Message pour Skarine: Tu rentres de vacances et Elyon y est partie; c'est le fameux chassé-croisé!
Oui Holmes et Watson vont un peu s'engueuler, les dents vont grincer! C'est plus inhabituel, j'avoue que je sors un peu des sentiers battus ! Le pire sera entre Hélène et Watson! Même si de temps en temps il y aura des accalmies. Mais je m'amuse avec les dialogues et les répliques cinglantes! Le pourquoi Watson grogne sera expliqué fin 3è partie, mais Hélène le comprendra avant Holmes. L'explication du 21 février, Watson l'apprendra avec effroi dans la 4è partie...
Là, je viens de finir d'écrire mon final de la 3è et je vais repasser à l'après enquête made in Normandie... Puis je taperai la 4 et la 5. My mind rebels against stagnation!
On est deux, tu es dans mes bras
Au deuxième temps de la valse
Nous comptons tous les deux : une deux trois
Et Paris qui bat la mesure
Paris qui mesure notre émoi
Et Paris qui bat la mesure
Nous fredonne, fredonne déjà (…)
La valse à mille temps : Jacques Brel
Chapitre 35 : Valses viennoise
Nous eûmes du café et cela me fit de bien. La soirée avait été houleuse et je savais bien que Watson n'en avait pas fini avec nous ! Le silence s'était installé, ce fut Meredith qui le rompit :
- Bon, dites-moi les amoureux ? (Devant nos regards ébahis, elle ajouta) Façon de parler ! Vous savez danser ? Sherlock je sais que oui, je lui ai appris… Mais toi Hélène ?
- Nous n'avons pas besoin de savoir danser pour partir ! fis-je sur le qui-vive. On ne dansera pas de toute façon !
- Espèce de crétin ! me répliqua Meredith. Vous allez être invité à la soirée de l'ami caché de ton client ! Qui dit « réception pour les fiançailles de la fille » dit danses ! Personne ne comprendra pourquoi tu n'invites pas ta charmante épouse à danser ! Tu grilles ton enquête toi-même !
- Je sais danser Meredith ! fit Hélène. Ma tante m'avait appris à danser et à Noël, quand je suis allée chez elle, j'ai dansé avec tous ses invités ! Ils faisaient tous au moins trois fois mon âge ! Mais bon, je sais danser…
- Oui, chacun de votre côté vous savez danser ! Mais pas ensemble ! Vous devez vous exercer tous les deux ! Sinon, le jour du bal, les invités verront que vous n'êtes pas en harmonie !
- Meredith ! lui dis-je. Nous savons danser ! Pourquoi s'exercer ? Au moment de monter sur la piste on improvisera !
- Non Sherlock ! Écoute-moi pour une fois ! Vous êtes des jeunes mariés et vous êtes censé avoir dansé de nombreuses fois ensemble lorsque vous vous fréquentiez ! C'est la règle dans les bonnes familles ! Au minimum vous avez du danser à votre mariage ! Vous devez être en harmonie tout de suite quand vous vous élancerez sur la piste ! Tu ne peux pas te permettre de perdre quelques secondes pour t'accorder avec elle ! Cela fait des années que tu n'as plus dansé mon poussin, et ce n'était pas avec Hélène… Non, ne dis rien, je sais… Mais tu n'as pas le choix…
- Bien Meredith, si nous avons le temps, nous nous entraînerons…
- Tout de suite mon grand ! Ne reporte pas à plus tard, tu n'auras pas le temps ou le courage de le faire… Tu es loin d'avoir pensé à tout… Le phonographe est là et prêt à l'emploi. Vous devez faire jeune couple amoureux ! Gestes tendres et tutti quanti ! Et il faudra sûrement vous embrasser… Désolé, mais pour ça aussi vous devez vous exercer !
Hélène avait pâlit et moi aussi. Meredith ne pouvait pas savoir que je l'avais déjà embrassé… Ce ne serait pas un problème… Embrasser Hélène devant un parterre d'inconnu ne me faisait pas peur, mais devant Meredith si ! En sachant qu'elle serait présente pour la danse et le baiser, je ne pouvais m'empêcher de sentir la sueur froide dans mon dos.
