Partie I. 4 : 500 ans – Histoires de filles

Oh, mais il vieillit un peu, notre Elfe préféré : déjà 500 ans. Quant à nous, amis lecteurs, nous aurons bientôt atteint le cinquième de cette fic. Une nouvelle partie démarre, avec au programme – je suis sûre que ça va vous plaire – des histoires de filles

Et si les bébés Elfes vous manquaient, réjouissez-vous !

Chapitre 29 : Jour 1

— C'est une fille, Majesté !

— Une fille ? Toute-puissante Varda, loués soient les Valar ! s'exclame Papa d'une voix pleine d'émotion. Legolas, mon fils, réjouis-toi avec moi : tu as une petite sœur !

Je reste bouche bée, souriant aussi béatement que Papa, incapable de prononcer plus d'une syllabe. Une petite sœur ? Une vraie petite Elfe à moi, moi son grand frère ? Mais c'est magnifique !

— La Reine et la Princesse se portent bien toutes deux.

— Vous avez droit à toute ma reconnaissance, Maître Rindil. Je suis sûr que vous leur prodiguez les meilleurs soins.

— Votre confiance m'honore, Majesté.

— Puis-je entrer les voir ?

— Bien entendu, Majesté, allez-y !

— Viens avec moi, Legolas. Notre nouvelle petite Princesse nous attend.

C'est étrange de se dire qu'avant même d'avoir un prénom, ma petite sœur s'appelle déjà « Princesse ». Mais inutile de réfléchir à ça maintenant. Je vais la voir ! Cette pensée m'anime autant qu'elle m'intimide. Sans me laisser le temps de réfléchir davantage, Papa me prend par l'épaule et m'emmène avec lui dans la chambre où Maman et la petite se reposent.

La pièce, joyeusement éclairée par de nombreuses torches rouges, baigne dans une atmosphère de joie sereine. La sage-femme qui s'occupe de Maman s'incline à notre entrée et s'écarte pour nous laisser en famille. Je vois Maman caresser doucement la petite joue rose du bébé qu'elle tient dans ses bras et qu'elle dévore des yeux. Papa et moi nous approchons et Maman tourne la tête vers nous ; un grand sourire illumine soudain les traits fatigués de son visage. Le petit bébé garde les yeux fermés.

— Comme elle est belle ! fait Papa.

— Et tellement petite, dis-je.

C'est vrai, elle est minuscule. Petite tête, petit nez et petite bouche, petites mains et petits pieds. Et bien sûr, toutes petites oreilles pointues. Elle est magnifique, ma petite sœur. C'est le plus beau bébé du monde ! En toute objectivité, évidemment. Après tout, je suis déjà complètement fou d'elle : c'est bien parce qu'elle est exceptionnelle. Avec précaution, Papa la prend dans ses bras et joue avec ses petits doigts.

— Comment va-t-elle s'appeler, Père ?

Papa échange un regard avec Maman avant de répondre :

— Naëlissa serait un joli nom pour cette fille de Reine.

Maman rougit ; elle a l'air très contente que le nom de sa fille s'inspire du sien. Quant à la désormais dénommée Naëlissa, elle ne semble pas déçue non plus, et s'applique à broyer dans sa main minuscule le doigt de notre Papa.

— Ça me rappelle ta propre naissance, Legolas, dit Maman. Même si toi, tu es né sous une tente au milieu de la forêt, ce n'est pas si différent.

— Cependant j'aurais aimé qu'elle aussi, mon père la voie naître, remarque Papa d'un ton un peu triste.

— Je suis sûre que, où qu'il soit, il veillera sur elle, répond Maman. Et sur toi aussi, Legolas.

J'esquisse un demi-sourire. J'aimerais bien me souvenir de Grand-Père. Une des plus belles choses que Papa m'a dites en rentrant de la guerre, c'était que Grand-Père m'aimait beaucoup dès ma naissance et qu'il était fier de m'avoir pour petit-fils. Qu'aurait-il dit s'il avait vu Naëlissa !

— Veux-tu la prendre dans tes bras ? me propose soudain Papa.

