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Voilà le nouveau chapitre, et je vous promets qu'il marque un tournant dans l'histoire, bonne lecture.

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Chapitre 29 : Des vacances sanglantes

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Le 13 Juillet 1993 (été de début de troisième année du livre original)

-Ah Severus, quel plaisir de vous voir. Entrez donc mon ami. Un peu de thé peut-être ? Proposa aimablement Dumbledore avec son habituel sourire chaleureux.

-Non merci Albus, j'ai une potion sur le feu et j'aimerais que nous fassions au plus vite si possible. Pourquoi désiriez-vous me voir ? répondit sombrement Rogue.

-Oh quel dommage, ce thé m'est fourni par un ami indien de la confédération internationale. Il est aromatisé aux baies de cassandre sauvage. Un vrai délice, insista le vieux directeur de Poudlard de sa voix amicale.

-Albus, vous me feriez plaisir en allant droit au but, j'ai véritablement beaucoup de travail, soupira Severus Rogue d'un ton sec mais néanmoins respectueux.

Dumbledore était en effet un des rares sorciers à avoir gagné ce privilège de la part du maitre des potions.

-Ah mon bon Severus, vous ne savez pas apprécier les bonnes choses de la vie. Mais pour en revenir à mon problème, je dois dire qu'il concerne Messieurs Potter et Montague.

-Et peut-on savoir ce qu'ils ont fait de suffisamment important pour que nous en discutions au beau milieu des grandes vacances ?

-Ils n'ont rien fait du tout ! En fait, si je vous ai fait venir, c'est parce que je voudrais que vous alliez présenter personnellement vos excuses concernant l'affaire Zabini à ces deux jeunes personnes et que vous les convainquiez de reprendre vos cours.

-Quoi ? Mais vous déraisonnez ! Montague m'a frappé et Potter a tenté de broyer mon esprit et vous voudriez que, moi, je m'excuse ? Si ce n'était la fortune du fils maudit de James et mes antécédents avec la justice, ces deux gamins auraient fini à Azkaban pour ce qu'ils m'ont fait ! Cracha rogue en affichant une grimace ulcérée.

-Severus, vous n'analysez pas les choses avec clairvoyance. Si vous voulez vous faire une idée précise de, pourquoi et comment, les choses ont véritablement dégénéré vous devez tout d'abords comprendre que Messieurs Potter et Montague sont tout sauf des idiots… Et qu'en tant que tel, ils sont parfaitement capables de vous voir pour ce que vous êtes, à savoir un sorcier extrêmement compétent dans bien des domaines… Expliqua tranquillement le vieux mage.

-Et qu'est-ce que cela a à avoir avec…, commença Rogue avant de s'interrompre lorsque Dumbledore leva la main gauche pour lui intimer le silence.

-L'importance de ce point tient au fait que par la même occasion, Messieurs Potter et Montague jugent que, au vues de vos capacités magiques indéniables, il est impossible que vous n'ayez pas remarqué un Imperium aussi mal façonné… Et que vous avez donc été soit complice, soit négligeant au-delà du tolérable dans cette affaire qui a bien faillit déboucher sur le viol d'une de leur meilleure amie. Et je dois dire que sur ce point, nous savons tous les deux qu'ils ont d'ailleurs partiellement raison.

-Et comment voulez-vous que je me justifie à leur yeux sans leur expliquer que la marque des ténèbres empêche de manière systématique de fournir le moindre témoignage concernant l'usage d'un Impardonnable et ce, quel que soit la personne à l'avoir lancé ? Ce qui est, comme vous le savez, la raison pour laquelle je n'ai même pas pu essayer de vous mettre la puce à l'oreille ?

-Et bien je veux précisément que vous leur expliquez ce fait, afin qu'ils comprennent que votre manque de réaction n'était en aucun cas volontaire, mais vous avait été au contraire imposé par l'un des nombreux procédés de magie noire implantée dans la marque des ténèbres par Voldemort. Fort de cette explication, je veux ensuite que vous les convainquiez de retourner dans votre classe. Exigea Dumbledore d'un ton toujours aussi doux, mais au plus profond duquel on discernait néanmoins une incroyable autorité.

-Et peut-on savoir quel bien vous attendez de leur retour dans ma classe ? Ce que vous jugez suffisamment important pour justifier l'humiliation que vous me demandez d'endurer ? Siffla Rogue d'un air hargneux.

-Severus, l'an prochain Messieurs Montague et Potter vont passer leur Buse et il est probable que d'une manière ou d'une autre, ils occupent les deux premières places de l'école en Potions et dans bien d'autres matières lors de cet examen… Or, si les deux meilleurs membres de notre académie sont les seuls à ne pas assister à vos leçons, cela fournira une excuse valable au bureau des gouverneurs pour me demander de vous limoger en arguant que la valeur ajoutée de votre enseignement est nulle, puisque les meilleurs élèves semblent avoir bénéficié de son absence… L'argument est bien sûr fallacieux, puisqu'il est aisé d'inverser le raisonnement en expliquant que les meilleurs élèves de l'école n'ont en fait besoin d'aucun enseignement mais cela ne les empêchera pas de vous mettre à la porte, une chose que je veux éviter à tout prix. Est-ce que vous comprenez Severus ? Soupira le directeur en regardant son vis-à-vis dans les yeux.

-J'ai peur de trop bien comprendre. Admit Rogue d'une voix grave. Vous voulez, afin de préserver ma position dans cette école, que j'aille ramper devant ces deux petits parvenus en leur expliquant les effets secondaires d'un maléfice qui me rappelle chaque jour mes choix peu judicieux du passé, cracha finalement le maitre des potions avec morgue.

-Je suis désolé de vous demander cela, croyez le bien cependant je veux que vous sachiez que vous n'êtes pas le seul à souffrir de cet état de fait. J'ai, de mon côté, pris sur moi de convaincre le professeur Flitwick de faire en sorte que Harry reprenne un cursus presque normal l'an prochain et assiste à tous les cours majeurs une fois par semaine afin de ne pas créer de problème lors des Buses. Cela fait maintenant un siècle que Poudlard demeure au sommet de l'enseignement de premier cycle, cependant l'écart entre notre établissement et les autres grande institutions du continent n'a cessé de se réduire ces dernier cinquante ans… ce qui veux dire que nous aurons bien besoin des points que nous apporteront messieurs Potter et Montague ! Je suis navré Severus mais je refuse de voir la réputation de Poudlard et votre propre position d'espion mises en danger uniquement pour ménager votre égo.

-Pas autant que moi, murmura Rogue d'un ton froid.

-Croyez bien que je compatis, s'excusa une nouvelle fois le vieux mage d'un ton toujours aussi calme et inflexible. Mais je sais aussi qu'un homme de votre intelligence peut comprendre que la fierté n'a pas sa place dans le travail que vous faites, et que votre position à Poudlard ne se révèlera par trop importante lorsque Voldemort sera revenu pour que nous prenions le moindre risque de la voir se fragiliser.

- Je vois, et que se passera-t-il si les gamins refusent de croire que la marque des ténèbres a le pouvoir de lier ma langue ?

-Ne vous inquiétez pas Severus, j'ai comme dans l'idée que monsieur Potter en connait bien plus long qu'il ne le devrait sur les charmes protéiformes relevant de la magie noire et notamment sur leurs implications spirituelles. Je suis parfaitement convaincu qu'il sera en mesure de déterminer que vous dites vrai si vous le laissez examiner quelques minutes votre marque. Monsieur Montague, quant à lui, fera confiance au jugement de son ami et ainsi, ce petit acte de sacrifice de votre part permettra à l'école et à votre position de sortir grandie de cette triste histoire lorsque ces deux élèves reviendront dans votre cours… De plus, si vous croyez que convaincre Filius d'intercéder pour moi auprès de son protégé ne m'a rien coûté, vous vous trompez lourdement.

-Vous voulez dire que le petit parvenu de Potter a monnayé sa présence aux cours par l'intermédiaire de Flitwick ? Murmura rogue ulcéré.

-Monsieur Potter est parfaitement conscient que la place de Poudlard comme première école du monde magique européen n'a jamais été plus remise en question que ces dernières années et qu'étant le meilleur élève de notre école, il est donc un faire-valoir de poids pour Poudlard à l'approche des Buses. Qui plus est, il est également conscient que son statut de joueur international lui permet de sécher autant de cours qu'il le veut tant que ses notes demeurent correctes. En outre, son émancipation lui permet, s'il le désire de quitter notre établissement et de présenter le concours en tant que candidat libre. Fort de ces arguments, il est inévitable qu'il cherche à tirer profit de la situation. Vous plus que quiconque, devriez savoir à quel point Monsieur Potter peut se monter dur en affaire après tout, puisque votre bon ami Lucius a perdu plusieurs dizaines de millions de Gallions pas plus tard que la semaine dernière lorsque Potter a racheté traitreusement deux de ses mines d'argent en dévoilant un minuscule vice de forme au sein des actes de propriété notariés qui en offraient le contrôle à monsieur Malefoy.

-Comme vous voudrez Albus, finit par soupirer le maitre des potions, qui bien qu'il rechigna à la tâche, pouvait voir la logique qui soutenait cette dernière.

-Parfait ! Conclut alors joyeusement le directeur de Poudlard. Maintenant que ce vilain malentendu est dissipé, vous m'accompagnerez bien pour une petite tasse de thé, sourit le vieillard en servant une large rasade de la boisson ambré au maître des potions et ce, en dépit de ses véhémentes protestations.

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Une semaine plus tard dans un terrain vague près de Londres.

-C'est ça Veinard, maintenant concentre toi à fond et essaye d'éviter de te tuer en esquivant ce vilain mur, conseilla inutilement Sirius depuis le transat qu'il occupait avec décontraction.

Le maitre de la maison Black suivit ensuite des yeux la rapide silhouette de son filleul sans jamais se départir de son sourire carnassier. Les sons pétaradants d'un imposant moteur se réverbéraient tout autour de lui alors même que Harry, au volant de 'Dalida', effectuait un nouveau virage serré.

Il s'était avéré que si Sirius envisageait sérieusement d'offrir sa moto adorée à son filleul pour son anniversaire imminent, il était en revanche intraitable concernant la nécessité de cours de pilotage approfondis afin, selon ses propres termes, 'que le premier amour de sa vie ne soit pas réduit en miettes'... Un exploit pour le moins difficile à réaliser lorsque l'on prend en compte le nombre d'enchantements d'invulnérabilité et de renforcement structurel absolument ridicule dont il avait affublé l'engin. Un dragon ne serait pas parvenu à rayer la peinture de cette moto !

Toujours est-il qu'Harry et son parrain avaient fini par trouver un compromis, lorsque Sirius avait eu l'idée d'aménager un terrain abandonné jouxtant la commune de Margate, afin d'en faire un parcours d'entrainement à la conduite de sa moto enchantée où il pourrait enseigner à son filleul toutes les astuces nécessaires au maniement d'une Harley Davidson volante.

Il va sans dire que Sirius jubilait littéralement de passer ainsi du temps avec son difficile filleul qui en temps normal préférait passer ses journées enfermés dans sa chambre à étudier.

-Nickel, Veinard maintenant fais attention à ne pas rater ton looping et fais un autre tour, s'exclama gaiement Black tandis que sa moto rugissante fonçait dans les airs.

-Je me demande si je ne pourrais pas modifier un sortilège d'oubliette afin d'effacer ce damné surnom de toutes les mémoires, grommela Harry en entendant les mots de son parrain et en maudissant le jour où Remus avait eu l'idée de le rebaptiser ainsi.

'Maudit Touf-touf', songea le jeune mage en négociant avec facilité un virage serré sur la gauche.

-Bien joué Harry, ça devrait suffire pour aujourd'hui, termine ton tour et reviens, il est plus que temps de retourner au Lupanar ! Résonna brusquement la voix magiquement amplifiée de Black.

Le dernier des Potter laissa un mince sourire étirer ses lèvres, rajusta son casque et accéléra au maximum en direction de Sirius qui dû sentir que quelque chose n'allait pas puisqu'il se retourna rapidement en direction de son filleul.

-Harry, Ralentis ! Hurla Sirius en courant à reculons alors même que la moto lancée à pleine vitesse se rapprochait dangereusement de lui.

Braquant sèchement et freinant avec efficacité, Harry inclina la roue arrière sur le côté tandis que Sirius se couvrait désespérément le visage avec les mains afin de ne pas voir sa dernière heure arriver. Laissant la roue arrière glisser latéralement, le dernier des Potter arrêta finalement la moto à l'aide d'un dérapage contrôlé dans un crissement de pneus assourdissant… à une petite trentaine de centimètre d'un Sirius Black tremblotant.

-J'adore cet engin, lâcha platement le jeune mage de sa voix atone en direction de son parrain terrorisé.

Pour toute personne connaissant un tant soit peu le jeune mage, cela ne pouvait vouloir dire qu'une chose : Harry était heureux !

Effectivement, l'héritier Potter, en dépit de son manque d'enthousiasme apparent avait découvert à sa plus grande surprise qu'il adorait réellement conduire la moto. Plus encore qu'il n'appréciait les balais volants en vérité, car là où la lourde Harley perdait en manœuvrabilité, elle gagnait en revanche largement dans les domaines de la vitesse et de l'accélération… Sans parler des sensations uniques et indescriptibles qui ne pouvaient être découvertes que par l'intermédiaire de la conduite d'une moto.

Enfin remis, Black cessa de se couvrir les yeux et Harry dû ensuite se retenir de ne pas rire lorsqu'une succession d'émotions déferla sur le visage de son parrain : incompréhension, colère, fierté, et révérence se succédèrent, dans cet ordre, tandis que Sirius tentait de mettre de l'ordre dans ses pensées.

Finalement décidé, le repris de justice laissa échapper un rire rauque qui tenait plus de l'aboiement qu'autre chose et envoya une grande claque dans le dos du fils de son meilleur ami.

-Par les fesses de Morgane, Harry. On peut dire que c'était pas mal ! s'exclama l'homme dans un sourire. Par contre, tu as de la chance de ne pas avoir rayé mon bébé sans quoi je t'aurais débité en petits morceaux et balancé à la mer.

Le dernier des Potter se contenta de rouler des yeux, et attrapa l'épaule de son parrain avant de les faire tous transplaner dans la petite cour carrée de l'Antre de Lunard. L'une des seules zones de l'auberge ouverte au transplanage.

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-Tu sais Sirius, si tu étais ne serait-ce qu'un tant soit peu mature, tu serais en train de me gronder sévèrement pour ce que je viens de faire en m'expliquant que plus jamais tu ne me laisseras toucher à ta moto, expliqua Harry en faisant référence à son dérapage contrôlé tandis qu'il rangeait 'Dalida' dans un hangar spécifiquement adaptée à cet effet que Black avait installé quelques jours plus tôt.

-Peut-être, acquiesça Sirius en haussant les épaules. Mais je suis aussi bien placé pour savoir qu'on ne peut pas empêcher les jeunes de n'en faire qu'à leur tête alors je me suis dit que tant qu'à faire, il valait mieux que tu essayes ce genre de mouvement dangereux en ma présence et avant d'avoir ta propre moto, plutôt que seul et sans entrainement. Expliqua l'homme tandis que Harry le fixait soudain avec inquiétude.

-Tu sais Sirius, ton explication est étonnamment intelligente… Tu es sûr que n'est pas malade ? demanda Harry avec une feinte expression de peur sur le visage… avant d'esquiver adroitement la taloche de son parrain.

Celui-ci grimaça en voyant l'adolescent échapper à sa juste punition et reprit la parole d'un ton bon enfant.

-Je suppose que j'ai eu pas mal de temps pour murir à Azkaban. En tout cas, c'est ce que Remus semble penser, soupira l'homme sombrement avant d'adresser un sourire absolument pervers à son filleul. Ce qui ne veut pas dire que je ne vais pas séduire la totalité des charmantes de demoiselles qui passeront les portes de l'Antre… Après tout, j'ai pas mal de temps à rattraper, termina l'homme avec son rire habituel.

-Tu es sûr que tu as les moyens de tes ambitions ? Tu ne rajeunis pas après tout, commenta fraichement Harry.

-Quoi ? S'écria Sirius avec indignation, apparemment outré que l'on ose seulement remettre en question son charme et sa virilité. Voyons Veinard, je suis sûr d'avoir mal entendu. Quelqu'un comme toi n'aurait jamais pu émettre la folle hypothèse qu'une femme puisse me résister.

-Est-ce que tu veux bien arrêter de m'appeler ainsi, comme si Remus ne suffisait pas, grimaça Harry en entendant à nouveau son surnom honni.

-Oh j'oubliais, tu n'aimes pas ce petit diminutif. Peut-être que je devrais t'en trouver un autre alors, un qui soit digne des maraudeurs, susurra Back d'un air malicieux.

-Je crois que je vais passer mon tour, soupira Harry dont le visage avait pris une expression fatiguée. Au lieu de raconter des bêtises, dis-moi plutôt ce que tu comptes faire de ta liberté retrouvée. Après tout, ce n'est pas comme si ta participation dans l'entreprise de potion d'Archimède occupait beaucoup tes journées.

-Je compte me bricoler une nouvelle moto, un peu plus récente, mais à part ça, je ne sais pas vraiment, admit Sirius dans un haussement d'épaule. Je ne manquerais jamais d'argent vu que la fortune des Black est immense, et je ne me vois pas non plus reprendre un travail inintéressant au ministère ou dans l'administration.

-Je suppose que tu n'as pas non plus envie de redevenir Auror, vu la manière dont tes anciens collègues t'ont traité, ajouta Harry d'un ton innocent.

-Ca, on peut dire que c'est l'euphémisme de l'année, ricana Black de bon cœur. Non, en fait, je pense que je vais m'investir un peu plus dans le projet de Monty. Après tout, l'histoire a l'air amusante et la liste de potion prometteuse, surtout depuis que tu as réussi à négocier ce petit partenariat surprise avec ces deux inventeurs de génie. Leurs idées sont pleines de promesses.

-Monty ? Interrogea Harry en haussant un sourcil.

-Oui, c'est le nouveau surnom de Archimède. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il le déteste, répondit Sirius avec un large sourire.

Harry secoua simplement sa tête en signe d'amusement avant de redevenir sérieux.

-Remus m'a dit que Dumbledore t'avait offert un poste à Poudlard l'an prochain. La place de professeur de Défense Contre les Force du Mal, si j'ai bien compris. Est-ce que tu comptes accepter ?

-Non, en fait j'ai de bien meilleures idées pour gaspiller mon temps et mes relations avec Dumbledore sont loin d'être ce qu'elles étaient depuis que j'ai été libéré. Autant dire que son absence d'efforts et de soutien actif toutes ces années m'est resté en travers de la gorge.

-Je suppose que c'est bien normal et que moi aussi j'en voudrais au garant de l'intégrité morale du Magenmagot de ne pas avoir au moins demandé à ce que soient réexaminées les condamnations sommaires après la fin de la guerre, abonda le jeune mage.

-A ce sujet, reprit Sirius en affichant une grimace ouvertement sadique, j'ai cru comprendre que le professeur Rogue est venu en personne te présenter des excuses. Il faut absolument que tu m'expliques comment tu as pu convaincre Snivelus de venir ramper à tes pieds.

-Oh ça. Disons simplement que, suite à une petite altercation, j'ai refusé d'assister à ses cours et que ce genre de chose pourrait constituer une excuse pour le bureau des Gouverneurs de Poudlard afin de le limoger une chose qu'ils essayent de faire depuis de nombreuses années apparemment. Comme l'influence de Malefoy, qui est son principal défenseur, a été diminuée ces derniers mois, il est probable que Rogue ait voulu anticiper toute forme de problème en s'assurant que les vieux administrateurs de Poudlard n'aient aucune raison de remettre en cause sa place au château.

-Ah oui, l'accident qui a impliqué votre ami. Stéphanie Zabini c'est ça ? Comment se fait-il que je ne l'aie encore jamais vu d'ailleurs ? Remarqua Sirius en hochant la tête alors qu'il ouvrait la porte de la salle principale du Lupanar afin de permettre à son filleul de le précéder.

-Elle réside à Beauxbâtons maintenant et elle a un été pour le moins chargé, expliqua Harry. Comme les curriculums de Poudlard et de Beauxbâtons sont assez différents, elle doit encore prendre des cours de rattrapage dans certaines classes puisque l'académie de Beauxbâtons n'enseigne que durant six ans et que la plupart de ses condisciples sont donc un peu en avance sur elle. Sans compter ses cours de français…

-Je vois, dit Sirius en prenant place sur un tabouret avant d'adresser un petit signe à Magorian, le centaure qui était de service au bar ce soir.

-Monsieur Black, les étoiles…

-Ne consomment pas d'alcool, alors concentre toi sur les commandes si tu ne veux pas que je te satellise, intervint Harry pendant que le pauvre barman servait un verre de Whisky pur feu à Sirius avant de s'en repartir en grognant.

-Tu ne trouves pas que tu es dur avec lui Harry ? Je n'ai jamais rencontré un centaure qui ait à ce point les pieds sur terre, remarqua Sirius d'une voix rendue un peu rauque par l'alcool.

-Evidement, c'est facile pour toi de dire ça puisque ce ne sont pas tes Gallions qui sont investis et que tu te contentes de manger et de picoler à l'œil, grommela Harry en jetant un regard noir à son parrain.

-Merlin tout puissant, Remus avait raison, tu aurais été capable d'arracher sauvagement ses quelques galions à ton pauvre parrain tout juste sorti de prison. Mon cher filleul, tu as tout du Gobelin lorsqu'on en vient à parler d'argent, ricana Sirius en reprenant avec un infini plaisir une gorgé de ce délicieux Whisky qu'il ne payerait jamais.

-C'est toi qui abuse du bon cœur de Remus et tu as les moyens de payer ! De toute façon nous reprendrons cette conversation plus tard, j'ai deux ou trois préparatifs à faire avant mon départ. Grommela Harry en se levant.

-Oh, je vois. Je suppose que je pourrais t'aider dans ce cas, afin de te faire gagner du temps. Après tout, je suppose que tu n'aurais pas le cœur de laisser ton seul et unique parrain dans cette taverne quand de ton coté, tu pars en voyage en Slovaquie aux frais de la princesse… Après tout, c'est ton premier match de Quidditch depuis ta sortie de prison et un parrain se doit d'être présent dans ce genre de moment, expliqua Sirius avec un sourire entendu.

-Tu seras très bien ici pour voir le match, ricana Harry avec un sourire sadique avant de se détourner.

-Parfait alors… hey quoi ? S'écria Black lorsqu'il comprit qu'il venait d'essuyer une rebuffade.

Cependant, avant qu'il ne puisse continuer, une magnifique petite fille de trois ou quatre ans s'invita dans la conversation.

-Bonzour, monsieur Potter. Est-ce que vous vou'riez bwien me signez une photogwaphie ? S'y vous plais ? demanda la gentille petite demoiselle en affichant un sourire angélique et des yeux de chien battu.

Harry se demanda un instant si shooter dans l'adorable petit monstre baveux de quatre ans qui s'accrochait désormais à son pantalon lui causerait des problèmes avec ses sponsors et se décida finalement à signer la fichue photo d'un geste sec.

Regardant en direction de l'entrée de la taverne où un énorme groupe de personne venait d'entrer, Harry jugea plus prudent de s'éclipser avant que d'autres cret… supporters ne remarquent sa présence.

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Ignorant les cris de Black, il se précipita à l'étage sans un regard en arrière pour la gamine radieuse qui était repartie en courant vers sa mère afin de monter son trésor : une photo signée du grand Harry Potter Poursuiveur vedette de l'équipe de Quidditch d'Angleterre… Maudite célébrité !

Alors qu'il s'apprêtait à rentrer dans sa chambre en grognant, une petite mélodie attira son attention. Regardant sa montre avant de soupirer, Harry se détourna de sa porte et suivit le bruit trop curieux pour ignorer l'étrange petite mélopée.

A mesure qu'il se rapprochait de la source du chant, Harry remarqua avec stupeur qu'il se rapprochait de la chambre d'Archimède et lorsqu'il fut devant la porte entrouverte de la pièce, il n'y eu plus de doute. La chanson à la fois claire et juste paraissait provenir de cette direction.

Sans faire de bruit il entrebâilla un peu plus la porte afin de pouvoir se faire une idée de l'origine exacte de la chanson.

Il avait à ce stade une idée assez exacte de ce qu'il pouvait trouver derrière cette porte puisque ce complexe était réservé à Cédric et Archimède et comportait principalement la chambre de ses amis qui avaient choisi de dormir dans des lits superposés afin de récupérer un maximum d'espace pour leur entreprise de potions. Les trois petites pièces attenantes étaient occupées par un petit bureau croulant sous les vieux livres ainsi que des étagères où s'alignaient différents ingrédients à potion. Enfin, le centre des pièces était aménagé en zones de laboratoires où mijotaient les nombreux chaudrons de préparation.

En poussant cette porte, Harry savait donc parfaitement qu'il était censé tomber sur le laboratoire principal d'Archimède et Cédric, un endroit où ses deux amis passaient presque tout leur temps lorsqu'ils n'étaient pas occupés à travailler pour Remus.

Il n'est donc pas difficile d'imaginer la surprise du dernier des Potter lorsque ce dernier tomba nez à nez avec une scène digne d'un roman.

Archie paraissait occupé à tester de nouveaux ingrédients dans un petit chaudron d'étain et touillait consciencieusement la préparation en entonnant doucement de petite chanson populaire sorcière. Harry n'avait jamais été un grand fan de la musique produit par la communauté magique, cependant il était impossible d'ignorer les qualités musicales extraordinaires de la voix claire et cristalline d'Archimède. Le grand brun chantait parfaitement juste et avec un talent qui aurait mis bien des professionnels sur le carreau.

C'est à cet instant, que Harry réalisa que depuis maintenant plus de quatre ans qu'il côtoyait Archie quasiment tous les jours, il ne l'avait encore jamais entendu chanter. Perdu dans ses pensées et ses interrogations, l'héritier Potter n'entendit pas Cédric approcher et fut donc pour le moins surpris lorsque le Poufsouffle l'interpela avec sa bonhommie habituelle.

