Auteure de Because Of A Boy : cutestkidsmom
Traductrice de la version française À cause d'un garçon : Milk40
Merci pour tous vos commentaires, et bonne lecture.
Chapitre 29 : HO HO HO et Balivernes.
« Joyeux Noël ! » Crie Sébastien en sautant sur mon lit. « Allez, maman ; papa, Edward, Mamie et Papy sont déjà en bas. »
« D'accord, bébé, » je dis en riant, tirant les couvertures et me glissant hors du lit. « Laisse-moi juste aller à la salle de bain, et je vais descendre vous rejoindre. »
Le rire de Sébastien tandis qu'il trottine hors de ma chambre me fait glousser.
Quelques minutes plus tard, je vais retrouver les autres en bas. Les arômes avec lesquels je suis accueillie me remplissent de chaleur. Café, menthe poivrée, et pin. J'adore les odeurs de Noël.
« Bonjour et joyeux Noël, » dit mon père en m'embrassant sur la joue.
« Joyeux Noël, papa. »
Au moment où tout le monde a fini de se dire bonjour et de se souhaiter joyeux Noël, Seb ne tient plus en place.
« Est-ce que je peux ouvrir mes cadeaux maintenant ? » Se lamente-t-il.
Nous rions tous. « D'accord, vas-y, Seb, tu peux ouvrir un cadeau pendant que je fais le tri, » je dis.
J'en donne quelques-uns à mon père et à Demetri. Ma mère a déjà ramassé les siens, ce qui n'a rien de surprenant. Edward est assis sur le plancher à côté de Seb, et tous les deux admirent le magnifique télescope que le premier a offert en cadeau au second.
« Wow, Seb, c'est génial, » je m'émerveille. « As-tu dit merci ? »
« Ouaip, et c'est tellement cool, maman, parce que regarde… » Il indique un bidule, et je n'ai aucune idée de ce que c'est. « … Et ça. » Un autre bidule.
« C'est super cool, Seb. » Je souris quand Edward m'adresse ce regard qui veut dire 'Tu n'as aucune idée de ce qu'il vient de te montrer.'
Après que tout le monde ait reçu un joli tas de cadeaux, je m'assois derrière Edward et je regarde Seb ouvrir les siens un après l'autre.
Demetri rit quand Seb enfile tous les articles vestimentaires qu'il a reçus, et il imite Joey dans Friends en disant « Pourrais-tu porter plus de fringues ? »
Bien entendu, Seb n'a aucune idée de quoi son père parle, mais ça fait rire tous les autres dans la pièce.
Ma mère ouvre ses cadeaux et remercie tout le monde de l'avoir tant gâtée. En fait, elle est serviable et d'agréable compagnie depuis qu'elle est arrivée. Elle ne m'a pas dit comment être une meilleure mère, et elle ne m'a pas non plus demandé d'argent. Et chaque fois que je questionne Edward à propos du trajet de l'aéroport jusqu'à la maison, il se contente de me dire que ça a été charmant.
Je ne veux pas le pousser à m'en dire plus parce que je sais comment ma mère peut être, mais si quelqu'un parvenait à savoir comment s'y prendre avec elle, ce serait justement Edward.
Mon père m'a offert un nouvel appareil photo car il sait que mon vieux modèle va bientôt rendre l'âme. Demetri m'a offert quelques pulls et une nouvelle sacoche. Ma mère m'a bien sûr offert un certificat-cadeau dans un spa, qui va probablement expirer avant que j'aie pu l'utiliser parce que je n'aurai sans doute pas le temps d'y aller.
Edward nous glisse à tous les deux une petite boîte rectangulaire.
« Seb et moi avons tous les deux le même cadeau, hein ? » Je demande avec un sourire.
« Son télescope était une diversion. » Il glousse.
J'ouvre la boîte avec précaution et j'enlève délicatement le papier de soie argenté à l'intérieur. C'est là que je vois l'enveloppe.
« Mince alors, maman, j'ai reçu une enveloppe, » crie joyeusement Seb.
