J'espère que ce que vous vous rappelez bien de ce qui s'est passé dans la première partie de ce chapitre, qui en comporte trois. Désolée de vous avoir fait attendre trop longtemps, mais j'ai beaucoup de boulot en ce moment. N'hésitez pas à relire la première partie si quelque chose vous paraît nébuleux.
Chapitre vingt-sept :
L'affaire sordide du rouleau à pâtisserie tueur avec des plantes carnivores, des nounours étouffants et le clone de Zorro, le tout mâtiné de meurtre, de littérature, et d'un mec qui ose tout enlever, sans parler de L'odyssée de l'extase de Stanley Lubrique et de la réincarnation de Bianca Castafiore et qui implique aussi de l'Agua de Valencia, un fouet et la canne-serpent de Lucius, ainsi qu'une secte de cosmétiques sorciers...et ça fait de la mayonnaise!
Partie B
—Me demande un truc, Chuchota Alita alors que sa marraine cheminait dans l'allée.
—Oui? Sourit Remus, interpellé.
—Pourquoi Teddy est un bébé?
Remus se mordit la lèvre, près de lui, Tonks avala sa salive. C'était une question sensée: Teddy était supposé être un adolescent.
—Mais...tu sais...Bafoua Remus, Les pouvoirs de métamorphmages et tout ça...
—Ah? Ça peut faire qu'on est un bébé?
—Bien entendu! Dit Tonks avec le plus d'aplomb possible dans la voix.
Alita détourna la tête. Le couple échangea un regard soulagé.
Hermione s'installa à la tribune. Il y eut plusieurs exclamations dans le public: elle avait un énorme bandage sur le coin de la tête.
—Mais qu'avez-vous donc ? La questionna Morcol.
—Ça ? Dit-elle en désignant la blessure, Je ne sais pas.
—Vous ne savez pas ?
—Non. Je me suis réveillée à l'infirmerie comme ça. A l'évidence, j'ai reçu un choc violent sur la tête, qui m'a fait saigner apparemment, et j'ai perdu connaissance. Je ne sais pas très bien ce qui m'est arrivé, mais cela a du effacer quelques secondes de ma mémoire immédiate. Je me rappelle seulement que juste avant, j'étais avec Emy Douçamère, et on combattait quelqu'un qui la menaçait, mais c'est tout.
—Racontez-nous votre journée, s'il vous plait.
~RECIT D'HERMIONE~
Et bien, ce matin, j'étais avec Blaise Zabini chez les Lovegood, et il voulait que je l'accompagne chez Fleury et Botts pour présenter son manuscrit.
Comme si, moi, Hermione Granger, j'allais refuser d'aller dans une librairie!
Mais avant que nous ne partions, nous eûmes droit à un spectacle pour le moins ridicule, comme il fallait s'y attendre puisque Neis Darling y était impliquée. Mr Lovegood s'était plu, pour nous divertir, à vider son grenier et y avait déniché notamment un vieux piano qui sonnait comme une casserole. Les services d'un accordeur ne seraient pas du luxe ! Malgré tout, notre hôte s'est amusé à joué des musettes sur les touches élimées.
Les deux soi-disant musiciens de la maison ont parus vaguement intéressés, bien que les claviers ne soient pas leur tasse de thé, l'un étant bassiste et l'autre batteur. Mais leur chère et tant adorée chanteuse Neis eut une réaction pour le moins agressive envers l'instrument : dès qu'elle entendit les premières notes de Mr Lovegood, elle fit une grimace qui, combinée avec son maquillage de péripatéticienne, donnait à son visage l'aspect d'un masque de carnaval.
—Certes, ce piano est désaccordé, Admis-je, Mais ce n'est pas pour autant une musique désagréable…
—Ça a même un certain charme, ce goût d'usure du bois, Ajouta Emy Douçamère, l'écrivaine tordue.
—Ce n'est pas ça, Répliqua Neis, Je ne supporte pas le son du piano, c'est tout !
Elle plaqua ses mains sur ses oreilles et ferma les yeux, crispa sa mâchoire.
—A ce point-là ? M'étonnai-je, Qu'est-ce que tu as contre cet instrument ?
—Tais-toi !
—Je vois…Tu n'aimes que les guitares saturées et les types qui hurlent comme des gros veaux dans leurs micros en secouant leurs cheveux longs et sales, c'est ça ? Le piano, c'est pas assez trash, alors tu n'aimes pas !
—La ferme, tu es entrain de parler sans savoir !
—Ben voyons, je te vois bien dire « le hard rox c tro cool, lol, mwa jème ke le deaf metal le piano c pour les nuls ! »
—C'est pas vraiment ça !
—Toi qui es supposée être chanteuse, tu devrais vraiment penser à élargir ta culture musicale, t'intéresser à tous les genres, et pas seulement aux trucs gothiques…
—Mais tu vas te taire ?
—Oh, oui, toutes mes excuses, j'avais oublié que les adolescentes considéraient toute remarque constructive comme une insulte à leur petit égo de…
Mais avant que je n'aie fini de lui dire ses quatre vérités, elle s'était levée et marchait d'un pas furieux vers le piano.
—Mr Lovegood, voulez-vous bien me céder votre place ?
—Euh, bien sûr, Neis, je t'en prie…
—Attention, la gothopouffe va nous jouer Twinkle Twinkle Little Star (1) en n'utilisant que son index, Railla Manu, un aventurier goguenard et mal rasé.
Neis s'installa sur le tabouret, étira ses longs doigts en les faisant craquer, et nous joua un morceau classique visiblement très compliqué, de Bach ou quelque chose comme ça. Ses mains voletaient sur le clavier aussi légères que si elle avait des fils d'araignée accrochés aux doigts depuis le plafond. Ça aurait pu être parfait si elle avait daigné sourire, mais je pense qu'elle en est tout bonnement incapable.
A la fin, tout le monde applaudit.
—Tu joues vachement bien ! Blasphéma Hal, le type dont Harry vous a déjà parlé.
—Ça, Dit-elle en me narguant, C'est sept ans de cours de piano ! Ma mère voulait être une grande musicienne, mais elle n'y est jamais parvenue, alors, elle s'est vengée sur moi et m'a inscrite à des cours de musique quand j'étais trop jeune pour comprendre la torture que j'allais subir ! Je joue du piano depuis que j'ai huit ans, et j'ai commencé à étudier le solfège quand j'en avais six, sans parler des cours d'éveil musical depuis que j'en ai trois! Attendez, je m'échauffe avec quelques vocalises et puis je vous entonne La flûte enchantée !
Elle appuya sur la touche du la pour se donner le ton et puis s'exécuta, pour notre plus grand malheur.
—Moi aussi, j'aime les flûtes, Susurra Emy la dingue, Les flûtes à champagne, surtout !
Et elle partit dans un petit rire, fière de sa feinte. Pendant ce temps, Neis continuait à s'égosiller, comme si on lui avait greffé des cordes vocales de chauve-souris.
—Ça suffit, la Castafiore ! Tu vas casser tous les objets en verre avec tes vagissements de harpie !
Ça la fit taire. Elle me regarda de manière mauvaise.
—Toi qui es si intelligente et cultivée, ouvre un peu un manuel d'acoustique, et tu verras que c'est impossible, car pour briser un verre, il faut produire un son de même fréquence que le verre, pour avoir la même oscillation des ondes, avec en plus un volume colossal. Or, la voix humaine contient plusieurs fréquences combinées et l'énergie se répartit sur une bande de fréquences plus large au lieu de se concentrer sur une seule comme le ferait un générateur. Donc, pas possible, voilà.
Je rêvais : cette cruche peinturlurée me donnait des leçons de physique !
—De toutes façons, j'ai décidé que je ne voulais plus faire ce genre de musique, je suis fâchée avec le classique, là, c'était juste pour vous montrer et faire fermer sa gueule à cette espèce de conformiste qui se croit plus maligne que tout le monde ! Sinon, j'en ai eu marre de ma conne de mère et de son éducation tyrannique ! C'est pour ça que maintenant je suis goth et que j'écoute autre chose, ça m'a permis d'accéder à la liberté !
—Il y a pourtant le symphonic metal qui existe, Objecta Cius, un homme défiguré, décoloré et déprotéiné, Vous savez, ce genre qui combine hard rock et musique classique…
—Ouais, mais c'est pas pareil…Et puis j'aime moins…
—C'est bien ce que je pensais, Dis-je, Elle veut juste faire sa petite rebelle !
