[Tous les personnages de Twilight appartiennent à Stephenie Meyer]

Tome 3 - Appréhension

[…]

Et bien, j'étais dans un hôpital pour les fous.

[...]

Chapitre 1

J'avais vraiment essayé, plusieurs fois. À chaque fois, j'échouais. Je ne pouvais pas, c'était trop difficile.

Il fallait me comprendre, j'avais toujours vécu ici. J'aimais cet endroit, j'étais libre et en sécurité.

Mais il y avait cette fille dans mes rêves, elle m'intriguait, j'avais envie de la connaître mais j'ignorais pourquoi.

Elle avait tout ce que je n'avais pas et j'avais tout ce qu'elle voulait. Elle avait un père, une sœur, des amis, elle était forte et n'avait peur de rien. J'étais sûre qu'elle n'aurait pas eu peur de sortir de cette forêt.

Elle voulait être libre, qu'on la laisse tranquille. J'avais ça, moi. Je vivais dans une forêt, sans toit, sans mur et on ne m'embêtait pas.

Je scrutai l'horizon, le soleil allait bientôt se coucher. J'étais adossé contre le tronc de l'arbre le plus haut, sur sa branche la plus haute. Je souris, la fille aussi aimait grimper aux arbres.

Je descendis de mon arbre et me dirigeai vers celui sur lequel j'aimais dormir. Je montai sur la première branche et m'allongeai dessus, sur le ventre et m'endormit aussitôt.

Le lendemain, je me réveillai avec les premiers rayons du soleil qui transperçaient le feuillage. J'avais encore rêvé d'elle, elle était toujours enfermée dans cette sinistre pièce. Si seulement je n'avais pas peur, je pourrais la sortir de là.

J'étais assise à califourchon sur la branche, me fustigeant d'être aussi lâche. Je n'avais jamais réussi à sortir de ma forêt si sécurisante, j'étais restée là depuis que ma mère m'y avait emmenée.

Je repensais parfois à ma mère, mon seul souvenir d'elle était la fois où elle m'avait déposée au milieu de cette grande forêt, elle m'avait dit ces mots :

« Je suis désolée, je dois te laisser ici. Je sais que tu sauras te débrouiller, tu ne seras pas seule, tu n'es pas encore en âge de comprendre, tu n'as que deux ans... mais je sais de quoi tu seras capable et ici est le meilleur endroit pour toi. Je suis désolée.

C'était tout, il n'y avait rien d'autre. J'avais su me débrouiller comme elle me l'avait dit, les animaux m'avaient aidée comme ils pouvaient, me montrant ce que je pouvais manger ou non, les endroits où je pouvais boire et ceux à éviter.

À chaque fois que je dormais, je voyais cette fille, elle menait sa petite vie et moi, dans mes rêves, je l'espionnais. Sa vie me venait dans le désordre, parfois elle était encore petite d'autres fois, elle était déjà grande. Curieusement, elle n'avait jamais plus de 17 ans.

Quand je ne dormais pas, j'allais à l'orée de la forêt, restant bien sur une branche haute pour ne pas qu'on me voit. J'écoutais les gens qui passaient, je les observais, j'apprenais.

Pour me laver, j'allais dans le lac tôt le matin, quand il n'y avait personne, j'utilisais les toilettes publiques de la plage de galet qui étaient entretenus chaque jour, même en hivers pour les promeneurs.

Je savais beaucoup de chose sur la vie à l'extérieur de la forêt, grâce à mes séances d'espionnage mais je n'avais jamais croisé de vampires ni d'hommes-loups alors que la fille en croisait tout le temps dans mes rêves, du moins, ceux où elle avait 17 ans. Elle était même amie avec des vampires.

Je voyais bien dans mes rêves qu'elle aimait beaucoup sa sœur, alors quand j'avais vu dans un de mes rêves que sa sœur allait être agressée et tuée, j'avais essayé de prévenir Kiara.

