Disclaimer : les personnages apparaissant dans cette fic appartiennent à JKR, je n'en retire aucune rémunération ou gain financier…
Précisions : Slash Rogue/Harry, publication hebdomadaire
Salut :')
Encore une fois, un grand merci pour vos reviews (et merci Nepheria), ça me donne vraiment du courage pour terminer cette fic dans les temps malgré la reprise des cours (T.T) !
Voici la première partie du chapitre 29 (je ne sais pas encore combien de partie je vais faire mais pas trop je pense), j'espère que ça vous plaira !
Bonne lecture !
Anciennes blessures
Chapitre 29 : Partie 1
Mercredi 27 août 2002
Potter.
Il avait juste observé un instant ce visage désagréablement familier mais déjà toute sa haine avait refait surface.
Il l'avait su à l'instant où il avait pris sa décision : le voir ainsi, au milieu des autres professeurs, accentuait encore sa rancœur. Il n'avait pas seulement fallu qu'il lui vole une part de sa vie et toute la reconnaissance du monde sorcier mais aussi sa place auprès de ses collègues. Ces mêmes personnes qui, pour la plupart, l'avaient observé avec méfiance tout au long de la réunion.
Mais il avait trop bien appris à maîtriser ses sentiments pour laisser échapper colère et sa frustration, même si le fléau Potter lui avait fait face, pendant plus d'une heure, avec une expression parfaitement stupide plaquée sur le visage.
Le maître des potions se dirigeait vers le bureau de la directrice.
Même s'il remettait les pieds dans cette école pour la première fois en six ans, les habitudes avaient la vie dure. Et retrouver ses appartements, dans un état pratiquement similaire à celui dans lequel ils étaient lorsqu'il les avait quitté, était tout aussi plaisant que pouvait être désagréable de retrouver sa réserve de potions à moitié saccagée. C'était à se demander si Slughorn connaissait vraiment le sens du mot organisation… Il sentait déjà poindre les migraines à l'idée de reprendre les classes – assez désoeuvrées, il n'avait pas beaucoup de doutes sur ce point – de cet homme.
Néanmoins, pour l'heure, avant même de songer au cas Potter, il fallait qu'il remette son inventaire à Minerva et-
Que faisait Potter dans cette partie du château à cette heure ?
- Bon… bonsoir.
C'était leur premier réel face à face. Le désir de se débarrasser du gosse à la cicatrice sur le champ l'effleura mais il n'était que trop conscient qu'une telle pulsion ne lui permettrait jamais d'en sortir indemne, le monde sorcier aimait trop son sauveur.
- Monsieur Potter, répondit-il aussi neutre qu'il le put.
- Vous pouvez m'appelez Harry, nous sommes collègues à présent, dit-il avec, cependant, une légère hésitation.
Il retint un ricanement devant l'audace naïve dont il faisait preuve. Mais, après tout, ça arrangeait bien ses affaires si cet imbécile croyait qu'une paix entre eux était si facile à instaurer. Aussi, Severus garda le visage aussi impassible que possible et lui répondit sommairement.
- Si vous y tenez. Harry. Bonsoir.
Et il reprit sa route sans plus de cérémonie.
En quelques mots, déjà, il ne lui avait pas été difficile de voir l'assurance nouvelle du jeune homme qui lui avait fait face mais, de toute évidence, il l'impressionnait toujours.
C'était un point qu'il devrait garder en mémoire pour ses futurs projets.
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Jeudi 28 août 2002
Il avait mal dormi.
En plus des flashs récurrents – et bien trop réalistes à son goût – sur les années de douleurs qui en avaient découlé, le souvenir de la manière dont il s'était débarrassé de l'horcruxe était encore venu le hanter.
S'il avait eu le temps nécessaire, il aurait très certainement pu étendre le sort de protection au-delà de ses mains, s'éviter le contrecoup de la magie noire… Si Potter avait écouté l'Ordre du Phénix et n'avait pas foncé droit vers le quartier général du seigneur des ténèbres. Mais non, bien sûr, et le serpentard avait dû en subir les conséquences, comme toujours.
Comme lorsqu'il avait obéi à Albus et que le gamin avait traîné son nom dans la boue.
Comme lorsque sa simple naissance avait entraîné la mort de Lily.
Comme un Potter digne de ce nom, ce gosse l'avait amené trop de fois dans des abîmes de douleur, physique ou morale.
