29.
Narcissa Malefoy se tenait devant la glace de sa chambre. Assise devant son bureau, elle se brossait doucement ses longs et soyeux cheveux blonds. Drago l'observait silencieusement, tandis que Lucius et lui, fermaient les boutons de leur chemise. Le père et le fils étaient habillés de la même manière. Ils portaient une chemise blanche et une veste parfaitement ajustée, d'un gris sombre, assortie à leur pantalon.
Narcissa, elle, avait prévu de porter une simple robe pour leur sortie. Elle dévisageait les deux hommes avec exaspération. Aussi beaux et élégants qu'ils pouvaient être, ce n'était absolument pas une tenue à porter en plein été. Même si à Londres, les températures pouvaient parfois varier, il était inconcevable de s'habiller de cette façon par cette chaleur. Pourtant, Drago savait qu'elle n'allait rien leur dire. Ils étaient assez grand pour comprendre d'eux-même la stupidité des choix qu'ils faisaient parfois.
En marchant dans les rues Londoniennes, Drago n'aurait su dire ce qu'il regrettait le plus à cet instant. Il s'en voulait d'être habillé de cette façon et de porter des habits foncés. Le soleil semblait être attiré par lui et son poids de plomb pesait sur ses épaules. Lucius devait penser la même chose que son fils, car quelques goûtes perlaient sur son front et ses joues avaient pris une inquiétante teinture rosée.
Narcissa, elle, marchait avec légèreté. Le silence englobait totalement les trois personnes et seuls les talons de la mère de Drago, se faisaient entendre en claquant sur le trottoir chaud.
Le soleil tapait sur la tête de Drago. La chaleur étouffante commençait à aspirer chacune de ses respirations, rendant ses pas difficiles. Lucius s'arrêta finalement devant une boutique. Il poussa la porte et Drago savoura la fraîcheur du lieu. Si les Moldus n'étaient pas doués à grand chose, il fallait quand même admettre que la clim était une invention merveilleuse.
Un homme très mince à la moustache protubérante, s'avança jusqu'à eux et leur offrit un sourire bienveillant, avant de leur demander ce qu'il pouvait faire pour les aider. Les lèvres de Lucius se pincèrent légèrement, frustré sans doute de voir ce stupide Moldu leur poser une question pareille.
– Avez-vous reçu ma commande? aboya-t-il
C'est bien ce que Drago pensait, le gérant de la boutique ne se souvenait plus de son père. Il le vit froncer un instant les sourcils et porter sa main droite à son menton, en guise de réflexion. Pendant qu'il réfléchissait, le petit homme ne respirait plus. Son visage s'illumina alors et il hocha la tête d'un air ravis, apparemment enchanté d'avoir retrouvé la mémoire.
– Je me souviens! Et oui, nous avons reçu votre commande il y a deux jours! Ne bougez pas, j'arrive immédiatement!
Il s'éclipsa un instant et revint quelques minutes plus tard, un énorme paquet à la main.
– Tout y est! affirma-t-il avec un brin d'excitation dans la voix. Vous voulez sans doute l'ouvrir, afin de vérifier par vous même que tout est bien en ordre?
Lucius l'arrêta d'un geste de la main, alors qu'il commençait à déballer ce qu'il y avait devant lui. Sa langue claqua avec agacement et il lui arracha le paquet, pour le mettre dans les bras de son fils. A la grande surprise de Drago, il était léger même s'il était très encombrant.
– Si j'étais vous, répondit Lucius avec froideur, j'espérerais sincèrement que tout soit en ordre. Si ce n'est pas le cas, vous le regretterez.
Il termina sa phrase en tendant à l'homme quelques billets Moldu. Drago les observa avec insistance, il n'en avait encore jamais vu. Il était rare de voir son père faire des achats dans une boutique de ce genre. Il avait l'habitude d'acheter seulement des produits à des sorciers.
Ils sortirent et personne ne répondit à l'homme qui venait de leur souhaiter une bonne journée. La différence de température entre l'intérieur du magasin et les rues de Londres, fit légèrement suffoquer le blond. Drago baissa les yeux sur ce qu'il portait entre ses mains. Il avait l'impression de n'être qu'un vulgaire elfe de maison, condamné à servir comme un serviteur.
De plus, il n'avait aucune idée de ce que le paquet contenait et il avait une furieuse envie d'assouvir sa curiosité en l'ouvrant ou en interrogeant son père. Seulement, il n'avait pas le droit de poser des questions. Son père finirait bien par lui en parler, de toute façon. Il le faisait toujours, à un moment où à un autre. Parfois volontairement, d'autres fois pas, Drago finissait toujours pas apprendre la vérité.
