Et voilà le dernier chapitre avant mon départ ! Etant donné que je reviens le 26, les chapitres reprendront normalement la semaine d'après.
En attendant, voici un chapitre sans aucune action, mais avec beaucoup de cogitation et de... pari plus ou moins douteux (plus que moins d'ailleurs... XD).
Il est sous-entendu dans ce chapitre que Mistral était à une école pour fille et non pas mixte, étant donné que la mixité a été faite aux États-Unis dans les années 70 et qu'au même moment Mistral était déjà pilote au Vietnam. Quant au Mustang, il s'agit d'un avion de chasse américain de la Seconde Guerre mondiale.
BETTYPOUSSIN : Oublierais-tu qu'ils sont en Corée du Sud ? Le temps de contacter puis de faire venir Maggie des États-Unis, Hannibal a le temps de mourir plusieurs fois ! ^^ Sinon, c'est vrai que j'ai essayé de faire un chapitre plutôt tendre, drôle et émouvant pour reprendre tes mots. Je voulais un peu casser toute la tension accumulée jusqu'à présent, me recentrer sur les retrouvailles. Mais en même temps, il ne faut pas oublier qu'ils ne sont pas en sécurité malgré l'apparente tranquillité... Quant à Hannibal qui tombe dans les pommes, si ça peut te prouver que je ne suis pas sadique, ce n'était ABSOLUMENT pas prévu à l'origine. Je voulais juste un dernier rebondissement pour que le chapitre ne soit pas trop gnan-gnan (entre Mistral et Hilary je veux dire... XD). Je me suis inspirée de la série BD Blueberry où il est aussi blessé par balle. Sa blessure se rouvre et il s'évanouit. Comme je suis en train de les relire, ça m'a donné l'idée. lol. A part ça, oui je me transforme en Indiana Jones ! Mais dans une fic sur l'Agence Tous Risques, je préfère dire en Brian Lefcourt ! XD Alors voilà, tu m'as donné une idée : Si tu fais une mutinerie, je lâche les momies découvertes sur la LLF. Sinon, je les garde au placard. Honnête, non ? Niark niark niark !
Toujours pareil : les phrases en italiques sont dites en russe.
Orel : Aigle.
Chernyi Sputnikovoe : Satellite Noir.
Bonne lecture !
CHAPITRE 14 : UN PARI STUPIDE... OU PAS
« HANNIBAL ! » s'époumona Futé.
Il vit le colonel s'effondrer. Il courut vers lui et le retourna sur le dos. C'est avec horreur qu'il vit la chemise de son ami ensanglantée. La blessure s'était réouverte.
« Tu viens mon chou ? demanda Hilary en descendant.
-Va chercher Barracuda et Looping ! VITE !
-Mais...
-Dépêche-toi bon sang ! »
Il vit disparaître la blonde en courant. Il se tourna vers Hannibal, toujours évanoui. Il son pouls. Un peu faible, mais régulier. En revanche, le colonel était gelé.
Futé leva les yeux vers les escaliers où une cavalcade avait lieu. Barracuda était suivi de peu par Looping et Mistral. Le lieutenant lança alors :
« Dépêchez-vous ! Hannibal s'est évanoui et sa blessure s'est réouverte.
-Il faut l'amener à l'hôpital, observa Mistral d'une voix angoissée.
-T'es folle ! s'exclama Futé. On est tous recherché je te fais remarquer.
-Oui, et moi je te fais remarquer qu'on est en territoire étranger, Decker n'a aucun pouvoir en Corée du Sud.
-Alors pourquoi il est venu t'arrêter la dernière fois ?
-J'en sais rien mais il faut amener Hannibal à l'hôpital.
-Futé a raison Mistral, expliqua Barracuda. Qui nous dit qu'on va pas se faire arrêter par les Coréens et envoyer vers Decker ? Les chasseurs nous ont poursuivi jusqu'au dessus de la ville, Decker est venu te chercher en territoire étranger... Ils doivent avoir des accords avec les Coréens.
-Que tu le veuilles ou non, fit Futé, nous devons nous débrouiller par nos propres moyens.
-Et si au lieu de discuter, on agissait ? » coupa Looping inquiet pour Hannibal.
Barracuda souleva doucement le colonel. Tous remontèrent dans les étages, tandis que Mistral allait réveiller M. Kindehost pour appeler un médecin à la demande de Futé.
Le médecin coréen venait de repartir. Il était plus d'une heure du matin. Les nouvelles étaient bonnes. Hannibal en avait simplement trop fait, il devait se reposer et rester couché tant que sa blessure ne serait pas un peu plus cicatrisée. Il n'avait pas repris conscience, mais cela ne paraissait pas inquiéter le docteur.