—Mais…
—Ta mère était peut-être sévère, mais ce que tu as appris durant toutes ces années n'est pas perdu ! Tu ne devrais pas renier ça !
—Rien à foutre, je fais ce que je veux, espèce d'emmerdeuse !
—Rho, ben, si c'est comme ça, reste comme ça, tant pis pour toi !
Je fis signe à Blaise qu'on s'en allait, alors que Hal interpellait la cantatrice chauvine.
—Dis-moi, Neis, tu aimes le flamenco ? Parce que ça, c'est pas de l'opéra…c'est pas très rock'n'roll non plus, mais c'est la musique caliente du sud ; et puis moi, je peux t'apprendre, si tu veux…Chica chica chica ay ay ay ayaya mamaaaa ay ay ayaaa!
—Maricón !
C'était vraiment trop peu pertinent, alors nous avons hâté le pas vers la sortie, croisant Harry qui était encore de bonne humeur pour l'heure. Mais nous décidâmes de partir au plus vite pour la librairie et nous n'eûmes pas le temps de discuter plus longtemps avec lui.
Une fois arrivés sur le Chemin de Traverse, nous avons gagné Fleury et Botts et avons demandé au libraire si selon lui, il y avait des chances pour que le livre de Blaise se vende. Celui-ci accepta chaudement de lire quelques passages pour en savoir plus et invita Blaise à venir avec lui dans l'arrière-boutique. Pendant ce temps-là, on me confia la surveillance des lieux, ce qui me remplit de joie.
La librairie pour moi toute seule ! Yiiiihaaa !
Je restai un moment à humer le parfum de parchemin neuf, à dévorer des yeux les couvertures reliées et à caresser les pages, quand je tombai sur un trio de clientes dont je me serais bien passée.
—Miss Granger, vous ici ?
—Rien d'étonnant, professeur, cette nana aime trop les bouquins, j'parie qu'elle passe ses vacances ici comme d'autres vont à la plage…
Je contemplai non sans mécontentement la triade en me sentant passablement étonnée de les voir là. Enfin, je me suis rappelée qu'en fait elles savaient lire, que deux d'entre elles avaient même réussi leurs études à Poudlard en même temps que moi et que la troisième était enseignante, bien que de mon point de vue, cela ait toujours été une aberration.
—Hinhin…Bonjour, Lavander…Parvati…Professeur Trelawney…Bégayai-je.
—Bonjour Hermione, Dit Lavander Brown, sombre idiote qui aurait fait passer Neis pour un prix Nobel, Que cherches-tu comme livre au juste ? Nous, on va chercher de quoi devenir les nouvelles assistantes de notre chère professeure !
J'appréciai un peu son initiative de me faire la conversation, bien que je sentais le fiel percer dans sa voix, notamment à la manière dont elle mettait ses lèvres en cul-de-poule.
—Je ne suis pas venue pour acheter, aujourd'hui…J'accompagne quelqu'un.
—Rond-Rond ?
—Non.
—Harry ?
—Mes fréquentations masculines ne se limitent pas à ces deux-là ! Je suis avec Blaise Zabini, mon…compagnon !
—Quoi ? Mais…et Rond-Rond ? T'étais pas avec lui ?
—Non. Nous ne sommes même pas sortis ensemble.
—Mais…la raison pour laquelle je l'ai largué, c'est parce que je croyais qu'il me trompait avec toi !
—Et bien non.
—Super ! Je vais pouvoir me remettre avec lui ! Dis, tu crois qu'il m'en veut de l'avoir jeté ?
Je me fis violence pour ne pas lui dévoiler la vérité, parce qu'à la réflexion, ce serait plus drôle si elle tombait directement sur Ron entrain de cajoler sensuellement Draco.
—Je pense que tu ne l'intéresses plus aujourd'hui, Eludai-je.
—Ça c'est ce qu'on va voir ! Une fille comme moi a un charme indéniable !
—Comme tu veux.
—Ouais, t'es jalouse, parce que je suis belle !
—C'est ça…
—Et bien, Miss Granger, Intervint le professeur Trelawney, Si vous n'achetez rien, vous…
—Je suis venue avec Blaise, qui est en ce moment entrain de montrer la maquette de son roman au libraire…il voulait avoir son avis, parce que ce type est très cultivé et connaît bien les goûts des sorciers en matière de littérature.
—Et il parle de quoi ce roman ?
J'étais surprise qu'elle s'y intéresse, peut-être était-ce juste de la civilité.
—L'histoire d'un petit garçon qui voyage dans le passé et arrive dans une époque où ses parents ne sont pas encore ensemble et se détestent, alors, il essaie de les faire s'aimer et…
—Hein ? Interrompit Lavander, Mais, je connais cette histoire ! C'est celle qu'à écrite Rick Tüssemprah !
—Mais alors, Renchérit Parvati, Ça veut dire que Zabini a copié sur lui !
—C'est malhonnête ! Ajouta Trelawney.
—Blaise n'a copié sur personne, Rétorquai-je.
—Alors comment tu expliques que son histoire ressemble de façon étonnante à celle de Rick ?
—De façon étonnante ? Comment tu peux le dire, tu ne l'as pas lue ? J'imagine que pour le simple principe du gosse qui voyage dans le temps, c'est pas impossible que quelqu'un d'autre y ait pensé, mais je jure que Blaise a pris son inspiration ailleurs !
—Le sale copieur ! Attends un peu, je vais lui dire deux mots, moi !
Elle passa dans l'arrière-boutique d'un pas furieux, en dandinant son derrière de façon exagérée. Puis, je l'entendis gueuler comme une hyène.
—C'est une honte de copier comme ça !
—Ecoute Brown, je ne le connais même pas ton Tüssempra et…
—Franchement, tu copies, et ton histoire, c'est trop de la merde !
—Mademoiselle, Dit le libraire, Je me rappelle avoir lu l'histoire à laquelle vous faites allusion, et pour ce que j'ai lu du manuscrit de Mr Zabini, les deux histoires se font plus remarquer par leurs différences que par leurs ressemblances !
—Mais, monsieur, il a copié !
Je me sentis tout à coup l'envie de la momifier vivante. Je les rejoignis et lui lançai :
—Lavander, arrête ça tout de suite, tu n'as aucune preuve de ce que tu avances ! Et puis, tu as un témoin qui affirme que les deux histoires sont différentes, alors que lui en sait visiblement plus que toi!
—Toi, tu la fermes, la jalouse !
—Hum…Dit Parvati en feuilletant le manuscrit tellement vite qu'il lui était impossible de le lire, Lavander a raison, je suis entrain de lire, et je ne vois que du plagiat éhonté !
—Passe un peu ! Demanda Lavander.
Elle se mit à lire le synopsis, que Blaise avait mis en première page. Ensuite, elle prit un air de professionnel pour se donner la substance qui lui manquait.
—Aha ! Là, c'est écrit noir sur blanc, il a copié ! En plus, c'est un couple de pédés !
—Beurk ! Les pédés, ils font rien qu'à nous piquer nos mecs ! Dit Parvati.
—Rick Tüssempra, au moins, il avait mis un couple normal, alors que toi, c'est complètement ridicule, ton couple ! Aucune histoire entre deux hommes ne sera jamais aussi belle que celle entre un homme et une femme ! C'est trop de la merde ton histoire !
A ce moment-là, j'entendis un bruit derrière moi, je me retournai et vis Dolores Ombrage, qui souriait de façon malfaisante.
—Hem hem ! Excusez-moi, mais je suis entrée et je n'ai vu personne alors je me suis permise de venir ici, hem hem ! Je cherche un ouvrage sur la manière de massacrer les loups-garous, hem ! Ces horribles bêtes me font peur ! Hem ! C'est dégoutant, où pourrai-je le trouver ? Hem hem !
—Madame, l'éthique m'empêche de vendre des ouvrages véhiculant des valeurs comme celles-là ! Répliqua notre brave libraire.
—Tant pis…Mais de quoi parliez-vous, hem ! J'ai cru entendre que Mr Zabini avait honteusement pompé une histoire qui ne lui appartient pas…
—Mais non…
—Mais si, c'est tout à fait ça!
—Ça suffit ! Blaise on s'en va ! Tranchai-je, Excusez-nous, monsieur, mais dans ces conditions…
—Oui, je comprends…
—Ils prennent la fuite, c'est la preuve que ce sont des sales copieurs !