— Moi ? Mais ... je ...

— Ne crains rien, tu feras ça très bien.

Et, en un instant, je me retrouve avec un petit corps d'Elfe tout petit et tout vivant entre les bras. Par tous les Valar ! J'en aurais presque le souffle coupé. Pour ne pas prendre de risques, je m'asseoir sur le lit de Maman, sans lâcher ma petite sœur des yeux. Ce qu'elle est jolie, vraiment ! Un amour de petit Elfe. Même Galadriel ne pouvait pas être aussi jolie quand elle était petite.

J'hésite un moment à faire le moindre mouvement, de peur de déstabiliser le bébé, puis je m'enhardis à dégager mon bras droit pour lui caresser la tête du bout des doigts. Sa peau est d'une finesse et d'une douceur que je n'aurais jamais imaginées. Comme elle paraît fragile ! En la tenant dans mes bras, je me sens envahi par un ancestral instinct protecteur. Ma petite sœur ... Je voudrais pouvoir élever un mur infranchissable entre elle et tous les malheurs du monde. Je voudrais qu'elle n'ait jamais d'autre souci que d'avoir à choisir entre ce qui la rendra le plus heureuse. Je voudrais ... Non, je jure de toujours combattre ceux qui la menaceront, de toujours la protéger du mal, et de ne jamais permettre qu'elle souffre, jamais.

À ma grande surprise, Naëlissa ouvre soudain les yeux. De grands yeux bleus de bébé, bordés de longs cils noirs, qui me dévisagent avec curiosité. J'espère que je lui plais. Elle émet un drôle de hoquet, je ne sais pas trop ce que je dois en déduire. Maman me conseille de la lui rendre ; je pose timidement mes lèvres sur le haut du front de Naëlissa, puis je la tends à Maman. Ensuite, Papa et moi quittons la pièce pour les laisser toutes les deux.

Papa a l'air tout à la fois hagard et extatique, et je crois bien que je lui ressemble en cet instant. Que d'émotions ! Voilà un nouveau petit être qui vient d'entrer dans notre vie, presque sans prévenir. Enfin, bien entendu, nous pressentions son arrivée depuis quelques mois, mais quelques mois ne sont rien à l'échelle d'une vie. Il me semble qu'hier encore, je n'étais qu'un enfant et ma tête atteignait à peine les genoux de Maman. À présent que je suis un Elfe à part entière, un nouvel enfant vient au monde.

— Es-tu heureux, Legolas ? me demande Papa.

— Oui, bien sûr ! Comment ne le serais-je pas ?

— On dit parfois que les premiers-nés acceptent difficilement la venue d'autres enfants dans leur famille, explique-t-il. Mais je ne m'inquiétais pas de ta réaction, Legolas, j'étais sûr que, étant déjà adulte, tu aurais tout à fait la maturité de ne pas te montrer jaloux.

— Je ne ferais preuve de jalousie que si vous m'empêcher de m'occuper de Naëlissa autant que je le voudrais, dis-je en riant.

— C'est bien. Je suis convaincu que vous vous entendrez à merveille, tous les deux, dès qu'elle sera un peu plus grande. C'est très bien.

Oh, là ! Mais c'est vrai qu'en plus, elle va grandir ! Quel mystère incroyable, tout de même : quand j'y pense, je suis ébahi de voir comment les bébés peuvent devenir des Elfes en à peine quelques années, tout comme les graines deviennent des arbres. Iluvatar fait vraiment bien les choses. Bientôt, ma petite Naëlissa ne sera plus si petite, elle deviendra une belle jeune fille, aussi belle que ma Maman. Ou plutôt notre Maman.

Tiens, je n'avais pas encore pensé à cela. Notre Maman. Notre Maman ? Je vais devoir la partager avec Naëlissa ? Mais ça ne va pas du tout, ça !

Chapitre un peu court, je vous l'accorde, mais si vous y réfléchissez, il fait à peu près la même taille que ceux où Legolas était bébé. Peut-être que j'assortis inconsciemment les petits Elfes aux petits chapitres.