Je sais, je sais, j'avais parlé d'une "petite pause" et on est quand même 3 mois plus tard. En réalité, j'ai eu une longue période ultra-chargée, puis il a fallu que je me replonge dans l'histoire et dans l'écriture. Pour me faire pardonner, j'ai mis un petit résumé rapide au début du chapitre. Justement le chapitre : il est loin de faire avancer énormément l'histoire mais je me suis bien amusée en l'écrivant.
J'en profite pour vous dire MERCI pour vos encouragements. Cette fic est quand même un gros mammouth dans lequel je me perd parfois et ça me rebooste toujours autant de lire vos petit mots :) *instant bisounours*
Câlin bisounours donc à Lily, miss-sawyer, RebeccaRebel8, le mystérieux guest, Agnes Titi, Starky et cedrine20.
Précédemment dans "Le destin de Lily"...
Après un an et demi de chassé-croisé, Lily et James ont fini par s'embrasser au cours du bal de Noël de leur sixième année. Malheureusement, une attaque de mangemort perturbe la fête et cause la mort de Mary Macdonald, l'une des meilleures amies de Lily. Effondrée, la gryffondore y voit la réalisation d'une prophétie que lui avait faite leur professeur de Divination : "La mort vous attend avec celui que vous aimez..." Elle ignore donc James durant les mois suivants mais finit, à la fin de l'année, par lire une lettre qu'il lui avait envoyé à Noël. Elle l'embrasse à nouveau puis le rejette.
Du côté de James, c'est bien entendu l'incompréhension la plus totale. Il a cependant d'autres chats à fouetter puisque Sirius s'est enfuit de chez ses parents pour aller habiter chez les Potter...
Pendant ce temps, Severus a pris la tête d'un petit groupe se faisant appeler "Les Apprentis" et directement dirigé par les Mangemorts. Voulant d'abord protéger Lily, qui l'ignore depuis l'épisode des B.U.S.E.S, il a de plus en plus de mal à discerner ses propres motivations et devient le Prince de Sang-Mêlé afin de ne pas oublier ses origines.
Comment James va-t-il digérer ce nouveau rejet ? Jusqu'où ira l'ascension de Voldemort ? Que va devenir Severus ? Lily peut-elle mettre de côté la prophétie ?
Chapitre 29 : Une nomination imprévue
Finalement, cela n'avait pas été si difficile que ça. Elle l'avait fixé pendant plusieurs minutes avec insistance, sans qu'il arrive à déterminer si elle le regardait lui ou Sirius. Mais quand son meilleur ami était parti commander une bière et qu'il s'était retrouvé seul, elle n'avait pas hésité longtemps avant de l'aborder. Il ne se souvenait pas de son prénom, elle ne l'avait peut-être même pas dit, la musique était beaucoup trop forte dans ces boites de nuit moldues.
Est ce qu'on pouvait penser à autre chose, en embrassant une fille ? James décida que oui. Il n'en était pas sûr car les derniers baisers qu'il avait échangé étaient avec Lily et, dans ces moments là, son cerveau cessait purement et simplement de fonctionner. Pourquoi est-ce qu'il pensait encore à elle ? Il passa sa main dans les cheveux de la fille et l'embrassa de plus belle. Voilà, oublié Lily.
Sans trop savoir comment, il se retrouvèrent ensuite dehors : apparemment la jeune fille avait décidé de fumer ce qu'elle appelait une cigarette. James, qui ne connaissait rien à ce genre de lubie moldue, s'étouffa à moitié et toussa pendant une bonne minute. Ses idées s'étant un peu éclaircie, il la regarda mieux : elle était rousse. Avec tous ces néons et ces flashs, il avait cru que ses cheveux étaient bruns mais à la lueur faiblarde des lampadaires, le doute n'était plus permis.
Il balbutia une excuse au hasard et partit d'un pas mal assuré dans la ruelle avant de se faire agripper violemment le bras :
- James ! Je t'ai cherché partout !
