Chapitre 29

Le temps s'étirait avec une lenteur désespérante. Les jours se suivaient et se ressemblaient tous pour Severus Snape qui parfois ne savait plus si c'était le matin ou l'après-midi, tellement plus rien n'avait d'importance à ses yeux que Harry toujours allongé sur son lit d'hôpital.

Celui-ci ne montrait toujours pas signe de réveil malgré les paroles de Severus qui ne manquait pas de l'abreuver de lecture pour qu'il revienne à lui ou qu'il montre qu'il l'entendait. Pourtant le financier dut se résigner, Harry ne réagissait pas, pas un seul signe, juste des battements de paupières incontrôlés, lui avaient affirmé les médecins quand il leur en avait fait part.

-Allons boire quelque chose de chaud, Severus, lui dit Tony en entrant dans la chambre, et hors de question que tu refuses !

-J'aimerai ne pas le quitter, s'il se réveille pendant que je ne suis pas là, il va penser…

-Il ne pensera rien du tout, et surtout pas que tu l'as abandonné, allons viens, nous ne resterons pas longtemps, promis, et puis Lucia vient d'arriver, tu ne peux pas la laisser repartir comme ça quand même !

-Très bien, je viens, mais juste quelques instant.

Le financier, assis à la petite table de la cafétéria de l'hôpital depuis quelques secondes à peine, n'était pas très à l'aise, il se sentait nauséeux, comme si quelque chose de néfaste allait arriver.

-Je remonte, dit-il brusquement en se levant.

-Je viens aussi, répondit Tony devant la mine soucieuse de son ami.

Le détective régla les cafés puis se tourna vers Lucia avec un sourire d'excuse.

-Je reviendrai ce soir voir les garçons, dit-elle, et j'espère que cette fois j'aurai la chance de voir Harry.

-Les visites sont toujours interdites, ma chérie, mais aussitôt qu'il se réveille je t'avertirai, sois sans crainte.

Severus et Tony, qui sortaient de l'ascenseur après avoir laissé la jeune fille repartir, virent un groupe de personnes en blouse blanche les bousculer et d'autres tirer devant eux un chariot de réanimation. L'affaire avait l'air assez urgente puisque les infirmières couraient pour leur dégager le passage.

Le financier blanchit à vue d'œil quand il vit qu'ils entraient dans la chambre de Harry. Tony ne put retenir Snape qui courut lui aussi pour se rendre compte de l'état de son compagnon. Un infirmier enleva l'oreiller de sous la tête du jeune homme tandis que le médecin cherchait un pouls qu'il ne trouva pas. L'appareil était déjà branché sur Harry, ils n'avaient pas perdu de temps. Dieu merci !

Le financier resta sur le pas de la porte, il ne voulait pas entraver leurs gestes. Harry sursauta à la première secousse du défibrillateur mais l'aiguille resta misérablement plate.

-Il ne revient pas, cria le médecin. On refait un autre essai, écartez-vous !

Le spécialiste demanda, où plutôt ordonna, avec des gestes rompus par l'habitude, qu'on lui prépare une ampoule d'adrénaline dans une seringue après le deuxième choc infructueux. Quand l'infirmière la lui passa, le médecin ne perdit pas de temps à l'enfoncer dans le cœur d'un coup sec et décidé, sauvant ainsi la vie de Harry dont les pulsations se remirent à battre après une autre décharge de l'appareil.

Severus Snape sentit une énorme douleur lui étreindre le corps en entier, comme si on venait de le sortir de dessous un camion. Tony à ses côtés n'en menait pas large, il rattrapa son ami juste au moment où celui-ci sentit ses jambes flancher. Une infirmière lui passa un fauteuil dans le couloir pour assoir l'homme en lui demandant de respirer un grand coup, que son ami était sauvé et que le médecin allait venir lui parler aussitôt que Harry sera stabilisé.

Les deux hommes ne furent pas seuls bien longtemps, Ludovic qui avait entendu le vacarme arriva très vite sur eux pour leur demander des nouvelles.

