Titre : Le sang des innocents
Auteur : Tabourette
Beta : ClaP74
Rating : MA
Note 1: cette histoire contient des relations homosexuelles donc toutes les personnes que cela rebute, passez votre chemin
Note 2 : Merci beaucoup à ClaP74 pour avoir merveilleusement bien corrigé ce chapitre encore une fois ! Sans elle vous n'auriez pas un texte aussi agréable à lire.
Diclaimer : les lieux et personnage de l'univers d'Harry Potter ne sont toujours pas ma propriété mais celle de leur auteur J.K Rowling. Le reste, c'est tout à moi !
Petit mot de ClaP74 : Vous ! Oui vous, les lecteurs ! Vous êtes vraiment gâtés, vous le savez ça ? Parce qu'on continue avec un chapitre super hot, super bien et puis bourré de suspens et de trucs trop trop mignons. Et puis, tout ça devient de plus en plus intriguant, et même moi qui suis en direct live avec Tabourette, je ne sais pas vers quoi elle nous emmène, mais franchement, ça promet ! Allez, enjoy les loustics !
Et voici la suite ! Désolée pour le petit retard mais ne vous inquiétez pas, je ne vous oublie pas.
Je n'ai pas grand-chose à dire si ce n'est de nouveau un grand merci à tous qui me suivez et me laissez des reviews
Ce n'est pas toujours facile de garder la motivation et un rythme d'écriture régulier mais quand je lis vos reviews, ça me rappel pourquoi j'aime écrire et pourquoi j'ai envie de continuer et terminer cette histoire ! Alors merci à vous pour ça.
Dans ce chapitre, on passe un nouveau cap. J'espère que ça vous plaira ! C'est le plus long que j'ai écrit jusqu'à maintenant, 14 pages word, donc vous aurez de quoi occuper vos petits yeux un moment ^^
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Draco était toujours blotti contre Remus, mais il avait été bien incapable de se rendormir. Les souvenirs de ce rêve restaient gravés dans sa mémoire, comme forgés sur les murs de son esprit.
Le loup-garou l'avait bercé pendant de longues minutes, lui susurrant des paroles réconfortantes. Il s'était laissé faire. Ce n'était pas la première fois qu'il faisait des cauchemars sur la guerre, mais il se rendait compte de combien c'était agréable d'avoir quelqu'un à ses côtés à son réveil.
Ils avaient beaucoup parlé cette nuit-là avec Remus.
Et ils avaient fait l'amour, pour la première fois.
Ce n'était pas sa faute si son corps et son esprit étaient autant attirés par le loup-garou à côté de lui. Sa seule présence suffisait à réveiller tout son être.
Les mains du lycanthrope étaient douces sur lui, légères et réconfortantes. Mais peu à peu, elles devinrent aussi un supplice pour Draco. Chaque effleurement attisait un peu plus le désir naissant qui montait en lui.
Il s'en voulait parce que Remus essayait de le réconforter et lui pensait à tout autre chose. Pourtant, quand le loup-garou sentit l'érection naissante de son compagnon contre sa cuisse, il ne fit que sourire. Sourire avant de prendre possession des lèvres du jeune homme. Draco lui répondit volontiers, mêlant sa langue à la sienne. Il commença à bouger contre cette cuisse, se servant du corps du loup-garou pour attiser son désir. Remus le laissa faire, accompagnant seulement les mouvements avec sa jambe. Pourtant, quand les soupirs de Draco se firent de plus en plus prononcés, le loup-garou commença à envier sa propre cuisse qui avait tout le loisir de satisfaire son compagnon tandis que le reste de son corps restait figé. Alors il reprit les choses en main.
Il allongea son compagnon avec douceur sur les draps avant de partir à l'exploration de son torse. Il couvrit lentement son corps de baisers à travers les pans de sa chemise ouverte, testant la souplesse de sa peau, sa douceur, son parfum, jusqu'à ce que ses sens soient envahis par les effluves de la précédente jouissance du jeune homme dont les marques étaient toujours présentes sur lui. Il descendit de plus en plus bas, traçant son chemin sans hâte, au grand désespoir de jeune homme sous lui. Arrivé à la lisière du pantalon toujours ouvert, Remus s'attarda quelques instants sur le ventre de son compagnon, traçant de sa langue le contour de son caleçon. La respiration de Draco s'accéléra un peu plus alors le loup-garou commença à tirer sur le tissu avec ses dents pour ensuite grogner de frustration quand ce dernier relâcha sa prise pour remonter le long de son estomac. Le jeune homme s'apprêta à protester ouvertement quand les lèvres de Remus se refermèrent sur un de ses mamelons. Le Serpentard oublia alors toute envie de rébellion, profitant seulement de la caresse.
Les mains du jeune homme vinrent s'enfouir dans les mèches en bataille de l'homme qui lui procurait tant de bien avant de s'aventurer sur les épaules du loup-garou. Il écarta avec énervement la chemise qui l'empêchait d'atteindre la peau de son professeur. Remus sourit doucement devant l'impatience de son compagnon et se tortilla pour se défaire de son vêtement encombrant, sans toutefois s'éloigner du mamelon maintenant rougi et dur sur lequel il s'acharnait.
Draco posa un rapide baiser dans les cheveux du lycanthrope pour le remercier, seule zone facilement accessible à ses lèvres, avant de passer ses bras sous les siens pour l'obliger à remonter le long de son corps. Remus obtempéra sans rechigner et mêla sa langue à celle de son élève dès qu'elle fut à portée.