—Ouais, copieurs !
Je tirai Blaise par la manche, et nous revînmes dans la boutique, où nous tombâmes nez à nez avec Pansy Parkinson, une autre de nos camarades de Poudlard. Le QI moyen commençait à descendre vachement bas, pour un endroit où il y avait des livres.
—Oh, salut vous deux !
—Salut, Pansy !
—Copieur ! Tu devrais pas avoir le droit d'écrire, connard !
—Hein ? Qu'est-ce qui se passe, S'enquit Pansy.
—Zabini a copié le bouquin de Rick Tüssempra ! Dit Parvati.
—C'est honteux ! Dit Trelawney.
—Sauf qu'il a mis un couple trop nul dedans ! Ajouta Lavander.
—Il mérite que je lui fasse écrire cent lignes avec son sang !
—Rick Tüssempra ? Je connais, oui. Hum…Blaise, tu me déçois !
—Mais Pansy…
—Parkinson, Lui murmurai-je à l'oreille, Blaise s'est inspiré…de…tu sais, ce que Draco t'a raconté il y a quelques mois, quand tu-sais-quoi est arrivé…
—Je sais…
—Mais alors, pourquoi ?
—Pour te faire chier ! Mihiiii hahahahahaha !
Nous partîmes en quatrième vitesse, mais elles nous poursuivirent dans la rue. La situation se corsa quand Rita Skeeter, cette exécrable journaliste, se joignit à elles avec sa plume à papote. Super, Blaise allait passer pour un plagieur dans toute la communauté magique, maintenant !
Rita a toujours eu une dent contre moi, elle me surnomme « Miss Perfection » et m'avait déjà fait passer pour une allumeuse coureuse de joueurs de Quidditch quand j'avais 15 ans. Imaginez son excitation à l'idée de cracher sur mon compagnon !
Rita a aussi, il faut le reconnaître, des talents de manipulatrice, elle sait comment s'y prendre pour créer une foule en colère, avec les mots qu'il faut. Or, cet auteur jusqu'ici pour moi mystérieux, Rick Tüssempra, est en phase de devenir une icône littéraire dans les années qui suivent. Son premier roman, L'enfant du temps, celui que Blaise aurait soi-disant copié, ne l'avait pas propulsé bien loin, mais en revanche, son dernier titre, Aurore Boréale, est un véritable best-seller…
(Hermione s'interrompit quelques secondes, ayant remarqué que beaucoup de personnes dans le public murmuraient des « Ah, oui, je connais ce livre, ma femme/fille/sœur/cousine en est fan, elle ne parle plus que de ça, même qu'elle est amoureuse du gars… »)
Je n'ai pas lu Aurore Boréale, mais on m'a dit que ça parlait d'une histoire d'amour entre une sorcière et un strangulot divinement beau qui rend les lectrices folles…Enfin, donc, si Mr Tüssempa est si célèbre, ses fans sont agressives si on lui fait le moindre affront, et Rita n'a pas hésité à user de ça pour les manipuler, quand bien même elles n'avaient pas lu L'enfant du temps.
Vous avez-vu à quoi ressemble Blaise ? Il est très grand, près de deux mètres, et il est plutôt bien baraqué, et même son regard est assez impressionnant. Et bien, face à toutes ces petites nanas de moins de 20 ans, il avait l'air d'un petit garçon terrorisé ! Et je le comprends, ces filles hurlant le nom du petit strangulot fictif comme si c'était l'homme de leur vie, s'égosillant et éructant que Blaise était un « copieur », un « monstre », et exigeant qu'on le mette en prison, ça avait un côté effrayant. L'une d'entre elles déclara: «Hiiiiiii!» et la vitre derrière nous se brisa, des éclats de verre volèrent dans tous les sens. Tiens, la voix humaine ne peut pas briser le verre non ? Il n'y a pas trop de fréquences ? Soit Neis se trompait, soit ce cri n'avait rien d'humain.
—Sale copieur, on aura ta peau !
—Rick chéri a plus de talent que tu n'en auras jamais, pauvre blaireau !
J'ai serré Blaise contre moi, comme si c'était la fin du monde, mais au moins ça, ça n'avait rien de désagréable. Le Ministère est alors intervenu, alerté par le libraire. Malheureusement, et comme Harry vous l'a expliqué, ils n'étaient pas très doux avec les civiles. J'ai cru percevoir que quelqu'un appelait mon nom, mais je n'ai pas compris qu'il s'agissait de Luna. Et puis, El Tigre est intervenu, et comme vous le savez, Blaise et moi en avons profité pour partir.
Nous nous sommes ainsi retrouvés dans le carrefour à côté, le Croisement de Salem. Nous y aperçurent une femme habillée en noir avec un grand chapeau et une jeune-fille asiatique en costume traditionnel, avec le visage maquillé en blanc, pire que Neis. En nous approchant, on comprit que c'était Cius et Emy, mais c'était trop tard, ils nous avaient vus.
—Ah tiens, que faites-vous là ?
—On pourrait vous demander la même chose. Au fait, je vous présente ma cousine Sakura, héhé.
—Konichiwa.
—Bonjour Cius, Dit Blaise qui n'avait pas envie d'entrer dans leur nouveau jeu bizarre, Tu as retiré tous tes piercings ? Et puis tu es…blanc.
—Oui. Ce n'est pas parce que je suis Japonais que je ne peux pas être Blanc, la nationalité et l'ethnie sont deux choses distinctes.
—Oui, mais là, tu es vraiment blanc comme neige.
—Ah, tu parlais de mon anti-bronzage ? J'ai fait une séance de banc lunaire, au lunarium, tu aimes?
Ce garçon est fou.
—Lunarium…Dit Emy d'un air rêveur, Ce mot me donne l'impression d'être dans une forêt enchantée sous la pleine lune, et Luna, nue et resplendissante, nous inonde de ses rayons bénéfiques…
Oui, Cius est fou, mais comparé à sa petite amie, il a air sain d'esprit.
—Qu'est-ce que vous faites ici ? Reprit Blaise.
—On attend d'être servis à la poste et mais qu'est-ce que c'est que ça ?
Cius désignait une affiche derrière nous qu'il venait de remarquer. C'était une publicité pour le salon cosmétique Aubin&Marie. C'était assez drôle à regarder, une geisha en colère. Sur le moment, je ne voyais pas trop où était le mal.
—J'ai entendu parler d'eux, Poursuivit-il, Ils fabriquent leurs produits non seulement en exploitant les travailleurs, mais en plus, ils les testent sur des animaux !
—D'où tu tiens ça ? Répliquai-je, soucieuse de savoir quelles étaient ses sources avant de marcher.
—Il y avait un article sur eux dans Magie verte.
—Magie verte ?
—C'est le fanzine des sorciers écologistes et militants, publié partout dans le monde dans les cinq langues les plus parlées et imprimé sur du papier recyclé !
—Ah…
—Et vous, qu'est-ce que vous faites ici ? Demanda Emy.
—On essaye d'échapper à une foule en colère qui veut faire la peau à Blaise parce que soi-disant il aurait plagié un livre qu'il n'a jamais lu et dont il n'avait même pas entendu parler.
—D'accord, je vois. Moi, on ne me l'avait jamais fait, ce coup-là…Enfin, il faut dire que je suis tellement considérée comme une tordue qu'aucun autre auteur ne veut se risquer à prétendre qu'il aurait écrit la même chose que moi…
—Ils vont bientôt se rendre compte qu'on est partis et vont nous chercher…
—D'ailleurs, je crois entendre qu'ils arrivent…
—On peut les retenir, Proposa Emy, Planquez-vous dans cette pharmacie en attendant…
Les ombres de nos poursuivants étaient entrain de passer l'angle de la rue, alors, nous avons suivis son conseil et sommes entrés dans la pharmacie. Severus Rogue, qui avait été notre professeur à Poudlard, s'y trouvait et était très absorbé dans la contemplation d'un bocal contenant un paléocortex de lémurien, il ne fit pas attention à nous. Les vitrines du magasin étant assez larges, nous préférâmes avancer afin de nous cacher derrière les étagères et ne pas être visibles depuis le dehors. J'entendis comme une musique de restaurant chinois…enfin japonais, du shamisen, il me semble. Nous nous sommes faufilés entre les rayons, et profitant que Rogue interpellait le pharmacien pour l'interroger sur un prix, nous nous sommes même glissés dans une pièce interdite au public, une sorte de petite réserve.