« Bébé, je crois que nous sommes censés ouvrir cette enveloppe. »
Il acquiesce, et nous levons simultanément le rabat de notre enveloppe pour découvrir son mystérieux contenu.
Il me faut seulement une minute pour me rendre compte de ce qu'il y a dans l'enveloppe. Il faut un peu plus longtemps à Seb.
« Oh, fichtre, maman ! » Il sautille partout et sur tout le monde.
« Un voyage à Disney World ? » Je regarde Edward avec de grands yeux et je rencontre les siens, appréhensifs.
« Est-ce une mauvaise idée ? » Demande-t-il.
« Une mauvaise idée ? » Je regarde Seb, puis mes yeux se posent de nouveau sur Edward. « On dirait plutôt que c'est un énorme succès. »
Je dépose le cadeau sur la table, me penche vers Edward, et l'embrasse avec amour et gratitude. Je murmure un « Je t'aime » contre sa bouche.
« Je t'aime plus, » dit-il.
Seb a fabriqué un album de scrapbooking de ses choses préférées pour Edward. Edward est tellement heureux qu'il se perd dans la lecture de l'album jusqu'à ce que je sois obligée de lui dire d'aller se préparer parce que ses parents vont arriver bientôt.
Quand il revient en bas quinze minutes plus tard, je souris en le voyant arborer la nouvelle chemise et la nouvelle montre que je lui ai offertes.
« Tu t'es mis sur ton trente-et-un à ce que je vois, » je lui dis en lui volant un baiser.
« Eh bien, le fait que tu t'y connaisses tant en matière de shopping a ses avantages, n'est-ce pas ? » Il rit et m'embrasse un peu plus passionnément.
Un raclement de gorge me fait m'écarter d'Edward et me retourner. Ma mère a ses mains sur ses hanches et une expression déconcertée.
« Oh, hey, maman. »
« Je ne voulais pas vous interrompre, mais une voiture vient juste de se garer, et je pense que ce sont les parents d'Edward, » dit-elle.
« Super, merci Renée. » Edward sort en vitesse.
« Maintenant, maman, rappelle-toi que Carlisle a le syndrome d'Asperger, tout comme Seb. Garde ça en tête, s'il te plaît, d'accord ? » Je l'implore.
« Tu t'inquiètes trop, Bella. Je ne suis pas une idiote, » persifle-t-elle en roulant des yeux.
« En réalité je suis pas vraiment inquiète à ton sujet. Je te le rappelle afin que si Carlisle t'insulte – et il le fera – tu ne sortes pas de tes gonds. »
« Merci, ma chérie, mais je sais m'y prendre avec les hommes, » déclare-t-elle, et avant que je puisse lui répondre, elle se rend à la cuisine.
Quelques minutes plus tard, Esmée et Carlisle arrivent avec les bras chargés de cadeaux. Je me précipite à leur rencontre pour les aider, et Esmée m'en est très reconnaissante.
« Est-ce que tu es sûre d'en avoir apporté assez ? » Je plaisante.
« C'est son idée, » répond-elle en m'indiquant Carlisle qui ne semble pas du tout contrit.
« Je vais aller les mettre dans le salon, » je dis, et ils me suivent.
Seb est assis sur le plancher avec Demetri, et ils jouent à Puissance 4.
« J'adore ce jeu, » commente Carlisle.
« Moi aussi. » Seb pouffe de rire.
« Je l'aime parce que je n'ai pas besoin de trop réfléchir en y jouant. C'est un jeu simple. Je pense que c'est la raison pour laquelle il a été inventé, » poursuit Carlisle.
« Pour les personnes simples d'esprit ? » Questionne Dem.
« Exactement, » affirme Carlisle.
Il y a six mois, Demetri aurait argumenté avec Carlisle, l'accusant de le traiter de niais. Mais pas le Demetri qui est assis devant moi aujourd'hui.
Il hoche la tête et dit, « Vous avez probablement raison. »
Seb bat son père, et ils rient quand il lance son poing en l'air et fait le compte à rebours avant de faire basculer la barre, provoquant la chute des jetons rouges et jaunes qui tombent au sol.
