Bonjour à tou(te)s ! Je dois vous avouer que j'ai mis deux jours à écrire cette suite, donc elle peut ne pas être folichonne, mais j'ai eu comme un regain de confiance en moi grâce aux commentaire de Miel pops et de Petitecheyenne, que je remercie ! Merci les ami(e)s !

La suite de cette fiction se passe après la fin de la saison 3 de Vampire Diaries, donc pour celles qui ne veulent pas être spoilées, ne lisez plus avant d'avoir regardé les épisodes ! Vous en aurez besoin pour comprendre l'histoire de toute manière !

Bonne lecture et OH comme la nature fait bien les choses, ils ont ajouté le petit carré des Reviews juste en bas de la page ! ça donne envie d'essayer non ? Non ? Bon. Enjoy !


Chapitre 29

Plusieurs mois plus tard.

Damon vit le soleil se lever pour la troisième fois de la semaine. Le sommeil l'avait quitté, graduellement, le laissant sans savoir s'il pourrait un jour s'endormir à nouveau.

Cela faisait maintenant treize jours que leurs vies avaient été chamboulées. Un nouveau maire venait d'être nommé à la tête de la ville, annonçant une ère de « terreur » et de « fermeté » envers quiconque cacherait des informations sur les vampires ou autres créatures dont ils avaient eu connaissance peu de temps auparavant. Eux, le conseil, dont il faisait toujours partie, au prix d'un gain de stress phénoménal.

La maison était silencieuse, il n'entendait aucun écho de la chambre de Stefan ou d'autre part dans la grande Pension. Il l'avait entendu, la veille, promettre d'apprendre à Elena à se contrôler, alors que celle-ci ne cessait de pleurer. Il ne pouvait pas lui en vouloir d'être si dévastée par le fait d'être devenue un vampire, se remémorant son propre désespoir, pendant la courte période suivant sa transition. Néanmoins, il avait eu droit à quelque chose que la jeune fille n'avait pas : Un bouc-émissaire.

Alors il se douta qu'ils s'étaient isolés. Probablement pour éviter les accidents, mais surtout pour calmer la bête intérieure qui menaçait de déchirer la jeune femme, la tirant vers le monstre qu'elle craignait à présent de devenir. Le laissant seul dans cette grande maison, dans cette grande ville.

Après les évènements ayant suivi la mort de Klaus, le monde de Mystic Falls s'était arrêté de tourner rond : Le maire et le shérif avaient été dénoncées par le méchant Alaric au Conseil, avec pour conséquence irrévocable de les exclure de celui-ci et par la même, de la ville. Caroline avait fui la ville sous peine de mort, et Tyler avait quant à lui suivi Klaus dans sa chute. Les Originaux avaient eux aussi plié bagage. Et lui, Damon, était encore là, sans frère, sans ami, sans personne, et il devait à présent se protéger seul contre la probable chasse aux sorcières que le nouveau maire mettrait sur pied pour décimer la vermine de Mystic Falls.

Le shérif Forbes était partie deux jours plus tôt pour visiter son nouvel appartement, et en avait profité pour faire des recherches sur un remplaçant capable de tenir la distance. Jusqu'à maintenant, il n'avait eu vent d'aucun résultat, mais n'était pas inquiet. Il espérait seulement que Forbes choisirait quelqu'un qu'il pourrait mettre de son côté. Peut-être pas une femme, dans le cas présent ; Il semblerait qu'il avait plus que jamais la poisse de ce côté-là. Car il allait sans dire que depuis son réveil, Elena ne lui avait pas montré un seul signe pouvant lui indiquer un quelconque revirement en sa faveur. Stefan était toujours « top of the list ».

Damon prit rapidement une douche, puis s'habilla pour sortir. Prendre l'air lui semblait d'une importance capitale, ces temps-ci, et il avait l'impression étrange que les murs se rapprochaient lorsqu'il restait immobile trop longtemps dans une pièce. Descendant la petite allée de la Pension, il passa à côté de la boîte aux lettres, la regarda sans grand intérêt, puis fit trois pas en arrière, l'observant.

