I WILL FOLLOW YOU


Bonjouuuuur ! Avant que vous ne commenciez à lire, je voulais vous prévenir d'une petite chose. Ce chapitre n'est que transitoire. C'est-à-dire qu'à la base, il n'était qu'en une seule partie, mais c'était vraiment trop long. Alors je sais qu'il ne se passe pas grand chose ici, que c'est court etc, mais je me rattraperai avec le prochain, c'est promis ! Toute l'"action" sera dedans. Et puis comme ça, vous pouvez profiter de ce chapitre-ci pendant que je retravaille les derniers petits détails du 29. Enjoy !


Chapitre 28 :
« Mais nous ferons face.»

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J'étais réduite à une rivière de larmes déchaînées. Cela devait faire des heures que je pleurais, et j'avais l'impression que plus je me forçais à arrêter, plus je me disais de rester digne et forte, plus le torrent s'échappant de mes yeux se renforçait. Et me laisser aller de la sorte faisait remonter des souvenirs douloureux dans ma mémoire, comme pour intensifier mon mal-être. Des images de Boromir et moi, riant aux éclats, ou encore nous disputant, défilèrent devant mes yeux. Des images d'un passé révolu, dont je ne parviendrai jamais à me défaire. Et dont je ne désirais pas me défaire. J'avais certes fait une croix sur l'espoir de revoir mon frère et le serrer une dernière fois dans mes bras, mais cela ne rendait pas moins intense la douleur de l'avoir perdu. Une petite part de moi hurlait toujours, ne se taisait jamais, et cette voix affligeante avait la mauvaise habitude de s'accentuer lorsque j'étais déjà en période de doute.

La Forêt Noire semblait avoir le pouvoir de me transformer en petite chose fragile.

Malgré le bonheur d'avoir Legolas à mes côtés, de partager des moments avec lui sans devoir nous soucier des batailles et de la peur de mourir à chaque instant, je ne me sentais pas à ma place. Toute cette elficité, toute cette perfection qui me semblait parfois tellement feinte, me donnait l'impression d'être insignifiante. Je n'étais rien ici, exceptée une mortelle manifestement perdue dans sa propre confusion.

Quand mes sanglots finirent enfin par se tarir, je me sentais tellement vulnérable. J'étais mentalement et physiquement affaiblie, amoindrie. De noires idées s'entrechoquaient dans mon crâne, me donnant l'envie de replonger dans une nouvelle crise de larmes. Mais je me devais de garder la tête haute, j'avais assez laissé place au désespoir ces derniers temps. J'avais le devoir de rester forte, non pas seulement pour moi, mais pour les autres. Pour Legolas, pour Boromir et Faramir, et pour tous ceux que j'estimais et qui avaient les mêmes sentiments envers moi.

Je sursautai brutalement lorsque la porte de ma chambre, que j'avais oubliée de verrouiller, s'ouvrit férocement et alla violemment s'écraser contre le mur. Me relevant rapidement, je fus soulagée en reconnaissant Legolas. L'espace d'un instant, l'horrible idée que le souverain de cet endroit ne me mette dehors avait traversé mon esprit. Mon fiancé avait les yeux emplis de colère, et j'espérais de tout cœur qu'elle n'était pas dirigée vers moi. Il me dévisagea un long moment, faisant sûrement le point sur mon aspect lamentable et mes yeux rougis. En deux enjambées, et avant que je ne puisse distinguer un seul de ses mouvements, il était devant moi, ses grandes mains serrant mes épaules.

Son étreinte ferme me faisait presque mal, mais je gardai le silence, attendant simplement qu'il daigne prendre la parole. Les mots semblaient tous se confondre dans son esprit, ses yeux reflétaient des tas d'émotions contradictoires, et surtout, il tremblait. Je pouvais sentir ses mains, ainsi que tout son corps, frémir. De colère, sans aucun doute. Il devait être dans un état similaire au mien, mais plus proche de la fureur que de la tristesse pure. Obéissant à une impulsion, je me jetai contre son torse et l'encerclai férocement de mes bras. Une de ses mains relâcha mon épaule pour venir caresser mes cheveux, mon dos. Il ne parlait pas, mais je devinai chacune de ses émotions dans la façon dont il me tenait, dans son souffle sur le sommet de mon crâne, dans le mouvement rapide de sa cage thoracique. Il devait faire de grands efforts pour contenir sa rancœur.

