Oh la la ! Ça y est nous y voilà…

Ça me fait un petit pincement quand même de vous annoncer le dernier chapitre (même si il reste encore un épilogue).

Alors, encore une fois, je vais vous remercier pour tout le temps que vous avez consacré à me lire et à commenter cette histoire.

Rien n'aurait été possible sans vous. Rappelez-vous que, au départ, je n'annonçai qu'une dizaine de chapitres !

Alors, peut-être que certains lecteurs auraient préféré que je m'arrête avant, peut-être que certains ont trouvé que j'en faisais trop, je ne sais pas, mais, en tout cas, moi j'ai adoré chaque étape de cette aventure.

Et c'est en grande partie grâce à vous !

Je promets des remerciements épiques avec l'épilogue mais, là, pour aujourd'hui, je vais remercier celles qui n'ont pas de compte.

Cel :Et oui, Alec s'en est tiré… Mais, comme tu dis, Bella a franchi un grand pas dans le chapitre précédent. Merci à toi !

Sandry :merci pour les compliments -)

Crystal :C'est marrant je fais souvent la même chose (lire un chapitre en diagonale pour me préparer au cas où il y aurait des coups durs). Comme quoi les grands esprits se rencontrent !

Guest1 : merci pour le « superbe ! ». Ça me touche beaucoup.

B :bienvenue et merci à toi !

Flopy69 :Ce chapitre devrait t'apporter ce qui te manque. Je t'embrasse de toutes mes forces !

La voyeuse :j'ai vachement peur de te décevoir dans ce chapitre. Tu verras vite pourquoi : pas de rage ni de vengeance au menu. Désolée. Mais je prends les critiques aussi -)

Guest(Lorianne) : J'adore voir que tu te poses encore des questions même si on arrive à la fin. J'espère quand même que j'aurais su y répondre avant d'écrire le point final. Biz !

Toutes les autres à qui j'ai répondu en privé… et bien je vous aime, tiens !

On se retrouve en bas.

Biz

Lily


Les personnages appartiennent à Stephenie Meyer


Chapitre 28- Running up that hill

Pov Bella

Je tapai mes pieds sur le perron pour détacher la boue de mes chaussures, retrouvant facilement mes vieilles habitudes puis levai la main pour toquer à la porte mais je n'en eus pas le temps car le battant s'ouvrit à la volée sur un visage fermé et un regard plein de reproches

« Salut papa » dis-je simplement, la petite fille tapie au fond de moi se recroquevillant sur elle-même sous ce regard.

« Tu repars ? » s'exclama-t-il, la main toujours crispée sur la poignée.

« Je vais très bien, merci. » tentai-je pour faire diversion.

Sans grand succès malheureusement.

« Tu re-pars ! » répéta-t-il en détachant chaque syllabes.

Je levai alors les yeux au ciel d'exaspération.

« Il a fallu que tu appelles maman… » maugréai-je.

« Evidemment, » s'emporta-t-il encore une fois. « Tu m'appelles pour m'annoncer ta venue alors que tu étais ici i peine deux semaines. J'ai beau adorer tes visites, je sais que ce n'est pas ton genre. Alors, comme tu ne voulais pas me donner d'explication, je suis allé les chercher moi-même. Tu repars au bout du monde et il a fallu que je l'apprenne par ta mère !

- Je voulais te l'annoncer moi-même. » me défendis-je. « Elle aurait dû tenir sa langue. Elle m'avait promis. »

Charlie pinça les lèvres, retenant mal une colère que je pensais être autant due à mes cachotteries envers lui qu'à la divergence d'opinion qui devait une fois de plus l'opposer à Renée.

« Et bien elle semble bien trop excitée par ton petit projet pour se retenir de le crier sur tous les toits. » grommela-t-il. « Je suis même surpris qu'elle ne m'ait pas appelé la première.

- Donc elle t'a tout dit ? » demandai-je, espérant que ce soit le cas, car cela voudrait dire que mon père avait atteint son seuil maximal de tension nerveuse et qu'il ne pourrait que se calmer dans les prochaine minutes.

« Penses-tu ! » s'écria-t-il. « Elle a lâché sa bombe puis a refusé de me donner les détails. Cette femme aura ma peau ! »

Merde…

Je me mordis la lèvre, soudain prise de panique.

Charlie savait donc que je partais mais il ne savait pas où… ni avec qui.

Etant donné l'état dans lequel la nouvelle l'avait déjà mis, j'avais peur pour la suite. Je savais bien qu'il ne pourrait pas m'enfermer dans ma chambre… mais il me faisait toujours autant flipper quand son teint virait à cette teinte de rouge violacé.

« Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? » s'emporta-t-il à nouveau.

« Papa…

- J'exige une réponse jeune fille ! Tu viens à peine de rentrer de je ne sais où ! »

J'inspirai un bon coup, prête à lui servir le même mensonge que j'avais servi à tout le monde avant lui.

« Je vais partir quelques mois en Europe pour aider un ami dans ses recherches pour un livre qu'il écrit.

- En Europe ?! Mais tu… »

Ses joues gagnèrent encore une teinte vers le violet. Je commençai à avoir sérieusement peur qu'il ne fasse une attaque. Après tout, il n'était plus si jeune.

« Ecoute, papa, on pourrait peut-être en parler à l'intérieur… » commençai-je.

« Quel ami ? » me coupa-t-il, réalisant subitement l'information que je venais de lui donner.

Merde, comment allais-je lui annoncer ça ?

Ça avait été facile avec Renée. Je l'avais entendue littéralement sauter sur place quand je lui avais annoncé la nouvelle. Mon célibat était pour elle un perpétuel sujet de désespérance, donc elle avait été plus que ravie d'apprendre que j'avais rencontré quelqu'un. Qu'il veuille m'emmener avec lui à l'autre bout du monde n'avait été qu'un détail.

Avec Charlie, ça allait être une autre paire de manches.

Son regard sévère posé sur moi me mettait une pression monstre. Je ne savais pas par où commencer.

Mais, subitement, les yeux de mon père se posèrent sur quelque chose derrière moi et les couleurs désertèrent son visage. Des pas lents et tranquilles résonnèrent sur les graviers de l'allée puis sur le bois du porche et tout mon dos se mit à me picoter.

