Merci miss-acacia84 & x-Beautiful Blass-x


Para 28

Samedi 23 mars 2013 : 3h21

Chuck se frotta les yeux et s'étira. Ses muscles étaient fatigués, aussi fatigués que le reste de son corps. Enfin presque. Parce qu'une partie en particulier n'était pas au diapason.

Il avait dû se faire violence pour ne pas lui faire l'amour dans la limousine et pour ne pas la suivre dans leur chambre lorsqu'elle s'était retournée vers lui, mordillant sa lèvre inférieure, avec cette étincelle dans ses prunelles qu'il ne connaissait que trop bien et qui lui faisait perdre tout contrôle.

Il soupira et secoua la tête pour chasser cette vision de son esprit mais elle ne voulait pas le lâcher et ça allait le rendre dingue.

Il essayait, en vain, de se focaliser sur les rapports du bilan trimestriel qui devrait être présentés aux membres du conseil dans la semaine suivante. Il voulait que tout soit à jour au cas où ce serait à son père de faire la présentation.

La date d'accouchement était prévue pour le mercredi 10 avril mais ce n'était qu'une estimation et le seul qui déciderait de l'heure exacte serait leur fils. Il se tenait donc prêt à toute éventualité.

Son regard se posa sur le livret que Blair avait confectionné pour leur second enfant. Comme pour le premier, elle y avait classé et annoté les images des échographies. Il restait de nombreuses pages blanches à compléter et il lui tardait de pouvoir ajouter le toute première photo de leur bébé.

Il passa le doigt sur les formes floutées noires et blanches et fit un nouveau vœu pour que tout se passe bien. Le sourire de sa femme le hanta à nouveau et il se dit que la seule solution serait certainement de prendre une douche glacée. Il était devenu coutumier du fait depuis les quinze derniers jours.

Encore sept semaines à tenir. A condition que leur fils vienne à la date projetée.

La vision de Blair dans sa robe de soirée, dessinée par Eléanor, assaillit sa mémoire. Il ne savait pas comment elle s'y prenait pour être si sexy alors qu'elle était presque au terme de sa grossesse, quand toutes les autres paraissaient si « enceinte » dans les mêmes conditions.

Il jeta son crayon sur sa feuille et referma son pc d'un geste nerveux. Il fallait qu'il trouve une solution et vite parce qu'il ne tiendrait jamais encore autant de temps loin du corps de la belle brune qui faisait battre son cœur et pulser son sang dans ses veines, en autre chose !

Il quitta son fauteuil et se dirigea vers leur chambre. Il ouvrit lentement la porte pour ne pas la réveiller, elle devait dormir depuis longtemps maintenant et il pouvait espérer atteindre la salle de bain en mode furtif (ce qu'il fit sans difficulté) avant de retourner sur le canapé de son bureau où il trouvait refuge depuis quelques temps déjà.

C'était le seul endroit et la seule manière de passer une nuit plus ou moins sécurisée pour chacun d'entre eux.

Blair avait beaucoup de mal à trouver une position confortable et l'oreiller (ou plus tôt le coussin géant) de grossesse était la seule chose qui parvenait à l'aider à atteindre le sommeil.

Sauf que ce truc prenait une place énorme et qu'il ne supportait pas de dormir si près de sa femme sans avoir accès à son corps.

Glaciale ! Il avait besoin que l'eau soit glaciale !

Il passa sous le jet et en eut la respiration coupée.

D'un autre côté l'oreiller de grossesse lui permettait de refréner et de cacher ses pulsions. L'objet le maintenait à distance de la tentation même lorsqu'il n'arrivait pas à échapper à la vigilance de son épouse.

Heureusement, en quelque sorte, son état l'aidait car si elle avait du mal à trouver le sommeil, une fois qu'elle était au pays des rêves, elle dormait si profondément (et si loin de lui grâce à cet oreiller de maternité) qu'il pouvait quitter leur lit pour rejoindre son bureau.

Ces nuits là, il programmait l'alarme de son téléphone un quart d'heure avant que le réveil de Blair ne sonne et retournait discrètement la rejoindre sous la couette car il savait qu'elle avait, autant que lui, horreur de se découvrir seule entre les draps au petit matin.

Sa réaction quand il avait proposé de prendre la chambre d'ami jusqu'à l'accouchement avait été on ne peut plus claire. Pourtant, cela aurait sans doute aidé à résoudre quelques uns de leurs problèmes. Mais Blair détestait également s'endormir, tout comme lui, sans sa présence à ses côtés.

