XXIX
Splinters of my soul
Note de l'auteur : Décidément, j'aime beaucoup décrire les petites scènes du quotidien. Donc j'espère que ça ne vous ennuie pas trop. Ne vous inquiétez pas, de l'action est prévue par la suite, au prochain chapitre.
Bonne lecture ^^
Fannibal : Je suis contente si le chapitre précédent t'a plu. La fin n'est pas prévue pour le moment ne t'inquiète pas lol
Guest : Toi qui n'as pas précisé de pseudo, sache que ta review m'a projeté dans un ascenseur émotionnel assez violent XD Je lis la première phrase :"50 nuances de Grey à vraiment touché tout le monde alors ?" et j'ai eu envie de te demander si tu avais une carte de visite, pour ma cuisine XD puis j'ai lu ensuite : "L'originalité même, ton esprit doit être pire qu'un labyrinthe tortueux." Et là je me suis dit "OK, on va lui pardonner sa référence douteuse." Car oui, mon esprit est tortueux. Ravi que la demande en mariage et la bague t'aient plu.
Il n'y avait pas de baignoire à Wolf Trap, ni dans la maison où nous avions vécu avec Molly et Walter, ni dans les nombreux logements que nous avions occupés mon père et moi quand j'étais enfant. Il n'y avait qu'en Argentine, que j'avais fini par m'habituer au fait de pouvoir prendre un bain quand bon me semblait. Et c'était quelque chose que je pouvais continuer à faire ici.
Ce matin-là, quand j'ouvris les yeux et que je m'étirai, délicieusement courbaturé, le bruit des robinets ouverts dans la salle de bain attenante, m'apprit qu'Hannibal m'avait devancé dans mon initiative. Certainement aussi poisseux de sueur – et quelques autres choses – que moi, je ne pouvais que comprendre son besoin de se laver. Et la baignoire était assez grande pour deux. Je me levai donc, sans prendre la peine d'enfiler quoi que ce soit malgré la fenêtre toujours grande ouverte par où entraient les rayons matinaux du soleil, et sortis dans le couloir. Je fis un arrêt rapide aux toilettes, puis le rejoignis dans la salle de bain. Entre-temps, le bain s'était rempli, et c'est immergé jusqu'au cou, une jambe pendante à l'extérieur, que je le retrouvai.
« Bonjour. » Le saluai-je, en m'avançant vers lui.
« Bonjour. Tu semblais si bien dormir, je n'ai pas osé te réveiller. » Me répondit-il.
Trônant au milieu de la pièce, sur un parquet traité contre l'humidité, le bassin était la réplique exacte, en beaucoup plus grand, des deux vasques qui se trouvaient contre le mur de droite. Un imposant robinet qui sortait du sol et se courbait par-dessus le bain était lui aussi identique à ceux, plus petits, qui alimentaient les lavabos. Au fond de la pièce, face à l'entrée, s'élevait une douche carrelée de blanc, totalement ouverte, équipée d'un sol légèrement incliné qui permettait à l'eau de s'évacuer.
Je posai un genou à terre, mon alliance tinta contre la pierre grise quand je m'appuyai sur la baignoire en forme de bol, et je me penchai sur lui pour l'embrasser. Ses lèvres étaient douces et avaient le goût mentholé du dentifrice. Je me relevai alors et me dirigeai vers les lavabos, avant de me saisir de ma brosse à dent, en observant mes cheveux en bataille et mes yeux encore humides de sommeil, dans le long miroir fixé au-dessus. Le reflet d'Hannibal me sourit.
« Te sens-tu différent ? »
Sa question me prit de court et je me figeai un instant, le manche en plastique dépassant de mes lèvres et la bouche pleine de dentifrice. Je me tournai vers lui et m'appuyai contre la vasque, en levant un sourcil interrogateur pour lui signifier qu'il devait développer. Durant quelques instants, seul le bruit des poils durs crissant contre l'émail meubla le silence.
« Moi, je me sens différent. » Affirma-t-il finalement.