Nous restâmes plusieurs longues minutes à nous enlacer de la sorte, comme si cette simple position suffisait à nous calmer mutuellement et nous redonner confiance. Puis, il s'éloigna lentement de moi, et quand il parla, sa voix avait des accents de colère, de tristesse mais également d'une passion qui créa un nœud dans mon ventre.

« Tout n'est pas perdu, meleth nin », dit-il.

Mon cœur se gonfla de joie à ces simples mots. Confesser son amour était une chose, mais le confesser dans sa langue natale prenait un tour encore plus fabuleux. Je souris tristement, ne sachant faire le tri dans toute cette profusion d'émotions.

« Je ne comprends pas comment tu peux encore garder tout cet espoir, murmurai-je.
– J'ai foi en notre amour, répondit-il.
– Tout comme moi. Mais ton père semble être tellement... »

Je me tus, ne trouvant pas les mots justes pour exprimer le fond de ma pensée, et ne désirant pas le blesser avec des paroles malheureuses.

« Il n'a pas toujours été comme cela, commenta Legolas, semblant me comprendre. Autrefois, Thranduil se mêlait aux joies et aux réjouissances et était capable d'oublier son malheur en compagnie des siens. Hélas, c'est une période révolue. Je ne sais depuis combien de temps je le vois sombrer, devenir ce qu'il est aujourd'hui. L'Ombre qui a ravagé Vertbois a également atteint son esprit. Elle l'a changée. J'avais espéré que mon départ pour Fondcombe le rendrait moins taciturne, plus prompt à la diplomatie, mais il semblerait que ce fut tout le contraire.
– Que s'est-il passé pour qu'il devienne aussi froid et distant ? demandai-je alors, curieuse.
– Désires-tu vraiment écouter l'histoire d'un peuple presque aussi vieux que le monde ?
– Tout ce qui concerne ton peuple m'intéresse, Legolas », répondis-je en l'invitant à s'asseoir sur le lit.

Et c'était la vérité. Je mourrais d'envie d'en apprendre plus sur lui, sur sa famille, sur son peuple et leurs coutumes. Quitte à endurer des heures d'histoires et contes elfiques. L'elfe cala alors confortablement son dos contre le sommier et après s'être déchaussé, allongea ses longues jambes sur le matelas. Je l'imitai, posant ma tête sur son épaule. La manière dont il prit la parole me ramena des mois en arrière, lorsqu'il avait chanté près de la Nimrodel. A cet instant, il m'avait émerveillée, sans que je ne réalise pour autant que nous deviendrons bientôt beaucoup plus proches.

« Comme il y a plusieurs clans Humains, ou Nains, ou même Hobbits, il y a plusieurs catégories d'elfes. Les Sindar, les Noldor, les Teleri... Mais peu après l'arrivée des Premiers Nés en Arda, mon grand-père, Oropher, se rendit compte que toutes ces distinctions ne pouvaient qu'alimenter la discorde. Il s'exila alors avec ses gens en Vertbois-Le-Grand, où ils fondèrent un royaume prospère. Il voulait retrouver la béatitude, la sagesse et la paix des jours anciens, ignorant tout des conflits extérieurs. Son intention, noble, fut cependant mal perçue par les autres contrées qui l'accusèrent de se couper du monde. En raison de notre vie loin de toute autre civilisation, nous avons évolués selon nos propres envies. C'est pour cette raison que nous autres, Elfes Sylvains, présentons des caractéristiques bien plus humaines que les autres clans. L'impulsivité en est une, de même que la recherche de l'aventure et une certaine forme de ce que d'autres peuvent appeler de la sauvagerie. La tendance à la colère et la cupidité en est une autre. »

Alors qu'il prononçait cette dernière phrase, ses yeux se voilèrent, mais il se ressaisit bien vite. Je m'abstins de toute question, malgré que des centaines me brûlaient la langue, et l'écoutai continuer son récit.

