Heeeeey ! Comment allez-vous ?! Moi ça baigne ! Vivement ma petite semaine de repos en juin, j'espère pouvoir prendre autant d'avance sur l'Héritage que lors de ma semaine en avril ! Y'a pas à dire ça doit être beaucoup mieux pour vous lorsque le rythme de publication à 3 semaines est respecté :) Je me sens mieux aussi, je culpabilise moins - -"
Bon ! Voici le chapitre 29 ! Je le poste tôt car je m'en vais bosser pendant 12h donc autant vous le sortir tôt le matin plutôt qu'à mon retour vers 21h, ça vous fera une bonne surprise et vous mettra peut être de très bonne humeur :D
Merci pour vos retours, follows et favs ! Merci à doubi et Mag pour la relecture (pour la petite anecdote, j'ai donné le 28 et le 29 à Mag en même temps mais comme elle a pas mal de boulot en ce moment, elle a zappé de relire le 29 malgré la fin houleuse du 28, du coup c'était assez drôle quand je lui ai fait réaliser qu'elle a attendu comme vous 3 semaines pour pouvoir le lire et le relire xD Toujours aussi douée cette belge :P Enfin on l'aime quand même ! Au fait il faut l'encourager ! Elle a un peu travaillé sur son One Shot et elle fait référence à l'Héritage dans son texte ! Je veux voir ça en ligne ! Pas vous ?! Un petit message de soutien lui fera sans doute plaisir et la motivera :D).
Angelye : Merci pour ton retour ! Toujours au rdv ça fait plaisir ! :D Aah c'est sûr Marcus a bien retourné sa veste mais dans la mafia ça fonctionne comme ça ! :D T'en fais pas Gugus sait ce qu'il fait :P C'est le meilleur ! :D
Manoukette : Heey ! Merci pour ton retour ! C'est amusant quand tu as posté le petite message où tu n'en pouvais plus d'attendre, je crois que j'ai posté le chapitre dans les heures qui ont suivies x) Comme quoi ! Héhé Anya et Gustus ils sont trop forts, je m'éclate avec eux ! Haha contente que le petit passage sucrerie du clexa t'ait plu ! Il y en aura d'autres mais bon pas tout de suite :P Il faut laisser un peu de place aux autres personnages ;) AH ! Ce que tu me dis me fait plaisir au sujet des 50k ! Doubi n'avait même pas relevé, j'ai cru que je m'étais fait un délire toute seule avec ça (Je rigolais comme une imbécile en écrivant ce passage en me commentant moi même !xD) Merci en tout cas, j'espère que ce chapitre 29 te plaira autant que le 28 ! :)
Bonne lecture tout le monde !
Chapitre 29 : Allié ou ennemi
- Bordel de merde ! Quand je repense à la façon dont tu l'as planté Bella ! Truc de fou ! Répéta pour la dixième fois Raven dans la voiture.
Lexa ne réagit pas : elle sentait que Raven avait dû avoir peur pour sa peau et le fait d'en parler lui faisait du bien mais à l'heure actuelle, la sicilienne était extrêmement déçue du comportement de son parrain. Gustus l'avait pourtant prévenue à son sujet lorsqu'elle lui avait parlé de cette idée de casino en incluant la participation de Marcus. Il l'avait endormie à New York pour qu'elle lui ouvre de nouveau la Sicile. Si son grand-père lui avait interdit de remettre ne serait-ce qu'un pied sur la terre italienne, elle comprenait à présent pourquoi.
Mais au fond d'elle, elle était encore plus déçue par la façon dont elle avait réussi à obtenir ce qu'elle voulait : elle avait usé de la force brute comme elle le faisait à l'époque où elle était la Dona. Que penserait Clarke quand elle lui expliquerait la façon dont avait tourné l'entrevue ? Elle ne pourrait pas lui cacher la nature des marques qui ornaient à présent son cou. Malgré sa peau halée, nul doute que celles-ci se transformeraient rapidement en petits bleus peu discrets.
Elle ne faisait plus confiance à Marcus ni Luna, aussi avait-elle choisi de laisser Anya au casino le temps que des hommes en qui elle avait toute confiance s'y installent pour gérer ses affaires de loin. La mafieuse ne s'était pas opposée à garder le fort le temps qu'il faudrait mais elle avait prévenu Lexa d'une chose : elle devrait prendre contact avec Gustus pour qu'il vienne chercher Edda.
La brune releva la tête lorsqu'elle sentit la voiture s'arrêter. Elles étaient arrivées.
