Lumos !

Bonjour !

Je suis désolé de voir que mon chapitre précédent n'ait pas forcément fait l'unanimité, j'espère néanmoins que celui-ci vous plaira. Cette fois, il s'axera principalement sur Charlie, tout comme le suivant. Et le chapitre 31 sera celui dédié à l'arrivée de nos amis russes (de nombreuses personnes me le réclame celui-là :P )

Je m'excuse aussi d'avoir tardé à répondre aux reviews. Pour me faire pardonner, j'ai veillé plus tard pour pouvoir poster ce chapitre à la première heure du mardi ! ;)

J'en profite pour faire une petite pub pour une coupine : Pauu-Aya. J'ai été bêta d'une fic qu'elle publie actuellement et elle est géniale, je vous la conseille. Son histoire, Le dernier Horcruxe, est pleine de mystère et vraiment passionnante !

Merci à Lau, qui comme d'habitude, à passé beaucoup de temps à corriger mes innombrables fautes ;)

Bonne lecture.

Nox.


Chapitre 29 : Vider son sac

Nikita se réveilla quelques heures plus tard à cause de chuchotements furieux. En un instant, il comprit qu'il était à l'infirmerie et il sauta aussitôt sur ses pieds pour ne plus être dans ce lit maudit. Cependant, une fois debout, il vacilla en voyant la pièce se mettre à tanguer. Il évita de justesse une rencontre douloureuse avec le sol, étant donné qu'il fut immédiatement pris dans une étreinte d'ours. Celle de sa mère. En sentant les larmes dans son cou, il se rendit soudainement compte qu'il avait beaucoup inquiété ses parents.

Il lui rendit à son tour une étreinte ferme, tout en murmurant à quel point il était désolé. Une fois libéré, ce fut au tour de son père de le serrer contre lui en lui promettant les pires tortures s'il recommençait une telle chose. Nikita sut que dès qu'il serait de retour à la maison il aurait une bonne punition pour sa stupidité. Lorsque son père se détacha, il put voir le couple Weasley les observer. Arthur lui fit un sourire.

« Merci de l'avoir soigné, » dit-il en désignant son fils qui dormait sur un des lits de l'infirmerie.

« Il... ? »

« Il va bien. Grâce à tes soins. » Un sourire fleurit sur les lèvres de Nikita, soulagé. Sourire qui s'évanouit cependant bien vite face au regard de Molly, alors qu'elle assenait durement :

« Il a tout de même prit un sort à sa place. » Nikita baissa la tête, les larmes embrouillant ses yeux.

« Molly ! Comment oses-tu lui dire une chose pareille ?! » demanda Arthur en la regardant, surpris par les paroles de sa femme. Molly, qui s'était mise à sangloter, explosa de colère :

« Tu ne vois donc pas qu'il n'aurait jamais dû se retrouver là ?! Charlie aurait dû être en Roumanie, à l'abri de cette guerre ! Mais depuis que le jeune Snape est arrivé, il rentre sans arrêt en Angleterre, sans même venir nous en informer. Tu savais, toi, qu'il serait là ce week-end ? Non ! Il s'est entiché de ce garçon et ça l'a mis en danger. Voilà tout ce que je vois. Il est revenu pour lui, il s'est interposé entre un sort et lui et il a failli mourir à cause de lui. »

Molly pleurait toutes les larmes de son corps à présent. Elle avait eu tellement peur de perdre son fils.

Nikita, lui, avait l'impression de prendre un coup de couteau à chaque nouveau mot qui sortait de la bouche de Molly. Elle avait raison : tout était de sa faute. Encore. Pourtant il l'avait soigné, il ne l'avait pas laissé mourir, mais ce n'était -bien sûr- pas suffisant. Molly avait raison. Il savait qu'il portait malheur à son entourage. Aujourd'hui, Charlie avait failli mourir, et demain ça pouvait être son père, sa mère, Misha... Non, il ne pouvait pas faire une chose pareille.

Nikita releva la tête, les yeux pleins de larmes contenues, et se mit à courir en direction de la porte pour se jeter dans les couloirs de l'école. Il n'entendit pas Charlie l'appeler, alors qu'il s'était réveillé en entendant les cris de sa mère, pas plus qu'il n'entendit son père appeler Misha. Celui-ci n'était pas bien loin, fondu dans une ombre de l'infirmerie. Il avait fini d'emmener les vampires dans son clan et était rentré pour retrouver Nikita, assistant à la discussion qu'il n'avait pourtant pas voulu interrompre -bien qu'il ait envisagé à un moment d'égorger cette femme. Il fit donc un pas en avant pour se montrer, faisant sursauter les trois Weasley.