- Meredith ! Tu n'y songes pas sérieusement ?
- Pourquoi devons-nous le faire ? demanda Hélène en rougissant. Personne ne nous le demandera quand même !
- Les français sont moins coincés que les anglais, plus romantique aussi… Vous êtes des jeunes mariés bon sang ! Si vous aviez dix ans de mariage, tout le monde s'en ficherait ! Ta femme est belle Sherlock ! Et en smoking tu es à tomber raide mort tellement ça te va bien ! Ils voudront le baiser des jeunes mariés ! Comme ça, ils auront vu le baiser des fiancés et celui des mariés ! Hélène, tu peux toujours reculer je pense ?
- Je crois que je vais en discuter avec mon futur époux…
- Comme tu veux ! Exercez-vous à danser d'abord, le baiser sera pour la fin…
- Meredith ! Tu vas faire détaler Hélène en courant et Watson sera heureux !
- Mais non ! Hélène a été fiancée, elle a donc du embrasser son fiancé… Oui ou non ?
- Oui, fit-elle avec une grimace de dégoût. Je n'ai pas aimé ! Surtout quand il a mit la langue… Dégoûtant ! Je suis contente d'avoir rompu !
- Encore un homme qui ne peut pas s'empêcher de vous lécher les amygdales quand il vous embrasse ! Faut toujours que certains en fassent trop ! Rassure-toi, Sherlock embrasse bien ! Attention, je n'ai jamais essayé ! Mais un jour, quelqu'un me l'a confié… (Elle poussa un soupir à fendre l'âme). Excuse-moi Sherlock ! La mélancolie me prend parfois, pour ne pas dire souvent…
- Je sais Meredith, je te connais trop bien… Je ne devrais peut-être pas aller en France et envoyer le client au diable…
- Non Sherlock ! Hélène est d'accord de payer de sa personne pour t'aider ! Alors ne tergiverse pas et en piste les enfants !
- Oui, mais…
Meredith ne me laissa pas le temps de finir ma phrase :
- Ne t'inquiète pas, je vous laisse seuls… J'attendrai dans le couloir que vous ayez fini de nous entraîner ! Pudique va ! Là bas il y aura plein de monde…
- Il n'y aura personne qui me connaîtra…
- Je te taquine mon chou ! Hélène, je te le confie ! Prends-en soin le temps de mon absence… Au fait, pour le baiser, pas besoin de faire le profond…
- Ce n'était pas mon intention Meredith ! Les autres devront se contenter d'un baiser chaste ! Nous sommes anglais non ?
- Haut les cœurs les amoureux ! Cela va vous désinhiber ! Si vous voulez vivre un mois ensemble et dans la même chambre qui plus est, il vaut mieux être décoincé. A tout à l'heure.
Meredith se dirigea vers la porte quand tout à coup elle se retourna avec un sourire égrillard et dit à l'adresse d'Hélène :
- Ton mari à un point commun avec le Christ !
- Meredith ! criais-je. Pas ça !
- Lequel ? demanda Hélène en toute innocence. On va le crucifier à l'âge de trente-trois ans ? Il va ressusciter ensuite ?
- Non ! fit-elle en riant. Je te laisse deviner !
- Meredith ! lui criais-je alors qu'elle s'enfuyait en riant. Tu me le paieras !
Hélène me regarda, un peu gênée. J'en profitai pour me diriger vers le phonographe. Tout était prêt pour commencer à danser.
- Meredith est loin de se douter que je connais ton côté « juif », fit soudain Hélène.
- Mais pourquoi as-tu parlé du prépuce de Christ toi ?
- Je ne savais pas ce que ce mot voulait dire quand Cameron l'a prononcé ! J'ai entendu Meredith qui toussait derrière moi, mais je n'ai pas fait le rapprochement ! Tu m'avais parlé d'un « morceau de peau » qu'on t'avait coupé, tu n'as pas utilisé le mot savant ! Je n'ai donc pas pensé à mal quand je l'ai dit… Tu m'invites à danser pour finir ?
