\ PDV général /
Thorin partit rejoindre ses compagnons, laissant Marie-f seule une fois de plus, son père s'était immiscé dans sa tête pour lui faire comprendre qu'elle n'avait pas d'autre alternative, la vie ou la mort de Thorin dépendrait de son choix. Sa décision était prise depuis longtemps, il n'était pas question que ce Nain pour lequel son cœur battait de plus en plus fort ne meure, elle se battrait pour lui, quitte à prendre le risque qu'il la repousse pour de bon pour avoir pris sa place sur le trône d'Erebor Thorin devait rester en vie.
\ PDV Marie-f /
Après m'être essuyée le visage, je fermai les yeux et poussai plusieurs souffles courts pour me ressaisir afin de donner bonne figure devant la compagnie. Je posai ma main encore tremblante sur la poignée, je m'obligeai à sourire et à montrer un visage détendu.
Je retrouvai tout le monde attablé, Bilbo et Bombur avaient servi le repas, Dwalin arriva par la porte d'entrée et Féline arriva par la porte de derrière quasiment en même temps je m'assis à côté de Thorin qui me prit la main sous la table, il voyait que j'étais encore chamboulée, j'avais du mal à sourire aux blagues de ses neveux. Féline et Dwalin s'assirent le plus loin possible l'un de l'autre pour ne pas éveiller des soupçons, Féline ne put s'empêcher de me faire un clin d'œil, je penchai la tête pour dissimuler un demi-sourire entendu qui n'échappa pas au Nain qui me tenait la main.
Le repas se déroula presque dans le calme, rien à voir avec les deux semaines que nous avions passées à Fondcombe c'était à croire que les Nains avaient trop peur de Beorn pour mettre le bordel, ou c'était de la pure provocation chez les elfes, je vous laisse choisir.
Les Nains profitèrent d'avoir deux filles sous la main pour se défiler pour ce qui est de débarrasser la table et faire la vaisselle Féline et moi n'attendions que ça pour être enfin toutes seules. La change-peau trépignait d'impatience à l'idée de me raconter ce qu'il s'était passé avec son Unique c'est devant l'évier et une montagne de vaisselle que commença sa confession. Elle m'expliqua que Dwalin n'était pas très loquace, et finalement elle avait dû prendre les devants pour l'obliger à parler. Elle me donna plusieurs couverts à essuyer.
Féline me dit: - « Dwalin ne savait pas trop comment s'y prendre avec moi, j'ai presque dû lui sauter dessus pour lui faire comprendre que j'acceptais d'être son Unique et tout ce que cela pouvait représenter, et que je m'engageais à le suivre pour le pire et le meilleur et après ça on a... » Elle laissa sa phrase en suspens, le sourire aux lèvres et le regard rêveur. Elle me donna une assiette.
A voir son air, je lui demandai, les sourcils froncés : - « Non ! Vous n'avez pas fait "ça" dans le jardin quand même ? »
Féline avait le regard surpris : - « Tu veux dire faire l'amour ? Non pas encore, on s'est juste embrassés. » Oufff, j'étais soulagée. Elle continua : - « Je peux juste te dire que je l'attire à ce niveau-là. » Son sourire s'élargit, me montrant ses quenottes pointues, elle me précisa : - « Je lui ai confié que j'étais encore vierge, je sais qu'il a de l'expérience en ce qui concerne le sexe. » Je m'étouffai avec ma salive. Féline me regarda bizarrement mais continua : - « Il m'a expliqué qu'il ne voulait rien précipiter avec moi, qu'on devait apprendre à mieux se connaître, il voulait prendre son temps mais moi, si j'ai pas envie d'attendre ? Mon instinct de changeur de peau me dit que j'ai envie de lui. » Elle me passa le dernier plat à essuyer.
Si j'avais eu un seau d'eau froide sous la main et que j'avais pu lui reverser dessus, j'étais sûre que de la vapeur serait sortie de son corps tellement elle dégageait de la chaleur elle était toute rougissante, et dans les yeux de Féline brillait une lueur de désir. Je ne voulais pas jouer les rabat-joie, mais je lui conseillai : - « Féline, par mon expérience sur l'amour je te propose d'attendre encore un peu et si tu veux bien, je te donnerai un ou deux conseils pour faciliter les choses. » Nous finissions de ranger toute la vaisselle dans les placards, la salle à manger était enfin rangée.