– Bonjour, souffla une voix de femme que Drago reconnu immédiatement.
L'adolescent releva la tête et afficha un sourire chaleureux à celle qui venait de parler. Elle portait une robe jaune, qui lui allait merveilleusement bien. Ses cheveux frisés et indomptés, tombaient contre ses épaules nues.
– Bonjour, répondirent Narcissa et Lucius d'une même voix.
C'était par pure politesse, Drago le savait. Ni l'un, ni l'autre, ne pouvaient la supporter. La femme s'approcha de Drago et déposa un baiser sur sa joue. Il ne pouvait cacher que la douceur de cette femme, ne l'avait jamais laissé indifférent. Il la trouvait absolument magnifique. Il aimait son côté sucré et acide, froid et généreux, tendre et sévère, c'était un paradoxe à elle toute seule. Une femme libre, forte et indépendante.
– Comment vas-tu? demanda-t-elle en lui prenant la main.
Le Serpentard baissa les yeux sur leurs mains et le contraste de la couleur de leur peau le fit sourire davantage.
– Très bien, Mrs Zabini.
Elle lui sourit également et s'excusa avant de s'en aller. Lucius soupira, comme si la voir partir était un véritable soulagement. Drago leva les yeux au ciel face à cette attitude puérile, mais se priva bien de dire le fond de ses pensées. Il n'avait pas envie d'être puni, même si l'envie de défendre la mère de son meilleur ami le démangeait fortement. Narcissa réprimanda son fils du regard, en le voyant si exaspéré et Drago s'empressa de reprendre un visage inexpressif.
– Cette journée sera donc mauvaise jusqu'à la fin. Il fallait tomber sur cette dépravée.
«Jaloux», pensa Drago en se renfrognant légèrement. Elle avait de l'argent sans avoir jamais travaillé et ce n'était pas non plus un héritage familial. Mrs Zabini était à elle seule presque aussi riche que les Malefoy ne l'avaient jamais été, et ça, Lucius en était fou de jalousie et de rage.
– Moi je l'aime bien, répondit le blond sans pouvoir s'en empêcher. Elle est gentille, drôle, intelligente et cultivée.
– Par Merlin, Drago! Ne tombe pas dans ses filets, elle n'en a que pour ton argent!
Drago serra les poings mais fut surpris en voyant son père sourire. Lucius venait de faire une blague. Elle n'était absolument pas au goût de Drago, c'était certain, mais son père venait de faire de l'humour. Il haussa les sourcils et ravala sa remarque. Il était surpris mais toujours en colère.
Mrs Zabini avait eu de nombreux époux. Le père de Blaise, était le seul à être toujours vivant. Il ne parlait jamais de lui et Drago avait même la certitude que son meilleur ami ne l'avait jamais vu. Le blond le soupçonnait même d'être né Moldu et de ne posséder aucun pouvoir magique. Personne ne pouvait dire si Blaise était ou non de Sang-Pur, mais dans le doute, personne ne lui autorisait d'en avoir le grade. Cela était égal pour sa mère, qui l'avait élevé comme un Sang-Pur et qui ne le voyait que de cette façon.
– Et dire que son fils est à Serpentard, dans la maison de mon propre fils et qu'il dort à quelques mètres de lui. Ce n'est pas simplement un Sang-Mêlé, c'est un bâtard, un fils de rien.
– Lucius, le réprimanda Narcissa en s'accrochant à son bras. Ce n'est pas la peine de t'énerver ou de médire sur le garçon. Il n'y est pour rien. Ce n'est pas de sa faute, si sa mère est une libertine assoiffée de fortune.
Lorsque Drago était enfant, Lucius et Narcissa ressentaient déjà une profonde hostilités envers Mrs Zabini. Parfois, ses parents aimaient détesté les gens sans raison apparente. Mrs Zabini ne le méritait absolument pas. Elle avait toujours ressenti une indifférence cuisante pour la famille Malefoy et pour leur importance hiérarchique. Toutefois, elle avait toujours été polie et souriante en leur présence. Elle leur avait toujours parlé respectueusement et n'avait jamais fait de bavure.
Évidemment, son attitude irréprochable ne faisait qu'énerver les Malefoy davantage.