Les mains de son compagnon dans le dos du loup-garou descendirent lentement le long de son corps, parcourant de la pulpe de ses doigts et de la douceur de sa paume la peau offerte. Leur trajet ne se laissa pas interrompre par la barrière du pantalon alors qu'elles passèrent sans vergogne sous le vêtement pour venir se saisir des fesses du lycanthrope. Draco en parcourut l'arrondi, en testa la fermeté, enfouit parfois ses doigts entre les deux globes de chair, osant avec gêne et maladresse parcourir le contour de l'intimité de son professeur.
Sa bouche partit à l'exploration du cou de son compagnon, Remus mordit involontairement la peau sous lui en sentant un doigt presser légèrement contre son entrée avant de se retirer rapidement. Malgré le plaisir que cela lui procurait, il ne demanda pas à Draco de recommencer, préférant laisser au jeune homme le libre choix de ses actions.
En sentant le plaisir que ses attouchements venaient de procurer au loup-garou, traduit par ces dents qui venaient de se planter légèrement dans son cou, Draco retenta l'expérience. De nouveau il fit pénétrer la pointe de son doigt entre les chairs resserrées. Le bassin de Remus ondula légèrement contre lui, frottant leurs deux sexes emprisonnés l'un contre l'autre tout en profitant de cette présence en lui.
Draco n'osa pas aller plus loin et se contenta de se retirer avant de revenir doucement. Il sentait le souffle chaud et rapide de Remus dans son cou, ses petits soupirs de plaisir étouffés contre sa peau.
Le jeune homme se sentait toujours étonnamment heureux et fier lorsqu'il voyait son professeur s'abandonner entre ses bras au plaisir qu'il lui procurait.
Remus redressa finalement la tête et prit brièvement possession des lèvres de son élève avant de parcourir de nouveau le chemin précédemment emprunté par ses lèvres. Draco fut obligé de retirer ses mains du pantalon du lycanthrope alors que celui-ci s'abaissait le long de son corps. Mais cette fois-ci, ses lèvres ne restèrent pas bloquées à l'élastique de son caleçon.
Le loup-garou descendit en effet rapidement le pantalon et le sous-vêtement avant de les enlever complètement. Il dut batailler quelques secondes alors que les vêtements refusaient de quitter sagement le corps du jeune homme. Draco rigola doucement alors que Remus se débattait pour libérer ses pieds coincés dans le tissu. Celui-ci le réprimanda gentiment avant de jeter les vêtements enfin enlevés au loin.
Ses lèvres se posèrent alors sur la cheville du blond pour remonter doucement le long de sa jambe. Plus cette bouche se rapprochait du haut de sa cuisse, plus le souffle de Draco se faisait rapide. Celui-ci finit pourtant par se bloquer quand la langue avide parcourut enfin la longueur de son sexe. La main du jeune homme se perdit rapidement dans les cheveux de son professeur, tirant involontairement sur les mèches lorsque des pics de plaisir se faisaient parfois sentir. Quand son membre se retrouva enfoui dans la moiteur de la bouche du lycanthrope, un petit cri lui échappa.
Alors qu'une des mains de Remus soutenait la base du membre, sa consœur parcourait le torse du jeune homme. Le corps de Draco déjà attisé depuis plusieurs minutes par les attentions du loup-garou s'arqua contre cette main et cette bouche.
-J'ai… J'ai du lubrifiant dans mon sac. Murmura-il, haletant.
Il rougit légèrement sous le regard surpris de Remus qui venait de relever la tête, délaissant son membre tendu à en faire mal.
-Enfin, tu sais, j'en avais au cas où. Et il se trouve qu'on est justement dans 'le cas où'. Ajouta Draco en rougissant sous le regard rempli de désir du loup-garou. Enfin, si tu en as envie.
Remus continua de regarder son compagnon.
-Où est ton sac ?
Draco rigola devant l'empressement difficilement contenu du lycanthrope alors qu'il sautait du lit, partant à la recherche du sac tant désiré.
Il profita de l'absence du loup-garou parti dans l'autre pièce pour enlever sa chemise qu'il jugeait trop encombrante.
Quand Remus revint dans la pièce, il se stoppa brutalement devant la vision de son compagnon nu. Jamais encore il ne l'avait vu complètement dévêtu, seulement avec quelques vêtements en moins selon leur empressement du moment.
Draco rougit sous le regard inquisiteur du loup-garou, mais ne chercha pas à se cacher. Même s'il était gêné, il était aussi flatté par la lueur qu'il percevait dans son regard.
Remus poussa un grognement avant de se débarrasser de ses propres vêtements restants.
Draco admira une nouvelle fois le corps de son professeur. Il l'avait déjà vu nu, mais ne se lassait pas de ce spectacle. Il n'était pas parfait. Un peu trop mince, que très légèrement musclé. Mais il était parfait pour lui.
Se glissant à ses côtés, Remus enfouit son visage dans le cou de son compagnon. Sa main parcourut doucement le corps du jeune homme jusqu'à ce qu'elle aille se perdre entre ses jambes. Il incita Draco à relever ses jambes et fit descendre encore un peu plus sa main. Ses doigts enduits de lubrifiant commencèrent doucement tracer le contour de son intimité, attisant un peu plus le désir qui ne cessait de monter en Draco avant de le pénétrer un à un. Remus n'avait jamais été aussi loin avec le jeune homme. Il prit donc son temps, ayant peur de blesser son compagnon à cause de son inexpérience et de ses gestes trop maladroits. Plusieurs fois il demanda au plus jeune s'il allait bien, autant pour se rassurer sur la manière dont il s'y prenait que pour montrer au garçon qu'il se souciait de son bien-être. Seuls des grognements où transparaissait parfois de la douleur lui répondaient. Quand il le voyait se tendre brutalement, Remus essayait de libérer ses doigts, mais à chaque fois, Draco l'en empêchait.