-Harry, qu'est-ce que tu fais là ? Tu n'es pas censé te préparer pour ton match de Quidditch de tout à l'heure ?

-Ha-Harry ! S'exclama immédiatement Archie en tournant sur ses talons avec la vitesse d'un éclair de feu. De… Depuis combien de temps es-tu là ? demanda-t-il tout de suite, visiblement embarrassé.

-Je suis là depuis assez longtemps, répondit doucement Harry, surprenant le grand brun qui s'attendait visiblement à des moqueries.

Chanter n'était pas une activité jugée très masculine dans le monde sorcier après tout.

-Alors c'était toi qui chantais, s'exclama Cédric en regardant par-dessus l'épaule d'Harry avec une expression proprement effarée. J'étais convaincu que c'était Jerry Jefferson, ce chanteur génial qui passe de temps en temps sur 'fréquence cheminette', expliqua le Poufsouffle en faisant ainsi référence à l'un des plus grands chanteurs du monde sorcier, ce qui du coup n'était pas un mince compliment.

Le visage d'Archie répondit à la place du jeune homme en devenant plus rouge qu'une tomate tandis qu'il jouait distraitement avec ses deux index, affichant une timidité bien peu coutumière.

-Bon écoutez les amis, est ce que l'on pourrait tous oublier ce qui vient de se passer ? demanda finalement le grand brun d'une petite voix tremblotante, visiblement extrêmement gêné par la situation.

-Par Morgane Archimède, arrête de te comporter comme un bébé, tu m'as entendu jouer de la guitare et maintenant je t'ai rendu la pareille en t'écoutant chanter. Il n'y pas de quoi en faire toute une histoire.

-Tu joue de la guitare ? demanda Cédric incrédule en fixant Harry avec de grands yeux.

Le dernier des Potter ne l'avait jamais frappé comme quelqu'un capable de s'intéresser à la musique…

-Ca n'a rien à voir, grogna Archimède sans tenir compte de la remarque du Poufsouffle. Tu es bon avec ton instrument et tu le sais parfaitement, grogna le Serdaigle qui en dépit de sa gêne, semblait retrouver son habituel tempérament de feu.

-Aussi bien Cédric et moi-même pouvons attester que tes capacités vocales sont au-dessus de la moyenne. Il n'y a vraiment pas de quoi ne faire toute une histoire. Exposa le jeune mage d'un ton scientifique.

-Quoi ? Tu rigoles Harry, s'écria Cédric. Archie est bien plus qu'au-dessus de la moyenne. Sa voix est phénoménale. Il n'y a vraiment pas de quoi être embarrassé Archie.

Archie grommela quelque chose à voix basse avant de le répéter un peu plus fort, visiblement toujours aussi embarrassé par la situation.

-Ma mère avait l'habitude de me chanter des chansons le soir, et lorsque nous étions tous les deux elle essayait de me les apprendre, finit par murmurer le brun.

Cette fois, aussi bien Cédric que Harry, comprirent qu'il était plus que temps de changer de sujet. Le passé tragique d'Archimède n'était après tout un secret pour aucun de ses deux meilleurs amis.

-Tiens au fait Harry, j'ai acheté tous les rouleaux de parchemins nécessaires à la rédaction de nos catalogues de vente par correspondance. D'ici peu, nous pourrons commencer à tirer les premiers exemplaires, s'empressa de dire Cédric d'une voix forte en se retournant vers le mage aux yeux d'émeraude.

-Parfait, répondit Harry avec le même empressement. Je me demandais justement quand vous commenceriez à les rédiger. Cette partie du travail est très importante. L'accroche du client doit être efficace.

-Oh ne t'inquiète pas pour ça, Sirius m'a aidé et même si je ne suis pas aussi bon que certains avec les potions, je ne suis pas trop mauvais côté publicité. Mon père répète tous ses discours à la maison après tout, expliqua Cédric avec bonne humeur.

Archie de nouveau de bien meilleure disposition, hocha la tête et s'invita dans la discussion.

-Parfait Cédric, mais fait attention de bien mettre en valeur le produit, sans rien de trop vulgaire non plus. En fait, il faut surtout mettre en avant la qualité et…

-Et surtout le fait que nos potions sont les moins chères du marché ! termina Harry, pendant que Archimède hochait la tête.

Il s'agissait là de leur argument le plus convaincant.

-Au fait Archie, tu as décidé dans combien d'écoles tu voulais commercialiser nos produits pour la première année ?

-Et bien, j'avais espéré toucher toutes les écoles majeures d'Europe, expliqua Archimède en montrant un diagramme estimant la consommation probable.

-Archie, cela représente plus d'une trentaine d'écoles et des dizaines de milliers d'élèves. Tes procédés de production devraient tenir sous la pression, mais tu es sûr que l'on pourra suivre le rythme au niveau des racines de… ? Commença tout de suite a objecter Cédric avant de se faire interrompre.

-Bien, je vois que tous les deux paraissez maitriser votre sujet, observa Harry en jetant un petit coup d'œil à l'arrière salle ou une dizaine d'elfes de maison étaient afférés à préparer les matières premières avec leur habituel zèle. Maintenant je vais aller faire une petite sieste afin d'être en forme pour ce soir.

-Vous n'êtes pas censé allez à une conférence de presse avant le match de ce soir ? demanda Cédric en plissant les yeux tandis que Harry affectait une expression innocente qui ne trompa personne.

-Je ne sais pas, Azkaban a un peu trop embrouillé ma mémoire pour que je me souvienne de ce genre de menus détails, mentit sans vergogne le dernier des Potter.

-Au fait, je suppose que tu as vu ce qu'avait préparé Remus. C'est juste incroyable qu'il ait pu obtenir l'autorisation de se rallier au tout nouveau réseau de télé-pensine. S'emporta Cédric avec passion tandis qu'Archimède clignait bêtement des yeux.

Ses heures de sommeil manquées et son travail au laboratoire de potion ne lui avait pas laissé beaucoup de temps pour s'intéresser au monde extérieur ces derniers temps.

-Le réseau de télé-pensine ? Qu'est-ce que c'est que ce fourbit ? Finit par demander le Serdaigle.

-Tu ne sais pas ? C'est la plus grande invention depuis le Tapis-volant autonettoyant, s'écria Cédric en ouvrant de grands yeux.

-Pour faire simple, intervint Harry, un américain a trouvé un moyen pour relier entre elles différentes pensines à travers de longues distances permettant à toutes les personnes connectées au réseau de partager des souvenirs les unes avec les autres instantanément. Le problème du système est que les souvenirs ainsi partagés se dissipent presque instantanément et qu'on ne peut donc les visionner qu'une fois et juste après leur émission, cependant cela permet, pour peu qu'on ait des observateurs, de transmettre en direct et en simultané ses souvenirs à travers le monde exactement comme le ferai une télévision moldue.

-Tu veux dire que le monde sorcier vient d'inventer la télévision par pensine et que je ne suis pas au courant ? Murmura Archimède en ouvrant de grands yeux de merlan frit.

-Oh, l'invention n'a même pas un mois. Cependant, son impact est tel qu'elle s'est déjà répandue dans tous les plus grands pays de la communauté magique et Remus a investi une petite fortune afin d'être un des premiers à en bénéficier, expliqua Cédric pendant que Harry versait une petite larme de crocodile en grommelant quelque chose à propos de 'la baisse de ses dividendes'.

Peu après, Harry décida de laisser ses deux amis à leur affaire et rejoignit tranquillement sa chambre afin d'aller prendre un peu de repos bien mérité avant la rencontre de cette nuit.

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Au même moment, quelques étages plus bas, Remus était au bord de la crise de nerfs. La rumeur s'était rependue à travers le Chemin de Traverse que Harry Potter en personne vivait à l'Antre de Lunard, un établissement trop longtemps décrié qui venait en fait de se doter des premières télé-pensines disponibles et qui proposait en échange d'un droit d'entrée de une Mornille, d'offrir une retransmission en direct et en images du match de Quidditch Angleterre-Slovaquie de ce soir.

Et ces informations, qui constituaient à n'en pas douter une excellente publicité pour la taverne, venaient de faire de la vie de Remus un enfer. Des milliers de supporters déchainés avaient investi sa taverne qui était maintenant remplie à saturation, que les agents de sécurité Gobelin avaient de plus en plus de mal à contenir la file des mécontents qui s'étendait dans l'Allée des Embrumes.

Tous ces mala… supporters s'étaient peints le corps de différentes couleurs, commandaient du Whisky Pur feu comme si c'était du petit lait, et chantaient a tue-tête dans l'auberge tandis que le pauvre Lycan tentait désespérément de répondre à la demande et de maintenir le calme.

Cependant, en dépit du travail énorme que cela imposait, Remus ne pouvait s'empêcher de se sentir fier de lui à la vue de ce spectacle. Oubliant leurs différences, des vampires et des Loups garou se tenaient coude à coude avec des sorciers normaux et des Gobelins tous avaient revêtus des couleurs de l'Angleterre et discutaient à bâtons rompus autour de quelques verres des derniers évènements de la coupe du monde de Quidditch.

Tout ce petit monde, tous ces individus d'espèces différentes se mêlant pacifiquement afin de profiter ensemble et sans préjugé d'un évènement sportif, était une vision que Remus n'aurait jamais pensé contempler de son vivant. D'une certaine manière, son rêve de créer un havre de paix et de tolérance où tous pourraient vivre, manger et rire ensemble sans distinction de race, de couleur et de sang venait véritablement de prendre forme.

Une petite larme au coin de l'œil, Remus remarqua que Cédric et Archimède, qui étaient normalement de repos, venaient de descendre afin de donner un coup de main aux elfes de maison qui étaient pour une fois débordés par le travail. Il vit que derrière son bar, Magorian n'avait même plus le temps de parler des étoiles, et regarda son plus vieil ami Sirius tenter de draguer une nymphe des bois avec un succès certain.

Sans un mot, le Lycanthrope s'assit sur un des tabourets qui se trouvait à proximité. Il vit à l'autre bout de la salle Cassandra qui se dirigeait dans sa direction et à cet instant précis, Remus Lupin su qu'il était heureux.

La seule ombre au tableau était bien sûr qu'il ne serait pas dans le stade pour acclamer Harry. Cependant, son protégé avait déjà expliqué à plusieurs reprises que les sponsors du monde sorcier étant tous nationalisés, il ne pouvait obtenir des places gratuites qu'en Angleterre, pays où se déroulerait exclusivement la finale de la coupe du monde.

La déception avait bien sûr été de taille puisque les stades de tous les autres pays vendaient bien sûr de manière préférentielle à leurs propres concitoyens et qu'il était donc pratiquement impossible de s'en procurer… heureusement la découverte inopinée de la télé-pensine avait éclaircit ce sombre tableau.

Remus embrassa sa compagne qui venait de prendre place à ses côtés, et remarqua que l'une des tables basses les plus proches de la pensine-écran qu'il venait d'acquérir, était occupée par les jumeaux Weasley et un petit groupe de Gryffondors qui avaient visiblement réussi à convaincre leurs parents de les laisser venir assister au match dans sa taverne... Preuve que la bonne réputation de son établissement progressait dans tous les milieux.

Revenant à des pensées plus professionnelles, le Lycan regarda tout autour de lui afin de prendre le contrôle de la situation.

-Archie, cria le lycanthrope de toute la force de ses poumons, sa voix parvenait malgré tout à peine à se détacher du brouhaha ambiant. La table dix-neuf attend toujours ses verres.

-Je m'en occupe, confirma le jeune sorcier, avant de se retourner en direction d'une étrange petite machine magique qui jouxtait le bar et paraissait composée d'un entrelacs de tuyaux de couleurs variées. La machine émit brièvement un sifflement strident et un petit huit en fumée rose apparu à l'extrémité du tuyau principal.

-Cédric, la table numéro huit est prête à passer commande, s'écria Archimède en direction de son ami qui paraissait en ce moment aider une petite troupe d'elfes de maison à faire la vaisselle. Est-ce que tu peux prendre leur commande, je suis occupé à la dix-neuf ?

-Pas de problème, répondit Archie sans cesser de travailler. Ca va aller pour vous ? demanda-t-il aux petites créatures avant de se redresser.

-Oui monsieur Archie, nous bien allez, pas de problème, vous pouvoir aider votre ami, acquiesça l'un des petits elfes en lui lançant un large sourire.

Un peu plus loin, Remus était désormais afféré autour du mur central de l'Antre de Lunard d'où il venait de retirer une vaste draperie qui camouflait un étrange et gigantesque aquarium presque plat et totalement transparent, qui avait l'apparence d'un gigantesque téléviseur et contenait en son sein une étrange fumée grise.

Maudissant un moment le destin qui avait voulu que Harry ne puisse pas être présent pour l'aider à mettre en marche cette fichue télé pensine, Remus commença à tripatouiller l'appareil pendant que dans la salle les cris laissaient peu à peu la place à des murmures excités. Le match allait commencer dans une petite demi-heure…

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Au même moment dans la plus grande chambre de l'antre de Lunard.

Harry s'éveilla dans son lit et émit un petit grognement. Clignant des yeux plusieurs fois afin de s'éclaircir les idées, il s'assit lentement en se frottant la nuque, et en prenant soin de respirer profondément afin d'amoindrir la douleur sourde qui lui déchirait le crane.

Soupirant bruyamment, le jeune mage leva les yeux, aperçu son reflet dans le miroir et fronça les sourcils en songeant à ce qui avait causé son actuelle migraine. Azkaban et ces fichus Détraqueurs !

En effet, si son occlumancie lui avait permis de combattre efficacement les démons, cette victoire avait eu un prix élevé, car pour chaque jour passé dans cet enfer, ses défenses mentales s'étaient peu à peu amoindries.

Bien sûr, cela n'aurait pas posé de problème à la plupart des sorciers, mais quelqu'un dans la position de Harry ne pouvait se permettre de prendre aucun risque et depuis sa sortie de prison, il utilisait une méthode de méditation nocturne particulièrement violente afin de remettre ses défense mentales à niveau.

Le renforcement automatique naturel de son esprit n'était en effet plus suffisant depuis sa sortie d'Azkaban et il devrait durant encore près d'un mois travailler tous les jours afin de récupérer le niveau de protection mentale qu'il avait avant son séjour à Azkaban.

Sa méthode intensive, qu'il avait d'ailleurs lui-même mis au point, lui avait permis dans un premier temps d'acquérir des défenses presque impénétrables en un temps record, mais avait pour inconvénient notable de provoquer des migraines extrêmement violentes. Bien sûr, il n'utilisait la technique qu'une fois par semaine lorsqu'il l'avait mise au point, cependant il n'avait plus ce luxe et il était désormais confronté à un désagrément qu'il ne pensait plus avoir besoin de subir et ce, seulement quelques minutes avant le début de son match.

Une perspective bien peu réjouissante, cela va sans dire….

Fudge et Malefoy paieraient chèrement ces mois de souffrance et de travail… dès qu'il aurait fini de les délester de leur dernier Gallion !

Enfin tant que personne ne découvrait cette faiblesse temporaire, ce problème passager n'aurait pas de graves conséquences et les personnes capables de vaincre ses défenses, même affaiblies, ne couraient pas les rues.

Se lavant et s'habillant d'un simple geste de sa baguette, Harry ouvrit une porte dérobée et accéda à l'étude annexe dans laquelle il travaillait. Les murs de la petite pièce étaient intégralement recouverts de vieux tomes divers et variés à l'exception notable d'un mur qui comportait un unique tableau.

§§ Debout Salazar ! Siffla Harry d'un ton autoritaire.

La représentation picturale de l'homme ouvrit les yeux à contre cœur et lança un regard venimeux en direction du jeune homme qui venait de le réveiller et qui lui tournait désormais le dos trop occupé à parcourir les titres d'une nouvelle rangée des livres du fondateur de Poudlard.

§§ Fais donc attention à tes manières gamin, et dis-moi plutôt ce qui est suffisamment important pour que tu décides de déranger mon repos.

§§ J'ai terminé l'avant dernière section de livres sur les magies de soin avant ma petite séance de méditation et j'ai donc besoin que vous me disiez quels sont les deniers tomes traitant de magie fourchelangue de guérison afin d'avoir matière à continuer mes études demain matin lorsque je reviendrais de ce fichu match. Vous vous souvenez bien dans quel tome sont situés ces informations, n'est-ce pas ? Interrogea Harry.

§§ Ne prends pas ce ton avec moi sale mioche ! Et puisque tu es si intelligent, débrouille-toi tout seul. Après tout, je n'ai vécu qu'un siècle et mes livres son rangés par ordre chronologique, ce qui veut dire que d'ici quelque mois, tu auras finalement trouvé l'information que tu désires, siffla Serpentard d'un ton moqueur.

§§ Je suppose dans ce cas, que je n'ai plus de raison valable d'interagir avec vous ou de vous fournir ces livres dont vous raffolez afin de vous aider à passer le temps, répondit Harry avant de prendre un drap avec lequel il s'apprêtait à recouvrir le portrait.

§§ Attends ! Je te propose un marché, s'empressa de dire Salazar. Si tu m'apportes quelques livres de magie moderne pour compléter mes connaissances et que tu les enchantes comme les autres de manière à ce qu'ils répondent au commandement de ma voix, je t'aiderai dans tes recherches.

Harry sembla soupeser ses options tandis que Salazar réfléchissait intensément en dévisageant le mage aux yeux vert. Jamais au cours de toute sa longue existence il n'avait rencontré un être aussi obsédé par le travail.

Ce Potter, qui avait découvert sa chambre, semblait passer l'essentiel de son existence à travailler et à s'entrainer. Plus incroyable encore, il lisait à une vitesse phénoménale et comprenait instantanément les théories magiques les plus complexes. Sans parler de son ami, cet espèce de demeuré qui paraissait absolument incollable lorsque l'on en venait à parler de potion. En tout cas, une chose était sûre, Harry Potter ingurgitait les connaissances contenues dans ses livres de fourchelangue à une vitesse prodigieuse et Salazar ne pouvait s'empêcher de ressentir une pointe de fierté à l'idée qu'un si brillant jeune homme soit bientôt l'héritier de son savoir... Oui, son descendant direct avait peut-être bafoué l'honneur de sa lignée, mais le nom de Serpentard survivrait à travers Harry Potter.

§§ A votre guise, je vais enchanter les livres de magie moderne que je possède et les classer par ordre chronologique afin que vous puissiez progressivement apprendre tout ce qui s'est passé depuis votre mort, et en échange vous m'aiderez dans ma quête, finit par accepter Harry.

§§ Ces termes sont acceptables, acquiesça Salazar.

Le dernier des Potter marcha en direction d'une étagère toute proche et agita un instant sa baguette. Immédiatement, les livres se mirent tous à léviter et se réorganisèrent rapidement avant de se poser devant le portrait qui testa l'efficacité de l'enchantement en lançant quelques instructions brèves comme « Lévite devant moi », « Ouvre-toi » ou « Tourne la page », qui semblèrent fonctionner sans le moindre problème.

§§ Tu as rempli ta part du marcher, je vais remplir la mienne. Les tomes que tu cherches sont les deux qui se trouvent le plus à gauche sur la quatrième étagère en partant du haut. Cependant, il te faut savoir que le savoir contenu dans ces livres est le seul qui ne provienne pas de mes recherches.

§§Asclépios ? Interrogea Harry en haussant un sourcil curieux.

§§ Son fils, Machaon. Cependant, il fut formé par son père, c'est une certitude. Le savoir de ces tomes te rapprochera sans le moindre doute de ton but, néanmoins comme tu le sais, même si tu trouves le bâton mythique d'Asclépios, son pouvoir médical ne sera pas suffisant sans la potion.

Harry hocha simplement la tête silencieusement avant de prendre les livres en question et de les poser sur son bureau sans les ouvrir. Il était déjà huit heures du soir après tout et si il voulait arriver à l'heure pour la rencontre, il n'avait plus vraiment de temps à perdre.

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Quelques minutes plus tard et quelques étages plus bas.

Sirius sirota son jus de melon avec délectation avant de prendre une nouvelle bouchée d'un des délicieux croissants que Remus venait de lui fournir et de se laisser aller paresseusement contre le dossier du divan sur lequel il était affalé… Sa toute nouvelle liberté était si douce.

Il avait retrouvé son charme d'antan, les femmes se bousculaient autour de lui, son ami d'enfance l'avait accueilli chez lui à bras ouverts… Oui, la vie de Sirius Black avait décidément pris un tournant dans la bonne direction. La seule ombre dans ce tableau était peut-être le peu de temps qu'il parvenait à passer avec son filleul, et ce en dépit des cours de moto qu'il lui donnait… non pas qu'il puisse l'en blâmer d'ailleurs, après tout Harry était un jeune homme très occupé entre ses études, la gestion de sa fortune, et sa carrière de joueur de Quidditch… Yep le petit morveux avait déjà une vie des plus intéressantes ! Songea l'ancien détenu avec un sourire.

Une seule chose chagrinait en fait Sirius : Le manque de réaction de Harry face à la gente féminine. En effet, à l'approche du dernier match de qualification pour la coupe du monde, de plus en plus de fans de Quidditch investissaient régulièrement le Lupanar dans le but d'apercevoir leur idole. Parmi le troupeau des supportrices toutes plus délurées et énamourées de Harry se succédaient sans relâche et à ce jour, Harry Potter n'avait pas encore culbuté une seule d'entre elle. Un péché capital aux yeux de Black… Qui se consolait néanmoins en jouant au maximum son rôle de parrain de Star et remplaçait donc avant avantageusement son filleul auprès de ces dames… héhé

Remarquant un groupe d'une dizaine de jeunes filles surexcitées qui harcelait Remus afin de savoir où se trouvait le 'grand Harry Potter', Black ne put s'empêcher de sourire lorsque le Lycan lui jeta un regard désemparé.

Quelques minutes plus tard, le loup-garou réussi à s'extraire du groupe de femmes hystériques et s'assit en face de son ami.

-Je sais que cette recrudescence de supporters est bonne pour les affaires mais des fois, j'ai juste envie de tous les fiches à la porte, soupira le Lupin en guise de bonjour, avant de regarder comment s'en sortaient ses plus jeunes employés.

Archie se trouvait un peu plus loin et s'occupait des clients habituels qui avaient été mis en sécurité dans une aile privée de l'auberge afin d'éviter qu'ils ne soient importunés par les marrées de supporters en folie qui remplissaient totalement la taverne en ce grand jour qu'était le match Angleterre-Slovaquie.

Sirius secoua la tête en regardant avec son ami la ferveur populaire qui animait les fans. Il était certain que ce match était important puisqu'il déterminerait le nom de l'équipe qui se qualifiera pour la phase finale de la coupe du monde. Sans compter qu'il signerait le retour à la compétition de Harry après son emprisonnement à Azkaban.

-Mais comment diable ont-ils pu tous apprendre le même jour que Harry vivait ici ? Moi je prends ma pause, pleurnicha Cédric en rejoignant les deux hommes tandis que Remus compatissant, repartait daredare en direction du bar afin de répondre à la demande toujours plus importante des consommateurs qui s'apprêtaient visiblement à lyncher un Magorian complètement dépassé qui criait à qui voulait l'entendre que 'Mars avait explosé'.

Black regarda un instant le jeune Poufsouffle qui venait de s'asseoir et se retint à grande peine de rigoler. Visiblement, son uniforme de serveur avait été en partie déchiré par un groupe de femmes d'une bonne trentaine d'années qui avait tenté de lui faire avouer le numéro de la chambre de Harry Potter afin selon leurs dires 'de lui offrir un petit cadeau en guise de porte bonheur avant le match'.

-Bouarf… Soupira le jeune Diggory, visiblement éreinté.

Sirius, qui avait vu toute la scène et n'avait aucune honte à reconnaitre qu'il ressentait une pointe de jalousie pour son insupportable filleul devant tant de succès, haussa les épaules en guise de réponse. Normalement seuls les gobelins et le ministère étaient censés connaitre l'adresse de résidence du dernier des Potter. Cependant dans le monde sorcier aucun secret ne paraissait résister à la puissance supérieure du ragot et la ponctualité de… Tiens, en parlant de ponctualité !

- Quelle heure est-il Ced ? Finit par demander Black avec une pointe d'inquiétude.

En effet, Harry devait partir par poudre à cheminette pour la Slovaquie dans seulement quelques minutes et il n'avait pas encore daigné descendre de sa chambre.

-Il ne devrait pas tarder, il est toujours pile a l'heure, le rassura Archimède en venant s'asseoir en compagnie de Cédric et Sirius. Tenez, qu'est-ce que je vous disais ? reprit le brun en désignant la silhouette de Harry qui venait d'apparaitre dans la grande salle.

Sirius se retourna rapidement et aperçu en bas des escaliers la silhouette musclée de son filleul mise en valeur par un ensemble de vêtement moldu de couleur sombre, un sac de Quidditch jeté négligemment sur l'épaule, alors qu'il tentait discrètement de se rapprocher de la grande cheminée centrale...

-Monsieur Potter, vous voulez un rafraîchissement peut être ? Beugla Archie de toute la force de ses poumons, permettant ainsi à tous les fans déjà passablement ivre de se retourner et d'apercevoir leur idole qui avait jusque-là réussit à ne pas éveiller leurs soupçons.

Harry braqua ses yeux verts en direction de son ami qui sentit un mince frisson lui parcourir l'échine. Curieusement le jeune mage ne semblait pas ravi.

-Oh mon dieu, hurla soudain un grand rouquin.

-Mais c'est le grand Harry Potter ! Surenchérit son exacte copie un peu plus loin afin de s'assurer que même les plus sourds des clients ne puissent cette fois ignorer le cri.

-Il va partir pour son match sans nous signer d'autographe ! Hurlèrent alors en cœur les jumeaux Weasley une lueur rieuse dans les yeux.