La petite languette de métal rouge était relevée, indiquant qu'il avait eu du courrier. Ce qui semblait plutôt étrange, étant donné qu'aujourd'hui était Dimanche. Regardant à droite à gauche d'un œil suspect, il ouvrit la boîte et en tira une seule petite enveloppe blanche, à peine fermée. Arquant un sourcil, il sortit une petite carte de l'enveloppe, blanche elle aussi. Un numéro de téléphone mobile était inscrit, très lisiblement, ainsi que ces quatre mots :

« Ce n'est pas fini »

« Qu'est-ce que c'est que ce bordel... » Marmonna Damon en sortant son propre téléphone de sa veste en cuir.

Il composa le numéro et attendit patiemment les trois bips qui suivirent. Un clic lui indiqua la présence de quelqu'un à l'autre bout du fil, mais il ne dit rien. Au bout de quelques secondes, un rire masculin retentit.

« Plutôt matinal, ces temps-ci ? »

Avec un grognement, Damon montra qu'il avait reconnu la voix du jeune Tyler Lockwood.

« Tu n'es pas censé être mort avec ton maître, toi ?

-Ne t'en fais pas, lui et moi allons très bien ! »

Le vampire mit un temps à comprendre où le loup-garou voulait en venir. Il prit une grande inspiration, tentant de calmer la bête qui rugissait dans ses entrailles.

« Qu'est-ce que tu me racontes là, Wolfy ?

-C'est fou comme la magie fait bien les choses. Après tout, il m'avait fallu une sorcière pour retourner dans mon corps, alors je me suis demandé, pourquoi ne pas me procurer une sorcière pour m'en déloger ?

-Je te suis pas. C'est quoi cette petite magouille encore ?

-Je vais te donner un indice. Tu n'es actuellement pas en communication avec Tyler... »

La mâchoire de Damon se contracta jusqu'à se casser, et il lui fallut toute sa raison pour ne pas réduire le téléphone en cendres. Son regard traîna sur les bois aux alentours, sans grande conviction : Il devait être loin.

« Quand est-ce que t'accepteras enfin de crever, Klaus ? » s'écria-t-il, perdant sa patience. La seule bonne chose qu'il pouvait tirer de ces derniers jours était la mort de cette enflure, le savoir en vie ramenait tout à zéro. Ou même moins.

« Ne t'en fais pas, je n'ai plus rien à faire avec vous de toute manière. Et puisque le double Petrova est devenue un vampire... Elle ne m'intéresse plus. C'est dommage. Mais je me dis que j'ai de la chance d'être en vie, vous avez bien failli causer ma perte ! »

Devant le silence de Damon, Klaus continua, son accent perçant au travers de la voix de Tyler.

« Tant de morts, pour si peu. C'est bien ce que tu es en train de te dire, non ? Et tu aurais raison de t'en vouloir car tout est de votre faute, les frères Salvatore. Depuis le plus petit inconnu, jusqu'à ton meilleur ami...Et bien plus. Bonnie est-elle encore en ville ? Non, bien sûr. La culpabilité va sans doute la ronger pendant quelques années, après tout elle m'a permis de vivre.

-Tu as tort. Je n'éprouve aucun remord, et tu sais pourquoi ? Parce que c'est toi, le putain de psychopathe qui a tué tous ces gens.

-En effet. Et pour l'instant, je vais en rester là. Je vous laisse tranquille pendant quelques dizaines d'années. Et lorsque vous ne vous y attendrez plus, je vous tuerai, toi et ton frère. Je commencerai par toi, car tu es le moins sensible des deux. Et lorsque Stefan sera au plus mal, après ta disparition, je l'achèverai. Et avec un peu de chance, j'aurai Elena dans la foulée. J'attends ce moment avec impatience.

-Quelques dizaines d'années, hein ? Pas si je te trouve d'abord. Et j'ai énormément de temps libre devant moi, en ce moment.