Drago n'avait jamais eu le droit de rencontrer Blaise, avant Poudlard. A l'inverse de Pansy, qui le connaissait très bien et jouait souvent avec lui. Drago n'avait pas vraiment le droit de voir Pansy, non plus. Ni aucune autre fille. Ce n'était pas très bien vu. Il l'apercevait parfois lors des repas de Sang-Purs ou lors d'importantes réceptions, auxquelles leurs parents étaient conviés.
En réalité, Drago voyait rarement des enfants de son âge. Les seules personnes qu'il voyait relativement souvent, car leurs parents s'invitaient plusieurs fois par mois à dîner, étaient Gregory Goyle, Vincent Crabbe et Théodore Nott. Il n'avait pas le droit de jouer avec eux, mais pouvait s'asseoir en leur compagnie et discuter sagement. Drago n'avait jamais été aussi heureux, que le jour où son père lui avait annonçait qu'il pouvait étudiait les matières qu'il aurait à Poudlard avec eux.
C'est ainsi que Drago avait eu pour la première fois l'impression d'avoir des amis. Ils ne riaient pas ensemble et ne partageaient rien. Drago ne connaissait pas leur goût et n'avait aucune idée de ce qu'ils aimaient faire lorsqu'ils étaient seuls. Mais, il était heureux de les savoir dans la même pièce que lui, de partager le même air que d'autres enfants.
Ce n'était pas tous les jours facile d'étudier avec eux, car ils n'étaient absolument pas du même niveau. Crabbe et Goyle étaient trop bêtes pour comprendre quoi que ce soit, tandis que Nott avait un niveau légèrement supérieur à celui de Drago, ce qui l'énervait très souvent. Drago et Théodore se sentaient obligés d'être en compétition permanente. Tous les deux voulant d'être meilleur que l'autre, afin d'apporter le plus de fierté à leur famille.
Théodore était un enfant travailleur et extrêmement calme. Là où Crabbe et Goyle utilisaient les poings et où Drago se servait de son arrogance, de l'importance de son père et de sa confiance en soi, Théodore ne disait absolument rien. Le petit garçon se contentait de juger en silence et de fusiller le monde du regard.
Le petit groupe avait fait la fierté de leur famille, qui les avait jugé d'indestructible.
Une fois à Poudlard, Drago avait compris ce que le mot «amitié» voulait dire. Une fois de plus, ce n'était pas une amitié fusionnelle, c'était une amitié de Serpentard. Seulement, Drago riait avec Blaise, Drago veillait et discutait de tout et de rien avec lui, jusqu'à tard dans la nuit, il était capable de dire ce qu'il aimait faire, de citer toutes les petites choses qu'il détestait. Ce qu'il avait connu et partagé en Blaise, avait été parfaitement inédit pour le blond.
Blaise était l'une des seules personnes, à son arrivée à Poudlard, à ne pas l'avoir considéré comme un Prince. Il passait son temps à se moquer gentiment de lui et à le remettre en place. «Les Zabini font toujours ce qui leur chante. Mère et fils. Des électrons libres.», songea Drago. Plusieurs fois, Blaise s'était attiré les foudres de Goyle et de Crabbe, et avaient échappé de justesse à une bagarre. Étrangement, Théodore et Blaise avaient fini par devenir ami. Blaise avait présenté Pansy à Drago, et cette dernière avait présenté Millicent et Daphné, qu'elle venait de rencontrer.
La naissance de leur bande. C'est ainsi que tout a commencé entre eux.
Drago jeta un regard vers ses parents et soupira doucement. Narcissa n'avait aucun ami et ceux de son père, l'étaient simplement à cause de son nom. Ce n'était pas de l'amitié, c'était plus une alliance, une promesse, un respect. Mise à part Severus, Lucius ne pourrait compter sur personne s'il s'appelait autrement que Malefoy.
Drago souhaitait-il vivre la même chose? Il espérait garder contact avec Blaise, Pansy et Astoria. «Pourquoi est-ce que je me mets à penser au parasite» grommela-t-il pour lui-même. «Comme si je voulais m'encombrer de Greengrass dans l'avenir. Il faudrait être fou pour le vouloir. Déjà, je n'aurais pas le temps de remplir mon frigo, qu'elle l'aurait déjà vidé». Alors que Drago s'imaginait le microbe squatter son manoir pour lui piquer sa nourriture sous sa fourchette, la voix de son père le fit sursauter.
– Pardon? s'étonna-t-il. Je n'ai pas entendu ce que vous venez de me dire.
– Je t'ai dit de nous attendre ici. Nous ne serons pas long.
