Bonjour à toutes, et oui, un nouveau chapitre ! Incroyable, n'est-ce pas ?
J'ai été très heureuse comme toujours de toutes vos reviews et j'espère sincèrement que la suite vous plaira tout autant.
Concernant les annexes de cette fiction, sont actuellement postés les OS de Shannon, d'Amelia Storm et de Fern Cartier ( la mère de Tania ). J'ai posté aujourd'hui celui de Fern car certaines de vous ne comprenaient pas son comportement. J'espère que cet OS leur permettra de voir d'un autre le personnage.
Car il ne faut pas oublier que vous voyez tout à travers Tania et il y a des choses qu'elle ne peut pas comprendre.
Sinon, j'ai fait un dessin ( pas particulièrement beau mais passons) de la tenue qu'elle porte dans ce chapitre. Si jamais vous vouliez le faire, allez sur Devianart et cherchez Lulabella-chan.
Réponse aux reviews anonymes :
Gab : je suis ravie que tu lises les OS sur les personnages, ça ne fait plaisir de savoir qu'au moins une personne les aient lu ! Encore merci de ta review !
Copa Cabana : je suis embêtée que je vois une review aussi longue, j'aurais bien voulu te répondre par MP, mais bon. Déjà, merci pour ta review et félicitation pour avoir eu le courage de tout relire depuis le début. Je suis vraiment touchée par tout ce que tu dis, ça me fait très plaisir, vraiment ! Ensuite je tiens à te dire que tu n'es vraiment pas loin de la vérité dans certains de tes propos. Je ne dirais pas lesquels ni pourquoi ici pour ne pas gâcher le suspens. Concernant Tania, je t'avoue que tu me rassures. J'essaie de faire d'elle un personnage cohérent, attachant et pas une mary-sue. C'est pas toujours facile donc ce genre de review sont un pur délice ! Je suis désolée sur le temps entre les chapitres mais je fais de mon mieux pour vous en offrir de plus en plus régulièrement.
Sur ce, bonne lecture !
Si j'avais su, serais-je aller malgré tout à ce bal ?
Aurais-je tenté le diable en allant m'exhiber sous son nez ? Aurais-je eu de la compassion ou de la pitié pour Kyle, assez pour retenir l'excitation à l'idée même de découvrir leur monde de sang-pur ?
Si j'avais eu la connaissance des événements futurs, aurais-je agit autrement ?
Non ...
A ma grande honte, la réponse était non à toutes ces questions. Même en sachant parfaitement ce qui allait se passer, dans quoi j'allais plonger, je ne regrette pas.
Et c'est justement cela qui est douloureux. De les voir, aujourd'hui et de savoir que je ne regrette pas ...
L'excitation. Ce sentiment qui fait battre le sang si fort dans les veines. L'appréhension autant que la peur. Je ne pouvais tenir en place. J'étais délicieusement paradoxale.
Je détestais tant les soirées mondaines de ma mère, les robes de luxes et cie. Et j'avais pourtant tellement hâte d'aller à celle qu'organiser la famille de Lynn. J'avais tellement hâte de mettre une belle robe et de voir de quelle façon me verrait Kyle. Hâte de montrer à son père que la née-moldue savait se comporter en société.
Mais j'appréhendais tout de même le moment où je me retrouverais entourée en grande partie par des sang-purs. Détestaient-ils tous les personnes comme moi ? Ou étais-ce seulement valable pour certaines familles. Bien sûr, je me répétais que tout irait bien. Il n'y avait aucune raison que cela se passe mal. Après tout, je doutais qu'un lynchage puisse avoir lieu dans une fête pareille, où m'avait-on dit, même les journalistes étaient conviés.
Pourtant le frisson de la peur me prenait par moment, lorsque j'imaginais la haine dans leurs yeux. Et je me demandais s'il était possible que je croise sans le savoir les assassins de Cérès et du reste de sa famille. C'était tout bonnement horrible.
- Ce soir-là, nous fêtons la nuit la plus longue, c'est un hommage à la saison hiver pour qu'elle soit moins rude, m'expliqua Kyle alors que nous étions dans sa chambre, quelques jours avant la soirée.
- C'est une étrange coutume pour des sorciers, remarquais-je.
- Ce n'est pas vraiment une coutume de notre monde, elle est tellement vieille qu'elle devait exister à l'époque où les sorciers et les moldus vivaient ensembles.