« Mon père a vécu toute sa vie dans cette forêt animée de fêtes. Tout événement, même mineur, était un prétexte pour les réjouissances. Mais la menace de Sauron s'étendit, grandit, si bien que même Oropher admit qu'ils ne pourraient vivre dans un tel monde. Aussi, les elfes de Vertbois rejoignirent l'Alliance des Elfes et des Hommes. Mais ils n'étaient pas prêts. Ici, ils pouvaient compter sur les arbres pour se cacher des ennemis, mais là-bas, en terrain découvert, les armes dont ils disposaient étaient désuètes. Oropher accourut au devant de l'ennemi sans même attendre l'ordre de Gil-galad, qui commandait aux troupes. Les elfes sylvains furent massacrés, et Thranduil, l'un des quelques rares survivants, vit son père mourir devant ses yeux. On raconte que ce fait le changea jusqu'au plus profond de lui-même. Mais le Mal était vaincu, et il réapprit à vivre. Ma naissance lui apporta également un bonheur inestimable. Je vécus des années heureuses à Vertbois, et goûtai très vite au goût du voyage. Je visitai alors les autres contrées elfiques, car mon père, ayant appris des erreurs du sien, désirait pouvoir faire face à une possible nouvelle menace. Je pense qu'il est le seul à s'être aperçu que la guerre pouvait rejaillir n'importe quand. Je l'ai toujours connu méfiant, mais cet aspect de son caractère s'est largement renforcé lorsque ma mère a péri, attaquée alors qu'elle se rendait non-loin d'ici. Dès cet instant, il a cessé de s'occuper des peuples voisins pour, tout comme Oropher, se concentrer uniquement sur son royaume. Il a sombré dans la solitude, a cessé de se montrer lors des fêtes, ou en de très rares occasions. Quand l'Ombre est réapparue, ce fut encore pire. »

La voix de Legolas n'était plus qu'un murmure, et je devais tendre l'oreille pour l'ouïr. Reconnaissant une pointe de tristesse dans son expression, je passai un bras autour de sa taille et me collai encore plus à lui, lui transmettant mon amour comme mon réconfort. Je comprenais mieux maintenant pourquoi Thranduil se montrait aussi terrible. Il avait fait face à la douleur sans faillir, mais la carapace dont il s'était entouré pour se protéger prenait le pas sur l'homme en-dessous. J'ignorais jusque là que la mère de Legolas était morte... Certes, je m'étais de nombreuses fois questionnée sur cette femme qui m'intriguait tant, mais de là à imaginer une chose aussi cruelle... J'éprouvais une grande empathie pour Thranduil, malgré l'état dans lequel il m'avait mise un peu plus tôt. Après tout, il n'était pas aussi dénué de bonté. Les événements tragiques qu'il avait dû endurer avait fait de lui cet être froid. Cela n'excusait pas tout, mais je comprenais mieux à présent. Et avais de nouveau espoir. Me dire que le Roi n'était pas qu'un homme orgueilleux et dédaigneux était plutôt réconfortant.

Legolas s'était tu, à présent. Je gardai le silence quelques instants afin d'être sûre de bien assimiler tout ce que je venais d'apprendre, puis l'embrassai tendrement sur la joue.

« Merci de m'avoir raconté tout cela », dis-je.

Il ne répondit pas mais m'offrit un baiser empli d'amour. Une nouvelle fois, nous mîmes toute notre passion en commun pour fusionner en un tout ardent. J'oubliai les problèmes auxquels nous étions confrontés pour accueillir à bras ouverts cette magnifique sensation de me sentir vivante, aimée, emplie de désir. Nous nous observâmes un moment dans les yeux, sans prononcer une parole. Car peu importe ce que Thranduil ou les autres elfes pouvaient penser de notre union, nous nous aimions. Legolas finit par s'endormir, un sourire sur le visage et ses yeux grands ouverts fixant les miens. Je l'observai tendrement, plongé dans son sommeil elfique, et replaçai une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Son sourire s'agrandit dans sa somnolence, et plaçant ma tête contre son épaule, comme nous en avions l'habitude, je m'endormis à mon tour.

Je me réveillai aux premières lueurs de l'aube, et constatai que Legolas était déjà levé. Je me redressai dans un froissement de tissus et jetai un regard circulaire sur la pièce. L'elfe déboula dans ma chambre depuis le balcon, et un grand sourire illumina son visage. Il s'approcha de moi et posa doucement ses lèvres sur les miennes.