- Voilà Bella, tu es chez toi… Est-ce que je peux faire autre chose ?
- Non Raven. Merci. Je me charge du reste.
- Ok… Repose-toi alors, j'imagine que demain ne va pas être de tout repos non plus.
- Tu imagines bien.
- Qu'est-ce qui est prévu ?
- Je vais rencontrer Victor Strand, le chef des Negros.
- Pfou je vois… J'espère qu'il sera plus accueillant que tonton hein…
- Nous verrons.
- Clarke est à la maison ?
- Non, elle est sur une garde de vingt-quatre heures en traumatologie. Elle ne termine que demain après-midi.
- Ça te laisse quelques heures pour réfléchir à comment tu vas lui expliquer pour les marques sur ton cou.
- Oui. Bonne soirée Raven.
- Merci à toi aussi Bella.
Lexa sortit du véhicule et marcha jusqu'à la porte d'entrée de sa maison, déverrouillant cette dernière. Elle trouva la nouvelle nourrice d'Edda installée devant la télévision. Elle la remercia avec quelques billets avant de la congédier. Lasse, elle eut tout juste la force de déboucher une bouteille de vin rouge pour se servir un verre qu'elle alla savourer dans le canapé d'angle gris anthracite qu'avait choisi Clarke. Elle se cala dans les coussins et amena le verre à ses lèvres : elle ne voulait que quelques minutes de paix…
Des pleurs lui firent froncer les sourcils. Quelqu'un pleurait et criait des mots qu'elle n'arrivait pas à distinguer. Lexa sursauta lorsqu'elle se réveilla. Elle eut du mal à repérer où elle se trouvait. Elle finit par se rendre compte qu'elle était dans son salon et que les pleurs devaient sans doute être ceux d'Edda. Elle regarda l'heure sur sa montre : 4h47 du matin, elle s'insulta mentalement. Elle s'était endormie alors qu'elle avait fait une promesse à Anya. D'un côté cela l'arrangeait car elle ne savait pas comment prendre contact avec Gustus après aussi longtemps mais d'un autre elle savait que fuir son père adoptif lui porterait tort.
Elle se dirigea vers l'étage pour aller récupérer la petite qui pleurait à chaudes larmes et réclamait sa mère.
- Hey… Hey… Souffla la sicilienne en récupérant la petite entre ses bras.
- Mamannn… Pleura Edda.
Lexa serra la petite fille contre elle et se mit à fredonner une mélodie sicilienne que ses parents lui chantaient lorsqu'elle était petite :
- Oh, veni, sonnu, di la muntanedda… Lu lupu si mangiau la picuredda… Oi ninì ninna vò fa…
Étonnamment, Edda sa calma rapidement et bien qu'elle eût les yeux ouverts, elle semblait écouter la voix de la belle brune. Elles quittèrent l'étage de la maison pour se réinstaller toutes les deux dans le canapé, Lexa continuant à fredonner son air d'enfance.
Le téléphone de l'héritière se mit à sonner. Elle coupa rapidement la sonnerie pour ne pas réveiller Edda qui dormait à poings fermés couverte d'un plaid sur le canapé. Il devait être aux alentours de huit heures à présent.
- Lexa Donati j'écoute ?
- C'est Anya.
- Tout se passe bien ?
- Oui, j'ai fait enfermer Marcus et Luna dans une réserve en sous-sol le temps qu'ils se calment. Je ne veux pas de coups dans le dos.
- Tu as raison.
- Tu as pu joindre Gustus ?
- Non…
- Il n'a pas répondu j'imagine, souffla Anya, agacée. Bon, passons. J'ai contacté deux gardes du corps pour ta protection comme je ne pourrai pas être là avant un petit moment. Ce serait bien que tu m'envoies Indra pour commencer à débroussailler le bordel que Marcus a mis depuis deux ans. Les chiffres et moi on n'est pas très potes si tu vois ce que je veux dire.
- Qui sont les gardes que tu m'envoies ?
- Il y en a un que tu connais : Ilian. Le second s'appelle Camillo, c'est le frère de Ryder. Ils sont partis en Italie pour échapper aux Barzetti mais sont ok pour travailler pour toi. J'ai contacté Raven pour qu'elle aille les chercher avant de venir te prendre.
- Très bien. Merci Anya, reste prudente au Casino. Je t'envoie Indra.
- Parfait. Bon courage avec Victor.
- Il va m'en falloir oui.
- Lexa…?
