Chapitre 29 : Savoir s'expliquer

La porte s'ouvrit en grand, faisant un grand bruit lorsqu'elle claqua. Cameron, assoupie, sursauta. Elle regarda aux alentours et découvrit House, qui la fixait avec un regard dont elle ne connaissait pas encore la définition.

« Qu'est-ce que vous avez encore fait comme bêtise ? demanda-t-il. »

Elle baissa les yeux, prenant conscience du poids insoutenable d'une gaffe qu'elle savait, ne parviendrait jamais à assumer.

« Je vous avais pourtant prévenue qu'il ne fallait pas me faire d'ordonnance, non ? Encore une fois, vous ne m'avez pas écouté. Et encore une fois, vous devez avouer que j'ai encore une fois eu raison de vous prévenir ! gronda-t-il.

Et oui, c'est comme ça… Vous avez toujours raison, et moi j'ai toujours tord. Est-ce qu'il y a un rapport avec le fait qu'il n'a jamais rien ressenti pour moi et que moi je ressens quelque chose pour lui ? pensa-t-elle.

Je suis sûr qu'elle ne m'avouera jamais que j'ai raison, simplement parce qu'elle n'osera pas se dire qu'elle a « échoué »…pensa-t-il. »

Il savait que le moment n'était pas le bon, qu'il ne devait pas l'obliger à reconnaître ses tords, mais il ne savait pas que faire d'autre à part rester lui-même. Toujours rester lui-même.

« Je… je suis désolée… Je ne sais même pas… ce qui m'est arrivé… bredouilla-t-elle. Je… je sais que vous avez encore une fois une raison mais…

Si elle savait que je venais à l'instant d'avoir tord en pensant qu'elle ne m'avouera jamais que j'ai eu raison… Heureusement qu'elle ne lit pas dans les pensées ! »

Il leva les yeux au ciel, ayant intérieurement pitié d'elle mais gardant trop de fierté pour se l'avouer. Une larme discrète perla le long de la joue de Cameron.

« J'ai encore fait n'importe quoi…Encore une fois… Encore une fois je n'ai pas réussi à faire ce qu'il voulait… Je n'arrive ni à faire ce que lui veut, ni ce que moi je veux faire… Et après on s'étonne que je sois perdue dans ce que je ressens et ce que je dois ressentir ! pensait-elle avec une once de mélancolie – même plus qu'une once. »

Dans un effort titanesque, elle se redressa et fit venir ses genoux vers elle. Elle se mit en boule, comme un fœtus – elle ne dirait pas non si elle pouvait revenir à cette phase là. Elle pleura silencieusement.

« Il ne voudra jamais m'excuser… Il a mal, et je n'ai même pas pu lui faire d'ordonnance…Je suis on ne peut plus ridicule… Et quand je serai sortie de l'hôpital et que j'essayerai de lui faire une ordonnance, on me la refusera certainement soit en pensant que c'est pour moi, soit en pensant que je deviens folle, soit en pensant que je vais réellement la donner à House et ils appelleront Cuddy qui me le fera payer… »

Elle s'en voulut intérieurement. Elle se sentait inutile dans ce vaste monde, n'arrivant pas à satisfaire ne serait-ce qu'une seule personne. Mais ne pas parvenir à satisfaire House était pour elle une raison suffisante pour faire une dépression.

« Arrêtez… C'est inutile, ce que vous faites,souffla-t-il. »

Elle entendit des bruits de pas, accompagnés de celui d'une canne qui martelait le sol et sentit la main de House se poser sur son dos, qu'il caressa lentement.

« Je ne disais pas ça pour que vous vous morfondez… Il faut juste que… »

Il hésita quelques secondes. Ce n'était pas qu'il n'était pas sûr de ce qu'il tenait à dire, mais qu'il ne savait absolument pas quoi dire.

« Ignorez tout simplement ce que je viens de dire. Je ne vous en veux pas du tout. »

Elle releva son visage – noyé par les larmes – et le regarda dans les yeux, bien que sa vue soit rendue floue à cause des larmes. House s'assit sur le lit, profitant d'une petite place qu'elle lui laissait. Ils se fixèrent intensément, comme ils aimaient le faire. Elle, comme lui. Ils aimaient leur contact, quoiqu'il arrive cette tension sera toujours là.