« Assure-toi qu'il ne se blesse pas s'il-te-plaît. Je ne pense pas qu'il soit prêt à nous écouter pour l'instant. » Misha hocha la tête et, après un regard de dégoût envers Molly Weasley, se fondit à nouveau dans les ombres pour suivre son frère. Vlada reprit la parole d'une voix glaciale :

« Je suis vraiment déçue par votre réaction madame Weasley. Je peux comprendre votre inquiétude et votre colère, mais asséner à un enfant qu'il est la cause de toutes vos souffrances …» l'enseignante inspira pour tenter de modérer sa colère, face à la femme qui se trouvait devant elle « … ce n'est pas une réaction très digne d'une mère de famille. Surtout quand on ne sait pas ce que l'enfant en question à vécu. Et puis, ne vous êtes-vous jamais demandée pourquoi votre fils ne vous prévient pas quand il rentre en Angleterre ? »

Sur ces mots, Vlada se détourna, rageuse, et ouvrit la porte par magie pour sortir de l'infirmerie. Severus la suivit, de son pas plus souple, sans un regard pour les parents Weasley. Il s'adressa quand même à Charlie, tout en se dirigeant vers la porte :

« Monsieur Weasley, je vous suis très reconnaissant d'avoir sauvé la vie de mon fils. Mes appartement vous seront toujours ouverts. »

Pour Charlie, cela ressemblait à une bénédiction de la part du père de Nikita afin d'entamer une relation avec son fils. Il n'aurait pu rêver mieux, mais pour l'instant il avait un autre problème à gérer. Il se tourna vers sa mère qui avait les yeux dans le vague, après les paroles acides de Madame Snape.

« Comment as-tu pu lui parler comme ça maman ? » demanda-t-il durement.

« J'ai parfaitement raison et tu le sais... » murmura Molly.

« Non je ne le sais pas. Ce que je sais, c'est qu'aujourd'hui Nikita a sauvé une dizaine de vies de la folie destructrice de cette salope de Lestrange, » hurla Charlie, choquant ses parents qui n'avait pas l'habitude de le voir si vulgaire.

« Folie qu'il a lui même amplifiée en se battant contre elle ! » Rétorqua-t-elle. « Ron m'a raconté, il a tout vu. »

« Et où est Lestrange ? »

« En prison avec son mari, elle va recevoir le baiser du détraqueur. »

« Elle ne fera plus jamais de mal à personne et c'est grâce à Nikita ! Aucun d'entre nous, sauf peut-être les professeurs Snape, Kazakov, Dumbledore et McGonagall, n'aurait pu les maîtriser tous les deux, tout en sauvant autant de vies. »

« Pourquoi tu ne nous as pas prévenu que tu étais rentré ? » enchaîna la mère.

« Pourquoi l'aurais-je fais alors que je repartais dès ce soir ? »

« Tu ne comptais même pas venir nous voir ? » sanglota encore Molly.

« Je n'en avais pas le temps. Mon Portoloin s'enclenchait dès la fin de mon rendez-vous avec Nikita. »

« Et tu préfères voir un parfait étranger plutôt que ta propre famille ?! »

« Nikita n'est pas un étranger ! » clama Charlie depuis son lit.

« C'est moi qui t'ai mise au monde, tu es mon bébé... Quand tu es parti si loin, j'ai cru que ce n'était qu'une passade et que tu reviendrais vite auprès de nous. Mais tu es resté là-bas... Tu ne rentrais jamais, je pensais que c'était ton travail qui te prenait trop de temps, qu'il était trop prenant, mais Ron m'a dit que tu rentrais quasiment tous les week-end à Pré-Au-Lard. Et chaque week-end j'espérais te voir. J'espérais que tu viendrais nous dire bonjour mais tu n'es pas venu une seule fois. »

« Et pourquoi d'après toi ? » explosa Charlie. « Maman, je t'aime. Tu es ma mère et rien ne changera ça. Mais … désolé de te le dire : je n'ai aucune envie de te voir tous les week-end. Si je suis parti c'était, justement, pour ne plus t'avoir sur le dos en permanence. Tu t'occupais de mes fréquentations, de mes relations avec les femmes et quand je refusais de me couper les cheveux ... tu venais les couper dans mon sommeil ! Tu as même essayé de me fiancer à cette face de poisson boullu de Geneviève Globopois ! »

Malgré les circonstances, Monsieur Weasley pouffa à la mention du poisson boullu.