-Quelle charmante idée ! Mais d'abord, tu voudras peut-être déposer quelques fleurs sur la tombe d'une jeune et belle policière, un autre dommage collatéral dans notre petite affaire. »

Damon analysa ce que l'Original venait de dire, et sentit son souffle se couper. Il se sentait comme attaché à une énorme pierre, l'entraînant vers les fonds. Klaus émit un petit rire et cela le rendit nauséeux.

« Ne va pas faire plus de mal que tu en as déjà fait, laisse la en dehors de ça.

-Oh, bon... Comme il te plaira ! Ah, attends, j'oubliais, je l'ai tué il y a déjà un bout de temps. Son corps doit être décomposé dans un cercueil, loin, très loin sous terre à présent. Une de mes distractions datant de mon périple à New York avec ton frère. Il ne voulait pas la tuer, alors...

-Espèce de sale petit enfoiré...

-Je dois avouer que tu as bon goût en matière de femmes. Elle était magnifique. Mais une vraie langue de vipère. Et extrêmement féroce, je me souviens comme elle a essayé de se défendre. J'ai été particulièrement émoustillé de voir la peur que je lui procurais, avant de faire sauter ses cervicales.

-C'est ça, continue de parler, je vais me faire une joie de te faire bouffer ta langue avant de t'écarteler, sale fils de pute...

-Hmm, je vais compter les minutes avant ce jour fatidique. »

Le bip retentit et Damon se retint d'écraser le téléphone contre la boîte aux lettres. Il composa le numéro de son frère et fit les cent pas sur l'allée, ne sachant plus ce qu'il faisait.

« Damon, on a besoin de calme..., fit la voix lasse de Stefan à l'autre bout du fil.

-Klaus est vivant. Je viens de l'avoir au téléphone, Bonnie a fait passer cette ordure dans le corps de Lockwood !

-... Tu es sûr de ça ?

-Tu me prends pour quoi ? Je suis pas d'humeur à faire des gags téléphoniques !

-Est-ce qu'il prévoit de nous faire la peau ?

-On n'est pas dans ses projets pour l'instant. Mais il a une foutue putain de dent contre nous, on n'a pas fini d'en entendre parler. Stefan, est-ce que tu es au courant, pour Maria ?

-... Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as des nouvelles d'elle ?

-Elle est morte. Klaus l'a tué à New York, après votre altercation au MSG.

-... Je lui avais dit de se protéger, de faire attention, car il serait probablement après elle, mais il a précipité ses plans et on est partis pour Chicago, alors j'ai pensé qu'elle lui était sortie de la tête. Je suis désolé...

-Désolé ? Tu es désolé ?! Elle est morte, tu comprends ça ?! Morte !

-Damon, elle n'était pas immortelle. Elle était humaine...

-Va te faire foutre. »

Il rangea son téléphone dans sa poche et ramassa une pierre de la taille d'une tête humaine, qu'il balança dans les bois d'un geste enragé, et s'accroupit pour tenter de reprendre son souffle. Un souffle qui ne lui servait plus à grand chose, puisqu'il était mort. Tout comme Maria. Maria la forte, l'indestructible. Maria pour qui il ne s'était pas fait de souci, puisqu'il ne comprenait plus ce qu'il avait ressenti pour elle.

Pour la première fois depuis des mois, il ressentit le besoin de revoir la maison dans laquelle elle avait vécu, laquelle il n'avait jamais revisité depuis la nuit de la rupture. Il s'assit dans sa voiture et son regard se posa sur le siège passager. Amèrement, il repensa à toutes les fois où elle s'était tenue là, mais bien qu'il ait les détails les plus complexes de son visage et de sa voix en tête, il ne parvenait pas à retrouver les sentiments, les émotions clés qui faisaient de ces moments infimes des trésors à ses yeux.

Les premières semaines de « liberté », lorsqu'il était débarrassé de tous ceux-ci, avaient été d'une jouissance totale ; à présent il se rendait compte que quelque chose manquait en lui, et que ce n'était finalement pas normal d'avoir oublié comme cela. Elena aurait-elle tout simplement dévoré tout le reste de ce à quoi il tenait ? Avait-elle gangréné son esprit ? Et dans ce cas-là, puisqu'à présent il ne lui était plus possible de l'atteindre, s'il essayait d'oublier, Maria reviendrait-elle à la surface, le faisant souffrir plus encore ? Car, à présent, aucune des deux n'était à sa portée.

