Hé hé, qu'est-ce qu'a Ash? Et la gamine: est-elle une vampire? Voilà votre réponse! Bon, je n'ai pas trouvé de musique qui allait bien avec... alors... ben... le Silence XD de... personne! :p OK OK, je me tais et je me calme et je vous mets la suite!


Chapitre 28: La recherche

Yū : Parade, fente. Coup latéral, esquive. Trancher, se baisser. Sauter en arrière. Je m'entraîne, me battant contre Kimizuki, coup sur coup sans relâche. Nous tournoyons vite, faisant des cercles en gardant le regard fixé sur l'autre, sans le quitter, en appui sur la pointe des pieds sur le sol sableux. Nous guettons le moindre indice de l'attaque prochaine. C'est ainsi que nous nous préparons pour tuer ces foutus vampires.

Shinoa et Mitsuba quant à elles, s'en donnent à cœur joie, l'une contre l'autre. On dirait qu'elles font réellement un duel, qu'elles en profitent pour régler leurs différends. Leurs cris d'élan lorsqu'elles se jettent l'une sur l'autre nous parviennent, ainsi que les chocs du métal sur le métal. Cela me fait sourire : elles ne s'entendront jamais totalement…

Yoichi, lui, coure et décoche des flèches en même temps, le plus rapidement possible en visant une cible. Il passe ensuite à une cible mouvante et tente de la toucher, puis utilise son démon pour s'aider. Mais il doit apprendre à ne pas en être dépendant. Comme le lui a conseillé Shinya, le tireur d'élite de l'Armée – et un Hiragii en passant.

Je m'arrête, haletant. Je dois calmer les battements effrénés de mon cœur, sinon je vais sans doute faire un arrêt sur place et foudroyant. Cela fait déjà une heure que nous nous entraînons ainsi, sans pause, sans relâche. Pour ne pas penser. Pour ne pas s'inquiéter du sort de notre camarade. Je sens en plus souvent le regard intéressé de Glenn posé sur nous, depuis la petite fenêtre de son bureau. Il semble guetter notre réaction quand nous sommes séparés d'Ashuramaru. Dès que je le sais à nous regarder, je lève les yeux dans sa direction et le fixe froidement, soutenant son regard noir et froid malgré la distance.

Dès le matin, Ash a été demandée par un soldat, et escortée jusqu'au tribunal pour être jugée et savoir ce qu'il adviendra d'elle. Alors qu'elle venait à peine de revenir, qu'elle n'était pas totalement remise. Nous avons été informés de son procès soudain devant les hauts gradés de l'Armée. Évidemment que l'information a filtré : une démone libre et qui combat pour l'Armée ne peut pas être cachée tellement longtemps. Elle ne pouvait pas être gardée secrète plus longtemps après cette expédition de sauvetage. Tuer des vampires dans leur propre camp n'a berné personne.

Surtout que cette mission a été considérée comme un échec, alors Glenn a dû expliquer les véritables raisons. Il ne va pas risquer son poste pour une démone…

Nous avons aussi été interrogés rapidement par des lieutenants, sur ce que nous savions, son comportement et le déroulement de notre mission durant la bataille. Mais ils se sont surtout intéressé à son état dans lequel elle se trouvait pendant son brusque éclat de fureur – qui nous a tous terrifiés, aucun de nous n'a compris ce qui s'était passé. Ils veulent savoir à quel point elle est puissante et peut être dangereuse. Savoir s'ils peuvent prendre le risque de la laisser vivre. Savoir si elle peut se retourner contre eux et leur exploser dans les mains. S'il doivent la prendre avec des pincettes ou non. S'ils ont aussi bien fait de lui donner un grade

Glenn ne nous ayant rien imposés – pas censurés surtout –, nous avons dit la vérité : la mort d'Asoka et de toute son équipe, mais aussi celle de Horn et le brusque et terrifiant flamboiement de notre camarade. Ce flamboiement qui a brusquement cessé. Cette période durant laquelle nous avons tous eu peur pour notre peau : elle ne semblait plus pouvoir faire la différence entre nous et les ennemis.