Féline me sauta au cou pour me remercier, elle était trop contente que l'on s'entende si bien elle changea d'attitude immédiatement pour me dire qu'elle allait voir son père et lui parler de son intention de partir demain avec nous. Je poussai un soupir, et de mon côté je devais parler à Thorin pour obtenir son accord pour que Féline vienne avec nous. Ce matin, dans la grange, je lui avais appris à faire un tchek, ça lui plaisait tellement qu'elle m'en faisait à toutes les occasions, et là j'avoue qu'on en avait vraiment besoin toutes les deux. Nous partîmes chacune de notre côté pour convaincre les êtres les plus importants de nos vies.
J'attrapai mon portable pour écouter ma musique et réfléchir à comment j'allais aborder le sujet avec Thorin. Je sortais de la maison quand je le vis dans la cour où nous avions improvisé nos duels, Thorin était adossé à l'ombre d'un arbre, il avait les yeux fermés, les bras croisés sur sa poitrine, à croire qu'il faisait la sieste. Je m'approchai pour le rejoindre et je m'assis à côté de lui, mes écouteurs dans les oreilles il sentit ma présence et n'ouvrit qu'un œil, il tira sur le fil de mon oreillette et me demanda ce que j'écoutais. J'en revenais toujours pas que Thorin de la Terre du Milieu puisse aimer certaines musiques de mon monde, c'est ce qui me fit sourire en lui disant que c'était "Toxic" de Britney Spears il me répondit « celle qui chante du nez ? », je pouffai de rire. Il me remit mon oreillette, ce qui voulait dire laisse tomber. Un de ces jours je vous ferai connaitre la playlist de Thorin sur mon I-Phone, vous seriez vraiment surpris.
**Ha ! Vous voulez peut-être savoir comment je peux écouter encore de la musique sans prise électrique très simple, la batterie solaire. J'en avais pris deux dans mon sac de voyage, je peux vous assurer que c'est très pratique ici **
J'enchainai plusieurs chansons sans pour autant trouver une solution, j'étais assise en tailleur et je sentis la large main de Thorin se poser sur ma cuisse j'enlevai mes écouteurs, il me regardait comme s'il attendait quelque chose de moi, je levai les épaules et lui dis : - « Quoi ? »
- « Tu sais très bien pourquoi je te regarde comme ça, alors demande-moi. » Son visage comme son regard était sérieux.
Je lui répondis d'un air innocent : - « Zut de zut Thorin, comment tu fais pour lire en moi ? Ya pas à dire, t'es trop fort. »
- « Marie-f, n'en fais pas trop ça devient gênant j'ai bien vu le clin d'œil de Féline, tu avais l'air de comprendre ce que cela voulait dire, alors dis-moi ? » Ses sourcils étaient froncés, comme son front.
Je me redressai pour lui faire face, et sur un ton solennel, en le regardant droit dans les yeux, je me lançai : - « Bon d'accord, je vous demande d'entendre ma requête votre Altesse Sérénissime Thorin Oakenshield, seriez-vous prompt à accepter Féline, fille de Beorn, à venir dans votre compagnie en tant qu'éclaireur et Unique de votre serviteur et ami Dwalin ? Voilà, comme ça c'est bien dit non ? »
Thorin me regardait les sourcils froncés sans rien dire, après quelque minutes qui me parurent une éternité, il se pinça l'arête du nez comme pour mieux réfléchir, puis il me dit : - « Effectivement, dit comme cela je ne peux pas te dire non. »
Je lui sautai au cou pour le remercier, il m'attrapa pour que je puisse m'asseoir entre ses jambes, je me collai contre lui et il me dit dans l'oreille : - « J'aime quand tu me dis "Votre Altesse", tu devrais me le dire plus souvent. » Je lui donnai un coup de coude dans les côtes et lui dis : - « Non, je ne voudrais pas que tu prennes le melon. » Il me regarda, interrogateur : - « Ha ! Oui, je te décode, c'est avoir la grosse tête, que ça te monte à la tête, voilà, c'est plus clair ? » Il m'embrassa sur le front. J'ajoutai : - « Quant à moi, j'aime quand tu me dis "Madame" et que tu utilises le "Vous" avec ta voix grave, elle me donne des vibrations dans tout mon corps bien que je trouve cela très ancien car dans mon monde les hommes ne se parlent plus comme ça, mais je te rassure j'aime beaucoup, c'est très romantique. » C'est bizarre comme quelques mots peuvent vous faire de tels effets.