« Bonjour, meleth nin, dit-il. Tu as bien dormi ?
– A merveille, comme souvent lorsque tu es là. »

Il sourit un peu plus, et posa sur mes genoux une corbeille de fruits. Devant mon regard étonné, il m'expliqua être allé lui-même les cueillir pendant que je dormais encore. Je ris devant son air si fier, et croquai à pleines dents dans une pomme juteuse. Il s'assit à mes côtés et m'imita.

Nous primes notre petit-déjeuner lentement, savourant les fruits comme la présence de l'autre, puis décidâmes d'aller nous préparer en vue d'une petite promenade. Cette fois-ci, Legolas voulait que nous nous aventurions un peu aux abords des Cavernes, sans pour autant nous enfoncer dans la forêt. Même si la perspective de sortir de l'enceinte sécurisante des palais m'angoissait, j'accédai à sa requête, pensant que cela pouvait être une bonne idée.

Il me quitta donc pour rejoindre ses appartements, revêtu de ses vêtements de la veille et les cheveux coiffés trivialement. J'espérais qu'il ne croiserait personne en chemin, car cela leur donnerait une image assez étrange de leur prince. Une image que je serai la seule à pouvoir observer à loisir, songeai-je avec un grand sourire.

Je me traînai jusque ma salle de bain et entrepris de faire ma toilette. En guise d'habits, je choisis un pantalon de voyage noir et une tunique cintrée, afin d'être plus à l'aise. Je ne pouvais oublier les étranges créatures qui devaient peupler cette forêt, et si nous devions en venir à nous battre, je préférais être sûre de ne pas être gênée dans mes mouvements. Je m'équipai de mes deux poignards que je plaçai dans leurs fourreaux, attaché autour de ma cuisse, dissimulés sous la cape que j'avais nouée autour de mes épaules.

Je retrouvai Legolas à l'angle du couloir, et nous nous mîmes immédiatement en route. Il était passé par les cuisines afin de nous pourvoir en lembas. Quand il se retourna, je fus soulagée de constater que ses propres armes étaient elles-aussi camouflées en-dessous de ses vêtements. Je n'avais donc pas eu tort en prenant les miennes.

Alors que nous arrivions au couloir menant aux grandes portes marquant l'entrée des Cavernes, je m'arrêtai subitement alors que mon souffle mourrait dans ma poitrine. Thranduil. Il était juste là, devant nous, entièrement vêtu d'une tenue de guerrier, son rang royal uniquement souligné par la prestance qu'il dégageait. Privé de tous ses atours majestueux, il me semblait presque plus humain, mais je n'en menais pas large pour autant. Legolas s'arrêta à son tour, puis, semblant se ressaisir, avança au devant de son père et inclina respectueusement la tête. Néanmoins, je pouvais distinguer de la raideur dans ses actes, comme si leur dernière dispute était encore bien ancrée dans les mémoires. Je m'inclinai en tremblant devant le monarque, gardant la bouche hermétiquement close, ayant trop peur de laisser échapper une parole malheureuse qui raviverait les flammes de la discorde. Le Roi ne m'accorda pas un regard, mais conversa un court instant avec son fils en langue elfique. Sa voix demeurait plate et calme, et malgré que je ne comprenne pas la langue, je pouvais discerner tout de la sécheresse de ses paroles.

Une fois que Thranduil eut tourné le dos et disparut de notre champ de vision, je me remis enfin à respirer normalement. Mon corps retrouva de sa mobilité, et j'eus l'impression de me détendre d'un seul coup.

« Qu'a-t-il dit ? demandai-je à Legolas, curieuse. Et pourquoi était-il vêtu de la sorte ?
– Il se rendait au terrain d'entraînement. Et ce qu'il a dit risque de ne pas te plaire. Il nous invite à nous restaurer dans ses appartements, ce soir. Toi et moi, conclut-il alors que je blêmissais.
– Pour quelle raison ? murmurai-je d'une voix blanche.
– Il dit que c'est notre seule et unique chance de le convaincre que notre amour est réel, et ainsi obtenir sa bénédiction. Ce ne sera pas facile, Gadia. Je le soupçonne même de vouloir semer le doute dans nos esprits. Mais nous ferons face. »

Je ne répondis rien, me contentant d'acquiescer d'un signe de tête crispé. Thranduil demandait à nous recevoir, et il allait nous donner une réponse finale et sans appel, réfléchie et mûrie, et non ordonnée sur un coup de tête, sous l'effet de la fureur. Mon estomac se crispa d'anticipation.