Le jeune homme reconnu avec plaisir Sirius et s'effondra sur lui en se plaignant qu'il se sentait mal. Le maraudeur grogna pour la forme et le traina dans une ruelle adjacente, où il avait caché sa moto volante. Le voyage fut assez pénible pour James et ils débarquèrent devant l'entrée des Potter dans un atterrissage un peu violent ce qui eu pour résultat de faire vomir le brun à lunettes au moment même où son père ouvrait la porte du cottage.
- Pas de chance, souffla Sirius.
M. Potter leur fit un sermon de plusieurs minutes tandis que la mère de James essayait tous ses sorts de guérison sur son fils et tournait autour de lui, comme un essaim affolé.
- Vous êtes tombé sur la tête ou quoi ? Je vous rappelle que le ministère a été attaqué il y a moins d'une semaine et que des Mangemorts rodent sans doute un peu partout !
James jugea que son inquiétude était un peu exagérée mais ne protesta pas quand ils furent consignés dans leur chambre pour le reste de la semaine. Le dernier coup d'éclat de Voldemort n'était en effet pas passé inaperçu : des Mangemorts avaient réussi à s'introduire dans le Ministère de la magie et a assassiner le ministre. Depuis, le chaos le plus général régnait sur la communauté magique. On voyait des espions partout, plus personne ne sortait de chez soi et les faux sortilèges de protection se vendaient comme des petits pains dans l'Allée des Embrumes. Pour ne rien arranger, les Potter étaient presque toujours absent et semblaient cultiver un culte du secret auquel leur fils était loin d'être habitué. Ils recevaient de nombreux hiboux qu'ils cachaient, rentraient tard, parlaient à voix basse et hébergeait même parfois des sorciers étranges chez eux.
- Ils nous prennent pour des idiots, grommela James en s'écrasant sur son lit.
Voilà plusieurs semaines qu'ils tentaient d'espionner ce qui se trafiquait, mais sans le moindre succès. Puisqu'on les prenait pour des ados attardés, James avait donc décidé qu'ils allaient se comporter comme tel et avait poussé Sirius à sortir dans le Londres moldu. Son ami avait été difficile à convaincre, tant il était reconnaissant envers les parents de James de l'avoir recueilli, mais la perspective d'une balade en moto volante au dessus de Londres l'avait convaincu. Et voilà qu'ils étaient coincés pour toute la semaine dans cette fichue baraque... Ce n'était peut-être pas une si bonne idée que cela, finalement.
- Dis donc t'as un faible avec les rousses quand même, commenta Sirius en enlevant ses chaussures.
Il reçu un coussin dans la figure pour toute réponse ce qui ne l'empêcha pas d'ajouter :
- Quand même, il n'y avait pas un truc entre toi et Lily Evans à une époque ?
- Bof, grommela James, c'est finit depuis une éternité...
- Dommage, c'est une fille cool, vous iriez bien ensemble.
James se demanda ce que Sirius dirait de la fille "cool" s'il apprenait que, pour la deuxième fois en un an, elle avait piétiné le cœur de son meilleur ami. Parce que c'était exactement ce qu'elle faisait. Lui, comme un idiot, s'aplatissait devant la rousse, qui, en réponse, le prenait pour un imbécile et jouait avec lui. Mais c'était fini, James était bien décidé à ne plus se laisser faire. Tant pis pour Lily Evans, il y avait pleins d'autres filles après tout.
- C'est quand même bizarre ce truc avec la couleur des cheveux, continua Sirius en sautant sur son lit. Moi par exemple je suis devenu incapable de regarder une blonde.
James ne répondit pas. En fait, il n'y avait rien à répondre. Le brun savait bien que le ton détaché de son meilleur ami n'était qu'une façade. Le point positif c'est qu'ils arrivaient désormais à parler de Mary entre eux. Pas beaucoup mais un peu quand même. C'était déjà une bonne nouvelle et au milieu de tous ces attentats, James chérissait chacune d'entre elles.