« C'est quoi tout ce chahut ? » Ma mère entre dans le séjour avec Esmée et Edward, un sourire sur son visage.
« Nous jouons à Puissance 4, Mamie. » Seb commence à rassembler tous les jetons.
« Oh, cool. Ne laisse traîner aucun morceau, je ne voudrais pas trébucher sur l'un d'entre eux plus tard, » rétorque-t-elle, et je me raidis légèrement.
« Maman, » je murmure, « Seb sait comment ranger. L'une de ses tâches ménagères consiste à ramasser tous ses jouets dans toutes les pièces de la maison. »
« Il n'y a rien de mal à le lui rappeler de temps en temps, n'est-ce pas ? » Demande-t-elle, regardant Esmée qui se contente de hausser les épaules.
Je ne veux pas commencer une discussion sur le sujet, alors je demeure silencieuse et j'aide Seb à nettoyer.
Lauren ainsi qu'Alice et sa famille arrivent dans l'heure qui suit, et la maison s'anime de rires, d'anecdotes et de bruits de papiers froissés. Le dîner est en train de cuire dans la cuisine, et les arômes les plus alléchants flottent à travers la maison. C'est le bonheur de Noël.
« Alors, Dem, est-ce que c'est ta petite amie ? » Demande ma mère en indiquant Lauren.
« Eh bien, nous nous fréquentons. J'aimerais la considérer comme ma petite amie, mais je n'oserais pas présumer… »
Lauren l'interrompt avec un petit rire. Elle met sa main sur le genou de Demetri et le serre légèrement. « Oui, nous sortons ensemble, et oui, je suis sa petite amie. »
« Oh, c'est tellement charmant. » Le mépris dans la voix de ma mère ne passe pas inaperçu. Demetri baisse les yeux sur ses genoux, et je vois Lauren bouger avec gêne.
« D'une manière détournée, Edward est celui qui a rendu leur rencontre possible, » je dis avec un petit sourire espiègle.
« Vraiment ? Comment ça ? » Renée regarde Edward.
« Lauren est mon assistante. Ils se sont rencontrés le jour de Thanksgiving et, eh bien, tout le monde connaît la suite, je suppose. Pourquoi, est-ce que ça importe ? » Edward lance un regard insistant à ma mère. Il sourit, mais ses yeux sont de minces fentes.
Renée hausse les épaules. « Je suis juste curieuse, c'est tout. »
Je ferme les yeux et m'assois dans le fauteuil. Je sais ce qui est sur le point de se produire, et je crains d'avoir besoin d'attraper Seb et de le sortir de la pièce. Renée adore dire des choses épouvantables au sujet de Demetri, et je ne laisserai tout simplement pas Seb entendre ce genre de propos haineux.
« Eh bien, maintenant qu'on a répondu à vos questions, il n'est plus nécessaire de parler de la vie amoureuse de Demetri et de Lauren en ce jour de Noël. N'est-ce pas, Renée ? » Lance Edward avec finalité. Je me tourne vers lui, et il dévisage Renée de la même façon qu'il a dévisagé Tanya le soir du gala.
« Euh… oui, bien sûr. J'étais juste curieuse. » Elle rit nerveusement.
« Parfait. » Edward tape dans ses mains, faisant un peu sursauter tout le monde. « Quelle est la suite du programme ? » Il me regarde et me fait un clin d'œil.
« Oh, eh bien, peut-être que nous pourrions nous débarrasser de tout ce papier d'emballage, monter toutes les choses encombrantes à l'étage, et commencer à dresser la table ? » Ma réponse ressemble davantage à une question, mais je suis commotionnée, à vrai dire. Personne ne s'est jamais adressé ainsi à ma mère, d'une manière sévère mais non dénuée de respect.
« Si c'est ce que tu veux, alors c'est ce que nous allons faire. » Il commence à ramasser le papier, et tout le monde se met de la partie. En moins de quinze minutes, le salon est complètement propre.