Je lui avais pourtant demandé de m'attendre dans la voiture. Mais il n'en faisait toujours qu'à sa tête !

Je fermai les yeux, m'apprêtant à recevoir les foudres paternelles.

« Papa, voici Edward. » dis-je d'une voix résignée.

« Edward ? »

Je vis la compréhension dans les yeux de mon père. Il ne pouvait pas avoir oublié ce prénom que j'avais hurlé dans mon sommeil et l'état dans lequel j'étais à ma dernière visite. Donc, tout naturellement, ce fut la colère qui revint en force sur son visage.

Mais cela ne sembla pas le moins du monde déranger mon compagnon qui tendit vers mon père une main avenante. Alors que je savais pertinemment qu'il entendait tout ce que Charlie pensait.

« Chef Swan. » salua-t-il de sa voix suave et chaude. « C'est un honneur de faire votre connaissance. »

Mon père regarda cette main tendue comme s'il s'était agi d'une grenade et il fallut que je me racle la gorge fortement pour qu'il se décide à faire un geste. Il serra la main d'Edward mais aucun mot poli ne franchit la barrière de ses lèvres crispées.

« Bon… heu… On se gèle ici. » dis-je en entrainant Edward à l'intérieur.

Il était vrai que la dernière semaine d'Octobre avait vu les températures chuter, mais c'était surtout l'ambiance glaciale qui me rendait mal à l'aise.

Charlie referma la porte derrière nous et jeta un coup d'œil appuyé vers le porte manteau où il accrochait toujours son arme de service.

Je le soupçonnai d'être capable de s'en servir si Edward ne se tenait pas tranquille. Ça ne lui causerait aucun dommage, évidemment, mais l'idée était tout de même dérangeante. Je me tournai donc vers lui et, face au sourire amusé qu'il arborait et qui me fit comprendre qu'il avait lui aussi saisi les pensées de mon père, je tentai de lui faire comprendre en fronçant les sourcils que je n'appréciais pas son attitude et qu'il devait faire attention.

Ma moue n'eut pour effet que d'accentuer son sourire.

Bon sang.

J'étais dans de sales draps.

Un silence pesant s'était installé dans la maison.

Charlie restait campé dans l'ouverture de la porte du salon pendant qu'Edward marchait lentement le long du mur sur lequel étaient exposées toutes nos photos de famille.

Le voir dans cette pièce qui avait abrité mon enfance, même s'il avait fait l'effort de porter une tenue plus approprié aux circonstances, jeans clairs, pull gris anthracite et veste caban en laine noire, était vraiment perturbant.

L'espace semblait trop petit pour lui et il l'emplissait de sa seule prestance, même s'il affichait un air décontracté et serein. De toute façon, je n'imaginai pas un seul endroit dans lequel Edward aurait pu passer inaperçu. Alors le salon de mon père, encore moins !

« Tu as changé la décoration ? » demandai-je pour attirer l'attention sur moi.

Mais Charlie me répondit sans quitter Edward des yeux.

« Mouais… » grommela-t-il. « Sue m'a donné un coup de main.

- Sue ? Ça fait une éternité que je ne l'ai pas vue. Comment va-t-elle ? » m'enthousiasmai-je.

« Bien. »

Je n'en tirerai visiblement rien de plus.

Le regard toujours rivé sur la nuque d'Edward, Charlie semblait chercher l'angle d'attaque qu'il allait adopter.

« Donc comme ça vous êtes écrivain ? » questionna-t-il finalement, la voix froide et cassante.

Edward se retourna nonchalamment et afficha un sourire amical qui déstabilisa la colère de mon père. Au moins, il semblait décidé à ne pas envenimer la situation, c'était déjà ça.

« Pas exactement. » répondit-il. « Je me passionne pour l'histoire et je rassemble dans une étude différentes légendes locales. Ceci explique les voyages et ma rencontre avec votre fille.

- Parce qu'on n'a pas assez de légendes aux Etats-Unis ? » bougonna mon père.

« Papa ! » le réprimandai-je.

Edward sourit chaleureusement.

« Bien sûr que si. Je me suis simplement spécialisé dans les histoires issues du vieux monde.

- Et qu'est-ce que ça a à voir avec ton travail ? » me demanda alors Charlie en reportant enfin son attention sur moi.

Il me prit légèrement au dépourvu.

« J'ai besoin de faire une pause… » commençai-je, et ma voix se cassa sur le dernier mot.

Mon père porta alors un regard différent sur moi. J'eus soudain peur qu'il ne remarque le maquillage sur mon visage qui camouflait les traces de ce que j'avais vécu dans la cave du Breaking Dawn, ou bien le col un peu plus haut que ce que je portais habituellement.

Une semaine s'était écoulée depuis mon calvaire et les marques sur mes pommettes et mes joues étaient maintenant facilement dissimulées par un peu de fond de teint mais il en allait autrement de mes épaules, mes bras et mes poignets. Les cicatrices perdureraient jusqu'à ma transformation.

Le bras d'Edward s'enroula autour de ma taille et cela me redonna du courage.

« Ça ne marche plus très fort pour moi en ce moment. » continuai-je. « J'ai envie de découvrir autre chose et de m'éloigner de Seattle quelques temps. »

Charlie plissa les yeux.

« C'est vrai qu'on entend qu'il s'y passe de drôles de choses. » dit-il, sans cesser de me scruter. « N'est-ce pas la semaine dernière qu'un club a brûlé entièrement ? »

Je n'aimais pas sa façon de me regarder, comme s'il cherchait à me faire avouer quelque chose.

« On dit qu'un des parrains de la pègre a été retrouvé dans les décombres. »

J'affrontai son regard sans ciller alors qu'il cherchait à savoir si j'avais été mêlée à tout ça. Il savait que mon nom avait été cité dans les accusations portées envers Viktor après l'article que j'avais fait sur son trafic. Viktor était mort peu de temps après mon retour d'un mystérieux voyage et juste avant que je ne m'enfuis à nouveau. J'aurais aussi fait le lien si j'avais été à sa place.