Néanmoins, nous décidâmes d'ignorer pour l'instant la peur que cette nouvelle avait insufflée dans nos esprits, et de nous en tenir à ce que nous avions prévu, c'est-à-dire une petite promenade en Forêt Noire.

Aux abords des Cavernes, l'air était encore pur et la forêt semblait presque complètement guérie. Je ne ressentis pas vraiment d'inquiétude, des veilleurs surveillant les allées et venues avec un sérieux à faire pâlir les gardes de la Citadelle. Néanmoins, le changement se fit petit à petit à mesure que nous nous éloignions des habitations. L'atmosphère était plus sombre, l'air plus lourd. Je portai inconsciemment une main à la garde d'un de mes poignards, tâchant d'ignorer les battements précipités de mon cœur. Je ne tenais vraiment pas à me battre contre des araignées géantes ou autres créatures cauchemardesques. Fort heureusement, nous n'eûmes pas à sortir nos armes. Legolas semblait étrangement soulagé. Peut-être qu'après toutes ces années de malheur, la Forêt Noire allait enfin pouvoir regoûter à une paix durable, loin de l'Ombre qui s'était épaissie en même temps que le Mal grandissait.

Au bout de longues minutes de marche, nous arrivâmes aux abords d'une jolie clairière. Le clapotis de l'eau attira mon attention vers une pâle rivière, coulant paisiblement, comme inconsciente des dangers qui se dressaient non-loin. L'herbe était chargée de myriades de petites fleurs des bois, les arbres déployaient des branches vertes vers le ciel. Je souris. Un autre miracle de la nature, semblait-il.

Legolas prit ma main dans la sienne, et m'enjoignit à m'asseoir à ses côtés. Je m'exécutai, goûtant avec plaisir à la fraîcheur et au fumet délicat de l'herbe. Nous nous étendîmes sur le dos, les yeux fixés vers le ciel parsemé de nuages, nos mains toujours liées. Le vent portait les formes blanches vers d'autres horizons, et à mesure qu'elle défilaient, nous nous amusions à leur deviner des formes toujours plus loufoques, tels des enfants insouciants.

Sentant l'envie de me dégourdir les jambes, je fis quelques pas dans la clairière avant de me déchausser pour mieux sentir la terre sous mes pieds. Je m'installai ensuite au bord de la rivière et trempai mes orteils dedans. Je fus surprise de constater que l'eau n'était pas d'une froideur paralysante comme je l'avais soupçonné. Au contraire, elle était presque tiède.

Je souris lorsque les pieds de Legolas rejoignirent les miens dans le courant de la rivière. Me penchant sur le côté, j'appuyai ma tête contre son épaule et soupirai d'aise. Je crus l'entendre ricaner, et relevai donc la tête, surprise. Je n'eus pas le temps d'esquisser un geste que je le sentis me saisir par la taille et me pousser dans l'eau. Je poussai un cri et, une seconde avant que je n'heurte la surface de la rivière, j'eus le réflexe d'attraper le premier pan de ses vêtements qui se présentait à moi.

Je revins à la surface en riant, et ce rire se décupla quand je constatai que j'avais également réussi à faire basculer mon elfe dans l'eau. Il avait l'air surpris, ne s'attendant certainement pas à ce que je vienne à bout de lui si facilement. Je me moquai donc ouvertement de lui et de son manque de vigilance. En guise de réponse, il appuya sa main sur ma tête et me coula. J'attrapai ses jambes depuis sous les flots et les attirai vers moi, mais je n'eus même pas la force de le faire tressaillir. Je remontai donc rapidement à l'air libre et me jetai sur ses épaules, lui faisant perdre l'équilibre l'espace d'un temps, qui ne fut hélas pas suffisant pour me permettre de prendre ma revanche. Je pestai, boudeuse, mais me remis bien vite à sourire lorsqu'il me prit dans ses bras, me portant au-dessus de l'onde.