-Arrêtez-le avant qu'il ne s'échappe ! Beugla soudain Archimède, tandis que les yeux verts de Harry lançaient littéralement des éclairs en direction des trois importuns qui venaient de ruiner ses chances de fuir subrepticement la foule de demeur… de fans.

Immédiatement, un chaos monstre explosa dans la taverne.

-Harry, un autographe ! Hurla soudain une petite brunette en se mettant à courir vers lui.

-Je veux le même balai que vous, monsieur Potter ! Beugla un homme de forte corpulence avant de commencer à son tour à s'approcher.

-Deviens mon petit ami, piailla une fille hystérique avant de se jeter sur lui à son tour.

-Je veux porter tes enfants, implora une quadragénaire à l'air désespéré.

Grinçant des dents, le dernier des Potter évalua rapidement la situation. Son esprit puissant décomposa instantanément la scène. Une horde de fans complètement bourrés convergeaient dans sa direction et la cheminée se trouvait encore à une dizaine de mètres. Il avait besoin d'une distraction… et même d'une sacrément bonne distraction !

-Oh Merlin, c'est Voldemort ! Hurla soudain Harry en pointant son doigt en direction de la porte.

Sans attendre, la plupart des clients trop éméchés pour réfléchir, plongèrent sans hésiter sur le sol en hurlant comme des fillettes tandis que Harry profitait de l'accalmie pour se précipiter vers la cheminée d'un bond acrobatique et lançait dans le même moment une pincée de poudre à cheminette spécialement conçue pour ignorer les enchantements frontières et permettre les voyages internationaux.

Un instant plus tard, il avait disparu. Mais pas sans un dernier message : 'Les traitres sont toujours châtiés Archimède'.

-Peuh ! Comme si j'avais peur. En tout cas, ça lui apprendra à m'avoir forcé à trimer comme un malade ce soir pour aider Remus alors que j'étais censé être de repos, ricana le grand brun en lançant un sourire complice aux jumeaux Weasley qui le regardèrent un instant avant d'exploser de rire.

Avant que le jeune Serdaigle ne puisse se demander la cause de leur hilarité, Archie vit Sirius Black tomber de sa chaise en le regardant… visiblement en proie à un fou rire.

Le visage de Archie afficha alors une expression confuse et pris d'un doute il se retourna en direction de la grande glace de la salle avant de retenir un petit piaillement efféminée.

Sa tête avait triplé de volume, pris la couleur d'une citrouille trop mure et sur son front était marqué en lettres de feu le mot : 'TRAITRE'

-Houuu, Hou, hou, ricanait toujours Sirius en se roulant par terre tandis que les jumeaux Weasley, qui en dépit de leur participation dans le traquenard s'en étaient tiré à bon compte, continuaient aussi de se bidonner. Remus, à son bar, camoufla admirablement un petit ricanement tandis que Cassandra Whitehorse, qui venait de le rejoindre, souriait à Archie d'un air compatissant... et moqueur.

Les autres clients de 'L'Antre de Lunard' qui avaient en l'espace de quelques secondes compris que, petit un il n'y avait pas de Voldemort et petit deux Harry avait disparu, se décidèrent à conjurer le mauvais sort en profitant de la nouvelle distraction et se tournèrent tous d'un commun accord vers Archimède qui s'enfuit en piaillant vers sa chambre… visiblement presser de mettre la main sur une potion de nullification magique.

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Au même moment un dénommé Thomas Redbrige vit avec surprise son joueur vedette jaillir de la cheminée qui menait au vestiaire… une bonne heure après la conférence de presse à laquelle il était censé participer.

-Par les jambes douces de Morgane, qu'est ce qui t'es arrivé ? demanda Redbrige en voyant le visage couvert de suie de son jeune protéger.

-J'ai dû prendre la cheminette en express, puisque mes fans ont semble-il trouvé où je logeais. A ce sujet, utiliser le nom de Voldemort est une super distraction, grommela Harry en commençant à se changer sans perdre de temps.

-Hum, j'y penserai, murmura le coach en frissonnant à la mention du nom interdit. Mais toi, tu devrais sérieusement penser à ne plus oublier les conférences de presse et n'oublie pas non plus qu'en plus des publicités, ton contrat t'oblige à être gentil et à signer quelques autographes pour tes fans lorsque tu es en public.

-Ma maison n'est pas un endroit public, grommela le jeune mage en enfilant ses robes de sports.

-En fait si, l'Antre de Lunard est une auberge. Alors la prochaine fois, n'oublie pas de faire plaisir au sponsor. Contra Redbrige avec un plaisir sadique.

-Compte dessus et bois de l'eau, grommela Harry dans sa barbe en lassant ses chaussures.

-Tu disais ? Grogna le coach.

-Je disais, comptez sur moi pour me jeter à l'eau, répondit Harry en affichant un large sourire parfaitement mielleux.

Thomas Redbrige, coach de l'équipe d'Angleterre depuis près de trente ans, ne fut pas dupe une seconde.

-Harry, être gentil avec les fans, fait de la publicité positive pour l'équipe, ce qui augmente les bénéfices que l'on tire des produits dérivés comme les maillots ou les équipements de Quidditch. Maintenant, va donc faire ta prise de sang de dépistage et rejoint tes coéquipiers, tenta de le convaincre le petit entraineur en soupirant.

Harry hocha simplement la tête avant de tourner le dos à son coach pour se diriger vers l'aile médicale.

Secouant la tête de droite à gauche, Thomas Redbrige soupira une nouvelle fois.

-Si seulement son père avait bien voulu jouer il y a quinze ans, j'aurai pu prendre ma retraite avec honneur en gagnant une coupe du monde avant de découvrir de quel foutu caractère son rejeton avait hérité, grommela le petit homme avant de se détourner, un sourire lui effleurant tout de même les lèvres.

Pour une raison parfaitement inconnue et illogique, Harry lui demeurait tout de même sympathique… Allez comprendre !

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Quelques minutes plus tard dans l'Antre de Lunard :

-Silence tout le monde, le match va bientôt commencer ! Expliqua Remus avant de se diriger vers son étrange tableau géant qui paraissait remplit d'une étrange fumé grise.

Tapotant le cadre avec sa baguette magique, Remus sourit lorsque la fumée s'éclaircit progressivement laissant la place à l'image d'un présentateur en robe d'apparat.

-Incroyable mais vrai mon cher frère, murmura George.

-Tout à fait, mon preux jumeaux, il semble que le système fonctionne, acquiesça Fred au comble du bonheur.

Secouant la tête en voyant Archimède revenir d'un air grognon, Cédric sourit et porta son attention vers la pensine murale que Remus avait spécifiquement acheté afin de pouvoir regarder en direct les matchs de son fils adoptif à l'aide de ce tout nouveau système que venait de mettre au point des mages chercheurs américain : la télé-pensine.

Brusquement, le présentateur contenu dans le cadre s'anima et une voix retentit dans l'Antre de Lunard.

-Mesdames et messieurs bonsoir ! Bienvenu en direct sur fréquence Quidditch, la seule fréquence de pensine à distance 100% Quidditch, 100% direct. Ce jour, sur vos télé-pensines, l'affiche n'est rien de moins qu'exceptionnelle, et devant vos yeux ébahis, c'est deux équipes de très haut niveau qui vont s'affronter sans relâche, car une seule de ces équipes pourra se qualifier pour la phase finale de la coupe du monde et l'Angleterre tout entière semble s'être mobilisée derrière son équipe dont on dit qu'elle est la meilleur depuis….

Les phrases que prononça tout de suite après le présentateur furent écrasées par le bruit de tonnerre que firent les nombreux fans amassés dans la grande salle du Lupanar. Tous étaient venus dans la taverne de Remus, repère désormais bien connu du poursuiveur vedette de d'Angleterre afin d'assister au match retransmis en direct via des ondes magique en direction des quelques rares télé-pensines dont l'importation était très récente et le fonctionnement très proche de celui de la télévision.

-Angleterre – Slovaquie c'est l'affiche incroyable que nous vous proposons ce soir et sans plus attendre, je passe la parole à Thiery Dulitron et Jean-Michel Larslourd. Messieurs l'antenne est à vous, conclut le présentateur dont l'image se brouilla ensuite progressivement.

-Merci mon petit gars ! Lui répondit soudain une voix exubérante et parfaitement inconnue des ondes.

Dans l'Antre de Lunard, le visage d'Archie se décomposa et sans un mot, il se retourna vers les jumeaux Weasley, qui paraissaient tout aussi soufflé.

-Ne me dites pas qu'il l'a fait ? Murmura Cédric en se prenant la tête entre les mains d'un air désespéré.

-Nous pensions aussi...

-…que c'était une blague…, bégayèrent en cœur les deux rouquins.

- De quoi parlez-vous, bon sang ? Interrogea Lupin avant que la réponse ne lui parvienne directement de la pensine lorsque l'image d'un métis souriant se matérialisa devant lui.

-Ici Lee Jordan en directe du stade de Vladivostok ! Je remplace au pied levé le pauvre Thiery Dulitron qui a eu un petit empêchement. Et c'est une affiche passionnante qui nous est offerte ce soir, n'est-ce pas Jean Michel ?

-Je hum… Tout a fait Thierry… et euh… ânonna Jean-Michel Larslourd les yeux dans le vague. Visiblement le pauvre homme était sous l'influence d'une puissante potion de confusion.

-Je savais bien que je n'aurais jamais dû lui donner cette potion, murmura Archimède d'une voix désespérée pendant qu'au même moment sur l'écran géant, le petit métisse jetait un regard inquiet à son partenaire à l'air hagard en grommelant dans sa barbe.

-Et merde, je savais bien que je n'aurai pas dû mettre la troisième goutte de potion, murmura l'adolescent a mi-voix alors en remarquant en même temps que les milliers de pensine-spectateurs que son prétendu partenaire le confondait visiblement avec le présentateur habituel.

-Vous êtes sûr que tout va bien ? intervint soudain une voix grave derrière Lee Jordan. Mais… Mais, qui êtes-vous et pourquoi monsieur Dulitron est-il attaché ? Je vais ouikk… Non lâchez moi je…, au secours... s'époumona soudain la voix d'un technicien tandis que l'image se brouillait un instant camouflant la scène aux spectateurs désormais hilares.

-Bien mesdames et messieurs, ici Lee Jordan toujours présent envers et contre tout. Après ce petit incident technique, je reprends les ondes. Maintenant, fans de sport de toute origine, permettez-moi de vous dire que ce stade de Quidditch de Vladivostok n'est peut-être pas aussi large que le grand stade d'Edimbourg, cependant il faut admettre comme vous pouvez le voir sur vos pensines que l'ambiance est extraordinaire ce soir… Ça va chauffer pour les slovaques !

-Tout à fait Thiery et voilà maintenant les mascottes des équipes qui rentrent sur le terrain, intervint la voix de Jean-Michel Larslourd qui avait visiblement gardé suffisamment de cellule grise pour commenter le match en dépit de sa confusion évidente. Avec en première ligne les farfadets de Slovaquie qui vienne de …

-Aller l'Angleterre oblitérez ces sales slovaques ! Beugla Lee Jordan en coupant effectivement la parole de son partenaire lorsque les marcottes anglaises firent leur apparition.

Le hurlement de Lee provoqua en réponse dans l'Antre de Lunard, une furia de bravo assourdissante qui fit trembler le bar tout entier.

-Euuh… Tout a fait Thierry ! Acquiesça un Jean-Michel Larslourd dont les yeux regardaient résolument dans des directions opposés. Permettez-moi une petite réflexion technique et regardez donc cette incroyable invention qui décore l'une des parois du stade : il s 'agit d'une pensine automatique et aplatie qui permettra aux spectateurs de revoir directement en agrandi les images les plus importantes du match. L'invention que nous devons à monsieur Mac-Mahon, un sorcier du Kentucky, consiste en un souvenir qui provient d'un ensemble d'arbitres enregistreurs qui sont situés aux quatre coins du stade et transmettent en temps réel leur pensée à la pensine-centrale qui réémet en direct le match en direction des télé-pensines de nos pensine-spectateurs. D'ailleurs, étant donné la taille du bol à mémoire et la précision des pensées de ce soir, il n'est pas impossible que nous puissions revoir les actions en trois dimensions et …

-Mais on s'en fou complètement de cette fichue pensine haut de gamme ! On n'est pas technicien bordel. Regardez, les équipes font leur entrée sur le terrain ! Beugla Lee Jordan en se levant de son siège pour désigner les joueurs.

A ces mots, un nouveau hurlement approbateur s'éleva de la foule amassée dans le Lupanar tandis que le métis reprenait la parole.

-Voilà donc les slovaques qui rentrent sur le terrain. Je vous les présenterais bien, mais l'équipe a été tellement modifiée au cours des derniers jours que je dois dire qu'il est presque impossible de savoir qui ils ont finalement aligné, grommela Lee Jordan d'un air peu convaincant.

-En effet Thierry, les derniers contrôles ont pas mal chamboulé l'architecture de cette équipe qui a été beaucoup décriée dans la presse avec tout de même ce soir au poste d'attrapeur…, tenta de reprendre Larslourd.

-Vous voulez sans doute dire que la mise en place de ces nouveaux tests anti potion dopante a forcé ces sales tricheurs de Slovaques à aligner leur équipe bis, leurs joueurs titulaires étant presque tous chargés au sang de dragon comme un Lutin se serait bourré au miel…

-Vous ne pouvez pas dire ça Thierry, intervint Jean-Michel d'un ton catastrophé.

-Bien sûr que si, d'ailleurs tout le monde sait depuis longtemps qu'ils se défoncent aux endorphines de troll depuis la naissance dans cette équipe, s'écria Le Jordan avec son habituelle impartialité. Les tricheurs slovaques viennent de finir leur entrée, à la fois bovine et peu grandiloquente. En fait et en toute objectivité, il faut l'avouer, certains ont l'air à moitié mort, les effets dû au manque sans aucun doute, continua Lee sans tenir compte de son vis-à-vis qui paraissait au bord de la crise d'apoplexie et ce en dépit de son surdosage initial en potion de confusion.

-Euh… Thierry, on ne peut pas traiter une équipe nationale de droguée et….

-Et voilà l'Angleterre ! Quelle classe, quelle élégance, voilà une véritable équipe de niveau internationale ! Jamais depuis un siècle notre équipe n'avait eu aussi belle figure ! Jubila Lee d'une voix extatique toujours sans accorder d'importance aux mimiques désespérées son partenaire qui parut soudain se résigner et entreprit de prendre la suite du commentaire à son compte.

-Tout à fait Thierry. Notre sélection nationale n'avait jamais paru si dangereuse offensivement et ce visage magnifique qu'elle présente en ce moment, elle le doit en grande partie à son tout nouveau joueur vedette qui viens juste d'être libéré de prison et qui aura à cœur de remettre son équipe dans le sens de la marche, acquiesça cette fois sans hésitation Jean-Michel déclenchant un énième rugissement assourdissant dans 'l'Antre de Lunard' tandis que les centaines de sorciers et de créatures magiques levaient leur verre en hurlant.

-Exactement, une fière formation vient de faire son entrée avec tout d'abord, dans les anneaux, le très capé gardien des Lutin de Cornouaille j'ai nommé Scotty James, expliqua Lee avec professionnalisme maintenant qu'il avait affaire à l'équipe de son pays.

-Tout à fait Thierry, ce bon vieux Scotty commence à prendre de l'âge, mais il est toujours aussi efficace que dans ses jeunes années et sa grande expérience de la compétition sera un plus incontestable pour son équipe.

-Un bien bon gardien en effet, secondé par deux batteurs incroyables, on les surnomme les harpies sanglantes, elles jouent d'ordinaire pour les griffons de Londres, voici Stéphy Broadchess et Janie Bigarm.

-Et oui Thierry, à ce sujet je voudrais raconter une petite anecdote concernant la dernière personne à avoir osé insulter Stéphy en conférence de presse. Le pauvre fou a dû s'enfuir à dos de balais et esquiver des cognards durant plus de six heures alors que la jeune femme lui faisait comprendre le fond de sa pensée.

Ricanant cette fois de bonne grâce, Lee Jordan regarda son partenaire dont les yeux paraissaient moins vitreux et haussa les épaules. Le bonhomme paraissait déterminé à l'appeler Thierry mais en dehors de cela, tout se passait plutôt bien.

-Oui je me souviens de l'anecdote Jean-Michel, il faut dire que le pauvre fou devait avoir perdu une bonne partie de son sens commun pour insulter une batteuse professionnelle de 1 mètre 90 pour 100 kilos dans un endroit où la jeune personne en question avait accès à sa batte et à quelques cognards.

-Exactement Thierry, cependant c'est d'ailleurs au cours de cette même conférence de presse que le coach Tomas Redbrige avait annoncé qu'il quitterait la tête de la sélection nationale Anglaise après la prochaine coupe du monde… Un entraineur des plus compétents qui sera à n'en pas douter extrêmement regretté.

-Oui, et il n'y a donc plus qu'à espérer que comme cadeau de départ, il pourra l'an prochain partir avec la coupe du monde de Quidditch. Mais en attendant, retour sur le jeu avec comme nous le disions, l'entrée des deux batteurs d'Angleterre qui, si elles ne sont pas les plus efficaces dans le domaine de la protection des coéquipiers, compensent largement cette petite lacune par un taux incroyable de cognard au but ce qui les a classé en troisième position lors du dernier relevé de statistique juste derrière la Bulgarie et le Brésil, acquiesça le métis avec un professionnalisme bien inattendu de sa part. Prouvant au passage qu'il en connaissait effectivement plus sur ce sport que n'importe qui.

-Votre culture m'étonnera toujours mon bon Thierry, mais voici maintenant l'arrivée des trois poursuiveurs de l'équipe, et ils sont, ne mâchons pas nos mots : fantastique !

-ET OUI ! Beugla Lee en revenant à son habituel mode fanatique. Ils sont comme un Lumos au cœur des Ténèbres, comme une Vélane se tenant au milieu d'un groupe de trolls femelle. Ils sont grands, ils sont forts, ils sont magnifiques : ils sont le trio Merlinesque ! Avec en tête, celui que l'on surnomme l'intercepteur de Cambridge, le capitaine de cette formation anglaise : Franck Cole !

-Parfaitement Thiery, ce brillant joueur qui a été nommé capitaine après le départ à la retraite anticipé de Beach a de quoi être content de son équipe et de ses statistiques personnelles cette saison, car s'il n'est pas le meilleur joueur de ce tournoi, son taux d'interception de souaffle est le plus haut de la compétition et ses capacités d'anticipation sont sans égal dans le monde.

-Mais voilà maintenant que la sirène du Quidditch, l'impératrice des terrains, la seule femme à jouer au poste de poursuiveur ce soir, j'ai nommé Katherine Young !

-C'est en effet la troisième saison que Kathy rejoint l'équipe nationale mais son enthousiasme n'a en rien diminué depuis le premier jour et à présent que l'Angleterre possède une véritable chance de se qualifier, son jeu n'a jamais été aussi motivé et inspiré, acquiesça Jean-Michel.

-Sans oublier qu'elle est magnifique, Kathy je t'aime ! hurla brusquement Lee Jordan une larme au coin des yeux.

-Euh oui… c'est cela Thierry, donc comme je disais, une joueuse exceptionnelle qui se démarque notamment par son nombre de passes décisives, le deuxième plus élevé du tournoi, un chiffre qui explique sûrement en grande partie les incroyables résultats du dernier chasseur de cette équipe.

-Silence, mesdames et messieurs, silence ! intervint brusquement Lee Jordan avant de reprendre la parole d'un ton solennelle. Il est l'idole des femmes, la vedette d'Angleterre, la coqueluche des parieurs, l'homme qui m'a permis de commenter ce match ce soir, il est sûrement le meilleur poursuiveur du monde ! J'ai nommé le grand, le gigantesque, Harryyy POTTERRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRR !

Remus se retrouva soudain sur le sol lorsqu'un Sirius Black déchainé le fit tomber de sa chaise d'un grand mouvement de bras hystérique alors que tout l'Antre de Lunard explosait sous les bravos. Les spectateurs déchaînés fixaient la grande pensine verticale qui occupait une bonne partie du mur du fond avec une sorte d'adoration frénétique et brusquement, ce qui devait arriver arriva.

-Tournée général ! beugla soudain, un sorcier un peu plus loin alors que tous les spectateurs se mettaient à chanter et que Sirius un peu plus loin commençait à danser sur les tables.

Se prenant la tête entre les mains, le lycanthrope jeta un regard désespéré en direction de Cédric et Archimède qui eux aussi paraissaient au bord de la dépression. Enfin, à contre cœur, le Lycan se leva, murmura quelques jurons en priant merlin pour que les dégâts ne soit pas trop importants.

-Oui, tout à fait Thierry, retentit à nouveau la voix de Jean-Michel Larslourd. Il est la toute dernière recrue de l'équipe d'Angleterre et j'oserai le dire, l'une des principales raisons de son succès, si j'osais m'exprimer ainsi.

-Ce n'est rien de le dire, il est la lumière de ces matchs de qualification et ce, en dépit des deux matches qu'il a manqué suite à son scandaleux emprisonnement à Azkaban, une chose qui, au passage, ne serait jamais arrivé sans cette conspiration scandaleuse de la fédération de Quidditch Française.

-Voyons vous n'avez aucune preuve Thierry, tenta vainement de murmurer Larslourd.

-De toute façon les coupables se reconnaîtront ! beugla Lee Jordan une lueur folle au fond des yeux. En tout cas, reprit le petit métisse d'un ton plus calme, en dépit de ses deux matchs manqués, Harry Potter demeure encore et toujours le meilleur buteur de ce championnat ! Et oui, mesdames et messieurs, notre jeune prodige est également troisième pour les interceptions, cinquième pour les passes décisives, deuxième pour la défense active des anneaux et premier en interception d'attrapeur. Bref, il est le joueur le plus complet et le plus décisif de cette compétition et l'un des tous premiers joueurs du monde en ce moment… Et il n'a pas encore seize ans !

-Mais oui Thierry, il est de quelque mois plus jeune que Krum, l'autre génie de cette compétition et le oh combien médiatisé attrapeur de la Bulgarie. Encore un exemple de la tendance actuelle des équipes à recruter des joueurs de plus en plus jeunes et de plus en plus physiques, une tendance qui, je le pense, finira par amener toutes les équipes à un âge moyen de moins de 25 ans. Incroyable quand on pense qu'il y a seulement dix ans, les joueurs tournaient plutôt autour de la quarantaine.

-Si vous le dites, acquiesça un Lee Jordan bien plus concerné par le dernier arrivant. Mesdames et messieurs, continua de commenter avec passion le jeune métisse, afin de clôturer l'introduction de l'équipe, voilà désormais le joueur vétéran de la formation anglaise, l'attrapeur légendaire qui fête sa cent trentième sélection avec l'équipe nationale, le grand : Albert Shearer !

-Mais oui Thierry, cet homme est une légende vivante en Angleterre, et bien que ses performances soient en baisse cette année, je pense qu'il demeure résolument parmi les meilleurs du monde et que l'un dans l'autre, cette année, l'Angleterre a non seulement une chance de se qualifier pour la phase finale, mais aussi de remporter la coupe du monde, intervint Jean-Michel Larslourd.

Remus se boucha cette fois les oreilles de manière préventive alors que les rugissements des spectateurs emplissaient une nouvelle fois le Lupanar en réponse à l'annonce du présentateur. Regardant tout autour de lui, Remus remarqua Que Sirius sautait partout en hurlant des choses comme 'c'est mon filleul' et 'je lui ai tout appris' a un groupe de jeunes femmes extrêmement intéressées et particulièrement court vêtues.

-Une chance ? Mais bien sûr qu'on va la gagner cette coupe nom d'un petit Lutin, rugit Lee Jordan tandis que les applaudissements redoublaient.

-Ça fait vraiment bizarre de les entendre parler ainsi de Harry, tu ne trouves pas ? demanda Archie en se tournant vers Cédric qui hocha la tête. Pour moi, il est juste Harry. Mais tout le rester du pays semble le voir comme une sorte de Héros, le joueur qui va nous offrir la coupe du monde…

-Oui, je dois dire que ça change des habituels sujets comme Neville Londubat. On n'en entend presque plus parler, alors qu'il nous a aidé à vaincre un Basilic il y seulement quelques mois, tandis qu'il y a encore quelques années, la presse chantait tous les jours ses louanges sans aucune raison valable. Va trouver une logique dans tout ça…

-L'Angleterre n'a jamais été en position de remporter la coupe du monde depuis un siècle, et maintenant qu'on a une équipe compétitive, les esprits s'enflamment, je suppose, supputa Archimède. Au fait, tu veux toujours devenir professionnel après Poudlard ?

-Yep c'est le plan, acquiesça le Poufsouffle. Malheureusement, je ne pense pas que j'aurai un jour le niveau de Harry, soupira le Poufsouffle avec une sorte de résignation.

-Peuh, tu racontes n'importe quoi. D'abord vous ne jouez pas à la même position, et ensuite, je peux t'assurer que Harry ne te fera jamais d'ombre. Il joue uniquement pour l'argent et n'a aucune intention de rempiler après cette coupe du monde de toute façon, expliqua le grand brun afin de remonter le moral de son ami.

Cédric fronça les sourcils. Qu'un joueur du talent de Harry songe à arrêter avait de quoi rendre fou.

-Je suppose que Harry demeurera toujours une énigme, finit par soupirer Diggory. Qui d'autre que lui renoncerait volontairement à la gloire, la célébrité et l'argent facile ? Enfin, je suppose qu'il a d'autres choses plus importantes en tête. En tout cas, avant son départ, ce serait bien de remporter cette fichu coupe du monde, répondit Cédric sans quitter l'écran des yeux.

-Je suis sûr que nous aurons cette chance, répondit Archie avant de se reconcentrer sur le match.

-Ca y est, le ministre de la magie de Slovaquie vient enfin de siffler le coup d'envoi et sans perdre un instant, Harry Potter intercepte le souaffle qu'il arrache à Nedved, il passe à Kathy, qui fait le une deux. Franck est au soutien, les slovaques sont dépassés ! Potter s'échappe seul, passe et… et c'est le but ! hurla Lee Jordan de sa voix si communicative et énergique.