Pourtant, j'espérai qu'il n'en sache pas plus que ce qu'avaient relaté les journaux : le Breaking Dawn avait brulé de la cave au grenier au petit matin du dimanche précédent. Fort heureusement, l'incendie avait pris dans les caves et après la fermeture de l'établissement. Il n'y avait donc eu aucune victime parmi la clientèle. Seul le gérant de l'établissement avait trouvé la mort dans des conditions mystérieuses. Mais qu'il se soit agi d'une exécution ou bien d'un accident, aucune trace sur les lieux n'était utilisable. Le feu avait tout ravagé.

Personne ne pourrait me raccrocher à cette histoire. Les Cullen y avaient veillé.

Cependant, quelque chose dans le regard de mon père, une étincelle d'inquiétude, me fit comprendre qu'il avait eu peur en apprenant cette nouvelle, même si la mort d'un pourri comme Viktor devait le réjouir. Il se doutait de l'impact que pouvaient avoir mes activités.

« Oui. Tu m'as toujours prévenue contre les dangers de la grande ville. » répondis-je en plongeant dans son regard. « Il est peut-être temps que je t'écoute un peu plus. »

La prise d'Edward se raffermit autour de ma taille et Charlie posa les yeux sur sa main posée sur ma hanche et quelque chose changea dans son expression.

« Et qu'est-ce qui me prouve que tu ne vas pas encore te mettre dans les ennuis jusqu'au cou ? » demanda-t-il.

« Je ne laisserai jamais quoi que ce soit arriver à votre fille, monsieur. »

Charlie et moi levâmes en même temps les yeux vers Edward qui, grave et sérieux, n'affichait rien d'autre sur son visage que de la détermination.

« Tu m'excuseras de ne pas te faire si facilement confiance, mon garçon » contra mon père. « Bella est une femme forte, même s'il m'est encore difficile de l'admettre, mais la seule fois où je l'ai vue vraiment abattue, c'était par ta faute. »

J'eus d'abord peur de la réaction d'Edward. Un humain venait de l'appeler « mon garçon » et de l'accuser de mon malheur et j'appréhendai que ses efforts ne voient ici leur limite. Mais, contre toute attente, il garda son calme.

« Je comprends votre point de vue. » dit-il. « Mais je peux vous assurer que personne ne fera plus jamais de mal à Bella, pas même moi, sans en payer le prix fort. »

Charlie écarquilla les yeux.

Une succession d'émotions folles déferla sur son visage jusqu'à ce que je fasse un pas vers lui, me détachant de l'emprise d'Edward.

« Papa… Je sais que tu t'es fait beaucoup de soucis à cause de moi. »

Il soupira en levant les yeux au ciel, mais cela ne me découragea pas et je continuai.

« Si. Je t'en ai fait voir de toutes les couleurs et je m'en excuse. Je réalise maintenant à quel point mes choix ont pu parfois être égoïstes et comme celui-ci doit te paraitre dans la même veine. Mais tu peux me croire, tout ira bien pour moi maintenant.

- Et tu es prête à abandonner ta carrière ? » s'étonna-t-il, toujours tendu et récalcitrant.

Je fis alors à nouveau un pas en arrière pour passer un bras dans le dos d'Edward et coller mon corps au sien.

« Pour quelque chose qui en vaut la peine. Oui. » répondis-je.

Le regard de Charlie passa d'Edward à moi plusieurs fois. Le silence s'étira, longtemps. Mais j'étais décidé à lui laisser le temps nécessaire pour accepter.

Il enfonça finalement les mains dans les poches de son pantalon et fis volte-face, disparaissant dans la cuisine.

Déçue et triste, je m'apprêtai à le suivre mais Edward me retint contre lui et se pencha à mon oreille.

« Laisse-lui une minute. » murmura-t-il.

Effectivement, quelques instants plus tard, Charlie reparut avec une canette de bière et s'installa dans son fauteuil favori.

Il croisa les jambes comme si de rien n'était et s'adressa directement à Edward.

« Alors, mon gars, de quoi il parle exactement ce bouquin ? »

Je sentis tous les muscles de mon corps se détendre. Par cette question anodine, mon père me donnait son accord. Il acceptait mon choix, comme il l'avait toujours fait. Et il allait donner sa chance à Edward.

Nous passâmes donc les deux heures suivantes à détailler notre mensonge comme je l'avais fait toute la semaine auprès de mes amis. Je racontai à mon père que nous commencerions notre périple dans les plaines d'Irlande puis continuerions vers l'Europe de l'Est au fur et à mesure de l'avancée des recherches d'Edward.

Tout paraissait si simple et si vrai que mon père était presque rassuré quand vint l'heure de le quitter.

La nuit était tombée maintenant et l'air était glacial. Pourtant, debout sur le perron face à mon père que je voyais pour la dernière fois, je n'arrivais plus à me décider à rejoindre Edward qui avait déjà démarré le moteur de la voiture.

« Bien… Je vais donc te souhaiter un bon voyage, gamine. » dit-il de sa voix bourrue qui me fit sourire. « Mais n'oublie pas ton vieux père, hein ? Un coup de fil de temps en temps ne te tuera pas. »

J'aurais voulu lui dire que je l'aimais, qu'il ne devait plus s'inquiéter pour moi, que tout irait bien à partir de maintenant, mais les mots refusaient de franchir mes lèvres parce que nous n'avions jamais été si expansif l'un envers l'autre.

Alors je le serrai dans mes bras. Fort. Le nez enfoui dans le col de sa chemise comme quand j'étais petite fille.

Et, la surprise passée, il me rendit mon étreinte et embrassa mes cheveux.

« Tu sais, Bella, j'ai toujours été très fier de toi. » souffla-t-il, si bas que j'aurais pu ne pas l'entendre.

Je resserrai une dernière fois mes bras autour de son cou puis le relâchai doucement et gagnai la voiture sans me retourner pour ne pas qu'il voit mes larmes.

Edward se mit en route à peine ma portière fermée et caressa doucement ma joue.

« Ton père t'aime vraiment beaucoup. » dit-il simplement et je souris.

Ça faisait du bien de l'entendre, même si je le savais déjà.

« Et toi il doit te détester de toute son âme. » répondis-je en riant à travers mes larmes.

Ses lèvres s'étirèrent en un sourire amusé.