Elle s'appelait Kiara, la fille.

J'essayais de sortir de ma forêt depuis l'âge de 11 ans, je voulais la rencontrer mais j'avais trop peur pour me lancer vraiment. À 16 ans, j'ai rêvé de son enlèvement, plusieurs fois, j'avais essayé de la prévenir mais j'étais arrivée trop tard. Il fallait que j'y aille de moi-même mais j'avais toujours trop peur. Puis le jour de son enlèvement était arrivé et depuis, quand je rêvais de Kiara, elle était enfermée dans une pièce sinistre et sombre.

Un bruit sourd me sortit de mes pensées, les animaux couraient s'éloignant de ce bruit. J'allais voir ce qui se passait. Après quelques minutes de marche, je vis deux hommes avec des machines bruyantes qu'ils portaient à bout de bras. J'étais au sol, ils risquaient de me voir mais j'étais trop curieuse de ce qu'ils faisaient pour me mettre à l'abri sur une branche. Il y avait un homme brun habillé en jean et un T-shirt noir, l'autre aussi était brun mais ses cheveux longs étaient parsemés de cheveux gris, il portait un pantalon beige et avait retiré son T-shirt. Je compris d'où provenait le bruit de tout à l'heure quand je vis qu'un arbre était tombé, l'un des hommes posa sa machine au sol tandis que l'autre plantait l'énorme lame dans le tronc d'un autre arbre. Cet arbre pencha et tomba à la renverse.

Vers moi... il tombait vers moi et j'étais incapable de bouger alors qu'il se rapprochait. Je fermai les yeux et attendit l'impact. Des craquements puis un bruit sourd. J'ouvris les yeux, l'arbre était tombé à côté de moi, j'avais eu de la chance.

L'un des hommes m'aperçut, je ne bougeais toujours pas, j'essayai de calmer les battements frénétiques de mon cœur.

« Hey, ma p'tite, tu ne dois pas être là, tu aurais pu mourir. Me dit l'homme aux cheveux noirs.

L'autre regardait dans ma direction aussi, il passait sa langue sur sa lèvre supérieure.

« Tu es bien jolie. Lança l'homme aux cheveux gris.

« Tom, reste correcte, tu veux ? Le réprimanda le premier.

« Ça va, ça va... je ne dis plus rien.

« Je m'appelle Tony, et toi, petite ?

Je ne répondis pas, il fallait que je m'enfuis.

« Voyons, je vais pas te manger... est-ce que tu...

« Aahh !

Le cri de l'homme grisonnant nous fît sursauter, le brun se retourna et j'essayai de repérer celui qui venait de crier mais ne le vis nul part. Il avait disparu.

« C'est quoi c'te blague ? Lança le brun à moitié effrayé. Tom, ce n'est pas drôle !

Je regardai autour de moi au cas où il se cacherait pour nous faire une farce mais je ne vis rien. Quand je me retournai vers le brun, il n'était plus là. C'était surréaliste, comment avaient-ils disparus ?

Soudain, des bruits de craquement suivi d'un corps qui s'aplatit violemment au sol. L'homme brun ne bougeait plus, il était devenu livide, une plaie était visible sur son cou mais je ne voulais pas vérifier. Je me mis à courir dans le sens opposé, m'enfonçant au cœur de la forêt.

Mais un homme apparut devant moi et m'arrêta dans ma course, il me tournait le dos. Il portait un jean noir et une chemise bleu-nuit dont les manches étaient retroussées, il avait les cheveux châtains foncés emmêlés. Je regardai ses avant-bras dénudés et ses poings serrés, il avait la peau si pâle qu'une seule pensée traversa mon esprit... Vampire.

« Je n'avais pas vu que vous étiez trois. Dit-il doucement.

Cette voix...

« Je ne sais pas si tu étais avec eux mais tu as vu la scène.

Je connaissais cette voix...