Par la suite, Edward, Dem, Charlie, Jasper et Carlisle vont tous dehors pour tester les nouveaux gadgets d'espionnage qu'il a reçus d'Alice et de Jasper.
Les dames choisissent de rester à l'intérieur, bien au chaud, et de finir de préparer le repas.
« Le collier te va à merveille, » me dit Esmée, indiquant d'un doigt le pendentif orné de saphir et de diamant qu'elle m'a donné.
« Merci beaucoup, il est magnifique. » Je rougis.
« Il était à ma grand-mère. » Elle sourit en me voyant écarquiller les yeux de surprise.
« Ah bon ? »
Elle acquiesce. « Oui, elle avait un collier et une bague. J'ai donné la bague à Alice hier soir, et maintenant toi tu as ça. » Elle indique le collier.
« Je… Mon Dieu, Esmée, je ne savais pas, » je marmonne.
« C'est une tradition. Ma mère m'a donné les deux bijoux parce qu'elle n'avait pas d'autres enfants, et je devais les offrir à mes filles. J'ai Edward et Alice, et maintenant je t'ai, et je ne pourrais pas t'aimer davantage si tu étais ma chair et mon sang, Bella, » déclare Esmée, les yeux luisants.
J'essaye désespérément de former des mots, mais rien ne sort. Elle se contente de secouer la tête et de m'étreindre.
« Tu es de la famille, Bella, et je t'aime, » murmure-t-elle à mon oreille, et je la serre plus fort dans mes bras.
« Moi aussi je t'aime. » Je pleure silencieusement dans son épaule. Voilà ce qu'une mère devrait être, et à cause d'Edward, je l'ai. Il me donne plus qu'il ne le saura jamais.
« Que se passe-t-il ici ? » La voix exubérante de Renée brise ce moment parfait. Je la regarde et j'essuie mes yeux.
« Pourquoi pleures-tu, bébé ? » Elle fustige Esmée du regard.
« Non, ce sont des larmes de joie, » je dis.
« Pff, des larmes de joie ? » Elle secoue la tête. « Ça n'existe pas. Ça n'a aucun sens. Le bonheur nous fait rire, la tristesse nous fait pleurer. »
« Ha ! » S'exclame Alice.
« Pardon ? » Renée a l'air interloquée.
« Eh bien, si vous disiez ça devant mon père, il vous entraînerait dans une conversation qui vous donnerait le tournis. » Alice émet un petit rire.
« Il s'agit d'un fait incontestable, » argumente ma mère.
« Mais non, ce n'est pas un fait. Jamais personne n'a dit qu'on ne pouvait pas pleurer quand on rit. D'ailleurs ne dit-on pas pleurer de rire et sangloter de tristesse ? » Réplique Alice.
« Ridicule, » persifle Renée avant de commencer à sortir la dinde du four.
« C'est vrai, demandez à Carlisle. » Alice arque un sourcil comme pour dire 'Épate-moi si tu en es capable.'
« Et pourquoi son opinion vaudrait-elle mieux que n'importe quelle autre ? » Demande Renée.
« Il s'appuie sur des faits pour corroborer ses réponses. Allez, venez. » Alice pousse la porte de la cuisine.
Renée roule des yeux et passe devant elle. « D'accord, allons lui demander. »
Esmée et moi nous empressons de les suivre. Je n'ai pas particulièrement envie de voir ma mère se faire rabattre le caquet, mais en même temps je déteste comment elle rabaisse toujours les autres. Une bonne dose de connaissance lui serait bénéfique au lieu de parler à tort et à travers.
Les garçons sont tous équipés et cherchent quelque chose dans la cour quand nous sortons.
« Hey, papa ! » Crie Alice.
« Oui ? » Il lève la tête de derrière un buisson.
« J'ai besoin que tu expliques un truc à Renée. »
« Ce n'est pas une explication, c'est un débat. Je ne suis pas d'accord avec votre fille, » rétorque Renée d'un ton ennuyé.