Malheureusement, la situation empira encore plus. De nombreuses attaques, dirigées contre des personnalités importantes du monde de la Magie, eurent lieu et pour la première fois de sa vie, James eut vraiment peur. C'était un soir d'août et les deux amis étaient occupés à faire griller des chamallows dans la cheminée du salon. Sirius, baillant à s'en décrocher la mâchoire, finit par lui dire :
- Il est quelle heure ? Je crois que je ne vais pas tarder à rejoindre mon lit...
James jeta alors un coup d'œil rapide à la pendule. Il était deux heures du matin. Quelque chose clochait. C'est là que la peur commença à s'insinuer en lui. À cet instant précis où il regarda les aiguilles de cette pendule. Où étaient ses parents ? Ce fut la première véritable dispute qu'il eut avec Sirius depuis l'installation du jeune homme.
- Ce n'est pas normal, ils devraient être rentrés ! On doit faire quelque chose !
- Allons James, argua Sirius tandis que son ami tournait en rond dans la pièce avec agitation, ils sont peut-être chez des amis. Pas de quoi fouetter un hippogriffe !
- C'est facile à dire pour toi ! Tes parents ne sont pas dehors alors que des Mangemorts assassinent à tour de bras !
Le visage de Sirius se ferma. Ses parents ne craignaient rien : ils étaient dans le camp des assassins. Sauf que James était beaucoup trop inquiet pour prendre en compte les sentiments de son ami. Se dirigeant vers la cheminée, il attrapa un tableau que Sirius avait toujours jugé hideux et qui représentait un vieil homme assoupi dans son fauteuil. D'aussi loin que James s'en souvienne, l'homme avait toujours été endormi comme en témoignait son torse qui se soulevait avec régularité.
- On peut savoir ce que tu fais ? demanda Sirius.
- Je déclenche le processus d'alerte.
- Ah bah oui, c'est limpide tout de suite.
Le vieil homme ouvrit un œil et demanda :
- Qui êtes vous ?
- James Charlus Potter, répondit le brun à lunettes d'une voix pressante.
- Et moi c'est Sirius Orion Phineas Black troisième du nom, crut bon de rajouter le maraudeur en agitant la main.
- Tais toi Sirius, siffla James.
Le vieillard du tableau était maintenant bien réveillé et les salua en soulevant son chapeau avec beaucoup d'élégance.
- Pour vous servir.
Puis il disparu. Il ne se passa absolument rien pendant plusieurs minutes et Sirius, qui s'était depuis adossé à la cheminée finit par commenter :
- Impressionnant, ton processus d'alerte. Tu crois vraiment que ce vieux schnock va nous être d'une quelconque utilité pour...
Il ne finit pas sa phrase car à cet instant là, la porte du cottage explosa littéralement et trois sorciers déboulèrent dans le salon, baguette au poing. À leur tête, un sorcier avec un œil bleu électrique magique, que James identifia comme un auror sans pouvoir se rappeler de son nom.
- Je ne pense pas qu'il était nécessaire d'exploser la porte Alastor, intervint la silhouette qui se tenait derrière lui et qui se révéla être une sorcière de taille remarquable devant avoir la trentaine.
- On est jamais trop prudent, Vance, grommela l'auror.
Il fit le tour du salon en jetant des coups d'œil vifs un peu partout, son œil magique se chargeant de percer les murs. Le troisième sorcier était assez jeune et avait des cheveux blonds coupés court ainsi qu'une oreille ornée d'un énorme piercing en métal. Il s'étala nonchalamment sur un fauteuil.
- On sait, on sait, vigilance constante et tout le tintouin.
Après avoir inspecté la maison, Alastor Maugrey revint vers James et Sirius, qui étaient restés totalement immobile de stupéfaction devant cette intrusion.
- Quel est le problème, petit ?
Passant sur le fait d'être appelé "petit" par un homme qu'il dépassait d'une bonne tête, James expliqua la situation. À peine eut il finit que le jeune homme blond poussa un énorme soupir en levant les yeux au ciel.