« C'est exact. Mais il m'a aussi cru quand je l'ai assuré qu'il ne t'arriverait rien et que je te protègerai toujours. Ça fait pencher la balance en ma faveur. »

J'appuyai ma joue contre sa main fraiche puis me retournai.

La maison n'était déjà plus qu'un point de lumière dans la lunette arrière. Je laissai ma vie derrière moi. Mon père était le dernier à qui je faisais mes adieux.

« Il sait que tu me rends heureuse ? » demandai-je à Edward

J'avais besoin que Charlie me sache comblée. Je voulais que mes proches soient convaincus de mon bonheur quand ils apprendraient ma mort. Cela rendrait les choses plus faciles.

« Il sait que tu m'aimes. Et il a vu mon amour pour toi. Ça lui suffit. » répondit-il.

Mes yeux se posèrent une dernière fois sur les deux valises posées sur les sièges arrières, tout ce que je souhaitais emmener avec moi de ma vie d'avant, et je me retournai pour faire face à la route, posant ma main sur celle d'Edward sur le levier de vitesse.

« Où allons-nous maintenant ?

- A Denali. Carlisle et le reste du clan nous y attende. »

Je posai donc mon front contre la vitre et fermai les yeux sur la nuit, me disant que c'était peut-être une des dernières fois que je dormais de toute ma vie.

Ce furent les premiers rayons du soleil qui me réveillèrent.

Je m'étirai autant que l'habitacle restreint de la voiture me le permettait et découvrit que ce qui m'aveuglait autant était l'épaisse couche de neige qui recouvrait le paysage de chaque côté de la route.

« Nous sommes presque arrivés. » dit Edward.

A perte de vue, ce n'était que collines enneigées et étendues désertes. Je n'avais jamais vu un paysage pareil.

« Ça a l'air calme. » Ironisai-je.

« Il vaudra mieux que nous soyons à l'écart de toute civilisation pendant quelques temps. » répondit-il, la voix tendue.

Je me tournai vers lui et découvris son visage crispé.

« Que se passe-t-il ? » demandai-je, soudain inquiète d'avoir manqué quelque chose pendant mon sommeil.

Edward resta de marbre, les yeux rivés sur la route. Je me redressai donc sur mon siège.

« Edward, qu'est-ce qu'il y a ? » insistai-je

Il soupira de frustration et daigna me jeter un coup d'œil rapide mais ne dit toujours rien.

« Tu t'inquiètes de la réaction de Carlisle ? » tentai-je.

Il m'avait raconté dans quelles circonstances ils s'étaient quittés à l'aéroport de Chicago. Peut-être appréhendait-il les retrouvailles.

Pourtant, il secoua la tête en signe de dénégation.

« Ce n'est pas la première fois que nous avons un désaccord. Si je sais faire profil bas, il me pardonnera. » dit-il.

« Alors, qu'y a-t-il ? »

Ses doigts se resserrèrent sur le cuir du volant qui émit un crissement sinistre.

« Dis-moi. » suppliai-je d'une voix douce.

« Je ne veux pas te faire de mal. » gronda-t-il.

Mon sang se glaça, comme à chaque fois que nous abordions ce sujet pourtant déjà maintes fois débattu pendant les jours que je venais de passer enfermée dans mon appartement à panser mes blessures.

J'avais peur, c'était certain, mais j'étais aussi déterminée. Ma voie était choisie et, si elle devait passer par trois jours de souffrance, j'étais prête à en payer le prix. Edward, lui, était bien moins à l'aise avec cette idée.

« Nous avons déjà parlé de ça. » dis-je. « Je ne t'en voudrais pas. C'est mon choix.

- Tu n'as pas la moindre idée de ce que tu dis. Tu me détesteras. »

Son visage se tordit en une grimace de dégout.

« Peut-être. » répondis-je. « Mais, quand la douleur aura passé, et que je t'aurais botté le cul pour m'avoir infligé ça, je suis certaine que j'apprécierai chaque minute de l'éternité à tes côtés. »

Il sourit malgré tout.

« Nous arrivons. » annonça-t-il, coupant ainsi cette discussion dérangeante.

Au détour d'un bosquet d'arbres, apparut la maison, imposante et magnifique. Les vitres étincelaient au soleil et donnaient l'impression que la villa entière brillait comme un diamant.

Plusieurs voitures étaient stationnées sous un grand auvent sur le côté de la bâtisse. Seule une berline noire de luxe était garée devant les marches menant au large porche de bois clair. Edward se gara à côté, les sourcils froncés.

« Je me demande bien qui cela peut-être… » murmura-t-il.

Et je le vis perdre son regard dans le vide, reconnaissant pour l'avoir maintenant suffisamment souvent observée l'expression qu'il prenait quand il concentrait sa seconde écoute. Ce qu'il découvrit sembla le surprendre mais ne pas l'inquiéter.

« Qui est-ce ? » demandai-je, un peu angoissée à l'idée de rencontrer d'autres vampires que sa famille.

Edward se tourna vers moi avec un sourire rassurant.

« Eléazar est là avec sa compagne, Carmen. Tu ne dois pas t'inquiéter. »

Eléazar ?

Ce nom évoquait trop Volterra pour moi pour que je me détende complètement. Je n'avais jamais vraiment rencontré ce vampire, et, même si je savais qu'il avait aidé Jasper et qu'il était un vieil ami de Carlisle et de son clan, il n'en restait pas moins pour moi un haut dignitaire de Volterra.

Il avait été le maitre de Kate.

Où était-elle si lui était ici ?

« Son humaine est avec eux. » compléta Edward.

Le soulagement m'envahit immédiatement. Kate était vivante, et elle était sortie de la cité interdite. Toute appréhension envolée, je sortis de la voiture rapidement avec la seule envie de serrer dans mes bras celle qui avait été un soutien si précieux pour moi.

Edward rit de mon empressement et me suivit lentement, les mains dans les poches.

« Ne vas pas si vite. » railla-t-il. « Il va d'abord te falloir franchir la barrière de ma mère. »

Et, comme si elle avait attendu ce signal, la porte s'ouvrit et une femme sortit sous le porche. Je me figeai, un peu honteuse, mais fut immédiatement rassurée par son sourire chaleureux.