« Je suis désolé. Continua-t-il.

Je cherchais dans mes souvenirs mais ne voyait pas qui il était.

« Je vais devoir te tuer.

Quoi ? Me tuer ?

« Je vous en prie... murmurai-je.

Il se crispa aussitôt.

« Tais-toi ! Gronda-t-il.

Je reculai d'un pas, il se retourna et en me voyant, son visage furieux se transforma en visage surpris. Mon dieu, ses yeux... ils sont si... étranges. Il n'était pas du genre rassurant, comme type, sans compter les hommes qu'il venait de tuer.

Je grimpai à l'arbre le plus proche, arrivée tout en haut, je regardai en bas, il n'avait pas bougé et ne regardait même pas dans ma direction. Dans ma panique, je n'avais pas réalisé que je me tenais sur une branche trop fine pour supporter mon poids et alors que j'entamai un mouvement pour descendre sur une autre plus grosse, la branche se brisa, je me cognai contre quelques branches dans ma chute quand je fus stoppée par deux branches glacées sous mes genoux et dans mon dos. J'ouvris les yeux et vis qu'en fait, il s'agissait des bras du vampire, je regardai en bas, il était rapidement monté de quelques mètres et se tenait en équilibre sur une branche.

Une douleur à la tête me fit froncer les sourcils, ma vision se troubla puis plus rien.

Kiara était toujours dans la même pièce, elle avait maigri, elle ne devait pas manger à sa faim. Elle ne faisait rien, le regard perdu, elle attendait.

Je me réveillai petit à petit, j'étais étendue sur le dos sur un sol mou qui n'était pas confortable. Puis je me souvins du vampire, de ma chute. J'ouvris les yeux doucement, au-dessus de moi, le plafond. Je m'assis et regardai autour de moi, des murs, partout. Il y avait juste une fenêtre d'un côté et deux portes sur le mur face à moi et à ma droite.

Ce que je croyais être le sol était en fait un lit, je me demandais comment on pouvait dormir là-dessus. Je repoussai la couverture et posai mes pieds par terre. Je ne portais plus ma jupe ni mon T-shirt déchiré mais un pantalon de jogging noir et une chemise bleu ciel un peu trop grande pour moi.

Je tentai d'ouvrir la porte face à moi et me trouvai dans une pièce bien plus grande que la chambre, il y avait le vampire de tout à l'heure ou d'hier, je ne savais pas combien de temps j'avais dormi. Il était dos à moi et semblait occupé avec quelque-chose qui faisait de la fumée. Une odeur me parvenait et me donnait faim.

Il ne semblait pas avoir remarqué que j'étais là alors je parcourais la salle des yeux. Sur la droite, le canapé et en face il y avait une table basse et la télé accroché au mur.

Sur la gauche, il y avait une table entourée de quatre chaises et en face, la cuisine, là où l'homme était.

« Tu as faim ? Me demanda-t-il subitement sans s'être retourné.

Il m'avait remarquée, finalement.

« Euh... oui. Répondis-je nerveusement. Est-ce que...

Il se retourna et je n'osai pas continuer ma phrase. Je le regardai et ses yeux étaient devenus verts, il était beaucoup moins effrayants sans ses yeux aux reflets rouges. Il me sourit et je me souvins de qui il était, Edward, l'ami de Kiara mais il aurait dû avoir des reflets dorés dans ses yeux.

« Est-ce que... ? M'incita-t-il à continuer.

« Euh... où sont les toilettes ?

« Dans la salle de bain, l'autre porte de la chambre où tu te trouvais. M'indiqua-t-il.

Avant que je n'aie le temps de me retourner, Edward se posta devant moi et sans que je sache ce qu'il se passait, il me prit dans ses bras, je n'osai plus respirer.

« Je suis désolé, tellement désolé. Je n'aurais pas dû te laisser, j'aurais dû rester avec toi. Je t'en prie, pardonne-moi.