Je compris alors ce qu'il voulait dire. Et une révélation me frappa. Quand je m'étais marié avec Molly, malgré la cérémonie – modeste et un peu étrange, puisque sa famille ne m'avait jamais apprécié, mais tout de même mémorable – malgré le voyage de noces et notre emménagement, je m'étais senti exactement le même. Et notre relation m'avait également semblé inchangée. Comme si nous l'avions officialisée pour nous plier aux convenances.
Mais, ce matin-là, alors que nous n'avions fait qu'échanger nos alliances sous les rayons pâles de la Lune, sans maire, ni témoins pour en attester, je me sentais transformé plus sûrement que jamais auparavant. Alors que le document qui faisait foi de cette union n'était qu'un papier falsifié et antidaté que Jonas nous avait fait parvenir par l'intermédiaire d'un transporteur, avec mon titre de séjour plus vrai que nature au nom de William Harris - Junoska.
« Hoi auhi. » Répondis-je, en oubliant momentanément ce que je faisais.
Du dentifrice coula sur ma poitrine, Hannibal leva les yeux au ciel, et je jurai dans ma barbe en me penchant précipitamment au-dessus du lavabo pour cracher. Je me rinçai ensuite rapidement la bouche, avant de me saisir d'une serviette pour essuyer mon visage et mon torse.
« Moi aussi. » Répétai-je.
En réponse, il se redressa légèrement en me faisant une place et j'acceptai volontiers l'invitation. L'eau était presque trop chaude et embaumait les huiles essentielles d'amande et les sels de bain aux senteurs florales. Je calai mon dos contre son torse et ma tête dans le creux de son cou en soupirant d'aise. Une de ses mains récupéra l'éponge au fond et frotta doucement mon ventre.
« C'est quoi ce parfum ? » Demandai-je, curieux.
« Tu parles sûrement de la lavande. C'est une fleur violette cultivée en Provence, dans le sud de la France. Elle est réputée pour ses vertus apaisantes, entre autres choses. »
« L'odeur est forte, mais ce n'est pas désagréable. » Commentai-je, en me détendant sous ses attentions.
L'éponge remonta sur ma poitrine, mouilla mes épaules, ma nuque. J'embrassai sa gorge. Son pouls pulsa lentement contre mes lèvres.
« Qu'est-ce qui est différent ? » Demandai-je alors.
Sa main gauche saisit la mienne sous l'eau. Nos alliances ripèrent l'une contre l'autre.
« La sensation d'appartenance. » Répondit-il.
« Elle est plus tangible, plus réelle. Je ressens la même chose. »
Un ange passa. Un silence confortable s'installa, alors qu'il reposait l'éponge, pour me prendre dans ses bras.
« Tu veux aller prendre un brunch sur la Place du Tertre ? » Me proposa-t-il.
Mon estomac approuva bruyamment.
« Il est si tard que ça ? » M'étonnai-je.
« Dix heures passées, très certainement. » Affirma-t-il, en jaugeant la hauteur du soleil par la fenêtre de la salle de bain.
« J'avais vraiment besoin de dormir. » Constatai-je. « C'est ta faute. » Ajoutai-je, en souriant.
« Comme si cela t'avait déplu. » Répliqua-t-il, amusé.
« J'ai encore l'impression de te sentir en moi. » Chuchotai-je à son oreille.
Il se figea l'espace d'une seconde, avant de me pousser doucement.
« Si nous voulons aller manger, nous devrions sortir de cette baignoire avant que cela devienne plus qu'une impression. »
Un rire m'échappa, en constatant, une fois de plus, que je n'avais vraiment pas grand-chose à faire pour attiser le désir de cet homme pourtant si froid en apparence. Nous sortîmes de l'eau l'un après l'autre et je lui tendis un peignoir d'un blanc immaculé dans lequel il s'enveloppa, alors que j'en faisais de même. Nous retournâmes ensuite dans la chambre pour nous habiller.