-Et oui Thierry il faut dire que…

-Il faut dire qu'on va les massacrer ! Allez le Quidditch, aller l'Angleterre, aller Harry, on va les bouffer ! hurla Lee Jordan qui avait apparemment retrouvé son rythme habituel tandis que dans l'Antre de Lunard, le Whisky pur feu coulait à flot et les chants de spectateurs redoublaient d'intensité.

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Quelques heures après la fin du match dans un lieu incartable.

Nymphadora Tonks gloussa allègrement en pressant son imposante poitrine contre le bras de l'homme qui se trouvait à sa droite. La jeune femme sourit ensuite d'une manière des plus aguicheuses lorsqu'une des grosse paluches de ce même voisin trouva son chemin jusqu'à sa taille.

-Oh, Boris tu es une bête, minauda-t-elle d'une voie enjôleuse avant d'afficher une mine plus sérieuse. Bon, je vais me repoudrer le nez, expliqua-t-elle en se levant de son tabouret afin de se diriger vers les toilettes. Elle parcouru ensuite rapidement la petite distance en accentuant son déhanché de manière à ce que ses attributs féminins soient mis en valeur par sa robe rouge, moulante et minimaliste. Le spectacle ne pouvait laisser personne indifférent et sous les regards lubriques de l'assemblée, la belle disparue derrière une porte à double battant.

Une fois arrivé aux WC, Tonks se passa le visage à l'eau et se regarda dans la glace une jeune femme blonde d'un mètre quatre-vingt, aux yeux bleu, à la poitrine d'une taille indécente, et à la peau blanche lui rendit son regard…. Elle détestait profondément cette apparence !

Soupirant en se détournant du miroir, la jeune femme maudit silencieusement son don de Metamorphomage. En effet, depuis qu'elle avait intégré un peu plus tôt cette année les services actifs au sein de la division d'intervention armée des langues de plomb, son talent pour assumer toute forme d'apparence aguichante l'avait conduite à devoir prendre en charge toutes les missions les plus misérables et à côtoyer ainsi la lie du genre humain… comme ce soir par exemple.

Saisissant une serviette afin de se sécher le visage, la jeune femme songea distraitement que ce n'était pas de cela qu'elle avait rêvé lorsqu'elle étudiait jour et nuit à Poudlard afin de rejoindre les rangs des forces d'élite. Elle rêvait d'aventure dans des pays lointain, de secrets millénaires enfouis. Elle se voyait devenir une sorte de super policier, de héros de l'ombre. Comme elle était naïve à l'époque. Se rappeler ses jeunes années plongea rapidement Tonks dans une étrange rêverie. Poudlard était à la fois si proche et si loin…

En effet, seules deux années s'étaient écoulées depuis son départ et pourtant la jeune femme avait l'impression qu'une éternité la séparait de ces souvenirs heureux.

Depuis six mois qu'elle avait fini sa formation intensive et avait été mutée dans les effectifs mobilisables, la vie de Nymphadora avait pris un tournant dans la mauvaise direction. En seulement quelques semaines, tout ce qui lui restait d'innocence lui avait été arraché. Vol, meurtre, viol, trahison, massacre, drogue…. Rien ne lui avait été épargné au cours de ses précédentes missions. Elle avait vu le visage de l'enfer, sourit au démon, plongé dans la noirceur la plus insondable qui se cache dans le cœur humain et pourtant, au plus profond d'elle-même, elle savait que cela ne faisait que commencer, que le pire restait à venir.

Reposant la serviette et examinant rapidement son apparence, la belle jeune femme de dix-neuf ans réalisa que ses rêves d'enfance étaient désormais bien loin. Elle se souvenait sans mal de ses longues soirées d'été qu'elle passait avec ses parents à raconter à qui voudrait l'entendre qu'un jour, elle serait un héros, et qu'elle se battrait pour son pays mieux que n'importe lequel de ces machos au sang pur. Elle n'avait pas oublié non plus les longues soirées d'hiver à Poudlard où avec ses copines de chambrée, réunies autour de la petite cheminée de leur chambre, elles parlaient d'amour et discutaient des différents garçons qu'elles trouvaient mignons…

Et maintenant, maintenant qu'elle avait enfin atteint son rêve et intégré les forces d'élite, Tonks réalisait finalement qu'elle n'avait jamais vraiment compris ce qu'impliquaient ses décisions. Elle n'était pas devenu un héraut, pour la simple et bonne raison qu'il n'existait pas de Héraut, elle était simplement un pion sacrifiable sur l'échiquier des puissants, une marionnette que l'on utilisait pour conserver les plus abjectes déviances des hommes loin du regard des gens bienpensants ! Elle n'était rien et vivait l'enfer jour après jour dans son travail, pour que d'autres puissent prétendre ignorer l'existence de toute cette misère sans avoir à perdre le sommeil.

Brusquement, alors qu'elle rajustait ses seins qu'elle avait fait grossir spécialement pour cette mission, une étrange pensée insidieuse se fraya une place au premier rang de son esprit et tandis qu'elle raccourcissait un peu sa robe de manière automatique afin de révéler le tout début de ses fesses, elle plongea dans les réminiscences de son passé heureux, et le visage de Harry Potter lui revint en mémoire.

Pourquoi elle venait de songer au jeune mage, la belle Metamorphomage n'aurait pas su le dire, mais toujours est-il que le souvenir des après-midi passés à s'entrainer avec Harry venait de lui revenir en mémoire.

Secouant la tête en souriant, Nymphadora songea que ce chenapan paraissait toujours venir la tourmenter dans les moments les plus inattendus. En fait depuis qu'elle avait quitté Poudlard le jeune mage aux yeux verts n'avait jamais complètement quitté sa mémoire. Le procès contre le ministère, son ascension au rang de vedette de Quidditch, ou plus simplement le souvenir de certaine de ses expressions et de ses moqueries, étaient autant de détails qui rappelaient sans cesse à Nymphadora l'existence du dernier des Potter.

Elle se souvenait notamment parfaitement de ce rêve étrange qu'elle avait fait peu avant la fin de sa formation lorsque son supérieur lui avait parlé de leur investigation sur cette étrange confrérie de la lune rouge. Elle n'avait pas participé à l'enquête à l'époque, cependant, elle s'était réveillée une nuit après avoir fait un rêve absurde dans lequel Harry était le chef de cette organisation mafieuse… Un rêve dans lequel l'insupportable gamin était devenu un homme et l'avait appelée 'mon amour'… Vous parlez d'une histoire !

Le psychiatre de l'unité avec qui elle avait analysé l'évènement lui avait dit qu'il s'agissait d'une résurgence fantasmagorique d'un passé onirique qu'elle s'efforçait d'idéaliser afin d'échapper au stress du moment présent…. Quoique cela puisse vouloir dire, Tonks était plus ou moins certaine que c'était des conneries.

Incapable de détourner ses pensées de leur chemin actuel, la belle policière se remémora les longues après-midi passées à s'entrainer avec lui. Harry avait toujours été la seule personne qu'elle connaisse qui soit capable de la reconnaitre lorsqu'elle métamorphosait son visage afin de prendre l'apparence d'une autre femme… et également la seul personne à ne lui avoir jamais demandé d'assumer un visage qui n'était pas le sien, fusse pour rigoler, par curiosité ou pour répondre à un fantasme.

En fait, l'héritier Potter n'avait jamais accordé d'importance à son apparence, il n'avait jamais rien exigé d'elle, et aussi surprenant cela puisse il paraitre, il l'avait toujours soutenue… Certes avec mauvaise humeur, mauvaise foi, et en trainant des pieds, mais jamais il n'avait tenté de la convaincre d'abandonner ses rêves, quand ses parents et ses amis lui disaient tous que la profession d'Auror était bien trop violente pour une femme.

S'arrachant à ses pensées afin de se reconcentrer sur sa mission, Tonks récapitula rapidement les informations dont elle disposait. Son objectif ce soir était d'aider à un démantèlement de trafic de femmes. L'ensemble du réseau semblait partir des pays de l'est et asservissait de pauvres jeunes filles ainsi que des Vélanes afin de les vendre dans les pays plus riches de l'ouest. Bien sûr, le fait que l'on puisse traiter des Vélanes comme des esclaves n'avait rien de trop choquant pour les gens de la haute, cependant, depuis quelques temps, ce groupe de marchands d'esclaves en particulier se montrait de plus en plus audacieux et même les pouvoirs publics corrompus d'Europe de l'est ne pouvaient plus fermer les yeux devant les disparitions intempestives de jeunes sorcières.

Un programme international avait donc été monté afin de trouver l'origine exacte du complot, et Tonks avait été dépêchée en tant qu'agent infiltré… c'est-à-dire en tant qu'appât, en fait.

Elle avait donc utilisé un charme indétectable de traduction automatique afin de pouvoir parler le russe, qui était la langue magique dominante dans la région, avant de commencer une mission de longue haleine.

Son rôle était désormais de prétendre être une petite sorcière d'origine moldue, sans famille connue, et de montrer ses formes avantageuses dans les différents bars d'Europe de l'est jusqu'à ce qu'une tentative d'enlèvement s'ensuive… Bref, un vrai bonheur !

Par chance, la jeune femme était certaine d'être sur une piste ce soir. En effet, son informateur et agent de liaison le plus sérieux, qui se trouvait également être l'homme en charge de l'opération dans cette partie de l'Europe, lui avait dit que des rabatteurs officiaient dans la région. Leur mode d'action semblait également avoir été identifié : l'un d'entre eux draguait les jeunes femmes au bar et proposait de les raccompagner chez elles. Plusieurs de ses complices suivaient alors les deux personnes et au moment où la femme tentait de rentrer chez elle, le groupe de trafiquants de chair humaine la poussait à l'intérieur avant de l'incapaciter. S'en suivait un 'traitement' à base de Crucio et de potion de soumission qui transformait rapidement la pauvre jeune femme en esclave sexuelle soumise et l'exportation pouvait alors avoir lieu.

Bien qu'elle soit quelque peu déçue par son travail, Tonks ne pouvait nier que mettre tous ces monstres hors d'état de nuire lui procurerait un intense sentiment de satisfaction.

Réajustant sa robe une dernière fois, et comprenant qu'elle ne pouvait plus retarder l'échéance, la jeune femme se résolue à retourner au bar et se força à sourire avant de sortir des toilettes.

-Et bien alors, qu'est-ce que tu foutais, l'accueillit tout de suite la voix de son apollon du soir.

-Oh Boris, mais tu sais comment sont les femmes, il nous faut du temps pour nous faire belles, minauda Tonks de la voix aguicheuse qu'elle avait décidé d'utiliser en complément de son apparence de ce soir.

-C'est bien vrai ça, acquiesça l'homme de sa voix charger d'alcool en caressant au passage les fesses de Nymphadora avant qu'elle ne puisse reprendre place sur son petit tabouret.

Cette dernière, excédée, fit tout son possible pour ne pas monter sa répulsion et s'assit rapidement avant que le porc ne puisse continuer ses avances… Et c'est à ce moment qu'elle comprit qu'elle venait de faire une grave erreur.

En effet, sur le siège qu'elle venait de prendre, la jeune femme sentit s'activer un réseau de runes et une décharge magique paralysante explosa soudain dans tout son corps.

Bien sûr, elle avait été entrainée à repérer ce genre de piège, cependant les avances pataudes de l'homme l'avaient déconcentrée. Qui plus est, elle n'était pas sur ses gardes puisqu'il il paraissait impossible qu'ici, au milieu d'un lieu public, sur le banc central d'une taverne pleine a craquer, que quelqu'un ose dessiner une rune de paralysie et l'agresser devant témoin.

Avant qu'elle puisse simplement réaliser ce qui venait de se passer le barman lui saisit les deux bras et le dénommé Boris lui enfourna dans la bouche le contenu de deux petites potions.

Tonks, qui avait été entrainée à reconnaitre ce genre de substance, détailla immédiatement les deux gouts distinct et conclue avec horreur qu'elle venait d'ingurgiter une potion de suppression magique et une potion de faiblesse physique.

La bonne nouvelle du moment c'était que son métabolisme avancé de Metamorphomage lui permettait d'éliminer ce genre de potion de son organisme deux fois plus rapidement qu'un sorcier normal. En outre sa véritable identité et son visage ne seraient pas dévoilés, puisque la métarmorphomagie était une magie de transmutation définitive du corps et qu'une une fois privé de magie le Metamorphomage demeurait simplement coincé dans l'aspect qu'il avait revêtu juste avant que son pouvoir ne soit bloqué.

La mauvaise nouvelle c'est que même ainsi, elle serait complètement sans défense durant les six prochaines heures.

Tombant sur le sol sous l'effet du contre coup de l'attaque runique, Tonks se reconcentra rapidement et d'un simple regard, elle balaya toute la taverne. C'est là qu'elle comprit son erreur. Sur le visage des dizaines de personne qui se trouvait là, elle discernait une sorte de satisfaction goguenarde… Aussi incroyable que cela puisse paraitre, tous les clients étaient complices !

Avant qu'elle ne puisse pleinement réaliser l'implication d'une telle chose, la jeune femme reçu un nouveau choc lorsqu'elle aperçut le visage souriant de son informateur.

-Bonjour ma petite Camel, la salua l'homme en utilisant son nom de code.

-Vous… murmura la jeune femme en se relevant péniblement. Ses jambes affaiblies par la potion tremblaient sous son poids.

-Et oui ma belle, mais n'y voyez rien de personnel, après tout, ces gens payent bien mieux que vous. Ils payent tellement bien, qu'ils peuvent même se permettre d'acheter le silence de tout un village. Surtout qu'ils offrent en plus un dédommagement en nature, pas vrai les gars ? ricana l'homme tandis que les clients éclataient tous d'un rire gras en jetant sur la jeune femme des regards lubriques.

-Vous ne vous en tirerez pas comme ça. Le bureau est au courant de ma position et il est impossible de garder autant de témoin silencieux, menaça Tonks en désignant les dizaines de personnes présentes d'un geste de la main.

-J'ai peur que vous ne vous trompiez ma chère, j'ai contacté vos supérieurs pour leur annoncer votre départ en direction de Kiev hier matin. Quant au problème des témoins, je dirai simplement que nous utilisons ce village pour recruter notre marchandise depuis plus de dix ans et que nous n'avons jamais eu de problèmes. Voyez-vous, les choses ici ne sont pas comme à l'ouest. Les gens du coin sont pauvres et seraient prêt à n'importe quoi pour un peu d'argent… et d'affection. D'ailleurs, en parlant d'affection, ça vous intéressera peut être de savoir que ces bons messieurs nous aide même à dresser nos petites chiennes pas vrai les gars ? lança alors son informateur en souriant d'un air lubrique tandis que les autres clients du bar commençaient à ricaner sombrement.

Tonks ouvrit la bouche sous l'effet de l'horreur mais aucun son n'en sortit. L'une des premières leçons qu'elle avait apprises lors de son entrainement était que dans la vie réelle, ce n'était que très rarement le plus fort qui gagnait… En fait, la plupart des combats ne se résumaient pas en un duel magique ou talent et pouvoir s'opposait dans une démonstration de maitrise du combat, mais plutôt à un bon coup de couteau dans le dos.

Ce n'était pas sa première mission, elle avait déjà prévalu dans des circonstances très défavorables. Elle avait déjà tué, elle avait déjà combattu. Mais ce soir, il ne s'agissait pas de se battre. Ce soir, elle s'était fait trahir par son informateur et incapacitée par un piège runique et des potions.

En temps normal et avec la pleine maitrise de ses moyens, il était plus que probable que Nymphadora ait été capable de massacrer ces brutes sans efforts, que ce soit en utilisant sa magie ou ses poings. Cependant, une nouvelle fois, la maxime favorite de Maugrey Fol Œil lui revint en mémoire : 'vigilance constante' !

Elle avait baissé sa garde un instant parce qu'elle avait fait confiance à son contact et cela risquait de lui couter cher, puisqu'elle était à présent incapable d'utiliser sa magie et qu'elle possédait la force physique d'une fillette de six ans.

Autant dire qu'elle était absolument sans défense. Rattrapée par la dureté du monde réel où la survie passait bien plus souvent par la paranoïa que par le talent, la jeune sorcière comprit qu'il s'agissait de sa première et dernière erreur.

Oh bien sûr, il lui restait une petite chance de s'en sortir vivante, puisqu'elle aurait probablement la possibilité de s'échapper lorsqu'elle serait parvenue à annuler l'effet des drogues près de six heures avant les estimations de ses ravisseurs. Cependant, à ce moment-là, il était probable que son état ne lui permette plus de fuir.

Avant qu'elle ne puisse analyser plus en avant la situation, de grosses mains sales la saisirent brusquement par derrière et un instant plus tard, le visage de Boris, déformé par une grimace lubrique lui faisait face.

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Avertissement, violence et Sexe !

Alors que l'homme l'attirait contre lui, Tonks tenta de lutter contre la potion de faiblesse mais en vain. Ses jambes avaient à présent à peine assez de force pour soutenir son poids pourtant léger.

Lorsqu'il devint évident que ses tentatives de résistance amusaient son adversaire plus qu'autre chose, la belle métamorphe tenta en désespoir de cause de lancer une manchette à la gorge de son agresseur. Ce mouvement de combat qu'elle maitrisait d'ordinaire à la perfection, lui parut cette fois d'une difficulté insurmontable et sa faiblesse physique était telle que l'attaque ne fit pas le moindre dégât.

Peu importe à quel point il est entrainé en art martiaux, un enfant de six ans désarmé n'a aucune chance face à un adulte de cent kilos.

L'homme ricana et lui saisit les bras avant de l'asseoir de force sur ses genoux, comme si elle était encore une petite fille.

Tout en tenant fermement les poignets de Nymphadora de la main gauche, le dénommé Boris commença ensuite à explorer le corps sensuelle de la jeune femme de la main droite.

Il soupesa ses seins lourds et fermes, caressa ses cuisses, son ventre, ses fesses... et se décida finalement à déchirer le haut de la robe d'un geste sec, sous les bravo de l'assemblée de malfrats.

Souriant largement, le violeur lança alors un large hochement de tête en direction de l'informateur de Tonks qui se fendit d'un petit 'je vous avais dit que c'était de la bonne marchandise', avant de reporter son attention vers la jeune femme qui se débattait toujours, l'excitant encore plus par ses petit mouvements de hanches et ses piaillements impuissants.

-Alors comme, ça ton boulot consistait à nous envoyer en taule, hein ? Tu vas voir. Je vais t'apprendre quelle est ta place petite chienne, ricana Boris avant de se pencher pour embrasser les seins de la jeune femme.

Sans se presser, le tortionnaire commença à lécher l'un des tétons de la sorcière tandis que sa main droite se glissait sous la robe de cette dernière afin de se poser sur le sexe de Tonks.

-Tu aimes ça hein salope ? ricana le porc en gratouillant l'entrejambe de Nymphadora qui bâtit inutilement de pied faisant rire l'assemblée maintenant réunie autour de la scène.

Savourant l'instant Boris se leva et renversa la pauvre jeune femme sur le sol. Tonks tenta de se débattre, écrasée par le poids invraisemblable de son adversaire et les effets de la potion de faiblesse. Malheureusement, ses tentatives de lutte firent simplement redoubler l'hilarité de son agresseur qui lui couvrit le visage de baisers humides et poisseux avant de finir de déchirer le devant de sa robe pour pouvoir lui pétrir et lui lécher les seins sans être gêné.

Nymphadora rugit d'indignation et tenta de le mordre mais rien n'y fit. D'une puissante gifle, le violeur l'assomma à moitié avant de lui remonter sa robe au-dessus de la taille révélant une petite culote de dentelle rose extrêmement sexy.

-Tu es vraiment une belle petite pute, commenta l'homme avec un sourire pervers.

Tonks gémit et tenta de s'enfuir, mais son agresseur la retint facilement. Il lui attrapa à nouveau les deux poignets avec une seule main et commença à caresser le postérieur de jeune femme bien mis en valeur par la dentelle transparente tout en lui administrant au passage quelques petites claques.

Nymphadora se retint difficilement de pleurer lorsque le violeur fit glisser lentement la lingerie de la belle policière révélant peu à peu son petit sexe rose et parfaitement glabre, puis se léchant les doigts il approcha tranquillement sa main du nid d'amour de la jeune femme…

-Arrêtez ! tonna brusquement une voix depuis la porte de l'auberge avec autorité.

Fin de… la première partie… potentiellement choquante ! héhé… Vous avez eu peur ein !

Comme pétrifié, le reste de l'assistance se tourna vers le nouvel arrivant qui venait de s'exprimer dans un russe fortement accentué. Enfin, le temps sembla reprendre son cours normal et les grimace stupéfaite laissèrent la place à des regards méfiants et des mines sombres, tandis que tous les clients du bar se tournaient vers l'étranger comme un seul homme.

-Ah oui, et pourquoi on t'obéirait mon petit gars ? demanda soudain l'informateur de Tonks d'un ton dangereux en pointant sa baguette vers l'inconnu.

-Oui d'abord, t'es qui toi, et comment tu as passé les gardes ? gronda Boris en se désintéressant momentanément de sa proie.

-On te connaît pas par ici, et c'est un bar privé, ce qui s'y passe ne regarde pas les étrangers, gronda le barman en menaçant à son tour le nouvel arrivant de sa baguette tandis que les clients du bar, encouragés par les trois hommes, les imitaient rapidement en sortant leurs armes.

Quelques secondes plus tard une douzaine de baguettes étaient pointées en direction de la silhouette encapuchonnée.

-Vous devriez arrêter vos avances, mon bon monsieur, parce que je ne paye pas pour de la marchandise usagée, répondit finalement la voix froide de l'inconnu qui releva finalement sa capuche, dévoilant ainsi son visage.

-Par Morgane et ses catins, mais c'est Potter, Harry Potter le poursuiveur de l'équipe d'Angleterre ! s'exclama alors un des clients en baissant sa baguette tandis que le regard froid du joueur vedette de Quidditch balayait l'assemblée des clients sans la moindre peur.

-Non mais c'est vrai ! Harry Potter ! Incroyable ! Superbe match ce soir, monsieur Potter ! s'exclama un deuxième larron visiblement fan de Quidditch.

-Fermer la tous les deux ! Je me fiche complètement que monsieur soit une star du Quidditch, ça n'explique pas ce qu'il fait ici, ni comment il a passé les gardes que nous avions laissé à l'entrée, gronda l'ancien agent de liaison de Tonks qui paraissait être l'homme le plus censé du groupe de violeur.

Harry dévisagea un long moment l'assistance avant de prendre la parole d'un ton toujours aussi mesuré et dans le russe impeccable qu'il employait depuis le début.

-Je vais vous répondre point par point. Concernant les deux hommes que vous aviez laissés à l'entrée, il se trouve que tous deux sont de grands fans de Quidditch et que Marcus a accepté de me laisser passer en échange d'un autographe et de quelques Gallions, expliqua le jeune mage en haussant les épaules.

-L'incapable ! Je m'en vais lui dire deux mots, gronda le barman visiblement convaincu par l'explication du jeune mage. Apparemment l'un des deux vigiles se nommait bien Marcus et était un fan de sport…

-Je leur ai offert, cent Gallions chacun pour être précis, continua Harry tranquillement tandis que toute la salle se figeait en entendant la somme exorbitante… en cette région pauvre et reculée, cent Gallions représentaient une vrai fortune. Et il n'existait pas un homme qui puisse refuser un tel pot de vin au village de Sborovitz.

-Et peut-on savoir d'où vous viens une telle générosité ? interrogea l'ancien indic sans baisser sa baguette.

-Une telle générosité vient du fait que je suis très riche et que je suis venu ici pour gouter à votre marchandise. Qui plus est, un homme dans ma position peut et doit prendre la peine de payer cher le silence des gens qui sont amenés à l'aider, expliqua finalement le jeune mage en baissant les yeux vers la forme dénudée et tremblotante de Tonks avant d'afficher un sourire carnassier et lubrique.

-Vous voulez dire que vous avez fait tout ce chemin depuis Vladivostok ou vous jouiez ce soir, uniquement pour vous fournir une pute que vous auriez pu trouver sur place ? gronda Boris qui était toujours agenouillé au-dessus de sa proie dénudée et paraissait encore peu convaincu.

En effet, s'il n'était pas rare que les sportifs de haut niveau aiment à bénéficier de certains services de charme, peu d'entre eux traverserait la moitié du pays pour l'obtenir sans une bonne raison.

Harry ne pris pas la peine de le détromper.

-Les choses sont un peu plus compliqués, soupira l'héritier Potter en reportant son attention sur l'homme blond avant de se lancer dans une courte explication. Après notre qualification pour la phase finale de la coupe du monde, mes coéquipiers ont voulut célébrer l'occasion en m'emmenant dans un bordel. Comme je suis le plus jeune du groupe, ils ont pris sur eux de faire mon éducation sexuelle diront nous. Cependant, vous comprendrez aisément que quelqu'un de mon standing ne soit pas aisément satisfait et qu'à l'arrivée de la mi saison, mon intérêt pour la marchandise la plus commune se soit émoussé, commença Harry d'un ton précieux et distingué tandis que le barman de l'établissement crachait par terre en grimaçant.

Visiblement lui-même avait déjà été témoin des caprices ridicules que se permettaient certains des joueurs les plus célèbres. Et s'il ne les appréciait pas, il avait appris à les tolérer afin de faire des affaires.

-Or, il s'est trouvé que pas un club de Vladivostok n'ait la marchandise que je désirais car, j'aime que mes partenaires se… hum… se débattent un peu disons, continua le jeune joueur professionnel avec assurance. En fait, je ne supporte plus les espèces de Vélanes décérébrées que les méthodes de dressage classique obtiennent, expliqua Harry en jetant un regard absolument dégoutant de lubricité en direction de Tonks tandis que tout autour, les violeurs en puissance hochaient la tête.