Pour la première fois, il aurait aimé ressentir ce qu'il éprouvait pour les deux jeunes femmes, rien que pour voir laquelle lui aurait fait le plus mal.

La maison semblait austère. La multitude de feuilles mortes sur l'herbe et le toit donnait à Damon l'impression d'avoir devant lui la typique maison pour Hobbit inventée par Tolkien. Un peu plus de temps et le gazon finirait par pousser sur la façade. Le toit d'ardoise était invisible, le porche sale, mais la peinture n'était pas écaillée. La porte était fermée à clé, non que ce soit raison à l'inquiéter. L'intérieur sentait le renfermé, et la cheminée était certainement bouchée, car aucun son n'en provenait. Le parquet grinça lorsqu'il y posa les pieds, cependant il n'y prêta pas attention, concentré sur autre chose.

Il fixa longuement le sol du salon, sur lequel ils avaient retrouvé son père mort, sur lequel elle avait été battue avant d'être enlevée, sur lequel ils avaient roulé de temps en temps, tombant du canapé et riant tout en se chamaillant. Il se rappela avoir été heureux, mais il ne le sentait plus. Il renonça à aller à la cave, dont la porte blindée avait disparue, et monta les escaliers jusqu'à la chambre. Seule l'imposante armoire restait, portes fermées. Il l'ouvrit à la volée, espérant presque qu'elle y ait laissé un quelconque objet qui aurait pu lui faire avoir le déclic, mais rien ne l'accueillit à part la poussière.

Son téléphone sonna et il sursauta comme un enfant de quatre ans surpris en pleine bêtise. Pestant, il décrocha et salua le shérif Forbes d'une voix morbide.

« Shérif.

-Ouah. Je vous réveille, peut-être ?

-Je suis réveillé depuis six heures du matin, merci.

-Eh ben j'aimerai pas vous avoir en face quand vous êtes grognon... »

Damon soupira. Elle allait certainement lui manquer, car s'il n'osait pas se l'admettre, elle était plutôt drôle, dans son genre. Considérant le fait qu'il ait transformé sa fille en vampire, et qu'il ait semé la terreur pendant une courte période, cela dit.

« Mais encore ?

-J'ai à vous parler, rendez-vous dans dix minutes sur le parking de la grande place.

-Vos désirs sont des ordres ! »

Sortant de la maison, il s'aperçut qu'une pancarte était plantée près du sentier, qu'il n'avait pas remarqué plus tôt. Celle-ci affichait fièrement la vente récente du pavillon. Damon attrapa la pancarte et la cassa en deux, froidement. Il allait en parler à Forbes : Il ne voulait aucun étranger dans cette maison. Ce serait dorénavant son mausolée, son cimetière du passé.


La plupart des gens saluaient encore Elizabeth Forbes avec le terme « Shérif ».

Bien sûr, personne ne connaissait les vraies raisons de son départ, étant donné que la situation était connue du seul Conseil des Fondateurs : Pour les autres, son départ anticipé répondait à une décision d'évoluer dans le milieu policier, en tentant sa chance dans la grande ville. L'honneur était presque sauf. Non pas que cela l'ait gêné de protéger sa fille. Les autres ne comprenaient pas, voilà tout. Elle aurait aimé les voir, ces petits cons, si leurs enfants se ramenaient un jour à la maison en vitesse supersonique, leur annonçant qu'ils buvaient du sang et qu'ils ne vieilliraient plus jamais. Elle ne voulait pas voir sa petite Caroline attaché à un poteau et lapidée pour avoir trouvé un moyen de rester en vie.

Damon s'assit à côté d'elle sur le banc, nerveux. Elle ouvrit la bouche, mais il la coupa rapidement.

« Avant que vous ne commenciez, je tenais juste à vous dire que la maison des Hiterogue sera brûlée de haut en bas si elle est vendue à qui que ce soit. »

Elle écarquilla les yeux et décroisa ses jambes, l'air ahurie.