Trois ans perdus, les bras paralysés et incapable de préparer la moindre potion. Dont deux ans à lutter pour surmonter la douleur que même les médicomages les plus émérites, renvoyés à leur vie de tous les jours, par les bons soins de Draco, dès qu'il était clair qu'ils ne pourraient rien faire et qu'il les avait effacés de leur mémoire par un habile sort d'oubliette, ne parvenaient qu'à peine à calmer.
Et lorsqu'il songeait aux rares personnes auxquelles il s'était lié, il ne parvenait même pas à ressentir plus qu'une culpabilité atténuée face à la haine qu'il éprouvait.
Il était définitivement décidé à ne plus jamais lui laisser l'occasion de l'atteindre.
Il vit les fioles trembler devant lui – aux premières heures de l'aube, il avait choisi, au lieu de se retourner cent fois entre ses draps - de préparer quelques potions.
Il respira profondément.
Draco lui en avait fait la remarque, sa rage avait un peu trop souvent l'habitude, depuis la fin de la guerre, de se manifester par un débordement de sa magie.
Il devait se contrôler. Surtout s'il voulait réussir à tromper suffisamment Potter pour accomplir ses plans.
Et son approche commença le matin même, au déjeuner.
C'est avec écoeurement qu'il lui rendit la politesse de la veille et l'autorisa à l'appeler par son prénom. Un pas nécessaire pour endormir sa méfiance, un premier pas.
Leur conversation fut une nouvelle fois courte mais il put en tirer deux constatations. D'une part, le plus jeune avait, semblait-il, déjà dans l'idée d'améliorer leur relation, et il était certain que ce simple fait cachait déjà quelque chose de suspect. D'autre part, il paraissait avoir suffisamment mûri pour ne plus répondre excessivement à ses provocations.
Lorsqu'il quitta la table, le maître des potions ne se priva néanmoins pas de lui faire part de ses conclusions, bien sûr, d'une manière qu'il serait totalement incapable de comprendre, en détournant la conversation qui commençait à l'agacer.
- Le monde sorcier n'a semble-t-il jamais vraiment réalisé que c'était un gamin chanceux – et particulièrement bien entouré – qui l'avait sauvé, dit le plus jeune d'une façon qu'il espérait, sans doute, paraître sincère.
L'imaginait-il donc crédule au point de ne pas comprendre qu'il ne faisait que formuler les paroles qu'il supposait que son aîné désirait entendre ? Ce gosse arrogant l'avait toujours sous-estimé et continuait à le faire.
- Certains ont toujours su ce que vous étiez et êtes réellement. C'est ce que vous pensez, n'est-ce pas ? dit-il malgré tout en entrant dans son jeu.
Le serpentard jeta un regard vague vers ses collègues qui ne leur prêtaient plus attention.
- Poudlard… Vous n'auriez guère pu choisir mieux.
Oui, le lieu idéal pour se débarrasser du survivant sans entraîner le moindre soupçon… du moins, dès qu'il aurait retrouvé sa véritable place au sein du corps enseignant de ce château. Ce qui, il était assez confiant sur ce point, ne lui poserait pas trop de difficulté.
Il savait qu'un rictus était plaqué sur son visage mais il n'en fit pas grand cas, personne n'en devinerait jamais la signification.
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Vendredi 15 novembre 2002
Les semaines étaient passées rapidement et ses relations avec « Harry » avançaient assez bien.
Dans peu de temps, il pourrait réellement agir et mettre fin à cette étrange… amitié ?
Non, il ne s'agissait pas de cela. Rien n'était vrai dans sa manière de se comporter. Il n'avait qu'un but à atteindre.
Et la haine que le monde sorcier éprouvait pour lui le lui avait rappelé.
Malgré toutes les précautions de Minerva, il n'avait pas pu échapper à toutes les lettres injurieuses, beuglantes voire, même, courriers piégés. Pas plus qu'aux regards trop significatifs des sorciers et sorcière lors de ses rares apparitions à Pré-au-lard ou au Chemin de Traverse.
Et pourquoi se souvenaient-ils plus de ses erreurs que de ses sacrifices pour leur bien ?
A cause de Potter. Encore et toujours, Potter.
Un autre fait dérangeant était également venu un peu assombrir ce tableau : les lettres de Draco Malfoy qui avaient sérieusement fini par l'excéder, au point qu'il lui avait clairement fait comprendre qu'il n'avait plus besoin de sa sollicitude.