Que... quoi ? fut la seule pensée qui me vint. Était-il devenu fou?

« Je... commençai-je en l'éloignant de moi, il semblait pendu aux paroles que j'allais prononcer. Je ne comprends pas...

« Est-ce que tu as perdu la mémoire ? Me demanda-t-il.

« Non... on ne se connaît pas.

« Bien sûr que tu me dis non. Soupira-t-il. Comment tu pourrais savoir que tu as perdu la mémoire puisque tu ne te souviens pas.

« Mais... on ne s'était jamais vu avant que tu veuilles me tuer. Dis-je en baissant la tête à ce souvenir.

« Kiara, je ne vais pas te tuer. Dit-il comme si c'était évident.

Je relevai vivement la tête vers lui.

« Je ne suis pas Kiara. Affirmai-je.

Il fronça les sourcils d'incompréhension.

« Tu es forcément Kiara, tu es... pareille, tes yeux... les même yeux bleus, la même voix. Je n'arrive plus à lire tes pensées sauf quand tu dors, mais c'est bien toi, tu rêves de toi à la troisième personne, ce qui est étrange mais...

« Non, Edward, je ne suis pas Kiara. Dis-je doucement.

« Comment connais-tu mon prénom, alors ?

« Parce que... parce que... Je t'ai vu dans mes rêves quand je rêve de Kiara, je sais que tu es son ami, je sais que tu as une sœur qui s'appelle Alice, que tu aimes Bella, il se renfrogna à l'évocation de celle-ci, parce que je vois des choses qui vont se passer dans mes rêves à son sujet. Je ne suis pas Kiara mais Lyana.

Son visage devint subitement très triste.

« Désolé, je t'ai pris pour elle, tu lui ressembles tellement. Il passa ses doigts dans mes cheveux. Tu devrais peut-être prendre une douche, je pense. Tu peux utiliser les produits que tu veux. Je t'ai acheté ça, ce sera mieux.

Il s'éloigna, je pris la robe en jean qu'il m'avait montrée à l'instant et je retournai dans la chambre puis dans la petite pièce où il y avait effectivement les toilettes, un lavabo et une cabine qui devait être la douche, j'enfilai la robe et me regardai dans le miroir. Je fus surprise de voir Kiara de l'autre côté mais quand je vis qu'elle faisait les même gestes que moi, je compris que c'était moi, je comprenais pourquoi Edward pensait que j'étais elle, nous étions vraiment pareille.

Quand je revins dans le salon, encore trempée sous ma robe, il y avait une assiette et des couverts posés sur la table, je n'avais jamais utilisé de couverts, j'espérais qu'il se s'offusquerait pas si je mangeais avec les doigts. Edward était adossé contre le plan de travail de la cuisine, les bras croisés sur son torse.

Je m'installai sur la chaise et regardai mon assiette, il y avait un rond orange au milieu d'un rond difforme blanc et des lamelles roses à côté. Je n'avais jamais mangé ces choses. Je déchirai un morceau du truc blanc, surprise que ce soit chaud sous mes doigts et le portai à ma bouche, ce n'était pas très bon. J'essayai avec le truc orange mais quand mes doigts se posèrent dessus, il éclata et le liquide visqueux s'étalait sur le blanc. Je portai mes doigts couverts de la substance à ma bouche, ça avait un meilleur goût alors je mangeai le blanc mélangé au liquide orangé. Je pris une lamelle et croquai dedans, ça c'était vraiment bon.

« Qu'est-ce que c'est ? Demandai-je.

« Des œufs et du bacon.

Œuf... bébé oiseau... bacon... cochon.

« Ça va ? Tu es devenue toute pâle. S'inquiéta-t-il.

Je me levai nauséeuse et me précipitai aux toilettes, tout allait ressortir. Une fois que je n'avais plus rien à vomir, je me rinçai la bouche au robinet et retournai dans le salon.