« Et tout ça, juste parce que tu t'entendais bien avec sa mère ! Tu as toujours voulu contrôler nos vies. Tu nous a chouchouté et bichonné jusqu'à ce que le bébé suivant vienne au monde, nous laissant au soin de papa. Pourquoi Bill est parti aussi loin d'après toi ? Pourquoi je suis parti ? Car tu as toujours eu besoin de nous contrôler. Tu nous étouffes et pourtant tu ne fais absolument pas attention à nos besoins. Pourquoi Percy est parti grimper les échelons du ministère ? Parce que dans toute la famille, il est celui qui a toujours eu le plus besoin de reconnaissance et d'attention, mais comme tu ne lui en apportais plus après la naissance des autres, il est parti en chercher auprès de ces pourris de bureaucrates. Pourquoi Fred et Georges, qui sont en passe de devenir les plus jeunes inventeurs et gérants d'entreprise depuis des siècles, ne t'ont pas tenu au courant ? Parce que tu essaies de les pousser dans une carrière qu'ils exècrent, juste parce que c'est celle qui te convient mieux. Ils ont abandonné l'idée d'avoir ton approbation depuis bien longtemps. Et as-tu remarqué que depuis la disparition d'Harry, Ron était en dépression ? Ron a toujours été paumé ! Il n'avait pas de talent particulier, il n'avait pas de place et d'un coup il l'a trouvé. Il n'était rien et du jour au lendemain il s'est retrouvé propulsé au rang de meilleur ami du Survivant. Mais cette place qu'il avait trouvée, lui a été retirée l'année dernière ! Sans oublier qu'en plus de son meilleur ami, auquel il était profondément attaché, il a perdu cette fameuse place au sein de la famille. Depuis il ne s'exprime que par la violence, il ne parle plus, ne fait que hurler et grogner. Dumbledore vous a prévenu de son dernier exploit ? »

Arthur, un peu pâle, fit un signe pour confirmer ce que Charlie savait déjà : ils n'étaient pas au courant.

« Non, bien sûr que non... Pour résumer : avec une dizaine d'autres étudiants, ils ont tendu une embuscade à Nikita, avec pour seul motif qu'il était le fils du bâtard graisseux. L'objectif était, je cite : "Te faire souffrir jusqu'à ce que tu deviennes un légume pour que tu ne puisses pas parler". Ron n'a lancé que quelques sorts, il n'a pas eu le courage d'y aller jusqu'au bout mais il était apparemment partant sur le principe ! Si Nikita l'a épargné du carnage qui en a résulté c'est pour, je cite encore "Par respect pour ses frères". D'après vous, qui a bien pu me raconter une chose pareille ? Nikita m'aurait-il menti en me racontant cette histoire pour s'attirer ma sympathie ? Et bien non. Figurez-vous que je tiens ça de Hermione, Nikita ne m'en a jamais dit un mot ! D'ailleurs, Hermione l'a quitté après ça, et il va de plus en plus mal ! »

Molly avait la main devant sa bouche, les yeux écarquillés, alors qu'Arthur serrait les poings. Pourquoi personne ne l'avait prévenu ?

« Mais pour finir sur une note plus joyeuse parlons de Ginny ! » Enchaîna Charlie, le ton plein d'ironie en s'adressant particulièrement à sa mère. « Tout va bien avec Ginny, elle est heureuse dans sa vie Ginny. Elle a de bonnes notes sans trop se fouler, elle a reprit le poste d'attrapeuse chez les Gryffondors. Et pourquoi tout va bien pour elle ? Pourquoi elle ne partira jamais loin de toi ? Parce que c'est la dernière, parce qu'elle est gâtée et qu'elle devient une vraie pimbêche à cause de ça. Alors maman, je t'aime, j'aime mes frères, ma sœur, j'aime mon père, mais ne fait pas comme si nous étions une famille unie, ne fait pas comme si le problème de notre éloignement était Nikita, ou même Fleur, car ils sont juste les raisons de notre bonheur. »

A la fin de son discours, Charlie était essoufflé et les larmes qu'il retenait menaçaient de couler. Son père n'avait même pas essayé de les retenir et sa mère était statufiée sur sa chaise. Personne ne parla jusqu'à ce que le patriarche Weasley ne se racle la gorge.

« Hum... Ce Nikita... Tu... Tu l'aimes ? » Les yeux de Charlie se mirent à briller.

« Oui papa. »

« Alors c'est tout ce qui compte, » déclara Arthur en serrant son fils dans ses bras. Celui-ci poussa un soupir de soulagement. Il avait toujours été très proche de son père, ils avaient une relation très fusionnelle et, il ne le dirait certainement pas à sa mère, mais durant les week-end où Charlie venait voir Nikita il passait souvent par le bureau de son père pour un rapide salut.