Mon cœur battait la chamade, car nous avions couru, et qu'enfin, je me sentais en sécurité. Je regardai Blaise en haletant.
—On a eu chaud…
—C'est vraiment injuste, cette bande de gourdasses qui t'accusent ainsi…Je ne sais pas ce qui me retient d'aller leur crêper le chignon !
—Calme-toi, tout finira par se tasser, elles ne peuvent pas obtenir gain de cause pour quelque chose d'aussi stupide…
—Moi, ça me révolte !
J'étais fâchée, mais il a mis sa main sur mon épaule et…
~oOo~
—Et…? Demanda Morcol.
Hermione rougit jusqu'à la racine des cheveux. Elle ne pourrait jamais raconter ce qui s'était ensuite passé, surtout devant tant de personnes.
La vérité était que la main de Blaise, depuis son épaule, était remontée jusqu'à ses cheveux, pour la caresser tendrement. Sa colère avait alors fait place à un autre sentiment, autrement plus positif, et elle s'était pelotonnée contre Blaise, pour l'enlacer, et délicatement, il l'avait embrassée.
Les événements s'étaient ensuite enchaînés. Hermione n'aurait jamais imaginé que sa première fois aurait eu lieu contre un tonneau rempli d'yeux de tritons, mais cela fut tout de même fabuleux, et la peur d'être surpris par le pharmacien rajoutait du piment à la situation.
—On est restés très longtemps dans cette pièce, Dit-elle, en serrant les dents, On a attendu très très longtemps que ça se tasse dehors, vais-je dire…
~oOo~
Au bout d'un moment, donc, nous avons décidés qu'il était temps de sortir.
—Attends, Dis-je, Je viens d'aviser une porte, là…
Ça n'avait probablement aucune importance, mais j'ai toujours été très curieuse. Trop, diront certains. C'était sans doute pas bien de ma part d'avoir voulu regarder dans cette pièce car ça ne me concernait pas, mais en l'occurrence, j'ai eu raison.
A peine nous eûmes franchis le seuil que nous entendîmes des voix, non-humaines, mais s'exprimant dans un langage articulé.
—Des Elfes !
En effet, une dizaine d'Elfes étaient occupés à travailler à diverses tâches comme couper et broyer les ingrédients pour potions. Ils levèrent la tête tous en même temps en nous voyant.
—Etes-vous payés pour ce travail ? Leur demandai-je automatiquement.
—Payés ? Répondit l'un d'entre eux, Pourquoi serions-nous payés, nous sommes des Elfes, et nous sommes contents de travailler pour les sorciers !
Mon sang ne fit qu'un tour, Blaise du me retenir pour que je ne balance pas de coup de pied dans le premier bocal venu. Furieuse, je me dirigeai d'un pas hâtif dans la petite réserve, puis dans la boutique, où le pharmacien haussa les sourcils de me découvrir là.
—Mais que faisiez-vous dans cet endroit réservé au personnel, mademoiselle ?
Je remarquai que Rogue était toujours là, depuis tout ce temps. A ce qu'il paraît, c'est leur meilleur client, il a atteint des records inénarrables sur leur carte de fidélité. Blaise arriva derrière moi.
—Professeur ?
—Granger ? Zabini ?
—C'est une honte ! Hurlai-je à l'adresse du pharmacien.
—Quoi donc ? Répondit l'homme, outragé au moins autant que moi.
—Venez, professeur, on va vous montrer quelque chose !
—Hermione…Tenta de me prévenir Blaise.
Mais à ce moment-là, un type aux cheveux poivre et sel passa la tête par l'entrebâillement de la porte (sur le moment, je ne savais pas que c'était le Dr Hélium) et interpella Blaise, en lui disant qu'il voulait lui parler un instant. Mon compagnon haussa les épaules et le suivit après m'avoir adressé un dernier regard.
Je ne laissai pas le choix à Rogue et le trainai par la manche jusqu'à la pièce aux Elfes. Une fois que nous y fûmes, j'attendis sa réaction.
—Ces pauvres travailleurs sont exploités honteusement, on ne les paye pas !
—Et alors ?
—Comment ça, « et alors » ? Ça ne vous choque pas ?
—Et comment croyez-vous que les cuisines de Poudlard fonctionnent, sinon selon le même principe ? Le principe qui vous a rempli l'estomac trois fois par jour lorsque vous étiez étudiante !
—Ben, justement, j'ai toujours été contre !
—Et moi, je m'en suis toujours tamponné les amygdales ! On ne peut pas porter toute la misère du monde !
—Mais…
Mon degré d'énervement amplifiait de seconde en seconde, je distribuai des badges de la SALE (Société d'Aide à la Libération des Elfes) à tous les Elfes.
—Mais qu'est-ce que c'est que cette société, Miss Granger ?
—Ma société ! J'en suis la fondatrice, la présidente et…
—Et l'unique membre, Me railla-t-il.
—Non…nous sommes trois !
—Ce n'est pas bien de faire du chantage affectif à Potter et à Weasley…
—C'est ça, moquez-vous, mais un jour…
—Oui, sans doute…
Je ne me débinai pas, et devant un pharmacien consterné et un Rogue hilare, je retraçai l'historique de mon mouvement aux Elfes, leur expliquant leurs droits. C'est normal qu'ils ne comprennent pas au départ, le manque d'information des principaux concernés qui ignorent leurs droits a toujours été un obstacle.
Au bout d'un quart d'heure durant lequel ils me laissèrent parler, le cher Severus n'avait toujours pas calmé son fou rire.
—Miss Granger, quand je vous enseignais, je vous trouvais vraiment très chiante, si vous me permettez le terme, à toujours vouloir démontrer à tort et travers que vous aviez raison…Mais maintenant, avec du recul, je découvre qu'en réalité, vous êtes très divertissante à perdre votre temps dans des discours qui n'intéressent personne !
—Le jour où un Elfe sera Ministre de la Magie, je me ferai un plaisir de savourer la déconvenue sur votre visage !
—Ça sent le roussi…Dit le pharmacien, soudain alarmé.
—Ouais, ça sent le roussi pour vous, attendez un peu que vous dénonce…Quand je pense que je vous ai déjà acheté des…
—Non, je veux dire, ça sent vraiment le roussi…au sens littéral !
—C'est vrai qu'il y a comme une odeur de brûlé, Dit Rogue en reniflant.
Je me calmai un peu, remarquant qu'ils disaient vrai : quelque chose était entrain de flamber quelque part.
—Ça vient d'au-dessus ! Dis-je.
Je levai les yeux pour fixer le plafond, convaincue de me tromper car je ne voyais pas comment la source du fumet pouvait venir de là. Et contre toute attente, le carré d'une trappe se dessina et pivota, laissant voir le visage apeuré d'une femme très belle et très maquillée, derrière elle, la lueur des flammes révélait des ombres inquiétantes.
—Mr Aubin, Cria-t-elle, Il y a quelqu'un qui a mis le feu dans la boutique, avec un fouet bizarre qui fait du feu !
Je lorgnai le badge épinglé sur sa poitrine (sans doute siliconée): «Alana, Aubin&Marie», avec le logo de la boutique que je reconnu pour l'avoir vu sur l'affiche publicitaire dénoncée par Cius.
—Quoi ? Vous fournissez les cosmétiques sorciers Aubin&Marie en plus ?
—Il faut sortir d'ici ! Coupa Alana.
Je laissai là mes préoccupations éthiques pour fuir vers la sortie avec les autres. Une fois dehors, il me parut que le plus intelligent à faire était de retrouver Blaise. Je quittai Rogue et Mr Aubin pour me lancer à sa recherche dans les rues.
J'arrivai à la hauteur de Fleury et Botts, où Emy se tenait, seule, un morceau de parchemin à la main.
—Etrange, Marmonna-t-elle en lorgnant son papier.
Mais je n'étais pas encore au bout de mes aventures pour la journée : Cius déboula en courant, toujours habillé en geisha, mais son shamisen avait deux cordes cassées.
—Emy ! Elle arrive !
—Comment?
—Elle m'a trouvé et elle me poursuit, il ne faut pas rester là, planquons-nous !
Et sans même me demander mon avis, il m'a attrapée par la main en passant près de moi, et on s'est tous les trois engouffrés chez Fleury et Botts. Je commençais à en avoir marre de ces courses-poursuites.