-Il a fait un arrêt cardiaque, le renseigna Tony. Car Severus ne pouvait pas répondre pour l'instant, choqué qu'il était d'avoir vu Harry si près de la mort.

-Merde ! Et là comment il va ?

-Ils ont réussi à le réanimer, le médecin doit venir voir Severus pour lui expliquer pourquoi.

-Je… commença Ludo en sentant des larmes poindre dans ses yeux, je ne veux pas le perdre, finit-il par dire tout bas.

-Il n'est pas question de ça, le rassura le détective en le serrant contre lui. Harry va s'en sortir, vous entendez tous les deux ? il va s'en sortir, pas question de baisser les bras, il est fort vous le savez bien !

-Oui, se reprit Severus, tu as raison il est fort, il va s'en sortir, redit-il avec plus de force dans la voix en sortant de sa paralysie émotive.

Une autre attente commença pour les trois hommes qui virent Harry être emmené d'urgence dans un bloc opératoire pour lui retirer un caillot qui s'était formé dans son corps, et qui s'était glissé jusqu'au cœur, coupable d'avoir provoqué l'arrêt cardiaque. Tout ça d'après le spécialiste qui avait pris deux minutes de son temps précieux pour expliquer à Severus ce qu'ils allaient faire sur le jeune homme.

Ses jours ne sont plus en danger, reprit le spécialiste avant de disparaître dans l'ascenseur pour assister le chirurgien.

Harry revint sur le petit matin encore endormi sur un lit roulant, il avait passé le reste de la journée et la nuit entière en salle de réveil pendant que Severus passait son temps à faire les cent pas dans la chambre et dans le couloir, donnant le tournis à Tony et à Ludovic. Un infirmier prit délicatement le blessé dans ses bras et le déposa sur son lit pendant qu'un autre surveillait les fils des perfusions pour ne pas les entremêler.

Snape était à bout, il n'en pouvait plus de cette attente qui lui rongeait les nerfs, et alors que d'habitude il arrivait à se contenir pour ses affaires financières, dès qu'il s'agissait d'Harry là c'était le contraire qui se produisait. Aussitôt que les hommes en blanc furent partis il entra dans la chambre tandis que Ludovic regagnait la sienne suivit de Tony, pour laisser à Severus le temps de se reprendre et de savourer la présence de son ange endormi.

Trois autres jours passèrent entre attente et angoisse pour le financier. Trois jours de tortures morales, se disant que ses parents étaient responsables et lui aussi, car s'il ne l'avait pas rencontré, Harry n'aurait pas eu à souffrir autant. Tout ça c'était de sa faute, il aurait dû prévoir le coup et se douter que les vermines qui lui servaient de parents allaient s'en prendre à Harry quand il les avait aperçu dans le restaurant. Tony avait eu raison de se méfier, ce qui n'avait pas été son cas, malheureusement.

Un matin, n'y croyant plus, Severus ouvrit un œil quand il sentit une caresse légère sur sa main qui était posée sur le ventre de son amour. Il s'était endormi ainsi, ne voulant pas le quitter une seule seconde, il ne redescendait même plus prendre un café avec Tony, celui-ci le lui portait directement dans la chambre. L'homme regarda le doux regard vert du jeune homme posé sur lui et un sourire immense ourla ses lèvres.

Les deux mains se serrèrent dans un élan de forte émotion et de tendresse. Les yeux embués d'Harry serrèrent le cœur de Severus qui vint s'assoir sur le lit et qui étreignit le jeune homme dans un élan d'amour incommensurable en faisant attention aux fils qui le reliaient aux machines. Harry était revenu à lui et c'était la plus belle chose de sa vie.

-Désolé si je t'ai fait peur, mon amour, chuchota le garçon encore très pâle et affaibli.

-C'est moi qui suis désolé, chéri, je n'aurai jamais cru qu'ils iraient jusque-là.

-Je t'aime, Severus, si fort, éclata en sanglot le compagnon de Snape.

-Chut ! Ne pleure pas, je t'en prie, mon ange, murmura Severus en le serrant un peu plus fort contre lui. Nous sommes ensembles et personne, et surtout pas eux, ne pourront nous séparer, tu vas devoir me supporter pour l'éternité, morveux.