Je lui fis remarquer ce qui était à mon sens ironique et il éclata de rire, approuvant néanmoins ma réflexion.
- C'est une soirée déguisée, tu sais … Je ne sais pas si tu auras le temps de te trouver une tenue …
- Tu n'as pas envie que je viennes, n'est-ce-pas ?
Kyle eut le bon sens de paraître gêné. Je n'étais pas idiote, ni complètement aveugle, du moins l'espérais-je. Il avait commencé par dire que j'avais certainement mieux à faire. Que j'allais m'ennuyer. Que je serais mieux avec Rosalie. Et maintenant ça …
- Tu … Tu as peur que je te fasses honte ? Demandais-je en baissant les yeux.
- Oh, Tania, non ! S'exclama t-il en me prenant dans ses bras. J'ai simplement un mauvais pressentiment à propos de cette soirée.
- Alors, restes près de moi et il ne m'arrivera rien, lui dis-je confiante.
Ses yeux se plantèrent dans les miens, avec un sérieux que je ne lui avais que rarement vu. J'eus un frisson. Mon cœur se mit à battre plus vite. Je n'aimais pas ça. J'avais peur. Peur de ce qui se passait dans sa tête.
- Tania, je …
- Je devrais rentrer, il faut que je me trouve un costume !
- Tania, attends, m'arrêta t-il en m'attrapant le poignet alors que je me levais de son lit où nous nous étions installés.
- Oui ? Demandais-je, mal à l'aise.
- J'aimerais te dire quelque chose, c'est important pour moi …
Je me rassis, à regret. Je me sentais comme un animal que l'on venait de prendre au piège. J'avais vu les murs se resserrer, petit à petit. Et même si je commençais à aimer cette prison, je me sentais étouffée, acculée. « Ne le dis pas ».
- Tania …
Non. Je voulais partir. Je ne voulais pas l'entendre. Je l'avais vu dans ses yeux. Je le savais. Mais l'entendre dire, cela rendrait les choses concrètes, réelles. Il me mettrait devant le fait accompli. Il attendrait quelque chose en retour. Quelque chose … Que je n'étais pas en mesure de lui dire. Parce que je ne savais pas. Parce que tout se mélanger dans ma tête en cet instant. C'était une phrase qui n'admettait que deux réponses. Oui ou Non. Il n'y avait pas de place pour « je ne sais pas ».
- Je t'aime.
Je passais un masque sur mon visage. Il ne m'allait pas, je le rendis à la vendeuse. « Je t'aime ». Je serrais le poing. Il l'avait dit. Et j'avais vu dans ses yeux comme il était heureux de l'avoir fait. Et comme il était impatient d'avoir une réponse.
Je n'ai évidemment pas su quoi dire. Je ne pouvais pas lui mentir. Je t'aime aussi. Cela sonnait tellement faux. Je ne t'aime pas. C'était tellement irrévocable. Je t'aime beaucoup mais pas autant que toi tu m'aimes. C'était la vérité. Mais j'étais incapable de la dire. Parce que justement, je l'aimais, à ma façon certes, mais je ne voulais pas lui faire de mal. J'étais bien avec lui. Je ne voulais pas que cela cesse.
Alors je n'ai rien dit. Je l'ai embrassé tendrement et je lui ai dit merci. Qu'il l'interprète de la façon qu'il le voulait, au moins n'avais-je pas mentit. Mais il viendrait un moment où ce genre de feinte ne fonctionnerait plus. Et alors, que ferais-je ? Mes sentiments pour lui avait évolué en bien, mais qui pouvait dire s'ils grandiraient encore ?
- Bon sang, Kyle, pourquoi tu m'as dit ça ! Pestais-je tout bas.
- Vous avez l'air contrariée, Miss. Est-ce qu'il y a un problème avec le masque ?
- Non … Non … Mais, est-ce que vous auriez quelque chose qui fasse penser à l'hiver ?
- L'hiver … Je ne crois pas … A moins que ! Si, suivez-moi ! Dit-elle en partant dans l'arrière boutique.
Je la regardais fouiller dans des cartons, curieuse de savoir ce qu'elle pouvait me dénicher.
- Nous l'avons acheté il y a longtemps … Mais personne n'en a jamais voulu, vous comprenez, chez les sorciers, c'est un peu une crainte de se faire toucher par la malédiction.