Thorin me resserra plus fort, il me dit de sa voix basse : - « Très bien, je n'oublierai pas, Madame, de vous le rappeler. » Il embrassa mon cou en souriant et m'entraîna contre lui pour que nous nous reposions à l'ombre de l'arbre. Nous profitions de ces quelques heures de détente. Dans peu de temps, nous serions confrontés à des épreuves terrifiantes la pire de toutes était celle que je redoutais le plus : les araignées géantes. Chez moi, devant ma télé, je flippais comme Ron Weasley lorsque je regardais Harry Potter et lorsqu'ils rencontraient Aragog, l'araignée d'Hagrid, et ses bébés j'avais des frissons jusque dans le crâne, sauf que là j'allais les voir pour de vrai. Je ne savais pas comment j'allais m'en sortir, je n'avais pas envie de mourir d'une crise de tétanie par la peur de ces bestioles.
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\ PDV général /
Beorn coupait du bois, la hache fendait en deux les buches lorsque Féline s'approcha de son père. Elle resta à bonne distance, attendant qu'il la remarque. Le changeur de peau tourna légèrement la tête et lui demanda : - « Je t'écoute, qu'as-tu à me demander ? »
- « Père, tu connais mon envie de partir découvrir le monde je voudrais ton approbation pour la forme, si tu refuses, tu sais très bien que cela ne me retiendra pas, mon envie de partir est trop forte.
Beorn posa sa hache contre le billot, il attrapa sa chemise pour essuyer son visage et ses bras, pour enlever la sueur qui perlait sur sa peau, et lui répondit : - « Il n'y a pas que ton envie de partir et pour le Nain, qu'en est-il ? »
Féline se tordait les mains, elle se doutait bien que rien n'avait échappé à son père, elle débita les phrases qu'elle avait déjà préparées depuis ses confidences avec Marie-f : - « Père, vous avez deviné qu'il se passait quelque chose entre le Nain Dwalin et moi, il a découvert que j'étais son Unique. L'Humaine qui les accompagne m'a expliqué ce que cela représentait, et j'ai accepté d'être sa compagne et son Unique. Je vous demande de ne rien tenter pour m'en dissuader, je ne vous écouterai pas, vous savez comme je suis déterminée dans mes choix, ne dit-on pas tel père telle fille ? Vous le premier savez de quoi je parle. » Elle finit de parler essoufflée.
Beorn reprit sa hache, il allait se remettre à sa tâche, mais avant il lui dit : - « Tu vas affronter de grands dangers, tu en es consciente ce Nain te protégera-t-il ? »
- « Père, vous m'avez appris à me défendre seule, vous connaissez mon courage ne croyez pas que je sois une fille ingrate, je ne vous remercierai jamais assez pour ce que vous avez fait pour moi et notre peuple, mais je peux vous assurer qu'il me protégera au péril de sa vie. »
- « Alors pars, ma fille. » Beorn abattit sa hache de toutes ses forces sur la buche, qui se fendit en deux les morceaux de bois volèrent dans les airs.
Dans un chuchotement, Féline dit : - « Merci père pour votre confiance. » Elle s'éloigna en reculant.