—Mais… Emy Douçamère ! Dit le libraire.
—Il faut qu'on se cache, Dit celle-ci.
—Pourquoi ?
—Il y a une folle qui veut la tuer ! Dit Cius.
Et rebelote, une fois encore, je me suis retrouvée à devoir me cacher parmi les étagères, la seule différence, c'est qu'au lieu d'ingrédients pour potions, c'était des livres.
La folle en question est entrée et a commencé à pousser des grognements de rage.
—Vous cherchez Emy Douçamère ? Dit le libraire, Oh, regardez, elle est là !
Nous entendîmes un bruit de carton massacré à coup de poings.
—Oh, zut, suis-je bête, c'était juste un présentoir !
Je ne voyais pas la femme, tout au plus, je devinais qu'elle devait être assez bien en colère pour être aussi hargneuse.
—J'avoue que je n'adore pas tes livres, Dis-je à Emy, Mais de là à vouloir te tuer…
—C'est parce qu'elle est amoureuse de Cius, alors elle veut m'évincer…
—Hein ?
—Elle s'approche…on n'a pas le choix, on va devoir la combattre…je sais: on va se servir des livres !
—Ah oui ?
Combattre grâce aux livres, utiliser l'intellect plutôt que les muscles, c'est ce que j'ai toujours répété à Harry et Ron!
—On va lui balancer des bouquins dans la gueule! Dit Emy, à ma déconvenue.
Elle joignit geste à la parole et s'élança à la rencontre de son adversaire avec des volumes plein les bras. J'entendis les bruits de coups. Emy reculait. Bientôt, j'allais découvrir le visage de son assaillante.
—Attention, Hermione, elle en a ramassé un !
Je levai la tête, mais il était trop tard, et pouf !
~oOo~
—Comment ça, « et pouf » ? Que s'est-il passé ?
—Je n'en sais rien, Dit Hermione, l'air désolé, Ça doit être à ce moment-là que j'ai perdu connaissance. Et si j'essaie de reconstituer ce qui s'est passé, cette femme m'a envoyé un livre très lourd dans la figure, ce qui m'a causé cette blessure et cette perte de connaissance. Je n'en sais donc pas plus.
—Très bien. Miss Douçamère est justement notre témoin suivant, Miss Douçamère, venez ici, je vous prie! Et jetez ce gobelet de thé dans une poubelle en passant!
—Je peux au moins avoir du chocolat?
—Non.
—Vous n'êtes pas un marrant.
—En effet.
Emy fit une moue et se leva alors qu'Hermione regagnait sa place.
—En vrai, qu'est-ce t'as fait avec Blaise dans la réserve du pharmacien? Lui chuchota Harry.
—On a juste parlé.
—C'est ça, et moi, je suis Ulrich le Foldingue!
—Emy va témoigner...
—Change pas de sujet!
—On parie qu'elle va encore raconter des choses qui n'ont pas de sens? Je veux dire, bien entendu, elle ne va pas mentir devant un tribunal, mais rien ne l'empêche de dire la vérité avec sa manière si particulière...
Emy avait pris place à la tribune, grimaçant à l'idée d'être privée de thé et de chocolat.
—Emy Douçamère, une petite célébrité, fierté de la littérature sorcière anglaise, Dit Morcol, Mais vous n'êtes pas très «poeple» pour autant, n'est-ce pas?
—Je ne pense pas, non...
—Cependant, un détail de votre vie privée que personne n'ignore, c'est votre compagnon actuel, celui qui s'est présenté ici habillé en femme!
—Il aime la fantaisie, que voulez-vous...
—Et avant même que le procès ait commencé, il a réussi à remplacer le lait dans mon café par du lait de soja!
—Oh, par Mélusine, c'est affreux!
—Vous êtes entrain de vous gausser de moi?
—Je n'oserais pas... Le lait, c'était juste une blague, en plus, Cius n'a rien contre le lait de vache, puisqu'il n'est qu'ovo-lacto-végétarien...
—Racontez votre journée, s'il vous plait...
—D'accord.
~RECIT D'EMY~
C'était le matin, j'étais dans cet état particulier situé entre le sommeil et la veille, où on ignore qui on est, si on est un homme ou une femme, innocent ou criminel. C'est très grisant, parce que dans ces moments-là, j'imagine avec délice que je suis peut-être une psychopathe internée dans un asile.
Et puis, une hirondelle m'a réveillée, l'onirisme fut rompu. J'ouvris les yeux et constatai la présence gargantuesque de moult tubes. Oui, des tubes, j'en vois tous les jours, toutes les nuits, partout, des tubes. Et les gens que je regarde sont aussi des tubes. Je suis un tube. (« Toc toc ! » chuchota Hermione à Harry et tous deux pouffèrent de rire.)
Un tube à plumes se tenait sur le rebord de la fenêtre, avec un colis pour moi. J'eus le vain espoir que c'était du chocolat, mais visiblement, quelqu'un avait décidé de m'envoyer un simple bouquet de fleurs. Un fan de mes livres ? Pas du tout, j'allais l'apprendre à mes dépends. Une enveloppe accompagnait le bouquet que je pris en mains, la lettre que je découvris était pleine de catachrèses, d'hypallages, de synecdoques, d'aphérèses et d'anacoluthes. Je la parcourus des yeux avant de me rendre compte que les fleurs étaient des tubes plutôt agressifs, des tubes digestifs. Visiblement, l'expéditeur avait la main verte, les sages végétaux n'eurent besoin que de quinze secondes pour évoluer et se muer en un titanesque amas de lianes solides comme l'acier et de bourgeons donnant naissance à maintes fleurs munies de dents.
Les racines virent s'enrouler autour de mes chevilles, me tirant et me traînant à terre pour me tracter comme un bol alimentaire vers l'orifice gastrique situé au fond du calice de la fleur.
Cius est arrivé, tel mon prince bleu en pyjama, la bouche écumante de dentifrice, ce qui lui donnait l'air atteint de la rage. Commença alors le combat olympien de l'animal végétarien et du végétal carnivore, le choc des contraires. Utilisant sa baguette, il jetait les sortilèges lui permettant de couper les fleurs et de sectionner toutes les tiges, démantelant l'Amazonie miniature qui avait décidé de m'absorber.
La fleur est l'organe reproductif de la plante. La fleur est un sexe qui se met sur son trente et un. Cius s'est mis à émasculer la plante qui m'attaquait.
« Mori », en japonais signifie « forêt ». Cius est forêt. Et quand il détruit cette plante, c'est la forêt qui détruit la forêt. Cius s'est donc suicidé, ou du moins auto-castré.
(Harry ne résista plus et laissa échapper : « Mais elle est complètement toc toc, où va-t-elle chercher des raisonnements comme celui-là ? », ensuite, il tourna la tête vers Cius pour voir ce que celui-ci pensait de la tirade peu commune de sa petite amie, pour découvrir qu'il était complètement hilare sous sa perruque de geisha. « D'accord, ils sont tous les deux maboules ! »)
Une fois Cius victorieux et le bouquet délétère ad patres, je me relevai. Il me demanda :
— Emy, d'où venait cette horreur ?
Je lui parlai alors de la lettre. Il la prit pour la lire, où du moins, pour essayer de déchiffrer cet amas de hiéroglyphes :
—Mais…c'est…cette femme qui t'a écrit…elle est…amoureuse de moi !
—Oui, c'est sûrement pour ça qu'elle a essayé de me transformer en engrais, parce qu'elle veut t'avoir…
—Mais comment ça se fait ? Je ne la connais pas…
—Et bien, tu as une admiratrice secrète.
—Mais c'est toi l'écrivaine célèbre, et moi, je suis…
—Tu es le bassiste de ASHEs ! (Cette phrase n'avait rien d'authentique, mais une fois de plus, pour ne pas qu'Alita se pose de question, il fallait inventer, en l'occurrence, que le groupe avait déjà du succès. La vérité était que la demoiselle mystérieuse avait vu Cius à la Foire du Livre Sorcier et s'en était tout de suite entichée.)
—Je ne peux pas tolérer qu'on s'en prenne à toi et qu'on essaie de te tuer ! Dit solennellement Cius, Je vais essayer de trouver cette femme et faire en sorte que tu ne reçoives plus de «cadeau» de ce genre !
Je n'allais pas le contrarier, il se serait fait sepukku. Et puis, je brûlais de connaître son plan d'action.