Lorsqu'il était bébé, il était chouchouté par sa mère. Son frère, lui, passait tout son temps avec son père. Il était un enfant calme et sage qui ne demandait pas grand chose de plus que ses repas et un peu d'attention. Mais lorsqu'il eut quatre ans, sa mère accoucha de Percy. Percy était un enfant à la santé fragile, qui demandait toujours quelqu'un auprès de lui. Alors Charlie avait été relégué au second plan. Avec Bill. C'est à ce moment là que Charlie s'était rendu compte qu'il n'était pas le seul membre de la famille. Il avait aussi un frère et un père.

C'était bête de penser ça mais à quatre ans, son attention était uniquement tourné vers la femme qui remplissait son quotidien, par sa présence et son amour. L'arrivée de Percy avait tout changé, et il l'avait très mal vécu. Bien plus mal que Bill lorsqu'il avait vécu son arrivé, car lui n'avait que deux ans à ce moment-là. Lorsqu'il rêvait que sa mère l'abandonnait, c'était son père qui venait le bercer. Oh bien sûr, Charlie n'en voulait pas à sa mère. Elle s'occupait de son autre fils qui était souvent malade et avait besoin d'elle, mais la blessure que cela avait engendré ne s'était jamais vraiment refermée.

Cela-dit, il ne le regrettait pas. Grâce à ça, il avait découvert l'amour de son père et, au fil des années, il s'était rapproché de lui. Bill avait un peu le même caractère que lui, calme, aimant la nature, la lecture, mais aussi les énigmes et les mystères. Très souvent ils partaient tous les deux avec leur père, pour des randonnées dans les forêts alentour de Loutry Ste Chaspoule. Comme Arthur aimait les plantes et la pêche, il leur apprenait tout ce qu'il savait et c'est un peu grâce à lui qu'ils étaient devenus des étudiants curieux et brillants.

A l'arrivée des jumeaux, Percy ne s'était pas rapproché d'eux, comme ils l'avaient pensé. Il n'avait que deux ans à la naissance de Fred et Georges, mais il avait toujours une santé fragile. Résultat, il s'était un peu plus replié sur lui même, parlant peu et passant beaucoup de temps à regarder des livres d'images. Les jumeaux s'étaient, plus ou moins, élevés tout seuls. Molly désespérait d'être utile pour eux, mais ils n'avaient pas besoin de soin comme Percy ou d'attention comme Charlie. Alors elle s'était tournée vers le prochain qu'elle attendait avec impatience : Ronald.

Ron était un bébé calme, poussant d'immenses colères lorsqu'il était contrarié mais plutôt joyeux et souriant, en temps normal. Il n'avait cependant pas passé beaucoup de temps avec sa mère, car un an plus tard, Ginny était arrivée. Ginny la princesse. Ginny la poupée. Charlie était déjà avec son frère à Poudlard à ce moment-là, et ne voyait ses frères et soeur que pour les vacances. Ce qui lui allait très bien.

Pendant sa scolarité à Poudlard, son père lui manquait énormément mais ça avait solidifié son lien avec Bill. Ils étaient des confidents, des amis, des frères, des soutiens. Ils pouvaient toujours compter l'un sur l'autre et ce n'était pas rare qu'ils demandent à rester dans le calme de Poudlard pendant les vacances scolaires. Loin du vacarme du Terrier, du contrôle de Molly et de l'agitation ambiante. Finalement, celui qui en avait le plus souffert c'était Arthur : ses deux fils partis, il avait trouvé la maison étonnement vide. Heureusement que les jumeaux étaient toujours là pour le faire rire. Percy était toujours dans sa chambre, tandis que Ron et Ginny gravitaient autour de Molly en permanence. Ses fils aînés lui avaient beaucoup manqué et lui manquaient toujours.

En revenant à l'instant présent, Arthur relâcha son fils tout en restant près de lui. Il pouvait voir dans ses yeux tout l'amour qu'il portait au jeune homme qu'il avait sauvé. Charlie était comme ça depuis tout petit. C'était un passionné. Lorsqu'il aimait quelque chose ou quelqu'un il y consacrait sa vie et son âme. Comme sa passion pour les dragons. Il avait huit ans quand il avait ouvert un livre sur les dragons. Il était tombé sur une image animée représentant un Suédois à museau court. Il avait regardé de longues minutes le poitrail puissant de la bête, couvert d'écailles bleu argent, puis les immenses flammes bleues incandescentes sortant de sa puissante mâchoire. Il avait alors relevé sa frimousse d'enfant vers son père et avait dit : C'est c'que je veux. Depuis ce jour, il avait tout donné pour atteindre son but, et il avait réussi. S'il s'opposait à son amour pour Nikita -chose qu'il ne comptait pas faire, de tout manière- il perdrait son fils, et ça, il en était hors de question.

