Surprise !
Chapitre 28 : Interlude
Pom !
Pom pom pom !
La valse des notes résonnait dans toute la pièce, pour un unique spectateur, la pièce étant, comme toute celle du bâtiment, insonorisée.
La personne assise au piano déplaçait avec virtuosité ses mains gantées sur les touches, et fredonnait doucement la longue mélodie.
Il n'y avait pas la moindre odeur dans la pièce, le cadavre de cette incapable de « Whisky » ayant été très vite emportée par Rum, qui devait déjà être chez cet Okiya à l'heure qu'il était. Inutile de se préoccuper de lui, sa confiance en son second était inébranlable.
Enfin, toujours est il que l'air de la pièce n'était absolument pas vicié. Heureusement d'ailleurs, car impossible de jouer dans ces conditions. Une personne de sa condition ne supporte pas la moindre imperfection. C'est d'ailleurs ce qui avait causé la mort de Korikura. Il en va de même pour les poids morts. Rum avait eu raison de se débarrasser de ce groom, lors de l'enlèvement de cette gamine.
Les mains du chef de l'organisation se figèrent. Oui, cette gamine...Qui avait été délivré par le FBI et leurs alliés ! Maudits soient-ils ! Sur ce point, Rum s'était trompé, ou, pire, avait sous-estimé ses adversaires...Ce n'aurait pas été Rum, il ne serait déjà plus de ce monde...Et dire qu'en plus, celle que l'organisation, sur son ordre, recherchait depuis si longtemps, était encore hors de portée ! Se réfugier dans un commissariat ! Quelle audace de sa part ! Ils le lui paieront ! Et dire que la gamine aussi était allé là-bas ! Et maintenant, c'était Mouri qui était à l'abri au commissariat ! Tout ça à cause de cet imbécile de Gin !
La respiration du boss de l'organisation était devenue trop saccadée, et il eut une légère quinte de toux. C'est pourquoi il soupira, et se calma peu à peu. Non, il ne devait pas être injuste vis-à-vis de son fidèle assassin. Cette situation était due uniquement à cette femme, au FBI et à leurs alliés. Et à eux uniquement. Qu'ils périssent tous en enfer !
-Enfin, dit-il à mi voix, troublant le silence qui régnait dans la pièce depuis quelques minutes, maintenant, la gamine est chez cet Okiya, et c'est l'affaire de Rum...Et puis, au moins, Kir a payé, elle…
Kir...Quel dommage...Il avait longtemps cru en elle...Mais personne n'avait le droit de le trahir. Qu'il s'agisse de Kir, de Scotch, ou encore de Rye, même si ce dernier n'était finalement pas mort...Ou même de…
Lentement, un visage commença à se former dans l'esprit du Boss. Le visage d'une femme…
-Une étrangère ?dit-il, tentant de se concentrer sur les traits du visage.
Au fur et à mesure, le visage devenait de plus en plus net. Le visage d'une femme blonde, aux lunettes...Le visage d'une femme déterminée, avec une longue trainée de sang qui lui coulait sur la joue…
-Elena Miyano…
Pourquoi pensait-il à elle, maintenant ? Était-ce parce qu'il réfléchissait aux différents traitres de l'organisation ? Ou était-ce parce qu'il pensait à ce que cette femme avait osé faire ?
-Tu aurais dû écouter ton mari..Sans cela, vous ne seriez pas tous mort, toi, ton époux et tes deux en…
Ah, Shiho Miyano ! Une brillante scientifique. Dommage qu'elle non plus n'ait pas su rester à sa place. Sa sœur était morte ? La belle affaire ! Mais non, elle avait fui...Pour finalement mourir dan ce train, des mains de Bourbon. Mais en y repensant...Peut-être que...Bourbon avait eu raison sur bien des choses, alors pourquoi pas sur ça ? Mais dans ce cas…
Le chef de l'organisation se leva du tabouret, tapa sur quelques touches, et ferma le piano. Cette interlude musicale avait été utile...Il avait bien réfléchi, et avait des ordres à donner. Il s'avança vers une table, et se versa un trait de champagne dans une flûte. Un magnum de 20 ans d'âge...Pour les grandes occasions.
-Bien, allons-y, dit-il après avoir bu la moitié de la flûte.
Il se dirigea vers la porte et l'ouvrit. Mais, au moment où il allait quitter la pièce, il fit volte-face, ferma la porte, et retourna au piano. Il l'ouvrit, reposa la flûte, et tâta ses doigts gantés sur les touches noires et blanches...Quelle beauté...Le noir et le blanc, si complémentaires...Enfin bon, ce n'était pas le moment...Si...La...Sol...La…
-Le corbeau...Pourquoi pleure-t-il...entonna-t-il, avec sa douce mais profonde voix.
Puis il se redressa, ferma le clavier et reprit sa flûte. Il s'éloigna du piano et se dirigea vers un tableau. Un tableau de grand prix dont peu connaissait l'existence, qui représentait un homme dans un grand manteau...Un homme au profil très reconnaissable, courbé et au nez en bec d'aigle.
-Ou plutôt un bec de corbeau…
Le chef de l'organisation ricana, puis leva sa flûte.
-À la tienne, mon cher Renya ! Je perpétuerai notre œuvre.
Puis, d'un trait, il vida la flûte, la posa sur la table, et se dirigea vers la porte. Il l'ouvrit, sortit, et referma la porte précautionneusement. Cette fois, Ano Kata avait vraiment quitté la pièce.
De par la petite fenêtre, un faible rayon de lune éclaira la pièce. Le piano, la flûte, le tableau. Et, à l'extérieur, des corbeaux et des corneilles se mirent à croasser.
Voilà un court interlude, pour remettre dans le contexte et faire le point !
Merci à Sylkabe et Eyto pour leurs reviews sur le chapitre précédent !
J'espère donc que ça vous a plu, si vous vous souveniez encore de l'existence de cette fiction ! Reviewez, si c'est le cas !
En tout cas, à la prochaine fois, et j'espère, pas dans un an et huit mois !