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\ PDV Marie-f /
J'ouvris les yeux, le temps avait changé, le ciel s'était assombri je m'étirai, levant les bras vers le haut et allongeant mes jambes après cette sieste improvisée. Thorin n'avait pas envie de me lâcher, il croisa ses bras autour de ma taille, c'est dans un soupir chaud dans mon cou qu'il me dit : - « C'est notre dernière nuit sous un vrai toit, demain nous rentrons dans la forêt de Mirkwood Gandalf m'a averti que des choses étranges s'y passaient, nous devrons constamment être sur nos gardes, mais je suppose que tu le sais déjà. »
Je ne répondis rien, je tournai la tête pour le regarder et lui dis : - « Je dois t'avouer que j'ai entendu ta conversation d'hier avec Gandalf. » Je fis une pause et repris : - « Tu n'as pas à te soucier pour moi, cette fille vient de mon monde, il a fallu qu'elle s'adapte comme moi ici. » Je posai ma main sur la joue de Thorin en lui confiant : - « Elle n'a pas eu la chance comme moi de tomber sur une compagnie de nains courageux et sur leur chef qui a un regard et un sourire charmeur. » Il me sourit et attrapa ma main pour embrasser le creux de mon poignet.
- « Thorin, c'est toi qui m'inquiète, quand tu vas te trouver face à Thranduil… Je sais que vous avez des comptes à régler, que tu rumines cette entrevue depuis longtemps, tu sais à travers les films que j'ai pu voir de toi, j'imagine bien que tu es passé par plusieurs émotions comme l'incompréhension, la colère et la haine, mais tu sais avec le temps les gens change. » Thorin enferma mon poignet de sa grosse main, son regard s'était durci, il me dit : - « Non, les Elfes ne changent pas. »
- « Thorin, tu me fais mal, tu vois c'est bien ce que je disais, tu vas perdre ton sang-froid et ça va déraper. Moi je te veux zen. » Il me regarda encore une fois sans comprendre. – « Ha ! Oui nouveau mot, être zen Thorin c'est savoir se détendre pour mieux maîtriser ses émotions, surtout celles qui peuvent vous faire perdre le contrôle de soi. »
- « Thorin, c'est important pour moi, ma rencontre avec Camille risque de durer un certain temps, nous devons découvrir ce qui est écrit dans mon dos j'espère qu'elle m'aidera à le traduire. Il se peut que tu puisses voir Thranduil plus d'une fois, à moins que tu préfères visiter ses cellules. » Je dis cela sur le ton de la plaisanterie (si tu savais), je repris : - « Et puis nous avons encore du temps devant nous pour arriver à Erebor. »
Thorin me relâcha et s'excusa : - « Je ferai ce que je pourrai, mais ne me demande pas l'impossible, il n'est pas question que je me rabaisse devant ce traitre. » Ses sourcils étaient froncés par l'animosité que cet Elfe éveillait en lui.
- « Très bien, je ne t'en demande pas plus, maintenant je dois m'entretenir avec Bilbo pour quelques conseils. » Je me levai en m'étirant, j'étais encore courbaturée de notre duel, mais Thorin me prit la main et me dit : - « Tu vas voir ton ami pour parler de ce qui risque d'arriver mais moi tu ne me donnes aucun indice. »
- « Bilbo n'est pas aussi fort que toi, il est ton cambrioleur, nous devons le protéger pour qu'il accomplisse sa mission ceci dit il est très intelligent et je trouve qu'il a une grande capacité d'adaptation. » Thorin me regardait les sourcils froncés, il n'était pas satisfait de ma réponse mais je continuais : - « Toi-même tu l'as reconnu quand il s'est interposé contre Azog pour te protéger, il a été le premier à venir dans la bagarre. Tu as vite oublié Oakenshield, il n'y a pas si longtemps tu avais fait une erreur de jugement sur Bilbo et il t'a prouvé le contraire, donc on peut changer, toi le premier et ne me regarde pas avec ce regard sévère, il ne me fait plus peur. »
Je me penchai pour l'embrasser, au loin des nuages d'orage arrivaient et le vent soufflait de plus en plus fort en regardant le ciel menaçant, je dis : - « Je déteste les orages, j'espère qu'il passera loin. Thorin se moqua de moi : - « Tu plaisantes, je t'ai vu te battre comme une furie contre des Gobelins et tu as peur de l'orage ? Donc j'ai un espoir que tu dormes avec moi ce soir. »