- Oui, volontiers mademoiselle, lui répondit-je en enclenchant le phonographe. Nous commencerons par un rythme lent, pas de valses endiablées pour débuter.
Je la pris par la main et l'entraînai au milieu de la pièce. Nous eûmes quelques petits soucis pour le départ…La position de nos mains en premier lieu. Je ne savais pas trop où les placer pour rester correct et elle de même, ses mains se placèrent à divers endroits dans mon dos.
- Meredith avait raison, me glissa-t-elle dans l'oreille. Nous n'avons pas l'habitude de danser ensemble et ça se voit !
- Elle a bien souvent raison ! Mais puisque nous sommes presque marié, je suggère que nous mettions nos mains de manière plus sensuelle… Nous sommes amoureux fou l'un de l'autre ! Il faut que les gens présent le devinent aisément.
Ses mains se déplacèrent et elle se serra un peu plus contre moi. J'en fis de même et mes mains lui étreignirent la taille. Nous eûmes aussi un peu de mal pour accorder nos pas et tout compte fait, il fallu du temps pour être en harmonie et accorder nos pas.
- Merci Meredith, fis-je tout haut. Sans toi, nous aurions eu l'air malin sur la piste de danse ! Elle va encore s'en gausser pendant des années et me charrier sans vergogne !
- Tu as une amie délicieuse Sherlock et nous n'avons pas été très correct envers elle. Ne devrais-je pas lui dire que je ne suis plus une oie blanche à cause de ce que l'autre salopard m'a fait ?
- En effet ! Mais il est trop tôt pour en parler… Lorsque nous serons revenus… Je lui dirai que tu voulais en parler mais que j'ai préféré attendre. Nous devrons aussi nous mettre d'accord sur ce que nous allons lui dire…
- Sans doute… Tu es meilleur cavalier que les danseurs qui étaient chez ma tante !
- Etonnant… je croyais que c'était toi la cavalière…
- Pervers ! me répondit-elle en me fusillant du regard.
Le tempo augmenta et je la fis valser plus vite. Elle était bonne danseuse et me suivait en parfaite harmonie. Décidemment, nous trouvions nos marques un peu trop vite à mon goût.
- Je voulais parler du cheval que tu comptais acheter pour visiter la région !
- Bien sûr ! fit-elle en me faisant un pauvre sourire. Je ne l'ai pas fait, cela ne servait à rien d'acheter un cheval si je devais ensuite m'exiler de longs mois à Londres… J'ai eu raison d'attendre…Mais vu qu'un voisin à la jambe cassée, j'ai pu emprunter son cheval pour sillonner la région.
- Désolé, je ne voulais pas te rappeler ton état… Au fait, ton télégramme, je l'ai reçu le 14 au soir. Bien joué le coup de la « société colombophile » comme expéditeur !
- Oui, je suis allé le poster dans une autre ville et je l'ai expédié sous le nom de cette société. J'avais peur qu'il ne tombe entre les mains de Watson. S'il voyait un télégramme venant de moi… à la fin, il aurait peut-être compris le sens du code.
- Tu as bien fait ! Rusé petit renard va ! Watson l'avait lu car le texte l'avait intrigué. Si tu n'avais pas fait ça, je pense qu'il aurait tiqué !
- Oui, et je suis dans de beaux draps moi ! J'ai du retard ! Pas de doute sur mon état. Oh grands dieux ! (Je vis ses yeux s'embuer de larme).
- Changeons de sujet. Nous en rediscuterons plus tard. Tu as toujours ta tenue d'homme ?
Je l'entendis respirer un grand coup et ravaler les sanglots qui étaient montés. Je n'étais pas un goujat mais cela ne servait à rien de discuter de ça ici.
- Absolument ! Et dans ma petite valise en plus ! C'est ce que j'ai porté pour me déguiser en lad. Je dois l'emmener en France ?