« Oh, je vois. » Il hausse les épaules et s'avance vers nous. Il retire ses lunettes spéciales et les tend à Esmée. « Que puis-je faire pour vous ? »
Edward et Charlie viennent nous rejoindre quand ils nous voient attroupés en demi-cercle. Edward se place derrière moi et enroule ses bras autour de ma taille.
« Renée ici dit qu'on ne peut pas pleurer quand on rit, » débute Alice.
« Non, Alice, j'ai dit qu'on ne pleure pas quand on rit. Si vous voulez débattre, vous devez vous assurer de présenter vos arguments de façon véridique, » réplique Renée.
« Eh bien, certaines personnes qui souffrent de dysautonomie héréditaire, appelée aussi syndrome de Riley-Day, sont physiquement incapables de pleurer, mais j'ai l'impression que ce n'est pas de quoi il retourne dans le débat présent, » dit Carlisle, et le visage de ma mère devient blême. Elle ne parle pas à un idiot, et maintenant elle en est consciente.
« Non, Renée dit qu'on ne pleure pas quand on rit parce que les larmes sont un signe de tristesse, » répond Alice.
« Eh bien, les larmes sont causées par des émotions fortes, Renée, alors c'est un fait qu'on peut pleurer quand on rit. Beaucoup de gens le font. » Il enfonce ses mains dans ses poches et regarde Renée, attendant sa réponse.
« Je pleure quand je suis triste, ou en colère, mais jamais quand je suis heureuse. Parce que ça n'a aucun sens. » Voilà son argument. Bonté divine.
« Ceci n'est pas une discussion à propos des choses qui ont du sens, attendez, est-ce que ça l'est ? Ai-je mal compris ? » Carlisle regarde Alice.
« Non, c'est la question qu'on se posait. Peut-on pleurer quand on rit ? » S'enquiert-elle.
Carlisle hoche la tête et entreprend d'expliquer ce qu'il en est. « Pleurer est une caractéristique exclusivement humaine. Les situations qui nous font pleurer sont souvent celles dont nous nous souvenons le plus. Ça montre que nous sommes sensibles aux choses que nous rencontrons dans nos vies et, en ce sens, c'est important pour la survie. Verser des larmes est quelque chose dont nous avons tous besoin pour rester bien portant. Si le rire en est la raison, alors qu'il en soit ainsi. Si la tristesse en est la raison, là encore, qu'il en soit ainsi. En définitive c'est notre cerveau qui décide comment nous allons les libérer. Pas vous ou moi. »
« Hum, d'accord… mais ça ne répond pas à ma question, » déclare fermement Renée.
« Hmm. » Carlisle se gratte le menton. « Je vous ai fourni une réponse, mais je vois que vous ne l'avez pas bien saisie. Ok, essayons une approche différente. »
Renée est complètement décontenancée par la candeur de Carlisle. J'essaye de réprimer mon rire alors qu'il s'assoit et tente de lui expliquer différemment.
« Tom Lutz a écrit un livre intitulé Crying: The Natural and Cultural History of Tears. Il est noté dans cet ouvrage que Darwin a publié des clichés de gens qui riaient et de gens qui pleuraient pour démontrer que la même expression accompagne les deux comportements. Lutz explique dans son livre que certaines larmes sont expulsées des canaux lacrymaux simplement parce que le visage est chiffonné. Mais les larmes accompagnent aussi le retour du corps à l'homéostasie après une excitation extrême. Ainsi, après un gros fou rire, les larmes sont un signe que le corps revient à la normale. » Il sourit, visiblement content de lui.
« Qui est Tom Lutz ? » Demande Renée.
« Un auteur, » répond Carlisle.
« Mais ça ne fait pas de lui quelqu'un de bien informé. Quelles sont ses références ? » Elle est indignée à présent.
« Eh bien, il s'est servi d'un grand nombre des théories de Darwin pour compiler les résultats de ses recherches. » Il émet un petit rire. « Je suis sûr que vous êtes familière avec Darwin, n'est-ce pas ? »
Renée roule des yeux et regarde Charlie, qui s'est joint à l'attroupement il y a quelques minutes. « Peux-tu croire ça ? » Lui demande-t-elle.