Ce genre de petit fantasme n'était pas rare dans le milieu.

Boris sembla se détendre un peu en entendant le récit qui était on ne peut plus censé pour un homme tel que lui, et jeta un petit coup d'œil en direction du barman qui haussa les épaules.

-Enfin, toujours est-il qu'après quelques recherches, le nom de votre établissement m'est arrivé aux oreilles, poursuivit Harry sans cesser de dévorer la forme blonde et dénudée de Tonks qui tremblait sur le sol de la taverne. En fait, lorsqu'il a su que je voulais récupérer un spécimen sauvage et non dressé, un dénommé Organus Balakovitch m'a chaudement recommandé votre établissement moyennant un petit dédommagement bien sûr. Il m'a alors indiqué que vous n'aviez pas toujours de marchandise disponible, mais qu'il n'y avait aucun endroit au monde où les produits soient plus frais. Lorsqu'il a compris que mes coéquipiers étaient déjà bien trop occupés pour songer à m'accompagner, il a même eu la gentillesse de m'indiquer les coordonnées exactes du relai de cheminette que je devais prendre pour venir, conclut le jeune mage en montrant la carte du dénommé Organus qu'il avait à la main tandis que cette fois, l'ancien agent de liaison de Nymphadora, beaucoup plus décontracté, hochait la tête en direction du barman d'un air entendu.

-Je connais Balakovitch, c'est un mec sur, grommela un des clients du rad en abaissant son arme tandis qu'autour de lui tous les hommes paraissaient enfin se détendre.

-Je sais, acquiesça le barman. Ce bon vieux Organus nous a déjà envoyé plusieurs gars de la haute, expliqua l'imposant patron en baissant sa baguette tandis que Boris se relevait complètement et rajustait un peu ses robes.

-Bon ok mon gars, tes recommandations tiennent la route, mais ça veut pas dire qu'on va te filer cette pute ou que t'avais le droit de débarquer comme ça et de me gâcher le plaisir, grommela le grand blond en donnant un petit coup de pied dans la forme prostrée de la jeune femme qu'il s'apprêtait violer, tandis qu'autour de lui tous les hommes, parfaitement détendu à présent, recommençaient à sourire en regardant les atouts non négligeable et complètement exposé de Nymphadora.

-C'est vrai, mais j'ai jugé que ma mise en garde en valait la peine, répondit simplement Harry en ouvrant tranquillement son manteau.

-Quelle mise en garde ? Tu essayes de nous menacer ou quoi ? gronda Boris en s'avançant d'un pas tandis que l'ancien indic, qui paraissait être le chef du groupe de brigand, l'arrêtait d'une main.

-Et bien pas vraiment, mais comprenez-moi, mon bon monsieur, j'ai parcouru deux cents kilomètres par poudre à cheminette après un match éreintant, et tout ça uniquement pour venir ici, dans le seul but de dresser moi-même une femme toute fraiche et certainement pas pour passer après vous et récupérer une loque avarié, expliqua Harry d'un ton ouvertement dédaigneux et inhumain.

-Et en quoi ça me concerne ce que tu veux, hein ? Ça ne te donne pas le droit de me gâcher le plaisir, insista Boris d'un ton hargneux, visiblement toujours rancunier d'avoir été stoppé en pleine action.

-Ta gueule Boris, intervint le Barman qui cette fois souriait largement en regardant le nouveau venu avec un intérêt évident.

-Cela vous concerne au plus haut point, reprit Harry avant que l'homme ne puisse se lancer dans une répartie. En fait, cela vous concerne tous, parce que comme l'a compris votre ami derrière le bar, je suis prêt à payer très cher pour obtenir ce que je veux, d'où ma mise en garde monsieur : Préférez-vous vraiment vous taper une pute de plus, ou préféreriez-vous une part des mille Gallions que je m'apprêtais à offrir à votre établissement en échange des services de cette salope ? exposa simplement Harry en jetant sur le sol de l'auberge un sac plein de pièce d'or.

-Putain de bordel de Merlin ! siffla un des clients en voyant la petite fortune qui représentait plusieurs année de travail pour le moindre d'entre eux.

-Vous payerez mille Gallions pour vous taper cette chienne ? murmura Boris visiblement soufflé et incapable de détourner les yeux de l'or dont il avait déjà évalué la quantité.

-Mille avant, et autant après, répondit simplement Harry en souriant d'un air entendu.

-Je pense que dans ces conditions, nous allons nous entendre monsieur Potter, répondit simplement l'ancien indicateur de Tonks, dont l'avarice était clairement visible à présent.

Après tout, il s'agissait de presque dix fois le prix de revient habituel d'une femme.

-Mais tout à fait ! surenchérit le Barman en souriant. Excusez notre accueil un peu frustre mais vous savez comment sont les choses, on ne peut faire confiance à personne de nos jours et nous n'avons pas l'habitude de recevoir des visiteurs par ici. Tenez, pour nous faire pardonner, permettez-moi de vous offrir un verre de ma meilleure bouteille.

-Cela veut-il dire que vous acceptez le marché ? demanda doucement l'héritier Potter en souriant d'un air satisfait.

-Mais bien sûr qu'on accepte, pas vrai Boris ! gronda l'homme qui avait trahi Tonks en envoyant un regard dangereux en direction du grand blond à l'air revêche.

Celui-ci se renfrogna un peu mais finit par hocher la tête avant de s'écarter à contre cœur de sa proie.

-Et bien dans ce cas, vous accepterez certainement ce bonus de cinq cent Gallions afin, disons… de nous assurer que vos mémoires embrouillées par le whisky ne viennent jamais à se souvenir de ma présence ici ce soir, s'exclama joyeusement Harry en lançant un autre petit sac d'or avant de prendre place au bar et d'ajouter en direction du grand barman. Quant à votre verre, je dirais simplement que ce n'est pas de refus, j'ai eu une longue journée !

-Et un verre de Whisky pur feu, un ! s'écria le barman maintenant de fort bonne humeur.

-Et votre femme, monsieur Potter, comment voulez-vous qu'on vous la prépare ? demanda finalement Boris d'un ton un peu plus serviable, maintenant qu'il avait empoché quelques poignées d'or pour faire passer la pilule.

-Oh, contentez-vous de la rhabiller, j'aime commencer le processus en les déshabillant à votre manière. On voit bien que vous savez vous y prendre d'ailleurs, après tout, c'est la seule façon de faire comprendre à ces petites putes qui commande, lança le jeune joueur de Quidditch d'un ton désinvolte, tandis que son vis-à-vis hochait la tête, flatté par le compliment.

-Pas de problème m'sieur Potter, acquiesça un quatrième larron avant de relever la jeune femme hébétée et de lui rajuster ses vêtements.

Pendant ce temps, Harry vida d'un trait son petit verre et en commanda un autre en posant sur la table un nouveau tas de Gallions.

Rapidement tous les clients de la taverne convergèrent vers le porte-monnaie ambulant que représentait le joueur international. Des parties de cartes animées commencèrent, le jukebox fut relancé, et une atmosphère détendue s'installa dans le petit bar.

-Et voilà monsieur Potter elle est comme neuve. M'étonnerait pas qu'elle soit vierge ! intervint un client entrainant Tonks derrière lui comme si elle était une poupée désarticulée.

Le soudard avait même jugé utile de réparer sa robe d'un petit coup de baguette, espérant sans doute gagner quelques Gallions pour sa peine.

Il ne fut pas déçu.

-Merci mon brave ! répondit simplement Harry d'un ton un brin éméché en lui donnant quelques pièces d'or avant de reporter son attention sur la jeune femme toujours trop choquée par toute cette scène pour réagir.

Sans hésiter un instant, Harry Potter saisit les cheveux blonds de Nymphadora et d'un geste brusque, la força à s'agenouiller au pied du tabouret où il était assis avant de commencer à lui caresser les cheveux comme si elle était une sorte d'animal de compagnie.

Nymphadora Tonks ne savait plus où elle en était et des dizaines de questions sans réponses se bousculaient dans son esprit. Son entrainement l'avait préparé à faire face aux pires situations, y compris le viol, mais rien au monde ne pouvait vous permettre d'anticiper l'arrivée d'un de vos amis d'enfance âgé de moins de seize ans sur la scène de votre propre viol et son intervention visant à prendre la place de votre violeur.

Bien trop traumatisée pour répondre, la pauvre femme se laissa malmener sans réagir lorsque le jeune mage aux yeux verts la saisit violement par les cheveux et la força à s'agenouiller et à poser sa tête sur ses cuisses.

Que diable faisait Harry ici ? Comment pouvait-il parler couramment le Russe ? Etait-il vraiment venu ici pour spécifiquement pour violer une femme en toute impunité ? Etait-il possible qu'il ne l'ait pas reconnu sous l'apparence d'emprunt qu'elle avait revêtu ce soir ? Allait-il vraiment la violer ?

-Eh, mais c'est que vous avez d'la poigne, beugla soudain une voix toute proche. Ah, si vous saviez s'que j'aimerai que mon fils vous ressemble un peu. Mais ce bon à rien n'est pas foutu de ramener une fille à la maison ou de décrocher un job alors qu'il a dix-sept ans, complimenta un client tout proche en voyant la manière dont Harry avait forcé Tonks à s'agenouiller.

Un peu plus loin le barman hochait la tête en guise qu'acquiescement.

-Oh vous savez, j'ai simplement eu de la chance avec ma carrière de Quidditch, répondit Harry avec une fausse modestie palpable qui ne sembla pas surprendre les autres membres du groupe de malfrats qui était visiblement habitués à flatter les petits fils de riches afin de leur soutirer des Gallions.

-Bien, grogna Harry en avalant un autre verre de Whisky, maintenant, si vous le permettez, je m'en vais déballer mon cadeau, ricana le jeune mage d'une voix de plus en plus déformée par l'alcool en regardant Tonks comme si elle était un objet. Où se trouvent les chambres ?

-Mais c'est qu'il n'y a pas de chambre monsieur Potter, ce n'est qu'un bar ici, pas une auberge, répondit le Barman d'un air gêné.

-Pas de chambre ? rugit le jeune mage qui paraissait désormais complètement pompette. Mais j'ai besoin de mon intimité moi !

-Oh mais comme je vous comprends, si vous me permettez un conseil, il y a une grange juste en face de la sortie du bar, vous y serez parfaitement bien installé, au chaud et à l'abri des regards indiscrets, intervint avec tact le dénommé Boris dont l'humeur était maintenant redevenu des plus joviales depuis que ses hormones s'étaient calmées et ses poches remplies.

-Voilà un homme intelligent, hip ! baragouina Harry d'un ton pâteux alors que le Whisky pur feu continuait à faire effet. Tenez mon brave, babilla le jeune Serdaigle en tendant une autre bourse en direction d'un Boris plus souriant que jamais. Allez viens la salope ! gronda-t-il ensuite en trainant Tonks par les cheveux en direction de la porte tandis que toute l'assemblée l'acclamait en riant.

La soirée se déroulait décidément pour le mieux.

Nymphadora Tonks resta muette d'horreur lorsque le jeune garçon qui avait partagé avec elle deux années de scolarité à Poudlard la traina sur le sol comme un animal en sortant de l'échoppe. Alors qu'il s'approchait à grands pas de la grange qu'on venait de lui indiquer, sa démarche initialement incertaine et titubante gagna en efficacité, avant de redevenir parfaitement normale et brusquement, Tonks réalisa quelque chose d'important : elle n'avait vu aucun garde en sortant de la taverne !

Avant qu'elle ne puisse réfléchir plus en avant, un Harry Potter d'apparence parfaitement sobre la lâcha et se retourna brusquement. Sans perdre de temps il leva sa baguette et se concentra intensément.

.

Les instants qui suivirent restèrent gravés à tout jamais dans la mémoire de la jeune Metamorphomage.

Relevant la tête, afin de voir ce que le jeune mage s'apprêtait à faire, Nymphadora se remémorait parfaitement avoir connu un instant de stupeur en apercevant les deux corps décapités qui se trouvaient de part et d'autre de l'entrée du bar.

La seconde chose qui l'avait frappé, quelques instants plus tard, fut sans conteste de remarquer les étranges runes dessinées avec le sang des deux cadavres, qui paraissaient recouvrir tout l'extérieur de la taverne.

Elle n'avait pas eu le temps de les examiner plus longuement. En effet, Tonks était ensuite incertaine de ce qui s'était produit dans les instants qui avait suivis, cependant quelques éléments demeuraient certains…

Alors qu'elle tournait la tête afin de regarder Harry, ce dernier avait levé sa baguette, et un torrent de sang issu des deux corps mutilé avait rapidement formé une petite orbe juste au-dessus de la baguette du mage. Un instant plus tard une lumière éclatante l'avait momentanément aveuglé. Et lorsqu'elle avait ouvert les yeux, un gigantesque dragon composé de flammes blanches et bleues se tenait devant elle. La bête monstrueuse paraissait sortir de la baguette du jeune sorcier et se lovait dans les cieux qu'elle illuminait de toute sa majestueuse lumière.

Les rouages de l'esprit de Nymphadora s'étaient alors mis à tourner par automatisme et la jeune femme avait d'un seul coup d'œil analysé la situation comme des années d'entrainement le lui avaient appris : Harry venait d'invoquer une Viveflamme : l'enchantement élémentaire le plus puissant et le plus dangereux des mages maitrisant les sortilèges de feu.

Cette invocation conjurait des flammes vivantes capables de dévorer aussi bien la matière que la magie et pratiquement impossible à éteindre une fois hors de contrôle. Le contrôle était d'ailleurs le point clef de ce sortilège, car s'il était assez aisé d'invoquer les flammes vivantes, ne pas mourir carbonisé par son propre sortilège était une toute autre affaire…

En effet, maitrisé, le brasier magique prenait la forme d'un animal et demeurait inoffensif pour le lanceur du sort. Cependant, à l'instant où le contrôle du mage en question se relâchait, les flammes vivantes acquéraient finalement toute leur chaleur et tout ce qui se trouvait autour était alors immédiatement consumé.

Or une telle maitrise était pratiquement impossible à obtenir car si, curieusement, elles n'étaient, proportionnellement aux effets, pas très couteuse en magie, elles impliquaient en revanche qu'un homme parvienne à contrôler son flux d'émotion et de magie, ainsi que la justesse des fréquences de son pouvoir et la forme de la construction d'énergie avec une cadence de métronome proche de la perfection. Sans compter qu'il fallait en général utiliser du sang humain au préalable pour initier le brasier… Une pratique relevant de la Sanguimagie qui s'avérait souvent nécessaire afin de fournir l'énergie magique nécessaire à la création de la première étincelle une pratique qui, si elle n'était pas illégale dans ce cas précis, demeurait extrêmement mal vue.

Bien sûr, comme la moindre erreur au moment du lancement, ou la moindre perte de contrôle pendant le sortilège étaient fatals au lanceur de sort il n'existait pour ainsi dire, aucun droit à l'erreur et aucun moyen connu de s'entrainer.

Du coup, maitriser cette magie suffisamment bien pour pouvoir s'en servir en duel sans prendre le risque de se suicider au passage, était un exploit que seul Filius Flitwick était officiellement parvenu à accomplir au cours des trente dernières années. Oh bien sur de nombreux sorciers parmi les plus talentueux du monde étaient capables comme Harry venait de faire de contrôler les flammes si on leur laissait le temps de les invoquer tranquillement et qu'on ne venait pas les troubler par la suite, cependant seul le petit maitre des charmes avait réussi en son temps à maitriser le sortilège au point de l'utiliser en situation de combat intense sans avoir à sacrifier son sang pour l'invoquer… Un exploit dont il n'avait jamais divulgué le secret. Par la suite la maitrise de ce seul sortilège en situation de combat intense lui avait valu le surnom de maitre du feu et avait grandement contribué à ses trois victoires successives au cours des championnats du monde de duel.

Et maintenant Harry Potter venait d'invoquer un dragon de flamme vivante suffisamment gigantesque pour illuminer le ciel !

Levant les yeux vers le visage du dernier des Potter, Nymphadora sentit un étrange sentiment lui emplir la poitrine lorsqu'elle vit finalement la lueur sombre qui brillait au fond des orbes verts du jeune sorcier. Le jeune mage semblait épuisé par l'effort magique qu'il venait de produire et il paraissait évident qu'il était déjà presque à bout de force et serait incapable de recommencer une pareille magie avant un bon bout de temps. Qui plus est sa concentration semblait tout entière dirigé vers sa création et les fluctuations de son pouvoir indiquaient qu'il parvenait tout juste à maintenir son contrôle… et pourtant alors qu'elle regardait son visage Tonks ne prêta attention à aucune de ses chose, car un autre élément s'imposa à son esprit : Jamais de toute sa vie la jeune femme n'avait contemplé une haine si profonde et si absolue.

Un instant après, Harry Potter leva haut sa baguette et ouvrit la bouche.

-Disparaissez vermines, murmura doucement le jeune mage d'une voix absolument dénuée de toute forme de sentiment, alors que son dragon de flamme lançait un rugissement silencieux et fonçait en direction du bar.

Un instant plus tard, Nymphadora comprit l'utilité des runes lorsque ces dernières, activées par l'énergie dégagée par le brasier de magie, s'illuminèrent brusquement en formant un symbole que la jeune femme reconnu. Il s'agissait d'un symbole gaélique signifiant restriction qui produisait une vague magique puissante qui empêcherait tous les sorciers touchés par l'onde de choc d'utiliser correctement leur magie durant les prochains dix minutes tant qu'ils resteraient dans la zone d'influence runique.

Un instant seulement après l'activation de la rune, au moment précis où le dragon de flamme explosait contre la bicoque, Harry Potter abandonna son contrôle sur les Viveflamme d'un geste sec de sa baguette et une chaleur infernale envahit la nuit alors que la bicoque en bois s'embrasait tout entière et que le jeune mage levait une dernière fois sa baguette.

-Accio maximo Gallion ! S'exclama l'héritier Potter d'une voie clair alors qu'un peu plus loin des flammes multicolore explosait en un brasier mortel

Il n'y eu pas un cri.

Les clients, bourrés, désarmés, momentanément privés de leur magie, et pris au dépourvu par des flammes capable de dévorer jusqu'à l'existence de l'énergie, n'avaient eu aucune chance.

Un instant le bar était là, et celui d'après plusieurs millier de pièce d'or volait à toute allure en direction de la bourse de Harry alors même que quelque mètre plus loin, en lieu et place du bar, il n'y avait plus que des cendres perdues au milieu d'une fournaise, si violente, qu'il était probable que nul ne puisse l'éteindre avant plusieurs jours.

La petite vingtaine de malfrats qui avait tenté de la violer venait de se faire incinérer sans autre forme de procès.

Nymphadora se souvint alors vaguement d'avoir remarqué que le sol de pierre paraissait fondre à proximité des flammes bleutées et formaient un magma rougeâtre, elle se rappelait également avoir aperçu les cadavres situés un peu plus loin prendre feu sous l'effet de la simple chaleur dégagée par la fournaise et enfin elle se souvenait des bras tendres de Harry Potter qui l'avaient enlacée avec douceur et de cette voix qui avait résonnée à ses oreilles alors qu'elle perdait conscience.

-Tout va bien Nymphadora, je suis là et ils ne pourront plus jamais te faire du mal. Je t'en fais le serment.

..

..

Quelques heures plus tard, dans un hôtel de luxe à Vladivostok.

Tonks revint à elle avec lenteur. Comme on le lui avait appris durant sa formation, elle fit attention de contrôler sa respiration et tenta d'analyser son environnement avec sa magie… uniquement pour réaliser que les potions de restriction faisaient encore effet et qu'elle ne pouvait toujours pas utiliser son pouvoir. Moins de six heures s'étaient probablement écoulé. Quant à savoir si cela était une bonne ou une mauvaise chose, il n'était pas aisé de le déterminer. En tout cas, un peu de sa force physique semblait en revanche être revenue.

Sans perdre de temps, la belle guerrière entrouvrit les yeux et, n'écoutant que son courage, elle bondit hors du lit en saisissant au passage la lampe de chevet qu'elle brandit au-dessus de sa tête et qu'elle abattit de toutes ses forces sur la tête de son agresseur.

-Ouaille ! se plaignit un Harry Potter complètement pris au dépourvu, mais qui eut tout de même le bon réflexe de se retourner et d'arracher l'arme improvisée des mains d'une Tonks encore très diminuée par la potion de faiblesse qu'elle avait ingéré un peu plus tôt dans la nuit.

-Non mais ça ne va pas bien ? C'est comme ça que tu me remercie de t'avoir sauvé ? grogna immédiatement le jeune mage en se frottant vigoureusement la tête et en jetant la lampe par terre pendant que Tonks se saisissait d'une nouvelle arme quelconque qui trainait a porté de main.

Curieusement, apercevoir le visage grognon au combien familier de Harry, ramena Tonks à la réalité et, secouant doucement la tête, la jeune femme se rappela brièvement les évènements de la veille.

L'opération de démantèlement des esclavagistes, la trahison de son informateur, la tentative de viol, l'arrivée de Harry, la manière dont il avait interagit avec les clients du …

-Tu m'as traité de Pute, sale petit morpion ! cracha immédiatement la Metamorphomage en se remémorant la manière dont le dernier des Potter s'était comporté lorsqu'il était dans la taverne.

Certes une telle réaction n'avait rien de très professionnel, cependant la belle sorcière n'avait rien à perdre puisqu'elle était toujours sans défense. Alors si cet homme n'était pas Harry, autant gagner du temps par tous les moyens possibles.

-C'était du cinéma, je devais gagner leur confiance. Merlin tout puissant Nymphadora, n'as-tu donc rien à appris au cours de ta fichue formation ? Et pour l'amour des Vélanes, pose donc ce vase, tu as l'air ridicule en brandissant ce machin que tu arrives à peines à porter, siffla Harry de son habituelle voix agressive et désagréable…

Aucun doute possible, c'était bien Harry Potter. Personne d'autre n'avait ce don pour l'énerver en utilisant cette manière si particulière qu'avait le Serdaigle de prononcer son prénom d'un ton à la fois moqueur et amusé.

Réalisant que son arme improvisée était bel et bien un vase, et que Harry la regardait comme si elle était une sorte de créature stupide et indigne de son attention, la jeune membre des services secrets posa doucement le vase alors que les derniers évènement de la soirée lui revenaient en mémoire.

La manière dont Harry l'avait trainée hors du rade pourri en la tirant par les cheveux, le moment où elle avait perdu tout espoir et s'était convaincue que Harry Potter ne l'avait pas reconnue et s'apprêtait bel et bien à la violer et puis le battement de cœur où tout avait changé et où d'un seul geste de sa baguette, le jeune homme avait traitreusement assassiné tous ses tortionnaires.

Aussitôt un millier de questions se précipitèrent dans l'esprit de Tonks : Harry savait-il qu'elle était dans ce bar ? Si oui comment, si non qu'y faisait-il ? D'ailleurs comment un gamin de quinze ou seize ans avait-il pu apprendre à invoquer une flamme vivante, et plus important encore, comment ce même gamin avait-il pu planifier le meurtre, et assassiner de sang-froid une vingtaine de personnes ?… Mais avant tout, elle devait en avoir le cœur net, en dépit des apparences, elle devait s'assurer que cet homme était bien Harry.

-Comment puis-je être sûre que tu es toi ? demanda Tonks d'un ton plus agressif qu'elle ne l'aurait voulu, une chose bien compréhensible si l'on considérait la nuit qu'elle venait de vivre.

- Comment puis-je te prouver que je suis moi ? répéta le dernier des Potter en haussant un sourcil amusé, signifiant clairement que la formulation de la question était ridicule.

Tonks ne put s'empêcher de s'empourprer. Le sale mioche était toujours aussi insupportable.

-J'avoue que je ne sais pas comment te 'prouver que je suis moi', ce que je peux te prouver en revanche, c'est que je suis bien Harry Potter en te rappelant cet épisode où nous avons tous les deux pillé la Salle Interdite de la bibliothèque et où tu as, en toute illégalité, effacé la mémoire de Rusard. Je peux aussi te parler de nos longues séances de duel du mercredi soir. Je peux aussi ajouter le serment suivant : 'Moi Harry James Potter je jure en cet instant et par ma magie ne pas avoir contrefait mon identité et être le Harry James Potter qui a côtoyé Nymphadora Tonks lors de ses deux dernières années de scolarité à Poudlard', continua le jeune homme en émettant une vague de magie preuve de la véracité du serment, avant de saisir sa baguette et d'envoyer un petit Lumos preuve qu'il avait toujours sa magie.

Alors qu'il rangeait sa baguette, il reprit la parole en affichant l'un de ses sourires diaboliques caractéristiques…

-Bien sûr, j'aurai pu aussi parler de cette fois où tu t'étais réfugiée dans une salle de classe abandonnée après avoir un peu trop picolé afin de faire une surprise à ton petit copain de l'époque. Lorsque, dans mon infinie bonté, j'ai débarqué pour m'assurer que tu allais bien tu m'as confondu avec ton chéri et alors tu as commencé à…

-Bon ! Bon ! Ca va j'ai compris, pas la peine de reparler de cette histoire à chaque fois ! grommela la jeune femme complètement convaincue par le serment et les exemples.

Elle n'avait jamais parlé d'aucune de ces histoires à qui que ce soit et ses boucliers d'occlumancie était parfaitement intacts, preuve que personne n'avait pioché de souvenirs dans sa mémoire.

-Ma, ma… tu es toujours aussi susceptible à ce que je vois, les années passées n'ont pas arrangé ton mauvais caractère, remarqua distraitement Harry en haussant un sourcil moqueur.

Trop soucieuse pour mordre à l'hameçon, Nymphadora Tonks s'assis sur une des chaises toute proche et regarda Harry avec intensité.

-J'ai besoin de savoir Harry, murmura finalement la jeune femme.