« Vous êtes au courant ?

-J'y suis allé ce matin et j'ai vu le panneau.

-Non, je veux dire, vous êtes au courant pour elle ? »

Alors comme ça même Forbes savait pour la mort de Maria ? Quoique si la maison avait été vendue, les acheteurs avaient probablement eu vent de l'assassinat de l'ancien propriétaire, et donc, ils seraient allés voir le shérif local pour plus amples informations. Et Forbes aurait appelé pour avoir l'accord de vente du notaire de Maria.

Celle-ci avait sans doute préparé un testament de trente pages depuis longtemps, d'ailleurs.

« Oui, je suis au courant ! Et j'aurais aimé l'apprendre d'une autre manière, c'est aussi pour ça que je suis venu...

-De toute manière c'est dans ce but que je vous ai appelé, pas pour tailler le bout de gras !

-... Vous ne vouliez pas me parler du nouveau shérif ?

-Si ! »

Damon la regarda avec les sourcils froncés. Était-elle devenue folle ? La retraite n'était peut-être pas quelque chose d'exhaustif pour elle, finalement. Il ne comprenait pas un traitre mot de ce qu'elle baragouinait.

« Bon, on va remettre tout à zéro, parce que je ne comprends pas où vous voulez en venir là... En quoi la mort de Maria a-t-elle un rapport avec le nouveau shérif ?

-Mort ? Mais elle n'est pas morte ! À moins que vous ne soyez au courant de quoi que ce soit s'étant passé il y a dix minutes !

-Quoi ?!

-Je l'ai eu au téléphone juste avant que vous n'arriviez ! Bon Dieu, mais qui vous a raconté qu'elle était morte ?

-Mais alors...Quel rapport avec le nouveau shérif ?

-Probablement parce que c'est moi, le nouveau shérif. »

Damon sursauta presque lorsqu'il entendit la nouvelle voix, à seulement deux mètres derrière lui.

Il se leva d'un bond et tomba en face d'une belle jeune femme, au cheveux bruns et lisses en queue de cheval, vêtue d'un simple T-Shirt blanc, d'un jean noir et de bottes de motard abîmées. L'odeur de cannelle et de mangue très reconnaissable de ses produits de beauté investit ses narines et il ne put que la scruter, désemparé, tandis qu'elle laissa tomber son sac de sport à ses pieds et s'essuya les mains sur son pantalon.

« Salut, Damon. Bonjour, Elizabeth.

-Bon retour à Mystic Falls, Maria. »


Le silence avait des airs de plomb dans l'habitacle de la voiture de Damon. Maria regardait distraitement le paysage au dehors, les bras enroulés autour de sa taille. Ce geste d'auto-défense avait vexé le vampire, mais il n'avait rien laissé paraître. Il se contentait de conduire la jeune femme jusqu'à la maison qu'elle avait racheté, lui jetant des coups d'œil de temps en temps, dessinant la ligne de sa nuque jusqu'à son épaule.

« Klaus t'a tué, dit-il finalement.

-Klaus s'est raté. » répondit-elle sur le même ton de conversation. Il émit un claquement de langue et elle ne put s'empêcher de sourire.

« Ça n'a pas l'air d'arriver souvent, n'est-ce-pas ?

-Tu serais la première à lui échapper, et excuse-moi, mais je doute que tu sois de taille.

-Et pourtant, me voilà ! »

Damon passa une main sur son menton et la reposa sur le levier de vitesse. Il appuya sur l'accélérateur et la voiture rugit, se propulsant à plus de cent quarante kilomètres à l'heure. Maria agrippa machinalement le bord du siège et la portière, surprise, et lui jeta un regard furieux.

« T'es vraiment qu'un con !

-Comment tu t'en es sortie ? Interrogea-t-il.

-J'ai rien à te dire de plus... »

La voiture prit encore de la vitesse, et un virage serré fit presque crier la jeune femme. Les muscles contractés, la mâchoire sur le point de se briser, elle soutenait le regard de Damon.