La préparation s'étira en longueur, mais aucun des deux hommes ne s'en plaignait.
Même s'il se sentait de plus en plus à l'aise, le Serpentard se doutait que le sexe de son professeur n'avait rien à voir avec ces doigts qui se mouvaient doucement en lui. Il se laissa donc encore le temps de s'habituer à cette intrusion.
Au bout d'un moment, Draco posa pourtant sa main sur le poignet de Remus, l'incitant à retirer ses doigts.
Le loup-garou redressa sa tête, cherchant l'approbation du plus jeune et Draco la lui donna d'un hochement de tête. Le lycanthrope se positionna donc entre les jambes de son compagnon et saisit délicatement le membre dur du jeune homme pour le caresser alors qu'il s'aidait de son autre main pour positionner son érection à l'entrée devant lui.
Il poussa et commença doucement à le pénétrer avant de se stopper rapidement devant la grimace de douleur de son compagnon. Draco inspira profondément puis relâcha son souffle bruyamment, essayant de faire refluer la douleur. Après quelques secondes, il indiqua au lycanthrope qu'il pouvait continuer.
Remus reprit lentement son avancée. Ses mains se crispèrent sur les draps, traduisant l'effort qu'il devait fournir pour ne pas laisser libre cours à son plaisir. Son sexe de plus en plus enserré entre les chairs autour de lui le laissait haletant. Pourtant, il fit son possible pour garder ses hanches les plus statiques possible.
Il essaya par tous les moyens de minimiser la douleur que ressentait son Draco, caressant son membre, parcourant son corps du bout de ses doigts.
Une fois complètement enfoui en lui, Remus crispa de nouveau violemment les poings sur le matelas, se faisant violence pour se retenir de bouger. Draco avait les yeux fermés, ses dents mordillant sa lèvre inférieure alors qu'il s'habituait trop lentement à son goût à la présence en lui. Pendant un temps qui lui parut incroyablement long, Remus resta statique en lui et il l'en remercia silencieusement. Il finit pourtant par tester les sensations, bougeant avec précaution ses hanches.
Remus poussa un petit gémissement à demi plaintif, mais resta immobile.
Draco vint doucement caresser le poignet du loup-garou à portée de main. Celui-ci ouvrit ses yeux, qu'il avait fermés précédemment pour se prévenir d'une brusque montée de plaisir alors qu'il avait regardé son sexe enfoui entre les fesses de son compagnon.
Après de longues secondes où les deux hommes se regardèrent dans les yeux, le loup-garou se retira légèrement avant de revenir.
Draco grimaça, mais l'encouragea à continuer. Petit à petit, il se détendit, aidé par cette main qui avait repris ses caresses sur son membre à demi tendu et accompagna précautionneusement les mouvements lents en lui.
Remus devait se concentrer pour ne pas aller trop vite, bridant son désir pour ménager le corps déjà meurtri de son compagnon.
Mais au bout d'un moment, le rythme s'accéléra à mesure que Remus voyait le plaisir monter chez son compagnon et son sexe durcir entre ses doigts.
Il posa ses mains sur les hanches de Draco pour mieux accompagner les mouvements. Mais ce dernier les écarta rapidement, grimaçant de nouveau de douleur. Remus s'excusa rapidement, le souffle court, alors qu'il voyait les marques rouges laissées sur la peau pâle par sa force mal contrôlée. Draco lui répondit en souriant, l'excusant de sa prise trop appuyée.
Le loup-garou prit alors soin de ne pas toucher le corps de son compagnon autre que par le contact de son membre enfoui en lui. Il n'était plus confiant dans la maîtrise de sa force à mesure que le plaisir montait en lui. Pourtant il mourait d'envie de sentir la peau de Draco sous ses doigts, son corps contre le sien.
Alors délicatement, après une dernière poussée qui leur arracha un petit gémissement à tous les deux, Remus se redressa sur ses genoux, entrainant le corps de son compagnon dans le mouvement pour le serrer contre son corps. Draco eut un hoquet de plaisir alors que l'érection de son professeur s'enfouissait encore un peu plus en lui sous le changement de position. Maintenant assis à califourchon sur les cuisses de l'homme, le jeune homme essaya de bouger de lui-même, se redressant et s'abaissant, mais ses mouvements étaient maladroits.
Remus prit donc le contrôle de la situation. Il posa de nouveau ses mains sur les hanches du jeune homme et le fit doucement monter et descendre sur son sexe, laissant le temps à Draco pour s'habituer au nouvel angle de pénétration. Il essayait difficilement de rester concentré sur la force qu'il exerçait sur le jeune homme, ne voulant pas réitérer l'expérience d'un peu plus tôt, mais la tâche était rendue de plus en plus difficile alors que son esprit s'égarait dans les brumes du plaisir.
La bouche de Remus vint se perdre dans le cou de Draco, mordillant doucement la peau à la base de son épaule.
Alors qu'il sentait la jouissance qui menaçait de s'échapper de lui, le loup-garou relâcha une de ses mains des hanches de son compagnon et saisit celle de Draco pour la poser sur son propre sexe.
Le jeune homme comprit le message et commença activement à faire aller et venir sa main sur son membre alors que Remus reposait la sienne sur Draco pour reprendre les allers et venues de son corps sur lui.
Le Serpentard s'agrippa au cou du lycanthrope, essayant par cette prise de rester ancré dans la réalité alors que le plaisir qui montait en lui se faisait de plus en plus étourdissant.