-Une éternité avec toi, c'est tout ce que je demande, Sev.

-Yes ! hurla Ludovic en entrant dans la chambre des deux hommes qui ne l'avait pas entendu frapper. Harry est réveillé !

Tony entra dans la pièce suivit de Carl qui venait d'arriver.

-C'est vrai ? Il est vraiment conscient ?

-Oui, leur dit Severus en se levant du lit, mais sans lâcher la main d'Harry. Il vient de revenir à lui, enfin !

Severus Snape s'étonna de ne pas voir accourir le cerbère de garde pour interdire l'accès à la chambre de Harry. Voilà déjà deux fois qu'elle avait jeté Carl, Tony, et Ludo, hors de la pièce.

-Nous voilà soulagés, soupira Carl. Quand Jennifer va savoir cela elle va sauter de joie, elle qui s'inquiétait affreusement !

Tony et Ludovic se rapprochèrent de leur ami, blafard et faible, et lui firent un sourire heureux.

-Nous ne restons pas longtemps, Severus. juste le voir et c'est tout, chuchota Ludovic.

-Oui, sa gardienne va revenir, Tony l'a envoyé en bas, elle ne va pas mettre longtemps avant de voir qu'il s'est moqué d'elle, ajouta Carl.

-La belle au bois dormant a daigné enfin ouvrir ses beaux yeux, plaisanta Ludo pour enlever le poids qui pesait sur sa poitrine. Merci, mon frère, d'être revenu parmi nous, chuchota-t-il en se penchant vers Harry. Tu n'imagines pas à quel point nous avons priés pour toi, je suis heureux, oui heureux, sourit le jeune homme en embrassant son frère sur la joue, de te voir enfin éveillé.

-Moi aussi, Ludo, et bien que je ne me souvienne pas de tout ce qui passé au moins je suis heureux d'être de nouveau parmi vous, mes amis, et toi, mon frère.

-Nous avons réussi à trouver un début de piste, annonça gravement Carl avant d'entendre frapper à la porte.

Les cinq hommes furent surpris de voir apparaître un tout jeune homme entrer et remettre dans les mains du financier une couronne mortuaire.

-C'est une méprise, gronda un Snape furieux.

-Non, rétorqua le livreur, regardez le nom qui est écrit dessus, pour notre regretté beau-fils, Harry Potter. On m'a dit qu'il était dans cette chambre, mes sincères condoléances, monsieur, ajouta le garçon avant de sortir de la chambre, sans se rendre compte qu'Harry était bel et bien encore vivant.

-Mais c'est du grand n'importe quoi ! s'exclama Ludovic en prenant le bouquet d'un geste furieux des mains de Severus. Bouquet qu'il jeta dans une des poubelles du couloir avec un geste de dégoût.

Les infirmiers et infirmières, ainsi que des visiteurs, virent passer un homme dont les traits furieux n'engageaient pas à lui barrer le chemin, ni même à lui demander s'ils pouvaient faire quelque chose pour lui, comme l'aider, par exemple. Snape était hors de lui, il avait gardé cette rancœur trop longtemps et maintenant elle demandait à sortir. Ses monstres de parents faisaient tout pour lui nuire et ils allaient encore continuer à tout faire pour lui bousiller la vie.

Quelle bande de pourritures ! Oser envoyer un sinistre bouquet de fleurs pour un enterrement à Harry. Quelle haine habitait le cœur de ces gens pour faire ainsi du mal à autrui ? Cela ne devait plus continuer, il devait faire cesser cela et le plus vite possible. Et Carl et Tony auraient beau lui dire le contraire il ne lâchera pas prise cette fois.

-Severus ! Tu y vas sous le coup de la colère, le prévint Carl en le rattrapant dans le couloir, suivit de Tony.

-Il a raison, écoute-le, prend le temps de réfléchir avant d'agir à la légère.

-Je n'ai pas envie de vous écouter, éructa Snape en continuant son chemin à longues enjambées. J'ai deux mots à leur dire, à ces dégénérés, et personne ne m'arrêtera, même pas vous.