- La malédiction … Répétais-je, incertaine de ce qu'elle pouvait évoquer.
- Ah, le voilà ! Il vous plaît ?
- Je … Je vais le prendre.
- Je regrette de ne pas avoir le reste de la tenue qui va avec, m'expliqua contrite la vendeuse alors que je payais mon nouveau bien.
- Ça ne fait rien, je pense avoir ce qu'il faut.
- Vous êtes une invité du bal, n'est-ce-pas ?
- Oui, dis-je surprise.
- Vous en avez de la chance, salua t-elle rêveusement.
Le soir du bal vint. Je soufflais pour décompresser avant d'entendre la porte d'entrée s'ouvrir. Rosalie me cria que Kyle était arrivé. Je prenais dans ma valise la cape la plus longue que je possédais et l'enfilais de façon à ce qu'on ne puisse voir ma robe. Avec précaution, je rabattais le capuchon sur ma coiffure, prenant garde de ne pas la défaire. Rosalie avait passé son après-midi à me coiffer et à me maquiller, je ne voulais pas gâcher tant d'efforts. Le masque dans la poche de ma cape, je descendis.
Kyle était beau. Comme toujours, il était vrai. Mais ce soir là, peut-être plus encore. A moins que mon esprit chercha à excuser mon comportement qui suivit ensuite en lui rendant davantage grâce que je ne lui en accordais à cet instant.
D'un point de vue originalité, il n'avait pas fait particulièrement d'effort. En bon Serdaigle, il portait un masque en accord avec notre maison. Le haut de son visage était donc celui d'un aigle brun. Un petit bec se retroussant sous son nez, il ne lui manquait guère que des yeux dorés pour être l'oiseau idéal. Ses cheveux blonds venaient taquiner les bords du masque. Sa tenue était chaude, dans des teintes diverses de marrons et d'or. Je le répètes, mais il était vraiment beau.
- Et bien ? Tu me fais des mystères ? Interrogea t-il en voyant ma tenue cachée par ma cape.
- Tu découvriras en même temps que les autres, lui dis-je en souriant. Mais je dois dire que ton déguisement est très réussi …
- Ouais, approuva Rosalie avec une lueur d'envie dans les yeux, j'aurais bien voulu voir les autres.
Je lui fis un sourire désolé, mais elle me fit un clin d'œil, signe qu'elle ne m'en voulait pas vraiment mais qu'elle était tout simplement curieuse. Kyle me tendit son bras, et nous fit transplaner devant le grande portail des Whitley.
- Prête ?
- Prête.
Lorsque nous fûmes dans le hall, quelqu'un interpella Kyle ce qui l'obligea à me laisser un instant. J'en profitais pour laisser ma cape et mettre mon masque. J'observais ensuite la foule. Il y avait du monde, beaucoup de monde. Les gens passaient à côté de moi, dans des cortèges de couleurs, d'animaux, d'esprit de la forêt et de l'hiver. Beaucoup posèrent sur moi leur regard plus longtemps que le veut la bienséance.
- Vous êtes magnifique, souffla une voix dans mon dos.
Un homme assez jeune se tenait devant moi. Il était charismatique, avec ses cheveux d'or, presque blanc. Vêtu dans des couleurs sapins, il représentait les épaisses forêts du nord.
- Je... Je vous remercie, dis-je en inclinant la tête.
- Lucius, salua Kyle en arrivant vers nous, je vois que tu as fais la connaissance de ma petite amie.
- A l'instant, déclara l'homme avec un sourire amusé.
- Tania, laisse-moi te présenter Lucius Malefoy, me fit Kyle avec un sourire bienveillant.
Mais je remarquais dans ses yeux à quel point il était tendu et visiblement, Lucius aussi car il prit un malin plaisir à me faire un baisemain.
- Tu es jeune, Kyle, dit-il en posant une main sur son épaule, mais tu devrais faire attention à ne pas quitter des yeux ce qui t'appartient, on pourrait aisément te le voler.
- J'en prends bonne note, répondit-il en regardant Malefoy s'éloignant d'un pas noble.
Ses yeux se posèrent ensuite sur moi. Il soupira en passant une main dans ses cheveux.
- Tu ne me rends pas la tâche facile, Tania … Pourquoi faut-il que tu sois si belle ?