« Je suis tellement fier de toi Charlie. Tu es devenu un homme fort, brillant, gentil, ambitieux. Tu es tout ce dont un père pourrait rêver. Et si tu penses que ce garçon est celui qui te correspond, je suis de tout cœur avec toi. »

Il déposa un baiser sur le front de son fils, comme il ne l'avait plus fait depuis son entrée à Poudlard et se tourna vers Molly, toujours prostrée sur sa chaise, le regard vide et les yeux humides.

« Nous devons rentrer. Je dois appeler Bill pour lui dire que tu es blessé. Il nous en voudrait si on ne le tenait pas au courant... Viens Molly, » dit-il en soutenant sa femme pour l'aider à se lever.

Une fois la porte refermée sur ses parents, Charlie s'effondra dans son lit en expirant profondément. Sa blessure le tiraillait et il avait l'impression que ses os étaient broyés. Il avait lutté longtemps contre la douleur pour pouvoir dire la vérité à sa famille. Mais maintenant que la pression retombait, il avait envie de vomir et sentait la terre tourner.

L'infirmière arriva tout de suite sous le regard surpris du jeune homme. Comprenant la question qui lui brûlait les lèvres, elle répondit :

« Vous n'étiez pas en danger de mort et moi vivante, je ne mettrais jamais les pieds dans une pièce ou il y a trois Snape mécontents et une Molly Weasley au bord de la crise de nerf. On a beau me surnommer "Le dragon de l'infirmerie", je ne suis pas un dragon-fou. Maintenant, buvez-moi ça ! »

.oOo.

En sortant de la pièce, Nikita était allé directement dans la salle va et vient. Il avait demandé sa salle d'entraînement habituelle et avait laissé éclater sa rage, sa tristesse et ses doutes sur les malheureux mannequins qu'il explosait les uns après les autres. Il savait que Misha était aussi dans le pièce et qu'il veillait sur lui, mais actuellement il n'en avait rien à faire, tout ce qu'il voulait c'était libérer de tout ce poids qui pesait sur ses épaules.

Il ne mit cependant pas longtemps avant d'être épuisé. Son combat contre Bellatrix l'avait beaucoup affaibli et il n'était pas totalement remis. Il eut un vertige et sentit la poigne ferme de Misha autour de son corps, l'empêchant de tomber. Lové contre son frère, soutenu par ses bras puissants, Nikita se laissa aller complètement et se mit à pleurer. Toutes les émotions de ses dernières heures revenant en force, il laissa ses larmes imprégner les capes sombres du vampire. Les premières larmes furent pour la sensation de douceur et d'amour lorsque Charlie l'avait embrassé. Les suivantes pour la peur d'un acte aussi intime et de ce que ça engendrerait.

Plusieurs émotions se succédèrent dans sa tête. La peur de se retrouver confronté au désir d'un homme. La terreur face aux explosions qui les avaient surpris. L'excitation devant un nouveau combat. La haine qui l'avait submergé en se retrouvant face à la femme qui avait tué son parrain. La vengeance. La colère. Encore de la peur. La peur de perdre Charlie, qu'il meurt par sa faute. Le soulagement d'avoir réussi à le sauver. Puis une grande tristesse face à son implication dans ce qui aurait pu être un nouveau drame, si Charlie était décédé. Il pleura longtemps. Et à bout de force, il s'endormit dans les bras du vampire.

Misha souleva son frère comme une mariée et disparut dans les ombres pour apparaître devant la porte des appartement des Snape. Il entra sans frapper et, sans un regard pour les occupants, emmena Nikita dans sa chambre. Il le posa sur son lit, le déshabilla et lui mit un pyjama propre en soie. Il fit glisser les couvertures pour le recouvrir, avant de poser ses lèvres sur son front en entonnant une incantation dans sa langue pour bénir son sommeil. Il quitta ensuite la pièce en fermant doucement la porte.

C'est à ce moment-là qu'il fit attention aux personnes présentes. Lord Malfoy, dans ses robes noires, avait l'air blessé et se faisait soigner par une Vlada nerveuse. Severus apportait des potions pour son ami, Remus faisait les cents pas dans le salon et Draco était pâle comme la mort, assit dans un fauteuil. Severus s'arrêta et demanda des nouvelles de son fils à Misha, qui répondit d'une voix froide :

« Il va bien, il est juste épuisé. Je peux savoir ce qu'il s'est passé ? »