« Comment fait-il pour ne pas m'en vouloir ? Jusque là je n'ai fait qu'attiré les ennuis, que ce soit en disant qu'on habite ensemble ou en m'évanouissant devant la pharmacie…pensa-t-elle. »

Elle se posait tout de même une question et osa le lui demander directement :

« Vous avez toujours mal à votre jambe ?

- Question cruciale. Si je réponds oui, vous vous en voudrez de ne pas m'avoir fait d'ordonnance. Si je réponds non, ça voudrait dire que vous êtes venue ici pour rien et que vous êtes hospitalisée pour rien, également.

- Je prends ça pour un oui. »

House s'approcha un peu plus d'elle, tout en continuant de masser le dos de la jeune femme. Il la sentait si faible, prête à faire un second malaise à tout moment. Tout comme Chase pouvait rentrer à tout moment. Tout comme il rentra.

« Allison ! s'exclama-t-il. Allison, comment tu te sens ? »

Elle sursauta, n'ayant pas remarqué sa présence – trop absorbée par les yeux de son amant. Elle vit pourtant l'hésitation de Chase.

« Mais qu'est-ce qui lui prend ? se demanda-t-elle. Avant que je fasse mon malaise il semblait avoir tout oublié, il faisait comme si de rien n'était et pourtant maintenant il n'est plus du tout sûr de lui…

- Bon, je crois qu'il faudrait mieux que je vous laisse. Vous avez sûrement des tas de choses à dire, non ? annonça House. »

Ce dernier se leva et s'apprêta à sortir. Cameron n'osa pas l'en empêcher et finalement elle se retrouva seule avec le chirurgien.

« Je… je ne sais pas quoi te dire, avoua-t-il. Je ne sais du tout quoi faire à vrai dire… »

Elle haussa les épaules, ce qui montra son total détachement de la situation. Elle se fichait de tout ce qui se passait autour d'elle – si House ne faisait pas parti de ce « autour ».

Elle quitta sa position fœtus et s'allongea normalement sur le lit d'hôpital sur lequel elle ne se sentait pas aussi bien.

« Je crois qu'on doit se parler… Ça devient presque urgent, continua le chirurgien.

- Je suis… fatiguée. Et je n'ai pas du tout envie de me compliquer la vie, ni de te parler maintenant, répondit-elle le plus sèchement possible. »

Il acquiesça d'un signe de tête et sortit, vexé, la laissant à nouveau seule.

***

House était allongé sur le fauteuil de son bureau, réfléchissant plus ou moins à Cameron. Ou plutôt, il pensait à elle mais ne savait pas sous quel angle interpréter ce qu'il ressentait. Ou d'un point de vue plus généraliste : il ne savait plus du tout que penser.

« Les relations humaines sont toujours compliquées, c'est pour cela que je les évite, non ? Parce que s'engager dans une relation humaine quelconque est toujours signe de futurs mensonges, de futurs pleurs, de futures souffrances… Et c'est pour éviter tout ça, que je ne veux jamais m'engager. C'est aussi pour ça que j'ai repoussé Stacy, et également pour cette raison que Cameron est perdue quand elle dit qu'elle m'aime et que je ne lui fournit aucune réponse – je n'ai n'en ai pas. Je ne veux pas m'engager dans des relations humaines. »

Quelqu'un frappa à la porte et House daigna se retourner pour observer qui osait le déranger. Sa colère passagère s'envola quand il vit qu'il s'agissait de Wilson – mieux valait Wilson qu'un membre de l'équipe, même si n'importe qui était actuellement capable de lui faire la morale.

« Pourquoi tu es ici ? demanda le cancérologue une fois rentré. »

House soupira, trouvant cette question banale et totalement inutile – si on ne prenait pas en compte la situation.

« Et pourquoi je ne serais pas là ? J'aimerais être libre d'aller où je veux être ! répliqua le néphrologue avec une pointe d'ironie.

- Ok, je rectifie ma question : pourquoi n'es-tu pas dans la chambre de Cameron ? C'est pour ça que tu es venu que je sache.

- Non, je suis venu parce que Cuddy m'a appelé. »

Wilson sembla se perdre dans ses pensées quelques instants avant de reprendre ses esprits.

« Qu'est-ce qu'elle te voulait ?

- Que veux-tu que j'en sache ? Je n'ai pas répondu… »

Le cancérologue leva les yeux au ciel, déçu de lui-même de ne pas avoir compris plutôt les motivations du diagnosticien.