—Nous allons nous rendre à la Poste du Chemin de Traverse, ce hibou n'a pas l'air d'avoir un maître, donc il vient peut-être de là-bas, de la poste…
—Et qu'est-ce qui va se passer si elle est là et qu'elle te reconnaît ? Elle risque de te sauter au cou en hurlant…
—Ouais, je vais me déguiser…
—Je suggère qu'on prenne le petit-déjeuner avant.
Une fois habillés, nous rejoignîmes les autres et nous assistâmes à un concert particulier qui ne semblait avoir qu'une seule finalité : plonger Hermione dans une cuve d'opprobre. Heureusement qu'il y avait du thé. Un bon Lapsan Su-Chang, ça fait passer tout !
C'est ensuite que vint le problème du déguisement de Cius. Nous nous penchâmes sur ce que nous avions dans nos valises.
—Et bien, Constatai-je, Il n'y a que ce yukata de théâtre que je mets pour amuser certains intervieweurs…
—Euh certes, mais…
—Voyons, Cius…
Je ne sais pas quelle expression arborait mon visage, mais ce devait être celle du sadisme, car sur le sien, on lisait l'anxiété. Il faut savoir qu'un yukata est un kimono léger pour porter en été, et plus facile à mettre que le kimono traditionnel qui nécessite de suivre des cours seulement pour apprendre à l'enfiler correctement. Et si en plus c'était un costume de théâtre, cela ne posait aucun problème.
Mais c'était un kimono féminin.
—Il faut vraiment que je m'habille en femme ?
—J'en ai peur. Je vais demander à Xenophilius s'il peut nous aider.
Je revins quelques temps après, avec mes deux trouvailles.
—Alors ?
—Et bien, il m'a donné cette perruque et ce shamisen (un instrument à cordes japonais), et il nous souhaite bonne chance. Il y a vraiment n'importe quoi dans son grenier, mais c'est bien utile !
—Bon, ben, j'ai pas le choix, on dirait…
—Mais si…
—Non, j'ai dit que je te protégerais, et je le ferai ! Tu m'aides à me maquiller ?
Je me mordis les joues pour ne pas rire quand nous étions dans la salle de bain, enfermés pour ne pas être dérangés. Cius se mit torse nu, le maquillage traditionnel de geisha s'étalant également sur le cou, la nuque et les épaules, pour donner l'impression que leur corps entier est blanc comme de la porcelaine.
—Je crains que tu doives enlever tout…
—Je ne vais pas me mettre à poil pour ça ?
—Par « tout », je n'entendais pas tes vêtements, mes tes décorations métalliques, un maquillage aussi épais peut faire disparaître bien des aspérités, mais là quand même…
—Ah ouais…tu veux bien m'aider ?
Commença alors une séance d'archéologie consistant à mettre à jour le véritable visage de Cius, enfoui depuis des millénaires sous les décombres de la métallurgie médiévale de son adolescence. Parfois, ça lui faisait mal, et il émettait un petit «aïe». Une odeur de rhum rance et de sueur de trois jours parvint jusqu'à nos narines et la voix de Manu succéda au délicat fumet qui devait avoir trouvé son chemin par le trou de la serrure :
—Tiens, tiens, la barjot et l'herbivore font du sado-maso dans la salle de bain, yak yak yak !
Une fois tous les piercings ôtés, je les rangeai dans un écrin comme si c'était les joyaux de la couronne. Cius passait un linge sur son visage rougi par les afflux sanguins et se regardait dans le miroir comme si ce n'était pas son reflet. Je lui appliquai alors le maquillage blanc à l'aide d'une petite truelle, avant de lui mettre des touches de rouge et noire sur les yeux et de rose pâle sur les joues, sans oublier le coup de pinceau vermillon sur les lèvres qui donne aux bouches des Nippones l'aspect de cerises confites. Ensuite, je l'aidai à enfiler la perruque et le yukata et nous étions fins prêts à nous rendre sur le Chemin de Traverse, armés d'un shamisen.
Au sortir de la salle de bain, Manu était toujours là, et il nous gratifia d'un sourire goguenard « Alors, la séance SM est terminée, elle s'est bien amusée la dominatrice ? ». Alors que nous cheminions vers l'escalier, il s'est installé devant le miroir que nous venions d'abandonné, et déclara, hilare :
—Et maintenant, mesdames et messieurs, voici ASHEs, avec à la batterie, Cius, l'herbivore qui mange la pelouse «Meuh meuh ! J'aime ruminer de l'herbe !», à la guitare, Ron…euh...ouais, lui, je le connais pas euh...Poil de Carotte! A la basse, Hal, le maricón qui fait du flamenco «Soy una moñaaaa, mi pelirrojo queridoooo, esto es mi culoooo, jodeme ay ay ay!» (2), et Neis, la gothopouffe chanteuse d'opéra «Aaaaah, je ris de me voir si laaaaaaide dans ce miroir!»
Nous arrivâmes assez tôt à Londres, et nous entrâmes dans la poste, pour voir si nous y trouverions le hibou qui m'avait livré la lettre et la salade garnie qui va avec, ainsi que l'expéditrice.
L'employé semblait n'en avoir rien à cirer.
—Désolé, Miss, nous n'avons pas le droit de dévoiler l'identité de cette personne…
—Elle a essayé de me tuer ! Les autorités auraient au contraire tout intérêt à effectuer des recherches sur elle, puisqu'elle compte manifestement nuire à un autre être humain !
—Je regrette, je ne peux pas.
—Excusez-moi, Intervint une autre employée, aux cheveux rouges pétants, Mais vous ne seriez pas Emy Douçamère ?
La demoiselle rougit légèrement. Je lui souris.
—Enfin, bien sûr que c'est vous, Ajouta-t-elle, Je posais juste la question pour…enfin…J'adore vos livres…Quelqu'un essaie de vous tuer ?
—Oui, j'ai reçu une lettre accompagnée d'un bouquet de plantes anthropophages, et j'aimerais connaître mon ennemie…
Elle jeta un œil suppliant à son collègue, celui-ci demeura inflexible. A ce moment-là, d'autres clients entrèrent. En me tournant, je reconnus Remus Lupin, Nymphadora Tonks, leur fils Teddy, et Sirius Black, qui s'adressa à une cinquième personne qui restait dehors :
—Tu vas où, Sev' ?
—A la pharmacie.
—Okay, moi je reste avec Remus…
—Tiens, Miss Emy, Engagea ledit Remus, Comment allez-vous ?
—Très bien, et vous ?
—Bien aussi.
—Et qui c'est, ça ? Demanda Sirius en lorgnant Cius.
—Elle ? C'est ma cousine Sakura.
—Konichiwa !
Je savais qu'ils l'avaient tous reconnu, néanmoins, ils jouèrent le jeu.
—Konichiwa, petite fleur de cerisier, Dit Remus en exécutant un salut à la japonaise.
—Vous voulez que je vous serve, messieurs-dame ? Demanda l'employé pas marrant.
—Euh… oui, Dit Tonks en s'avançant, J'aimerais envoyer cette lettre à ma mère.
La demoiselle aux cheveux rouges observa un moment son collègue cherchant un hibou pour Tonks, et puis, elle me fit signe d'approcher pour me dire discrètement:
—Je peux vous aider à retrouver cette personne que vous cherchez…nous notons le nom de nos clients dans un document comptable, si vous me donnez l'enveloppe, j'effectuerai des recherches et je trouverai sûrement…
Il ne m'en fallut pas plus pour lui glisser la lettre d'un air discret. Elle regarda son collègue d'un air anxieux alors qu'il écrivait dans le registre en question.
—T-O-N-K-S, N-Y-M-P…Anonna-t-il.
—Merci, Dit la jeune-fille aux cheveux rouges, Mais vous allez devoir patienter un peu le temps que je fasse tout ça sans qu'il me voie…et puis, on risque d'avoir d'autre clients à servir…attendez dehors, je viendrais vous chercher pendant ma pause…
J'acquiesçai et fit signe à Cius qu'on s'en allait.
—Au revoir, Emy, Me lança-t-elle alors que l'autre nous écoutait à nouveau, C'est vraiment dommage qu'on ne puisse rien faire !
Nous sortîmes à peu près en même temps que Sirius et les Lupin, qui partirent assez vite, pour aller au magasin de jouets. Pendant ce temps-là, Cius et moi restâmes dans le Croisement de Salem à patienter.