Légèrement plus petite que moi, Esmée était élégamment vêtue d'une robe en soie verte qui faisait splendidement ressortir son teint pâle et ses cheveux caramel. Son regard doré ne me quittait pas, comme si elle avait du mal à croire ce qu'elle voyait et, avant que j'aie pu réagir, elle m'enserra dans une étreinte sincère et affectueuse.

Je ne savais pas quoi dire.

Mes bras se refermèrent un peu gauchement sur la taille de cette femme que je ne connaissais pas mais qui semblait m'accepter d'entrée de jeu.

« Bienvenue, Bella. » dit-elle avec un sourire dans la voix en s'écartant de moi pour caresser ma joue tendrement.

« Merci. » bredouillai-je, toujours légèrement sous le choc de cet accueil.

Edward nous rejoignit.

« Bonjour Esmée. » dit-il, la chaleur et la joie dans sa voix parfaitement perceptible.

Esmée se détacha alors de moi pour le prendre à son tour dans ses bras.

« J'ai cru que vous n'arriveriez jamais. » se plaignit-elle.

Edward rit.

« Alice a pourtant bien dû prévoir à la minute près l'heure de notre arrivée. » se moqua-t-il.

« Ça ne l'a pas empêché de tourner en ronde depuis hier soir. » dit une voix amusée provenant de la maison.

Et Alice fit son apparition, tornade brune et joyeuse qui me saisit à son tour dans une étreinte surprenante.

« Je suis ravie de te retrouver en pleine forme, Bella. » dit-elle en me scrutant. « Tu sembles bien remise. »

Je passai une main dans mon cou, gênée.

« C'est en bonne voie. » répondis-je. « Il n'y a plus qu'Edward qui puisse parfaire ma guérison maintenant. »

Edward grogna et s'engouffra dans la maison, me laissant seule avec sa mère et sa sœur qui affichaient une mine surprise.

« Il n'est pas très à l'aise avec l'idée de ma transformation. » expliquai-je.

Esmée passa un bras sous un des miens pour m'entrainer à l'intérieur.

« Comment ça, pas très à l'aise ? » s'enquit-elle.

« Il ne veut pas me faire de mal. » répondis-je.

Esmée et Alice sourirent.

« Il a tellement changé. » s'émerveilla Esmée.

« Ne t'inquiète pas, Bella. Il te veut trop à ses côtés pour que ça le retienne bien longtemps. » me rassura Alice.

Nous entrâmes dans un grand salon entièrement décoré de blanc et de bois clair.

Emmett, Rosalie et Jasper vinrent à leur tour me serrer dans leur bras. Même la glaciale Rosalie avait fondu. Je crois que ce qu'elle avait vu de moi dans la cave du Breaking Dawn l'avait définitivement fait m'accepter. Edward m'avait expliqué en quelques mots l'horrible histoire de sa mort humaine, comment des hommes, dont celui qu'elle aimait de tout son cœur, l'avaient violentée et laissée pour morte jusqu'à ce que Carlisle ne la trouve.

Je pense que le calvaire que j'avais vécu dans cette cave lui avait rappelé le sien mais, d'après Edward, c'était surtout la force dont j'avais fait preuve et la vengeance dont j'avais été capable qui l'avait impressionnée.

Quoi qu'il en soit, j'étais contente qu'elle m'ait acceptée.

A quelques mètres de là, Edward et Carlisle se faisaient face, le visage fermé et, après les accolades, tout le monde tourna son regard vers eux, attendant la suite avec appréhension.

Edward n'avait pas bu de sang humain depuis des jours. Il n'avait quitté mon chevet qu'à contre cœur lors de la semaine passée et ne s'était jamais éloigné de Seattle, chassant au plus près de la ville, dans les quelques réserves naturelles, un gibier animal qui l'avait à chaque fois laissé sur sa faim. Mais il n'avait pas voulu s'attaquer à un humain ni même boire mon sang depuis les derniers évènements.

Je savais qu'il faisait ça pour moi, malgré la frustration que ça engendrait chez lui. C'était ce que je lui avais demandé et nous n'en avions jamais reparlé, même si j'avais depuis longtemps accepté cette part sauvage de lui et que, après ce dont j'avais été capable en exécutant Viktor de sang-froid, je n'étais plus tout à fait certaine de vouloir qu'il change.

Quoi qu'il en soit, son regard était noir, ne reflétant aucun remords ni aucune excuse face à ce père qui avait pourtant le pouvoir de le jeter dehors en un battement de cil.

« Bonjour Carlisle. » dit-il d'une voix neutre.

Carlisle resta immobile, droit et impressionnant, les yeux braqués sur ceux d'Edward pendant de longues secondes. Et, ce ne fut que quand Edward cligna des yeux en inclinant légèrement la tête que je compris que les reproches avaient été muets mais entendus et acceptés. Il fit alors un pas vers Edward et vint simplement poser une main sur son épaule.

« Je suis content que tu sois de retour à la maison, fils. »

Ce fut comme si chacun relâchait son souffle à ces paroles. Emmett lança une rude bourrade dans l'épaule d'Edward et Carlisle me fit un sourire chaleureux.

« Je suis également ravi de te revoir, Bella, et de t'offrir une place dans notre famille.

- Merci. » répondis-je simplement.

Le plus dur étant passé, on me présenta à Eléazar et Carmen puis Kate me tomba dans les bras. Personne ne put en placer une pendant qu'elle me racontait les évènements qui avaient causé leur départ de Volterra.

Après que les Cullen et moi ayons quitté la cité, le climat s'était vite dégradé.

De plus en plus d'humains disparaissaient, même dans les rangs des favorites. Puis, tout s'était accéléré quelques jours à peine après notre départ. Tanya avait disparu pendant plusieurs jours. Irina était à moitié devenue folle. Je n'arrivais pas à imaginer dans quelles conditions horribles s'étaient déroulées ces nuits.

Pour la protéger Eléazar avait gardé Kate avec lui aussi souvent que possible car il savait que quelque chose était en train de se préparer. Et, de fait, quand Tanya avait réapparu, transformée par Alec, les choses avaient dégénéré. Elle avait voulu transformer sa sœur pour s'assurer de sa place à ses côtés mais Aro avait refusé, arguant qu'elle devait mériter cette faveur.