Je rougis bêtement. J'avais tellement voulu qu'il soit fier de me montrer à tous … Et le voilà ennuyer de me voir ainsi. Je sentis mon cœur se serrait, déçu. Il dût le sentir car il plaça son bras dans le creux de mon dos.
- J'aurais voulu être le seul à te contempler ainsi … Où as-tu trouvé cette robe ?
- C'est un cadeau de mon père, lors de son dernier voyage en Scandinavie.
Je tournais sur moi-même, pour lui faire admirer chaque bout de ma tenue. Avec un col de fourrure blanche, ma robe descendait, échancrée dans le dos pour finir en de soyeux plis. La robe était d'un blanc immaculé, brodait par endroit de fil argenté. De la gaze transparente mais brillante comme des milliers d'étoiles recouvraient mes bras et d'autres parties de la tenue. Mon masque était quand à lui, celui d'une louve blanche et mes cheveux, ornés de petites perles immaculées. J'étais le loup des neiges.
Kyle me présenta à énormément de personnes, ce soir-là. Nous dansâmes et nous rîmes beaucoup. J'eus la désagréable surprise de me faire inviter à danser par Lucius et je dû me contenir pour ne pas lui cracher à la figure. Il me vint un instant l'idée de lui révéler mon statut de sang. Tout le monde connaissait l'aversion des Malefoy pour les né-moldus.
- Tania !
Je me tournais vers une jeune femme en cheveux noirs corbeaux, au masque de plumes noires d'une chouette. Lynn était magnifique. Sa robe était aussi ténébreuse que la nuit et sa peau pâle n'en paraissait que plus translucide et pure.
- Je ne savais pas que tu venais …
- Oh, et bien Kyle m'a invité … Ça ne te gêne pas, j'espère ?
- Non, bien sûr que non ! Je suis heureuse de te voir !
Pour ne pas changer, je sondais son regard pour y trouver une lueur agacée et calculatrice. Décidément je ne la comprenais pas. Comment lui faire confiance lorsque je sentais en elle une dualité. Comment savoir où se trouver le mensonge et où était la vérité ?
- Oh Kyle ! Tu tombes bien, nos parents veulent nous voir, tu nous excuses un instant Tania ? C'est des histoires de familles.
Je voyais Kyle fronçait les sourcils mais j'affirmais que tout irait bien. Je lui fis un sourire encourageant avant de me diriger vers le banquet. De quoi pouvaient-ils bien parler un soir pareil ?
- J'ai failli ne pas te reconnaître, souffla une voix envoûtante dans mon cou.
Mon cœur rata un battement alors que je me retournais, comme au ralentis.
C'était logique qu'il soit là. Parfaitement logique qu'un sang-pur de la famille de Lynn soit là. Et pourtant je n'y avais pas songé un instant. Ce n'était pourtant pas comme si je l'avais oublié. Puisque justement, à ma grande honte, j'avais pensé à lui durant ce début de vacances. D'un point de vue purement professionnel, tentais-je de me convaincre.
Ses yeux noirs me fixaient, moqueurs de m'avoir fait sursauter ainsi. Et malgré moi, je sentis une douce étreinte en moi. J'aimais lorsque ses yeux avaient de l'expression. Quelle qu'elle soit. J'aimais le sentir vivant.
Si Kyle était beau, Rosier était magnifique. Je sentis des regards curieux sur nous. Évidemment. Une louve blanche. Un loup noir. Qui croirait à un hasard ? Et pourtant s'en était un que nous nous trouvâmes si bien assortit pour une fois.
- Lorsque Lucius m'a dit qu'il avait rencontré un ange blond, je ne pensais qu'il parlait de toi. Mais il est vrai que tu es presque digne d'une sang-pure avec tout tes artifices.
- Qui a dis que je voulais être digne d'une sang-pure ? Questionnais-je en le jaugeant du regard.
- Il te faudra bien ça si tu veux entrer dans la famille Ross.
- Et qui dis que je veux faire partie de leur famille, murmurais-je en repensant au « je t'aime » de Kyle.
Rosier se pencha soudainement vers moi, et plaçant ses doigts sous mon menton pour m'obliger à le regarder, plongea son regard dans le mien. Je sentis le rouge me monter aux joues, ne comprenant pas à quoi il jouait.
- Il s'est confessé, souffla t-il alors.
- Je reculais, l'éloignant de moi, stupéfaite.
- Comment …
- Quoi ? Demanda t-il en semblant réaliser ma présence tout à coup.