- Oui, et t'en faire confectionner deux ou trois autres, on ne sait jamais… Plus une tenue masculine pour monter à cheval. Nous devrons explorer la région et le propriétaire de l'auberge loue des chevaux.
- Tu sais monter à cheval ?
- Mon père en possédait beaucoup. Et les siens étaient toujours des pures merveilles ! Tu es toujours partante ?
- Sherlock, tous les jours, j'ai touché le fond ! Le vin ne me fait pas oublier, que du contraire, et je n'ai pas droit à la cocaïne moi. Les souvenirs me hantent la journée, la nuit ce sont les cauchemars ! Je me suis plongée dans l'étude de français et du latin pour essayer de ne plus y songer… Je me suis plongée dans des bouquins et j'ai étudié n'importe quel sujet qui m'intéressait un peu ! J'ai lu des tonnes de livres ! Je dois être comme toi : j'ai besoin de m'occuper l'esprit pour ne plus penser ! Alors, ce voyage en France, c'est du pain béni comme dirait ton amie. Je l'aime bien Meredith… je suis contente d'avoir fait sa connaissance… et vu mon retard, je devrai rester à Londres à mon retour… Tes deux amies sont formidables. Amélia m'a couvé tout à l'heure ! Pire qu'une mère poule !
- Je te confirme qu'avec Amélia dans les parages, tu ne manqueras de rien ! Elle te gavera sous prétexte que tu es trop mince… Au fait, tu as remarqué ? Nous avons discuté pendant que la musique jouait et sans être attentif, pourtant, nous avons suivi le tempo…
- Normal ! Nous sommes des mélomanes ! Et champion de la valse !
- Modeste aussi ! Ah ! Nous sommes à la fin de l'entraînement ! Nous en referons quelques unes pour être parfaitement au point. Je demanderai à Andrew de passer toutes les danses en revue avec toi pour être sûr que tu les connaisses parfaitement. Je t'épargnerai le baiser, je pense que de ce côté-là nous sommes au point…
- Je le pense aussi ! Nous faisons rentrer Meredith ? La pauvre, dans le couloir…
Je me dirigeai vers la porte d'entrée et fis signe à Meredith de revenir. Elle se promenait dans le couloir et me fit un petit sourire en me voyant.
Hélène s'était rassise à table et j'en fis de même. Mon amie arriva quelques secondes après et nous regarda tous les deux.
- Vous ne vous êtes pas embrassé tous les deux !
- Nous avons dansé et je l'ai embrassé à la fin, lui répondis-je.
- Menteur ! Si vous l'aviez fait, vous seriez en train de regarder vos chaussures ! Où est la gêne qui devrait marquer votre visage ? Allez ! Je repars dans la pièce à côté et vous avez intérêt à le faire les enfants !
Elle s'en alla dans un froufrou de tissu et nous retrouvâmes tous les deux comme des imbéciles. On ne trichait pas avec Meredith !
- Puisqu'il le faut, fis-je un peu gêné. Viens Hélène, nous allons nous sacrifier au devoir conjugal !
Elle se leva, se dirigea timidement vers mes bras et je l'enlaçai délicatement.
- J'ai l'impression que toi comme moi sommes un peu gauche…me dit-elle.
- Le fait que quelqu'un sera au courant de ce que nous venons de faire…
Hélène hocha la tête pour me signifier que j'avais sans doute raison. Sa tête se posa sur ma poitrine et je lui embrassai les cheveux. Puis, je lui pris le menton entre mes doigts et lui levai la tête vers moi.
Ses beaux yeux émeraude étaient nostalgiques mais elle me fit quand même un petit sourire. J'eu même droit à un petit clin d'œil complice. Ce fut le signe que j'attendais, je me penchai vers elle et l'embrassai doucement. Pas de folie !
Quand ses lèvres se collèrent aux miennes je me rendis compte qu'elle m'avait manqué plus que je ne voulais bien me l'avouer.
Nous aurions du nous contenter d'un petit baiser mais je n'arrivais pas à détacher mes lèvres des siennes.
