Dumbledore était vraiment inquiet pour la première fois de toute sa vie. Il y avait trop d'inconnues et aucun moyen d'anticiper les attaques de l'ennemi. Le plus gros problème, c'est que tout reposait sur des enfants et un homme blessé et perturbé par ses vieux démons. Cette fois, il ne pourrait leur être d'aucune aide. Ils évoluaient dans un domaine qui ne lui était vraiment pas familier. Brandissez étendards et sonnez trompettes, le Grand Dumbledore est impuissant face à la tempête!

Il était perdu dans ses pensées, quand Minerva Mc Gonnagal entra dans son bureau. Voyant son air soucieux, elle ne dit mot et attendit patiemment qu'il remarque sa présence. Mais après plusieurs minutes, il ne sembla toujours pas la remarquer. Elle se décida à s'approcher de lui et posa sa main sur son bras.

-Professeur ? dit-elle. Vous allez bien ?

Il se retourna surpris. Cela faisait bien longtemps qu'elle ne l'avait appelé ainsi. La dernière fois remontait à l'époque où il était son professeur en septième année. Il plongea son regard dans celui de son ancienne élève. Il se remémora la jeune femme qu'elle était alors avec nostalgie. Si sérieuse, si brillante. Il se rappela la lutte incessante qui s'était jouée en lui au moment ou il s'était épris de cette enfant au caractère bien trempé.

-Vaut-il mieux avoir des regrets ou des remords ? demanda- t'il brusquement.

Surprise par la question, elle ne sut d'abord que répondre, puis, avec un sourire elle dit :

-Je crois que les remords sont moins douloureux que les regrets ! Il vaut mieux s'en vouloir pour une chose que l'on n'aurait pas du faire que de se torturer pour une chose que l'on n'a pas faite !

-Toujours aussi éclairée, Minerva ! dit-il avec un triste sourire. Tu n'as pas changé malgré les années.

-Dites-moi, Albus ! dit-elle en se rapprochant. Quel est votre regret ?

Le vieil homme posa sa main sur sa joue dans un geste tendre.

-C'est de ne pas t'avoir aimer quand il en était encore possible.

Minerva lui fit son plus beau sourire et dit avec émotion :

-Etre auprès de toi durant toutes ses années à été mon plus grand bonheur, Albus. Et elle déposa un léger baiser sur ses lèvres. Il l'enlaça alors tendrement et dans un souffle lui dit :

-Pardonnes-moi d'avoir été le plus grand imbécile de tous les temps.

Drago cherchait Harry depuis une demi-heure quand il se souvint qu'il devait encore se trouver dans la salle sur demande. Quand il entra dans la pièce, son cœur manqua un battement. Son ami était étendu aux côtés de la jeune Weasley. Cette image était digne d'une tragédie de Shakespeare. Il s'approcha doucement pour ne pas l'effrayer et s'agenouilla. Harry dormait à poing fermé, mais son visage exprimait sa douleur intérieure. Malfoy resta alors silencieux, observant le couple endormi, la gorge serrée et des larmes glissant lentement sur ses joues. Il se sentit soudain honteux de son bonheur avec Kara. Il pris la main de Ginny et chuchota :

-Pardon.

Séverus venait de sortir de l'infirmerie. Il devait prendre l'air. Voir Hermione dans cet état était au-dessus de ses forces. La culpabilité le rongea de nouveau. C'est le cœur lourd que ses pas le menèrent près du lac. Il observa l'étendue placide, ne sentant pas la morsure du vent de décembre. Dans deux jours, les élèves allaient fêter Noël. L'air avait une odeur de neige. Il ferma les yeux et laissa échapper un soupir douloureux. C'est alors qu'il sentit comme une présence derrière lui, mais contre toute attente, il ne se retourna pas.

-Si j'étais un ennemi, vous seriez déjà mort, Professeur ! dit une voix masculine.