L'Agence Tous Risques insista pour qu'Amy, Tawnia, Brian et Mistral retournent se coucher. Épuisés, les journalistes et l'archéologue obtempérèrent, obligeant tout de même l'équipe à promettre qu'elle viendrait les prévenir si quoi que se soit se produisait. Le commandant, en revanche, refusa catégoriquement de quitter la chambre où l'équipe allait veiller le colonel. Tandis que Futé s'asseyait sur son lit et que Barracuda et Looping s'accaparaient les fauteuils, elle s'installa confortablement sur les genoux du capitaine qui l'enlaça. Bientôt, elle s'endormait, le visage au creux du cou de Looping, terrassée de fatigue et d'émotion. Looping caressa tendrement son bras nu en la berçant doucement. C'est alors que pour la première fois, Futé remarqua qu'elle portait une nuisette de soie blanche qui aurait presque pu passer pour une robe de soirée. La désignant, il chuchota :
« Elle a trouvé ça où ?
-Tawnia, répondit Looping. Elles font la même taille alors elle lui en a prêtée une. C'est pas pratique de s'échapper comme ça de prison, elle a pas d'affaire.
-Tu devrais arrêter de la balancer comme ça, souffla Barracuda ironiquement. Elle va avoir le mal de mer.
-Dis, c'est vrai que tu t'es inquiété pour moi ? » changea soudainement de sujet Looping en souriant.
Le sergent se contenta de lever les yeux aux cieux.
La vue revint doucement à Hannibal. Il avait l'impression d'avoir juste cligné des yeux. Pourtant, les oiseaux et les bruits de la rue lui indiquaient que c'était le matin, malgré la quasi absence de luminosité. Il se rendit soudainement compte qu'il n'avait plus mal et qu'il était dans un lit. Sûrement avait-il perdu connaissance. Il tourna la tête sur le côté et sourit devant le tableau qui s'offrait à lui.
Barracuda était affalé dans un fauteuil et ronflait légèrement. Futé, encore habillé, avait la tête sur son coussin, les jambes et les pieds hors du lit. Mistral dormait en travers des genoux de Looping qui avait mis sa tête sur la sienne. Visiblement, ils l'avaient tous veillé.
A ce moment, la porte s'entrouvrit sur Amy qui passa la tête dans la chambre. Elle retint un cri de joie en voyant Hannibal réveillé. Après tout, les autres dormaient encore... Elle entra et chuchota :
« Comment tu te sens ?
-Bien et toi ?
-Hannibal ! Tu sais parfaitement comment je vais. J'aimerais que tu développes un peu plus tes arguments.
-Oui maman...
-Arrête, je plaisante pas. On s'est vraiment inquiété, tu sais. »
Elle vint s'asseoir sur le lit. Hannibal comprit qu'elle ne le lâcherait pas tant qu'il ne lui aurait pas tout dit de sa santé.
« Je vais bien Amy, ne t'en fais pas. Je n'ai même plus mal à mon épaule.
-Vu la dose de morphine que le docteur t'a refilé, je peux comprendre...
-De morphine ? répéta-t-il.
-Oui, et tu en prendras tant que ce sera nécessaire.
-J'ai une tête à me droguer ? grogna le colonel.
-J'ai pas dit de te rendre accro ! Ce sont des doses médicales...
-Je suis pas un grand fan des médicaments justement, coupa-t-il.
-Alors toi tu vas bien ! Quand c'est les autres qui sont blessés, tu veilles à ce qu'ils prennent leurs médicaments, mais quand c'est toi...
-C'est pas pareil chérie ! Et puis je me sens en pleine forme.
-Oui, grâce aux médicaments.
-Mais non !
-Tu es le pire patient que j'ai jamais rencontré.
-Je sais, Maggie me l'a déjà dit.
-Maggie Sullivan ? Tu la vois toujours ?
-De temps en temps, mais c'est rare... répondit Hannibal d'un ton un peu rêveur.
-T'as jamais pu l'oublier. »
Le colonel se contenta de sourire. A ce moment, Barracuda ouvrit les yeux dans un grand bâillement.
« HANNIBAL ! » s'exclama-t-il d'un ton joyeux.
Il y eut alors un concert de grognements entre Futé, Looping et Mistral. Mais lorsqu'ils virent le colonel réveillé, tous s'enquirent de sa santé.
Puis, une fois rassuré, Looping demanda à Mistral qui s'étirait sur ses genoux :
« Bien dormi ?