Je la senti se coller plus contre moi et ses mains descendirent sur mes fesses.
Le baiser devint plus passionné, beaucoup trop passionné ! L'excitation me gagna et le sang afflua dans mon entre jambe.
Je me reculai d'elle un peu brusquement et elle fut surprise. Mon souffle était court et mon pantalon me serrait.
- Nous allons en rester là ce soir ! Meredith avait demandé un petit baiser et elle va se demander pourquoi nous sommes si longs…
- Si longs ? fit Hélène en baissant les yeux vers mon pantalon. Le « grand exalté » se souvient de moi… (Elle me sourit de manière fort grivoise, si Watson avait vu ce sourire, il en serait tombé de sa chaise !).
- Je vais m'asseoir ! Meredith ne doit pas voir ça ! Je te laisse le soin d'aller la rechercher.
Assis à la table, j'en profitai pour me servir un verre de vin. Quand Meredith posa les yeux sur moi elle fut satisfaite.
- Maintenant, je suis sûre que vous vous êtes embrassé, fit-elle en rigolant. Alors Hélène, ça va ? Tu survivras ?
- Heu… lui dit-elle en rougissant. J'ai connu pire…
- Mon pauvre poussin ! fit Meredith en posant sa main sur mon épaule. Ce n'est pas à ton avantage un commentaire pareil ! Et toi mon grand ?
Ce fut Hélène qui répondit à ma place :
« Il peut répondre qu'il a connu mieux… »
- Pas de comparaisons douteuses mesdames ! dis-je pour couper au court. C'est professionnel ! Nous n'allons pas nous attarder sur le sujet… Meredith, tu feras les achats avec Hélène demain. Je vais te passer la liste de ce qu'il nous faut. Andrew s'occupera des fournitures de matériel. Vous aurez votre journée pour écumer les boutiques !
- Si on m'avait dit qu'un jour je ferais les magasins avec une jeune fille du beau monde… moi qui vient du ruisseau ! Je ne l'aurais pas cru !
- L'origine des gens m'importe peu, lui répondit Hélène en posant sa main sur la sienne. Je m'entends bien avec toi et c'est tout ce qui compte ! J'ai bien l'intention de rester à Londres à mon retour.
- Merci Hélène, ça me touche !
- Pas d'effusion mesdames !
Meredith me colla une claque méchante dans le dos et me dit :
- Oh ça va ! Pas besoin de sortir les mouchoirs, rassure-toi ! Par contre, je voulais savoir si Hélène a un bon entraînement physique pour te suivre…
- Je pense que je suis au point pour courir le marathon ! Oui, je vous explique : un des voisins de ma tante, monsieur Stevens, possède trois grands chiens qui ont besoin d'une longue promenade au matin… et monsieur Stevens a la jambe cassée depuis six semaines ! C'est lui dont je t'ai parlé. Donc, je me suis proposée pour promener ses chiens le matin et l'après-midi, deux heures à chaque fois. Et trois fois par semaine, je suis partie avec eux toute la journée ! Dix heures de marche plus ou moins…
- Sans te perdre ? demanda Meredith.
- Les cartes et les boussoles n'ont pas été inventées pour les chiens ! Les chiens sont rentrés fatigués et moi aussi… Pareil pour son jeune cheval, vu qu'il ne peut pas bouger, je l'ai monté et j'ai fait des ballades d'une journée ! Et j'ai marché aussi à côté de ma monture… Je pense que je suis apte à aller courir la campagne normande…
Pas besoin de me faire un dessin, je comprenais bien pourquoi elle avait fait une débauche d'efforts physique… D'autre femme avait perdu leur enfant pour moins que ça ! Mais chez elle, il s'accrochait !
- L'autre voisin de ma tante, reprit Hélène, s'est occupé de mon érudition. Il a quatre-vingts ans et c'est un ancien professeur d'histoire d'université. Il vient boire un cognac chez ma tante tous les soirs – et ce, depuis des années – et il m'enseigne tout ce qu'il sait ! Je l'adore… je pense que je vais lui manquer… Alors, suis-je au point ?