Seulement, depuis, nous n'avons plus aucune information de l'issue de ce procès et de ce qu'il est advenu de notre camarade si précieuse. Nous entraîner est le seul moyen que nous avons trouvé d'éviter de penser à notre problème – car pendant une heure nous avons tourné en rond dans le petit salon de notre appartement et la tension était vite montée, créant des disputes. En plus, le parquet du pauvre appartement commençait à porter les marques de notre impatience : un sillon commençait à se former à force de tourner toujours au même endroit et de reproduire toujours le même dessin dans la salle. Rien de tel qu'un combat pour éliminer ces tensions et pour nous entraîner efficacement…

— Hé, crétin de Yū, tu t'arrêtes ? C'est parce que je suis trop fort pour toi, hein, claironne bêtement Kimizuki ?!

Je claque de la langue et plisse le nez, contrarié et excédé. Je reprends alors correctement mon arme, la levant devant mes yeux, s'il me défie, il va souffrir. Je ne suis vraiment pas d'humeur, et plutôt sur les nerfs. Pourtant, je ne suis pas totalement – voir pas du tout, même – concentré sur mes mouvements, devenant décousus, et des bleus marquent la totalité de mon corps – ou vont le faire à partir de demain. Cela ne me gêne pas : ça me change même les pensées. Cela fait maintenant plus de quatre heures et demie qu'elle a été demandée.

Mon katana heurte les deux armes de l'abruti aux cheveux roses et aux lunettes. Mais, comme d'habitude – ce qui m'énerve encore plus et augmente ma frustration – il a l'avantage avec ses deux armes. Il dégage l'une de ses armes et passe à l'attaque. Je tournoie sur moi-même pour éviter la lame de gauche, et place mon katana devant la droite. Soudain, je remarque son revirement de direction et me prends un coup de lame, à plat pour ne pas me couper mais me faire un beau bleu. Je grimace et…

YŪ ! NON !AIDE-MOI

Un cri résonne dans ma tête, soudainement, et je me tourne brusquement sur le côté, elle semble venir de là-bas. Ce cri m'étourdit et me déstabilise. La lame de mon camarade coupe brusquement ma pommette, et un fin filet de sang coule au creux de ma joue. J'ignore la soudaine brûlure, ce cri est bien plus important.

C'est la voix d'Ash, comprends-je alors ! Dans ma tête, comme au moment de sa torture !

Elle a besoin de moi, sinon elle ne hurlerait pas mon nom ainsi. Et elle n'est pas du genre à demander de l'aide sans raison. Quelque chose de urgent, la connaissant, elle, si indépendante et fière. Elle ne m'appellerait pas pour une pacotille ! J'avertis mes camarades en leur criant qu'Ashuramaru m'appelle, qu'elle a besoin de nous. L'entraînement prend immédiatement fin, et tous se regroupent près de moi, rapidement.

Je cours, suivi des quatre autres, à l'intérieur du bâtiment de l'Armée. Je range mon katana en même temps, ce qui est assez difficile avec les mouvements du fourreau. Je fonce vers le bureau de Glenn, endroit stratégique. Lui était présent lors du procès, et j'ai bien l'intention de lui faire m'explique – m'avouer s'il le faut – ce foutu bordel et ce qui se passe. Il va bien pouvoir m'expliquer cette foutue situation. Et surtout, pourquoi ma démone m'appelle en urgence avec tant de douleur et de désespoir dans la voix ? L'angoisse étreint mon cœur, et refuse de lâcher son étaux, rendant ses pulsions saccadées et difficiles. Que lui font-ils bordel ?

J'ouvre alors à la volée la porte de notre supérieur et rentre comme une furie dans son bureau. Celui-ci lève lentement la tête d'une feuille de rapport certainement et nous regarde surpris, rentrer dans son bureau comme si nous abordions un bateau. Il pose son stylo à côté de lui, referme le capuchon et nous observe, tous haletants, et certains encore l'arme à dégainée – ce qui est très arrangeant pour aller plus vite et faire place à travers les soldats, il faudra que je retienne cette technique si jamais.

Je m'avance alors vers son bureau, et pose mes mains à plat sur son bureau, les faisant claquer pour imposer ma détermination. Je le surplombe, le fixant d'un regard déterminé et noir, mais il ne bouge pas, blasé. Je serre le poing droit et le fusille du regard, il a intérêt à parler ou je vais m'énerver. Je ne veux pas laisser Ash toute seule, affronter cette souffrance et difficulté sans aide alors qu'elle nous a appelés à la rescousse.

