coucou les gens voici la suite journalière, je vous remercie de me suivre et vous invite à lire notre os à ma jumelle et moi même, le gardien de mes nuits, voila bonne soirée et que la force Castlélienne soit avec vous !


Chapitre 29 : Un choix difficile

JayJ'étais derrière la porte du bureau de mon père, comme il l'avait expressément exigé. Il était 18 heures, j'étais donc à l'heure. Bien que je me serais passé de cette rencontre, je ne pouvais pas y couper, préférant éviter de m'attirer les foudres paternelles, même si son opinion m'importait peu à présent, je devais continuer à faire illusion. Je pris une grande inspiration et frappai à la porte. J'entendis un bruit sourd, comme si l'on venait de jeter un objet lourd à terre, puis plus rien. Enfin des pas se firent entendre derrière la porte, et mon père ouvrit la porte assez brusquement, comme si je le dérangeais, alors que c'était lui qui m'avait convoqué. Suspicieux, je l'observa attentivement, et le vis se remettre une mèche de cheveux.

- Fils très ponctuel j'aime cela, entre.

Je le regardai en coin, soupçonneux, car jamais il ne se déplaçait pour ouvrir la porte. J'entrai dans son bureau, me demandant ce qu'il tramait derrière mon dos, sachant d'avance que quoi que ce soit, cela ne me plairait pas.

- Voila fils, laisses-moi te présenter ta future épouse, Shinta Young !

Me tournant vers elle, je la saluai, et elle s'inclina devant moi.

- En… enchantée M. Wong.

Je n'aimais pas qu'elle m'appelle ainsi. Wong, c'était mon père. Ou du moins, celui que j'avais toujours pris pour tel, mais qui a mon grand soulagement, ne l'était pas. Je ne portais son nom que parce qu'il avait contraint ma mère à l'épouser, nous éloignant ainsi de mon véritable père.

- Appelez-moi Jay ! dis-je en m'inclinant de nouveau.

Mon père sourit, visiblement satisfait de me voir accueillir avec autant de civilité ma fiancée. Il était bien évidemment loin de se douter que mon attitude n'était qu'une façon d'endormir ses soupçons. Car je ne comptais bien évidemment pas épouser cette jeune fille.

- Je vois que le courant passe déjà très bien.

Je regardai la jeune femme avec plus d'attention, et qui, je devais le reconnaître, était très belle. Mais cela ne suffisait pas, plus maintenant, si jamais cela aurait pu un jour me contenter. Je la détaillai, et constatai quelque chose d'assez étrange. Ses cheveux avaient été remis à la hâte, comme si quelqu'un s'était amusé à y passer les doigts dans un élan de passion, et le col de son chemisier était rentré à l'intérieur, à croire qu'elle s'était habillée dans la précipitation. Fronçant les sourcils, je poursuivis mon examen, et scrutai son visage, remarquant alors que ses yeux étaient légèrement rougis. Mon froncement de sourcils s'accentua alors qu'un terrible soupçon se formait en moi.

- Vous n'avez pas l'air bien. Est-ce que ça va ?

Elle me sourit, les lèvres légèrement tremblantes, comme si elle retenait ses larmes, et s'inclina de nouveau.

- Oui bien sûr.

Un sourire crispé se peignit sur ses lèvres, et elle adressa un regard angoissé à moi père, comme si elle craignait de subir ses foudres. Je regardai mon père, et devant sa mine réjouie et le regard chargé de convoitise qu'il posait sur elle, je compris ce qu'il venait de se passer. Je n'avais aucun sentiment pour cette fille, mais je ne pus m'empêcher de compatir pour elle. D'autant qu'à sa place, je ne pouvais m'empêcher d'imaginer ma douce Alexis, et une fureur sans nom m'envahit, que j'eus toutes les peines du monde à maîtriser. Avec pitié, je songeai à ce qu'elle venait de subir, et subirait encore si je n'étais pas arrivé, mettant ainsi un terme à son supplice. Mon père avait encore une fois abusé d'une jeune fille, et semblait prêt à recommencer.

- Père !

Mon ton se fit sans appel, lui faisant ainsi comprendre que je savais ce qu'il venait de faire, et que je désapprouvais totalement son comportement abject. Je tentai de me maîtriser, mais bien sûr ce monstre le vit, et sourit :

- Ah mon fils tu m'as démasqué !