Je partis sans rien dire, le laissant à sa réflexion je rentrai dans la maison, je laissai mes yeux s'habituer au contre-jour pour trouver Bilbo dans la salle à manger, assis près de la cheminé, il avait un livre entre les mains. Je lui demandai si je pouvais m'assoir, il hocha la tête et c'est directement que j'annonçais les choses : - « Je peux te déranger dans ta lecture Bilbo ? Parce qu'une fois de plus mon ami je viens te donner des recommandations éventuelles qui pourraient peut-être te servir. » Bilbo me regardait d'un air bizarre. – « Oui je sais, ce que je te dis n'est pas clair, mais comment te faire comprendre certaines choses que moi-même je ne peux pas te dire ? » La vache je vais attraper une migraine, je pris un bref instant de pause et je lui dis : - « Bilbo, l'objet que tu as trouvé et la créature que tu as rencontrée, il ne faut en parler à personne, c'est vraiment c'est très important, même à Gandalf, il ne doit pas soupçonner ce qui se trouve dans ta poche. Cet objet va changer bien des choses, et là encore ne me pose pas de questions, je ne dirais rien. Bilbo, je te conseille de le garder précieusement, ne le perd pas, il en va de ta vie et de celle de la compagnie. » Je posai une main sur son bras pour le rassurer et déposer une bise sur sa joue avant de partir je lui dis : - « Bilbo, tu vas t'en sortir comme un chef, c'est tout ce que je peux te dire je te laisse à ta lecture, je dois retrouver Féline, tu ne l'aurais pas vue ? »
- « Il n'y a pas si longtemps je l'ai vue parler avec son père derrière la maison Marie-f, je te fais confiance, toutes tes recommandations m'ont servi jusqu'à présent, sauf pour les trolls. Je te promets que je ne parlerai à personne sur ce que tu sais. » Il fit une croix sur sa poitrine comme pour jurer.
- « Bien mon ami, à tout à l'heure pour le repas. » Je m'arrêtai sur le seuil de la porte et je me retournai pour m'excuser : - « Bilbo, en parlant de repas, je tenais à m'excuser pour celui que tu avais préparé pour moi et Thorin, au final il s'est terminé en dispute. Pardon pour ce gâchis, la table était parfaite, digne d'un restaurant que l'on trouve dans mon monde tu t'es souvenu des endroits qui me manquaient ici, les restaurants en faisaient partie, tu as une bonne mémoire, merci pour tes efforts mon ami. Bon je te laisse, je pars trouver Féline. »
J'allais faire le tour de la maison quand je vis Thorin discuter avec Dwalin, je supposais que c'était au sujet de Féline ils étaient accoudés contre une barrière, ils avaient une attitude plutôt détendue pour parler d'un sujet si sérieux, ou je me trompais et ils parlaient d'autre chose.
Féline pliait du linge qui avait séché au grand air, le ciel devenait de plus en plus sombre nous n'allions pas échapper au mauvais temps, l'orage s'annonçait, on l'entendait gronder de très loin. J'attrapai la panière qui était à ses pieds pour qu'elle y dépose le linge ; Féline finit par me dire : - « J'ai pu parler avec mon père, il est au courant, demain je pars avec vous et je suis étonnée qu'il ait aussi bien accepté que je puisse être l'Unique d'un Nain. Il faut dire qu'avec mon caractère il pouvait dire ce qu'il voulait j'aurais suivi Dwalin quand même et toi, tu as pu parler à ton Nain, il a dit quoi ? »
- « Je te rassure, Thorin a accepté que tu viennes, j'ai trouvé les bons arguments. Féline, tu es officiellement la nouvelle éclaireur de la compagnie de Thorin Oakenshield, il faut dire qu'avoir un changeur de peau qui peut devenir une panthère noire, question discrétion, on peut pas avoir mieux pour se fondre dans le décor avant de venir j'ai vu Dwalin parler avec Thorin, je pense qu'il devait parler de toi. Féline, je suis très contente d'avoir une amie comme toi. » Je la pris dans mes bras pour lui faire la bise, Féline était comme moi, très tactile, à faire la bise facilement ou poser sa main sur un bras ou encore sa main sur une épaule, ce genre de familiarités avait beaucoup irrité et provoqué des tensions avec le Nain de mon cœur avant de bien me connaître. Je me détachai d'elle et lui dis : - « Une fille de plus dans la compagnie, ça va faire du bien à nous deux, nous allons bousculer cette bande de Nains un peu grincheux. » Elle me tendit son poing fermé avec un large sourire, j'ajoutai mon poing au sien, et en cœur nous dîmes "Tchek ! Vive les filles !"