- Oui ?
- Embrasse Edda pour moi s'il te plaît.
- Ce sera fait, sourit l'héritière, touchée que la Zanetti se permette une telle demande, elle qui ne voulait montrer aucune faiblesse.
La brune attendit que la nourrice de la petite Giordano arrive pour se permettre d'aller prendre une douche. Elle se regarda quelques minutes dans le miroir : ce qu'elle craignait la veille s'était réalisé. Elle avait une marque violacée sur le cou. La douleur était supportable mais elle décida de jouer la prudence : elle avala deux petites billes d'arnica qu'elle récupéra dans le placard à pharmacie que Clarke avait pris un plaisir fou à remplir et organiser lors de leur réinstallation. Elle se dirigea ensuite sous la douche, se promettant de prendre le temps d'écrire un mail à sa compagne avant de partir. Étrangement, même si elle avait pensé à la blonde lorsque Marcus l'avait menacée, elle n'avait pas eu peur. Elle avait encore du mal à comprendre ce sentiment : quelques années auparavant, le fait de ne pas être proche de Clarke avant de mourir l'aurait tétanisée. Elle avait bien du mal à savoir si ce qui la traversait à l'heure actuelle était une bonne chose ou non.
Clarke amena un gobelet de café à ses lèvres. Elle aurait dû être fatiguée par cette journée-nuit de reprise en traumatologie mais au contraire, elle était rayonnante et pleine d'énergie malgré ses premières douze heures passées. Elle s'autorisa à aller chercher son portable dans son vestiaire pour consulter ses messages et mails. Deux d'entre eux attirèrent son intérêt :
« Bonjour ma Princesse,
J'espère que votre retour avec Lexa s'est bien passé. Après votre tour du monde durant ces deux années j'espère que vous êtes prêtes à affronter de nouveau une vie quotidienne redondante ! C'est parfois plus difficile qu'une vie remplie d'aventures haha… Je tiens à te souligner que dans votre tour du monde, j'ai l'impression que vous avez oublié un continent qui s'appelle Amérique du Nord ! Bande de vilaines ! Je suis très fâché et contrarié que vous ne vous soyez pas arrêtées avant de repartir en Sicile. Ne nous oublie pas. On t'embrasse ainsi que Lexa.
PS : Sache que si vous ne venez pas, c'est nous qui viendrons… » Papa et Maman.
La médecin ne put s'empêcher de rire en secouant la tête devant le post-scriptum. Son père était toujours autant un papa poule. Elle glissa son doigt sur le mail suivant qui portait le nom de sa compagne :
« Bonjour Clarke,
Ce petit mail pour te redire à quel point je t'aime. Je suis si fière d'être celle que tu as choisie pour passer le reste de ta vie (autant être franche et dire qu'il y a un bon nombre d'années durant lesquelles tu vas devoir me supporter). Tu dois être au trois quart de ta garde à l'heure où j'écris ces quelques lignes. Courage pour les dernières heures, je fais mon maximum de mon côté. Je t'aime » Lexa Donati-Woods (Griffin).
Le cœur de la rousse s'était emballé à la lecture du troisième nom de famille entre parenthèse qu'avait glissé Lexa. Elle savait comment la faire fondre celle-là…
- Docteur Griffin ? Appela avec douceur une infirmière du nom de Maya.
- Oui ? Répondit Clarke en rangeant son portable dans son casier.
- Je me demandais si vous accepteriez de venir prendre un petit déjeuner avec moi et mon compagnon à la cafétéria ?
Les sourcils blonds de Clarke s'arquèrent à la proposition plutôt étrange. Elle avait pu travailler avec cette Maya cette nuit et l'avait aperçue lors de sa semaine de reprise mais elle n'avait pas vraiment lié amitié ou même connaissance avec elle.
- Euh…
- Si vous ne voulez pas ce n'est pas grave, la rassura l'infirmière. Je comprends que ce soit un peu étrange en fait c'est Finn qui voulait…
- Finn ? Demanda Clarke, étonnée d'entendre le prénom de son ex-compagnon.
L'infirmière rougit subitement et se tortilla.
- Je savais que c'était déplacé… Veuillez m'excuser ! Donna t-elle en guise de réponse en filant de la salle de repos du personnel de traumatologie.