Et pourtant, lors de son départ pour Poudlard, ils avaient mis les choses au clair.
Severus l'avait sauvé à plusieurs reprises durant la guerre, et ce, malgré ses erreurs de jugement et ses comportements stupides et inconscients. Le pire de ceux-ci étant sans conteste resté dans sa dernière rencontre, durant les combats, avec le trio des gryffondors. Si Narcissa ne s'était pas interposée à ce moment-là, son fils aurait sans aucun doute fini à Azkaban. Pour des mots – le maître des potions le connaissait assez pour le savoir – que le blond n'avait jamais pensé mais dont il n'avait fait usage que pour se sentir supérieur à ses adversaires…
Toujours était-il que, bien qu'il aurait pu s'en sortir seul (Severus en était toujours fermement persuadé), le jeune Malfoy lui avait offert refuge pour le… remercier.
Au final, l'homme, même encore handicapé, lui avait servi d'expert en potions, allant jusqu'à créer de nouvelles décoctions pour lui et son entreprise… On ne changeait jamais un Malfoy.
Et Draco restait Draco.
Depuis qu'il avait repris son poste dans cette école, après quelques hiboux envoyés pour savoir « comment il se portait », le blond avait vite oublié les formes pour réclamer son retour. Mais le sang pur n'était pas stupide au point de vouloir exercer sur lui un quelconque chantage - et, heureusement, il ne lui avait jamais parlé de ses projets pour Potter. Il avait bien plus à perdre que Severus. Sa réputation, gagnée ces dernières années, de « petit génie des potions », par exemple…
Pourquoi personne n'avait pensé à Severus Rogue à ce moment-là ? Seul Albus, et Voldemort, avaient vraiment connu, sans exagérer, toute l'ampleur du talent qu'il possédait en la matière. Et peut-être Minerva mais il n'en avait jamais été certain.
Toutefois, au fil des semaines, Draco avait semblait-il cette fois compris le message. S'il ne voulait pas voir son empire s'écrouler, il devait trouver d'autres marchés voire se décider à cesser de déléguer toutes les tâches difficiles aux autres.
En dépit de tout, le maître des potions se surprenait de plus en plus souvent à apprécier sa vie au château. Plus grave, il avait parfois l'impression qu'il réagissait de manière parfaitement naturelle avec Potter, sans arrière-pensée. Presque comme-ci, à certaines périodes, la place que le jeune sorcier avait aujourd'hui était parfaitement légitime… C'en était passablement dérangeant.
Mais il n'allait pas abandonner ses projets pour de si insignifiants détails. D'autant plus que, si tout se déroulait bien dans l'élimination du gosse, rien ne l'empêcherait de rester à Poudlard le temps qu'il le souhaitait. Comme en cet instant.
Severus était installé à la table des professeurs, son cadet à sa gauche, et consommait sa part de tarte aux pommes tout en l'observant. Le brun avait le regard perdu vers les élèves.
Ce n'était pas la première fois que l'ex-mangemort s'en faisait la remarque mais la situation n'en restait pas moins ironique. Celui-qui-avait-survécu était revenu dans cette école pour échapper aux « dangers » de l'extérieur et il s'était décidé à le tuer lorsqu'il avait appris qu'il y avait été engagé comme professeur de DCFM.
Dans la propre survie même du maître des potions, il y avait de l'ironie. Il avait failli disparaître à cause de Potter et il avait surmonté la souffrance, survécu, dans le but de se venger de ce même héros de pacotille.
Bien sûr, à la base, il n'avait songé qu'à le blesser d'une façon ou d'une autre, dans sa fierté ou sa réputation, d'une manière brutale et qu'il ne pourrait pas oublier. Puis, peu à peu, surtout à partir du moment où il avait retrouvé une mobilité normale, Severus avait choisi de mettre de côté cette décision qui, comme Albus lui en aurait certainement fait la remarque, ne lui faisait pas honneur. Mais sa réapparition à Poudlard avait été de trop. Un affront de plus, comme pour son père, une nouvelle façon de lui montrer que LUI était capable d'atteindre ce qu'il lui avait toujours échappé. Et la certitude que tant que Potter vivrait lui ne pourrait pas réellement mettre un trait sur son passé - et vivre – s'était ancrée en lui.
Le jeune sorcier se tourna vers lui et il espéra avoir masqué à temps tous les sentiments bruts qui avaient commencé à refaire surface.
Oui, il haïssait toujours Harry Potter.