Le ciel se zébra d'un éclair, je resserrai la panière contre moi, le tonnerre gronda et je proposai à Féline de ne pas tarder à rentrer car j'avais la frousse des orages. De grosses gouttes de pluie commencèrent à tomber, un second éclair illumina les cieux, suivi d'un bruit assourdissant, comme si le ciel se déchirait c'est un véritable déluge qui s'abattit sur nous. Féline se moquait de moi car à chaque éclair je poussais de petits cris, comme une petite fille.
Nous n'avions pas encore franchi la porte d'entrée que nous étions déjà trempées de la tête aux pieds, nos vêtements nous collaient et c'est en éclatant de rire que nous rentrâmes dans la maison. C'est la mine renfrognée de Balin qui nous calma tout de suite, j'en déduis qu'il avait appris que Féline venait avec nous.
Féline m'entraîna dans la remise pour nous sécher et enlever nos vêtements, nous étions torse nue quand la porte s'ouvrit, c'était Dwalin qui voulait savoir si Féline n'avait besoin de rien nous voyant à moitié nues, il devint tout rouge, je cachai mes seins et lui balançai ma chemise trempée à la figure, il bredouilla quelques mots et referma la porte. Féline me regardait, mécontente, et me dit : - « Pourquoi t'as fait ça, le pauvre, il n'a rien fait de mal. »
- « Si toi ça ne te dérange pas d'être nue devant ton Unique je le comprends, mais moi Dwalin n'a pas besoin de voir ma poitrine. »
Nous nous rhabillâmes rapidement pour passer à table, il ne restait plus que deux places libres, celles que nos Nains respectifs nous avaient réservées, et c'est comme ça que la compagnie comprit que Dwalin avait trouvé son Unique pour les nains, passer à l'action valait mieux que des mots pour faire comprendre les choses. Après notre petit incident, Dwalin était mal à l'aise, il n'osait pas me demander les plats qu'il voulait Thorin avait remarqué sa gêne, il me demanda ce qui n'allait pas chez lui, et avant que je réponde, Féline dit : - « Oh rien de grave, il nous a vues nues dans la remise. » Thorin et Dwalin s'étouffèrent en même temps, j'ajoutai : - « Merci Féline mais j'aurais dit ça d'une autre façon. Dwalin, tu n'as pas à être gêné, c'est déjà oublié. »
Thorin allait répondre quand la foudre tomba non loin de la maison, ce qui fit trembler les murs de peur, j'attrapai la main de Thorin. Beorn nous rejoignit pour manger et il nous annonça que les poneys et les deux chevaux seraient prêts demain matin. Il regarda sa fille et lui dit : - « Ce soir tu restes ici, tu ne sors pas avec moi cette nuit. » Elle baissa la tête en signe de réponse.
Le repas se déroula dans le calme, nos voix étaient couvertes par le tonnerre, l'orage gagnait en intensité, à croire que les éléments se déchaînaient dehors. Le vent sifflait par la cheminée, un des volets qui était mal fermé claquait contre la fenêtre et nous n'avions que des petits bouts de bougies, pour nous éclairer, cette ambiance me foutait la trouille.
Beorn se leva pour sortir, ce qui nous permit d'aller nous coucher nous nous installâmes tous dans la grange pour passer la nuit, tous étaient impatients de reprendre la route et de nous éloigner des orcs qui nous poursuivaient. Enfin je pus me blottir dans les bras de Thorin, la tête contre sa poitrine, je sursautais à chaque éclair suivi d'un coup de tonnerre. Thorin me dit en chuchotant : - « Je ne pensais pas qu'un orage pouvait te mettre dans cet état, il faut que tu dormes, demain nous avons encore un long chemin à parcourir. »
Je fermai les yeux, la main de Thorin me frottait le dos, il me dit : - « Petit, lorsque j'avais peur, ma nourrice me chantait une berceuse pour me calmer. » Il se mit à fredonner la berceuse de son enfance dans sa langue maternelle, je ne comprenais rien mais sa voix prit une teinte douce et mélodieuse, elle me détendit et je sombrai enfin dans le sommeil.