« Le restaurant auquel tu penses nécessite-t-il un effort vestimentaire ? » Le questionnai-je, en me plantant devant la penderie ouverte après avoir sorti un boxer d'un tiroir.
« Je n'ai prévu aucun endroit en particulier, mes connaissances sur ce quartier ne sont plus à jour. Mais une tenue décontractée fera très bien l'affaire. » Affirma-t-il, en enfilant son sous-vêtement.
« Hannibal, nous n'avons pas la même définition de décontracté. »
Il réfléchit quelques secondes, avant de sortir un pantalon en lin écru, une chemisette à manches courtes en coton blanc ornée de discrets motifs losange. Puis il agrémenta le tout d'une paire de désert boots en toile couleur sable.
« Cela ira très bien. Et si tu veux, après notre repas, nous irons en ville parfaire ta garde-robe. »
« Je ne vais pas dilapider ton argent dans des vêtements dont je n'ai pas besoin. J'ai tout ce qu'il me faut. » Répliquai-je, en passant néanmoins la tenue.
« Mon argent est aussi le tien. Et tu parles de ta collection de t-shirts blancs, de pantalons en treillis et de ce jean usé jusqu'à la corde qu'il t'arrive de porter quand tu traînes à la maison le dimanche ? » Railla-t-il, en s'habillant à son tour dans les mêmes tons clairs.
« Ce jean me fait un cul d'enfer et je sais que tu l'as très bien remarqué, ne le nies pas. » Ripostai-je, entre le rire et l'agacement. Et il ne me contredit pas. « Je ne suis pas une poupée que tu peux vêtir à ta guise, Hannibal. Tu sais que je viens d'un milieu très modeste. Les vêtements n'ont jamais été une priorité pour moi. Ils devaient être pratiques, solides et surtout pas chers… »
Il me coupa en prenant mon visage entre ses mains pour me fixer de ses yeux fauves.
« Tu n'es pas une poupée, Will. Je n'ai jamais voulu que tu t'imagines une chose pareille. Je pense juste que tu mérites ce qu'il y a de mieux. Nous irons dans les boutiques de ton choix et tu achèteras ce qui te plaît. »
« Dans ce cas, d'accord. » Approuvai-je, en posant mes mains sur sa taille. « Et j'ai l'impression que ma bague et légèrement trop grande. » Ajoutai-je, alors que c'était totalement faux. « Nous devrions aller la faire ajuster chez ce fameux bijoutier, n'est-ce pas ? Et puisque nous aurons d'abord passé du temps dans les magasins, sans parler des courses, parce qu'il faut bien accompagner la viande, nous arriverons sûrement à la fermeture. »
Il me couva d'un regard indescriptible, puis me gratifia d'un baiser ravageur avant de coller son front au mien.
« Où étais-tu pendant toutes ces années ? »
« Là où tu m'as trouvé. C'est toi qui t'es mis en tête de parcourir toute la surface de la Terre avant de t'établir à Baltimore. »
« C'est vrai. »
« Sans compter ta technique de drague proprement désastreuse. Provoquer une encéphalite n'est absolument pas un bon moyen de donner envie de s'engager dans une relation. Même moi, je le sais. » Ironisai-je.
Il leva les yeux au ciel, en voyant que je souriais.
« Je ne me suis jamais excusé pour ça. » Fit-il remarquer.
« Ce n'est pas nécessaire. Tu as suffisamment payé. » Affirmai-je, avant d'embrasser doucement ses lèvres. « On y va ? »
« Après toi. » Dit-il, en s'asseyant sur le lit pour se chausser.
« Je vais faire sortir les chiens dans le jardin, ça leur fera du bien de passer l'après-midi dehors. » L'informai-je, avant de descendre au rez-de-chaussée.
Dès qu'ils entendirent mon pas dans l'escalier, ils sortirent de leur pièce pour venir tourner autour de moi. Je distribuai quelques caresses au passage, en allant ouvrir la porte d'entrée. Ils dévalèrent tous les trois marches, avant de chahuter sur la pelouse. Tous, sauf Buster, qui attendait en bas des marches, le nez en l'air et en remuant sa courte queue. Il jappa, monta trois marches, avant de les redescendre, car il savait qu'il n'avait pas le droit. Je souris, amusé de son impatience. Puis, Hannibal apparut et Buster aboya.