Sortant de la rivière, nous nous étendîmes en riant, nous séchant un minimum avant de reprendre la route vers les Cavernes. Nous grignotâmes quelques fruits et un morceau de lembas, puis nous roulâmes dans l'herbe tels de jeunes enfants. Je me tenais les côtes, rendues douloureuses par les rires qui m'échappaient, lorsque Legolas déboula à une vitesse folle sur moi, me fit basculer sur le sol et entreprit de me chatouiller. Je poussai un glapissement et tentai de toutes mes forces de le repousser, évidemment sans succès. Je dus l'implorer de nombreuses fois avant qu'il ne consente à me libérer de cette torture, et c'est le souffle court que je m'éloignai de ses mains en courant. Il m'adressa un sourire d'excuse bien peu convaincant. En guise de revanche, je le laissai me supplier à son tour de revenir m'installer à ses côtés. C'était la seule chose qui était en mon pouvoir en un tel instant.

Épuisée, je me laissai bercer par le clapotis de l'eau et le bruissement des feuilles, et bien vite, tombai dans un sommeil apaisant, allongée à côté du prince de la Forêt Noire. Il ne me réveilla que quelques heures plus tard, alors que le ciel visible au-dessus de nous avait pris une teinte rosée.

« Nous devons rentrer », me souffla-t-il.

J'acquiesçai, heureuse d'avoir passé une si bonne après-midi avec lui, et profité des premiers vrais moments que nous pouvions partager depuis bien longtemps. Je tâchai de ne pas penser à ce que nous aurions ensuite à faire, me concentrant uniquement sur la joie encore présente dans mon cœur ainsi que sur nos mains liées.

Nous pénétrâmes les Cavernes au crépuscule, et les quelques regards désapprobateurs des elfes en faction me renseignâmes sur mes doutes : j'avais peur que notre aspect lamentable, encore trempé et couvert d'herbe soit perçu d'un mauvais œil, et c'était le cas. Je priai pour ne pas croiser Thranduil au détour d'un couloir comme un peu plus tôt. Les opinions de quelques femelles jalouses ne m'effrayaient plus, mais celle du Roi, en revanche... Fort heureusement, nous ne vîmes personne alors que Legolas me raccompagnait jusque mes appartements afin que je me prépare en vue de rencontrer son père dans ses quartiers.

La boule au ventre, je me laissai glisser dans le baquet d'eau et entrepris de me préparer. J'optai pour une robe de velours bleue, brodée d'argent sur les manches, le décolleté et la taille et disciplinai mes cheveux afin de ne pas avoir à les attacher. En un peu moins d'une heure, j'étais prête, et pris ainsi la route vers les appartements de Legolas.

Je frappai quelques coups timides contre sa porte. Quelques secondes plus tard, il m'ouvrit, encore torse nu. S'il fût surpris de constater que j'étais prête avant lui, il n'en dit rien et m'invita à entrer. Il passa une tunique royale tandis que je le dévorai du regard, assise sur un coin de son lit impeccable. Il se chaussa, et lorsqu'il me regarda ensuite, je compris. Il était temps.


Meleth nin : mon amour


Et voilàààà. Je vous avais prévenus, il ne se passe pas grand chose. Je posterai le prochain chapitre dans une semaine grand maximum, histoire de ne pas vous faire poirauter trop longtemps !

Sinon, est-ce que certains parmi vous ont vu La Bataille des Cinq Armées ? Qu'en avez-vous pensé ? J'ai eu l'immense chance de me trouver à l'avant-première au Grand Rex à Paris (en présence de Richard Armitage, Martin Freeman et Peter Jackson), et j'ai adoré ! Ce fut le plus beau jour de ma vie ahah, je suis devenue complètement hystérique ! Puis le film, clairement, est le meilleur de la trilogie du Hobbit (même si je maintiens que ça n'arrive toujours pas à la cheville du Seigneur des Anneaux.)

Dites-moi tout !