Drago observa autour de lui. Il se sentit tout de suite profondément stupide au beau milieu de la rue. Ses parents s'éloignèrent dans une ruelle et le blond les vit disparaître. Ils n'avaient quand même pas osé? Ils venaient vraiment de le laisser seul, en plein milieu de nulle part? Et d'un nulle part moldu! Heureusement, Lucius avait récupéré le paquet avant de s'en aller.
Comme un malheur ne vient jamais seul, des humains adolescents s'approchèrent du blond. Ils devaient être à peine plus âgé que le Serpentard. Ils étaient tous en short. Drago trouvait ça particulièrement étrange. Une jeune fille, que Drago décréta de très jolie, avait de nombreux piercings sur le visage et ses bras étaient couverts de tatouages colorés. Oui, les moldus pouvaient être très étrange.
– Salut, fit l'un d'entre eux en croisant les bras sur sa poitrine. Tu as du feu?
Drago haussa les sourcils. Du feu? Qu'est-ce que ce type lui racontait? Il préféra rester silencieux et se contenta de le jauger d'un regard méfiant.
– Il ne parle peut-être pas anglais, suggéra une fille si petite que Drago dû baisser les yeux pour la voir.
– Bien sûr que je parle anglais, s'agaça-t-il.
Le garçon qui lui avait parlé le dévisagea et sa lèvre se retroussa furieusement, dévoilant son soudain mépris.
– Monsieur est sans doute trop important pour nous répondre. Regardez donc comme il est sapé.
«Absolument», confirma Drago dans sa tête.
– Je viens de retrouver mon briquet, s'exclama alors une brune au t-shirt trop large. Tu fumes? demanda-t-elle à Drago.
Maudit soit les Moldus et leur langage que le blond ne comprenait pas. Il acquiesça. Il espérait secrètement que fumer, soit l'action d'attendre quelqu'un, de s'ennuyer fortement ou de commencer à s'énerver.
– Tiens, tu peux prendre ma cigarette, souffla la jeune fille en lui tendant un bâton blanc et orange.
Drago l'observa étrangement durant les premiers instants et se contenta d'imiter les autres. Il porta l'objet à ses lèvres et aspira. Surpris, il cracha la fumé et la moitié de l'air de ses poumons, ce qui fit rire toutes les personnes qui se trouvaient autour de lui.
– Le mytho, pouffa le gars. Je suis sûr qu'il n'avait jamais touché une cigarette de sa vie. C'est papa et maman qui vont être contents en l'apprenant.
– Laisse-le tranquille, répondit la brune en faisant un clin d'œil à Drago. Tu devrais me la rendre. Tu sais, tu devrais faire plus attention à ce que tu fais. Une cigarette c'est pas bien méchant, mais ça peut devenir un véritable fléau par la suite. Je ne suis pas ta mère, je n'ai pas de leçon de morale à te faire, mais tu devrais pas commencer à fumer pour te sentir cool ou pour faire comme tout le monde.
Drago fronça les sourcils. Pour qui cette idiote se prenait-elle? La voix de son père l'empêcha de réprimer une parole sanglante. Il tourna la tête vers Lucius qui venait de l'appeler et s'empressa de le rejoindre. Sa mère n'était pas avec lui. Elle avait dû rentrer au manoir.
– Tout va bien? demanda Lucius. Je peux régler rapidement leur compte à ces Moldus, s'il t'importunait.
– Ce n'est pas la peine, père.
Lucius ne posa pas plus de question et se saisit du poignet de son fils, pour le tirer dans la ruelle et transplanner devant le portail du manoir Malefoy. Drago tomba sur sa mère en ouvrant la porte de chez lui. Narcissa l'observa étrangement et plissa le bout de son nez.
– C'est quoi cette odeur?
Drago haussa les épaules et se dépêcha de monter dans sa chambre. Il se laissa tomber sur son lit en soupirant et sursauta en voyant Blaise sur son balcon. Il leva les yeux au ciel et ouvrit à son ami.
– Ah, enfin! s'exclama le jeune garçon en bousculant Drago en rentrant dans la pièce. Ça fait au moins une heure que j'attends que tu arrives. J'allais justement partir. De peu, on allait se rater!
– Il y en a un qui, s'il te trouve ici, va encore en faire une affaire d'état. Comment tu as fait pour passer les barrières de protections? J'ai vu mon père en disposer le mois dernier.
– Personne ne peut résister à mon charme, pas même un sort du grand Lucius Malefoy.
Drago haussa un sourcil perplexe. Il était réellement curieux de savoir comment son ami s'y était pris.