- Comment as-tu fais pour le savoir ?
- Lorsque tu as commencé à sortir avec lui, dit-il amusé, tu m'as bien fait comprendre que tu n'étais pas amoureuse de lui. Aujourd'hui, dans tes yeux, je vois du doute. Depuis que je t'ai accosté, tu ne cesses de jeter inconsciemment des regards dans sa direction. Et puis, je connais Kyle depuis que nous savons marcher, ajouta t-il plus sérieusement, il n'est pas du genre à perdre du temps.
Pourquoi … Pourquoi de tous, il avait fallu que cela soit lui qui me connaisse étrangement le mieux ? Comment faisait-il pour lire ainsi dans mes yeux et mon cœur ? Mes doutes, mes craintes, tout mes défauts, lui seul semblait les connaître et les accepter. Pourquoi …
- Que lui as-tu répondu ?
- Qu'est-ce que cela peut te faire ? Demandais-je froidement, effrayée qu'il puisse me lire aussi facilement.
Il me saisit soudainement le poignet et me traîna sur la piste de danse.
- Rosier ! Qu'est-ce qu'il te prend ?!
- Il semble que tu ais vraiment tapé dans l'œil de Lucius. Mais je n'avais pas vraiment envie d'interrompre notre conversation qui commençait tout juste à être intéressante.
L'air d'une valse se fit entendre et je suivais les pas de Rosier, qui semblait danser aussi facilement qu'il respirait.
- Tu n'as pas répondu à ma question, rappela t-il.
- Tu ne l'as pas fait non plus, pourquoi est-ce que ça t'intéresse ?
Il rapprocha son corps du mien pour me souffler à l'oreille : « qui sait ... » Sa main brûlante dans le creux de mon dos et son souffle dans mon cou me firent frissonner.
- Éloigne-toi ou mon sang impur risque de te contaminer.
- Repousse-moi …
J'écarquillais les yeux. A quoi jouait-il, par Merlin ? Je ne comprenais pas.
- Serais-tu schizophrène, Rosier ?
- Non pourquoi ? Rit-il toujours aussi proche de moi.
- Parce qu'à chaque fois que l'on se voit, tu agis différemment avec moi. Je suis fatiguée de chercher à te comprendre.
- Moi, ce que je constate, c'est que tu ne m'as toujours pas repoussé.
Il me regardait avec des yeux amusés et un sourire narquois. Une mèche noire tomba devant ses yeux et je la replaçais inconsciemment alors que la danse prenait fin. Ses yeux se troublèrent et son sourire retomba. J'allais m'éloigner de lui, mais il tint fermement mon poignet avant de m'entraîner derrière lui, dans les dédales du manoir.
- Rosier ! Rosier, lâche-moi ! Bon sang, mais qu'est que tu as ?
Je sentis brusquement le mur contre mon dos et ses mains placèrent les miennes au dessus de ma tête. C'était une position dont j'avais presque l'habitude avec lui, mais qui faisait battre mon cœur à tout rompre à chaque fois.
Je n'eus pas le loisir de poser une nouvelle fois ma question que ses lèvres s'abattirent sauvagement sur les miennes, les mordant au sang. Je gémis de douleur. Il s'éloigna le regard fiévreux.
- Repousse-moi, répéta t-il.
Bien incapable de le faire, je dégageais mes mains pour les glisser derrière sa nuque, décuplant son ardeur.
Ce soir-là, pour la première fois, j'ai senti un sentiment de plénitude incroyable dans mon être. Je n'avais besoin de rien d'autre que lui contre moi. Que sa bouche contre la mienne. Que son cœur battant à tout rompre en accord avec le mien.
Je ne saurais pas expliquer ce qu'il s'est passé. Et je ne le souhaite pas, de toute façon. Si j'ai eu des remords, vis à vis de Kyle ? Oui. Mais aucuns regrets.
Parce que je ne savais pas ce que pouvait m'offrir Evan. Je ne savais pas s'il m'aimait, s'il me désirait ou s'il me manipulait. En fait, je m'en moquais. Parce que, pour la première fois, je m'étais sentie vivante.
Vivante, Evan.
Tu m'as donné la vie. Je nous ai donné la mort.
Mais entre temps, ce court temps, ce merveilleux temps, nous avons vécu.
Intensément.
La vie sans toi n'est pas la vie.
Attends-moi, je te rejoins.