Il osait l'avouer, comme si abuser de cette jeune fille était parfaitement naturel, et son droit le plus stricte.

- En bon père que je suis, j'ai dû tester ta nouvelle épouse et saches qu'elle est délicieuse !

Il partit dans un rire guttural qui me glaça le sang. Je posai mon regard sur Shinta qui était complètement effacée. Les paroles de mon père la firent rougir, et elle se mordit violemment les lèvres pour réprimer un sanglot, alors qu'elle se tassait sur elle-même, comme si elle espérait réussir à se ratatiner suffisamment pour disparaître. J'ôtai ma veste et la posai sur ses épaules, conscient de ce que mon geste avait de dérisoire après ce que mon père avait osé lui infliger. Elle sursauta à mon contact et eut un mouvement de recul, comme si elle craignait que je ne me comporte avec elle comme mon chien de père.

- Ne t'inquiètes pas, je ne te ferai pas de mal.

Je lui parlai d'un ton doux et apaisant, comme je l'aurais fait avec un animal blessé, lui souriant gentiment. Puis avec douceur, sans gestes brusques, de peur de l'effarouchée, j'entourai mon bras autours de ses épaules, lui offrant ainsi un abri contre la convoitise sans borne de mon père.

- Je ne pensais pas que vous pourriez être aussi abjecte !

Incapable de me retenir plus longtemps alors que je sentais Shinta trembler de plus en plus violemment contre moi, je lui crachai mon mépris au visage. Il rit de nouveau, visiblement amusé par ma réaction, semblant en tirer du plaisir.

- Ah désolé mon fils, je ne suis qu'un homme faible, qui aime la bonne chair et je peux t'assurer que celle de cette fille était succulente !

Je me retenais pour ne pas lui sauter dessus et le frapper à mort. Comment osait-il se vanter d'avoir violée une jeune fille et de n'en avoir aucun regret ? Pire il en était fier, et lorsqu'il regardait Shinta, je voyais bien qu'il n'hésiterait pas à recommencer à la première occasion. Qu'elle devienne ma femme ne la protègerait pas de mon père, pas tant qu'il ne se serait pas lassé d'elle. La nausée montait, tout en cet homme me révulsait.

- Je ne l'épouserai pas !

Comment pouvait-il croire que j'accepterais cette situation sans broncher ? Pensait-il vraiment que j'allais ramasser ses restes et l'en remercier en prime ? Il savait que j'étais opposé à ce mariage, et après ce qu'il avait infligé à cette pauvre fille, elle était probablement traumatisée à vie, et ne supporterait donc pas d'être touchée par un homme, du moins pas sans l'aide d'un professionnel qui l'aiderait à passer outre ce viol pour se reconstruire. Je regardai Shinta, que mon éclat avait fait se tasser un peu plus sur elle-même, alors que de nouvelles larmes perlaient son regard, et je m'excusai silencieusement. Mais je ne pouvais pas épouser Shinta alors que j'aimais Alexis, même si, plus que jamais, j'avais conscience que je devrais me débarrasser de Wong si je voulais pouvoir mener ma vie comme je l'entendais.

- Ah d'accord, je t'ai volé la primeur de ce corps délicat, mais tu auras bien l'occasion de te rattraper ! Maintenant si tu le veux bien, je vais vous laisser !

Au regard entendu qu'il m'adressa, je compris qu'il voulait nous laisser pour que je puisse coucher avec cette pauvre fille, comme si elle n'en n'avait pas déjà assez supporter avec lui. Depuis combien de temps la violait-il ? Quand était-elle arrivée ? Décidément, cet homme était un monstre, et le tuer débarrasserait la terre d'une abomination.

- Jamais ! Je ne suis pas comme vous, jamais je ne prendrais une femme de force ! Vous êtes un être immonde !

Peu m'importait la punition qu'il m'infligerait, je n'avais pas réussi à me contenir plus longtemps. Oncle Yo serait probablement mécontent, et me rappellerait qu'un Freeman devait savoir maîtriser ses émotions en toutes circonstances, mais là, je ne pouvais pas ne pas réagir. Mon père se retourna pour me faire face, une expression meurtrière sur le visage, et je sus que si je n'avais pas été son fils, il m'aurait tué sur le champ pour me faire ravaler mes paroles.

- Ah oui et en quoi es-tu différent de moi, hein ? Tu désires une fille qui n'est pas à toi, et tu oses me faire la leçon ?