- Et c'est pour ça qu'on nous a dérangé ? Parce que le fils Potter était perdu sans son papounet ?
- La ferme Fenwick, lança Maugrey.
- Un peu de professionnalisme Benjy, renchérit Emmeline Vance en le fusillant du regard du haut de son immense stature.
James commençait à en avoir sérieusement assez. Où étaient ses parents ? Qui étaient ces gens qui débarquaient chez lui de la sorte ? Sans doute cela avait il un rapport avec les étranges activités que ses parents lui cachaient. Il détestait se sentir aussi vulnérable et ignorant.
- C'est qui lui ? demanda Alastor en indiquant Sirius d'un mouvement de tête.
- Sirius Orion Phineas Black troisième du nom, intervint le vieillard du tableau qui était revenu entre temps.
Ce qui se passa ensuite fut beaucoup trop rapide pour que James puisse intervenir. Benjy Fenwick bondit de son fauteuil et se retrouva soudain derrière Sirius le bras autour de sa gorge et sa baguette pointé sur la tempe du brun.
- Un Black ! vociféra-t-il en resserrant sa prise. C'est une plaisanterie c'est ça ?
- Lâche le gamin Fenwick, lança Maugrey.
- La cousine de ce gamin, comme tu dis, a tué mon meilleur ami !
- Je savais qu'on aurait jamais du l'amener, lança Emmeline Vance en croisant les bras.
- Laissez le tranquille ! cria James, au milieu de cette cacophonie.
Le blond finit par desserrer sa prise et Sirius tomba au sol en toussant et en se massant la gorge. James se précipita vers lui et l'aida à se relever.
- Vous allez m'expliquer ce qui se passe, à la fin ! Qui êtes vous ?
- Un échantillon de l'Ordre du Phénix, finit par lâcher Maugrey.
C'est ainsi que James entendu parler de l'Ordre pour la première fois. Par miracle, ce fut à cet instant que ses parents revinrent et purent expliquer la situation au trio.
- C'était une erreur, dit M. Potter à Maugrey, nous allons les mettre au courant. Encore désolé pour le dérangement.
- Sans rancune Black le troisième du nom, lança même Fenwick à Sirius en lui assenant une énorme tape sur l'épaule ce qui lui valut un regard noir du concerné.
Une fois les trois sorciers partis, les parents de James leur expliquèrent tout ce qu'ils voulaient savoir. Comment un ordre secret s'était créé autour de Dumbledore, comment ils en faisaient partis depuis plusieurs mois déjà et aussi comment le cottage allait en devenir le nouveau quartier général.
- En attendant de trouver mieux, précisa Mme Potter.
C'était un peu trop d'information pour les deux gryffondors qui, abrutis de fatigue, allèrent se coucher sans demander leur reste. Le lendemain, James prit la pleine mesure de ce que signifiait devenir le quartier général d'un ordre secret quand sa maison devint le théâtre d'incessantes allées et venues d'une foule hétéroclite. D'abord enthousiastes à l'idée de pouvoir pleinement s'impliquer dans la lutte contre Voldemort, Sirius et James furent cependant affectés à la cuisine, à leur grand déplaisir. Ils protestèrent bien en disant qu'ils souhaitaient s'engager vraiment dans l'Ordre mais M. Potter s'énerva assez violement en leur faisant comprendre qu'il en était hors de question. James, qui n'avait pas l'habitude de se faire refuser quoi que ce soit par ses parents, piqua une énorme colère, menaça de fuguer et mit beaucoup de temps à se faire une raison.
- On n'a même pas le droit à la magie, grogna-t-il à Sirius en épluchant rageusement une pomme de terre.
- En attendant, si Voldemort était une patate, on aurait gagné depuis longtemps, commenta son ami en désignant le pauvre tubercule que le brun à lunettes venait de totalement massacrer.
