Je suis vraiment désolé de tous vous avoir fait attendre si longtemps, mais j'ai déménagé il y a deux semaines, j'avais plein de magasinage à faire avant et après et des boîtes à faire et défaire entre le travail et tous le reste. Donc je n'ai pas eu une minute à moi assez longtemps pour m'arrêter à écrire. J'espère que vous comprenez et m'en voulez pas trop.
Bonne lecture et je vous promets que la suite suivra plus régulièrement.
Kiana
Chapitre 29 : Qui est pris qui croyait prendre.
Allen, Luhm, Gadess et Merle se rendirent à l'accès des passages secrets du château le plus près des cellules. Van n'avait évidemment pas disposé une telle sortie juste à la porte des cellules. Mais une sortie menait tout de même au sous-sol du château. Ils auraient un long corridor à parcourir avant d'atteindre un tournant après lequel, ils seraient à quelques mètres de la porte métallique derrière laquelle se trouvait la salle des cellules. Grâce à Hitomi, ils savaient que deux gardes les y attendraient.
Allen jeta un dernier regard à ses compagnons, chacun d'eux hocha la tête pour lui signifier qu'il était prêt. Le chevalier actionna l'ouverture du passage donnant sur le sombre corridor, il jeta un œil, personne en vue. Il sortit de leur cachette rapidement suivi des trois autres. Si proche des cellules, des gardes devaient patrouiller régulièrement surtout avec un prisonnier aussi important. Allen et Gadess ouvraient la voie, épée en main, près à réagir. À chaque porte ou corridor perpendiculaires, l'un des deux jetait d'abord un coup d'œil avant de faire signe aux autres de continuer. Ils furent très chanceux d'arriver au bout du corridor sans embuche.
Il s'arrêtèrent un bref moment contre le mur avant de tourner le coin qui les exposerait aux deux premiers gardes. Ils devraient agir vite s'ils ne voulaient pas qu'ils alarment les gardes à l'intérieur et se retrouver avec six gardes sur les bras en même temps.
Allen compta silencieusement jusqu'à trois avec Gadess. À trois, les deux hommes se précipitèrent en simultané dans le corridor. Ils franchirent la vingtaine de pas qui les séparaient des gardes à une vitesse folle. Pris par surprise, après deux heures d'inactivité totale, les deux gardes eurent tout juste le temps de sortir leur épée pour se défendre. Allen et Gadess parèrent habilement l'attaque de leur adversaire respectif, et promptement, en quelques coups d'épée, ils réussirent tous deux à assommer violemment les deux gardes. Ils n'avaient aucune envie de leur faire de mal, ils s'agissaient de deux braves Fanaliens qui faisaient simplement leur travail.
Une fois les deux gardes maîtrisés, Merle et Luhm vinrent rejoindre Allen et Gadess. Luhm attacha rapidement les mains et les pieds des deux gardes assommés, au cas où ils se réveilleraient avant leur départ. De son côté, Merle se dépêcha de fouiller les poches des gardes afin de mettre la main sur la clé de la porte. Elle la dénoua de la cordelette qui la rattachait au pantalon du garde et se retourna vers la porte, prête à la débarrer et l'ouvrir au signal. Avant d'agir, ils avaient prévu le rôle de chacun. C'était à elle d'ouvrir la porte. Allen et Gadess se précipiteraient ensuite dans la salle à l'assaut des quatre gardes, Luhm suivrait juste derrière et leur prêterait main forte. Il n'avait pas leur talent à l'épée, mais savait tout de même se défendre. Allen et Gadess se retrouvant à un contre deux, la présence de l'homme-loup ne serait pas négligeable. Merle, elle, avait une mission toute autre, elle devait localiser la clé de la cellule de Van le plus rapidement possible et le sortir de là au plus vite. Elle portait une épée supplémentaire en bandoulière pour Van lorsqu'il serait libéré pour qu'il se joigne à ses compagnons lorsqu'ils prendraient tous la fuite.
Allen fit signe à Merle d'ouvrir la porte. La femme-chat tourna la clé et ouvrit violemment la porte tout en se glissant de côté afin de laisser la voie libre aux deux épéistes. Allen et Gadess entrèrent en trompe dans la salle, prêts à se battre contre les quatre gardes présents. Luhm les suivi aussitôt. Mais tous les trois restèrent perplexe en se retrouvant dans la salle, car aucun garde ne s'y trouvait. Merle fut également surprise, mais s'élança en moins de deux vers la deuxième cellule à droite. Elle poussa le panneau de bois cachant la cellule, mais celle-ci également était vide.
« Qu'est-ce que ça veut dire? » Demanda Luhm.
« Je ne sais pas, mais j'ai un mauvais pressentiment. Vaut mieux ne pas traîner ici. » Avoua Gadess.
« Il a raison, s'il n'est pas ici, c'est qu'ils l'ont déplacé et donc qu'ils s'attendent à ce que l'on viennent. » Affirma Allen.
Il croyait prendre le faux roi par surprise, mais tout portait à croire que c'est eux qui s'étaient fait prendre. Ils devaient partir au plus vite et espérer qu'il ne soit pas déjà trop tard. Gadess sortir le premier, les trois autres sur les talons, mais ils n'allèrent pas très loin, à chaque extrémité du corridor, deux groupes importants de soldats leur coupaient toute retraite. L'usurpateur avait préparé un piège pour eux et ils étaient tombés droit dedans.