— Explique-moi ce qu'il s'est passé au procès. Je veux des explications. Où est Ash ? J'ai dû ignorer pendant trop longtemps certaines bribes de ses souvenirs que je voyais devant mes yeux, et je veux savoir pourquoi ! Je pensais qu'elle les avait oubliés, et voilà que je la vois en face de sa sœur enfant, par ses yeux, et que je vois Crowley un peu plus jeune ! Bordel, mais qu'est-ce que vous lui avez fait, bande de salauds ?! Je croyais que les Humains valaient mieux que ces foutus vampires, mais là j'en doute sérieusement ! Elle est encore touchée émotionnellement, c'est compréhensible pour vous, bandes de gros manipulateurs ! Moi, vous m'avez manipulé avec le séraphin et je l'accepte, pas pour elle. Vous ne le lui avez jamais demandé !

— Tu as tenu plus longtemps que ce à quoi je m'attendais de ta part, Yū. Tu progresses plutôt bien, gamin. Entre respecter un peu plus les ordres et commencer à apprendre la patience, on va peut-être finir par pouvoir faire quelque chose de toi, finalement ! Elle est avec Kureto, c'est tout ce que je sais, elle a été jugée « digne de confiance et de missions » par la majorité des gradés, et libérée. Donc, maintenant quant à son cri et ses souvenirs, je n'en sais rien du tout.

Je fais demi-tour sur mes talons, je rouvre brutalement la porte qui s'était claquée derrière nous. Mon équipe se décale légèrement pour me laisser passer. Je dois aller la chercher dans le bureau de Kureto ? Très bien, j'irais. J'irais n'importe où pour la retrouver, et l'aider. Je suis là pour ça, comme elle le serait pour moi, j'en suis certain. Je n'ai pas peur d'un simple général par rapport à mon affection pour elle…

Soudain, le lieutenant-colonel Ichinose m'interrompt dans ma course, m'appelant par mon prénom. Je me tourne vivement vers lui, le regard foudroyant et flamboyant – il n'a pas intérêt à tenter de m'arrêter – et… Un coup de pied dans la poitrine me fait soudainement reculer de quelques pas et éjecter tout l'air que j'avais dans les poumons, franchissant le seuil, et je manque de basculer en arrière. Une main m'attrape au col et me remonte, me retient de justesse pour ne pas que je m'écroule. Avant que, de la deuxième il ne me donne un violent coup de poing sur le sommet de la tête.

— Respecte tes supérieurs, abruti de suicidaire et d'irréfléchi ! Je te déconseille fortement d'entrer ainsi, comme une furie, dans le bureau de Kureto, sinon ce n'est pas seulement un coup de pied et un petit coup de poing sur ta tête vide que tu vas te prendre…

Je me couvre le ventre du bras, et me masse la tête de l'autre main en grimaçant. Je grimace de douleur Un petit coup de poing ? Il n'y est pas allé de main morte, surtout, oui ! Purée, mais il ne sait pas gérer sa force ou quoi, merde ! Je tousse sèchement et plisse le nez. Les exercices de motricité, ce n'est pas mon truc : frotter mon ventre et faire des ronds sur ma tête avec mon autre main, ce n'est pas du tout évident. Je me redresse ensuite et prends une longue goulée d'air. Je le foudroie du regard, et plisse le nez. Je m'engage alors dans le couloir semi-désert.

— Gamin, m'interrompt-il encore une fois, tu t'accroches trop à elle. Tu vas te blesser. Ces histoires finissent toujours ainsi, je te préviens. Ne deviens pas amoureux de ta démone, tu vas souffrir. Je sais ce que c'est…

Je me retourne d'un bloc, mais il a déjà refermé la porte derrière lui et a mis mon équipe dehors. Je crispe les mâchoires et suis en courant Shinoa qui nous guide jusqu'au bureau de son frère. Il n'a aucun conseil à me donner là-dessus, il ne connaît rien de ceci. Certes j'ai entendu qu'il a dû tuer sa fiancée, et c'est justement pour ça qu'il n'a pas de leçons de morale à me donner.

Mais je ne peux pas m'attarder sur ses paroles : Ash a besoin d'aide et nous ne savons pas ce qu'il se passe ni où elle se trouve. Elle peut être n'importe où et chaque seconde est précieuse.