« Comment vas-tu ? » Lui demanda-t-il, en se baissant pour le porter devant son visage.
Un jappement enthousiaste lui répondit et il le reposa à terre. Le chien nous suivit jusqu'au portail.
…
Le restaurant que nous avions finalement choisi servait un brunch sous forme de buffet à volonté. Malgré cette formule qui me paraissait très populaire, la cuisine se voulait gastronomique. Pour le premier service, la large table, recouverte de plats mêlants petit-déjeuner continental et plats salés à base d'œuf, de fromage ou de bacon, faisait envie, à première vue. Sur un grand plat étaient également exposées différentes sortes de pains. Le tout était accompagné de café dit « italien », de plusieurs variétés de thés et de jus de fruit, de chocolat chaud et, à mon grand étonnement, de champagne.
« C'est plutôt à New York qu'il est traditionnel de servir du champagne avec le brunch. Peut-être l'établissement souhaite-t-il satisfaire une clientèle touristique de tous horizons. » Chuchota Hannibal à mon oreille, quand je le questionnai sur le sujet.
« Je suis affamé. » Affirmai-je ensuite, en me saisissant d'une assiette.
Je la remplis à ras bord de viennoiseries – une sucrerie qu'Hannibal avait appelée un croissant au beurre – de pain que je tartinai de confiture de fraises, d'une crêpe au chocolat, de saucisse et d'œuf brouillés. Hannibal m'observa avec amusement, car autour de moi, les autres convives étaient bien plus réservés sur leur enthousiasme et modérés sur leurs portions, avant de me rejoindre avec sa propre assiette. Je fis la grimace devant le plateau de fromages, car l'aspect, comme l'odeur, ne m'inspiraient pas confiance.
« Celui-ci, c'est du bleu d'Auvergne. » Me désigna-t-il. « Je ne le conseille pas, pour un débutant en fromage. Il est fort en goût et certaines personnes sont rebutées par la moisissure. »
« Pardon, la quoi ? » M'étonnai-je, avant de mordre dans mon croissant.
La pâte feuilletée et légèrement sucrée me parut pâteuse en bouche, mais je supposai que c'était normal.
« Les taches bleues, c'est de la moisissure et elle se mange. » Face à mon air horrifié, il passa aux autres qui paraissaient beaucoup plus inoffensifs. « Celui-là, c'est du brie. Un fromage à pâte molle à base de lait de vache. Très doux. Tu pourrais l'essayer. Ici, nous avons un cabécou à base de lait cru de chèvre. »
« Franchement, je pense que ce n'est pas mon truc. Si tu me cuisines des plats à base de fromage, je goûterai volontiers, parce que tu as le don de rendre bon n'importe quoi. Mais déjà que je ne suis pas fan du croissant, je pense que je vais me contenter des aliments que je connais déjà. »
« Il me semble difficile de ne pas aimer les croissants, Will. » Répliqua-t-il.
Perplexe, il prit la viennoiserie à peine entamée dans mon assiette et mordit dedans. Il mâcha une fois, deux fois, puis sa mâchoire se figea. Il s'empara alors d'une serviette en papier et, très discrètement, recracha sa bouchée dedans, avant de la jeter.
« J'en déduis que ce n'est pas le goût auquel tu t'attendais. »
« Il est surgelé. » Dit-il d'un air sinistre.
Je dus me mordre la joue pour réprimer un fou rire. La formule coûtait une petite fortune. Je ne connaissais pas le taux de change de l'euro, mais Hannibal m'avait assuré qu'il n'y avait pas une grande différence avec le dollar américain. Il promena alors son regard aux alentours et apostropha un jeune serveur qui fit de son mieux pour ne pas paraître intimidé face à l'expression meurtrière qu'affichait Hannibal.