Leur poste à la cuisine leur permit pourtant de faire connaissance avec la majeure partie des membres de l'Ordre. Si la plupart ne leur accordaient que peu d'attention, absorbés dans des problèmes autrement plus graves, ce fut Benjy Fenwick qui, étrangement, devint leur meilleur allié. Malgré un premier contact un peu violent, lui et Sirius s'entendirent vite comme larrons en foire. Dès que le blond rentrait dans le cottage, il se mettait à vociférer en parcourant toute la maison :
- Où est ma cuisinière préférée ?
Puis une fois Sirius repéré, les deux pouvaient alors s'adonner à des joutes verbales et des chamailleries sans fin. L'amitié de Benjy leur fut très précieuse, étant donné qu'à part les informations du premier soir, personne ne semblait décidé à leur expliquer plus en détail en quoi consistaient les activités de l'Ordre.
- En ce moment, on surveille la maison du directeur de la Gazette du Sorcier. Vu la ligne éditoriale actuelle, nul doute qu'il subit des pressions de la part de Lord Bidule, s'il n'est pas carrément un mangemort.
Il s'arrêta un instant pour mieux s'empiffrer d'un reste de gâteau au chocolat que Sirius avait caché pour lui.
- Et Dumbledore ? demanda James en s'asseyant en face du blond. Pourquoi il n'est jamais là aux réunions ? C'est quoi son rôle exactement ?
- Oh lui, écarta d'un grand mouvement de main Benjy en projetant des miettes partout, c'est le grand Manitou. Tu peux être sûr que ce n'est pas à moi qu'il confie son emploi du temps.
- En fait, toi t'es personne, commenta Sirius sarcastiquement. Je savais bien qu'on aurait dû se trouver un autre informateur.
- C'est sûr que c'est tellement plus utile de cuisiner des gâteaux au chocolat. Donne m'en un la prochaine fois que j'irais en mission, ça devrait faire fuir les Mangemorts vu l'odeur de brûlé.
Sirius fit mine d'éloigner son gâteau et Benjy le récupéra prestement en ajoutant :
- Enfin pour le vieux fou, il devrait être là samedi soir, ya une réunion importante. Le genre de chose où je suis convié et pas vous, quoi.
- Crâneur, lança Sirius en lui donnant un coup de torchon.
- Du calme Black Junior, j'ai besoin de reprendre des forces pour aller terrasser ta cousine.
- Étouffe-la avec un gâteau brulé de ma part.
Le soir même, James se disputa de nouveau avec ses parents en arguant qu'il était hors de question qu'il retourne à Poudlard et qu'il lui paraissait bien plus utile d'aider l'Ordre. Ce fut un échec total. Le week-end arrivant, les deux maraudeurs durent ranger la maison de fond en comble avant d'être consignés dans leur chambre à l'approche de la réunion. Ils errèrent cependant dans les couloirs pendant quelques temps avant de se faire une raison et de laisser tomber. Les deux amis étaient donc absorbés par une partie d'échec sorcier, quand on toqua délicatement à leur porte. C'était Dumbledore.
- J'aurais aimé m'entretenir avec M. Potter, déclara leur directeur d'un ton courtois.
Sirius sortit de la chambre et Dumbledore s'assit avec précaution sur une chaise tandis que James restait debout, les bras ballants.
- Désolé de vous interrompre dans votre partie, mais de toute façon je crois que M. Black était en train de gagner. Tragique erreur de protéger votre roi ainsi...
- Qu'est ce que vous voulez ? demanda James assez abruptement.
- Professeur.
- Pardon ?
- Il serait plus poli de votre part de m'appeler professeur, M. Potter.
James se sentit bouillir. Pourquoi Dumbledore était-il dans sa chambre ? Certainement pas uniquement pour lui donner des leçons de politesse. Il reprit d'une voix exagérément affable :
- Que me voulez vous, professeur ?
- Et bien tout d'abord vous remettre ceci, lui dit le directeur en lui tendant une enveloppe.
James l'ouvrit rapidement et en sortit un magnifique insigne orné des initiales P-e-C. Il mit un peu de temps avant de s'en rappeler la définition : Préfet-en-Chef. C'était une plaisanterie. Il lui tendit l'insigne aussitôt.