-Affreusement, répondit-elle avec un grand sourire. Je suis ankylosée de partout, mais si je devais le refaire, je repasserais la nuit entière ici ! »
Il l'embrassa tendrement sur le front, puis sur le nez, avant d'unir ses lèvres aux siennes.
« J'ai l'impression qu'entre ma mort et ma résurrection les choses ont évolué entre vous... plaisanta le colonel.
-Ca se voit tant que ça ? sourit Looping.
-A peine. »
Tous se mirent à rire. Hannibal tourna ses yeux vers la fenêtre aux volets fermés.
« Pourquoi il y a si peu de luminosité ? On est bien le matin ?
-Oui, il est 10 h, répondit Amy. Mais l'ouragan va frapper aujourd'hui, la ville est en alerte. Il y a un ciel d'encre ce matin.
-10 h ? s'exclama Futé. On a jamais dormi autant !
-T'as vu l'heure à laquelle on s'est endormi ? répondit Barracuda peu étonné. Il était plus de 3 h du matin. Bon, moi je sais pas vous, mais je descends déjeuner.
-Et si on prenait un petit-déjeuner au lit ? proposa Looping dans un grand bâillement. On va pas laisser Hannibal ici.
-Mais je vais venir avec v...
-NON ! » s'écrièrent-ils tous à l'unisson.
Hannibal fronça les sourcils et fit remarquer :
« Je croyais que c'était moi le chef de l'équipe. Jusqu'à présent, j'ai le grade de colonel, non ?
-Eh bien pour une fois tu feras ce qu'on te dis, ordonna Futé.
-Bon, discutez si vous voulez, mais moi je vais chercher mon déjeuner. Hannibal, je te monte le tiens. » proposa Barracuda.
Il joignit le geste à la parole et se leva. Mistral fit de même pour se dégourdir les jambes, suivi de Looping.
« Reste, fit galamment le capitaine au commandant. Tu prends toujours du café au lait avec des croissants ?
-Y a des choses qui changent pas, ria Mistral.
-Je vous rejoins tout à l'heure, avertit Amy. Je vais réveiller Tawnia et Brian. On mangera sûrement en bas. Il n'y aura pas assez de place ici sinon.
-Quant à moi, prévint Futé en se tournant vers Hannibal, je reste ici pour surveiller mon supérieur hiérarchique. »
Le supérieur hiérarchique en question leva les yeux au ciel en signe de désapprobation.
Alors que les autres sortaient de la chambre, les trois restant commencèrent à discuter de tout et de rien. La conversation dériva alors sur les arnaques de Futé. Mistral était sceptique quant à l'assurance qu'avait le lieutenant qu'il fallait être un artiste pour arriver à ses résultats.
« Si tu ne me crois pas, t'as cas tenter ta chance aussi, défia Futé quelque peu piqué au vif.
-Et tu veux que je fasse quoi ? »
Le blond réfléchit un instant avant de déclarer non sans un sourire :
« Choisie ta victime dans l'équipe. Invente-toi une vie tragique par exemple qui expliquerait pourquoi tu es devenue pilote de chasse.
-Mais je suis devenue pilote de chasse par passion des avions et du risque...
-Je veux justement quelque chose de très éloigné de la vérité.
-C'est complètement stupide comme pari ! grogna Hannibal.
-Si j'y arrive, je gagnerais quoi ?
-On parie 20 $ que tu n'y arriveras jamais.
-Pari tenu ! Je verrais avec Barracuda. »
Hannibal secoua la tête. C'était particulièrement imbécile comme idée. Mais après tout, c'était le problème de Futé et de Mistral.
Le pilote de chasse sortit de la chambre pour rejoindre le sergent qui montait afin de débuter la conversation. Futé la regarda sortir, hilare.
« Si tu te prends le poing de Barracuda sur ton nez, je ne te défendrais pas, assura Hannibal. Tu sais combien il a horreur du mensonge et de tes combines.
-Justement, c'est Mistral qui va l'arnaquer.
-Sur ton pari. En plus, il ne frappera jamais une femme. »
A ce moment, le commandant ouvrit la porte, permettant à Looping et Barracuda d'entrer. Ces derniers portaient chacun deux plateaux. Le sergent en donna un à Hannibal avant de s'installer avec le sien. Il se tourna alors vers Mistral qui s'installait sur l'accoudoir du fauteuil de Looping et demanda :
« Je repense à ce que tu me disais... Comment tu es devenue pilote de chasse ? Comme tu disais, c'est fermé pour une femme.