Les doigts du lycanthrope se crispèrent sur la peau du jeune homme alors que ses poussées se faisaient de plus en plus rapides, mais de moins en moins contrôlées. Draco sentit la douleur de la prise se mélanger à son plaisir, mais ce mélange n'était pas aussi désagréable qu'il l'aurait pensé.
-Draco je… Haleta Remus.
-Oui !
Et à peine eut-il l'approbation de son compagnon que le loup-garou se figea, profondément enfoui dans le corps du jeune homme. Ses dents se refermèrent instinctivement sur le cou du jeune homme précédemment mordillé.
Draco poussa un long gémissement, submergé par cette sensation humide et chaude en lui, ces dents dans sa chair, sa main sur son sexe. Il accéléra alors le mouvement sur son membre, s'activant avec frénésie à faire monter le plaisir en lui.
Remus se détendit enfin, relâchant délicatement la pression de sa mâchoire et décrispant ses doigts sur les hanches du jeune homme où de nouveau des marques rouges se révélaient.
Il remplaça immédiatement la main de Draco par la sienne et continua avec attention le travail qu'il venait de reprendre.
Le sexe de Remus toujours en lui, le jeune homme se sentait de plus en plus emporté vers les pics du plaisir avant de se laisser submerger par l'extase. Il se déversa entre leurs deux corps, couvrant leurs estomacs de sa jouissance. Sa libération fut accompagnée de légères frictions sur son membre avant que le loup-garou ne libère sa prise.
Étourdi, Draco posa son front sur celui de Remus. Leurs deux souffles erratiques et rauques se mêlaient alors que leurs deux bouches entrouvertes se faisaient face, comme pour s'embrasser sans oser franchir le pas.
Finalement, Draco laissa tomber sa tête sur l'épaule de Remus et referma ses bras autour de lui. Son corps se reposa pleinement sur celui du loup-garou. Celui-ci souleva délicatement les fesses de son compagnon et se retira de son corps.
Draco poussa un profond soupir de contentement avant d'enfin poser ses lèvres sur celles de son vis-à-vis.
Lentement, Remus se laissa tomber en arrière, entrainant le jeune homme avec lui. Il passa délicatement un coup de langue sur la marque rouge à la base de son cou.
-Je suis désolé, je ne voulais pas te faire mal.
-Ne t'inquiète pas, ça va passer. Et puis ça ne fait pas si mal que ça. Le rassura Draco, la voix rauque.
Sur ces paroles, un silence apaisant s'installa entre les eux hommes, chacun profitant simplement de la présence de l'autre, écoutant leurs respirations.
Après un long moment allongé contre Remus, Draco finit pourtant par se redresser.
-Je vais aller prendre une douche, je me sens vraiment… poisseux.
Et il témoigna de ses propos en pointant d'un doigt sa semence maintenant étalée sur lui par leurs deux corps précédemment pressés l'un contre l'autre.
Le jeune homme se leva et descendit du lit. Arrivée à la porte qu'il supposait mener à la salle de bain, il se retourna vers Remus toujours allongé sur le lit et qui le suivait du regard.
-Je n'ai jamais dit que je voulais prendre ma douche seul. Dit-il simplement avec un petit sourire suggestif.
Un franc sourire s'étala sur le visage de Remus alors qu'il roulait sur le matelas pour rejoindre son compagnon.
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Harry entra dans la Grande Salle en trainant les pieds. Il aurait vraiment tout donné ce matin pour rester plus longtemps au lit avec Severus. D'autant plus qu'il allait devoir faire face à ses deux amis qu'il avait plus que laissés en plan hier soir.
En poussant la porte de la Grande Salle, son regard se porta automatiquement vers le ciel enchanté. Enfin, le plafond de la salle à présent. Il n'arrivait toujours pas à se faire à l'absence du ciel.
La surprise avait été générale le premier matin où le plafond de la Grande Salle avait été pour la première fois pleinement visible. Dumbledore leur avait simplement dit qu'à cause de dysfonctionnements dans la magie du ciel, ils avaient préféré le couper le temps que le problème soit réglé. Mais cela faisait plusieurs jours maintenant que la situation restait inchangée. Harry avait bien essayé de poser des questions à Severus, mais celui-ci n'avait pas démordu de sa position et n'avait rien dit de plus que la version officielle. Le jeune homme était pourtant persuadé que quelque chose d'autre se cachait sous les événements étranges qui se déroulaient à Poudlard. Les barrières magiques autour du château qui s'éteignaient, les escaliers qui se bloquaient et maintenant le ciel enchanté de la Grande Salle. Certes, les escaliers mobiles avaient repris leur activité, mais des choses étranges continuaient à se produire.
De loin, il aperçut ses deux amis assis à la table du petit déjeuner. Ses pensées furent immédiatement écartées des faits étranges à Poudlard pour se focaliser sur ses propres problèmes.
Se dirigeant vers la table des Gryffondor, il s'assit à la place que lui avaient gardé Ron et Hermione. Malgré sa désertion de la veille, ils ne semblaient pourtant pas en colère contre lui.
-Alors ? Demanda Ron à peine fut-il assis. Tu as bien apprécié ta nuit ?
Plutôt que d'être indigné, sa voix était amusée.
-Tu as fini par sauter le pas ? Tu as intérêt sinon je ne vois aucune excuse pour pardonner ton absence d'hier. Parce que tu n'as pas été parti juste dix minutes je te signale. Continua le rouquin.
Harry se pencha légèrement vers lui.
-Ron, je ne vais pas parler de ça avec toi dans la Grande Salle pendant le petit déjeuner. Grommela-t-il.