Il s'installait donc sur le matelas et se faisait le plus petit possible pour qu'elle puisse profiter de leur lit king-size, attendant patiemment qu'elle se perde dans les limbes de ses songes.

Il dormait extrêmement mal sur le sofa de son bureau, trop dur et trop petit pour lui et Monkey qui, invariablement, profitait de cette aubaine pour rejoindre son maître. Sans parler de la couverture rêche qui n'était pas censée servir à autre chose qu'à un élément de décoration pour apporter une note chaleureuse dans la pièce, assez austère, il devait le reconnaître.

Conséquence, il finirait certainement avec un lumbago à ce train là, si son fils décidait de prendre son temps et reportait sa venue au monde. Ce qui pouvait arriver fréquemment. Il avait lu que les bébés naissaient parfois avec plus d'une semaine de retard et qu'il était alors nécessaire de déclencher l'accouchement car cela provoquait des risques importants pour le nourrisson. Il n'escomptait donc pas qu'ils en arrivent là mais à contrario ne souhaitait pas non plus le contraire. Il désirait que leur enfant prenne le temps dont il avait besoin pour être en bonne santé. Ce qui le ramenait à son premier problème.

Il coupa l'eau et agrippa la serviette propre que Dorota accrochait toujours près de la cabine. Il se sécha vigoureusement et gémit intérieurement quand ses yeux s'accrochèrent aux sous-vêtement soyeux que sa femme avait laissés, suspendus, dans la pièce.

Il n'en sortirait jamais !

Il noua la serviette autour de sa taille et appuya son front contre le carrelage mural, désespéré.


Samedi 23 mars 2013 : 3h43

Blair se réveilla avec une envie intense d'uriner. Elle fronça les sourcils. Bien entendu, Chuck ne dormait pas à ses côtés !

Elle réprima une envie de pleurer en repensant à la façon dont il s'était dégagé de son embrase et l'avait éconduite dans la limousine. Il n'avais pas non plus répondu à ses avances lorsqu'elle avait gravi les escaliers pour se rendre dans leur chambre.

Au lieu de ça, il avait bifurqué vers les marches pour accéder aux combles et se retrancher dans son bureau, son antre. Il était plus qu'évident qu'il n'avait plus aucune envie d'elle. En aurait-il envie à nouveau un jour ? Même si elle réussissait à perdre tout le poids de sa grossesse, son corps resterait différent à jamais. D'autant qu'elle avait bien l'intention d'allaiter leur fils, ce qui n'aiderait certainement pas à réparer les dégâts.

Elle soupira et contracta son périnée. Elle devait se rendre au petit coin, elle n'avait pas d'autre choix. Elle se délogea donc de l'énorme coussin de grossesse qu'elle utilisait chaque nuit maintenant.

Elle ne savait pas vraiment si ça l'aidait à trouver une meilleure position car il lui semblait que quelque soit celle qu'elle adoptait, elle ne parvenait pas à trouver le sommeil avant des heures.

Elle restait souvent là, à écouter Chuck respirer à l'autre bout de leur lit immense, à la fois bien trop grand et bien trop exigu quand elle y rajoutait cet horrible oreiller qui l'éloignait des bras de l'homme qu'elle aimait.

Le médecin avait recommandé qu'elle s'allonge sur le côté gauche et comme son époux dormait à sa gauche, cet engin de malheur était obligatoirement placé entre eux. Elle avait bien pensé à lui demander de changer de côté pour qu'elle puisse se blottir entre ses bras mais elle avait finalement renoncé quand Dorota avait laissé échapper qu'il dormait fréquemment sur le divan de son bureau, grognant en polonais parce que le chien y laissait des poils qu'elle n'arrivait que difficilement à enlever de la matière veloutée chaque jour.

Encore une raison de plus qui lui faisait comprendre combien il ne supportait plus son corps disgracieux. Elle non plus ne le supportait plus. Il était vraiment tant que cette grossesse se termine. Elle avait été ravie d'être enceinte jusqu'aux trois dernières semaines mais le dernier mois était indéniablement le mois de trop.

Elle se dirigea vers la salle de bain, elle n'aurait pas dû boire autant d'eau gazeuse à cette soirée, maintenant sa vessie le lui ferait payer tout au long de la nuit.

Elle poussa la porte et le trouva là, le front contre le carrelage. Il avait l'air totalement désespéré. Une épine se ficha profondément dans son cœur.

- Chuck ?

Il sursauta et se redressa.

- Est-ce que ça va ? s'inquiéta-t-elle en dansant d'un pied sur l'autre.

Maintenant qu'elle était debout le poids du bébé compressait encore plus ses organes et ses voies urinaires.