C'était à ce moment-là qu'Alec et Tanya étaient partis pour Seattle.

Eléazar n'avait pas su tout de suite pour quoi, mais il s'était douté de quelque chose quand, à peine une nuit plus tard, Irina avait été menée à Aro qui l'avait tuée lui-même, prouvant qu'il n'avait jamais eu l'idée de tenir la promesse faite aux sœurs suédoises.

Puis, quand Alec était revenu, seul, il avait compris et avait été dégouté de la conduite de son maitre. Il avait donc fait valoir son droit à l'indépendance et avait quitté Volterra à son tour avec Carmen et Kate, qu'Aro ne pouvait pas lui refuser, sous la condition qu'il la transforme ou qu'il la tue lui-même.

« Donc cette pourriture d'Alec a regagné Volterra sans encombre et il va s'en tirer comme ça ? » s'énerva Edward.

« Aro a annoncé lui-même sa grâce étant donné que Tanya a été exécutée pour ses actes. » dit Eléazar.

« Mais il était là ! » s'écria Edward. « Il était là, dans cette foutue cave, pendant que sa tarée de protégée s'en prenait à Bella. Et c'est probablement lui qui a entièrement orchestré son enlèvement !

- Tout le monde s'en doute, Edward. » tempéra Carlisle. « Mais il n'y a pas de preuve.

- Alors comment expliquer qu'Edward soit tombé et que nous ayons complètement perdu sa trace dans ce club alors que nous étions seulement à quelques dizaines de mètres ? » demanda Emmett.

« Seul Alec a ce pouvoir. » renchérit Rosalie.

« C'est exact. » répondit Eléazar. « Mais personne n'a vu ou entendu Alec sur les lieux. C'est aussi un des avantages de son pouvoir. Et, sans preuve formelle et indiscutable, on ne peut pas s'en prendre à lui. Il est un des favoris d'Aro, il ne laissera jamais qui que ce soit s'en prendre à lui. Il lui est bien trop précieux. »

Edward passa une fois de plus ses nerfs sur le mobilier et un fauteuil finit en tas de bois contre un mur. Mais personne ne brisa le silence qui s'en suivit, conscients de notre impuissance, nous avalions difficilement l'amère pilule.

Alec s'en sortirait impunément.

Eléazar finit par se lever du canapé sur lequel il avait pris place pendant son récit.

« Quoi qu'il en soit, même si cela est difficile à accepter, » dit-il. « plus personne ne pourra s'en prendre à vous désormais. Nous allons donc vous laisser car des choses importantes doivent être faites et que la présence d'une humaine sous votre toit pourrait rendre difficile. »

Il parlait de ma transformation.

L'idée que j'aurais pu m'en prendre à Kate m'était difficilement supportable. J'étais donc rassurée qu'ils s'en aillent, même si j'espérais vraiment la revoir bientôt et l'angoisse que ce ne soit pas le cas m'étreint quand je la serrai dans mes bras pour lui dire au revoir.

« Où irez-vous ? » lui demandai-je, des larmes dans la voix.

Elle me sourit.

« Nous allons à la Nouvelle-Orléans. » répondit-elle. « Emmett pense que c'est là que j'ai le plus de chances de retrouver mon vampire…

- Garrett. » me souvins-je.

Elle hocha la tête.

« Je ne veux pas devenir…ça… si il ne veut pas de moi. Ça n'aurait aucun sens. » dit-elle, sereine.

Je me rappelai son histoire. Elle était tombée amoureuse d'un vampire en pleine connaissance de cause, comme moi, sauf qu'elle n'avait pas eu la chance qui avait été la mienne de rester à ses côtés. L'idée qu'elle disparaisse un jour prochain m'était insupportable, mais je réalisai que moi aussi j'aurais préféré la mort à l'immortalité sans Edward. Il n'y avait que pour lui que j'étais prête à renier mes valeurs et mon humanité.

Kate me ressemblait beaucoup.

« Bonne chance. » dis-je en la serrant une dernière fois dans mes bras.

« A toi aussi. » répondit-elle.

Elle suivit Carmen vers la sortie.

Quand il passa devant moi, Eléazar s'arrêta pour me saluer.

« J'ai vraiment hâte de voir ce que l'immortalité fera de toi Bella. Peu de gens sur cette Terre ont l'opportunité de contrecarrer ainsi leur destin.

- Que voulez-vous dire ?» demandai-je, curieuse.

« Je veux dire que, étant donné la puissance de l'attirance que ton sang a eu sur ton compagnon, tu aurais dû mourir le jour de votre rencontre. »

Son regard dériva vers Edward.

« A moins que, justement, ton destin n'ait été de le rencontrer pour qu'il te mène jusqu'ici. Il n'est pas un vampire ordinaire.

- Et je ne suis pas une humaine ordinaire. » complétai-je.

Il sourit en retournant son visage vers moi.

« Non, effectivement. Je vous souhaite d'être heureux. Eternellement. »

Leur voiture souleva un nuage de poudreuse quand elle quitta la cour de la propriété.

La journée passa comme dans un rêve. Edward et sa famille me couvrant d'attentions. La villa était immense et rien que la visite nous pris au moins une bonne heure. Et elle aurait pu s'éterniser un peu plus si Edward m'avait laissé le corrompre dans sa chambre dont le lit imposant et tout nouvellement installé appelait à la luxure.

Mais il n'avait pas cédé malgré mes suppliques.

Il ne m'avait pas fait l'amour depuis plus d'une semaine, ayant peur d'aggraver mes blessures. Mais je commençai à ne plus supporter qu'il me traite comme une petite chose fragile.

Pourtant, la découverte des environs, accrochée aux épaules massives de mon amant tandis qu'il gravissait des arbres et des collines pour me faire découvrir le cadre magnifique qui serait le mien pendant les prochains mois, me détourna bien de mes pensées lubriques et le soleil se couchait tout juste quand nous regagnâmes la maison. Vide.

Edward entra prudemment dans la pièce principale.

Une note nous attendait sur la table du grand séjour, écrite de la main d'Alice, qui nous annonçait que toute la famille était partie en chasse pour la nuit afin de nous laisser faire ce que nous avions à faire, et qu'un repas froid m'attendait dans la chambre d'Edward.