-Après le petit déjeuner alors ?
Harry fixa son ami quelques secondes.
-Peut-être.
Ron ricana légèrement devant sa petite victoire et reprit son petit déjeuner.
Par Merlin, qu'est-ce qu'Harry allait bien pouvoir lui dire ? Certainement pas la vérité !
Heureusement pour lui, le sujet ne fut plus abordé pendant le reste du repas, Ron attendant probablement la fin du petit déjeuner pour recommencer son interrogation, comme promis.
En face de lui, Hermione était étrangement silencieuse, le fixant de temps en temps quelques secondes avant de détourner le regard. Il était même certain de l'avoir vu tourner les yeux vers Severus une ou deux fois, mais il devait devenir paranoïaque.
Quand le repas prit fin, les trois amis se dirigèrent vers la porte de la Grande Salle pour se rendre en cours. À côté de lui, il voyait Ron de plus en plus impatient et était presque certain qu'à peine le seuil de la porte franchit, Ron…
-Alors ? Dis tout à ton pote Ron, Harry !
Et voilà…
Le jeune homme regarda rapidement autour de lui, autant pour trouver une échappatoire que pour surveiller que personne n'était à portée d'écoute. De l'autre côté de Ron, il vit Hermione tendre discrètement l'oreille.
-Euh… en fait, il s'est juste passé que…euh…
-Harry !
Le Gryffondor se retourna vivement à l'appel de son prénom pour apercevoir Kateline et Laelis qui marchaient dans sa direction.
-Harry ! Est-ce qu'on peut te parler deux minutes. Kateline regarda brièvement Hermione et Ron. Seuls à seuls.
Par Merlin, il était à deux doigts de serrer la jeune fille dans ses bras pour lui avoir donné une excuse pour se défiler. Avec un peu de chance, il ne pourrait pas parler à Ron avant la pause de la matinée. Cela lui laisserait deux heures de plus pour trouver une explication potable à son absence de la veille.
-Bien sûr, pas de soucis.
Il se tourna vers ses amis, réussissant difficilement à cacher son soulagement.
-Je vous retrouve en histoire de la magie.
Ron et Hermione acquiescèrent, la déception visible sur leurs visages.
Une fois que ses amis se furent éloignés, Harry entraîna les deux jeunes filles un peu à l'écart des gens qui sortaient de la Grande Salle.
-Alors, vous avez pu parler avec Malfoy ? Demanda le Gryffondor avec impatience.
-Euh, oui, si on veut oui…
-Ça n'a pas été un franc succès. Enchaîna Kateline devant l'hésitation de Laelis. Il nous a un peu envoyés sur les roses pour être plus exact.
-Mouais, rien d'étonnant de la part de Malfoy.
-Mais quand on lui a parlé des rêves, il n'a pas eu de réaction particulière contrairement à celle que tu as pu avoir Harry quand je t'ai parlé pour la première fois ou celle de Laelis. Quand on a parlé de rêves, vous saviez de quoi il s'agissait. En ce qui concerne Malfoy, je n'ai pas eu l'impression qu'il avait la moindre idée de ce dont on parlait. Tu ne trouves pas Laelis ?
La jeune Poufsouffle acquiesça.
Harry afficha un air perplexe.
-Soit il cache bien son jeu, soit il n'a vraiment aucune idée de quoi il s'agit.
Harry se tourna vers Laelis.
-Tu es certaine que c'était bien Malfoy dans ton rêve ?
-Oui, j'ai clairement entendu son nom. Je n'ai pas pu voir son visage parce que, et bien, j'étais dans sa tête, mais les personnes autour ont été plutôt claires. Il était au milieu d'une forêt et ensuite il s'est retrouvé entouré par plein de personnes. Des hommes surtout, deux femmes aussi je crois, mais je ne suis pas sûre, peut être plus. Il y avait le professeur Lupin aussi. Et un homme m'a sauté dessus, m'a attaqué et…
-Le professeur Lupin ? S'exclama Harry avec surprise. Le professeur Lupin était avec Malfoy ? Il était dans ton rêve ?
-Euh oui… C'est important ?
-Je ne sais pas, mais peut-être qu'il pourrait nous en dire plus sur cet événement. Qu'est-ce qu'a fait Lupin dans ce que tu as vu ?
-Pas grand-chose, il est juste resté là alors que je me… Enfin que Malfoy se faisait attaquer. Je le regardais beaucoup. Mais je ne sais pas comment tout cela s'est terminé. À chaque fois j'ai été réveillée au moment où je… enfin je crois que l'homme qui m'attaquait m'a cassé un doigt ou quelque chose dans la main parce que j'avais vraiment mal.
Kateline et Harry ne purent s'empêcher de grimacer.
-Et mon rêve s'est arrêté à ce moment-là. Je n'ai rêvé que deux fois en fait, mais je me souviens très bien de la scène, comme si je l'avais vraiment vécue.
Harry fronça les sourcils subitement. Seulement deux fois. Pourquoi lui avait-il rêvé beaucoup plus souvent ? Et seulement quand il dormait dans les appartements de Severus à bien y réfléchir. Est-ce que…
-Laelis, est-ce que tu te souviens exactement de la nuit où tu as fait ces rêves ? Est-ce que tu étais dans un endroit particulier à ce moment-là, avec quelqu'un en particulier ?
La jeune fille rougit légèrement et détourna brièvement le regard.
-J'étais… J'étais avec mon… copain. Je m'en souviens bien parce que c'est lui qui me réveillait à chaque fois.
-Et tu as rêvé seulement deux fois en dormant avec lui ? Jamais toute seule ?