Chuck posa les yeux sur elle.

Elle ne portait qu'un de ses hauts de pyjama sur son shorty Kiki de Montparnasse (L'idée de Julia Restoin ne l'aidait pas du tout, là) et ses boucles chocolat retombaient en cascades indisciplinées sur ses épaules, autour de son visage d'ange. Il nota que les deux premiers boutons de la chemise soyeuse étaient ouverts, ce qui laissait entrevoir la vallée de ses seins, gonflés par la grossesse et ça ne fit qu'augmenter son supplice.

Elle fit passer le poids de son corps d'un côté à l'autre et il comprit l'urgence de sa situation à elle. Il se dépêcha de sortir de là, autant pour lui que pour elle et passa aussi rapidement qu'il put, un boxer et le dessous du pyjama coordonné à celui que Blair portait, de manière si sexy que c'en était purement et simplement démoniaque.

Il réussit à quitter la pièce en même temps qu'il entendit la chasse d'eau et il fonça dans son refuge.

Monkey l'accueillit sur le pas de la porte mais son meilleur ami n'avait nullement l'intention de s'allonger sur le sofa pour dormir. Il devait absolument trouver quelque chose d'extrêmement rébarbatif et ennuyant pour occuper son esprit qui cavalait à du cent à l'heure sur les courbes de sa jolie femme, enceinte de huit mois.

Blair revint dans la chambre pour constater qu'une fois de plus, Chuck avait pris la poudre d'escampette et l'épine s'enfonça un peu plus dans son cœur. Puis la colère se mit à gronder en elle.

C'était sa faute, si elle était enceinte. Le moins qu'il puisse faire, c'était être là pour la soutenir un minimum. Son corps avait changé soit, il était gonflé et déformé mais c'était son fils qui en était responsable. Et elle n'était tout de même pas si immonde qu'il ne lui soit plus supportable de se retrouver dans le même espace qu'elle en intimité, non ?

Qu'il refuse d'avoir des rapports sexuels, elle pouvait le concevoir. Cependant, elle ne tolérerait pas qu'il la fuie comme si elle avait la peste dés qu'ils se retrouvaient en présence l'un de l'autre dans leur chambre ou dans tout autre endroit dont il aurait été ravi de profiter en d'autres circonstances. Elle n'allait pas non plus lui sauter dessus pour l'obliger à lui faire l'amour !

Elle s'avança dans le couloir et monta les marches jusqu'à l'étage supérieur d'un pas décider. Il ne restait peut-être qu'une semaine ou deux, mais elle ne comptait pas les vivre dans ces conditions. C'était déjà bien assez pénible comme ça, à ce stade de la grossesse.


Samedi 23 mars 2013 : 3h58

Chuck laissa sa tête tomber sur son bureau et son front cogna la surface dure en noyer qui composait le meuble massif. Même les colonnes de chiffres ne parvenaient pas à l'éloigner de la dernière vision dont venait de le gratifier sa femme.

Elle le tuerait, il en était certain. Elle le tuerait. Il n'était même pas sûr de pouvoir survivre à cette nuit.

Il secoua sa tête, toujours posée sur le bois sombre, de droite et de gauche. Il n'y avait aucune solution qui puisse le sortir de là, si ce n'était épingler Blair contre n'importe quelle surface plane. Ce qui était une option totalement exclue.

Blair ouvrit lentement la porte, sans faire de bruit et son cœur se figea dans sa poitrine. Il avait toujours cette attitude de désarrois total. Son front restait sur son bureau et ses doigts étaient croisés à l'arrière de sa tête.

Elle prit soudain peur. Qu'est-ce qui pouvait bien le laisser si désemparé ? Quel que soit le problème Chuck trouvait toujours une solution. Il était son roc, son phare dans la nuit. Celui à qui elle pouvait se raccrocher en toutes circonstances.

- Chuck, appela-t-elle doucement en s'approchant de lui.

Il tressaillit et grimaça. Il ne pourrait pas se retenir de l'embrasser ni de la caresser si elle continuait à le tenter de la sorte.

Elle posa une main sur son épaule et le sentit se raidir.

La frayeur augmenta en elle.

- Chuck, répéta-t-elle presque suppliante.

Il entendit les vibrations dans sa voix et releva la tête.

- Est-ce qu'il y a un problème ? demanda-t-il soudain gagné par l'appréhension à son tour.

Sa libido disparut d'un seul coup, remplacée par l'angoisse d'une complication quelconque pour son fils ou sa femme.

Blair l'étudia, prise au dépourvu.