-Severus, nous nous faisons du souci pour toi, pas pour eux. Pour notre part il peut leur arriver n'importe quoi, pour l'instant c'est toi qui nous inquiète.

-Ils ne m'intimident pas, et cette fois c'est moi qui aurais le dernier mot, Carl.

-Si tu y vas ne prend pas de risques inutiles, et je veux que Tony t'accompagne. Tu auras un témoin en cas de problème.

-Tu n'as pas tort, approuva le financier de la city. Ils seraient capables de porter plainte contre moi pour avoir osé essuyer mes pieds sur leur paillasson ou seulement poser ma main sur la poignée de leur porte.

Tony ricana et suivit Severus jusqu'à sa voiture, tandis que Carl retournait près de Harry qui en était encore à se demander qu'elle mouche avait piqué son petit-ami qui l'avait quitté si brusquement.

-Où est-il parti ? demanda justement le jeune homme quand Carl revint dans la chambre avec un air sombre.

-Se dégourdir les jambes, Tony l'accompagne, ne t'inquiète pas.

-Ce n'est pas l'impression que j'ai eu, il paraissait tellement en colère !

-Oui peut-être, mais pas après toi je te rassure.

-Ses parents, souffla le jeune homme. Il est allé voir ses parents ! Paniqua-t-il.

-Je te l'ai dit, Tony l'accompagne, il ne lui arrivera rien de fâcheux.

-Pourquoi tu dis ça ? Il risque quelque chose s'il va chez eux ?

-Non, abrégea le chef de Scotland Yard en se mettant une claque mentale.

-Carl ! Je veux savoir.

-Moi aussi, approuva Ludovic.

-Disons que ces gens sont tordus dans leur genre, on ne sait jamais quels coups foireux ils peuvent imaginer, comme ce bouquet de fleurs, Harry.

-C'est eux ! Mais c'est dégueulasse de faire ça, c'est pour ça que Sev était si en colère ? Et tu crois que ça me rassure là ?

-N'imagine pas le pire, Severus sera sur ses gardes.

-D'accord, je suis vraiment rassuré maintenant, ironisa le blessé en essayant de s'assoir plus confortablement.

-Tu vas bien, tu es sûr ?

-Mais oui, combien de fois on va me poser cette question ?

-Autant de fois qu'il le faudra, gronda Ludo. Ca paraît tellement surprenant de te voir ainsi après tous les déboires qui te sont tombés dessus.

-Faut croire que j'ai la tête dure. Et puis je ne vais pas m'en plaindre, crois-moi.

-Après les coups que tu as reçus… s'étonna Carl, je peux te dire que tu reviens de loin.

-C'est vrai qu'ils ne m'ont pas manqués, ces brutes.

-Cesse de bouger veux-tu ! Les médecins ont dit pas de gestes brusques je te rappelle.

-Je veux juste m'assoir, Ludo, je ne vais pas danser la lambada. Au fait ! Vous les avez arrêté ces tordus ? grogna le jeune homme qui s'étonna de ne pas avoir posé la question avant.

-On dirait que la mémoire t'est revenue, Harry, c'est comme moi.

-Tiens ! C'est vrai tu as raison, j'avais pas capté.

-Non, intervint Carl. On n'a pas encore réussi à leur mettre la main dessus, juste un témoin qui les a croisé, il a retenu le numéro de la plaque de la voiture. Je suppose qu'ils doivent se terrer quelque part en espérant que l'affaire se tasse au plus vite. De toute façon la plaque devait être fausse.

-Dites, Carl ? Vous êtes sûr que ce sont bien les parents de Severus qui ont commandité cette attaque contre Ludo et moi ?

-J'en suis certain.

-C'est vrai, Harry, rappelle-toi, le chef de la bande a bien prononcé leur nom. Je me demande d'ailleurs pourquoi il a pris le risque de divulguer le nom de son patron, s'interrogea Ludovic. Ne prenait-il pas le risque de donner des preuves contre eux ?

-Non, si le chef de cette bande a donné le nom du commanditaire c'est que celui-ci avait certainement expressément ordonné de le faire, expliqua Carl.