« Quelle petite peste ! » siffla Edward entre ses dents en rejetant la lettre sur la table.

J'enroulai mes bras autour de sa nuque tendue.

« Papa et maman sont sortis. » le taquinai-je. « Tu ne comptes pas en profiter ? »

Il soupira en souriant tout en posant les mains sur mes hanches.

Ce simple contact me brûla et enflamma mes sens.

« Tu es sûre que tu es prête ? » s'inquiéta-t-il, me scrutant avec prudence.

« Edward, tu n'as pas osé me toucher depuis une semaine. Crois-moi, je suis plus que prête, je suis au bord de la combustion spontanée. »

Il grogna en levant les yeux au ciel.

« Tu sais que ce n'est pas de ça que je parle. Même si je pense également qu'il est grand temps que cette convalescence cesse. » dit-il en appuyant plus fermement son bassin contre le mien.

Ma main courut dans les cheveux fins de sa nuque et mes ongles griffèrent son cuir chevelu dans l'effort que je faisais pour ne pas me jeter sur lui à l'instant, au beau milieu de ce salon. Après tout, la maison était vide. Mais je voulais aussi que cette nuit soit ma dernière, en tant qu'humaine. Il était plus que temps.

« Je suis prête… » murmurai-je.

« Bella… »

Son regard était sérieux et grave, mêlant à la fois crainte et espoir.

« Tu peux encore gagner quelques jours. Nous ne sommes pas obligés de…

« Alice l'a vu. » le coupai-je. « Je veux que tu le fasses ce soir. »

Il se raidit contre moi.

« Tu ne peux pas éternellement repousser l'inévitable, Edward. Je veux être à toi. Je veux être avec toi. Pour toujours. »

Il gronda et ses lèvres fondirent sur les miennes. Sa langue quémanda la mienne avec désespoir, me laissant à bout de souffle quand il posa son front sur le mien.

« Bella… » murmura-t-il. « Si je pouvais… Je ne veux pas que tu souffres.

- Tu ne peux pas l'éviter » le rassurai-je. « La douleur n'est rien comparé à ce que je ressens pour toi. »

Un nouveau rugissement monta dans sa gorge quand j'approchai encore plus mon corps du sien, ressentant parfaitement son propre désir contre mon ventre.

Je le sentis me saisir brusquement dans ses bras puis l'air caressa mon corps et je rouvris les yeux dans sa chambre.

La nuit était d'un noir d'encre derrière les grandes baies vitrées. La pénombre de la chambre n'était atténuée que par une lampe basse posée à même le sol et recouverte d'un foulard sur le côté du lit. La lumière dorée et diffuse faisait ressortir les reflets moirés du couvre-lit.

Debout face au lit, je ne percevais que la respiration lourde et régulière d'Edward dans mon dos et je me revis face à un autre lit, loin, en Italie. Il ne s'était pas écoulé deux mois depuis la première fois où Edward avait posé ses mains sur moi mais j'étais une femme totalement différente maintenant.

Je le désirais toujours autant, si ce n'était plus, mais, maintenant, j'étais sûre de moi. J'avais accepté pleinement ce qu'il était et ce que j'allais devenir.

« Qu'est-ce que tu veux de moi, Bella ? »

Sa voix n'était qu'un murmure à mon oreille.

J'avais de nombreuses fois imaginé cet instant. J'avais anticipé l'angoisse et je m'étais préparée à la peur, mais pas à ce désir cuisant qui me déchirait le ventre.

Le manque était presque insoutenable.

Je fermai les yeux en sentant son souffle sur mon cou.

« Je veux que tu me fasses l'amour. » répondis-je.

Il recula d'un pas et je me retournai vers lui, découvrant son magnifique visage en clair obscure, ses mâchoires carrées et crispées, son regard affamé posé sur moi.

Une de mes mains partit à la découverte de son torse. Mes doigts s'entortillèrent dans son tee-shirt et ressentirent la vibration dans sa poitrine.

« Tu n'as pas faim ? » tenta-t-il, ne faisant pas un geste pour s'éloigner de mes caresses.

Pour toute réponse, je saisis le bas de son tee-shirt et le remontai pour le faire passer par-dessus sa tête. Son torse m'apparut, pâle et musclé, et j'embrassai la peau fine à la basse de son cou puis traçai un chemin de baisers sur sa poitrine jusqu'à saisir un de ses mamelons entre mes lèvres.

Il feula comme un fauve en rejetant la tête en arrière.

Je me sentis tellement puissante en cet instant, capable de faire chavirer une créature telle que lui en à peine quelques effleurements.

Mes mains s'attaquèrent à la fermeture de son jean dont je fis sauter les boutons sans effort pour aller effleurer sa virilité dressée.

Un nouveau rugissement et je me retrouvai projetée sur le lit, Edward, haletant, penché au-dessus de moi.

L'adrénaline se déversa dans mon corps quand je plongeai dans son regard noir de prédateur.

« Tu es une dangereuse tentatrice. » gronda-t-il.

Sa main glacée remonta sur mon ventre dont chaque muscle se crispa délicieusement sur son passage à mesure qu'il remontait sous mon pull.

« Peut-être devrais-je savourer cette dernière fois où je vais pouvoir faire de toi ce que je veux… »

Sa voix était du velours sur ma peau et je serrai instinctivement les cuisses pour tenter de trouver un apaisement. Jamais je ne me rassasierais de lui, de ses caresses, de son corps fusionné au mien.

« Edward… » le suppliai-je.

Mais, même là, il resta immobile au-dessus de moi, me refusant le contact dont j'avais besoin. Son nez vint simplement effleurer la ligne de mon menton et il huma ma peau avec délice.

« Seras-tu toujours aussi languissante pour moi, Isabella ? »

Mon dieu, il allait me rendre dingue.

Mon corps tout entier s'arquait sous le sien.

« Toujours… » gémis-je, les yeux fermés, attendant qu'il libère sa fougue.

« Alors embrasse-moi. », dit-il d'une voix douce et suppliante, tellement différente du ton qu'il avait employé avec moi jusqu'à présent.