- Je ne sais pas. A toi de me le dire, répondit-elle. C'est toi qui sembles tourmenté et qui refuses de te retrouver dans la même pièce que moi plus de deux minutes d'affilé depuis des jours.

Elle avait fini sa phrase à mi-voix, presque en murmurant. Sa détresse le désarma.

- Je sais que tu as toutes les raisons du monde de m'en vouloir. Je suis atroce avec toi, je change d'avis toutes les deux minutes, sans même parler de mes envies toutes plus bizarroïdes les unes que les autres et ... ça, se lamenta-t-elle en se désignant.

Elle déglutit et cligna rapidement des paupières pour refouler les larmes qui affluaient à ses cils.

- Je demanderai à Dorota de préparer la chambre d'amis dés demain, articula-t-elle avec difficulté devant son silence. Tu y seras mieux qu'ici.

Si ça le rebutait tant de partager son lit, au moins il y serait plus à l'aise.

Elle fit demi-tour, elle ne supportait pas ce silence assourdissant.

- Blair, la retint-il en attrapant son poignet.

Un courant électrique parcouru son échine. Elle était trop près, bien trop près. D'un geste, il l'attira sur ses genoux et l'embrassa passionnément.

Son cœur se remit à battre à toute vitesse et elle répondit à son baiser qui devint de plus en plus avide.

Il dévorait sa bouche, ses joues, son nez, ses lèvres à nouveau, son cou, sa peau, toute sa peau, chaque centimètre carré, elle était si douce, si chaude, si tendre, ça le rendait complètement fou.

Un éclair de lucidité frappa sa conscience et il s'écarta d'elle, presque suffoquant. Il ferma les paupières du plus fort qu'il le pouvait tentant de combattre le désir ardent qui prenait possession de chaque fibre de son corps.

- Non, bafouilla-t-il sans pouvoir la repousser loin de lui malgré tout.

- Non ? questionna-t-elle hallucinée.

A quoi est-ce qu'il jouait exactement ?

- Je ... Je suis désolé, bredouilla-t-il encore en tentant de se lever.

Mais Blair, assise sur ses genoux ne bougea pas d'un pouce. Il allait devoir s'expliquer parce qu'il ne pouvait pas allumer le feu en elle de cette manière pour ensuite la laisser pantelante avec l'obligation de prendre une douche glacée en plein milieu de la nuit. De plus, de là où elle était, elle pouvait parfaitement ressentir à quel point il avait envie d'elle.

- Chuck !

Sa voix était à présent comme un grondement, pleine d'un avertissement limpide.

- On peut pas faire ça, haleta-t-il.

- Faire ça ! s'étrangla-t-elle à demi.

La colère prenait maintenant clairement le dessus.

- Ça peut déclencher le travail, expliqua-t-il cherchant toujours son souffle. Je .. Si jamais il arrivait à nouveau quelque chose au bébé à cause de moi ...

Il ne termina pas sa phrase. Il ne pouvait même pas imaginer qu'il arrive quoi que ce soit à cet enfant maintenant.

Le courroux qui s'était emparé d'elle s'envola comme il était apparu.

- A cause de toi ? répéta-t-elle, hébétée.

- Je sais. Je sais, ce n'était la faute de personne. Juste la fatalité, récita-t-il comme il le faisait depuis des mois, mais toujours pas réellement convaincu de sa non culpabilité.

Une boule se forma au creux de l'estomac de Blair, qui n'avait rien à voir avec le bébé qui grandissait en elle et remonta dans sa gorge.

Elle avait l'impression de l'entendre parler comme en thérapie. Elle se rendit compte qu'il ne faisait que rabâcher ce qu'on attendait de lui, mais ne croyait pas un traître mot de ce qu'il racontait.

- Chuck, réitéra-t-elle sur un ton différent pour la troisième fois.

Cette fois, sa voix s'était presque brisée.

Il ferma les paupières à nouveau. Ils étaient si près. Encore une semaine, deux au maximum, et il pourrait enfin respirer librement. Il pourrait enfin être délivré de cette peur qui lui rongeait le cœur.

La mémoire de la brune fonctionnait à plein régime, repassant toutes ces séances chez le Docteur Sherman. Toutes les séances depuis qu'ils faisaient thérapie commune. Il ne parlait pratiquement pas. Il se contentait de dire ce qu'il fallait, quand il le fallait. Elle était la seule à véritablement extérioriser ses angoisses.

Elle prit son visage entre ses mains pour l'obliger à la regarder.

- Regarde-moi, le pria-t-elle. S'il te plaît, Chuck, regarde-moi.