« Je peux faire pire, et je sais que tu le sais ! chantonna-t-il.

-Il n'y a rien que je puisse te dire, il ne m'a pas tué !

-Alors tu as fait un pacte avec lui !

-Espèce de parano... »

Damon la regarda de travers, puis tourna brutalement sur un petit chemin de forêt, invisible à l'œil nu à cette vitesse. Maria risqua un regard vers le compteur : deux-cents kilomètres à l'heure. S'ils se crashaient maintenant, ils seraient réduits à l'état de bouillie putrescente. La voiture rasait les troncs et elle se sentit impuissante. Soudain, à quelques centaines de mètres, elle aperçut un montant de colline, trop escarpé pour espérer que la voiture y grimpe. Le petit sourire du vampire lui sauta aux yeux et son sang ne fit qu'un tour.

« Si Klaus ne t'a pas tué, c'est qu'il le voulait bien ! Et ça veut dire qu'il s'est foutu de ma gueule ! Fit Damon, haussant la voix pour pouvoir être entendu au dessus du bruit apocalyptique du moteur.

-Damon, ne fais pas ça ! Ça nous fera mal à tous les deux !

-Oui mais moi je m'en remettrai ! Rit-il, tel un malade mental.

-Non, Damon...Klaus ne sait pas ! Arrête la voiture !

-Klaus ne sait pas quoi ?

-KLAUS NE SAIT PAS QUE JE SUIS VIVANTE ! » hurla-t-elle, la panique faisant craquer sa voix.

Il pila brutalement, et elle poussa un cri de douleur lorsque la lanière de la ceinture de sécurité mordit sa peau. Elle sentit ses bras aller vers l'avant, par la force de poussée. Elle savait qu'elle devait faire quelque chose : Damon n'était plus le même, certes, mais là, il avait carrément un problème. Et ce ne serait pas sur elle qu'il se défoulerait, il en était hors de question.

Lorsque la voiture s'arrêta totalement avec un petit coup sec, Maria se détacha d'un geste et brandit son arme de service à un centimètre de la tempe du vampire. Elle ne prit pas le temps de calmer sa respiration, ni d'essuyer les minuscules larmes qui avaient fleuri aux coins de ses yeux.

« Détache-toi, fit-elle d'une voix encore saccadée.

-Sans déconner, tu crois que j'ai peur de...

-Détache toi ! »

Avec un petit rire, Damon se détacha et reposa ses mains sur le volant.

« Et maintenant, Officier Hiterogue ?

-Donne-moi les clés. Prends mon sac sur la banquette et sors, pose le par terre et mets toi à genoux !

-Et quoi, tu vas me lire mes droits ?

-J'hésite encore à faire exploser ta sale gueule de merde, alors ne me tente pas ! »

Il fit ce qu'elle avait dit, tandis qu'elle faisait le tour de la voiture, l'arme toujours braquée sur lui. D'une main, elle prit son sac et le jeta sur son épaule, puis fit signe à Damon de se relever.

« Jamais de ma vie je ne me suis alliée à des salopards comme Klaus, tu crois que je le ferais maintenant ? Siffla-t-elle.

-Tu veux que je te fasse le compte de tous les gens qu'il a tué ? Et toi tu t'en sors ?! Il y a un truc qui cloche, que tu me le dises ou non, je le saurais. Et pourquoi tu es revenue ?!

-Pour sauver ton cul, espèce de...! »

Elle ferma les yeux et mordit dans sa main droite pour ne pas crier de rage, le pistolet toujours en main. Damon se souvint vaguement l'avoir vu faire cela, lorsqu'ils se hurlaient dessus.

« Elizabeth m'a appelé pour que je vous aide ! Parce que vous êtes seuls, maintenant, et qu'on a mit un contrat sur vos têtes, à ton frère, Elena et toi ! Je te rappelle que si quelqu'un décide de cracher le morceau, vous ne pourrez pas vous enfuir, ils vous chopperont avant ! Alors pour l'instant mon vieux, je suis le meilleur atout que tu aies dans la poche ! »

Elle lui lança les clés et lui fit signe de la tête pour qu'il remonte en voiture. Il la regarda avec dédain et ouvrit la portière.