-Croyez-moi, c'est bien le cadet de mes soucis ! Que me vaut l'honneur de votre visite ?

-Je voulais vous parler !

-Vraiment ! Et de quoi ?

-D'Hermione et de vous !

Séverus se retourna pour voir son interlocuteur. Il afficha un sourire méprisant.

-Décidément, même mort, il faut que vous vous mêliez de ce qui ne vous regarde pas ! C'est un très vilain défaut qu'il faudra corriger Weasley !

-Vous, votre défaut c'est vos sarcasmes, Professeur ! Mais comme vous le dites si bien, je suis mort et il est trop tard pour changer.

-Ca fait quel effet ?

Le fantôme de Ron afficha un air surpris. Rogue poursuivit.

-Je veux dire, mourir ! Ca fait quel effet ?

-C'est étrange ! Douloureux sur le coup et puis plus rien, le vide ! C'est après, quand la conscience revient que tout est différent. On se sent bien, apaisé et serein.

-Ca n'a pas l'air si terrifiant finalement.

Ron eu un sourire énigmatique. Il observa Rogue et vit à quel point son visage était marqué par la fatigue et la douleur. Cet homme était au bord du gouffre, près à sauter.

-Elle a besoin de vous ! dit-il avec douceur. Je ne sais pour quelle raison c'est vous qu'elle a choisi, mais vous ne devez pas baisser les bras. Les jours à venir vont être éprouvants et elle aura besoin de votre présence. C'est votre amour et votre soutien qui lui permettront de se battre. Harry aussi aura besoin de vous. Je ne peux rien pour eux à présent, alors faites le pour moi Séverus !

-Vous êtes bien impertinent Weasley !

-Je suis mort.

-Je sais et j'en suis désolé. Ne vous méprenez pas ! C'est pour Hermione et Harry que je le suis !

-N'ayez crainte ! Je ne vous apprécie pas plus que vous, mais maintenant ça n'a plus la moindre importance. J'ai accompli ma mission, je peux repartir.

-Et quelle était votre si grande mission ? demanda Séverus sarcastique.

-Vous sauver ! Ron disparut lentement avec un énorme sourire moqueur affiché sur le visage.

Il ne resta plus que le vent glacial qui sifflait dans les branches des arbres. Rogue observa un instant l'endroit où se trouvait le rouquin juste avant et se retourna vers le lac. Il hésita et reparti en direction du château. C'est avec un léger sourire qu'il souffla :

-Merci !

Aïgon était dans un état de rage indescriptible. Sa Déesse avait disparu et les Mangemorts n'avaient rien remarqué.

-MALFOY !

Lucius se précipita auprès de son nouveau maître. Il s'inclina et ne croisa pas son regard. Il craignait cet homme comme jamais il n'avait craint Voldemort.

-Qu'y a t'il, Seigneur ?

-Tes hommes sont des incapables ! Ils ont laissé filer mon trésor ! Tu es mon second, c'est à toi de les punir, fait un exemple marquant !

-Cela sera fait selon vos ordres !

-Autre chose ! Quand est-il de la mission que je t'ai confiée ?

-Elle est en bonne voie, mon Seigneur. Les derniers points sont en cours et devraient dépasser vos espérances. Il n'y a qu'un seul problème, le sujet n'est pas très coopératif et je crains que l'imperium ne soit suffisant et surtout que cela finisse par le rendre inutile.

-Je vois ! Je vais m'en charger ! Tu peux te retirer !

-Bien, Seigneur !

Lucius sorti de la salle en direction des quartiers des Mangemorts. Il les convoqua tous au grand complet !

-Notre Maître est extrêmement désappointé par votre incompétence ! Cela est très fâcheux ! Je vais devoir faire un exemple afin que ce genre de désagrément ne se reproduise plus !