Merle, derrière les trois hommes, comprit aussi vite qu'eux qu'ils n'avaient aucune chance de réussir à se sauver face à tous ses gardes, où du moins y arriver tous les quatre. Face à des soldats armés, elle n'était peut-être pas de taille, mais elle était loin d'être dépourvue de ressource. Elle était plus petite et plus agile qu'eux. Si l'un d'eux réussissait à se glisser hors de ce piège, ce serait elle. Allen devait avoir eux le même genre de résonnement, car il tourna la tête vers Merle.
« Nous ne devons pas tous être capturés. »
Merle hocha la tête pour lui faire comprendre qu'elle suivait et approuvait son résonnement.
« Tenons-les le plus occupés possible. » Dit-il à l'intention de Gadess et Luhm. « Le reste est entre tes mains. » Termina-t-il pour Merle.
Tous les gardes connaissaient évidemment Allen Schezar, excellent épéiste et compagnons de Van durant la guerre. Ils connaissaient aussi Gadess, car ce dernier venait à l'occasion s'entrainer avec les soldats lorsqu'il accompagnait Allen à Fanalia pour rendre visite à Van. Aucun des soldats présent ne les sous-estimaient, ils avaient beau être en infériorité numérique, ils pouvaient tout de même leur poser quelques problèmes.
Allen et Gadess se lancèrent à l'assaut du côté par où ils étaient venus plus tôt. À chaque coup d'épée, ils tentèrent d'avancer un peu plus entre les gardes. Ils se retrouvèrent bientôt tous les trois encerclés et un peu séparés, mais de cette façon, ils attiraient l'attention de plus de garde sur l'un d'eux.
Merle, qui était restée en retrait un instant près de la porte, constata que les gardes à l'autre bout du corridor commençaient à avancer vers elle. Elle devait partir et maintenant. Elle courut dans le corridor vers ses compagnons, et se faufila d'abord entre les jambes des combattants. Un garde tenta de lui barrer la voie, mais Gadess l'assaillit d'une série de coup d'épée qui le força à se concentrer sur lui, laissant Merle poursuivre sa route. Elle arriva finalement au tournant et à l'aide d'un agile saut contre le mur, évita l'un des gardes qui avait tenté de se lancer sur elle pour l'attraper. Elle réussit tant bien que mal à traverser la zone de combat. L'euphorie d'avoir réussi l'encouragea à courir encore plus vite dans le corridor pour s'éloigner du danger. Deux gardes se lancèrent à sa poursuite. Ils étaient beaucoup trop près d'elle pour lui permettre de s'arrêter et actionner l'ouverture du passage secret avant qu'ils la capturent. Elle continua donc sa course à travers les corridors. Elle connaissait le château comme sa poche, elle pourrait très bien se trouver un autre accès pour fuir le château, elle devait d'abord semer les deux gardes.
Merle continua sa course folle jusqu'à l'escalier, où au lieu de monter, elle se jeta sous les marches, espérant ne pas être vue. Elle était juste assez petite pour s'y glisser sans être vu dans la pénombre. Les gardes n'y virent que du feu et la poursuivirent à l'étage. Merle resta cachée un moment et lorsqu'elle n'entendit plus un bruit de pas, sortie de sa cachette et se rendit à l'entrée des passages secrets la plus proche qu'elle connaissait. Elle ne se fit par contre pas d'illusions. L'existence des passages secrets devait maintenant être connue. Ils finiraient pas en découvrir certaines entrée et s'y cacher n'était plus aussi sécuritaire. Elle se dépêcha donc de quitter le château et retourner en ville. Elle devait prévenir les autres que le plan n'avait pas marché comme prévu. Ils n'avaient pas réussi à sortir Van de là. Hitomi, Allen, Gadess et Luhm étaient maintenant aussi à la merci de l'usurpateur. Cependant, l'information la plus importante qu'elle détenait et devait transmettre était la tenue du mariage pour le lendemain midi, beaucoup plus tôt qu'ils l'avaient prévus.
Dans une section du château peu utilisé, une porte était pourtant lourdement gardée par plusieurs gardes. De l'autre côté, dans un petit salon, plusieurs gardes surveillaient un prisonnier qu'on y avait amené un peu plus tôt. Le roi s'attendait à une tentative de sauvetage de la part de compagnons du prisonnier. Il l'avait donc fait transférer de sa cellule à ce salon où personne ne s'attendrait à le trouver. Les gardes ne devaient pas quitter Oram, le kidnappeur de la future reine. Évidemment, aucun d'eux n'aurait pu croire que derrière ce visage ce cachait en fait leur roi légitime. L'usurpateur avait d'ailleurs demandé à ce qu'on le bâillonne, ainsi, il ne pourrait pas révéler quoi que ce soit à ses propres soldats.
Van n'en voulait à aucun d'eux personnellement. Lui-même n'aurait jamais cru possible qu'on vole ainsi le corps de quelqu'un. Cependant, convaincre ses gardes de qui il était n'était pas son principal souci présentement. On l'avait sorti de cellule peu de temps après qu'il ait appris la reddition d'Hitomi. On ne lui avait pas clairement exposé les raisons de ce changement de décor, mais il n'était pas dur de la déduire. Il craignait qu'on vienne le sauver. Van avait d'abord cru qu'Hitomi s'était livrée seulement pour lui éviter la mort. Il aurait sans doute fait la même chose pour elle, même s'il lui en voulait d'avoir fait une telle chose. Cependant, si son sosie craignait qu'on tente de le secourir, lui, il se devait d'y croire. Malheureusement, à cause de l'intervention du faux roi, si ses amis tentaient vraiment de le libérer cette nuit, ils tomberaient directement dans un piège et, lui encore une fois, il ne pouvait rien faire pour l'empêcher.