Clarke la regarda filer non sans étonnement : quelle fille étrange…
Le SUV se stoppa devant un terrain de basket où quelques enfants noirs jouaient. Camillo et Ilian descendirent en premier du véhicule pour être certains de l'absence de menaces. Les quartiers pauvres de Syracuse étaient loin d'être les plus accueillants, aussi étaient-ils très vite oubliés et effacés des cartes touristiques. Les immeubles étaient vieux d'une cinquantaine d'années, la plupart d'entre eux tombaient en ruines et n'étaient plus aux normes mais aucun membre municipal n'osait s'aventurer pour faire déguerpir les occupants de peur de se faire couper la gorge.
- Fais gaffe à toi Bella, dit Raven, inquiète. Ce Victor n'a pas bonne réputation dans les familles.
- Tout comme n'importe quel noir Raven, répondit Lexa. Le racisme à mon souvenir a toujours été présent en Italie et c'est bien dommage. Victor m'a rendu quelques services lorsque j'étais Dona et j'en ai fait de même. Il peut être un allié intéressant.
L'héritière longea le terrain de basket, ne souhaitant pas gêner les jeunes joueurs qui s'arrêtèrent pourtant à sa vue pour la désigner du doigt. Il devait être aux alentours de dix heures du matin, aussi les mères et grands-parents étaient déjà installés sur les bancs abimés le long du terrain de jeu pour surveiller leurs progénitures. Les murs fermant la cité délaissée étaient tagués de dessins obscènes et d'insultes. Sur son chemin, Lexa pouvait distinguer les murmures des curieux qui l'observaient.
Malgré le refus catégorique des Familles, elle avait toujours accordé du temps aux personnes minoritaires. Elle n'aimait pas les appeler les « gens de couleurs » ou les « singes » comme se plaisaient à les surnommer la plupart des italiens et siciliens. Tout comme l'homophobie l'insupportait, le racisme la scandalisait. Au 21ème siècle, il était bien dommage d'être encore bloqué sur des valeurs archaïques et dénudées de vérité. Rapidement, quelques mots vinrent titiller son oreille : « Dona Donati », « Dona Lexa », « La Dona », « Mes respects Dona ». Elle accorda un petit hochement de tête à chacun de ceux qui lui murmurèrent ces mots comme remerciement silencieux.
- Tout va bien ! Cria un guetteur lorsqu'elle arriva au pied de l'immeuble.
La phrase fut répétée en écho par les différents guetteurs placés à des endroits stratégiques de la cité. La stratégie la fit sourire : c'est elle qui avait répandu cette technique à travers ses différentes places de deal, ceci afin de prévenir l'arrivée de la police bien avant que les agents arrivent. Au moins deux guetteurs devaient se trouver sur le toit pour prévenir de tout danger. Avec cette stratégie, aucun agent des forces de l'ordre n'avait réussi à coincer ses dealers. La drogue et l'argent étaient mis en lieu sûr avec une bonne dizaine de minutes d'avance.
Un jeune d'une vingtaine d'années en jogging sale s'approcha d'elle et s'excusa :
- Désolé M'dame la Dona, j'dois vérifier qu'vous êtes clean, indiqua t-il en lui désignant son tailleur.
Lexa leva le menton et accorda un regard acéré au jeune :
- Garde tes mains dans tes poches.
- Mais…
Comme pour prouver sa bonne foi, l'héritière détacha et quitta sa veste de tailleur pour laisser son chemisier à l'air. Elle fit un tour sur elle-même lentement pour montrer qu'elle ne portait pas d'arme à feu à la taille. Aucune bosse n'était présente aussi le jeune hocha la tête. Lexa releva ensuite le bas de son pantalon pour montrer ses chevilles bronzées ce qui ne manqua pas de faire rêver légèrement le jeune adulte. Elle sourit et tout en prenant le couteau papillon qu'elle avait caché dans sa veste, elle le déposa dans les mains du jeune avec une petite tape sur la joue de ce dernier :
- Arrête de rêver petit.
Le jeune homme sourit, amusé et malgré sa couleur sombre de légères rougeurs apparurent :
- Pardon M'dame c'est q'vous êtes belle, répondit-il en reculant avec le couteau dans ses mains.
- Je te le confie, rends-le moi à la sortie, lui indiqua t-elle.
- Bien M'dame la Dona, acquiesça t-il.
- On vous accompagne, indiqua Ilian.
- Non. Vous restez-là. Allez plutôt acheter quelques ballons à ces jeunes, ils ont l'air d'être de vrais champions et jouent avec une balle dégonflée.