« Quelques secondes avant l'attaque, on a reçu un Patronus de Lucius. Il était trop tard pour faire rentrer les élèves mais pas pour se tenir prêt. Je suis tout de suite parti à la recherche de Nikita mais Avery m'est tombé dessus. D'autres se sont joints à lui ensuite. Il voulait tous la tête du traître. Je n'ai pu que me protéger, quand l'Ordre et les Aurors sont arrivés à mon niveau ils se sont éparpillé, j'ai repris mon chemin et je suis arrivé au moment où Weasley s'est jeté pour prendre un sort à la place de Nikita. C'est à ce moment-là qu'il s'est mit en colère et qu'il a lancé son bouclier. Il a soigné Charlie et il est tombé inconscient. Je l'ai à mon tour soigné et l'ai emmené à l'infirmerie. Et toi ? Pourquoi tu n'étais pas avec lui ? »

« J'ai senti que Nikita était en danger mais il m'a demandé de ne pas intervenir… Des vampires m'ont attaqués, ce n'était pas des sangs-purs et ils n'étaient pas très puissants mais ils étaient quatre. Je savais que Nikita s'en sortait bien alors je les ai éloignés pour qu'ils ne blessent personne. Ils avaient pour ordre de me tuer, ou au moins de me capturer. Je pense qu'ils devaient faire ça pour avoir le champ libre avec Nikita. J'en ai capturé trois, le plus puissant s'est échappé. Je les ai ensuite livrés à mon clan. Je ne sais pas ce qu'ils pourront en tirer. »

« S'ils devaient t'éloigner de lui c'est que Voldemort sait que vous êtes frères de morsure. Si son objectif était Nikita, il va recommencer... »

« Pourquoi voudrait-il ton fils ? » demanda Lucius.

« Pour m'avoir moi, ou en tout cas pour se venger de moi. Il espère sûrement avoir la famille Kazakov à sa botte aussi, il ne sait peut-être pas que Vlada a été reniée. Quoi que, si les Kazakov prennent connaissance de la puissance de Nikita, peut-être qu'ils vont revoir leur point de vue... »

« Qu'ils essaient ! » grogna férocement Vlada.

« Et puis... Nikita est puissant, le Lord Noir le sait. C'est un guerrier russe et il aimerait sûrement le faire plier et l'avoir dans son camp... »

Un silence pesant s'abattit sur le groupe, qui intégrait peu à peu l'enjeu de la capture de Nikita.

.oOo.

Quand Nikita se réveilla le matin suivant, il n'avait qu'une obsession : Aller voir Charlie. Il n'eut même pas besoin de son café matinal pour avoir les idées claires. Il sortit de sa chambre après s'être habillé, pour demander à ses parents des nouvelles des Mangemorts capturés et si tous ses amis allaient bien. Après une réponse brève, sans prendre son petit-déjeuner il sortit de l'appartement et se mit à courir en direction de l'infirmerie.

Il s'arrêta une minute devant la porte de celle-ci pour reprendre contenance. Une fois qu'il fut un peu plus serein, il ouvrit doucement la porte. Il vit les nombreux paravents qu'il n'avait pas remarqués hier dans sa précipitation. L'attaque avait sûrement fait beaucoup de blessés... Il espérait que quelqu'un hier ait pensé à mettre un sort d'intimité pendant leur discussion. Il s'approcha de l'endroit, où il savait qu'il trouverait Charlie, et passa derrière le rideau.

Il était là, dans son pyjama d'infirmerie, paisiblement endormi. Il était allongé sur le ventre, la tête sur le côté, les bras sous l'oreiller. Le drap du lit avait glissé en bas de ses reins et son haut de pyjama d'infirmerie, très peu seyant, blanc à rayures bleues, remontait juste assez pour laisser voir le large bandage qui entourait son torse.

Nikita s'approcha lentement du visage de Charlie qui était tourné vers lui. Il était comme ... fasciné par les traits détendus du visage de son... Ami ? Petit-ami ? Amoureux ? Il n'en savait trop rien. Il leva lentement sa main pour toucher d'une caresse aérienne le visage paisible de Charlie.

Celui-ci frissonna et Nikita retira vivement sa main. N'obtenant aucune nouvelle réaction, il refit le même geste plusieurs fois, comme pour graver ses traits dans sa mémoire. Au bout de quelques minutes de ce traitement, Charlie ouvrit les yeux pour les plonger dans les orbes noires de Nikita.

« Suis-je en train de rêver ? » demanda-t-il d'une voix fatiguée.

Nikita retira brusquement sa main et rougit légèrement de gêne. Bien loin de s'en offusquer, le dragonnier trouva cette réaction adorable. Il se retourna sur le dos, regardant toujours le plus jeune

« Bonjour, » murmura Nikita.

« Je suis content de te voir sur pied. Tu m'as fais peur, » répondit doucement Charlie.