Il leva sa baguette et lança un Sectumsempra sur l'homme le plus proche. Une horrible entaille le traversa de part en part. L'homme hurlait de douleur. Malfoy lui lança alors un puissant Doloris. La victime s'agita brusquement sous cette nouvelle torture, ce qui eu pour effet de le vider de son sang par jets violents. Son agonie sembla durer une éternité, puis il lâcha un dernier râle et mourut.

-Sachez tous que si le Maître est de nouveau insatisfait, je serais moins clément la prochaine fois. Jetez ce détritus et reprenez votre travail !

Il sortit avec un rire de dément. Pour marquer les esprits, il pouvait être fier ! Ses hommes ne risqueraient pas d'oublier !

Elle flottait. C'était comme si elle baignait dans une douce et chaude lumière. Elle ne savait pas où elle se trouvait, mais ça n'avait pas la moindre importance. La douleur avait disparue.

-Hermione! Tu m'entends ?

-Ron ? C'est toi?

-Oui!

-Mais tu es mort ! Ca veux dire que moi aussi ?

-Non ! Je suis venu te dire de te battre, de ne pas abandonner.

-C'est trop tard ! Il est en moi !

-Je sais, mais tout n'est pas perdu. Tu peux encore changer les choses !

-Comment ? Je sais que si j'avorte, ça me tuera !

-Je ne sais pas comment. Mais je suis persuadé que tu trouveras la solution. Comme toujours !

-Tu me manque !

-Toi aussi ! Allez petite Mione, réveille-toi ! Il t'attend !

-Est-ce que je te reverrais ?

-Je ne pense pas, à moins que ce ne soit dans une autre vie. Adieu, je t'aime !

-Adieu ! Moi aussi !

La présence de son ami ne se fit plus sentir. Un grand froid l'envahit.

-Comme s'est touchant !

-Qui est là ?

-Voyons, tu ne le sens pas, Maman !

-NONNNNNNNN !

Elle s'éveilla brusquement pour se retrouver dans deux bras qui la serrèrent fortement. Elle reconnut ce parfum si familier.

-Séverus ! souffla-t'elle.

-Oui, mon cœur ! Calme-toi, je suis là !

Elle ne put retenir un sanglot douloureux.

-Pardon, je suis désolée ! J'aurais dut t'écouter, mais je voulais tellement…

-Chut. Dit-il en l'embrassant sur la tête. Ce n'est pas ta faute. On va s'en sortir et trouver une solution. Je t'en fais la promesse.

Elle releva la tête, les yeux baignés de larmes.

-Séverus, je…

Elle ne put continuer, car il avait déjà pris possession de ses lèvres en un tendre baiser. Il se doutait de ce qu'elle allait dire, mais il savait que s'était sous le coup des émotions dues aux épreuves qu'elle venait de subir. Il rêvait d'entendre ces mots, mais pas maintenant, pas comme ça. Son baiser devint plus passionné, goûtant à cet instant d'éternité avec volupté.

Il se détacha lentement de son amante et dit :

-Tu m'es revenue, c'est tout ce qui compte !

-Oui, c'est tout ce qui compte ! reprit-elle avec un sourire.

Aïgon marchait dans un couloir sombre. Il s'arrêta devant une porte et l'ouvrit lentement. La pièce était petite et plongée dans la pénombre. Une odeur infecte de sang séché et d'excréments s'en dégageait. Il porta la main à sa bouche avec dégoût. Au fond, il pouvait voir une forme recroquevillée.

Aïgon entra plus en avant, poussa la forme du pied, la chose gémit et se redressa avec difficulté.

-On m'a rapporté que vous n'étiez pas très coopératif. Dit le Prince des Ténébrions. Vous me décevez, je vous pensais plus intelligent ! Cela me fait de la peine, mais je vais devoir y remédier. Je crains que ce ne soit très douloureux. Vous ne répondez pas ? Soit, faites comme bon vous semble ! Je sens que je vais bien m'amuser ! A nous deux monsieur Longdubas !

La porte se referma violemment.