Le temps nous parut long, heureusement, l'arrivée d'Hermione et Blaise nous procura un peu de distraction:
—Ah tiens, que faites-vous là ? Demanda Hermione.
—On pourrait vous demander la même chose, Répondis-je, Au fait, je vous présente ma cousine Sakura, héhé.
—Konichiwa.
—Bonjour Cius, Dit Blaise qui n'a aucun humour. Tu as retiré tous tes piercings ? Et puis tu es…blanc.
—Oui. Ce n'est pas parce que je suis Japonais que je ne peux pas être Blanc, la nationalité et l'ethnie sont deux choses distinctes.
—Oui, mais là, tu es vraiment blanc comme neige.
—Ah, tu parlais de mon anti-bronzage ? J'ai fait une séance de banc lunaire, au lunarium, tu aimes?
Je trouvai cette idée exquisément folle, et j'en rajoutai :
—Lunarium…Ce mot me donne l'impression d'être dans une forêt enchantée sous la pleine lune, et Luna, nue et resplendissante, nous inonde de ses rayons bénéfiques…
Hermione, qui a encore moins d'humour que Blaise, me regarda comme si j'étais une demeurée, d'ailleurs, je sais qu'elle fait partie de ces gens qui me considèrent comme la reine des tordues, mais je trouve très délectable d'observer la figure défaite des gens à qui je sors mes «perles».
(«Parce qu'en plus, elle en est consciente ?» Songea Harry)
—Qu'est-ce que vous faites ici ? Reprit Blaise.
—On attend d'être servis à la poste et mais qu'est-ce que c'est que ça ? S'écria Cius, remarquant une affiche publicitaire, J'ai entendu parler d'eux, Poursuivit-il, Ils fabriquent leurs produits non seulement en exploitant les travailleurs, mais en plus, ils les testent sur des animaux !
—D'où tu tiens ça ? Questionna Hermione en fronçant les sourcils.
—Il y avait un article sur eux dans Magie verte.
—Magie verte ?
—C'est le fanzine des sorciers écologistes et militants, publié partout dans le monde dans les cinq langues les plus parlées et imprimé sur du papier recyclé !
—Ah…
—Et vous, qu'est-ce que vous faites ici ? Je leur demandai.
—On essaye d'échapper à une foule en colère qui veut faire la peau à Blaise parce que soi-disant il aurait plagié un livre qu'il n'a jamais lu et dont il n'avait même pas entendu parler.
—D'accord, je vois. Moi, on ne me l'avait jamais fait, ce coup-là…Enfin, il faut dire que je suis tellement considérée comme une tordue qu'aucun autre auteur ne veut se risquer à prétendre qu'il aurait écrit la même chose que moi…
—Ils vont bientôt se rendre compte qu'on est partis et vont nous chercher…
—D'ailleurs, je crois entendre qu'ils arrivent…
—On peut les retenir, Leur proposai-je, Planquez-vous dans cette pharmacie en attendant…
Hermione jeta un regard par-dessus son épaule et emmena Blaise dans la pharmacie. Ils disparurent au moment où la bande de fans de Rick Tüssempra en colère déboula en grondant comme une armée de bulldogs. La première personne qui nous fit face ressemblait justement à un chien, une fille aux cheveux noirs coupés au carré.
—On va te faire la peau, Blaise, ça t'apprendra à aimer les Sang-de-Bourbes !
—C'est pas du tout ça, Parkinson ! Intervint une autre fille, qui à défaut de ressembler à un chien avait l'air d'une truffe, On déteste Zabini parce qu'il a copié, pas parce que sa copine a des parents moldus !
—Désolée, Brown, mais je ne peux toujours pas saquer ça…
—Oui, mais là, c'est pas Granger, c'est Zabini ! Reprit une troisième, qui avait l'air d'origine indienne. Zabini, tu vas déguster !
—C'est vraiment trop de la merde! Renchérit la truffe, En plus de copier, tu mets un couple qui ne se peut pas! Tu ne devrais pas avoir le droit d'écrire, cona…mais où qu'il est passé ?
La foule sembla se calmer, ne sachant que faire. Je remarquai la présence de la vieille Rita Skeeter. Je craignais qu'elles n'aient l'idée de chercher dans la pharmacie. Cius se mit alors à jouer du shamisen comme un enragé, tout en chantant des comptines de gosse de maternelle en japonais. C'était affreux, surtout que la batterie lui convenait mieux, mais cela eut l'effet escompté: la foule fit attention à nous et non aux fugitifs.
—Emy Douçamère ! Ulula Skeeter, On dirait que la littérature va marquer cette journée!
—Ah bon ?
—Oui, et d'ailleurs, vous devriez faire un discours pour ces pauvres fans en colère…
—Comment ça ?
Elle m'ignora et s'adressa aux donzelles surexcitées :
—Cher boréalomaniaques, Emy Douçamère, écrivaine très populaire, souhaite exprimer son soutien à son collègue Rick, si cruellement plagié…
—Ouaaaaiiiiis ! Hurla l'armée d'andouilles.
—Excusez-moi, Rita, mais je n'ai jamais dit que…
—Emy, c'est à vous, elles vous attendent !
—Mais je m'en fiche!
—Oh, Emy, j'ai entendu dire que vous aviez toutes sortes de manies bizarres, comme de manger des fruits pourris…
—Oui, j'aime laisser la nature cuisiner pour moi, mais…
—Pouvez faire une démonstration ? Que quelqu'un apporte une poire blette à Emy !
—Pourquoi ? J'en ai déjà une devant moi…
Rita rit jaune. Cius augmenta le volume de sa chanson et se mit à la hurler dans les oreilles de la journaliste pour l'indisposer. Elle fit une grimace.
—C'est quoi ce travello ?
—Ma cousine Sakura.
—Vous savez que c'est interdit ?
—De s'habiller en femme ? Ce pays est-il si coincé ?
—Non, mais se déguiser en dehors de mardi gras, c'est interdit, cela perturbe l'ordre public !
—Alors, pourquoi on ne vous arrête pas, Rita ?
—Je ne suis pas déguisée !
—Si, vous portez une robe appartenant à votre grand-mère.
—Sale petite…Où sont les gars du Ministère ?
—Je crois qu'ils recherchent El Tigre…Dit l'une des filles.
—C'est vrai que lui aussi il se déguise…Et l'autre transex, il peut arrêter de chanter comme un mariole ? Hurla Rita.
Cius cessa mais lui fit un grand sourire narquois.
—Ça aussi, c'est interdit: faire autant de bruit. Il a un instrument, en plus…Nuisance sonore !
Elle continuait à s'exciter, et d'autres personnes désagréables arrivèrent : le Dr Hélium, que je connaissais de nom et de vue pour avoir vu sa photo dans un article où il analysait mon cas (c'est à mourir de rire, d'ailleurs !), accompagné d'un couple très blond.
—Tiens, tiens…Mais c'est Miss Douçamère…J'ai lu vos livres, et ils me servent régulièrement d'outils psychanalytiques pour mesurer le degré de folie d'une personne…
—Vous avez baptisé une maladie mentale en mon nom…
—Oui, le fameux «syndrome d'Emy Douçamère», mais cependant, aujourd'hui, je me préoccupe d'un patient atteint de la maladie de Joberknoll…
—Qui ça ?
—Le jeune Draco Malfoy, dont voici les parents.
—Oh, bonjour Madame Malfoy !
—C'est Monsieur Malfoy, en fait.
—Ah…vous avez l'air d'une femme…
—Et lui alors, Répliqua Rita en désignant Cius.
—Moi, je suis déguisé ! Répliqua-t-il. Est-ce aussi le cas de ce monsieur ?
—Comment ça, déguisé ? Gronda le père de Draco, Je m'habille toujours comme ça.
—Merlin, Dis-je, Si ce sont vos vrais vêtements, cela signifie que…nous avons remonté le temps !
—Cool ! Exulta Cius, J'ai toujours rêvé de visiter la Renaissance !
—Oui, Répondis-je, Imagine, Cius, on pourrait rencontrer des humanistes qui ont marqué l'histoire : Erasme, Dante Alighieri, Leonardo Da Vinci, Thomas More, Giovanni Pico della Mirandola…
—Ouais…Dites, Mr Malfoy, vous ne sauriez pas par hasard, quelle direction prendre pour aller à Florence ?
—Vous vous fichez de moi ?