Je retenais une grimace à cette accusation. Mon cher père avait toujours eut le chic pour appuyer là où ça faisait mal, et cette fois ne faisait pas exception. Cette accusation plus que fondée réveilla la culpabilité que je ressentais face à la situation délicate dans laquelle j'avais mise Alexis. Son visage ravagé par les larmes revint me hanté, et j'eus du mal à dissimuler ce que je ressentais en cet instant. Mais quoi qu'en dise ce monstre, je n'étais pas comme lui.

- Je n'ai rien fait de condamnable ou sans son accord !

- Oh alors cette jeune Alexis est une fille facile qui court plusieurs lièvres à la fois ! Je vais pouvoir tenter ma chance aussi alors !

Je sentis la colère monter en moi, incontrôlable. S'il s'avisait de toucher à un seul cheveu de ma précieuse Alexis, je jurais sur l'honneur de mes ancêtres de le tuer de mes propres mains. Moi vivant, il ne s'approcherait pas de ma douce et innocente Alexis, j'y veillerai.

- Père, taisez-vous !

- Ou sinon quoi ? Me répondit-il en s'approchant de moi. Saches fils que je ferais ce que je veux et cette fille sera à moi que tu le veuilles ou non !

Cette fois, je ne pus me contrôler plus longtemps, et sautai sur mon père. Il tomba en arrière, et j'en profitai pour l'immobiliser en m'asseyant sur lui et en lui plaquant les jambes et les bras contre le sol. Assis sur lui, je le frappai encore et encore, aveuglé par une rage noire qui embrumait mes pensées d'un voile rouge. Tout ce que je réussissais à penser, c'était à ma haine pour lui, et à mon envie de l'expédier en Enfer.

- Je ne vous laisserai pas la toucher, je vous tuerai avant !

Malgré la force de mes coups, décuplée par ma rage, il riait, comme si ma réaction lui faisait le plus grand plaisir, et surtout, comme s'il ne ressentait aucune douleur, alors que le sang commençait à jaillir de son visage. Cet homme n'était pas humain, ce n'était pas possible autrement.

- Vas-y fils tu es sur la bonne voie, frappes encore !

Je m'interrompis, et je regardai mon père, choqué par ce que je venais de comprendre. Il affichait toujours ce sourire immonde sur son visage ensanglanté. J'étais hors d'haleine. Sans me laisser le temps de réagir, il m'assena un coup de poing magistral qui m'envoya contre le mur.

- Bien mon fils, tu te rebelles à ce que je vois. Tu es assez égoïste, penses à ta sœur et à la famille de ta chérie, je pourrais très bien perdre patience.

Cette menace était à peine déguisée, et je sentis une angoisse monter en moi. Je me relevai essuyant le sang coulant de mon nez d'un revers de main, tout en lançant un regard noir à mon père.

- Ne me regarde pas comme cela fils, un jour tu me diras merci !

Il avança vers moi, me prenant dans ses bras, et je me raidis tant cette étreinte me révulsait. Il murmura à mon oreille :

- Refais encore un truc de ce genre, et je te jure que je tuerai cet écrivain et son lieutenant, non sans l'avoir souillée sous les yeux de son compagnon. Et après, je me chargerai de ton Alexis, et son tourment sera si insupportable qu'elle me suppliera de la tuer !

Je ravalai ma salive difficilement, sachant qu'il se ferait un plaisir de mettre sa menace à exécution, juste pour le plaisir et la satisfaction de me voir ramper à ses pieds pour le supplier de leur laisser la vie sauve. Il poursuivit :

- Tu ne pourras pas les protéger tous Jay !

Sur cette dernière phrase, il m'embrassa sur la joue, tout en me maintenant si fermement par les épaules que je sentis mes os craquer. Je ne fis rien paraître mais la douleur était intense. Il sourit de nouveau.

- Bien fils, tu es un gentil gars. Et maintenant va honorer ta fiancée, je sais que cela ne se fait pas avant le mariage, mais ton vieux père t'y autorise.

Il agrippa Shinta par le bras et la jeta dans les miens, lui faisant pousser un cri de surprise.

- Allez file maintenant !

Je ne bougeai pas, tétanisé, et ce fut Shinta qui m'attira hors de la pièce.