« Je ne vais pas prendre part à ce débat, Renée. J'ai joué à Trivial Pursuit avec cet homme le jour de Thanksgiving. Tout ce qui sort de sa bouche est irréfutable. »
Renée me regarde. « Bella ? »
« Ouais ? »
« Dis quelque chose, je veux dire, as-tu déjà pleuré quand tu riais ? »
Je hausse les épaules. « Je suis sûre que si. »
« Merci beaucoup, pas même ma propre fille ne peut se porter à ma défense, » s'emporte-t-elle.
« Me porter à ta défense ? Je pensais qu'il s'agissait de trouver une réponse. Quand donc est-ce devenu un combat de boxe ? » Je questionne.
« Oublie ça, Bella. Je pige. Ils sont intelligents et ils ont de l'argent et ils sont merveilleux. Qu'est-ce que je sais ? Je suis juste la femme stupide qui t'a donné naissance, aimée, et qui était là pour toi jusqu'à ce que… »
C'est comme si le ciel s'ouvrait et que Dieu me donnait la permission de me déchaîner. Je n'arrive pas à croire ce qu'elle est en train de dire.
« Comment oses-tu ? » Je hurle.
Je vois Dem prendre Seb dans ses bras et le chatouiller avant de le ramener galamment à l'intérieur.
« Quoi ? » Demande Renée avec colère.
« Tout, comment oses-tu ? » Je peux sentir les mains d'Edward sur mes épaules. Il me soutient… Il est là.
« Comment j'ose ? Ce n'est pas toi qui te fait jeter en pâture aux loups, » aboie-t-elle.
« Maintenant tu sais l'effet que ça fait, je suppose. Bienvenue dans ce qu'a été toute ma vie, chère maman. Tu trouves toutes les occasions que tu peux pour détruire quelque chose. Tu parlais à propos des pleurs, bon sang, et pourtant d'une manière ou d'une autre tu as détourné le sujet sur toi et sur toutes les raisons pour lesquelles tu as échoué. » Je sens mes mains se fermer en poings.
« Je suis ta mère, Bella, ne me parle pas comme ça devant ces gens, » gronde-t-elle.
« Ces gens sont ma famille. Ils sont tout, pour moi. Quand j'étais seule et que je n'avais personne, papa est venu me donner un coup de main. Emmett, le professeur de Seb, venait faire du baby-sitting quand j'avais besoin d'aide. Où étais-tu ? » J'essaye d'avancer vers elle, mais Edward me retient.
« Moi ? Peut-être que tu devrais demander à Demetri où il était. Ce n'est pas à moi que revient la responsabilité de m'occuper de Sébastien, il a un père, » crie-t-elle.
« Oui, il a un père. Un père formidable. Un père qui a compris ses erreurs et qui passe chaque seconde de chaque minute de chaque heure de chaque jour à prouver à Sébastien qu'il peut et qu'il sera là pour lui. N'essaye surtout pas de le réduire en miettes, » je lance sèchement.
« Je vois, » dit-elle, ses yeux balayant tout le monde. « Tu as ton fric, tu as tout, pas vrai ? Tu n'as plus besoin de moi. »
« Ça suffit, » l'interrompt Carlisle. « Cessez de vous plaindre, Renée, c'est Noël. J'ai passé ma jeunesse avec des parents qui souhaitaient que je ne sois jamais né, et je ne leur ai jamais tenu tête, par crainte. Je ne peux pas rester planté là et vous écouter rabaisser ma famille, et Bella est ma famille. Alors je vous demanderais, si vous ne pouvez pas arrêter maintenant et profiter du reste de la fête, de bien vouloir partir. »
Elle agrandit les yeux, halète, et sans dire un autre mot, elle se rue à l'intérieur.
Edward me tourne doucement vers lui et prend immédiatement mon visage en coupe dans ses mains.
« Bien que je ne pense pas que Noël soit le meilleur moment pour faire ça, je suis incroyablement fier de toi, Bella. » Il appuie ses lèvres sur les miennes, et je me délecte de son contact et de son amour. Ma colère se dissipe rapidement, et une chaleur me traverse.
