêt. Neal, je suppose que tu as hâte de te mettre au lit.

- Et bien, pas vraiment... répondit Neal.

Elizabeth lui fit les gros yeux.

- J'ai du mal à le croire, tu as maigri, tu as vraiment l'air fatigué et tu vas me faire le plaisir d'aller te reposer. insista t'elle.

Neal chercha le soutien de Peter mais ce dernier leva les mains en signe d'impuissance.

- Oh non, n'y pense même pas, si elle veut que tu ailles dormir, tu vas aller dormir, je ne m'en mêlerai pas, même pas pour toi.

Neal grimaça et suivit Elizabeth à contre cœur. Bien qu'épuisé encore il n'avait pas envie de se coucher, surtout chez Peter et Elizabeth. Même si son corps réclamait du repos il avait la sensation qu'il n'avait pas le droit de les laisser prendre soin de lui, qu'il ne le méritait pas. Il était un escroc, un faussaire, un menteur professionnel, et depuis quelques mois un prostitué, ils n'auraient pas du ouvrir leur porte à quelqu'un comme lui.

Comme si elle lisait dans ses pensées Elizabeth le força à s'asseoir au bord du lit et se pencha pour que leurs visages soient à la même hauteur.

- Je me doute de ce que tu es en train de penser Neal, mais tu as tort. Tu n'es plus un criminel, je le sa is parce que Peter n'aurait jamais proposé de prendre un criminel chez lui. Souviens toi la première fois que tu es venu ici.

Neal hocha la tête.

- Il était contrarié. admit il.

- Et aujourd'hui il t'oblige à venir. Il veut prendre soin de toi. Tu ne crois pas que cela veut dire que quelque chose a changé ?

Neal rougit et baissa les yeux.

- Ce que je suis devenu... murmura t'il.

- Ce n'était pas ce que tu voulais Neal. Nous le savons tous n'est-ce pas ?

- Pourtant je l'ai fait... librement. J'y suis allé seul.

- Tu y es allé sous la menace. Même si tu penses le contraire cela compte pour nous.

Neal hocha la tête. Il fixait toujours le sol. Elizabeth soupira. Elle préférait ne pas insister pour le moment. Elle se lança sur un sujet moins pénible pour eux.

- June m'a fait porter quelques habits lorsque je l'ai prévenue que tu resterai quelques temps chez nous.

Le visage pâle de Neal s'éclaira d'un sourire heureux.

- Il faudra que je lui téléphone pour la remercier.

- Tu auras tout le temps de le faire lorsque tu te seras reposé. Installe toi, mets toi à l'aise, repose toi et si tu as besoin de quoi que ce soit appelle nous. lui dit Elizabeth.

Elle se dirigeait vers la porte lorsque la voix de Neal la rappela.

- Elizabeth...

- Oui Neal ?

- Tu crois que Peter pense comme toi ? Que je ne suis pas...

Il ne parvint pas à finir sa phrase mais Elizabeth savait ce qu'il ne pouvait dire. Elle était soulagée qu'il ne dise pas ce mot, elle ne voulait pas l'entendre.

- J'en suis persuadée.

- J'ai l'impression de l'être. émit Neal en frissonnant.

- Tu ne l'es pas Neal. affirma fermement Elizabeth.

Elle ouvrit la porte et sortit.

- Repose toi maintenant, ne pense plus à tout cela.

Elle laissa la porte entrouverte, redescendit l'escalier avec l'impression d'être une mère venant de mettre son fils malade au lit. Il y avait un peu de cela quelque part, mais pas seulement. Elle allait devoir aborder sérieusement le sujet avec Peter.

Neal se déshabilla et se lava rapidement, il était trop fatigué encore pour avoir le courage de frotter sa peau comme cela le démangeait de le faire. Il se glissa entre les draps et ferma les yeux. Malgré les propos rassurants d'Elizabeth il continuait à ressentir une impression de culpabilité et de souillure. il se recroquevilla instinctivement en sombrant dans le sommeil.

Elizabeth chercha où était son époux afin de savoir ce qu'il était en train de faire et s'ils pouvaient parler.

Peter était dans la pièce qui lui servait de bureau, un casque sur les oreilles il écoutait les enregistrements du jour pris par le micro qu'il avait placé dans la chambre de Lydia. Elizabeth se retira, il n'était pas temps pour eux de parler. Plus tard sans doute.

Peter passa rapidement sur les échanges entre Lydia et le personnel de l'hôpital. En dehors du fait qu'ils n'étaient pas toujours cordiaux ils ne présentaient aucun intérêt pour lui. Lorsqu'il entendit la voix de Benjamin il devint beaucoup plus attentif.

L'échange entre Lydia et son fils fut très édifiant pour Peter, maintenant il savait pourquoi Benjamin avait fait ce qu'il avait fait et surtout qu'il n'était en rien le complice d'Anatoli.

Il prit note du nom prononcé par Benjamin. C'était à n'en pas douter le nom de l'enfant blond. Maintenant Peter avait des éléments supplémentaires pour ses recherches. Visiblement Benjamin voulait retrouver ce Vassili, le retrouver avant lui serait sans doute un avantage.