- Et bien Sherlock, tu as bien choisi ton assistante ! Je comprends que ton ami est un peu jaloux…elle en sait plus que lui tout en ayant au moins dix ans de moins !
- Watson n'est pas un imbécile ! Loin de là ! Le problème est qu'il voit la même chose que moi mais n'en tire pas de conclusions… Hélène a une bonne mémoire et Watson a d'autres qualités ! Notamment dans le tir au pistolet…
- Ce n'est pas vraiment de ma compétence, me répondit Hélène en souriant. Je lui laisse ce domaine ! Bien, que fait-on maintenant mon cher et futur époux ?
- Il est tard et il est temps d'aller au lit ! Vous quitterez l'hôtel demain, restez discrète pour le retour chez Andrew, ainsi que pour les achats. Je ne pense pas qu'ils se doutent de quoi que soit mais on ne sait jamais… Tu demanderas à Amélia de lui faire réviser son français ! Moi, je vais me concentrer sur l'étude des œuvres d'art. Tenez Hélène, un petit livre sur la gastronomie française ! (Je sortis le livre emprunté à Amélia et le lui donnai) Il est en français, à vous de le comprendre. Amélia vous aidera à le traduire si jamais.
- Les prénoms Sherlock ! fit soudain Meredith. Je suppose que tu ne gardes pas le tien ? Trop exclusif !
- En effet ! Mais je vais laisser le soin à ma future femme de me choisir un prénom, c'est quand même elle qui l'utilisera ! Toi Hélène, tu peux garder le tien sans problème.
- Laisse-moi réfléchir… J'aime bien le prénom de William…
Meredith et moi, en entendant le prénom choisit avions pâli. Hélène n'étant pas au courant de toute ma vie, c'était par le plus grand des hasards qu'elle avait choisi ce prénom…
- Qu'est-ce qu'il vous arrive tous les deux ? Vous êtes pâle comme des morts ! Je peux changer de prénom si vous n'aimez pas…Je l'avais choisi en pensant à Shakespeare puisque Sherlock et moi connaissons ses pièces et les apprécions…
Moi aussi, un jour lointain, j'avais pensé à Shakespeare… Meredith me fit un petit regard de chien battu tout en guettant ma réponse.
- Non Hélène, ne faites pas attention à nos têtes. Le prénom est bien et je le garde ! Rajoutez Alexander après William, cela fera plus bourgeois !
- William Alexander Ramsay ? Bien… Je suis contente de garder mon prénom. Et pour les repas chez les bourgeois ? Moi, j'ai l'habitude des bonnes manières… Mais toi ?
- Tu ne devras pas l'éduquer ! fit Meredith en rigolant. Il n'a pas l'air comme ça, mais il vient lui aussi de la bonne société ! Son père a un manoir ! Sherlock sait se tenir à table quand il y est obligé ! Même s'il déteste toutes ces mondanités !
- Merci Meredith ! Balance toute ma vie tant que tu y es ! Bon, mesdames, je vous quitte ! Vous passez la nuit dans une des suites ?
- Oui et une magnifique suite en plus ! Génial ! Le tout est de la regagner en toute discrétion… Tiens-nous au courant du jour du départ. Nous avons des choses à faire et je sais ce que je dois faire !
J'embrassai Meredith sur la joue et quand ce fut au tour d'Hélène, je me senti de nouveau gauche. Je lui refis donc un baisemain et lui souhaitai de passer une bonne nuit.
Le directeur me fit sortir et je marchai un peu dans l'air froid pour me remettre l'esprit en place. Avais-je bien fait ? Je n'en savais rien, mais sans doute que non. La petite voix de la raison ne me disait plus rien… Le capitaine avait de nouveau déserté le poste de pilotage… J'étais content d'avoir revu Hélène et content de partir avec elle… Pourtant, je n'étais pas amoureux d'elle…Je l'appréciais beaucoup ça c'est sûr ! Mais que m'arrivait-il ces derniers temps ?