« Je veux pas de ton aide. »

Lorsque la voiture fut loin, Maria relâcha sa poigne sur le pistolet et le rangea dans son étui, à l'arrière de son pantalon. Sa main lui faisait mal d'avoir serré la crosse. Elle rit un instant, puis se mit en chemin de la maison.

« Eh ben, je suis quand même une merveilleuse actrice ! » marmonna-t-elle.


Il était plus de minuit quand Damon passa le pas de la porte, et il ne fut qu'à moitié étonné de voir Stefan faire les cent pas dans le salon.

« Salut Robinson, fini de jouer dans la cabane de jardin ?

-Où est-ce que tu étais ? »

Damon fit un petit bruit avec sa bouche, haussa les épaules et envoya sa veste voler sur le canapé, où il la rejoignit.

« Tu es venu voir si je ne m'étais pas lancé à la poursuite de Klaus le Vilain ?

-J'ai eu un peu peur que tu ne perdes les pédales, c'est vrai. Maria...

-Maria va bien, elle gambade dans sa jolie baraque à quelques pâtés de maison d'ici. Et Klaus est toujours bel et bien vivant, lui aussi. »

Stefan prit sa tête dans ses mains, ne comprenant plus rien. Donc Maria était vivante, Klaus ne l'avait pas tué. D'ailleurs, c'était étrange qu'il l'ait épargné. Surtout s'il se vantait de lui avoir fait sauter la tête.

« Alors tout va bien ? Dans un petit siècle, il reviendra et on lui fera la peau de nouveau ! Conclut le plus jeune frère en se servant un verre de cognac.

-Visiblement. Mais je ne fais pas confiance à notre nouveau shérif...

-Qui c'est ?

-C'est Maria, voyons ! J'essaye de faire simple, fais un effort pour suivre !

-Tu n'es pas du tout simple, Damon. Pas plus que d'habitude en tout cas.

-Bon... Maria est vivante, elle est revenue en tant que shérif, Klaus pense l'avoir tué mais apparemment il aurait raté son coup, je ne sais pas pourquoi. Mais j'ai l'intention de découvrir ce qu'elle me cache... »

Stefan fixa son frère, secouant légèrement la tête de droite à gauche.

« Tu cherches à te créer des problèmes. Ça ne te suffit pas d'être soulagé qu'elle soit en vie, tout simplement ?

-Qu'elle soit en vie, OK. Que ce soit elle spécifiquement, je m'en fiche. Je ne voulais pas alourdir notre palmarès meurtrier indirect. Mais s'il te plaît Stefan, qu'elle s'en soit sortie face à Klaus ? Seule ? Comment aurait-elle fait ça ? S'exclama Damon en levant les bras en l'air comme pour exprimer la stupidité de la remarque de son frère.

-Toujours est-il que moi, je lui fais confiance. Tu devrais faire attention mon frère, la dernière fois que tu as voulu découvrir l'un de ses secrets, tu es presque devenu dingue ! »

Damon leva les yeux au Ciel et but son bourbon directement à la bouteille. La dernière fois qu'il avait été aussi obsédé par Maria Hiterogue, c'était l'ennui qui l'avait poussé vers elle. Cette fois-ci, c'était la colère et la méfiance qui lui dictaient la suite de son plan. Avec un petit sourire froid, il remarqua comme la nature faisait bien les choses : Dès qu'il se trouvait au plus mal, elle apparaissait pour l'achever.


Voilà voilà, pour les sceptiques se demandant si Maria allait être évincée de l'histoire, la réponse est "GRAND DIEU NON !" je l'aime trop pour cela ! Et j'aime la torturer aussi. Damon va vraiment lui en faire baver cette fois-ci.

En tout cas merci à mes nouveaux suiveurs et aux gentils lecteurs qui me laissent leurs impressions, ça fait toujours énormément plaisir ! A bientôt j'espère pour la suite et peut-être bientôt la fin des aventures de Damon et Maria !