« Ça va mieux ?

J'étais furieuse, vraiment furieuse. Je m'approchai de lui et commençai à le frapper.

« Non ça ne va pas mieux ! Tu m'as fais manger un cochon et un bébé oiseau !

Il bloqua mes mains dans les siennes glacées et là, je me rappelai qui il était. Je reculai vivement, il me lâcha.

« Je... euh... je suis désolée... je... ne me tue pas.

« N'aie pas peur, je ne vais rien te faire. Me rassura-t-il. Tu ne manges pas de viande ?

« Je ne mange pas ceux que j'aime.

Comment pouvait-il me faire manger des animaux ? Je vivais avec eux, ils étaient toujours affectueux avec moi.

« Ok, excuse-moi, je ne savais pas. Dit-il sans vraiment comprendre.

Je hochai la tête, il prit l'assiette et allait vers la poubelle.

« Non.

Il se retourna.

« Quoi ?

« Tu ne peux pas les jeter à la poubelle.

Il réfléchit puis demanda : « Où, alors ?

« Il faut les enterrer.

Il fronça les sourcils, regarda l'assiette qu'il tenait dans la main, puis moi, puis l'assiette. Il soupira puis me fit signe de venir avec sa main en se dirigeant vers une porte marron, derrière le canapé.

Il y avait un petit jardin qui semblait faire le tour de la maison, il se dirigeait derrière la maison, je le suivis. Il fit un trou profond et y versa le contenu de l'assiette avant de reboucher le trou.

« Je ne dirais pas de prière ni aucune autre chose. Lança-t-il. Tu viens ?

Je le suivis et nous rentrâmes à nouveau dans la petite maison. Il se dirigeait vers la cuisine et revint vers moi avec une pomme dans la main.

« Tiens.

Je pris la pomme en le remerciant et croquai dedans.

« Je t'ai acheté des chaussures aussi, je ne connais pas ta pointure mais j'ai pris trois tailles qui pourraient correspondre.

Il me montrait trois boîtes, j'en ouvris une et en sortis des sandales blanches. Je les mis aux pieds mais mes doigts de pieds dépassaient de la semelle. J'essayai une autre paire et elles étaient de la bonne taille, je fermai les fermetures et me levai.

Je n'avais pas l'habitude d'avoir des chaussures, je n'en avais jamais mis avant et c'était atrocement gênant.

« K... Lyana ?

Je me retournai vers Edward.

« On doit y aller.

Il me prit par la main et m'emmena dehors jusqu'à sa voiture et me fit monter à l'avant. Il se plaça derrière le volant et mit la voiture en marche. J'étais terrifiée.

Après quelques minutes, je me détendis légèrement mais fut vite rattrapée par la peur quand il accéléra sur une route à plusieurs voies. Je m'agrippai au siège. Il rigola.

« Il est certain que tu n'es pas Kiara, ne t'inquiètes pas, il n'arrivera rien.

Ne pas m'inquiéter, facile à dire. Je regardais loin devant moi car la voiture semblait aller moins vite que si je regardais par la fenêtre où les poteaux, les arbres et autres choses défilaient si vite qu'on ne les distinguait pas vraiment.

« Où habites-tu ? Me demanda-t-il.

« Dans la forêt. Répondis-je.

Il semblait pensif.

« Depuis quand tu vis dans la forêt ?

« Euh... depuis toujours, presque.

« Où sont tes parents ?

« Je ne sais pas, ma mère m'a déposée là-bas et elle est partie, j'avais deux ans.

« Tu sais pourquoi tu rêves de Kiara ?

« Non, je ne l'ai jamais vue en dehors de mes rêves.

Il ne dit rien pendant un moment.

« Elle pourrait être ta sœur... jumelle.

« Je n'ai pas de sœur.