-Non, ou alors je ne m'en souviens pas. En fait euh…Laelis venait de virer au rouge écarlate maintenant. Il, mon copain, euh, il n'est pas de l'école, de Poudlard je veux dire. On ne s'est retrouvé que deux fois ici.
-Et à chaque fois tu as fait le rêve sur Malfoy ?
Laelis acquiesça, tout son corps trahissant sa gêne.
-Et toi Kateline ? Demanda le Gryffondor en se tournant maintenant vers l'autre jeune femme, laissant un peu de répit à la pauvre Poufsouffle.
-Moi ? Oula, j'ai rêvé beaucoup plus de deux fois. À vrai dire, j'ai vu pas mal de détails sur ce qu'il t'es arrivé cet été. Beaucoup de détails.
Et cette fois-ci ce fut au tour d'Harry de rougir légèrement.
-Non, ce que je veux dire c'est est-ce que comme Laelis, tu étais avec quelqu'un à ce moment-là ou dans un endroit particulier ?
Kateline se tut, cherchant dans sa mémoire.
-Ben souvent, c'était quand j'étais avec mon fiancé. Peut-être aussi quand j'étais toute seule. Je ne sais pas. La jeune femme s'interrompit quelques secondes, réfléchissant, avant de reprendre. Peut-être pas en fait. Je ne me souviens pas bien. Mais en tout cas, oui, j'ai souvent rêvé quand j'étais avec mon fiancé.
-Ton fiancé ? Demanda Laelis, surprise.
-Oui, je me suis fiancée en début d'année. En fait Morgan, mon fiancé, est un veela. Je ne suis pas son âme sœur, mais on s'est retrouvé lié. Et c'est plutôt irrémédiable entre un veela et sa compagne. Quand je suis devenu majeur en début d'année on a décidé de se fiancer. Du coup, Dumbledore est obligé de lui accorder un droit de visite régulier dans l'école pour qu'on se voie et j'ai le droit de le rejoindre souvent à Pré-au-lard. Ce qui est pas mal.
Le petit sourire de Kateline ne cachait aucunement l'occupation principale à laquelle elle devait s'adonner avec son fiancé pendant ces retrouvailles.
-Dumbledore est obligé de vous accorder ça ? S'étonna Laelis.
-Oui, ça a d'ailleurs été une de nos motivations principales pour choisir de nous fiancer. Parce qu'au final, l'acte du mariage n'est pas vraiment utile entre un veela et sa compagne.
Harry toussota.
-Désolé de vous interrompre, mais pour revenir à notre histoire de rêve. Donc tu rêves seulement quand tu es avec… Morgan c'est ça ?
-Oui c'est ça. Les rêves ont commencé en début d'année surtout. En fait, avant la rentrée, je crois que je n'avais jamais rêvé de tout ça.
-Et à chaque fois que tu dors à Poudlard avec Morgan, tu rêves.
-Quasiment tout le temps oui. Enfin, il y a des nuits avec lui où je ne rêve pas.
Kateline s'interrompit une nouvelle fois et réfléchit.
-En fait, je crois que les seules fois où j'ai dormi avec lui et que je n'ai pas rêvé, c'est quand on s'est retrouvés à Pré-au-lard. Étrange.
-Donc en gros, pour résumer, reprit Harry, à chaque fois qu'on dort avec notre compagnon à Poudlard, on rêve de ces scènes, mais que depuis le début de l'année.
Kateline et Laelis regardèrent intensément Harry, la surprise peinte sur leurs visages.
-Si c'est le cas, c'est encore plus bizarre que ce que je pensais, marmonna Kateline. Plus bizarre et beaucoup plus flippant si vous voulez mon point de vue.
Le silence s'installa entre les trois jeunes gens, seulement entrecoupé par les paroles des personnes qui passaient non loin d'eux pour rejoindre leurs salles de classe.
Harry se sentait à la fois excité par ce qu'ils venaient de découvrir, mais aussi perplexe face à tout ce mystère. Il comprenait maintenant l'excitation que laissait transparaître Hermione quand elle résolvait une énigme.
-Mais euh, Harry, tu es avec quelqu'un aussi quand tu rêves ? Demanda Laelis d'une toute petite voix.
Le jeune Gryffondor rougit brutalement et Kateline cacha difficilement son sourire.
-Oui aussi. Répondit-il, gêné. Je suis avec quelqu'un en ce moment.
-Ne t'inquiète pas, lui sourit doucement Laelis, je ne le dirais à personne si c'est ça qui t'inquiète.
-Oui, enfin ça et autre chose… Marmonna-t-il. Enfin bref ! Changeons de sujet. Donc pour résumer la situation, plus on en découvre, plus ça devient la merde.
-Exactement. Approuva Kateline en riant.
La sonnerie de début des cours coupa la jeune fille juste à la fin de sa phrase.
-Bon, je vais essayer d'aller voir le professeur Lupin pour parler un peu avec lui de cette scène. C'était un ami de mes parents donc je pense que je suis le plus à même d'obtenir des renseignements.
Les deux jeunes filles approuvèrent vigoureusement avant que le trio ne se sépare.
Alors qu'elle adressait un signe de la main à Laelis et Harry en s'éloignant, l'épaule de Kateline buta contre celle d'une autre personne. Son regard se posa sur Draco Malfoy qui la fixait en retour.
-Pardon, bafouilla-t-elle avant de s'éloigner rapidement.
Non elle n'avait pas peur de Malfoy, mais disons que depuis la conversation d'hier, elle ne se sentait pas très à l'aise en sa présence.