- Venez Jay ! me dit-elle en souriant,

je la regardai, incrédule. Cette pauvre fille venait de se faire violer par mon père, et elle souriait malgré tout. Je sentis toute la pression se relâcher, et je ne pus retenir mes larmes. Je m'adossai contre le mur, et pleurai comme jamais je n'avais pleuré, pas même à la mort de ma mère. J'étais piégé, et je ne pouvais rien faire d'autre que d'obéir à mon père et renoncer à Alexis, pour son bien et celui de sa famille.

Wong

Enfin je retrouvais là mon fils. Pour la première fois depuis des années, depuis toutes nos séances d'entraînement au combat, il était le premier à me blesser, celui qui avait fait couler le premier sang, mon sang. J'avais toujours voulu goûter mon sang depuis ce jour-là. Depuis le jour où j'avais massacré ma mère à coup de kukri. J'avais toujours voulu déguster mon sang, celui des dieux, mais pas en me coupant. Non, cela aurait été trop simple et moins jouissif. Non, je voulais y goûter suite à une blessure au combat, face à un homme qui me serait supérieur. Mais je ne l'avais jamais rencontré. Même Yo s'avéra d'un trop faible niveau face à moi. Mais bien que mon fils m'ait eu par surprise, je devais admettre qu'il avait eu le courage de m'affronter en duel singulier, ce qu'aucun de mes hommes n'avaient le cran de faire, sachant que je les massacrerais avant qu'ils n'aient le temps de porter le premier coup. Je laissai passer l'orage de ces quelques coups dignes d'une mauviette.

Je le savais capable de beaucoup mieux, mais il se retenait, malgré sa haine pour moi, il n'osait pas frapper de toutes ses forces, et c'était ce qui me mettait hors de moi. Ecœuré, je lui décochai une droite qui le fit valser contre le mur. Je n'allais pas me laisser faire par un gamin de 18 ans. Jamais personne ne m'avait dominé, et jamais personne ne le ferait. Depuis ce jour où j'étais devenu « la tête du Dragon », personne n'avait osé s'élever contre moi. Il fallait les voir tous venir comme des lavettes, me faire des courbettes en venant me baiser la main en guise de soumission. Si je n'avais pas eu besoin d'eux pour faire croître mon empire, je les aurai tous buté ce jour-là. Mais j'avais besoin d'eux, alors je m'en accommodais. Tout avait débuté il y avait vingt-cinq ans. J'étais devenu un membre respecté de la triade chinoise. J'avais accompli des tâches dont personne n'avait voulues. Je m'étais abaissé aux pires bassesses pour pouvoir éliminer les pires crapules, aux pires ignominies pour retrouver la jouissance que j'avais connue lors de l'assassinat de ma mère. Mais rien ne semblait vouloir évoluer. Alors je décidai de prendre le taureau par les cornes, de faire tourner la chance en ma faveur.

Je devais me débarrasser de « la tête du Dragon » afin de pouvoir prendre sa place. Il s'appelait Wu Ping Bao Hanh, et il dominait l'empire de la triade chinoise depuis des années. Mais son temps était révolu. Il se faisait vieux, et avait de plus en plus de mal à diriger ses hommes. Après tout, n'étais-je pas devenu son bras droit. Mais il avait une fille appelée Jena-Ya Bao Hanh qui était d'une beauté à damner un saint. Je l'avais désirée dès le premier regard. Mais je savais que son père serait un obstacle que je devais éliminer. Après de nombreuses recherches, j'avais découvert qu'il existait une toxine extraite du rhododendron ponticum. En provenance de la mer Noire turque, cette toxique, particulièrement redoutée, provoquait une paralysie en apparence mortelle. On l'appelait le mal du miel fou. J'eus un mal fou à m'en procurer, cette toxine étant rare et particulièrement onéreuse sur le marché.

Un soir, lors d'un cocktail organisé dans la demeure d'un des membres influents de la triade, habitant à flanc de falaise, j'en avais glissé une forte dose dans son verre, son effet étant à retardement. Puis était venu le moment de se séparer et de rentrer chez soi. Wu Ping avait pris son coupé sport, et s'était engagé sur la route pentue. J'avais pris la voiture de fonction, et était parti à sa suite. Au bout de quelques virages, j'avais vu sa voiture encastrée contre un arbre. Je m'étais arrêté derrière lui et avais constaté les dégâts. Wu Ping présentait tous les symptômes d'une mort naturelle à un détail : les yeux, eux, étaient toujours mobiles et trahissaient une peur immense. Sans tergiversé, je m'étais installé dans la voiture, profitant de ce que j'étais de la même taille que le conducteur, pour ne pas avoir à toucher aux réglages du siège. J'avais démarrée la voiture et avais reculé de quelques mètres pour m'arrêter au sommet de la butte plongeante. J'avais passé la seconde, et étais rapidement descendu du véhicule.