REPONSES AUX REVIEWS

Hinata des bois : Merci pour ta review ! C'est vrai que Thranduil se comporte comme un imbécile (et je retiens mes mots), mais je pense qu'il a de bonnes raisons à ça, raisons que j'explique plus dans le prochain chapitre. Legolas est tout ce qu'il lui reste sur cette terre, et savoir qu'il se condamne à une éternité de souffrance (ou pire, à la mort) doit lui être insupportable. Après tout, comme il le dit si bien, une centaine d'années n'est qu'un battement de cils dans la vie d'un elfe... Et Gadia n'est pas capable de lui en offrir autant. C'est triste, mais c'est ainsi. (Ne t'en fais, je pense qu'on aimerait toutes foncer dans le tas s'il y a ce bel elfe au bout!)

little-road : Tu as complètement raison ! La décision du roi peut sembler cruelle etc, mais il ne fait qu'essayer de préserver l'immortalité de son unique fils, ce qui est compréhensible. En tout cas, merci pour tes compliments, et à très vite !

Laurne : Ahaha, tes questions sont très pertinentes, mais pour obtenir une réponse, il va falloir patienter ! Tu as raison sur le fait que Thranduil ne va pas accepter si facilement que son fils se lie à une mortelle, voire ne pas accepter du tout. Seul le prochain chapitre te le dira ! A très bientôt !

Neiflhelm : Ahah, optimiste je ne sais pas, mais tu as raison sur le fait de dire que les Sylvains ne sont pas aussi tendres que leurs homologues ! Et attends, Elrond le prend relativement bien. Mais Elrond n'est pas Thranduil. Thranduil est plus dangereux, il dégage un quelque chose de tétanisant, je trouve. On ne peut que féliciter Lee Pace pour le merveilleux travail qu'il a accompli avec son personnage. Enfin bref, tes questions trouveront leur réponse très vite !

Melior Silverdjane : Et oui, les elfes ne sont pas aussi purs qu'on le croit... J'imagine bien une elleth se dépêcher d'aller tout raconter à son roi. Les médisances de la cour touchent aussi ce peuple ! Pour répondre à ta question, non, pas de point de vue de Legolas au programme. Je songe à en faire un pour l'épilogue, mais ce ne sera pas tout de suite. On peut facilement deviner ce que Thranduil a dit à son fils, les reproches qu'il lui a fait, etc. Et le prochain chapitre t'en apprendra plus. Bonne journée !

Marie : Coucou ! Contente que tu aies aimé le dernier chapitre, et j'espère que tu as autant apprécié celui-ci. La réaction de Thranduil était assez facile à prévoir, en vérité. Suffit de voir Le Hobbit pour se rendre compte qu'il n'est pas vraiment un souverain compréhensif. (Bien que mon avis sur lui se soit grandement amélioré après avoir vu La Bataille des Cinq Armées) Et oui, j'ai eu une chance inouïe de pouvoir aller à l'AVP. Pendant des jours, je n'ai pas réussi à y croire, ahah. Mais si, et c'était géniallissime ! Merci beaucoup tes lectures, et à très vite !

Idylle76 : Héhé, merci beaucoup ! Thranthran, si froid mais si attirant ! J'adore écrire ses réactions, je les imagine dans ma tête et tout ! C'est lui qui a du génie !

Acciocookie : L'espoir fait vivre, effectivement ! Même si, dans le meilleur des cas, Thranduil leur donne sa bénédiction, ça m'étonnerait que ce soit de bonne grâce, et nos amoureux vont sûrement devoir batailler pour l'obtenir ! Après tout, ce n'est pas comme si Thranduil était un gros têtu... Noooon, pas du tout... En tout cas, j'espère que ce chapitre t'aura plu comme le dernier, et je te dis à la semaine prochaine !

Aeriell Ciriel : Oooh, merci beaucoup pour tes compliments ! On aime le voir méchant, ce Thranduil ! Je pense qu'en lui-même sa réaction devait être encore plus virulente, mais il n'a pas voulu perdre le contrôle devant son fils. Et puisque les pimbêches de la cour sont venues le prévenir avant leur rencontre, il a eu un peu le temps de "digérer" la nouvelle. Bien que cela ne l'a pas calmé pour autant. Tiens-toi prête pour la prochaine confrontation !