« Mais maintenant que tu sais qu'elle est hospitalisée ici, pourquoi ne vas-tu pas la voir ? insista-t-il.

- Chase est dans sa chambre.

- Et ça t'empêche de l'être également, c'est ça ?

- Oh c'est surtout qu'ils aimeraient parler en privé, expliqua simplement House. C'est une chose que quelqu'un comme toi ne pourra jamais comprendre, c'est pour ça que je n'ai pas voulu te le dire plus tôt je pense…

- Et tu n'as pas essayé de mettre une dynamite dans la blouse de Chase de façon à ce qu'elle explose au moment même où il rentre ?

Si c'est devant la chambre et non à l'intérieur… pensa House, discrètement en son for intérieur.

- C'est une idée, répondit-il malgré tout en haussant les épaules. »

Wilson lança un regard dans la salle de travail et constata qu'elle était vide.

« Tu sais où est ton équipe actuellement ?

- Aucune idée. Et je n'ai de toute façon pas envie de savoir.

- Ils vont dans le bureau de Cuddy pour leur demander si tu as eu de la Vicodine et pour demander les raisons de ta « négligence » envers le patient.

Heureusement que j'ai dit que je n'avais pas envie de savoir… pensa House. Mais comment il sait qu'ils sont allés voir Cuddy ? Décidément ça devient encore plus intéressant…

- Que veux-tu que ça me fasse ? Je m'en fiche de ce qu'ils font, ils sont adultes et responsables, je ne suis pas obligé de les pouponner. »

Sa réaction exaspéra Wilson qui soupira avant de sortir, laissant House un tantinet perplexe.

***

Allison ne parvenait pas à s'assoupir, voulant pourtant profiter de sa « solitude » pour reprendre de l'énergie. Elle ne comprenait pas ce qui venait de se passer, son prétendu malaise. Elle se rappelait très bien de certains détails, mais n'arrivait pas donner un sens logique à toutes ces images. Elle se souvenait sa « dispute » avec House, sur la Vicodine. Elle se rappelait son départ et son arrivée à l'hôpital où elle avait l'impression de ne pas être à sa place, de ne pas vivre à la même époque. Les regards du pharmacien, la colère de Cuddy – alors qu'elle était si aimable il y a quelques minutes à peine – et la gentillesse de Chase maintenant évaporée.

« Au moins, j'ai la preuve que House vit toujours ici, sinon il ne serait jamais venu… Et puis je n'ai pas rêvé, il voulait toujours de la Vicodine… que je n'ai pas pu lui donner…pensa-t-elle, fière de savoir au moins une chose. Mais tout de même déçue de ne pas pouvoir lui faire une ordonnance. »

Elle attrapa le verre d'eau à côté d'elle et le descendit rapidement. Elle n'avait pas soif, elle voulait juste faire quelque chose – sans savoir quoi. Ne supportant pas d'être clouée à un lit, elle se leva et commença à arpenter la pièce comme si elle n'en voyait jamais de semblable, alors qu'elle y passait presque sa vie.

« Je ne dirai pas que c'est une bonne idée, dit quelqu'un. »

Elle se retourna brusquement vers l'individu, trop surprise de n'avoir rien vu venir. Elle glissa sur le sol mais l'homme la rattrapa à temps, à l'aide sa main qu'il avait posée sur le dos de la jeune femme, la ramenant ainsi à lui. Elle se retrouvait blottie contre lui, les joues rouges mais avec un bonheur qui ne pouvait être expliqué par aucun mot.

« Je vous avais pourtant prévenu que vous ne deviez pas vous lever ! insista-t-il.

- House… qu'est-ce que vous faites là, encore ? »

Il lui fit un sourire qui la rendait folle, se détacha d'elle puis se dirigea vers le lit pour en ôter la couverture.

« Retournez vous allonger, ordonna-t-il. »

N'osant pas résister, elle s'assit sur le lit d'hôpital puis détendit son corps pour enfin avoir une position allongée.

« Vous voyez, c'est pas si difficile… Il suffit simplement de m'écouter, surtout quand on sait que j'ai toujours raison ! ironisa-t-il, un petit sourire en coin accompagnant ses paroles.

- Qu'est-ce que vous faites ici ?

- J'ai vu Chase à travers la vitre de mon bureau. Comme je doute qu'il peut être à deux endroits à la fois, j'en ai déduit que vous étiez seule donc je suis venu. »

Elle soupira de soulagement, constatant qu'elle avait une place – aussi infime soit-elle – dans la vie du médecin. Ignorant qu'elle avait déjà bu, il lui donna un verre d'eau qu'elle porta à ses lèvres tout de même.