Ce dernier avait pris de la vitesse au moment où il avait quiité l'asphalte pour venir s'écraser trente mètres plus bas dans une explosion et un amas de tôles froissées. J'étais retourné à la voiture et avais attendu la venue d'autres témoins qui avaient confirmé la thèse de l'accident. Et c'est ainsi que moins d'une semaine après j'avais été intronisé nouvelle tête du Dragon. Et, la semaine suivante, j'épousai Jena-Ya pour asseoir définitivement mon autorité sur la triade. Mais quand je disais épousé, je dirai plutôt que je me l'étais accaparée de force. J'avais remarqué sa beauté, son intelligence, son éducation. Bref je la voulais et elle serait mienne, quoi qu'il doive m'en coûter. Elle sortait depuis quelques temps avec un américain, un certain Tyler Grant. Mais j'avais décidé de me débarrasser de ce gêneur. J'avais envoyé quelques hommes à moi dont Yo, un freeman que j'avais rencontré quelques temps plus tôt et qui était devenu mon meilleur homme de main et comble de l'ironie il était aussi le frère de Jena-Ya.

Ils l'avaient coincé un soir alors que le couple se bécotait au bord de l'eau. Mes hommes de main masqués avait immobilisé la femme et s'étaient occupés de ce Tyler. Ils lui étaient tombés dessus avec une violence telle que c'est à se demander comment il avait survécu. Voilà dans quelles conditions j'avais pu enfin épouser Jena-Ya. Mais très vite je m'étais lassé d'elle, et m'étais tourné vers de jeunes prostituées pour assouvir un désir de plus en plus bestial. Baiser et tuer, tel était devenu mon credo au fur et à mesure de l'expansion de la triade. Et tout cela aurait pu rester tel quel si un soir, lors de mon retour impromptu d'une mission à l'étranger, je n'avais trouvé la maison vide. J'avais fait le tour de celle-ci et avait découvert avec stupeur ma salope de femme baisant comme jamais elle ne l'avait fait avec moi. Et avec ce Tyler Grant qui plus est. Surtout que j'avais découvert quelques temps plus tôt les radios prouvant qu'elle était enceinte.

Cette Bu Kaï attendait des enfants, des jumeaux de ce bâtard. Je ne pouvais laisser passer cela. Je donnais des ordres pour me débarrasser de ces gêneurs, de la honte qu'ils avaient jetée sur moi. Mais la mort était une trop douce délivrance. Je voulais les voir souffrir. J'avais ordonné à mes sbires de le liquider. Pourquoi cela n'avait pas été fait ? Je ne le saurai jamais mais le cas de ce Tyler Grant avait été réglé aujourd'hui. Pour ma Bu Kaï de femme, le problème était différent, car tout le monde savait qu'elle était enceinte. Donc que devais-je faire pour ne pas perdre la face devant mon organisation ? J'avais donc attendu qu'elle accouche et qu'elle n'avait pas été ma joie lorsque le premier des jumeaux à sortir fut un garçon, que je prénommais Jay, en mémoire de mon défunt père, la fille quant à elle fut prénommée Emy en souvenir de la jeune prostituée qui m'avait fait découvrir le plaisir du corps des jeunes filles.

J'avais gardé Jena-Ya un temps auprès de moi afin de s'occuper de ses enfants, mais lorsque ces bâtards eurent cinq ans, j'avais découvert que cette Bu Kai voulait me quitter. Elle, cette salope qui avait osé enfanter avec un autre, voulait me trahir alors que je lui avais pardonné sa trahison, s'en était trop et je lui avais donc fait payer. Je remuais la tête pour me sortir ces idées de la tête. Pourquoi me mettais-je à ressasser tous ces vieux souvenirs ? Je n'en avais cure. Je regardai ma montre. On était au milieu de la nuit. Jay avait osé me tenir tête, et il allait apprendre ce qu'il en coûtait de se dresser contre moi. Ce Castle et cette détective allaient le payer et je me ferai un plaisir de rapporter tout cela à Jay. Je commandai mon jet afin de me rendre au pays pour organiser moi-même une expédition punitive.