Elle n'eut pas conscience du regard de Draco posé sur elle jusqu'à ce qu'elle disparaisse au détour d'un couloir.
De revoir le visage de la fille qui l'avait accostée hier raviva le souvenir du rêve qu'il avait fait la nuit dernière. Ce rêve effrayant, oppressant et douloureux.
Est-ce que c'était vraiment le visage de cette fille qu'il avait vu dans ce cadre photo ? Il n'en était pas certain. Kateline. Le prénom dont il avait rêvé. Comment la Serdaigle avait-elle dit qu'elle s'appelait déjà ?
Draco secoua vivement la tête. Peut importe, il ne s'agissait que d'un cauchemar. Ce n'était pas le premier rempli de mangemorts qu'il faisait et ça ne serait certainement pas le dernier.
Résolu à oublier ce rêve tellement trop réaliste, le Serpentard suivit le flot des élèves jusqu'à sa salle de classe.
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Severus aimait le vendredi. Il aimait le vendredi et il avait de plus en plus de raison de l'aimer. Tout d'abord parce que ce jour signait l'arrivée du week-end où il serait exempté de faire cours à des bandes d'adolescents à peine matures qui ne pensaient qu'à s'amuser en classe et discuter.
Il aimait le vendredi parce que sa seule obligation de la journée consistait à deux heures de cours le matin.
Et il aimait particulièrement ce vendredi-là. Se réveiller au côté de sa Source après lui avoir fait l'amour, faire cours pendant deux heures et ensuite aller rendre visite à Guiliane avant de retrouver Harry le soir même.
Il ne demandait rien de plus.
Harry avait rêvé de nouveau cette nuit, mais depuis qu'ils savaient que ce qu'il voyait concernait Laelis Totley, les deux hommes étaient beaucoup moins inquiets au réveil du Gryffondor.
Cela ne résolvait pas le mystère, mais au moins il était sûr que personne n'essayait d'entrer dans l'esprit de sa Source. En tout cas, personne de dangereux.
-Severus ! Qu'est-ce que tu fais là ?
Le maître des potions ne put s'empêcher de sourire en voyant la jeune femme venir vers lui d'un pas rapide.
-Bonjour Guiliane. Comment vas-tu ?
-Bien bien bien, mais c'est plutôt à moi de te poser cette question. J'ai l'impression que ça fait une éternité que je ne t'ai pas vu. Est-ce que c'est le petit Harry qui occupe tout ton temps ? Demanda la jeune femme d'un haussement de sourcil suggestif. Je t'en pris, dis moi que c'est ta Source qui occupe tout ton temps ! J'en suis resté au stade du baiser je te signale, il y a intérêt à y avoir de l'avancée sinon tu vas te prendre mon….
-Il y a eu de l'avancée, la coupa Severus avant qu'elle ne profère des menaces qu'elle serait bien incapable de mettre à exécution.
Le visage de Guiliane s'illumina soudainement.
-Oh ! Raconte-moi tout. Tout ! Même les détails les plus intimes. Ce sont souvent les plus croustillants. Viens, allons dans mon bureau.
-Ton bureau ? Depuis quand tu as un bureau dans le repère ?
-Ok, viens dans mon infirmerie t'asseoir sur la chaise pendant que je prends le lit. Mais sérieusement, si j'y ajoutais une table en plus ça pourrait faire aussi office de bureau alors arrêtes d'être pointilleux veux-tu ?
-Oui madame. Abdiqua Severus en rigolant.
-Bien.
Sur ces bonnes paroles, Guiliane passa son bras sous celui du vampire et le guida vers son infirmerie, comme s'il ne connaissait pas déjà le chemin.
Ils croisèrent une poignée de vampires sur leur chemin, mais la majorité dormaient encore. Les vampires n'ayant pas de responsabilités envers les sorciers ou moldus vivaient souvent en décalé du reste des gens.
Malgré toutes les absurdités que sortaient les moldus sur les vampires, ils avaient quelques points justes. Même s'ils ne brûlaient pas au contact du soleil en agonisant, les vampires supportaient difficilement la lumière du jour. Des sortilèges et potions avaient bien été tentés, mais rien de concluant pour le moment. Lui-même y travaillait de temps en temps pendant son temps libre.
Severus sortait rarement lorsqu'il faisait un soleil éclatant dehors. La chaleur occasionnée sur sa peau était douloureuse. Un temps un peu plus nuageux lui convenait mieux même si dans un cas comme dans l'autre, il ne sortait jamais sans s'être couvert un maximum. On lui reprochait souvent ses capes noires et ses cheveux trop longs, mais cela lui octroyait une couverture appréciée lorsqu'il n'avait pas d'autre choix que d'aller dehors.
En sortant de Poudlard pour se rendre au repère, il avait pour la première fois pu ressentir les effets procurés par le sang de sa Source. S'il y avait bien une chose qui ne changeait pas entre les différents couples vampire-Source, c'était bien l'effet qu'avait ce dernier sur leur résistance au soleil.
Il en avait lui-même fait l'expérience un peu plus tôt en sortant sous le soleil à demi voilé. Plutôt que la brûlure prononcée qu'il aurait d'ordinaire ressentie, seule une forte chaleur l'avait percuté, très désagréable, certes, mais pas insoutenable.
Encore une chose pour laquelle il pouvait remercier Harry. Le sang des Sources procurait vraiment des effets étonnant sur leurs vampires.
En refermant la porte de l'infirmerie derrière elle, Guiliane invita Severus à s'asseoir sur la chaise près du lit.
-Alors, cette avancée ? Nouveau baiser, attouchement sous la ceinture ? Puis-je espérer sous les sous-vêtements au moins ?