-N'est-ce pas notre rêve à tous ? Moi-même je voudrais…, commença le Serdaigle

-Ne joue pas avec moi Harry ! Pas maintenant ! explosa Tonks alors qu'une unique larme coulait le long de sa joue. Ne joue pas avec moi ce soir, murmura-t-elle d'une voix faible. J'ai besoin de savoir. Je veux comprendre… Je veux comprendre pourquoi j'ai été trahie et presque violée. Je veux savoir ce que tu faisais dans ce bar ignoble. Je veux savoir si tu savais que tu m'y trouverais. Je veux comprendre comment tu as pu invoquer une magie que presque personne dans le monde ne maitrise et surtout je veux comprendre comment tu peux être aussi décontracté après avoir fait bruler vif une vingtaine de personnes alors que tu n'es qu'un gamin de seize ans.

Immédiatement, le visage de Harry perdit toute expression et ses yeux verts plongèrent dans les profondeurs de ceux de Tonks. Le jeune mage resta longtemps immobile, son regard intense parfaitement figé, comme s'il essayait de lire ce qui se cachait dans l'âme de la sorcière qui lui faisait face. Et alors, lentement, très lentement, le masque d'indifférence qui recouvrait son visage commença à s'estomper. Et, pour la première fois depuis qu'elle le connaissait, Tonks pu lire les sentiments de Harry comme si ce dernier était un livre ouvert.

Dans les pupilles d'un vert si intense du jeune homme, Nymphadora découvrit avec stupeur quelque chose qu'elle n'espérait pas trouver. Elle y vit de la compréhension et de l'empathie.

Aussi incroyable que cela puisse paraitre, Harry Potter comprenait sa souffrance. Au plus profond de ses yeux, Nymphadora vit que le jeune homme avait souffert tout autant qu'elle, qu'il avait connu la peur, la douleur, la honte et le désespoir… Oui l'héritier de la maison Potter avait connu le pire, il avait découvert la noirceur qui se cachait dans le cœur des hommes et en cet instant précis, il compatissait à son malheur pour la simple et bonne raison qu'il l'avait lui aussi vécu et qu'elle comptait à ses yeux.

Peut-être était-ce parce que son visage était en fait si expressif qu'il le gardait toujours fermé. Peut-être était-ce pour lui le seul moyen de se protéger parce qu'en un seul regard, la belle sorcière eu l'impression de pénétrer au plus profond du cœur de son vis-à-vis et ce qu'elle y vit la laissa sans voix.

Tant de douleur, tant de souffrance et de solitude... et pourtant tant de force, tant de courage et une volonté si ardente, si puissante, qu'elle pourrait faire pâlir le soleil.

Sans un mot, il se rapprocha d'elle jusqu'à se trouver à quelques centimètres, et Nymphadora remarqua pour la première fois qu'il était désormais un peu plus grand qu'elle… Tout du moins sous son apparence d'emprunt du jour.

Alors que cette remarque de peu d'importance lui venait à l'esprit, la jeune femme sentit les bras puissants du joueur de Quidditch l'enlacer lentement, délicatement, comme si elle était une fleur fragile qui risquait à chaque instant de se briser.

Elle rencontra à nouveau son regard et pour la première fois depuis qu'elle le connaissait, Nymphadora Tonks su avec certitude que Harry Potter était son ami et que jamais il ne l'abandonnerait.

A cet instant, quelque chose en elle se brisa et alors que les images ignobles de ce qui venait de lui arriver lui revenaient en mémoire encore et encore, la sorcière fondit en larme et s'accrocha aux épaules de Harry en sanglotant… puisant dans sa présence la force d'exorciser ses démons.

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Lorsqu'elle rouvrit les yeux, Tonks réalisa qu'elle était à nouveau dans un lit. Cependant, elle n'y était pas seule, puisqu'une présence chaude et étrangement rassurante l'enveloppait doucement. Lorsqu'elle voulut se retourner afin de regarder l'homme qui se trouvait dans son dos et l'enlaçait ainsi, les bras qui se trouvaient autour d'elle se resserrèrent délicatement et la voix douce de Harry Potter lui caressa l'oreille.

-Chuuut, tout va bien Nymphadora, je suis là et tu es en sécurité.

En entendant ces mots, le corps tendu de Tonks se décontracta lentement. Et la jeune femme réalisa que de toute sa vie elle n'avait jamais entendu Harry parler de cette manière et employer la voix chaude et rassurante qu'il venait d'utiliser. Jamais non plus, son prénom n'avait ainsi résonné à ses oreilles. Harry venait de le prononcer avec la douceur et la révérence que l'on utilise pour parler d'un trésor.

Quelques secondes passèrent silence, et sans jamais cesser de la serrer dans ses bras, le dernier des Potter reprit la parole.

-Est-ce que ça va mieux ? murmura-il dans son oreille avec ce calme pour une fois si rassurant qui le caractérisait depuis toujours.

Encore incapable de parler, la belle sorcière hocha simplement la tête.

-Bien, alors dans ce cas je vais répondre à tes questions Nymphadora, continua doucement le jeune mage dont l'étreinte se resserra légèrement. Mais avant tu dois me jurer sur ta magie et ton honneur de ne jamais révéler la moindre information concernant ce que je vais te dire…

Peut-être était-ce la fatigue, ou encore le sérieux de la voix du jeune homme qui lui avais sauvé la vie. Mais sans hésiter Tonks murmura son serment et sentit sa magie affaiblit par la potion réagir au plus profond de sa poitrine.

L'héritier Potter 'une manière ou d'une autre du le sentir également car sans hésiter il reprit son explication, son souffle chaud caressant le coup de la jeune femme d'une manière sensuel.

-Tu m'as demandé comment j'avais pu tuer ces hommes ainsi. La réponse est à la fois simple et compliqué, mais je pense que la manière la plus efficace de te répondre serait de t'avouer qu'il ne s'agit pas de mon premier meurtre.

En entendant ces mots, Tonks tenta de se retourner mais les bras puissants de Harry l'en empêchèrent et avant qu'elle ne puisse protester, des lèvres chaudes se posèrent sur sa nuque.

Alors, lentement, d'une voix chargée d'émotion, Harry Potter reprit la parole.

-Lorsque j'avais huit ans, ma vie était un enfer. Vois-tu, depuis aussi longtemps que je me rappelle ma mémoire a toujours été parfaite et crois-moi ce n'est pas du tout un don. C'est une malédiction. Toute mon enfance, je l'ai passé à me souvenir encore et encore du jour maudit où ma famille a été massacrée. Toutes les nuits, cette scène hantait mes rêves, et pour couronner le tout, ma famille adoptive me haïssait. Je ne te parle pas d'une antipathie ou d'incompatibilité de caractère, je te parle de haine dans le sens le plus profond du mot. Un sentiment incontrôlable, primal, une envie de voir souffrir ce qui nous est étranger. Ma famille adoptive honnissait l'existence même de la magie et la mienne par la même occasion. Alors, chaque inspiration que je prenais, chaque jour que je vivais était considéré comme une insulte. J'étais battu, affamé, humilié, forcé de travailler comme un esclave…, murmura le Serdaigle sans se presser, d'un ton où perçait presque la nostalgie.

Un silence tendu s'étira longuement alors que le Metamorphomage intégrait peu à peu tout ce que venait de lui raconter Harry.

-J'aurai pu perdre espoir et mourir, reprit-il après quelques instants d'interruption. Mais dans les ténèbres qu'étaient ma vie, est apparu une lumière lorsqu'un beau jour, par le plus grand des hasards, je me suis fait des amis. A leur contact, j'ai découvert que j'avais le droit d'exister et peu à peu j'en suis venu à découvrir des sentiments que la plupart des êtres humains tiennent pour acquis. L'amitié, l'amour, la joie, mais aussi la colère et la révolte. À leur contact, j'ai trouvé la force de reprendre gout à la vie et alors, j'ai appris à utiliser ma magie pour les protéger et c'est à cette époque que je me suis juré qu'un jour, je trouverai le moyen de sauver ma mère et ma sœur. Qu'à partir de cet instant, je dédierais ma vie à acquérir le savoir et la force nécessaire pour sauver et protéger le peu de personne que j'en étais venu à chérir. Fort de cette résolution, j'ai mis en place une fugue et avant même d'avoir huit ans, j'ai quitté ma famille adoptive afin de partir vivre avec mes amis dans le cœur de Londres.

En entendant ces mots, Tonks voulu prendre la parole, touchée par la manière dont l'adolescent lui ouvrait les portes de son cœur, mais un des doigts de Harry se posa fermement sur ses lèvres et le jeune mage reprit la parole.

-Au début tout allait bien. Et peu à peu, cette vie de liberté et d'amitié a conquis nos cœurs. Tout paraissait si parfait. Nous étions convaincus que notre bonheur durerait éternellement. Et puis un hiver, le jour de Noel pour être exact, ma famille adoptive a retrouvé par hasard la trace de mes amis au détour d'une ruelle. Et finalement, après toutes ces années, la noirceur qui était dans leur cœur a fini par émerger, la haine qu'ils me vouaient à fini par vaincre leur sens commun… Et ce soir-là, ils ont assassiné mon plus cher ami. Ensuite, une série d'incident à aboutit à la disparition de celle que je considérais comme une sœur, juste après qu'elle n'ait été vilement torturée entre leurs mains… Ce même soir de Noël, alors que je venais de perdre tout ce qui comptait pour moi les seuls responsables de ce massacre se sont enfuis. Ma famille adoptive venait de détruire ma vie une seconde fois et de disparaitre sans laisser de traces.

A cet instant et pour la première fois depuis qu'il avait commencé son récit, Tonks sentit la voix du jeune mage se teinter d'une pointe de colère alors qu'il inspirait lentement et profondément durant quelques secondes afin de reprendre son récit avec calme.

-Après cet épisode, j'ai compris que plus jamais je ne pourrais voir le monde de la même manière. J'ai compris que ce qui me restait d'innocence venait de m'être arraché. J'ai compris que la morale était une illusion dont se servaient les forts pour justifier l'éradication des coutumes et des manières de penser qui ne leur convenaient pas… J'ai compris que le bien et le mal était des notions relatives et après ce jour, le bon sens, la philosophie et la religion, les croyances, et la morale sont devenues pour moi l'arme des lâches ! De simples excuses qu'utilisaient les hommes à travers le monde pour justifier leur exaction tout en protégeant leur propre mode de vie. A cet instant, j'ai compris que ce qui comptait dans la vie c'était simplement de protéger ceux qu'on aime afin de pouvoir accomplir nos rêves à leurs côtés tout en les aidant à réaliser les leurs. Ce jour-là, alors que je n'avais pas encore neuf ans, j'ai renouvelé mon serment. J'ai juré de sauver ma famille et de protéger ceux que j'aimais par tous les moyens possibles… Et dans le mois qui a suivi, j'ai traqué ma famille adoptive et je les ai exterminés afin que plus jamais leur haine irraisonnée ne puisse mettre en danger une des personnes chères à mon cœur.

Tonks sentit sa bouche devenir sèche et son souffle court lorsqu'elle entendit l'aveu. Harry Potter, le petit génie lunatique de Serdaigle était devenu un tueur avant d'avoir neuf ans.

Si les circonstances avaient été différentes, si les bras de Harry qui enlaçaient son corps ne s'étaient pas mis à trembler sous le coup de l'émotion, Tonks n'aurait jamais pu croire une chose pareille. Mais en l'état des choses, après ce qu'elle venait de voir cette nuit, elle ne pouvait nier la vérité qui se cachait derrière ces paroles.

-Je crois que je n'ai jamais ressenti le moindre remord, continua Harry d'une voix redevenu douce. Je n'ai jamais regretté ce jour, parce qu'au fond de moi, je suis désormais convaincu que ce qui compte dans la vie, c'est de protéger ceux que l'on aime et qu'aucun sacrifice n'est trop grand pour obtenir ce résultat. Et ce soir, les choses n'étaient pas différentes. Je sais ce que tu vas dire. Tu vas me réciter tes cours. Tu vas m'expliquer qu'on ne peut être juge et bourreau, que ce n'est pas à moi de décréter qui doit vivre et qui doit mourir. Et pourtant, par leurs actions, ces hommes ont prouvé au-delà de toute forme de doute, que pour continuer d'exister en ce monde, ils étaient prêts à te détruire. Il ne s'agit pas d'un jugement, mais de simples faits. Pour atteindre leur propre rêve, ces monstres étaient prêts à briser les espoirs et les vies de milliers de jeunes femmes comme toi… Et malheureusement, la morale, le bien ou le mal n'ont rien avoir avec tout cela, il s'agit simplement de business… Et du coup la seule conclusion logique c'est que leur bonheur et le tient ne peuvent coexister en ce monde, et qu'à la fin, un des deux partis devra disparaitre afin que l'autre puisse s'épanouir… Je me suis contenté de faire disparaitre ceux que je chérissais le moins.

-Certains de ces hommes avaient des familles. D'autres n'avaient peut-être pas envie de participer, se récria la jeune femme.

Elle n'avait pas envie de faire culpabiliser son sauveur, mais ses propres convictions morales étaient bien trop fermement ancrées dans son cœur pour qu'elle puisse tolérer des paroles qui remettaient en cause tout ce en quoi elle croyait, et toutes les raisons pour lesquelles elle avait choisi de devenir membre des forces spéciales dans un premier temps.

La réponse de Harry la prit cependant au dépourvu.

-Je sais, tu as raison. Aucun de ces hommes ne méritait de mourir. Certains étaient simplement lâches, et presque tous avaient très certainement des parents et des amis chers à leur cœur, soupira tristement le jeune homme dont la voix charriait une indubitable peine. Et pourtant, reprit-il avec douceur, à la fin, rien de tout cela n'a véritablement d'importance dans ce genre de situation. Cela, je l'ai pleinement accepté le jour où ma famille a été massacrée sauvagement devant moi pour la deuxième fois. Même s'ils ont tué mon meilleur ami, mes parents adoptifs aimaient leur fils et le reste de leur famille, ils n'étaient pas le mal incarné. Ils ne méritaient ni de vivre ni de mourir et je n'avais aucun droit de les juger. En fait, leur existence et la mienne étaient simplement devenues incompatibles, et à la fin le plus fort a gagné.

Cette fois la belle sorcière resta figée dans les bras de son sauveur. Elle-même avait déjà tué pour défendre sa vie au cours d'une mission, et elle avait mis des semaines à se remettre du choc et à se convaincre qu'elle n'avait pas d'autre choix. Et pourtant, Harry venait de lui avouer qu'il ne pensait pas avoir raison. Qu'il ne pensait pas que les gens qu'il avait tués méritaient leur mort. Comment un homme pouvait il tuer sans une justification morale et parvenir à vivre avec le poids de la culpabilité ?

-Ma vision des choses est simple, continua Harry comme pour répondre à la question qu'elle n'avait jamais formulé. En vérité, peu importe si eux aussi aimaient leur famille et leurs amis. Peu importe leur propre aspiration dans la vie. Parce que indépendamment de leurs qualités supposées et des défauts dont nous aimerions les affubler pour mieux nous sentir, la vérité est toute autre : leur simple présence dans le monde mettait en danger quelqu'un que je chérissais, quelqu'un que je ne voulais abandonner à aucun prix, et du coup, il était inévitable qu'à la fin, un des deux partis en présence doive disparaitre. Parce que nos existences étaient devenues incompatibles, ni plus, ni moins. D'ailleurs, les animaux, les hommes, les nations, les cultures et les religions se livrent cette guerre depuis toujours ce perpétuel combat pour la survie. Ce perpétuel combat qu'est la vie ! La seul différence c'est que de mon côté, je n'essaye pas d'utiliser le bien, la religion ou d'autres arguments factices du même genre pour justifier le combat que je mène et lui donner l'apparence de la justice, quand en fait, il ne s'agit que de survivre en restant fidèle à son cœur.

-Peut-être… Peut-être que tu as raison. Peut-être que la morale n'est qu'une illusion. Mais, tuer n'est pas la solution ! La violence n'est pas la solution, c'est le cœur du problème, finit par murmurer Nymphadora en secouant la tête avec conviction.

-Le meurtre n'est pas la solution en effet, c'est une solution parmi de nombreuses autres, répondit tristement Harry. La négociation, la dissuasion, la prison, sont autant d'autres voies qui peuvent aboutir temporairement au même résultat. Je reconnais à ce sujet que le meurtre est la solution de facilité et probablement la plus mauvaise d'entre elles. Albus Dumbledore du temps de sa grandeur, était si puissant qu'il pouvait se permettre de laisser ses adversaires en vie. Qu'il pouvait se permettre de capturer plutôt que de tuer. Qu'il pouvait prendre le temps de négocier et de réformer au lieu d'imposer. Mais en définitive, je ne possède pas cette force, et je ne possède donc pas ces alternatives. La seule chose que je possède c'est la force de mes convictions, le courage d'en assumer le prix et de porter seul le poids de la culpabilité, expliqua Harry d'une voix sombre qui pourtant charriait une détermination parfaitement effrayante.

A cet instant, Nymphadora Tonks comprit que l'adolescent qui la serrait dans ses bras n'était pas un enfant et ne l'avait jamais été depuis le premier jour où il avait mis les pieds à Poudlard. Doucement, délicatement, Harry essuya les larmes de la jeune femme et lui embrassa la nuque une deuxième fois avant de reprendre la parole.

-Nymphadora, ne pleure pas ces hommes, et ne pleure pas pour moi. J'ai choisi librement mon destin et eux aussi ont choisi leur voie en toute connaissance de cause. Ils ont choisi d'arpenter la vie sans tenir compte de leur prochain, en faisant passer leurs besoins avant le droit d'exister de leurs propres concitoyens. Et à la fin, leur appétit destructeur les a conduits à attaquer une personne de trop. 'Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas que l'on te fasse', n'est-ce pas là, la base de la morale en laquelle tu crois ? Selon tes propres règles morales, je ne leur ai rien fait qu'ils n'aient eux mêmes infligé aux autres. J'ai accepté de mettre entre parenthèses mes propres convictions, de vivre selon leur code. Et à la fin, leur existence n'a pas survécu à la généralisation de leurs convictions : celle que leur bonheur était une justification à l'éradication de l'existence d'autrui... Alors surtout, ne les pleure pas, car tu n'as rien à te reprocher. Abandonne tes remords et tes doutes, et laisse-moi en porter seul le poids. Ces hommes ne sont pas morts par ta faute, et il n'y avait rien que tu puisses faire pour les sauver de moi, Nymphadora. Je ne regrette pas ce que j'ai fait, et jusqu'à la fin j'assumerai seul le sang que j'ai désormais sur mes mains… Et tant pis si tu me vois comme un montre désormais, si tel est le prix à payer je ne me déroberais pas, soupira Harry avec une tristesse palpable.

Comprenant brusquement ce que tentait de faire son sauveur, Tonks se sentit révoltée, tellement révoltée qu'en un instant, elle balaya toute résurgence de cette étrange culpabilité qui la tenaillait encore un instant plus tôt.

Révoltée contre sa propre faiblesse, cette même faiblesse qui poussait Harry à vouloir endosser seul tout le poids de la culpabilité afin de lui permettre de mieux vivre cet évènement traumatisant. Il était même prêt à renoncer à son affection pour l'aider à se remettre... Et il faisait cela depuis si longtemps qu'il en était réellement venu à penser qu'il était un monstre.

D'un geste brusque Tonks se retourna et fit face au dernier des Potter. Pour la première fois depuis le début de cette conversation, elle croisa le regard torturé du jeune mage et, touchée par l'âme de l'homme qui lui faisait face, les mots lui échappèrent avant même qu'elle ne puisse réfléchir.

-Je ne te vois pas comme un monstre Harry ! Je… Je ne pourrais probablement jamais partager tes convictions, mais tu n'es pas un monstre, de cela au moins je suis sûre.

Harry lui adressa un petit sourire où perlait encore une pointe de tristesse et sans détourner le regard, il reprit la parole.

-Pour répondre à ta deuxième question, si je suis venu dans ce bar ce n'est pas pour égailler mes nuits maussades, mais bien pour t'aider, commença le jeune Serdaigle en tentant même une pointe d'humour.

Une matière qui n'avait jamais été son fort au demeurant.

-Quant à expliquer comment je savais que tu avais des problèmes, j'ai peur que la réponse ne réclame une petite explication, ajouta le jeune mage après quelques instants, avant de se lever lentement du lit.

Nymphadora ressentit un grand froid l'envahir lorsque la présence chaude et rassurante de Harry s'éloigna. Dans un réflexe bien naturel pour une personne dans sa situation, elle serra contre elle la lourde couverture en s'adossant au chambranle du lit afin de voir ce que s'apprêtait à faire Harry.

Le jeune mage sembla alors hésiter un instant, comme si il cherchait la meilleure manière de s'expliquer et finit par soupirer. Un instant plus tard, sa forme devint floue et parut fondre. Dans une ondulation d'air, le jeune mage disparut pour laisser sa place à un petit chat aux yeux verts.

-Eclipse ! murmura Tonks avec stupéfaction en reconnaissant le félin qui miaula une fois et commença à se retransformer.

-Pas tout à fait, lui répondit la voix de Harry lorsqu'il eut repris forme humaine.

-Espèce de pervers ! cria Tonks en lui envoyant un oreiller à la figure. Quand je pense que j'ai pris mes douches et que j'ai essayé ma lingerie devant toi ! s'indigna la jeune femme dont les joues avait pris une teinte rosée des plus seyantes.

Harry cracha quelques plumes et secoua la tête pour se débarrasser des autres. Il jeta ensuite un regard noir à l'édredon qui avait cru bon de lui exploser littéralement au visage et reprit la parole.

-Bien que je ne puisse pas nier qu'assister aux moments inoubliables que tu as cités eut constitué l'achèvement ultime de ma vie de labeur, je n'ai pas eu cette chance, grogna Harry d'un ton sarcastique bien plus habituel chez lui.

Sans laisser le temps à Tonks de lui lancer un autre oreiller, le visage du jeune mage se concentra et quelques secondes plus tard, son ombre commença à se tortiller, à s'épaissir et brusquement un petit chaton exactement similaire à son apparence d'animagus en sortit avant de se mettre à bondir joyeusement en direction de Tonks qui resta bouche bée…

Tendant la main pour caresser le petit matou de manière presque automatique, la belle sorcière regarda un long moment le chat qui l'avait aidé bien des années plus tôt a intégrer les services secrets avant de reporter son attention vers Harry. Jamais à aucun moment de ses études, la jeune femme n'avait entendu parler d'une telle magie.

-Qu'est-ce que tu as fait ? finit-elle par demander au jeune mage qui la regardait gratouiller le petit chat avec une expression amusée.

-L'explication exacte serait trop longue, mais pour faire simple ce pouvoir provient de mes dons d'animagus. Ce que peu de gens savent, c'est que l'animagi est une discipline très ancienne, et qu'elle ne consiste pas seulement à se transformer en animal mais plutôt à en embrasser la nature profonde. A la base, elle servait plutôt au sorcier préhistorique afin de les aider à s'ouvrir à la part la plus sombre de leur être. Elle leur permettait d'emprisonner leurs sentiments dans une forme de totem animal et ainsi d'accepter la part primale de leur âme et de combattre leur démon intérieur.

-Meow ! intervint Eclipse en guise d'acquiescement avant de bondir sur Tonks et de lui lécher abondamment le visage.

Prenant la petite boule de poils entre ses mains avec douceur afin de lui gratouiller les oreilles, la jeune femme tourna son regard vers Harry qui lui adressa un chaleureux sourire avant de reprendre son explication.

-Lorsqu'il se transforme en animal, un homme ressent une grande impression de liberté, car il se libère d'une part logique de lui-même afin d'embrasser ses instincts. C'est aujourd'hui ce qu'il reste de cet art ancien. Cependant, chaque magie en ce monde possède deux facettes et après certaines recherches, j'ai découvert le deuxième aspect du don d'animagi. Il consiste à libérer sa partie animale ainsi que ses sentiments logique et à les emprisonner dans un avatar animal constitué d'ombre et de magie, ce qui procure en retour une sensation de liberté intellectuelle, en délivrant l'homme de ses pulsions primaires… Ce que le livre ne précisait pas, c'est que l'avatar ainsi créé tenait plus du familier qu'autre chose et qu'il pouvait choisir de se manifester de lui-même et vivre sa petite vie de manière quasiment autonome, grommela Harry en foudroyant du regard le petit chaton qui lui adressa en guise de réponse un miaulement hautain et moqueur...

Plus de doute la bestiole provenait bien de Harry !

-Tout cela est passionnant, mais cela n'explique pas comment tu as su que j'étais en danger, finit par remarquer Tonks.

-J'y viens. Les magies préhistoriques étaient bien moins contrôlées qu'aujourd'hui et le but même des rituels était plus d'aider l'homme à trouver son accomplissement personnel que de lui offrir du pouvoir ou autre faribole du même genre. C'est la raison pour laquelle la deuxième partie du rituel d'animagi a rapidement été abandonnée au cours des temps modernes, puisqu'elle n'apporte aucun pouvoir concret à l'animagus et requiert en revanche un travail titanesque. Du coup, j'avais peu d'informations avant de me lancer dans ce projet et ce que je ne savais pas, c'est que ce petit bonhomme avide de caresses que tu es entrain de gratouiller, outre le fait qu'il possède son propre libre arbitre, possède le pouvoir de se matérialiser de son propre chef quand bon lui chante tant que je ne suis pas sous mon apparence animale. Plus fort encore, la bestiole dispose de certains pouvoirs, comme celui de se téléporter d'ombres en ombres, ou encore celui d'influencer les rêves en interagissant avec la partie animale subconsciente de notre esprit… Et pour une raison que j'ignore, mon familier que tu as si diligemment nommé Eclipse, a décidé de t'adopter comme maitresse et de te suivre plus ou moins partout.

-Meow ! acquiesça le petit chat aux yeux verts avant de pousser fermement la main de Tonks de sa petite patte histoire de quémander de nouvelles caresses.

Harry sourit bien involontairement en regardant la scène et reprit finalement la parole d'un ton un peu plus grave.