Mitsuba toque doucement devant la porte de l'étage du général Kureto – où se trouvent ses secrétaires et autres qui le servent. Un soldat se place devant la porte et nous informe que nous ne pouvons pas passer. Je vois rouge, ils ne m'en empêcheront pas, et tente de forcer le passage, finissant par utiliser le nom d'Ash quand il m'attrape les poignets et me les broie entre ses doigts. Il est plus fort que moi.

Le visage du soldat se fige, et tout ses muscles se contractent tandis qu'il arrête de retourner mon bras douloureusement dans mon dos – plié en deux n'est pas très pratique pour menacer quelqu'un, surtout quand cette personne est plus forte que vous. Il hésite, puis nous demande d'attendre patiemment ici, de ne surtout pas bouger. Je grommelle, combien de temps allons-nous perdre à force d'attendre. Mais je ne peux rien faire : je me suis fait pitoyablement battre et martyrisé par lui, et préfère ignorer les commentaires piquants et moqueurs de Shinoa et Kimizuki dans mon dos… Je remercie mentalement la blonde et le cadet de ne faire aucune réflexion dessus.

Finalement, il revient le visage morne et finit par nous laisser rentrer en s'éclipsant sur le côté et en me jaugeant du regard, de haut en bas. Il nous mène dans la plus grande salle au fond du couloir : le bureau du général. Ce dernier nous attend, dos à nous et regardant par la fenêtre, les mains encore croisées dans son dos. La chef du groupe pose une main sur mon épaule et me fait reculer légèrement, pour me calmer et me dire de la laisser parler. Glenn a raison, mieux vaut ne pas agresser le général, ce ne serait pas très utile pour trouver Ash. Et puis après tout elle est de sa famille, alors autant en profiter – si on peut manipuler ce glaçon.

— Général, nous aimerions retrouver le membre de l'équipe dont je suis responsable. Nous n'avons pas eus de nouvelles d'elle depuis le moment où vous l'avez emmenée et cela est très embêtant pour nous… J'espère que vous comprenez que nous comptons sur elle.

Le général ne réagit pas, comme si nous n'étions pas assez importants pour lui : la fenêtre est décidément bien plus intéressante que nous ! Et, pendant ce temps, pendant que monsieur observe le paysage et le soleil, Ash est en danger et a besoin de nous, cela m'énerve au plus haut point : il va laisser un de ces meilleurs éléments. Non, la meilleure soldate se faire tuer parce que la verdure est belle ? Je ne peux pas m'en empêcher :

— S'il-vous-plaît, général, qu'avez vous fait d'elle ?! J'ai reçu un appel au secours d'elle, dans ma tête. Elle a besoin de nous. Plus vite nous y serons, plus elle a de chances d'être sauvée.

Mais sauvée de quoi, au juste ? C'est ce mystère qui me rend encore plus fou. Son large buste musclé se tourne légèrement vers nous, sans doute curieux par le ton pressant et exigeant de ma voix. Et de la pointe de désespoir dedans. Ses yeux se posent froidement sur moi, et m'observe calmement dans les moindres détails de mon uniforme et ma posture. Ils s'arrêtent sur mon katana accroché à ma ceinture. Puis, son regard se repose sur mes yeux, et semble chercher en moi, profondément. Je me demande un instant s'il lit mes pensées ou mes sentiments tant ses yeux noirs me transpercent et semblent me traverser de part en part.

— Tu es Hyakuya Yuichiro, l'ancien maître d'Ashuramaru, je me trompe ? Tu as un lien avec elle, d'après ce que j'ai compris, et vous l'avez utilisé la dernière fois pour la trouver et savoir où elle se trouvait, dans la ville souterraine des vampires.

— Oui, c'est vrai, c'est moi. Pendant quatre heures interminables, j'ai dû ignorer ses remous intérieurs, sa torture du passé : ses souvenirs douloureux. Et là, elle a hurlé mon prénom. Elle a besoin de moi, alors, où est-elle ? Que vous lui avez fait !?

Il a un petit rictus de mépris envers moi, mais je m'en fiche : qu'il me juge comme il le souhaite, moi je ne veux que retrouver ma démone et équipière. Et s'il ne comprend pas ça, c'est que c'est simplement un enfoiré de première. Il ouvre lentement la bouche, comme pour tester la résistance de mes nerfs – très faible en cet instant.