« Peut-être que vous avez été séparées à la naissance ou trop tôt pour que tu t'en souviennes... vous ne pouvez pas vous ressembler autant sans être jumelle, c'est la seule explication... en dehors de celle où tu es Kiara.

« Je ne suis pas Kiara.

« Alors tu es sa jumelle.

« Non.

« Tu es aussi têtue qu'elle.

« Où est-ce qu'on va ? Lui demandai-je, pour sortir de cette conversation sans fin.

« Je t'emmène dans ma famille, ils habitent à Forks. C'est là-bas que Kiara vivait. Tu ne peux pas rester avec moi.

« Pourquoi ?

« C'est dangereux. Tu sais ce que je suis ? S'enquit-il.

« Oui, un vampire.

« là, j'ai mis des lentilles mais sinon, j'ai des reflets rouges parce que je me nourris de sang humain.

Je me crispai.

« Je ne te ferais pas de mal. Je m'en prends seulement aux humains qui ont commis des crimes ou qui sont sur le point de le faire.

« Les hommes dans la forêt...

« Ceux qui coupaient les arbres illégalement ? Le premier que tu as vu disparaître est un violeur, l'autre un témoin gênant mais il était loin d'être un ange.

Je déglutis difficilement, il avait voulu me tuer, aussi.

« Mais ta famille aussi, ce sont des vampires.

« Oui, mais ils se nourrissent uniquement de sang animal, tu n'as pas vu ça dans tes rêves ?

Je serrai les poings, ils tuaient des animaux, c'était cruel.

« J'avais oublié... soupira-t-il en voyant ma mine horrifiée. Crois-moi, c'est pire de tuer les humains et nous n'avons pas d'autres options que ces deux choix.

« Mais...

« Lyana, si je n'avais pas chasser plus qu'il ne fallait cette nuit, je t'aurais tuée. Je ne peux pas te laisser retourner dans la forêt parce que tu es au courant et je ne peux pas rester seul avec toi parce que je pourrais perdre le contrôle. Il y a une forêt à Forks, elle est plutôt grande, tu seras bien là-bas et Alice pourra anticiper mes actions.

« Tu te nourrissaient comme ta famille avant... pourquoi tu as changé ?

Il prit un air grave et une lueur mélancolique traversa ses yeux.

« Kiara était comme ma petite sœur. Il y avait un clan de vampires nomades qui voulait en faire l'une des leurs. Je l'ai laissée avec Bella chez les Quileutes... mais Kiara n'écoute jamais. Elle s'est retrouvée seule et s'est fait enlever par l'un d'eux. Alice ne la voyait plus... elle est morte. Avec son sale caractère, ils ont dû décider de la tuer. Alors je suis parti parce que je ne supportais pas de l'avoir perdue et aussi parce que Bella me détestait, je les ai perdues toutes les deux, en quelque sorte. Ça fait un peu plus d'un an, maintenant. Et j'ai entendu ta voix, sa voix, ça m'a mis en colère, j'allais te tuer de toute façon parce que je ne pouvais pas laisser de témoin, puis je t'ai vue et là... je ne pouvais plus bouger. J'avais Kiara en face de moi, vivante. J'avais l'impression de revivre... jusqu'à ce que tu me fasses comprendre que tu n'étais pas elle et donc qu'elle était bien morte.

Il n'avait pas quitté la route des yeux en racontant tout ceci, il était triste, elle devait vraiment compter pour lui. Puis je réalisai ce qu'il venait de dire. Kiara était morte. Pourtant, je rêvais toujours d'elle et jusqu'à présent, ce qui arrivait à Kiara dans mes rêves avaient toujours lieu avant que ça ne lui arrive vraiment. Mais si elle était morte, peut-être que mes rêves étaient figés, d'où le fait qu'elle soit toujours enfermée depuis des mois dans le même endroit.