« Puis-je voir le chef qui a préparé ceci, s'il vous plaît ? » Lui demanda-t-il en français.
L'employé sembla angoissé par la question. J'en conclus qu'elle ne devait pas être agréable.
« Bien sûr. Je vais le chercher, Monsieur. » Répondit-il précipitamment, avant de s'éclipser.
« J'ai demandé à parler au chef. » M'informa-t-il.
Cela promettait d'être intéressant. En attendant, il examina d'autres aliments sur la table, grimaça en trempant ses lèvres dans le jus de pomme, fronça le nez en enfonçant son doigt dans une gaufre qui suinta de gras sous la pression. Puis, l'homme arriva enfin. Aussi grand qu'Hannibal et très corpulent, c'était une véritable force de la nature. Autour de sa taille était noué un tablier de cuisine initialement blanc, d'une propreté douteuse. Sur sa tête, des cheveux bruns parsemés par une calvitie étaient plaqués en arrière. Il tendit une main large et potelée vers nous et Hannibal la serra sans hésitation. Il comptait bien dominer l'échange, que je suivis avec curiosité.
Même si je ne compris qu'un mot par-ci par-là, le ton était sans équivoque, froid, avec juste ce qu'il fallait d'indignation, renforcé par moult gestes gracieux de la main pour désigner les plats. Autour de nous, les curieux qui parlaient français, et certainement aussi quelques étrangers, s'agglutinèrent rapidement autour du chef qui se faisait passer le savon du siècle. Je saisis au vol les termes « inadmissible », « honte » et « dégoûtant » dont je connaissais le sens et cela me donna une idée globale de la teneur de la conversation. Le visage de l'homme prit une teinte brique, puis la rougeur s'étendit à son cou à mesure qu'il argumentait, si bien que j'en vins à craindre qu'il ne fasse une crise cardiaque dans l'instant. Mais il ne fit qu'élever la voix un peu plus. Visiblement, il ne comprenait pas où était le problème.
Je pus alors aisément percevoir son agressivité, son animosité, et la situation ne m'amusa plus du tout. L'éclat d'un couteau posé sur un plat à tarte attira mon regard. S'il posait une main sur Hannibal, je me jurai de l'égorger. Instinctivement, je me rapprochai de l'arme et des deux hommes. Hannibal vit clair dans mon manège, certainement parce qu'il avait lui-même lorgné la lame avec envie, et posa une main apaisante sur mon bras.
« Nous allons partir, à présent. Et comptez sur moi pour parler de votre établissement. » Sembla-t-il conclure, avant de m'entraîner vers la sortie.
Le chef nous lança une dernière réplique que je ne compris pas. Près de la porte se trouvait un petit présentoir garni de cartes de visite du restaurant. Hannibal en empocha une, certainement pour se souvenir de repasser ici dans quelque temps. Cet esclandre nous obligeait à rester patients, pour ne pas être suspectés. Des gens nous avaient vus et se souviendraient sûrement de nous encore un moment.
Nous fûmes à nouveau dehors. Sur la place, régnait l'effervescence propre à la période estivale, les touristes arpentaient les trottoirs et des musiciens de rue jouaient un peu plus loin. Hannibal prit le temps de se calmer et moi aussi. Puis, il me résuma ce qui avait été dit. L'homme ne voyait pas où était le mal, ce qui me paraissait hallucinant, même pour moi qui n'étais pas coutumier de la grande gastronomie française. En attendant, nous avions toujours aussi faim et la journée serait longue avant que nous puissions rendre une visite au bijoutier. Nous optâmes donc pour un déjeuner, dans un petit restaurant sans prétention qui servait une cuisine maison que je trouvai délicieuse et Hannibal, tout à fait convenable.
L'estomac rempli, nous rentrâmes à la maison où les chiens nous accueillirent dans le jardin. Le temps de sortir les casques et les blousons en cuir, et nous étions en route pour le centre-ville, juchés sur la moto roadster dont la carrosserie noire brillait sous le soleil de juillet.