AliceTwitter : Hello! Comme dirait Legolas, tout n'est pas perdu ! (Ou si?) Et oui, au pire ils peuvent aller vivre dans un champ, à deux, bien tranquillement, ahah ! Mais je pense que Legolas tient vraiment à obtenir la bénédiction de son père. Même si leurs rapports sont manifestement tendus, il tient beaucoup à lui, du moins c'est comme cela que je l'imagine. Et réciproquement, Thranduil n'a plus que son fils, sur cette terre. Et le voir se condamner ainsi à une vie de souffrance ne doit pas être facile. Enfin... Le prochain chapitre t'en apprendra plus !

Sephora4 : Coucou ! Contente que cette fic te plaise autant ! J'ai vraiment essayé de ne pas faire de Gadia une héroïne trop badass, et j'espère avoir réussi, même si parfois j'étais bien obligée de la faire exploser quelques Orcs (après tout, à quoi servirait-elle, sinon?) Le brasier Thranduil n'est pas prêt de s'éteindre, je te le dis ! Bonne journée !

Noooo Aime : Un grand merci pour ta review, je suis contente que cette fic te plaise ! Oh que oui, Thranduil en beau-ada c'est carrément effrayant ! Je n'aimerais pas être à la place de Gadia en ce moment ! (Quoique, s'il y a un Legolas à la clé...) Sinon, qu'as-tu pensé du dernier volet du Hobbit ? Legolas est vraiment badass dedans, ça faisait plaisir à voir. J'avais les yeux pleins d'étoiles, ahaha. Dis-moi tout !

Cind3rella : Merci beaucoup pour ce gentil compliment, je suis contente que tu aimes ! Thranduil étant un grand têtu, je ne pense pas que le faire changer d'avis sera aussi facile. Bien qu'il veule le bonheur de son fils, le voir se condamner à une éternité de douleur doit lui briser le cœur. Et c'est ce qui fait toute la difficulté de la situation, en vérité. Qu'importe sa décision, son fils souffrira... Alors ne fais pas le méchant, Thranduil ! Fais plaisir à ton fiston !

Luna dans les Etoiles : Hé, mais toi aussi tu as des pulsions envers Thranduil ?! Cool, une copine ! Il est piiiiiire que sexy. Je sais pas mais le fait qu'il soit aussi froid c'est juste merveilleux, ça me fout les nerfs en pelote ! Vas-y Thanthran, viens nous gronder niarkniarkniark !

fuyuki417 : Je ne sais pas si cette dispute vaut le coup, franchement. Thranduil est têtu, ce n'est un secret pour personne. Espérons juste qu'il entende raison et décide de permettre à son fils d'accéder à un bonheur intense, mais de courte durée. Allez Thranthran !

PaulinaDragona : Exactement ! Thranduil a eut le temps de digérer un peu la nouvelle avant l'arrivée de son fils et de sa mortelle promise. Mais ça ne veut pas dire qu'il soit complètement calmé. A mon avis, il essayait juste de garder le contrôle pour ne pas perdre la face. En lui-même ça devait être une tempête bien plus horrible que ça. Ahaha oui, je l'imagine bien lancer des regards promettant mille souffrances! Bonne journée, et à très vite !

siriusblack825 : Merci beaucoup ! Mais ne parle pas comme ça de Thranduil, ça me brise le cœur ! Oui c'est un gros con, mais il est tellement fehifzehfihzz que je n'arrive pas à ressentir une parcelle de colère envers lui. Ah, les elfes... A très vite !

Ilyn : Je pense comme toi. Thranduil ne veut en aucun cas perdre ce contrôle qui lui est si cher, et c'est pour cela qu'il reste complètement impassible, même si la colère bouillonne en lui. Je comprends ton envie de l'étrangler, il n'a vraiment pas été tendre (et ce n'est pas terminé), mais oui, sa réaction est compréhensible, dans un sens. Il ne veut pas que son fils souffre, sans vouloir réaliser qu'un refus entraînera le même résultat.

Callback : Non, merci à toi ! Je suis contente que tu sois accro, ça prouve que j'ai bien fait mon travail ! J'espère que ce chapitre ne t'aura pas déçue, et te dis à très vite pour le prochain ! Bonne journée !