-On a couché ensemble.
Guiliane resta sans voix quelques secondes avant de sauter du lit pour poser ses mains sur les épaules de Severus.
-Félicitation, te voilà un homme maintenant. Dit-elle d'un ton solennel.
La jeune femme remonta rapidement sur le lit d'hôpital en entendant son ami grogner.
-Presque quatre mois, c'est bien, tu as bien tenu. Je t'avoue que j'ai vraiment cru que vous n'y viendriez jamais. Alors, c'était comment ? Bien ?
-Guiliane, l'interpela Severus en secouant la tête, je ne vais pas te donner les détails de ma vie sexuelle.
-Pourquoi ça ? Je te donne bien quelques détails de la mienne parfois.
-Je ne te le demande pas, grommela le vampire en souvenant d'une conversation particulièrement gênante qu'ils avaient eue, Guiliane lui demandant des conseils qu'il était bien incapable de lui donner sur comment satisfaire un vampire.
Malgré son air bravache, la jeune femme avait été plus qu'incertaine au début de sa relation avec Ulver et malheureusement pour lui, c'était vers Severus qu'elle s'était tournée, à la recherche de paroles motivantes et de soutien. Autant dire qu'elle n'en avait pas eu pour son argent.
-Tu n'as pas été jeté du lit le lendemain matin ou été accablé de reproches ? Demanda Guiliane.
-Non, pourquoi ? La questionna Severus en retour, l'air perplexe.
-Ben voilà, il y avait de quoi avoir peur de sauter le pas avec ta Source !
-Je n'avais pas peur. S'offusqua le vampire.
- Excuse-moi ? Qui est-ce qui est venu me voir, tout apeuré, en me disant qu'il ne savait pas comment s'y prendre avec sa Source, qu'il ne voulait pas le contraindre, et blablabla ?
-Je n'étais pas apeuré, je te dis ! S'obstina Severus.
-Mouais, si tu le dis. Lui concéda la jeune femme, pas du tout convaincue. Mais j'insiste sur le point que quand tu en viens à gérer ta vie sentimentale, tu manques cruellement de compétences.
-Oui et bien ma vie sentimentale était inexistante avant Harry.
-C'est bien ce que je dis. Ce n'est pas de ma faute si tu couchais avec les mauvaises personnes.
-Jusqu'à preuve du contraire, je ne t'ai jamais parlé de cet aspect là de ma vie avant.
-Oui, mais ça ne m'empêche pas de m'être fait ma petite idée sur ce qu'il se passait pendant ta période espion. Dis doucement Guiliane.
Sa période espion. Un grand moment de solitude sentimentale dont il se souvenait toujours avec amertume. Comment construire une relation solide quand les seules personnes qui osaient vous approcher étaient soit d'autres mangemorts, soit des sociopathes en puissance ? Severus n'avait vécu que des relations violentes et dénuées de sentiments pendant la longue période noire qu'avait été sa vie de mangemort.
Il n'avait pas voulu s'investir dans une relation qui menaçait à tout instant de se voir détruite, par la perte d'un ou de l'autre de ses membres. La vie de Severus avait constamment été sur la sellette et, si jamais une personne assez saine d'esprit avait eu l'envie de s'engager dans quelque chose avec lui, il n'était pas certain que Voldemort aurait vu d'un très bon œil la relation d'un de ses sujets avec une personne extérieure à son cercle de serviteurs.
Mais son corps avait des besoins et il s'était retrouvé enfermé dans des relations malsaines qui avaient encore un peu plus détruit la foi qu'il avait dans les sentiments humains, lui laissant un goût amer.
Ses premières années de mangemort avaient été les plus destructrices. Libéré des moqueries qui le suivaient à Poudlard, il avait rapidement été initié au sexe, profitant de sa nouvelle liberté jusqu'à ce qu'il prenne conscience un jour de son âme noircie avec qui il devait cohabiter et qui le dégoutait un peu plus chaque jour. Avec l'âge, il avait réussi à se protéger un peu, mais jamais suffisamment.
Devenir un vampire n'avait pas vraiment été libérateur, mais côtoyer des personnes non ternies par un environnement malsain de magie noire avait été comme une bouffée d'air frais, notamment sa rencontre avec Guiliane.
Devant l'air fermé de son ami, la jeune femme posa sa main sur son bras.
-Pardon Severus, je ne voulais pas te rappeler de mauvais souvenirs. Je suis juste contente que tu ais enfin trouvé de la stabilité avec Harry. Je sais que ça va bien se passer entre vous si tu oses t'ouvrir à lui. Je te connais mieux que tu ne le crois. Une relation marche sur la confiance et la communication. N'hésite pas à laisser ta Source entrer dans ton cœur. Il ne va pas le piétiner sauvagement. Tu as le privilège de vivre une relation avec ta Source. Elle ne fera que se renforcer avec le temps et n'en deviendra que plus belle, mais il faut que tu laisses Harry t'approcher. Dit Guiliane d'une voix douce.
-J'essaye.
-Bien, c'est tout ce que je te demande.
Severus décrocha enfin un petit sourire à la jeune femme qui lui répondit volontiers.
-Bon, c'est bien beau tout ça, mais tu ne m'as toujours pas raconté les détails croustillants de ta nuit de presque noce.
-Oui, et ça va rester comme ça.
-Oh allez Severus !
À suivre
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Certains ont été un peu déçus par le lemon Harry/Severus. J'espère que celui de Draco et Rémus vous aura plus plu du coup
Merci de m'avoir suivi pour un nouveau chapitre encore !