Il ouvrit les yeux, exposant ses iris sombres, si sombres qu'elle eut l'impression de tomber dans un puits sans fond.

- Chuck, il ne va rien arriver à ce bébé, tu m'entends !

Elle pouvait voir danser l'épouvante tout au fond de ses prunelles.

- Il reste deux semaines, tout au plus, avant qu'on puisse le tenir dans nos bras et ce sera le plus beau bébé du monde.

Elle caressa sa joue de son pouce tout en continuant à emprisonner sa mâchoire.

- Je sais, murmura-t-il, si bas qu'elle ne fut pas certaine de l'avoir entendu.

- Chuck, dit-elle pour la quatrième fois.

- Tout ira bien, acquiesça-t-il entre ses doigts, d'un ton plus crédible.

Elle posa ses lèvres sur les siennes et la fièvre remonta dans son corps assoiffé de lui.

- Blair, la supplia-t-il presque quand elle délaissa sa bouche, posant son front contre le sien.

Elle s'écarta de lui et mit de la distance entre leurs peaux pour ne pas succomber aux feux de la passion qui les consumaient.

Elle recula d'un pas et s'assied sur son bureau continuant à lui faire face.

- Pourquoi tu n'en n'as pas parlé en thérapie ? Pourquoi tu ne m'en n'as pas parlé ? voulu-t-elle savoir.

- Mon rôle, c'est de prendre soin de vous, énonça-t-il.

- Et toi ? Qui prend soin de toi ?

La surprise pouvait se lire sur ses traits tendus et fatigués.

Personne ne prenait soin de lui. Il n'avait jamais eu besoin de personne pour ça. Il s'était toujours occupé de lui, lui-même. Depuis aussi longtemps qu'il s'en souvenait.

Il se rendit compte qu'il se mentait. Lily avait eu à cœur ses intérêts quand elle l'avait adopté. Et Blair l'avait aidé quand il avait perdu Bart. Blair était toujours là quand il avait besoin de quelqu'un. Elle était celle à qui il pouvait se dévoiler sans crainte d'être trahi ou abandonné.

Cependant les choses étaient différentes, à présent. Blair était enceinte, elle portait son enfant et c'était à lui de veiller à leur bien-être, pas l'inverse.

Elle l'étudiait avec ses grands yeux de biche. Elle était magnifique, même au milieu de la nuit.

Il secoua la tête pour évacuer ces pensées qui revenaient à la charge.

- Je pensais que tu me trouvais repoussante, déclara-t-elle tout à coup, changeant totalement de tactique.

S'il ne se permettait pas de s'ouvrir à elle, elle savait qu'il serait disposer à l'écouter et à la réconforter. D'une manière ou d'une autre, elle atteindrait son cœur.

- Qu ... Quoi ? bégaya-t-il, abasourdi par ce qu'il venait d'entendre.

- Tu ne veux plus m'approcher et tu fuis à chaque fois que j'essaie d'établir un contact physique et ... regarde-moi, s'exclama-t-elle en soupirant.

Elle laissa retomber ses mains sur ses cuisses nues et les yeux de Chuck remontèrent du bord de son shorty noir à son ventre arrondi, couvert de son haut de pyjama en soie bleu nuit, jusqu'à l'échancrure formée par les deux boutons manquant, qui laissait légèrement entrevoir le haut de ses seins, à la peau tendre de son cou, puis à ses lèvres charnues et à ses pommettes hautes, sous ses prunelles noisette qui le faisaient fondre de désir.

- Je te regarde, haleta-t-il et tu es la plus belle femme que j'ai jamais vue de toute ma vie. Tu es ma femme.

Elle sourit et se décala un peu, de manière à ce que ses genoux touche les siens.

- Blair, la prévint-il d'une voix rauque. Ce n'est pas une blague, les rapports sexuels peuvent vraiment déclencher le travail durant le dernier mois de grossesse. Je m'en suis même assuré auprès du Docteur Bergman et il a confirmé.

- Ce dont, Moi, j'étais sure, c'est que Chuck Bass connaissait mille et une façons de procurer du plaisir à une femme. Et à la sienne en particulier, répliqua-t-elle.

Elle sourit, mordillant sa lèvres inférieure avec son petit air ingénu et posa ses deux mains à plat sur ses genoux pour laisser lentement glisser les siens jusqu'au sol, sur l'épaisse carpette, afin de se retrouver pratiquement à sa hauteur. Si près de lui, que son abdomen rebondi frôlait son entrejambe, dont le tissu était également tendu à craquer, lui offrant une vue imprenable sur son décolleté.

Elle allait le tuer ! Pour de bon, elle allait le tuer !