Rouvrant les yeux, je passai mes deux bras autour de son cou pour me redresser et grimper à califourchon sur ses cuisses, ressentant enfin entre mes jambes la tension de son bassin.

Ses mains me déshabillèrent lentement.

Ses lèvres baisèrent les miennes, embrassèrent mon cou puis les marques de brûlure sur mes épaules.

Il me fit à nouveau basculer sous lui le temps de me dégager doucement de mon jean. Il caressa mes jambes et les traces de mon calvaire avec une douceur que je ne lui connaissais pas, me faisant trembler sous ses doigts. Jamais, depuis que je l'avais rencontré, il ne m'avait touchée avec une telle douceur qui frôlait la vénération, ni regardée avec une telle intensité.

Le désir et l'amour brûlaient dans ses yeux quand il me débarrassa de ma culotte puis, d'une main dans mon dos, me fit reprendre position sur ses genoux pour dégrafer rapidement mon soutien-gorge.

J'étais nue dans ses bras.

Ma chaleur se dispersant dans son corps, mes mains tirant dans ses cheveux, mes lèvres dévorant les siennes. Là était ma place et j'y resterais pour l'éternité.

Je ne voulais plus jamais le laisser partir, je voulais le ressentir au plus profond de moi.

Et, bientôt, les lentes ondulations de nos bassins l'un contre l'autre ne me suffirent plus et j'allai chercher sous le coton de son boxer son sexe tendu que je guidai vers le mien.

Nos regards ne se décrochèrent pas le temps que je redescende complètement sur lui, me sentant enfin complète avec son corps ancré profondément dans le mien. Il ne ferma les yeux de volupté que quand je commençai à bouger, de bas en haut, lentement, savourant chaque mouvement, chaque déferlante de plaisir dans mon ventre, chaque grondement de jouissance dans son torse collé au mien.

Et le plaisir monta, lentement et inexorablement alors que tout son corps répondait au mien. Ma peau me brulait et je n'arrivais plus à respirer correctement, en demandant toujours plus, voulant le ressentir toujours plus loin.

Ses mains caressèrent chaque parcelle de ma peau, redessinèrent les formes de mes seins et de mes hanches jusqu'à l'arrondi de mes fesses comme s'il voulait les graver dans sa mémoire, en mémoriser la souplesse et la chaleur qui allaient bientôt me quitter.

Jamais cela n'avait été si tendre et intense et les mots d'amour qu'il me murmurait à l'oreille faisaient battre mon cœur encore plus vite.

Il me dit à quel point j'étais belle et comme ma peau était douce. Il gémit mon prénom, scanda son besoin de moi et appela mes baisers. Il lécha ma langue, pétrit mes hanches, gronda sa frustration quand je ralentis mon rythme pour faire durer le plaisir.

Mais il me laissa mener cette danse jusqu'au bout.

Jusqu'au moment où, en sueur, j'éclatai en mille morceau autour de lui en criant son prénom alors qu'il me retenait tout contre lui en poursuivant les à-coups qui le menèrent à sa propre jouissance, la nez enfoui entre mes seins, les mains remontant lentement de mes fesses à mon dos.

Je n'étais déjà plus qu'à demi consciente quand il écarta doucement une mèche de mes cheveux de mon cou.

« Fais-le Edward… fais-le maintenant… »

Il embrassa ma peau et lécha la sueur qui perlait sur ma clavicule.

« Je t'aime tellement, Bella. »

Mes mains se crispèrent dans les cheveux à l'arrière de sa tête pour le rapprocher encore plus de moi.

Il souffla son souffle froid sur ma nuque puis y déposa ses lèvres et je sentis ses dents percer ma peau.

La douleur irradia dans tout le haut de mon corps immédiatement et je me cambrai en arrière.

Edward accompagna mes mouvements et m'allongea doucement sur le drap avant de me recouvrir avec l'édredon.

Ce fut la dernière chose que je ressentis avant que le brasier ne me consume entièrement.

Un cri franchit mes lèvres, un seul hurlement strident et animal, avant que je ne sombre en moi-même complètement pour retenir la douleur de tous mes nerfs assaillis par le venin et la mort lente.

«Je suis tellement désolé. »

Sa voix me venait de si loin et la souffrance y était tellement présente que j'eus du mal à la reconnaitre.

Il fallait que je sois forte, pour lui.

J'allais y arriver. J'arriverai à franchir cette montagne de douleur…

« …et on se retrouvera de l'autre côté. » murmura-t-il à mon oreille.

Je t'aime.

« Je t'aime aussi, Bella.

Pour toujours et à jamais. »


Ayé…

Je sais déjà que certaines ne vont pas apprécier que je n'aie pas réglé son compte à Alec mais, franchement, je ne voyais pas comment faire pour que ça n'apporte pas de problèmes supplémentaires et il était temps que nos amoureux passent à l'étape suivante.

Je vous laisse libre d'imaginer des stratagèmes pour qu'ils se vengent plus tard. Quand j'aurais laissé les personnages à leur vie, vous serez libres de leur faire faire ce que vous voudrez, hi hi !

J'espère aussi que vous ne serez pas déçues que je n'entre pas plus dans les détails de la transformation mais je voulais que ma fic s'arrête ici, pour laisser aussi la part libre à l'imagination, même si l'épilogue sera là pour vous montrer un peu comment va se dérouler la vie d'Edward et Bella par la suite, j'espère même vous surprendre une dernière fois.

Il sera assez court à écrire donc j'ai bon espoir de le publier la semaine prochaine. Je veux le faire avant de partir en vacances.

Avant de vous laisser, j'aimerai vous demander 2 choses, une fois n'est pas coutume, je vais vous faire bosser un petit peu :D :

- S'il vous plait, c'est une des dernières fois où ce sera possible, laissez-moi un petit commentaire, même si vous ne l'avez jamais fait ou plus fait depuis longtemps. Juste un petit mot pour clôturer cette histoire… Faites pêter le compteur à review !

- Et, si vous avez le temps, j'aimerais vraiment que vous me disiez ce que vous avez préféré dans cette histoire (un chapitre, une phrase, unE situation, un personnage…) et ce que vous auriez aimé en plus ou différent (ça me donnera peut-être des idées, qui sait, pour une suite)

En attendant, je vous embrasse !

Biz les filles !

Lily