– Sérieusement, grommela le blond en lui frappant l'arrière de son crâne.
– J'ai demandé à ton elfe si je pouvais rentrer. Je lui ai dit que je voulais te faire une surprise et il m'a laissé passer.
– Il t'a laissé passer, répéta Drago, sincèrement étonné.
– Il sait à que je ne suis pas une menace pour toi.
– Toi non, mais tu pourrais être sous l'emprise du Polynectar! ou sous Imperium!
– Tu sous-estimes un peu trop les elfes de maison, Malefoy. Ils sont extrêmement puissants. Bien plus que toi. Ils sont largement capables de reconnaître la magie lorsqu'elle se trouve sous leur nez.
Zabini se laissa tomber sur son lit. Pourquoi les amis de Drago avaient tous la foutue manie de s'étaler sur son lit? Drago soupira et quitta sa veste. Il était heureux de pouvoir le faire. Il enleva également sa chemise humide et enfila un t-shirt d'une douce couleur émeraude. Il n'avait pas honte de se changer devant Blaise, il partageait son dortoir avec lui depuis trois ans. Il retira également son pantalon, qu'il jeta à l'autre bout de la pièce.
– Tu devais crever d'être habillé comme ça. Tu as perdu la tête?
– Je t'emmerde, répondit Drago en ajustant son caleçon qui était rentré dans ses fesses, ce qui fit rire son ami.
Blaise le dévisagea ensuite longuement. Son visage était étrangement sérieux. Drago se demanda un instant s'il lui en voulait pour lui avoir demandé de se la fermer, avant de trouver cette pensée totalement stupide. Blaise avait l'habitude.
– Qu'est-ce que tu as à me regarder comme ça?
– Quelque chose te tracasse.
– N'importe quoi.
Blaise attrapa le premier objet qui lui passa sous la main et le lança sur la tête de Drago.
– Aïe! se plaignit-il en se massant la tempe. Tu es censé ne pas être une menace pour moi, je te rappelle, mon elfe ne te laissera plus rentrer.
– Ce n'était pas une question que je te posais. Quelque chose te tracasse.
– Tu as peut-être raison.
– Évidemment que j'ai raison. Qu'est-ce qui se passe?
– Ça ne te regarde pas.
Blaise jeta un autre objet sur Drago, que le blond put cette fois éviter.
– Relance-moi quelque chose dessus et je te coupe les deux mains, siffla Drago en jetant sur son meilleur ami pour faire mine de l'étrangler.
Il se laissa tomber à ses côtés et soupira. Blaise fit une grimace.
– Tu as une odeur bizarre.
– Dis que je pue, je ne te dirais rien.
– Tu pues.
– Enfoiré.
Le jeune garçon se mit à rire doucement, avant de tourner le regard vers son meilleur ami.
– Est-ce que tu sais qui détient l'oncle et la tante de Potter, Drago?
Le blond haussa les épaules.
– Sûrement.
– Tu ne me le diras pas?
Drago hocha la tête de droite à gauche.
– Tu ne me diras pas non plus pourquoi tu as passé presque deux semaines chez Rogue, ni pourquoi tu devais faire semblant d'être l'ami de Potter?
Le blond se mordit la lèvre et soupira.
– Tu es chiant, Zabini. Tu sais déjà que je vais pas te répondre mais tu me dis tout ça pour me faire culpabiliser de ne pas le faire.
– Tu sais que je ne dirais rien et que je serais toujours de ton côté?
– Oui.
Ils restèrent un instant silencieux.
– Je vais te dire quelque chose de secret, qui sera sans doute bien plus excitant que ce que tu as mentionné. Tu devras le garder pour toi, mon père n'avait pas le droit de le diffuser. Poudlard va accueillir le Tournoi des Trois Sorciers, cette année.
– Vraiment?
– Tu sais de quoi il s'agit?
– Bien sûr, je ne suis pas idiot.
Drago se renfrogna légèrement. Il avait dû faire des recherches pour savoir en quoi cela consistait exactement. Ils en discutèrent durant de longues minutes. Puis, Blaise s'étira les bras, manquant éborgner Drago au passage.
– Au fait, souffla-t-il en baillant, il paraît que tu as croisé ma mère tout à l'heure.
– Ouais.
– Elle vient de se fiancer. Elle allait acheter sa robe de mariée.
Drago éclata de rire, sans réellement savoir pourquoi. Blaise le suivit rapidement et les deux amis partirent dans un fou-rire interminable.