-Oh c'est... une longue histoire, soupira Mistral en prenant un air triste. Je n'aime pas en parler.
-Pourquoi ? » s'étonna le Noir en trempant son croissant dans son lait.
Elle se mordit les lèvres d'un air désolé, tandis que le colonel levait les yeux au ciel. Barracuda l'encouragea doucement, tandis qu'elle enfouissait son visage dans le tee-shirt de Looping, sur son épaule. Il l'embrassa dans les cheveux et la réconforta. Visiblement, elle l'avait mis dans la confidence du pari. Puis, elle commença à raconter une histoire montée de toute pièce, secouée par des sanglots qui étaient en vérité des éclats de rire qu'elle tentait de cacher.
« Mes parents m'ont toujours rejetée car je ne faisait rien comme les autres filles. J'étais un garçon manqué. Au contraire de ma grande sœur qui avait toutes les qualités d'une bonne future épouse. Ils me détestaient et me rabaissaient sans cesse, n'hésitant pas à m'enfermer dans des placards ou à la cave, dans le noir le plus total. Ma sœur et ses copines étaient toujours sur mon dos, comme de vraies chipies. Et je ne parle même pas des autres filles... A l'école, je n'avais aucune amie. Puis je suis entrée au collège... C'était pire que tout. Mes parents, tant ma mère que mon père, ont commencé à me frapper dès que je parlais de faire un métier sois-disant réservé aux hommes. Puis ça a été le lycée et la période de tous les excès. C'était 60's, j'ai commencé à me droguer à faire plein de bêtises... J'ai complètement pété les plombs... Un jour que mon père avait frappé plus durement que d'habitude, je me suis enfuie. J'ai atterri, c'est le cas de le dire, sur un petit aérodrome privé. J'ai rencontré un vieux pilote de Mustang qui avait fait la Bataille d'Angleterre. On a commencé à discuter. Il m'a transmis sa passion de l'aviation. Il m'a poussée vers le haut, m'a obligée à me dépasser. Je m'en suis sortie. Grâce à lui j'ai remplacé l'héroïne par le vol. Et je suis devenue pilote de chasse. »
Barracuda ne l'avait pas interrompue. Il avala difficilement sa salive, ne sachant que dire. Mistral était toujours écroulée de rire dans les bras de Looping, mais on aurait pu croire qu'elle pleurait à chaudes larmes.
« C'est... C'est horrible... » souffla le Noir.
Le commandant releva la tête, la tourna vers Futé et, avec un grand sourire, déclara :
« Tu me dois 20 $ Futé !
-J'aurais jamais cru que... Enfin, bref, voici tes 20 $. »
De bonne grâce, Futé lui tendit la somme. C'est alors qu'à son grand étonnement et à celui d'Hannibal, Mistral, Barracuda et Looping éclatèrent de rire.
« Tiens Barracuda, tes 10 $. Merci beaucoup d'avoir joué le jeu ! Je ne m'en serais jamais sortie toute seule !
-Mais ce fut un plaisir d'arnaquer notre Futé. »
Hannibal, qui allumait un cigare, se mit à rire avec eux devant l'air indigné du lieutenant. Ce dernier s'énerva alors :
« Rendez-moi mes 20 $ tous les deux ! Vous m'avez arnaqué !
-Ben quoi ? répliqua Mistral en pleurant de rire. Le pari c'était justement d'arnaquer quelqu'un de l'équipe, non ? Tu en fais parti alors j'ai gagné. Tu n'as jamais précisé qui après tout.
-Tu ne devais pas avoir d'aide !
-Tu l'as précisé à quel moment ? Il ne faut jamais se fier aux apparences. Tu sais, dans une maison, il y la façade, derrière il y a une pièce qui semble être la vérité. Mais la vérité peut très bien être en fin de compte dans un coffre fort ! »
Hannibal arrêta aussitôt de rire. Ce que venait de dire Mistral le faisait réfléchir à toute vitesse. Il venait de prendre conscience de quelque chose. Très gravement et toujours en réfléchissant, il demanda :
« Mistral, peux-tu répéter ce que tu viens de dire s'il te plait ? »
Tous furent étonné de voir son ton sérieux. Le commandant reprit alors, intriguée :
« Ben... Dans une maison, il y a une façade, derrière une pièce et dans cette pièce un coffre-fort qui renferme la vraie vérité. »
Elle regarda un instant Futé avant de continuer :
« En l'occurrence, la façade c'est que j'ai eu une enfance malheureuse, ce qui n'est absolument pas le cas, la pièce c'est que j'arnaque Barracuda et le coffre-fort c'est qu'on arnaquait Futé de 20 $...