Il grimaça en entendant le bruit d'un objet frappant un corps, il n'avait pas besoin d'être sur place pour deviner qu'il s'agissait sans doute de la canne de Lydia heurtant Benjamin. Les propos suivants le firent également frissonner. Ainsi donc Benjamin avait été prostitué par le père d'Anatoli... considérant que d'après les dossiers Benjamin était allé vivre chez son père à l'âge de 15 ans, cela signifiait qu'il avait été une victime très jeune. Peter espérait de tout son cœur que Miroslav Kirdan avait au moins eu la décence, si du moins ce mot pouvait être utilisé dans ce cas, d'attendre que l'enfant ait au moins dix ans. Il se doutait pourtant que la décence était le cadet des soucis d'un proxénète et il y avait fort à craindre que le jeune garçon ait été prostitué peu de temps après l'union de sa mère avec l'homme. Peter frissonna encore en songeant que Benjamin n'avait que sept ans à cette époque. C'était très jeune pour endurer de pareils sévices, mais au vu des dossiers médicaux le fait d'être prostitué avait peut être été le moindre des soucis de Benjamin à cette époque. Surprenant qu'il se soucie encore d'autrui après avoir traversé de pareilles horreurs. Pourtant Peter ne pouvait le nier, Benjamin se souciait visiblement de Vassili, au ton de sa voix on comprenait parfaitement qu'il tenait vraiment à le retrouver. Même si cela n'excusait pas tout, surtout pas le fait qu'il ait envoyé Neal entre les mains de celui qui l'avait violé enfant, cela constituait des circonstances atténuantes. Peter n'était pas encore disposé à lui pardonner le mal causé à Neal, mais il comprenait mieux à présent. Il en tiendrait compte le moment venu. Enfin, peut être, tout dépendrait du temps qu'il faudrait à Neal pour se remettre.

Il repassa l'enregistrement de la période qui l'intéressait et en fit une copie. Du fait que Lydia et Benjamin étaient liés à Anatoli Kirdan le mandat couvrant les investigations le concernant et concernant ses proches les couvrait aussi.

Peter n'avait pourtant pas l'intention de livrer l'enregistrement au FBI, il avait placé le micro sans en prévenir personne et cela pourrait lui apporter des ennuis. Il avait une bien meilleure idée. Une idée qui concernait Benjamin en tout premier lieu. L'homme les avait fait surveiller ? Fort bien, cela allait être son tour à présent. Peter n'allait pas le lâcher d'une semelle et lui faire bien sentir.

Satisfait d'avoir pris une décision il rangea son matériel et rejoignit Elizabeth. Celle-ci le regarda et vit son expression décidée.

- Tu as obtenu ce que tu souhaitais ? demanda t'elle.

- En quelque sorte, j'en sais plus sur celui qui hante l'esprit de Neal, je sais ce que je dois faire à présent.

- Mais tu ne vas pas m'en dire plus.

- Je ne vais pas le faire en effet. Je préfère t'épargner ce que j'ai entendu.

Elizabeth hocha la tête.

- Je comprends.

- Neal est couché ?

- Oui. Mais il est préoccupé. Il a peur que tu ne le juge.

Peter soupira.

- Je...

- Prends le temps de réfléchir à cela également. Peux tu vraiment affirmer que tu ne le feras pas ?

Peter fronça les sourcils.

- Elizabeth, je...

- Tu l'as déjà fait.

- C'était mérité ! protesta Peter. Il avait agi en connaissance de cause !

- N'est-ce pas encore le cas aujourd'hui ?

Peter se troubla et se laissa tomber sur le canapé.

- Ce n'est pas du tout la même chose. protesta t'il au bout d'un moment.

- Pour toi peut être, mais pas pour lui. Il sait qu'il t'a déçu plusieurs fois par le passé et que tu as eu du mal à lui pardonner, comment pourrait il être serein à présent ?

Peter la regarda, visiblement blessé par les propos.

Elizabeth caressa sa joue avec douceur pour le réconforter.

- Ce n'est pas qu'il ne te fait pas confiance chéri, c'est qu'il a peur, terriblement peur de te perdre.

- Je ne vois pas pourquoi, nous ne sommes pas si proches. maugréa Peter.

- Crois tu ? répondit Elizabeth en riant. Peux tu me l'affirmer en toute sincérité ?

Peter la regarda sans comprendre.

- Mais de quoi es-tu en train de parler ?

- Du lien entre toi et lui.

Peter s'empourpra fortement.

- Il n'y a aucun lien entre lui et moi ! protesta t'il.

Elizabeth fit la moue.

- Tu es vraiment mignon quand tu nies. Mais c'est inutile chéri. Nous savons très bien ce qu'il en est vraiment.

- Il n'y a aucun lien entre Neal et moi. affirma encore Peter. Je ne suis pas attiré par lui !

Elizabeth le regarda avec un peu de pitié.

- Parce qu'il faut absolument passer par le sexe pour nouer un lien ? Tu me déçois mon cœur.

A suivre