J'étais triste d'avoir perdu la seule personne que je connaissais, elle ne m'avait même pas connue. Ça aurait été étrange de se retrouver l'une en face de l'autre, surtout pour elle parce que moi, je ne m'étais jamais vue dans un miroir jusqu'à aujourd'hui, je ne savais pas à quoi je ressemblais.

Mes chaussures me gênaient affreusement alors je les retirai.

« Tu n'étais jamais sortie de la forêt, hein ? Me demanda-t-il sur un ton plus léger.

« Non, j'ai essayé plusieurs fois mais je n'ai jamais réussi, j'ai toujours eu peur d'en sortir.

« Il y a une raison du fait que tu voulais en sortir ?

« Je voulais connaître Kiara... puis j'ai voulu la sauver avant qu'elle ne se fasse enlever et après...

« Tu savais qu'elle se ferait enlever ? Me coupa-t-il.

« Oui, j'ai essayé de la prévenir mais quand j'ai réussi à apparaître devant elle, c'était trop tard... je suis désolée.

« Ce n'était pas ta faute. Essaya-t-il de me rassurée.

« C'était la première fois que tu... apparaissais dans sa vie ? S'enquit-il.

« Non, quand j'étais petite, j'ai fait un rêve où elle pleurait parce que sa sœur avait été agressée et tuée.

Il serra ses poings sur le volant.

« Mais la nuit suivante, j'ai réussi à la prévenir juste à temps pour qu'elle se mette en chemin.

« C'était toi, alors. La petite fille dans la télé.

« Oui... la nuit suivante de ce dernier rêve, je l'ai vue tourner dans les rues de Port Angeles et arriver trop tard, alors j'ai passé ma journée à dormir en espérant arriver encore une fois au bon moment. Au troisième rêve, j'ai réussi à tomber sur le moment où elle n'était pas loin et je lui ai indiqué la route.

« Et tous ces rêves, tu n'étais qu'une enfant ?

« J'avais 9 ans quand j'ai fais les rêves de cette soirée. 16 ans quand j'ai fait ceux où elle se faisait enlever. Je pouvais voir son futur de quelques jours, quelques mois ou quelques années. Je rêvais de son futur dans le désordre, une fois 5 ans dans le futur, une autre fois, quelques heures dans son futur.

Il hocha la tête en signe de compréhension.

« Ça a dû être déstabilisant.

« Au début, oui. Je m'étais habituée ensuite, ça ressemblait à ces jeux pour enfant où il faut mettre les images dans le bon ordre.

« Un puzzle ?

« Oui, j'essayais de mettre sa vie dans le bon ordre.

« Tu connaissais tout de la vie de Kiara alors qu'elle ne savait rien de toi ni même ton existence.

Je haussai les épaules, c'était l'histoire de ma vie.

« J'avais envie de la connaître malgré son attitude avec les autres qui avait essayé. Elle m'aurait envoyé promener.

« Je ne sais pas, je ne pense pas, elle aurait été trop curieuse de savoir pourquoi tu lui ressemble tant.

« Peut-être... Fis-je songeuse.

Le reste du trajet se fit en silence, il s'était arrêté quelques fois pour prendre de l'essence ou m'acheter des fruits. Au bout d'un moment, les arbres se firent plus présents jusqu'à entourer complètement la route. Nous traversions une petite ville qui semblait s'être construite en plein milieu de la forêt et autour de la grande route sur laquelle nous roulions. Puis à nouveau, nous entrions dans une rue plus petite entourée d'arbres. Après un virage, je découvris une immense maison en bois avec de grandes fenêtres.

« Alice a vu ma décision de venir ici mais elle n'a vu ni la raison ni le fait que tu sois avec moi.

Je pris quelques inspirations avant de descendre de voiture.

NdA :

Je sais que si Kiara n'était pas arrivée à sauver Bella, Edward l'aurait fait parce qu'Alice l'a prévenu mais Lyana n'avait pas toutes les cartes, tout comme Alice. En fait, elles ont vu la même chose : Bella se faire agresser et tuer.