- Ce ne sera pas nécessaire professeur, je ne compte pas retourner à Poudlard.
- Tiens donc, fit mine de s'étonner Dumbledore sans faire un seul geste pour reprendre l'objet. Et pourquoi cela ?
- Je serais plus utile dans l'Ordre.
Il se senti rougir. C'était beaucoup plus facile de fanfaronner avec Sirius en s'imaginant combattre des Mangemorts que de le formuler face à Dumbledore. Tout à coup cela lui parut extrêmement prétentieux et puéril de sa part.
- Vous vous trompez, M. Potter. Plus que jamais Poudlard va devenir le dernier bastion contre Voldemort et j'ai besoin de personnes de confiance pour m'épauler.
- Sauf que je n'ai jamais été Préfet, argumenta James dont la détermination commençait déjà à faiblir. Comment puis-je être nommé Préfet-en-chef ?
- Vous êtes capitaine de Quidditch M. Potter, expliqua Dumbledore. C'est un poste à responsabilité, qui vous rend donc automatiquement éligible comme Préfet-en-chef.
James n'avait jamais entendu parlé de cette règle et commençait à se demander si le directeur ne venait pas tout simplement de l'inventer. Mais dans quel but ? Le faire revenir à Poudlard ? Dans tout les cas, il n'était pas prêt de faire totalement confiance au vieux mage et se jura que si un jour il devait envoyer ses enfants à Poudlard, il les mettrait en garde contre leur directeur.
- Très bien, finit-il par dire. J'accepte.
- Parfait ! s'exclama le directeur en se levant. Nous nous reverrons donc à Poudlard. Bonnes vacances M. Potter.
La partie facile fut de l'annoncer à ses parents qui en furent totalement fou de joie, son père ayant été lui-même Préfet en son temps. James réalisa qu'il pouvait maintenant difficilement faire marche arrière : il était reparti pour un an à Poudlard. Mais le jeune homme se surpris à s'en sentir immensément soulagé. Il allait avoir ses aspics, passer une année supplémentaire avec les Maraudeurs, devenir Auror et rejoindre l'Ordre dès l'été prochain. Son avenir était déjà tout tracé. Bon bien sûr, il y avait ces stupides obligations de Préfet, mais il survivrait.
L'identité de l'éventuelle Préfète-en-chef ne l'effleura pas un seul instant jusqu'à ce qu'il annonce sa nomination à Sirius qui s'en étouffa de rire pendant une bonne minute. Ils passèrent le reste des vacances à passer en revue les filles de septième année qui avaient été Préfètes afin de trouver l'heureuse élue. Sirius taquina beaucoup James en assurant que ce devait être Johanna Dolohov, au grand désespoir de son ami qui en fit même un horrible cauchemar au cours duquel il était transféré à Serpentard.
Une fois dans le Poudlard Express, James quitta les autres Maraudeurs, la mort dans l'âme, pour se diriger vers le compartiment des Préfets-en-chefs. Une part de lui était assez curieuse de découvrir son homologue féminin. Tout plutôt que Johanna. Ou Lena Kouros, d'ailleurs. Il ouvrit la porte du compartiment. Ce n'était pas Johanna Dolohov. Ni Lena Kouros.
C'était Lily Evans.
à suivre...
D'un point de vue personnel, je tiens à préciser que j'ai toujours trouvé un peu absurde que Lily et James soient préfets-en-chefs. Du coup, j'ai essayé de monter une explication, mais bon. En attendant, je devais respecter ce point de l'histoire (et puis on ne va pas se mentir, c'est quand même bien pratique).
Le prochain chapitre sera du point de vue de Lily et s'appellera "La rumeur court". Mais de quelle rumeur s'agit-il ? Indice : ça concerne James. (Oui, ça n'aide pas beaucoup).
Pour les Rogue-addicts (s'il y en a ^^), il finira par revenir mais en attendant les prochains chapitres vont surtout se concentrer sur la relation Lily-James.
Mynimus