-Oui je sais, répondit Hannibal. Mais ce n'est pas le problème. Le problème dans toute cette histoire, c'est qu'on a vu que la façade puis la pièce. Il nous reste à percer le coffre-fort.
-Mais de quoi tu parles colonel ? interrogea Barracuda au nom de l'équipe.
-La façade, expliqua Hannibal sans écouter, c'était que Mistral s'était crashée en Corée du Nord avec des documents secrets défenses et que nous devions la récupérer contre notre grâce. La pièce, c'était le piège tendu par l'armée et la CIA.
-Et le coffre-fort ? demanda fébrilement Looping.
-Eh bien, je crois qu'on a pris le problème à l'envers depuis le début. On est parti du principe que c'est nous qui étions piégés. Mais si ce n'était pas le cas ? Si c'était le contraire ?
-Tu veux dire, raisonna Futé, si on s'était servi de nous pour piéger quelqu'un d'autre ?
-Oui, répondit Hannibal en soufflant la fumée de son cigare.
-Qui ?
-Mistral. »
Celle-ci ouvrit la bouche sous l'effet de la surprise. Tous les regards vrillèrent vers elle. Looping la serra contre lui comme pour la protéger.
« Mais pourquoi ? trembla-t-elle.
-Réfléchissez. C'est logique. De quoi est-elle accusée ?
-D'être Nastasya Petroshva, agent du KGB... répondit Futé qui commençait à comprendre.
-C'est ça. Et pendant ce temps, que peut faire la vraie Petroshva ?
-Continuer à espionner tranquillement ! s'exclama le lieutenant. Elle s'est servie de Mistral comme d'un bouc émissaire !
-Mais pourquoi moi en particulier ? réagit Mistral avec désespoir.
-Parce que tu es le bouc émissaire parfait, éclaircit Hannibal. Ton grand-père, Jean Villandret, a vécu un Indochine et a eu des rapports ''suspects'' avec les communistes. En plus, tu as été en URSS pour le compte de la CIA durant un an. Si Petroshva est sur la base de Firedoth comme toi, elle ne pouvait pas trouver mieux. Elle a donc falsifié les microfilms pour t'accuser. C'était toi qui était visé. Depuis le début.
-Mais... Et le piège alors ? s'étonna Barracuda. Que je sache, on a bien été emprisonné !
-Mais c'est là que Petroshva est géniale ! s'écria le colonel. Elle semble très intelligente, très habile. Une manipulatrice née. Pour ne pas qu'on découvre le coffre-fort, elle a bâti une pièce parfaite autour afin qu'on ne cherche pas plus loin. Elle s'est débrouillée pour que Jack et Decker fassent le travail à sa place, pour leur faire croire que l'idée venait d'eux. En nous visant nous, c'est Mistral qu'elle visait.
-Ce ne serait donc que le hasard si Looping et moi avons été fiancés ?
-Sûrement oui. A moins que ce ne soit quelque chose contre toi, pour bâtir un peu mieux sa pièce entre la façade et le coffre-fort. Justement, comme vous avez été fiancés, c'est logique qu'on t'utilise pour nous attraper. Personne n'irait chercher plus loin, à moins d'être complètement cinglé bien sûr.
-Dans ce cas, rit Barracuda, elle est mal tombée la Nastasya ! Plus cinglé que toi, on aura du mal à trouver.
-Et moi alors ? s'indigna Looping. Je suis officiellement fou je te rappelle !
-C'est vrai, approuva Hannibal en souriant. Mais je peux prendre à la palme aussi, non ?
-Vous vous rendez compte ? fit soudainement Futé en riant. Le colonel allume un cigare et pof ! Il découvre tout un machiavélique complot.
-C'est bien pour ça que je fume. Ca aide à la réflexion. Finalement, votre pari n'était pas si stupide que ça. »
La jeune femme leva un regard inquiet vers l'homme qui se trouvait avec elle. Celui-ci demanda ce qu'il se passait.
« L'oiseau numéro 1 a tout compris, Alekseï.
-Smith ? On peut dire les noms ici, on est entre nous.
-Mais ça change beaucoup de choses !
-Nastasya, calme-toi ! Ca ne change rien du tout à l'opération. L'agent Orel s'occupe de tout ça pour nous. Chernyi Sputnikovoe continue.
-Mais tout est compromis !
-Non, pas tant que la CIA n'est pas au courant. Et croirait-elle des fugitifs ? »
Nastasya approuva Alekseï mais elle n'était pas tout à fait convaincue.