« Vous ne devriez pas vous lever… c'est… dangereux… dit-il en tournant le regard, trop honteux de dire une chose aussi banale. »

Elle reposa le verre en plastique et le dévora des yeux, profitant du fait qu'il ne la regardait pas en face – bien qu'elle ne doutait pas qu'il sentait son regard sur lui.

« Je n'aime pas rester allongée à ne rien faire. C'est déprimant d'être dans une chambre aussi… blanche… et aussi simple sans rien ni personne, répondit-elle.

- D'accord, j'y conçois totalement, c'est loin d'être rassurant mais je ne serai pas tout le temps là. »

Elle baissa le regard pour la énième fois dans sa journée.

« Evidemment, il ne peut pas toujours être là pour moi… pensa-t-elle.

- Et vous ne serez pas toujours là pour moi, ça ne sert à rien de se tourmenter là-dessus, continua-t-il. »

Elle releva le visage vers lui.

« Est-ce que vous lisez dans les pensées ? demanda-t-elle.

- Dommage que non. Par contre je peux voler, cracher des flammes, provoquer une avalanche… Mais je ne peux pas lire dans les pensées, railla-t-il. Non, je ne lis pas dans les pensées. Mais ce n'est pas bien difficile de deviner ce à quoi vous pensez, continua-t-il plus sérieusement. »

Presque inconsciemment, elle lui sourit. Un geste automatique, sûrement. Elle ne pouvait dire qu'il avait tord puisqu'il visait dans le mille, comme à son habitude… Un sourire était manifestement le meilleur moyen de lui faire comprendre qu'elle abandonnait toute résistance.

« Qu'est-ce que vous a dit Chase ? demanda-t-il, réellement curieux de savoir ce qui s'était passé.

- Rien de très important. Il est juste venu me dire qu'il fallait qu'on se parle et comme je n'en avais pas du tout envie, j'ai dit que j'étais fatiguée – ce qui n'est pas totalement faux – et puis il est partit. Ne cherchez pas plus loin. »

House acquiesça. Cette phrase donnait une certaine satisfaction à une partie de lui. Enfin soulagé, il sortit de la salle – Cameron se retrouvant seule, vexée de ne pas pouvoir rester plus longtemps avec lui.

***

Wilson rentra dans le bureau de Cuddy. Elle était plongée dans ses papiers, ne remarquant pas la présence de l'oncologue. Il constata rapidement que les larbins de House étaient déjà partis.

« Lisa ? dit-il. »

Elle releva la tête, croisant son regard.

« Oh, salut, qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-elle, posant le stylo qu'elle avait dans la main pour le fixer longuement, sous tous les angles.

- J'avais juste envie de voir ce que tu faisais… Tu n'étais pas dans ton bureau, répondit-il, apparemment gêné de ne pas avoir de raisons concrètes.

- Non, j'étais avec Cameron, j'essayais de joindre House, expliqua-t-elle, toujours un peu bouleversée des derniers événements. »

Soulagé – sans savoir pourquoi – il lui offrit un sourire. Pas un sourire amical, un vrai sourire. Elle se leva et s'approcha de lui pour finalement l'enlacer étroitement, se blottissant contre lui et embrassant sa chemise.

« Lisa… on a dit… pas au boulot… tenta-t-il de dire petit à petit alors que les lèvres de la directrice remontaient pour chercher les siennes. »

Elle recula légèrement, toujours dans ses bras, le fixant intensément.

« Il n'y a personne, on ne risque rien… souffla-t-elle. »

Elle l'emmena un peu plus au fond de la pièce, au cas où une infirmière regarderait un peu vers eux, ils étaient « cachés ». La directrice mit une de ses mains dans les cheveux de Wilson et l'emmena à elle.

« Tu es sûre ? insista-t-il.

- Certaine. »

Ils s'embrassèrent, comme deux personnes qui n'osaient pas montrer leur relation au reste de l'hôpital. Le baiser devint un peu plus fougueux, plus enflammé, à tel point qu'ils n'entendirent pas la porte s'ouvrir.

« Je dérange, peut-être ? fis une voix. »

Les tourtereaux sursautèrent, se retournant vers l'individu – même si au fond d'eux, ils savaient de qui il s'agissait, simplement au fait de ne pas avoir frappé.