Le reste de la journée se déroule aussi bien que possible avec un épais nuage flottant sur tout le monde. Sébastien ne comprend pas la situation entre Renée et moi.
Renée ne se mêle pas vraiment aux conversations, et elle boude carrément pendant le dîner et le dessert.
Après le café, elle me prend à part.
« Je ne vais pas provoquer de querelle, Bella. Je voulais juste m'en aller discrètement sans que personne ne me voie. J'espère que Seb et toi ferez un beau voyage à Disney World. Je vous souhaite le meilleur, et j'espère que je serai invitée à ton mariage. Aie une bonne vie, et je… » Elle renifle. « Je suis désolée que tu trouves que je suis une horrible personne. J'ai fait du mieux que je pouvais avec toi, c'est juste que je ne serai jamais ce que tu veux. »
Je soupire bruyamment. Ça lui ressemble tellement. Elle veut que je me sente mal pour elle. Je ne vais pas tomber dans le panneau, je ne peux pas. « Alors tu t'en vas ? Tu ne vas pas dire au revoir à Seb ? Ne vois-tu pas combien c'est horrible ? »
« Il me connaît à peine, » murmure-t-elle.
« À qui la faute ? »
Elle acquiesce. « Tu as raison, je suis… » Des larmes coulent sur ses joues. « Je dois y aller. » Elle attrape son sac qu'elle doit avoir descendu plus tôt et elle passe la porte. Pas d'étreinte, rien.
« Joyeux Noël, » je marmonne pour moi-même.
ooo
Tout le monde accepte mon explication lorsque je leur dis que Renée ne se sentait pas bien et qu'elle a dû partir, mais je sais qu'ils savent que je mens.
Quand la maison est tranquille et que Seb est couché, je m'assois dans le salon et je regarde fixement les lumières scintillantes du sapin. Mon esprit vagabonde vers les Noëls passés. Beaucoup avec Charlie, beaucoup avec Renée. Ceux de Renée étaient organisés à la dernière minute et se terminaient trop vite. Charlie faisait tout en son pouvoir pour que sa fête de Noël soit mieux que la dernière, qui en était habituellement une que j'avais passée avec Renée.
Et me voici maintenant, mon premier Noël avec Edward et sa famille, et je l'ai laissée en gâcher un de plus.
« Joyeux Noël, » murmure Edward en me tendant un verre de vin.
« Joyeux Noël à toi. » Je souris et j'en sirote une gorgée.
« Est-ce que tu vas bien ? » S'enquiert-il.
« Ça ira, Edward, mais pas maintenant. » Je serre sa main et repose ma tête sur sa poitrine.
« Ok, je te le demanderai demain, alors. »
Je glousse. « Me demander quoi ? »
« Si tu vas bien. »
Je lève la tête et je vois ses yeux verts pétillants me regarder. Il y a tellement d'amour dans ses yeux, tellement de sérénité.
« Tout va bien quand tu me tiens, » je murmure.
« Alors je ne te lâcherai jamais, » dit-il, et puis nous ne disons plus rien. Il m'embrasse et efface tous mes soucis. Il caresse ma tristesse et la remplace par de la joie.
Après m'avoir portée à l'étage et déposée dans le lit, il me montre combien il m'aime, et le fardeau ou la douleur que je trimbalais avec moi quand je regardais l'arbre de Noël sont disparus depuis longtemps quand Edward m'embrasse pour me souhaiter bonne nuit.
Je m'excuse infiniment du retard de publication. La semaine dernière j'étais à la compétition nationale de danse de ma fille à Myrtle Beach. Je n'ai pas eu une minute à moi. Demain je pars en vacances jusqu'à dimanche, donc il va de soi que le chapitre 30 sera posté lui aussi avec un délai. Profitez bien de votre été. Et pendant que j'y pense, pour celles d'entre vous qui lisent Des gens comme nous, le chapitre 123 fera entre 60 et 70 pages, c'est pourquoi je ne l'ai pas encore terminé...
Milk