« Je suis désolé... »

« Ne le soit pas, ce n'est pas de ta faute si tu as été blessé. »

« Non... Je suis désolé que tu aies failli mourir par ma faute... J'aurais dû faire plus attention, j'aurais dû savoir... »

« Arrête Nikita, ne t'en veux pas, je t'en pris... J'ai pris ma décision tout seul et je me suis interposé parce que je ne voulais pas que tu sois blessé. N'en parlons plus s'il-te-plaît. »

« Mais je... »

« Mais rien du tout ! Il y a un autre sujet que j'aimerais aborder avec toi... » dit alors Charlie avec un sourire mais aussi un peu d'appréhension dans le regard.

Nikita resta muet et il ne savait pas trop si c'était bon signe. Charlie tendit doucement la main, laissant la possibilité à Nikita de se reculer. Ne voyant aucun signe de rejet, il prit la main du jeune homme dans la sienne et, de son autre main, donna un coup de baguette dans le lit pour que celui-ci se redresse et le place en position assise.

« Nikita... Je suis amoureux de toi, » dit-il de but en blanc. « Si je te dis ça, ce n'est pas parce que j'attends que tu me répondes la même chose, je sais que tu n'es pas dans cette optique ... mais je veux que tu le saches, parce que je ne veux pas te cacher quoi que ce soit. Le baiser que nous avons échangé hier m'a confirmé ce que je pensais. Et m'a fait espérer que peut-être... Un jour... Tu pourrais... Vouloir être avec moi... »

Nikita était perdu dans une mer de questions. Il aimait beaucoup Charlie et avait passé de magnifiques moments avec lui. Charlie était brillant, fort, intelligent, beau, tendre, intéressant et incroyablement gentil. Même dans sa vie d'avant, il avait tout de suite accroché avec lui. Bien qu'ils aient huit ans d'écart, il se sentait à l'aise avec lui. Le dragonnier avait une sorte d'aura de confiance autour de lui. Il semblait sécurisant, une épaule sur laquelle on peut s'appuyer...

Mais Nikita avait-il envie de plus ? Quelle question... Bien sûr qu'il en voulait plus ! Il s'était laissé embrasser ... et il avait voulu recommencer. Il avait tant voulu se blottir dans ses bras et se laisser aller. Comme il le faisait avec Misha, mais avec une chose en plus. L'amour. Pas de l'amour fraternel, mais de l'amour tout simplement. Sauf que l'amour allait de paire avec une attirance physique. Et ça... Nikita n'était pas sûr d'y arriver un jour. Surtout avec un homme. Il ne se savait même pas gay...

Après son expérience ratée avec Cho, il avait réfléchi à la question, les sorciers étaient plus ouverts, et rares étaient les homophobes. Les créatures magiques en étaient la cause de cette tolérance, puisque c'était la magie qui choisissait la personne qui leur correspondait le mieux et comme la magie était toute puissante... homme ou femme, peu importait, tant que l'on était heureux. Lorsqu'il était encore Harry, il avait donc réfléchi et avait décidé de ... peut-être... essayer avec un homme.

Sauf que l'expérience suivante avait tout détruit et il ne s'était plus posé de question. Les rapports sexuels étaient des actes barbares et violents, et il était hors de question qu'il en ait un jour. Puis, il y avait eu Makari, qui lui avait fait revoir ses positions. Et ensuite, le baiser de Charlie ... c'était si doux, si tendre, si surprenant pour lui qui n'était habitué qu'à la violence. Oh oui, il avait aimé. Mais suffisamment pour aller plus loin ? Car Charlie voudrait aller plus loin, un jour.

Le dragonnier regarda le débat intérieur de Nikita. Il lisait dans ses yeux toute la crainte qu'il avait. Il ne savait pas à quel sujet mais tout à coup, il crut que la terre se dérobait sous lui. Nikita ne voulait pas de lui. Il s'était trompé.

Il avait pourtant attendu longtemps avant de se déclarer, plus qu'il n'avait jamais attendu. Il était resté à l'affût du moindre indice qui lui aurait permit d'attirer les faveurs du jeune Snape. Il lui avait écrit de nombreuses lettres, avait parfois réussi à lui offrir des petits cadeaux, tel que des plumes en sucre ou des livres intéressants. Nikita était toujours heureux et le remerciait à chaque fois par d'immenses sourires, pourtant… Il n'avait jamais eu l'air de comprendre pourquoi Charlie faisait ça. Toutes ses tentatives d'approches s'étaient soldées par un échec. Cette fois… Charlie avait pensé que c'était le bon moment... Mais ce n'était visiblement pas le cas.