Lorsque Potter lui adressa la parole, il parvint pourtant à garder son ton habituel. Et même à plaisanter avec lui.
Son dessert terminé, Severus le suivit jusqu'à ses appartements, se demandant vaguement ce qu'était ce dont il avait besoin de lui parler. Mais en cette soirée, l'attitude du gryffondor était pour le moins dérangeante : il était nerveux et l'étudiait avec trop d'attention à son goût.
L'ancien espion ne broncha pourtant même pas, mais ne modéra que difficilement son ton lorsqu'ils échangèrent à nouveau quelques mots.
Rester impassible lui fut cependant au-delà de ses forces lorsqu'il entendit Potter s'excuser.
Mais que s'imaginait ce gosse arrogant ? Que de simples mots étaient suffisants pour effacer toutes les conséquences de ses actes ?
Severus laissa échapper en quelques mots un peu trop impulsifs ce qu'il pensait de ses excuses mais, avant qu'il n'aille trop loin, il se reprit. Peu importe sa colère, tant parce qu'il n'avait pas prévu ce comportement que parce qu'il se sentait terriblement insulté de voir réduit toutes ses souffrances à trois mots d'excuses, il ne devait pas agir inconsidérément.
- Vous devriez cesser de vous prendre pour le centre du monde, parvint-il à déclarer avec plus de calme, je vous rappelle que toute cette mascarade n'avait que pour unique but de permettre d'accomplir ma mission, Harry.
C'était ce qu'Albus avait prévu. Seulement, il doutait fort qu'il ait pu imaginer comment l'enfant chéri du monde sorcier enchaînerait par la suite décisions inconscientes et erreurs dramatiques. Oh oui, le résultat était là mais le prix qu'il avait dû en payer était trop lourd pour le maître des potions.
Sa remarque, un rien sarcastique, sembla néanmoins le convaincre.
Il attendait, dos à la porte, que le plus jeune se décide à parler, fixant les yeux verts qui l'observaient toujours avec attention. Il n'aurait pas été ce qu'il était, il se serait sans doute sentit mal à l'aise devant ce regard un peu trop pénétrant.
- Je suis désolé, Severus.
Il crût percevoir une intonation nouvelle dans sa voix mais qu'il ne parvint pas à identifier.
Quand Severus le vit s'approcher, pourtant, sa respiration se bloqua. Ce qu'il voyait sur son visage était du désir pur et simple.
Potter avec de telles intentions envers lui.
Il était trop choqué par le ridicule et le surréalisme de la situation pour réagir.
Malgré tout, le gryffondor sembla soudain se rendre compte de son comportement puisqu'il rougit d'une manière tout à fait significative.
Ce fut suffisant pour qu'il réagisse à son tour et quitte les quartiers du survivant sans un regard en arrière.
Comment devait-il interpréter ce qu'il venait de se produire ?
Une telle… chose n'aurait JAMAIS dû être sur le point de se réaliser ! Ce gosse – car c'était bien un gosse – n'avait pas à croire qu'il pouvait se permettre un tel comportement si… si offensant sans qu'il n'en ait à en subir les conséquences immédiates !
Et il n'avait rien fait. Rien de plus qu'afficher sa surprise et son trouble…
Pourquoi n'avait-il rien fait ?
Il ne pouvait bien sûr que se féliciter de ne pas avoir réagit de façon trop impulsive ou violente mais il savait pertinemment qu'il n'avait absolument pas songé à ses plans à ce moment-là. Et il détestait cette idée.
Pour la première fois depuis qu'il avait mis les pieds à Poudlard, Severus se sentait indécis. De nouvelles perspectives s'ouvraient devant lui mais il avait la désagréable impression que d'autres choix se refermaient sous ses pas.
Ce soir-là, il ne ferma pas l'œil de la nuit.
A suivre…
Voilà donc ce que donne cette première partie centrée sur Severus... Bon, on en ai encore au stade où Severus le considère encore comme "Potter" donc... euh... ça peut pas encore être le grand amour (rappelez-vous ! (XD))
Sinon, pour précision aussi : lorsque les différentes parties du chapitre 29 seront postées, il ne restera plus qu'un chapitre séparé en 2, l'un pour le lemon (non, je n'ai pas oublié, lol!), et qu'il ne sera pas indispensable de lire pour la bonne continuité de la fic aussi... et puis la partie "épilogue" :')
Sur ce, à la semaine prochaine !