-Le reste de l'histoire n'est pas trop difficile à comprendre, une fois ces bases posées. Ce soir, après le match, mon familier a dû se glisser dans ton ombre histoire de se promener avec toi et lorsqu'il a compris que tu étais en grand danger et qu'il ne pourrait pas te sauver tout seul, il a fait une chose que je n'aurais jamais cru possible : il m'a téléporté directement dans l'ombre de la porte juste à l'extérieur du bâtiment afin que je puisse venir t'aider.

-Attends, tu veux dire que tu n'as pas pris la poudre à cheminette et que tu n'avais aucune idée de ce qui t'attendait lorsque tu es apparu dans la pièce ? murmura Tonks soufflé.

-Plus ou moins. La magie de ce petit gars est étrange et d'une manière que je ne m'explique pas, je sais toujours ce qu'il pense et je comprends instinctivement comment marchent ses pouvoirs... Je n'étais donc pas désorienté lorsque je suis apparu et je savais que tu avais des soucis très graves mais en dehors de cela, oui, c'était une surprise, acquiesça le jeune mage tandis que le petit chat lui lançait cette fois un miaulement approbateur.

-Mais et tout ce que tu as fait, toute l'histoire que tu as raconté, la recommandation de ce proxénète, et la carte que tu avais ? Comment est-ce possible ? bafouilla Tonks

-Oh ça, c'était surtout de l'improvisation, expliqua Harry en haussant légèrement les épaules. Lorsque je suis apparu derrière la porte de l'établissement en haut des escaliers qui mène à la sortie, j'ai immédiatement utilisé par réflexes tous les sortilèges d'illusion et de camouflage que je connaissais afin d'éviter de me faire repérer. J'ai bien dû en lancer une bonne vingtaine tellement j'étais stressé. Je suis ensuite resté immobile quelques temps et à l'aide d'un petit sortilège d'amplification sonore d'ambiance associé à un charme de sonotone, j'ai pu intercepter une conversation entre deux des hommes présents dans la pièce. Une conversation qui m'as permis de comprendre que ta couverture était compromise et que ces malfrats avait prévu de te violer et de te vendre après avoir brisé ton esprit, détailla Harry d'un ton neutre pendant que Tonks ouvrait tout grand les yeux.

Le Serdaigle venait de lui expliquer en quelques phrases que sans entrainement particulier, il avait au cours de ses recherches découvert une bonne vingtaine de sortilèges adaptés à un travail d'espionnage et que sans hésiter un instant ou même douter de lui, il avait appliqué ses connaissances théoriques avec succès alors qu'il venait d'être téléporté contre son gré en milieu hostile… bref Harry était le rêve inavoué de tous les instructeurs des services secrets qui l'avaient formé.

Inconscient des réflexions de Tonks, le dernier des Potter continua son explication.

-Comme tu l'as compris, je ne fais pas grand cas de la vie des gens qui prétendent s'attaquer à ceux que j'aime, expliqua Harry trop concentré pour réaliser que Tonks le regardait avec stupeur.

Harry venait sans même le réaliser, de lui avouer qu'elle avait une place de choix dans son cœur.

-Meow ! lança Eclipse depuis les genoux de Nymphadora en guise d'encouragement.

-Donc je dois dire qu'à l'instant où ces demeurés ont admis qu'il voulait transformer une de mes amies en une esclave sexuelle, j'ai tout de suite eu envie de tous les envoyer ad Patres, continua Harry trop concentré sur ses souvenirs pour réaliser ce qui venait de se passer. Malheureusement, un simple petit enchantement de dénombrement actif, m'a permis de réaliser qu'il y avait bien une vingtaine de personnes dans la salle et que je n'avais donc aucune chance si je déclenchais une bagarre, même avec toi à mes coté. Du coup, j'ai adopté une autre stratégie. Comme mon sortilège de dénombrement m'avait révélé la présence de deux personnes en bas des escaliers où je me trouvais et que tu ne paraissais pas être en danger immédiat puisque tu étais au toilette, je me suis dit qu'un peu de préparation ne pourrait pas faire de mal.

-Meow ! Meow ! miaula Eclipse en bondissant sur place et en agitant frénétiquement sa queue alors qu'il regardait son maitre poursuivre son récit avec l'adoration d'un enfant à qui on compterait une histoire de pirate.

Tonks pour ne put s'empêcher de pouffer en voyant son petit matou se comporter comme un supporter énamouré.

Harry, toujours concentré, afin de mettre de l'ordre dans ses souvenirs et de fournir une explication claire, poursuivit son récit sans remarquer le cinéma de son auditoire.

-Lorsque je suis arrivé en bas des escaliers, les gardes ne m'ont pas posé de problèmes, comme j'étais plus ou moins invisible, inodore, qu'un enchantement de silence couvrait mes bruits et que je venais de leur dos, les deux gorilles n'ont même pas eu le temps de comprendre ce qu'il leur arrivait. J'ai trouvé le bon angle afin de pouvoir toucher les deux avec un seul sortilège et un petit maléfice de décapitation plus tard le problème était réglé. C'est à ce moment-là en voyant tout ce sang gaspillé que je me suis dit que je pourrais en profiter pour tracer une rune de suppression et que si les choses dégénéraient, je pourrais au moins temporairement supprimer la magie des malfrats, ce qui aurait pu nous permettre de fuir avec un timing correct. J'ai utilisé ma baguette pour léviter le sang et tracer les runes et une fois fin prêt, je suis remonté vers le bar.

-MEOWWWWW ! rugit Eclipse afin de souligner l'intensité dramatique du moment.

-Mais à quoi tu joues à la fin sale bête ? grommela Harry vexé d'avoir été ainsi interrompu tandis que Tonks n'y tenant plus explosait finalement de rire.

La jeune femme savait que Harry venait de raconter comment il avait traitreusement décapité deux homme de sang-froid, et qu'elle n'aurait pas dû rigoler, mais l'association de la tension accumulée jusqu'à ce stade, de l'attitude hilarante du chaton, et de la naïveté inattendue de Harry Potter alors qu'il racontait son histoire de preux chevalier était tout simplement plus qu'elle ne pouvait en supporter.

Son fou rire dura de longues secondes et essuyant finalement une larme qui lui perlait au coin de l'œil alors qu'elle tentait d'arrêter de pouffer, la belle jeune femme fit signe a Harry de continuer son histoire.

Le jeune homme visiblement vexé avait repris son visage grognon habituel et termina son récit avec beaucoup moins de bonne volonté.

-La suite, tu la connais. Je suis rentré dans la pièce principale et lorsque je t'ai vu étendue sur le sol dans… dans cet état, j'ai perdu mon sang froid et crié au grand blond de s'arrêter. J'ai immédiatement compris mon erreur lorsqu'une dizaine d'entre eux ont pointé leur baguette vers moi. Alors, en utilisant disons, mon talent pour savoir à quoi pense les gens, je suis parvenu à inventer sur le tas une charade convaincante, expliqua Harry en faisant ainsi allusion à ses talents de légilimen, dont Tonks soupçonnait déjà l'existence depuis leur adieu sur la plateforme 9 3/4 où il lui avait révélé avoir découvert qu'elle ne comptait pas devenir Auror mais agent secret.

-Ensuite, j'ai eu un deuxième coup de chance, continua le jeune homme sans s'interrompre. Comme j'avais les mains dans les poches et quelques informations prises à la source, j'ai pu conjurer discrètement le petit carton que je leur ai monté histoire de donner plus de poids à mon histoire. Comme par bonheur j'avais sur moi l'argent que m'a rapporté le match de ce soir, j'ai pu endormir leur dernière méfiance avec de l'or. Bien sur, le fait qu'ils soient déjà tous pas mal imbibé n'a pas manqué de m'aider.

En entendant ces mots, Nymphadora secoua doucement la tête devant la modestie bien inattendue lorsque l'on connaissait son caractère dont faisait preuve Harry en racontant son intervention. Peu importe comment il présentait les choses, son intervention tenait uniquement du génie et de l'exploit, puisque le jeune mage avait réussi à embobiner une vingtaine de personnes en forgeant ses mensonges au fur et à mesure à partir de leurs propres souvenirs…

A cet instant, Tonks fut frappé d'une étrange révélation lorsqu'elle comprit véritablement à quel point Harry était dangereux.

Au cours de sa formation, elle avait pourtant côtoyé des dizaines de sorciers aux pouvoirs titanesques et chacun d'entre eux aurait sans le moindre doute été capable de réduire Harry en bouillie en quelques secondes dans un duel et aucune Viveflamme ou autre tour de passe-passe n'aurait pu changer le cours du combat tant la différence brute de pouvoir était élevée... Cependant, la vie réelle n'avait rien d'un duel, comme le lui avait prouvé sa propre mésaventure de la nuit où pas un seul combat, baguette en main, n'avait eu lieu.

Non, dans le monde réel, ce n'était pas toujours le plus fort qui gagnait mais c'était en revanche très souvent le plus malin ou le mieux préparé. Et alors quelle écoutait Harry expliquer les différentes étapes de son sauvetage improvisé, Nymphadora venait de réaliser que l'héritier Potter possédait tout à la fois une intelligence terrifiante, un sens stratégique hors du commun et une volonté sans faille. Qui plus est, depuis aussi longtemps qu'elle le connaissait, Harry Potter planifiait chacune de ses actions, mais aussi chacune des actions des gens qui s'opposaient à lui. Bref, il avait un plan pour tout, et dix plans d'avance pour le cas où le plan initial ne fonctionne pas, sans compter qu'il avait clairement la froide détermination nécessaire pour tuer sans hésiter.

L'ensemble faisant bien sûr de lui un très mauvais ennemi à avoir, parce que si Harry Potter vous voulait vraiment du mal, il n'allait pas bêtement sortir sa baguette et essayer de vous soumettre à coup de sortilèges, dans un duel où le plus puissant, le plus entrainé est sûr de gagner. Non ! Si Harry Potter vous voulait du mal, il commencerait par vous sourire, puis vous étudier, pour enfin vous comprendre… et tout cela afin de mieux vous poignarder dans le dos lorsque vous vous y attendrez le moins.

Et pourtant, alors que le garçon... non, l'homme qui venait de la sauver l'homme qui lui expliquait froidement comment il avait planifié son sauvetage et le massacre d'une vingtaine de personnes en seulement quelques secondes, Nymphadora Tonks ne put s'empêcher de se sentir en sécurité. Parce que ce qu'elle avait découvert dans les tréfonds des yeux du dernier des Potter, c'est que jamais ce dernier ne pourrait lui faire de mal.

Un miaulement attentif de Eclipse la ramena à la réalité et elle recommença à écouter le récit du Serdaigle avec un étrange petit sourire sur les lèvres.

-… Bref j'ai eu pas mal de chance. Ensuite, j'ai simulé l'ivresse pour endormir leur méfiance encore un peu plus, avant de demander un endroit privé. Une chose qui, je le savais de par mon étude préalable de la structure architecturale de la bâtisse, nous permettrait alors de sortir puisqu'il n'y avait pas de chambres. Par contre, une fois dehors, je… je ne sais pas vraiment ce qu'il m'a pris, mais à cet instant, je n'avais plus qu'une envie, c'était d'être sûr qu'ils ne recommenceraient jamais. Alors j'ai plus ou moins balancé le sortilège le plus destructeur que je connaisse sur eux tout en activant ma rune de nullification magique, et ensuite, comme il me restait par chance un stock de poudre à cheminette spéciale déplacement longue distance, je nous ai téléporter dans ma chambre d'hôtel.

-Et après le petit Harrikin est devenu doux comme une Vélane et ma bercé dans ses bras en me faisant de petits bisous sur la nuque afin de me réconforter alors qu'il se mettait à parler comme une guimauve trop cuite. Termina Tonks avec une grimace moqueuse.

Harry se contenta de hausser un sourcil et une grimace diabolique bien plus habituelle sur ses traits, trouva rapidement sa place alors que les derniers lambeaux de son attitude étrangement douce et réconfortante de la nuit disparaissaient définitivement.

-Tu sais Nymphadora, commença-t-il en articulant à nouveau son prénom honnis avec cet inflexion si désagréablement moqueuse que seul lui savait obtenir, je suis en train de penser à quelque chose, continua Harry dont le large sourire n'augurait rien bon.

-Ah bon, tu penses ? tenta faiblement Tonks qui avait à présent un mauvais pressentiment.

-Oui, je me disais que tu étais toujours sous l'emprise de ces vilaines potions qui font que durant toute la nuit, tu es condamnée à voir la puissance de combat d'un lapin nain, expliqua tranquillement le jeune mage dont les yeux vert brillaient, désormais d'une lueur malicieuse.

Le mauvais pressentiment de Tonks s'intensifia exponentiellement.

-Et je songeais que du coup, tu étais absolument sans défense et qu'il s'agissait donc pour moi de l'occasion rêvée de me venger de tous ces vilains duels que tu as remporté lorsque nous nous entrainions ensemble à Poudlard… Je me souviens qu'à l'époque tu n'avais pas vraiment la victoire modeste, hum…

-Tu n'oserais pas ! gronda la jeune femme en tentant désespérément d'afficher un air sévère.

-Non, jamais ! Après tout ce genre de chose ne serait pas honorable, s'exclama tout de suite Harry avant de s'interrompre en levant un index d'un geste savant. Quoique… à la réflexion, il me semble que les attitudes chevaleresques ne t'impressionnent pas beaucoup. Quels étaient tes mots déjà ? Ah oui, 'Et après le petit Harrikin est devenu doux comme une Vélane'. C'est bien ça n'est-ce pas ? interrogea le Serdaigle d'une voix trop douce pour être honnête.

-Voyons, c'était juste une petite boutade, tenta la métamorphomage en essayant désespérément de prendre un air innocent.

-Oui, oui, bien sûr. Je comprends parfaitement, acquiesça Harry avec bonne humeur. Mais tout de même, je ne voudrais pas baisser plus encore dans ton estime en faisant preuve d'un excès de douceur et de mièvrerie. Alors, je pense quand même, à la réflexion, qu'une bonne fessée est de mise. Une petite vingtaine de claques sur chaque fesse devrait avantageusement t'inciter à la prudence, de manière à ce que, à l'avenir, les petites mésaventures qui viennent de t'arriver ne se reproduisent jamais, et surtout, surtout, de manière à ce que je ne sois plus jamais téléporté sans préavis au milieu d'une zone pullulant de meurtriers sans foi ni loi. Sans compter que cela te donnera un avant-gout de ce que je pourrais te faire subir si d'aventure tu venais à raconter les secrets que je t'ai révéler à quiconque… N'est-ce pas là une bonne idée ? conclut le jeune mage dont les yeux verts paraissaient pétiller de la même manière que ceux de Dumbledore… Oui Harry était heureux.

Malheureusement pour Tonks, ce n'était surement pas la perspective d'un bon sorbet au citron qui aurait pu réjouir à ce point le Serdaigle.

Les yeux exorbités en entendant ce que l'adolescent avait l'intention de faire, la jeune femme tenta son vatout.

-Attaque, Eclipse ! Téléporte-le en Chine !

-Meow ! miaula le petit chat en bondissant vers son maitre avec la rage du prédateur acculé… uniquement pour disparaitre dans un petit bruissement de fumée.

-Allons, allons, Nymphadora. Tu ne pensais tout de même pas que parce que j'autorise ce petit chaton à vadrouiller par lui-même, je n'aurais pas les moyens de me protéger de MON propre don d'animagi, animé par MA propre magie, susurra Harry d'un ton particulièrement satisfait. Maintenant cesse d'essayer d'échapper à ton juste châtiment et viens donc t'allonger sur mes genoux comme une grande fille. Et surtout, dit toi bien qu'il s'agit-là d'une expérience purement éducationnelle et qu'au fond, avec mon petit cœur doux et mon caractère de 'guimauve trop cuite', cette vilaine punition me fera plus de mal, à moi, qu'à toi, exposa Harry avec une parfaite mauvaise foi et un sourire angélique tandis qu'il sortait sa baguette et la pointait vers la jeune femme affolée qui tentait désormais de s'enfuir à toute jambe.

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Plus tard

Tonks sorti de la grande baignoire où elle venait de se laver et commença à s'essuyer lentement. Elle grimaça involontairement lorsque la serviette passa sur la rougeur qui lui barrait les fesses, et lâcha un petit grognement furieux.

Et oui, cet ignoble Potter l'avait vraiment fait !

Alors que ses joue rosissaient tandis que le souvenir cuisant de la fessée lui revenait en mémoire, Tonks grinça des dents en se souvenant du malin plaisir qu'avait pris ce démon à lui rappeler entre chaque fessées qu'il 'faisait cela pour son bien, et souffrait terriblement au plus profond de son petit cœur sensible d'être obligé d'en arriver là'…

Bien sûr, l'insupportable hypocrite balançait ce genre de platitude avec un large sourire machiavélique plaqué sur le visage et, de toute sa vie, Nymphadora ne se souvenait pas d'avoir jamais été autant humiliée.

Cependant, malgré tous ses désirs de revanche et sa colère du moment, la jeune femme ne parvenait pas à ignorer la petite voix au fond de sa tête qui lui soufflait que le génie de Serdaigle n'avait pas agi comme cela par hasard. Tout d'abord, parce que Harry ne faisait jamais rien au hasard, et ensuite parce qu'entre ses pitreries initiales, le long moment où pour la première fois de sa vie, il lui avait ouvert son cœur afin de dissiper la culpabilité de la métamorphomage, et cette saleté de fessée, Harry avait finalement réussi à lui faire oublier totalement le viol traumatisant dont elle avait failli être victime.

Le fait que l'adolescent lui ait aussi balancé quelques petits sortilèges étranges et soit un expert dans les magies et les thérapeutiques de l'esprit depuis l'époque où il avait pris sur lui de sauver sa mère et sa sœur était un argument de poids en faveur de cette théorie.

En fait, si on considérait les quelques sortilèges de renforcement spirituel, de soutien psychique et d'analgésique mémoriel qu'Harry avait traitreusement utilisé sur la jeune femme lorsqu'elle était inconsciente, on pouvait considérer que le traumatisme initial avait été pris en charge si précocement et de manière si efficace qu'il serait probablement rapidement oublié. Qui plus est, ses conséquences psychologiques ainsi prises en charge avaient été en soit tant minimisées par cette simple soirée passée en compagnie du jeune homme qu'on pouvait être certain qu'il n'en resterait aucun séquelle et que Harry avait fait plus en une heure de chamaillerie et quelques charmes que n'importe quel psychiatromage n'aurait réussi à accomplir en deux ans de thérapie.

C'est pourquoi en dépit de toutes ses tentatives pour en vouloir à Harry, la jeune femme n'arrivait pas à être en colère contre l'adolescent. Ce qui ne voulait pas dire qu'elle n'essaierait pas de se venger à la première occasion.

Oui, cet affront se paierait cher ! songea Tonks en finissant de s'habiller avant de sortir de la salle de bain.

La jeune femme ferma la porte de la salle d'eau, se retourna et s'arrêta tout net en ouvrant de grands yeux avant de rougir légèrement lorsqu'elle vit le spectacle qui lui faisait face.

Vêtu d'un simple caleçon noir relativement moulant, Harry Potter, lui faisait face.

La métamorphomage tenta de se rappeler désespérément que le garçon n'était qu'un adolescent et qu'il n'y avait aucune raison qu'elle se sente ainsi gênée, mais peu importe avec quelle fureur elle se répétait cette phrase, la réalité qui était étalée dans presque toute sa gloire devant elle était tout autre. Elle n'avait pas devant elle l'adolescent, mais bel et bien le joueur de Quidditch de niveau international.

En un mot comme en cent, le gamin qu'elle avait connu à Poudlard avait bien grandit…

Le jeune homme qui se trouvait devant elle mesurait aux alentours d'un mètre quatre-vingt, et bien qu'il n'ait pas fini sa croissance, ses larges épaules avaient tout de l'homme adulte.

D'ailleurs sa poitrine et ses bras non plus n'avaient absolument rien de ceux d'un adolescent normal, et au-dessus de sa taille s'étendaient une succession de muscles minces, denses, puissants, et parfaitement dessinés. Cette musculature d'athlète acquise à n'en pas douter lors des innombrables heures entrainement intensif de Quidditch, était mise en valeur par un étrange tatouage sombre d'aspect tribal qui lui recouvrait tout le torse, le dos et les épaules et dont Tonks ignorait l'existence avant ce jour.

S'empêchant avec difficulté de continuer à se rincer l'œil, la jeune femme leva tête et croisa les yeux verts du dernier de Potter. Tonks maudit une nouvelle fois cette maudite potion de suppression magique qui l'empêchait d'utiliser ses dons de métamorphomage et de modifier sa taille afin de ne plus avoir à lever les yeux pour croiser le regard de cet insupportable démon… qui bien sûr, lui adressa à cet instant précis un sourire sardonique comme s'il venait de lire dans ses pensées. Maudit Potter.

Soudain, n'y tenant plus, la jeune femme lui posa une question qui lui brulait à la langue depuis la première fois qu'elle l'avait rencontré. Après tout ce qui venait de se passer, Nymphadora avait en effet l'étrange impression que si elle voulait obtenir des informations sur le dernier des Potter, c'était ce soir ou jamais.

-Dis-moi, Harry, comment fais-tu toujours pour me reconnaitre quel que soit la manière dont je me transforme ? La métamorphomagie n'agit pas comme un glamour, mon corps tout entier se métamorphose, ma peau, mes os, mes muscles, tous se réarrange sans laisser de trace et aucun sortilège connu ne peut repérer ce genre de magie interne. Alors comment fais-tu pour me reconnaitre à chaque fois ? demanda la belle jeune femme en tentant désespérément de ne pas paraitre trop intéressée par la réponse.

A ces mots, le visage de Harry devint sérieux et lentement, il se pencha avant de murmurer dans l'oreille de Tonks.

-C'est un secret…

-Espèce de petit, gronda tout de suite la fougueuse jeune fille uniquement pour se faire interrompre.

-Tttt. Surveille ton langage ma petite Nymphadora. Tu ne voudrais pas une deuxième fessée n'est-ce pas ? susurra Harry d'un ton qui indiquait que rien ne lui ferait plus plaisir que de recommencer cette expérience de son côté.

Consciente que ce maudit Potter était sérieux, et qu'elle était toujours incapable d'utiliser sa magie, Tonks ravala le chapelet de jurons qu'elle s'apprêtait à déverser en grommelant quelque chose qui ressemblait à s'y méprendre à 'tu ne perds rien pour attendre'. Et s'allongea sur le lit en soupirant, une bonne nuit de sommeil, et il n'y paraitrait plus.

-Qu'est-ce que tu fais ? pailla-t-elle un instant plus tard lorsque Harry, toujours aussi peu vêtu l'y rejoignit.

-Tu ne pensais tout de même pas que j'allais te laisser le lit et dormir sur le canapé ? demanda Harry en la regardant comme si elle avait perdu la tête.

-Espèce de pervers, siffla la jeune fille, pendant que l'adolescent prenait place à côté d'elle et remontait sur lui les couvertures.

-C'est ça, continue de te flatter Nymphadora. En attendant, je peux te promettre que si tu ronfles, tu finiras ta nuit sur le balcon et que demain matin, je serais parti bien avant que tu te réveilles. Ce qui veut dire que tu n'auras pas l'occasion de te venger. Maintenant tais-toi et dors si tu ne veux pas que ma main redevienne familière avec ton postérieur pour une deuxième séance de rattrapage disciplinaire, grommela Harry avec son habituelle gentillesse.

Tonks ravala une bonne dizaine d'insultes, incapable d'en trouver une suffisamment grossière pour bien exprimer sa pensée et finit par soupirer. Au fond, Harry Potter ne changerait jamais et quelque part, c'était rassurant.

Lorsqu'un instant plus tard, le bras musclé de Harry l'enlaça et que le souffle chaud et régulier de l'homme qui lui avait sauvé la vie ce soir, lui caressa la nuque, Tonks se surpris à sourire. Quelques minutes plus tard, elle sombra dans le sommeil.

.

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Le lendemain matin.

Regardant rapidement autour de lui, Harry se faufila sans un bruit dans une petite venelle sombre.

Relevant sa capuche et vérifiant une dernière fois qu'il n'avait pas été suivit, le jeune mage poussa finalement la porte de service de l'Antre de Lunard et pénétra dans la cuisine de la taverne avec appréhension. Après la victoire de l'Angleterre de la veille, il était certain que si un supporter fanatique arrivait à mettre la main sur lui, il ne resterait pas grand-chose ce Celui-qui-avait-inscrit-deux-cent-dix-point-à-la-Slovaquie…

Jetant un coup d'œil discret dans la salle principale, il grinça des dents lorsqu'il vit un détachement de pochtrons habillés en rouge et blanc qui continuaient visiblement de fêter la victoire de la veille et que le Whisky pur feu n'avait pas encore réussit à anesthésier. Comment ces fous pouvaient faire la fête jusqu'à l'aube sans se fatiguer alors qu'ils ne faisaient jamais de sport tout au long de l'année, était un exploit physique propre au supporter que Harry Potter ne parvenait pas à s'expliquer.

A bien y réfléchir, il n'était pas aberrant que le pays célèbre ainsi la victoire convaincante, 650 à 330 que Harry avait contribué à offrir à son pays, puisque ce match gagné venait de permettre à l'équipe de Quidditch d'Angleterre d'accéder aux seizièmes de finale de la coupe du monde un exploit que le pays avait attendu près d'un siècle.

Le regard de haine que lui avait lancé Nedved lorsque Shearer avait finalement mis fin au calvaire de la Slovaquie en attrapant le vif d'or réchauffait encore les machiavéliques pensées du dernier des Potter.

Jetant un rapide regard à sa montre et constatant qu'il était sept heure du matin et qu'il était désormais improbable que les fêtards de la dernière heure aillent se coucher, Harry se glissa dans les ombres et se transforma en un mignon petit chat aux yeux verts avant de bondir rapidement en direction des escaliers où il reprit son apparence humaine à l'abri des regards indiscrets.