— Elle a retrouvé ses souvenirs, et a décidé de se balader dehors. Où exactement ? Je ne sais pas : je ne la suis pas à la trace, je ne surveille pas ses moindres mouvements comme certains. Elle a sa liberté, elle est dans les murs donc en sécurité. Aucune raison à ce cri, sauf peut-être une hallucination du propriétaire.

Je serre les mâchoires, je ne la suis pas à la trace et ne la garde pas en laisse. Et je suis encore moins fou, comme il semble le sous-entendre ! Je laisse échappé un petit « kh » contrarié et énervé. Respirer, se détendre. Ne pas se fâcher. Ne pas lui sauter dessus : cela n'aidera pas Ash. Je souffle un grand coup et le salue raidement, prenant sur moi-même. Je fais ensuite demi-tour sur mes talons, suivi de mes camarades. Je vais me guider par le lien, puisqu'ils ne veulent rien me dire ! Ce ne sont pas eux qui me détourneront si facilement d'elle.

Le fil doré qui m'unit à elle est de plus en plus faible pourtant et de plus en plus difficile à suivre. Il a pris un sacré coup lorsqu'elle a bu du sang de vampire, et je me rappelle le voir s'effilocher peu à peu, à chaque goutte versée dans sa gorge et à chaque cri poussé lors de sa semi-transformation. Elle s'éloigne de moi et cela serre mon cœur comme je vois la vérité en face. Je me concentre sur ce qu'elle ressent, mais surtout sur le lieu où elle se situe. Cette même façon par laquelle j'ai réussi à la retrouver dans la ville, comme l'a mentionné Kureto.

Un gouffre obscur. Elle se sent perdue, déchirée. Je n'en comprends pas la raison. Je chasse ses sentiments qui m'enveloppent, comme pour me tirer avec eux pour tenter de discerner l'endroit où nous pouvons aller la chercher. Je vois partiellement une enfant à l'attitude étrange, et au sourire déformé. Est-ce une vampire ?

Mon pouls s'accélère sous la peur, je ne les laisserais pas lui faire du mal une fois de plus. Je ne les laisserais pas prendre possession de ces murs, pas les envahir. Je ne les laisserais pas décimer l'Humanité, quitte à me transformer en séraphin.

Enfin, je sais à peu près maintenant où elle se situe. Je pique un sprint, ne prenant même pas le temps d'informer mes camarades. Je cours le plus vite possible. Toute seconde perdue peut lui être fatale. Et en forçant sur mes jambes, je prie pour qu'en ce moment il ne lui soit encore rien arrivé. Pour que nous arrivions juste à temps. Shinoa est sur mes talons, et mes trois autres camarades me rejoignent, mettant un peu plus de temps à comprendre et à se mettre en marche. Je ne ralentis pas pour les attendre, ils me rejoindront.

L'air me brûle les bronches, mais je les ignore. Nous approchons de notre équipière. Nous nous rapprochons du mur, les bâtiments sont plus vieux et moins hauts, plus délabrés et détruits. Nous croisons un groupe d'enfants qui courent dans la direction opposée à la notre. Un pressentiment me fait leur demander s'ils n'ont pas bu une soldate aux longs cheveux violets, assez petite et armée d'un katana.

— Oui, y a quelques minutes, même qu'on a fait à Millie – qui veut rentrer dans l'Armée mais craint de ne pas le pouvoir à cause de sa taille – qu'elles se ressemblaient et cela l'a un peu rassurée : elle peut y rentrer et devenir l'une des meilleures de tout les temps. Il me semble qu'elle est allée parler à votre amie.

— Où était-elle, la soldate, le presse Mitsuba ?

Le petit meneur des enfants montre du doigt une ruelle et courbe l'index vers la gauche. Nous prenons à peine le temps de le remercier, et nous repartons aussitôt dans la direction indiquée. Nos armes claquent sur nos hanches, les impressionnants sans doute : je sens le poids de leurs regards.

Nous nous figeons brutalement en distinguant deux silhouettes assez floues. Nous nous approchons plus encore, et je distingue alors une robe blanche, mais aussi ce que je cherchais : l'uniforme de l'Armée et ses longs cheveux violets de notre camarade, de dos. Il y a une vampire, certainement l'enfant, comme je le craignais en la voyant par les yeux de mon équipière : du sang goutte au sol.