On s'est mis à rire et ils nous ont regardés d'un air consterné. Pendant ce temps, les fans de Tüssempra semblaient se calmer et se disperser, faute de trouver Blaise.
—Vous êtes qui exactement ? Reprit le père de Draco avec mauvaise humeur.
—Moi, je sais ! Dit la mère, Vous êtes l'écrivaine préférée de Draco ! Et vous, vous devez être Cius, vous jouez dans le groupe de Ron!
—Quoi ? Mon fils vous fréquente? Pas étonnant qu'il soit dévergondé!
—Pauvre petite Alita, Se désola Hélium, Grandir dans un environnement aussi pitoyable…
—Excusez-moi, Glissa Rita, Mais je vous ai écouté et je voudrais savoir, quel est ce problème avec Draco Malfoy ?
—Et bien, venez, je vais vous expliquer, Dit Hélium.
Il la prit à part et nous restâmes face au couple Malfoy.
—Jolie canne-serpent, Dis-je, lorgnant cet objet kitsch que le père tenait en main.
—N'est-ce pas ?
—Oui, elle a l'air longue et dure…C'est pour compenser ?
—Compenser quoi ?
J'étais morte de rire. Cius soupira à mes côtés.
—Emy, ça te dérange si je te laisse ici un moment ?
—Pourquoi ?
—Je voudrais aller dans cette boutique de cosmétiques, Aubin&Marie…
—Oh, je connais, S'exclama la mère de Draco, Les vendeuses sont très jolies, il paraît même que ce sont des Vélanes !
—Ah oui ? Je devrais alors me protéger contre leurs charmes…
—Pas de problème, Lui dis-je.
Il partit et j'envisageai de quitter aussi les Malfoy. Après tout, l'employée de la poste ne faisait pas encore sa pause. Je pris congé en prétextant une envie d'aller aux toilettes, qui était d'ailleurs authentique, et me dirigeai dans un pub qui par chance, n'obligeait pas de consommer une boisson pour ça.
Voulez-vous que je vous raconte comment cela s'est passé ?
Si je dis ça, ce n'est pas par exhibitionnisme, je pense que le récit de mes besoins naturels n'a aucun intérêt, mais il s'est cependant passé quelque chose d'assez exceptionnel : les toilettes ont explosé pendant que j'y étais. Je pense que l'impact a eu lieu du côté masculin, mais tous les sanitaires ont été touchés. La porte de ma cabine à été défoncée, ainsi qu'une partie des murs autour de moi qui se sont écroulés. Par chance, je n'ai rien eu, mais je ne devais pas avoir l'air intelligente, assise sur le trône au milieu des décombres, alors qu'un type habillé en super-héros me regardait, ahuri.
—Excousez-moi, señorita ! Dit-il en se cachant les yeux.
Il s'éloigna le plus vite possible en murmurant « Les filles né font pas caca, les filles né font pas caca, yé rêvé cé qué yé vou ! ».
Au sortir du pub, j'ai rejoint le Croisement de Salem, et la fille aux cheveux rouges m'attendait. Les Malfoy n'étaient plus là, par contre.
—Ah, vous voilà ! Me dit-elle, Venez, je sais qui essaye de vous tuer.
Elle me tendit un papier, sur lequel elle avait écrit : « Sacha Vilen » et une adresse.
Je la remerciai en lui signant un autographe, et puis elle retourna au boulot, sa pause étant terminée. Je me mis à réfléchir à cette femme mystérieuse qui voulait ma peau. Sacha Vilen, il y avait quelque chose de bizarre dans ce nom, mais je ne parvenais pas à mettre le doigt dessus. Sans m'en rendre compte, mes pas me menèrent jusque devant Fleury et Botts.
—Etrange, Marmonnai-je.
Je levai les yeux et vit Hermione. Je n'eus pas le temps de lui dire quoi que ce soit que Cius était de retour, l'air assez anxieux.
—Emy ! Elle arrive !
—Comment?
—Elle m'a trouvé et elle me poursuit, il ne faut pas rester là, planquons-nous !
Ne voyant pas d'autre solution, nous nous engouffrâmes dans la librairie, emmenant Hermione avec nous.
—Mais… Emy Douçamère ! Dit le libraire.
—Il faut qu'on se cache !
—Pourquoi ?
—Il y a une folle qui veut la tuer ! Dit Cius.
Nous courûmes nous cacher dans les rayonnages, Sacha Vilen entra, je l'entendis grogner après moi, elle n'avait vraiment pas l'air commode.
—Vous cherchez Emy Douçamère ? Dit le libraire, Oh, regardez, elle est là !
Il y eu un bruit de carton massacré à coup de poings.
—Oh, zut, suis-je bête, c'était juste un présentoir !
—J'avoue que je n'adore pas tes livres, Me confia Hermione, Mais de là à vouloir te tuer…
—C'est parce qu'elle est amoureuse de Cius, alors elle veut m'évincer…
—Hein ?
—Elle s'approche…on n'a pas le choix, on va devoir la combattre…je sais: on va se servir des livres !
—Ah oui ?
—On va lui balancer des bouquins dans la gueule!
Je me saisis d'un volume et tentai ma chance. Cela ne fit pas grand mal à Sacha, et je frémis à l'idée qu'elle ose toucher Cius. Je lui lançai d'autres livres, et elle en attrapa un, prête à contrattaquer.
—Attention, Hermione, elle en a ramassé un !
Notre amie releva les yeux, mais pas assez vite, j'eus juste le temps de voir une expression étrange dans son regard, comme si la vue de Sacha la choquait, avant qu'elle ne reçoive le livre en pleine tronche. Elle s'écroula sur le sol et Sacha ricana d'une voix démoniaque.
—Morgane, Murmurai-je, voyant qu'Hermione présentait une sale blessure sur la tempe.
Cius se plaça devant nous pour nous protéger, mais un type jaillit de derrière un rayonnage. Il s'agissait d'un représentant du Ministère, et un de ses collègues ne tarda pas à apparaître à son tour. Ils saisirent Cius par les poignets.
—Miss Sakura, vous êtes en état d'arrestation pour nuisance sonore et travestissement public.
Sacha poussa un cri de colère. Je m'interposai.
—Une minute ! Quand bien même ces choses sont interdites, ce n'est pas exagéré une arrestation ? Ce n'est pas le genre de «crimes» qui se règlent par une amende ?
—Oui, mais on le soupçonne aussi d'y être pour quelque chose dans l'incendie de la Rue des Tartempions. Si vous savez quelque chose, mademoiselle, vous devrez témoigner.
—Très bien !
Je tournai la tête vers Sacha, mais elle avait pris la fuite. Je baissai les yeux vers le corps inanimé d'Hermione.
—On devrait s'occuper d'elle.
—C'est pas la fille qui était avec le mec qu'on a embarqué pour plagiat ?
—Si, on devrait la soigner, et puis la faire témoigner elle aussi.
—Il y a un sacré procès qui se prépare, à ce qu'il paraît, et c'est un vrai bordel !
~oOo~
—Et me voilà ici, Conclut Emy, Et il avait raison, c'est le bordel, je peux retourner manger du chocolat, maintenant ?
—Oui, Dit Morcol, Merci Miss Douçamère. Hum…La mayonnaise est entrain de prendre, de nouveaux ingrédients ont été ajoutés, mais ce n'est pas fini…Les cas Malfoy et Weasley ne ressemblent pas encore à de la sauce onctueuse…
—Votre Honneur, je crois que tout le monde a du mal avec votre métaphore pleine de mayonnaise…
—Mais moi, je me comprends ! Nous arrivons maintenant au dernier témoin: Lucius Malfoy !
—Vous oubliez Sirius Black, nous l'avons ajouté après le témoignage de Mr Potter…
—Certes, certes…
Dans le public, Severus murmura à son homme :
—J'ai comme l'impression que ce cher Lucius ne va pas aider…C'est donc toi qui auras le dernier mot, c'est toi qui devras tous les innocenter ou du moins faire en sorte qu'ils ne s'en tirent pas trop mal…
—Ce que j'aime chez toi, Sev', c'est que tu ne me mets pas du tout la pression…
(1) Même mélodie que A vous dirai-je maman... mais avec des paroles en anglais.
(2) traduction: Je suis une taaaaaapette, mon rouquin chériiii, voici mon cuuuuul, baise-moi ay ay ay! (très intellectuel, hein)