Gravissant les escaliers rapidement, Harry se délassa une petite dizaine de minutes sous la douche afin de relâcher les nombreuses tensions musculaires qui persistaient à le tirailler depuis la fin du match et s'habilla avec simplicité et élégance en enfilant une chemise verte faisant ressortir ses yeux, un jean sombre et bien coupé ainsi qu'une paire de bottes en cuir de dragon des plus seyantes. Le tout formant un mélange détonant.

Une fois correctement apprêté, il saisit un étrange petit paquet cadeau avant de prendre le chemin de la chambre de Cédric et Archimède afin de discuter avec eux de la prochaine étape du développement de leur entreprise de production de potions.

Remarquant que la porte était verrouillée, Harry supposa qu'Archimède devait être en train de négocier une étape délicate de décantation et n'entendrait probablement pas s'il frappait à la porte. Sans hésiter, Harry saisit donc sa baguette et d'un geste invoqua trois puissants 'Bang' qui résonnèrent fortement et lui assurèrent que quel que soit le degré de concentration d'Archimède, ce dernier ne pourrait pas ignorer un pareil vacarme.

Il n'eut d'ailleurs pas à attendre longtemps car seulement quelques secondes plus tard, la porte de la chambre s'ouvrit et dans l'embrasure apparut… Une jeune femme ! Une jeune femme d'environ seize ou dix-sept ans et vêtue en tout et pour tout d'une chemise blanche, une chemise soit dit en passant d'homme, visiblement boutonnée à la hâte… et incomplètement puisque les boutons du haut demeuraient béant.

Bref, elle était quasiment nue.

-Dites donc, ne vous gênez pas surtout, grommela la demoiselle d'un ton courroucé sans prendre la peine d'ouvrir les yeux... chose pour laquelle Harry ne pouvait pas vraiment lui en vouloir.

Lui non plus n'aimait pas être réveillé violement.

-Je cherche Archimède Montague et à moins que vous n'ayez gagné cette chambre et sa chemise au cours d'une partie de Strip-poker il devrait être là, demanda finalement le dernier des Potter avec le ton calme et mesuré qu'il employait toujours lorsqu'il était surpris.

-Je ne connais aucun Archimède, alors si vous pouviez allez mourir plus loin et en silence ce serait une bonne chose, grommela la jeune personne qui ne paraissait pas impressionnée par son humour certes peu pratiqué mais néanmoins spirituel.

Fronçant les sourcils, le dernier des Potter n'hésita pas une seconde. Il revérifia le numéro de la pièce afin d'être sûr qu'il ne s'était pas trompé de chambre et ouvrit tout grand la porte une fois convaincu d'être au bon endroit le tout sans tenir compte de l'exclamation outrée de la jeune femme qui ne paraissait toujours pas être capable d'ouvrir complètement les yeux si on en croyait son expression endormie.

-Qui que c'est ? grommela stupidement une voix ensommeillée depuis l'un des deux lits.

Une voix que Harry reconnu instantanément.

-Cédric ? demanda Harry en pénétrant dans la pièce sans tenir compte des hurlements outragés de la jeune femme.

Le dernier des Potter regretta sa décision un instant plus tard lorsque la silhouette allongée et complètement nue du Poufsouffle entra dans son champ de vision.

-Harry ! piailla brusquement un Cédric maintenant parfaitement réveillé en reconnaissant la voix du jeune mage. Harry, ce n'est pas ce que tu penses ! ajouta inutilement le Poufsouffle en tentant désespérément de couvrir ses parties intimes à l'aide d'un oreiller.

L'héritier Potter se contenta d'observer la scène en haussant les sourcils. Des vêtements déchirés paraissaient avoir été abandonnés à divers endroits de la pièce, un joli soutient gorge de dentelle jaune avait atterrit sur la table de nuit et ce qui ne pouvais être qu'un petit string transparent de couleur assorti avait fini sur le bureau tout proche. De la belle lingerie sexy d'origine moldue.

Tournant à nouveau son regard vers la jeune femme qui commençait tout juste à se réveiller, mais continuait de l'insulter dans son état comateux, Harry reconnu que la demoiselle était des plus attirantes. Et que son évaluation était des plus exactes puisque la jeune femme n'avait, pour cacher sa poitrine généreuse et ses longues jambes minces, qu'une chemise blanche en grande partie transparente.

-Ce n'est pas ce que je pense ? répéta tranquillement le jeune mage tandis que Cédric se débattait à présent comme un beau diable pour enfiler son pantalon qu'il avait miraculeusement retrouvé au milieu de la pile de linge éparpillé.

-Bon ok, c'est exactement ce que tu penses, soupira Cédric en rougissant légèrement.

-Cédric, dit à ce pervers de dégager ! glapit la jeune fille toujours aussi peu vêtue mais un peu plus réveillée à présent.

Cédric se grata la tête d'un air fripon et un peu gêné avant de répondre d'une voix embarrassée.

-En fait Sarah, ce pervers est Harry Potter et comme l'établissement lui appartient à moitié, c'est plus ou moins sa chambre et je suis plus ou moins son employé tu vois, répondit Cédric d'un ton diplomatique.

-H-Harry P-Potter ? Oh M-Merlin, H-Ha-Harry P-Po-Potter ! bafouilla la jeune fille en ouvrant brusquement les deux yeux afin de regarder correctement l'adolescent élégant qui lui faisait face.

Elle lâcha ensuite un cri horrifié et s'enfuit dans la salle de bain en insultant Merlin et son maquillage délavé.

-Euh…, je suppose que ça ne s'est pas trop mal passé, finit par dire Cédric en haussant les épaules d'un air impuissant. Au fait, super partie hier Harry, belle victoire, le match était génial et tu aurais dû voir la fête qui a suivie.

-C'est ce qu'il semblerait, répondit Harry en désignant les vêtements déchirés et éparpillés un peu partout avec un sourire entendu. Saurais tu où est Archie ? J'ai ramené quelque chose pour lui de Slovaquie qui devrait l'aider dans sa production de potions.

-Oh, il n'est pas là. Lorsque Sarah et moi sommes arrivés dans la chambre, il a préféré s'éclipser, à cause du bruit tu vois, murmura Cédric avec un air fripon et un petit sourire.

-Et sais-tu par hasard où il a pu fuir ? demanda Harry en haussant un unique sourcil.

-Je crois qu'il a parlé de la chambre de Sirius qui aurait proposé de l'héberger en cas de problème, répondit le Poufsouffle en se gratouillant le menton.

-Merci Cédric, répondit simplement l'héritier Potter avant de prendre congé.

Une minute plus tard, alors qu'il approchait de la chambre de Sirius, le jeune joueur international s'arrêta brusquement et baissa les yeux sur la forme recroquevillée qui paraissait s'être emmaillotée dans une mince couverture et dormait en position fœtale juste devant la porte de la chambre de son parrain, comme l'aurait fait un bon chien de garde.

Harry s'approcha en silence, s'assura que le pauvre hère qui dormait dans cette position inconfortable, sur le sol de pierre froide, était bien Archimède Montague, avant de le réveiller d'un délicat… coup de pied dans les côtes.

-Ouaille ! Putain de merde cette fois c'en est trop, beugla le grand brun en bondissant sur ses pieds. Comme si ce n'était pas suffisant que tu me jettes à la porte comme un malpropre, tu te permets en plus de me réveiller espèce de sal… Harry ? se reprit le Serdaigle en apercevant son ami. Mais qu'est-ce que tu fais là ? Quand es-tu rentré ? interrogea le grand escogriffe en se grattant la tête avec incompréhension.

-Je suis rentré ce matin. Au fait, intéressante répartition des lits, répondit Harry d'un ton faussement innocent.

-Hum, je suppose que si tu es là, tu es déjà au courant pour Cédric… foutu Veinard celui-là ! grommela Archimède d'un ton morne.

-Je suis passé lui dire bonjour en effet, admis Harry en souriant d'un air mauvais. La petite Stacey ou Sarah je ne sais plus, n'a pas eu l'air ravi de me voir en revanche. A vrai dire, elle a commencé par me traiter de pervers avant de s'enfuir dans la salle de bain lorsqu'elle a appris mon nom…

-Sans doute ton magnétisme animal, ricana Archie. De mon côté rien de nouveau. Sirius qui m'avait initialement permis de dormir avec lui, m'a plus ou moins jeté à la porte lorsque deux de ses nombreuses conquêtes du soir sont venues le rejoindre de manière impromptue et depuis…, tenta de dire le brun uniquement pour se faire interrompre en milieu d'explication.

-VOUS ALLEZ LA FERMER A LA FIN ? IL Y A DES GENS QUI DORMENT ! beugla soudain la voix de Black depuis l'intérieur de la pièce.

Visiblement le pauvre petit ange souffrait d'une affreuse gueule de bois.

-Qu'est ce qui se passe mon Siri d'amour ? demanda soudain une voix endormie et suave.

-Rien Mélissa, ne t'inquiète pas.

-Tu es sur mon Blackounet adoré ? demanda une deuxième voix féminine.

-Mais bien sur Mathilde, répondit la voix grave de Sirius.

-Oh, mais on dirait que mini-Sirius est debout lui aussi… hum…, insista la dénommée Mélissa en gloussant.

-Je pense que… que… Oh oui, c'est là, oui, vas-y ! gronda quelques secondes plus tard la voix de Black soudain devenue guttural tandis que la deuxième voix féminine se mettait à gémir et que d'horrible bruit de succion commençaient à s'échapper de la chambre.

-… Et alors, il m'a mis à la porte, fait entré ces deux poules et ils ont fait ça toute la nuit. Tu m'entends ? Toute la nuit ! Ma vie est un enfer ! Sauve-moi Harry ! Bou hou hou… pleurnicha Archimède dont les yeux paraissaient sortir de leurs orbites.

-Tu vas être content parce que je t'ai ramené un petit souvenir de Slovaquie, une sorte de complément de cadeau d'anniversaire en quelque sorte, répondit calmement Harry en lançant un petit charme de silence d'un rapide geste du poignet afin de faire cesser les bruits bestiaux qui provenaient de la chambre.

Archimède Montague, surprit par la délicate et au combien inattendue gentillesse de son ami, regarda un instant le petit paquet brun que lui tendait Harry et finit par s'en saisir avec prudence. Il ouvrit ensuite l'emballage avec précaution et senti sa bouche s'ouvrir sous l'effet de la surprise lorsqu'il aperçut son contenu.

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Cinq jours plus tard, en Italie.

-Comment vas-tu ma princesse ? demanda Antonio Zabini en direction de sa fille, qui revenait au manoir familial après un weekend passé chez des amies.

-Ca va bien papa, on a eu un super temps et des garçons m'ont même appris à faire de la planche à voile. C'est un espèce de petit bateau moldu très maniable, expliqua la belle jeune fille brune en embrassant son père sur la joue.

-Non c'est vrai ? demanda monsieur Zabini avec un petit sourire amusé devant l'enthousiasme de son ainée. Tiens, pendant que tu étais partie, nous avons reçu une lettre d'Archie adressée à toute la famille. Il semble que les choses se passent plutôt bien pour lui à l'Antre de Lunard… Oh et bien sûr, il a réaffirmé son amour éternel pour sa 'stephinounichette en chocolat' à la fin de sa missive. J'ai pensé que tu aimerais être tenue au courant, ajouta le patriarche du clan Zabini d'un ton faussement innocent pendant que sa charmante fille émettait un grondement guttural en lançant quelques jurons.

-Langage ma petite princesse. Langage ! intervint Bianca Zabini en pénétrant dans la pièce en compagnie de Blaise, le petit frère de Stéphanie.

-Bonjour maman, répondit la jeune fille en soupirant.

Ses parents avaient peut-être abandonné les anciennes coutumes faisant des filles des princesses, jusqu'à refuser d'en parler à leur enfant, cependant Bianca Zabini n'avait toujours pas abandonné l'idée de faire d'elle une jeune fille distinguée et policée.

-Salut sœurette, dis-moi tu es au courant de la nouvelle ? s'exclama Blaise en envoyant un grand sourire à sa grande sœur.

-De quel nouvelle parles tu ? demanda la jeune fille.

-Ton petit ami…

-Archie n'est pas mon petit ami ! s'indigna immédiatement Stéphanie en fusillant son frère du regard.

-Si tu veux, contra blaise avec un sourire moqueur en balayant l'argument d'un revers de main. En tout cas, Archie nous a envoyé des places gratuites pour suivre l'intégralité des matchs de la phase finale de la coupe du monde de Quidditch qui se déroule en Angleterre. Apparemment, Potter en aurait récupéré tout un tas du fait de sa place dans une des équipes nationales et les aurait données à Archie. C'est pas génial ?

-Comme tu dis fiston, voir l'équipe d'Italie revenir à son plus haut niveau en pilonnant ces inutiles Anglais sera un moment inoubliable, acquiesça Antonio Zabini en claquant la main de son fils d'un air complice.

Il n'était un secret pour personne qu'Antonio, originaire de Sicile, avait toujours supporté l'équipe nationale de son pays d'origine.

-On verra si tu ricaneras toujours autant lorsque ce charmant Harry que notre Stéphanie connait si bien, aura passé deux ou trois cent points à l'incompétent qui vous sert de goal, remarqua Bianca d'un ton léger alors que son sang anglais s'exprimait sans retenue.

-L'Italie va massacrer ces petits parvenus d'anglais en moins de deux lors de la prochaine rencontre ! contra Antonio en se levant d'un air furieux.

-Peuh, vos joueurs ne pourront même pas toucher le Souaffle ! insista Bianca en tapotant la poitrine de son mari de l'index.

-Ah oui tu veux parier ? gronda Antonio en plissant les yeux.

-Sans hésiter. D'ailleurs, puisque tu es si sûr de toi, je propose que l'enjeu soit de taille : si mon équipe gagne, tu devras promettre d'abandonner tes affaires afin de m'emmener en voyage tous les weekends de l'année prochaine dans un pays différent, susurra la belle Bianca avec un air sadique.

Antonio manqua de s'étouffer. Abandonner ses affaires, des voyages de luxe tous les weekends. Cette harpie tentait de le ruiner, aucun doute !

-Alors on hésite ? La baudruche italienne se dégonflerait-elle pitoyablement devant l'ampleur de l'enjeu ? Pfiout, dégonflé ! ricana Bianca d'un ton aérien tandis que son mari, piqué au vif par la remarque, s'apprêtait à contre attaquer.

-Un italien n'a peur de rien, mais ce qui m'inquiète c'est que toi tu te défiles, puisque dans le cas où mon équipe gagnerait, tu devras t'engager à ne plus faire de shopping pendant deux ans, susurra Antonio avec une lueur sadique tandis que Bianca palissait dramatiquement.

-Ah, je le savais. Vous les femmes, vous êtes toutes les mêmes, vous tenez du crocodile : une grande gueule et des petits bras, jubila Antonio en forçant exprès sur son accent de macho italien.

-Pari tenu, on verra bien qui rigolera le dernier lorsque ta misérable équipe aura mordu la poussière, explosa Bianca en tendant sa main en direction de son mari.

-Ca marche, mais n'espère pas un miracle, accepta Antonio en serrant la main de sa femme.

Les deux parents Zabini restèrent un moment à se fixer dans le blanc des yeux et sans autre forme de préambule, se lancèrent dans un baiser passionné ponctué de petites exclamations du type 'Mon fougueux rital' ou 'Cara mia'…

Blaise et Stéphanie échangèrent une expression dégoutée et s'empressèrent de quitter la pièce. Alors qu'il arrivait dans le jardin, Blaise, en ancien Serpentard qu'il était, se décida à avoir le mot de la fin.

-Quelle horreur ! Et pour moi, cela ne fait que commencer en plus, puisque dans quelques années, toi et Archie vous prendrez le relai, ricana Blaise d'un ton machiavélique avant de se mettre à courir.

-Reviens ici petit misérable, gronda Stéphanie en se lançant à sa poursuite.

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Au même moment, dans le Manoir ancestral de la Famille Londubat.

-Alors là, j'ai regardé le Basilic dans les yeux et je me suis dit, tu ne peux plus reculer Ron, alors… Attaque ! s'écria le rouquin avec enthousiasme provoquant un sursaut chez tout son auditoire captivé.

Un peu plus loin, Neville Londubat regardaient le groupe de jeunes Gryffondors qui écoutaient le récit avec une attention imperturbable.

-Sans perdre de temps, j'ai bondit en avant, je ne sais pas très bien ce que je faisais mais les sortilèges sortaient de ma baguette les uns après les autre, continuait Ronald Weasley avec enthousiasme.

Neville soupira et secoua la tête en souriant. Ron était vraiment incorrigible.

Le sauveur du monde sorcier regarda tout autour de lui afin de s'imprégner de l'atmosphère de la fête. Sa grand-mère avait eu une brillante idée en invitant la plupart de ses amis et leur famille à passer une après-midi au manoir Londubat, car la réception était des plus réussies.

-C'est là que Neville est entré en action et armé de l'épée de ses ancêtres, il…

Retournant une nouvelle fois son attention vers son meilleur ami, le sauveur du monde sorcier dû se retenir afin de ne pas pouffer. A chaque fois que Ron racontait son histoire, la version devenait un peu plus grandiloquente que la fois d'avant. Neville avait bien sûr tenté de le rappeler à l'ordre au début en lui rappelant qu'il n'avait même pas vu le Basilic en vérité, mais le survivant avait bien vite abandonné ses efforts en voyant la réaction de son ami.

Ronald était en effet le sixième enfant d'une gigantesque famille, et mis bout à bout, ses frères avaient déjà décroché tous les honneurs et les distinctions que l'on puisse espérer. En fait, tant sur le plan académique que humain, chacun des grands frères de Ron avait réussi d'une manière ou d'une autre à s'illustrer : depuis les jumeaux qui loin d'être idiot avait à la fois de bons résultats scolaires et étaient sans conteste les personnes les plus appréciées de l'école, jusqu'à Percy qui avait obtenu toutes les distinctions académiques possibles et imaginables en passant par Charlie Weasley, coqueluche de ces dames ainsi que capitaine et attrapeur vedette de Gryffondor durant des années…

En un mot comme en cent, il ne restait quasiment plus rien que Ron puisse espérer accomplir qu'un de ses ainés n'ait déjà réussit, et le jeune rouquin vivait très mal cet état de fait. Comme un malheur n'arrive jamais seul, Ron avait en plus eut le malheur de naitre dans une famille très pauvre, et méprisé par l'aristocratie sorcière.

Ce qui avait donc automatiquement relégué Ronald au rang d'un enfant de peu de conséquence et de talent, perdu au milieu d'une immense fratrie déjà méprisée par les cercles le plus riches de l'aristocratie sorcière et ce en dépit de leur sang on ne peut plus pur.

L'association de tous ces éléments avait fait de Ronald, un enfant jaloux, envieux, et brulant d'obtenir un peu d'attention et de reconnaissance… Or, l'histoire de la Chambre des Secrets venait de lui fournir une extraordinaire opportunité, et Neville n'avait aucune envie de détruire ce moment de triomphe dans la vie de son meilleur ami. Après tout, quelques exagérations n'avaient jamais fait de mal à personne. D'autant plus que Montague et Diggory lui avaient expressément demandé comme un service personnel que leur implication dans toute cette histoire soit minimisée le plus possible.

Neville, qui avait bénéficié de cours et de tutorat depuis sa plus jeune enfance, était devenu assez fin psychologue et pouvait parfaitement comprendre le désir de Ron de se faire remarquer. Il n'avait aucun mal non plus à réaliser le besoin de garder un relatif secret concernant toute cette histoire de Basilic comme Dumbledore le lui avait expliqué peu après l'incident. Cependant, il ne parvenait toujours pas à comprendre l'attitude des deux amis de Potter.

En effet, suite à l'intervention d'Albus Dumbledore, l'histoire de l'ouverture de la Chambre des Secrets avait été on ne peut mieux camouflée au grand public. La vérité avait été maquillée en mettant au point une histoire de complot, et aujourd'hui, même les élèves présents lors des incidents doutaient qu'elle ait jamais existée. Quant à ceux qui clamaient le contraire, les adultes n'y voyaient que l'imagination prolifique des jeunes esprits… Mais malgré tout cela, Neville Londubat lui, savait la vérité, et ce qu'avaient réalisé devant ses yeux Montague et Diggory était digne d'éloges… Des éloges que les deux personnes qui lui avaient sauvé la vie, avaient refusés sans hésitation.

Bien sur Diggory avait argumenté avec lui que sans sa propre participation, le fantôme de Voldemort les aurait tous massacré, mais Neville n'était pas convaincu. Lui-même pour une raison assez incompréhensible était toujours resté relativement humble face à tout le battage médiatique dont il était la victime… Cependant l'attitude du Serdaigle et du Poufsouffle dépassait de loin cette notion. Et il n'y avait aucune raison valable pour que deux élèves refusent l'argent, la reconnaissance et la gloire qui leur auraient échoie s'ils avaient décidé de révéler la vérité… ce qui voulait dire que les deux élèves avaient probablement des choses à cacher. Mais quoi ?

L'arrivée d'une paire de mains puissantes sur ses épaules, mit fin à sa réflexion.

-Et bien, mon cher monsieur Basdulong, vous paraissez songeur, l'interpellèrent en cœur les jumeaux Weasley.

-Oh, ce n'est rien j'écoutais Ron parler de la Chambre des Secret et je réfléchissais.

-Ah, l'héroïsme de la jeunesse, n'est-ce pas une chose extraordinaire mon preux jumeaux ? s'exclama Fred.

-Comme vous avez raison, mon bon sir, cependant un chevalier de la trempe de Sire Basdulong ne devrait point se reposer sur ses lauriers, acquiesça George.

-Voilà pourquoi, pendant que notre preux Ronald continue d'affabuler, nous nous proposions de vous entrainer dans une quête des plus aventureuses, mon jeune sir, exposa George.

-Et bien messieurs, de quoi s'agit-il par tous les apôtres de Merlin ? répondit Neville avec bonne humeur en jouant le jeu.

-Il s'agit, mon preux jeune homme, d'aller ficeler Lee Jordan avant de le trainer dans un coin sombre afin de le torturer à l'aide de farces et attrapes et ce, jusqu'à ce qu'il nous révèle comment par les sept enfers, il a réussi à commenter en directeur match officiel de la coupe du monde de Quidditch ! s'exclamèrent en cœur les deux jumeaux.

-J'en suis, accepta tout de suite Neville une lueur joueuse dans le regard.

Alors que les trois s'avançaient discrètement vers leur cible, Neville remarqua qu'une lettre dépassait de la poche de Fred et ne put s'empêcher de laisser parler sa curiosité.

-Je ne crois pas avoir jamais vu ce genre de parchemin de par chez vous, remarqua Neville d'un air innocent.

Un seul regard des jumeaux lui permis de comprendre que son jeu d'acteur ne trompait personne, cependant George, qui devait être de bonne humeur, se fendit d'une explication.

-Il s'agit là mon jeune ami d'une offre d'association. Vois-tu, quelque noble personne ayant entendu parler de nos recherches dans le domaine des farces et attrapes a décidé de nous proposer un partenariat économique.

-En échange de la recette de certaines de nos potions et du droit de les exploiter, ces messieurs au gout si sûr, nous ont proposé la somme de cinquante Gallions, plus dix pour cent du bénéfice lié à la production de nos produits, compléta Fred.

-Et vous avez accepté ? demanda Neville.

-Vu le prix actuel des ingrédients et le prix possible de revente, nous ne pouvons pas acheter de quoi produire la potion en quantité suffisante pour faire de gros bénéfices et il nous faudrait probablement un ou deux ans pour gagner les cinquante Gallions d'avance qui nous sont proposés, répondit George.

-Sans compter que nous ne pourrons jamais réaliser une production de masse et que tenter de faire du profit en produisant nous même le produit, nous empêcherait de nous lancer dans de nouvelles recherches faute de temps libre, acquiesça Fred.

-Du coup, cette proposition est une aubaine. Mais assez parlé affaires, notre proie vient de faire son entrée, conclurent en cœur les deux rouquins en désignant le pauvre Lee Jordan qui s'avançait vers eux en souriant innocemment.

Alors qu'il approchait du pauvre métis insouciant, Neville songea que bientôt, Poudlard reprendrait et que cette année, il serait temps pour lui de découvrir le mystère qui se cachait derrière le nom de Harry Potter.

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Note de l'auteur :

Désolé, je n'ai pas eu le temps de faire de longue explication pour ce chapitre, alors voici quelque remarque rapide. Je vous promets en revanche une devinette et de longue note de l'auteur pour le prochain épisode qui sera publié avant février si tout va bien.

(Du coup n'hésitez pas à me laisser toute vos questions et remarques à ce stade)

J'ai volontairement laissé quelques questions sans réponse : Comment c'est dérouler la rencontre Harry/Rogue ? Lee Jordan et Harry sont-ils devenu secrètement ami ? Quelle relation s'est-il développé entre les jumeaux Weasley et l'entreprise de potion d'Archimède ? Que va-il advenir de Harry et Tonks ? Les secrets que lui a transmis Harry sont-ils en sécurité avec elle ?

Toutes ces questions, ne sont que quelques exemples des questions que je pense avoir insidieusement soulevé et auquel je répondrais en partie dans le prochain chapitre.

Enfin je terminerai par une petite anecdote et un défi : Argus Rusard jouera l'espace d'un chapitre un rôle d'une importance capitale dans ma fanfic, pouvez-vous deviner comment ?

Enfin, je vous remercie de suivre mon histoire et vu mon nombre actuel de review je ne sais pas si il est toujours décent de vous rappeler de m'en laisser une petite…

Oh et puis si en fait : N'oublier pas la review, sa prend pas longtemps, ça permet d'améliorer l'histoire de relever les erreurs et les points positifs, et surtout, surtout, et ça fait plaisir à l'auteur et l'encourage à continuer !

(ca fait aussi office de cadeau de noël, et le tout pour pas cher en plus, 8 mots de review contre 80 pages d'histoire…)

Je vous souhaite de très heureuses fêtes, un joyeux noël et une bonne année.

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Thirael !