Je dégaine alors mon katana et m'apprête à me jeter sur la suceuse de sang, en mettant mon arme en position défensive de travers presque devant mes yeux. Ma lame s'arrête soudainement à quelques centimètres de la gorge de cette dernière qui relève lentement la tête vers moi. Ses yeux rouges m'enveloppent, me font reculer, comme si je venais de recevoir un second coup de pied. Mon réflexe vient de me montrer quelque chose que je ne pensais pas possible… Que je ne veux pas croire.

Je doute alors d'avoir fait le bon choix que d'arrêter la lame.

Ses cheveux violets ondulent alors qu'elle se met lentement sur ses pieds, titubant à moitié, et qu'elle se tourne lentement totalement vers moi. Ce n'est pas l'enfant qui buvait le sang de ma camarade… Je m'aperçois que mon amie peine à se relever, encore à genoux et chancelante, mais je ne peux pas l'aider comme je le désirerais tant. Comme je le désirais tant avant de me retrouver en face d'elle.

Je suis pétrifié, un mélange d'horreur et de stupéfaction qui me glace et tétanise mes muscles. Je ne peux même pas bafouiller la question qui me brûle les lèvres. Je ne peux même pas fuir et me détourner de ce cauchemar. Je n'arrive pas à crier. Je n'arrive pas à réagir. Tout cela est impossible, je vais sans doute me réveiller et soupirer de soulagement, sa tête sur mes genoux. Mais non…

Elle tend désespérément la main vers moi, comme si j'étais sa bouée de sauvetage. Mais je recule de plus belle, d'un pas de plus, les yeux écarquillés et secouant la tête. Je manque même de lacher mon arme. Je murmure alors pour moi-même :

— Non, ce n'est pas possible, dîtes-moi que je rêve. Je vais me réveiller, hein ?

Je regarde ensuite avec horreur le corps de l'enfant qui gît à ses pieds, le visage livide et le cou marqué de deux traces nettes et vermeilles, rondes et écartée d'un parfait écart. Cette Millie est toujours inconsciente et ne semble pas bouger. Elle semble morte. Je ne vois même pas sa poitrine s'élever avec sa respiration.

Puis, mes yeux se posent sur les coulées sanglantes et les gouttes qui tâchent la robe de cette victime. Il y en a aussi sur l'uniforme d'Ash, ainsi que des traînées le long du menton. Une goutte rouge profonde tombe de son menton et s'écrase sur le sol. Non, ça ne peut pas être elle qui a fait ça, je ne peux pas y croire. Je ne veux pas y croire.

Je recule jusqu'à Shinoa, que je bouscule. Mais elle ne proteste même pas tant elle est surprise, ses yeux sont tremblants et sa bouche est grande ouverte. Comme nous tous. Sa main a arrêté de jouer avec la clef noire qui fait office d'arme.

— Que… Qu'as-tu fait… Ash ? Qu'as-tu osé faire ? Demandé-je, tout en sachant que je n'aurais pas la réponse escomptée.

Ses yeux rouges se bordent alors de larmes, elle tend la main vers moi, cherchant sans doute un support à travers moi, et je tombe à genoux. Ses mains couvrent sa bouche alors qu'elle sanglote bruyamment. Ses épaules se soulèvent et s'abaissent, et celles-ci deviennent tâchées de sang quand elle les regarde. Ses yeux sont remplis d'horreur, du dégoût d'elle-même. Elle n'arrive pas à y croire…

Trop de rouge en ce moment. Ce rouge qui me rend fou et fait tourner ma tête. Il me semble un instant que même les larmes qui coulent de ses joues sont de cette couleur.

— Je ne sais pas… Je suis perdue… Tellement perdue… Yū, tout le monde, je vous en prie, sauvez-moi. Je ne veux pas devenir une vampire. Je ne le veux pas…


Oui j'ai bien fait Ash boire du sang d'une pauvre innocente! bref, comme vous l'avez compris: les choses s'accélèrent: il ne reste plus que sept chapitres! :p oui vous avez fait la plus grande partie du chemin! YOUPI... OK, j'arrête les joints