-Mais pour quelle raison, que diable ! Tout ceci n'a aucun sens, ces gens doivent être fous !

-Tobias Snape voulait que son fils sache que c'était lui tout simplement. Il voulait lui faire comprendre qu'il pouvait l'atteindre à travers toi et que là où ça allait frapper ça allait faire mal à Severus.

-Et moi comme j'étais avec toi ils en ont profité pour se défouler un peu plus, ironisa Ludovic.

-Je suis désolé, c'est vrai qu'ils n'en avaient qu'après moi et tu as trinqué aussi.

-Tu n'y es pour rien, Harry, c'est ces salauds qui m'ont battus, pas toi.

-Et nous allons les retrouver, Tony a mis quelques personnes qu'il connaît sur le coup et la police travaille activement à les rechercher elle aussi, nous finirons par les avoir, il va falloir mettre un terme à leurs manigances tortueuses et haineuses.

La porte s'ouvrit brusquement sur une femme imposante dont les babines frémissaient de colère.

-Dehors, messieurs, cria-t-elle, en faisant trembler sa moustache. Et vous, monsieur Fairfax je vous veux dans votre lit sinon je pense qu'une piqûre pourrait calmer votre besoin de promenade.

Le jeune homme ne se le fit pas dire deux fois et même Carl eut la bonne idée de ne pas protester aux ordres donnés et fila sans demander son reste.

-Bande de trouillards, ricana Harry qui se tue derechef quand la matrone le toisa d'un œil suspicieux en regardant aussitôt vers la seringue qui reposait sur le plateau de métal.

Près de Londres, dans un manoir, un couple se disputait haineusement. Les griefs et les reproches pleuvaient sur Tobias Snape, il laissa sa femme vociférer en pensant que le gamin des Potter s'en était sorti encore une fois.

-Comment ce garçon a pu survivre à ça ? éructait-elle. Je croyais qu'il avait disparu de la circulation pendant des années et voilà qu'il refait surface, et avec Severus qui plus est, comment est-ce possible que nous ne l'ayons pas reconnu de suite ? et comment se sont-ils rencontrés ces deux-là ?

-Aucune idée, Helen, répondit l'homme qui réfléchissait à toute vitesse. Je croyais le fils des Potter mort, ou du moins évanoui dans la nature depuis qu'il avait disparu de l'orphelinat.

-Eh bien il ne l'était pas, ou alors les morts se portent bien de nos jours, ironisa la femme.

-Nous avons un problème avec Potter.

-Je ne te le fais pas dire ! On risque la corde, tu t'en rends compte ?

-Il faut que j'avertisse les Dursley immédiatement que leur neveu est revenu et qu'il représente un danger pour nos affaires.

-Pourquoi Jared, ce dégénéré, a céder l'orphelinat à notre fils ? On avait une combine en or pour se faire de l'argent et voilà qu'ils fichent tout en l'air !

-Ils sont amis, voilà pourquoi, répondit assez sèchement Snape.

-C'est nous qui aurions dû en hériter, Roger était un imbécile de ne pas avoir mis ses papiers à jour. J'ai toujours dit qu'il n'était qu'un bon à rien, regarde où nous en sommes aujourd'hui !

-Le mal est fait, nous ne pouvons plus revenir en arrière, femme, alors cesse de geindre.

-Que vas-tu faire ?

-Aucune idée pour le moment, tout ce que je sais c'est qu'il faut nous débarrasser de ce Potter pour notre propre bien, je n'ai pas envie de voir la potence de près, et toi non plus j'en suis certain, ricana le vieil homme.

-Nous aurions dû éliminer ce gamin quand nous l'avions entre les mains, je me demande pourquoi Lavarice l'a gardé en vie.

-Cet imbécile ne voulait pas avoir de sang sur les mains, voilà tout.

-Bien fait pour lui s'il se retrouve à croupir en prison !

-Et s'il parle, tu as pensé à ça ?

-Il ne parlera pas, il sait ce qu'il l'attend s'il le faisait, répondit la femme d'une voix froide et déterminée.