« Oh non c'est pas vrai… se lamenta Wilson.

- Tu veux que je te pince ? répliqua House. »

House s'avança vers eux, un sourire énigmatique sur les lèvres comme lorsqu'il découvrait la clef d'une mystérieuse énigme – l'énigme en question était la relation « secrète » qu'entretenaient Wilson et Cuddy. Et il avait enfin trouvé.

« On me reproche de rester chez moi, ou plutôt chez Cameron, au lieu d'être au travail mais moi au moins quand j'ai envie de bécoter, je ne le fais pas au travail, hum ? continua-t-il, enfonçant le couteau plus loin encore.

- Sauf que nous on peut faire plusieurs choses en même temps ! se défendit Cuddy, ne réalisant pas qu'elle était la directrice et non l'employée.

- Ah oui ? Vous auscultez les patients en embrassant Wilson ? Eh bien, vous êtes encore plus douée que je ne l'imaginais ! »

Wilson leva les mains, détourna le regard ce qui indiquait clairement son agacement et sa gêne.

« Je crois… que je vais vous laisser… avoua-t-il, se dirigeant vers la sortie.

- Jimmy tu ne me laisses pas toute seule avec ce fauve enragé ! l'interrompit la directrice, avec son air de cocker battue.

- Oh oh ! »

Ils se retournèrent vers House, se maudissant intérieurement de lui prêter une quelconque attention.

« Mais c'est trop mignon ! « Jimmy », c'est vraiment très intime comme appellation ! Tes femmes adoraient t'appeler comme ça, en tout cas… »

Ledit Jimmy se plaqua la main sur le front, résistant à l'envie de coller son poing dans la figure de son soi-disant « meilleur ami ». Cuddy, elle, restait la bouche ouverte à tenter de dire quelque chose qui ne voulait pas sortir.

« Pourquoi… vous êtes là ? finit-elle par demander, un brin hésitante.

- Hum… en fait je viens subitement d'oublier… »

La visage de la directrice se teinta d'un rouge cramoisi, mélange de honte et de colère – honte car elle venait de se faire prendre en flagrant délit, de colère en se disant qu'il n'y avait aucune raison particulière qui poussait House à être venu.

« Ah si, je m'en souviens maintenant ! fis-t-il. Je voulais embêter quelqu'un et comme Wilson n'était pas dans son bureau je suis venu vous voir vous, et je ne suis pas déçu d'avoir eu les deux personnes que je voulais embêter…

- Eh bien c'est réussi ! Félicitations ! ragea-t-elle. »

Wilson se rapprocha de House, le fixant d'un regard pourtant pas menaçant mais qui voulait clairement dire qu'il avait une idée derrière la tête.

« Pourquoi ne veux-tu pas que Lisa et moi on se bécote au boulot ? demanda-t-il, sûr de lui – ce qui se lisait dans ses yeux.

- Peut-être parce que… c'est totalement immoral envers moi qui m'abstient.

- Oui… c'est vrai ! Tu t'abstiens au boulot ! »

House fronça les sourcils, ne comprenant pas où son « ami » voulait en venir.

« Mais quand tu n'y es pas, est-ce que tu t'abstiens d'embrasser quelqu'un ?

Cameron ! pensa House, presque automatiquement. »

House voulut protester mais l'oncologue partit, non sans lancer une signe d'au revoir à sa bien-aimée.

***

Wilson frappa à la porte et l'ouvrit.

« Docteur Cameron, comment allez-vous ? demanda-t-il.

- Plutôt fatiguée, mais sinon ça va, merci. Si les examens ne révèlent rien, je crois qu'il n'y a plus aucune raison de me garder, des patients attendent sûrement des chambres.

- Les examens ne révèlent rien, vous pourrez normalement sortir demain. »

Elle fut soulagée de cette nouvelle. Elle observa l'oncologue tester ses réflexes, puis se décida à parler.

« Je ne sais pas trop ce qui s'est passé, avoua-t-elle. »

Il arrêta son examen, écoutant ce qu'elle voulait dire.

« Je me souviens bien mais… c'était étrange… J'avais l'impression que tout ce que je venais de vivre n'était pas réel…

- De quoi vous souvenez-vous exactement ?

- J'étais devant la pharmacie et…

- La pharmacie ? Mais vous vous êtes évanouie sur le parking ! »