Il se redressa sur son lit et s'y installa à genoux, son visage au même niveau que celui du jeune Snape. De ses mains un peu calleuses et légèrement tremblantes, il prit le visage de son vis à vis en coupe et sans réfléchir à son geste, embrassa à nouveau les lèvres appétissantes face à lui.

Il l'embrassa comme si sa vie en dépendait. Il y mit tout son amour et, en sentant la réponse timide de Nikita, se mit à mordiller sa lèvre inférieure pour quémander l'entrée de sa bouche. Entrée qui lui fut accordée. Il entraîna alors son partenaire dans un baiser à couper le souffle.

Lorsqu'il relâcha enfin sa prise, il avait toujours une de ses mains sur la joue de Nikita et une autre emmêlée dans ses cheveux. Il se recula lentement sans pour autant enlever ses mains.

« Je suis désolé... je voulais simplement... Encore une fois. Juste une fois. J'ai dû me tromper quand j'ai cru... Mais c'est rien. Je peux comprendre. Je ne suis pas... » Il commençait à bafouiller.

« Charlie ! Laisse-moi m'expliquer s'il-te-plaît. » Nikita s'écarta légèrement n'étant pas à l'aise face au regard d'incompréhension du dragonnier. « Je suis perdu... Je m'étais juré de ne laisser personne entrer dans ma vie de cette façon. Je ne voulais pas avoir à faire à une nouvelle attirance. Surtout pour un garçon... J'ai eu... Une mauvaise expérience… » Charlie se crispa un moment mais se força à se détendre pour ne pas laisser voir son trouble. « Mais tu es arrivé et aujourd'hui je suis perdu, » soupira Nikita en s'asseyant à ses côtés. « Je t'apprécie. Tu me plais beaucoup... Énormément même... Mais je ne sais pas si un jour je pourrai... Devenir intime avec toi, ni avec personne d'autre... »

« Je ne te demande rien de tout ça actuellement, » dit Charlie en prenant la main de Nikita dans la sienne et en la levant devant eux. « Je ne veux rien d'autre que de savoir que tu es avec moi. Rien d'autre que quelques baisers et des rendez-vous. Je ne te forcerai à rien, Nikita. Jamais. »

« Maintenant oui, mais plus tard ? Je ne sais pas si je pourrai un jour tu sais... »

« N'y pensons pas maintenant. Nous avons le temps. » répondit Charlie avant d'inspirer un coup pour enchaîner « Alors … Est-ce que tu veux bien... tenter le coup ? »

Nikita expira profondément avant de répondre.

« Avant que je ne te donne ma réponse, il faut que je te dise qu'il y a plein de choses sur moi que tu ne sais pas. Je te les avouerai un jour. Je te raconterai tout. Mais je ne me sens pas prêt pour le moment. Et crois-moi... Tu seras choqué... »

« Tu as fini ? » demanda Charlie avec désinvolture.

« Pardon ? »

« Rien de ce que tu me diras ne me détournera de toi maintenant, » lui avoua-t-il avec un sourire étincelant avant de se pencher pour reprendre ses lèvres.

Nikita s'abandonna dans l'étreinte ferme du plus âgé et savoura ce tendre moment. Il était encore un peu tendu mais, peu à peu, il parvint à faire confiance à Charlie, dont les mains restaient chastement sur ses hanches ou montaient parfois dans ses cheveux.

« Je vois que tu es de nouveau sur pieds, » dit une voix moqueuse à l'entrée de l'infirmerie. Nikita sursauta et s'arracha à l'étreinte de Charlie pour sauter du lit en manquant de s'écraser face contre terre.

« Par les couilles de Merlin... Se faire surprendre comme un débutant... » grogna Nikita en russe.

« Salut Bill ! » salua son frère, tout en tendant une main sûre à Nikita pour qu'il revienne s'asseoir à côté de lui, sans pour autant l'enlacer.

« Je peux repasser plus tard si je dérange, » continua Bill avec un sourire en coin.

« Mais non reste, je ne t'ai pas vu depuis si longtemps ! »

« Bonjour... Nikita c'est ça ? »

« C'est bien moi ! Bonjour Bill, » répondit poliment Nikita, avant de se relever. « Je vais vous laisser vous retrouver. »

« Reste Nikita ! »

« Non, je dois rentrer. Mon père est déjà en rogne à cause d'hier... Je ne veux pas passer encore plus d'heures à récurer les chaudrons des premières années. »

« Ton père te fait récurer les chaudrons ? » demanda Charlie mi-amusé, mi-horrifié.

« Et crois-moi, c'est de loin la chose la plus gentille qu'il m'ait fait faire ! » ricana Nikita en sortant de l'infirmerie.