Ilian acquiesça et recula avec Camillo pour sortir de la cité afin de se diriger vers une boutique pouvant vendre des ballons. Lexa les observa partir. Règle numéro un dans un quartier en difficulté : ne pas montrer sa peur et respecter ses habitants. Elle fut invitée par le jeune en jogging à entrer par un escalier en colimaçon sale. Un autre homme prit le relais au premier étage ainsi qu'un autre au suivant jusqu'à arriver au treizième étage où une porte avec des barreaux en fer digne d'une cellule de prison les accueillit. L'homme l'accompagnant fit signe aux deux gardiens derrière la porte que la brune était clean ce qui fit grincer les verrous de la porte lorsque celle-ci fut ouverte.
Lexa glissa à l'intérieur de l'appartement qu'occupait Victor Strand. Le sicilien était en train de fumer une cigarette tout en comptant des billets qu'il attachait en liasse. Il leva un regard rapide vers l'héritière :
- La Dona en personne ! Enfin devrais-je dire l'ancienne Dona… Tu as pris ta retraite il me semble... Dit-il en guise de salut.
- Victor, répondit-elle avec un mouvement de tête en guise de salut.
Victor était un homme noir d'environ un mètre quatre vingt cinq. Ses cheveux étaient crépus et mal entretenus, une barbe de plusieurs jours habillait son visage ce qui lui donnait un air sévère. Il portait une chemise anthracite aux manches courtes et un jean noir malgré la chaleur présente dans l'appartement mal isolé.
Des cris suivis de pleurs attirèrent l'attention de Lexa : une petite fille alla se réfugier dans les jambes de Victor pour crier, les larmes aux yeux :
- Tonton ! Milo a encore déshabillé ma poupée pour faire des choses bizarres !
- N'importe quoi ! Se défendit un garçon d'une dizaine d'années. Je te montrais juste comment Maman allait faire sortir les bébés ! T'es pas drôle !
- Milo ! Viens-là ! Grogna le chef des Negros.
Le gamin s'approcha avec une moue et se prit une claque derrière la nuque :
- Un peu de tenue avec ta petite sœur. Laisse-la profiter de son enfance tu veux ? La prochaine fois je te fais récurer les murs de la cité.
- Aïe… Quoi ? Oh non !
- Rends-lui sa poupée habillée maintenant indiqua t-il.
- Oui Tonton…
- Qu'est-ce qu'il se passe ? Questionna faiblement une voix féminine depuis une chambre à la porte ouverte.
- Rien, reste couchée. Je redonnais un peu de bonnes manières à Milo, répondit Victor en tirant une nouvelle fois sur sa cigarette.
Il soupira avant de tourner un regard vers l'héritière Donati qui avait observé la scène en silence :
- Bon et si on en venait au pourquoi du comment de ta visite ?
Il lui désigna du regard la chaise libre en face de lui. Lexa s'installa et entama la conversation avec un léger sourire :
- On dirait que les affaires ne sont pas terribles hm ?
- À qui le dis-tu. J'achète une dope de merde à un prix exorbitant. C'est à cause de toi ça tu sais ?
- Je sais, acquiesça la brune. À qui achètes-tu ?
- Un espagnol dont le nom ne te dirait rien.
- Je vois.
- Qu'est-ce que tu me veux Lexa ?
- J'imagine que tu sais que je veux récupérer la Mairie de Syracuse ?
- Qui ne le sait pas ! Sourit le brun. C'est de la folie, tu le sais ?
- Oui.
- Pourquoi tu es revenue ? Tu n'auras pas d'autres chances si tu décidais de fuir. Les Barzetti ont mis un contrat sur ta tête.
- C'est pourquoi j'ai besoin de toi.
- Mes hommes me sont plus utiles vivants que refroidis.
- Victor, tu as un potentiel énorme et tu le sais. Ensemble on pourrait…
- On pourrait quoi ? Mettre en chantier de nouveaux immeubles sociaux pour y installer ces pauvres gens qui crèvent la faim et qui se font chier chez eux car ils sont au chômage ? Tu me l'as déjà faite celle-là avec l'ancienne Maire. En attendant qui sont les mêmes baisés ? Nous. Fous-nous la paix. J'ai accepté de te recevoir par politesse en souvenir de nos anciens deals. Aujourd'hui tu n'as plus rien à part ton argent, grogna t-il en se levant pour sortir observer la cité depuis son balcon sale et mal rangé.
Des cris de joie avaient attiré son attention. En bas, Camillo et Ilian distribuaient des ballons aux enfants de la cité. Cela fit soupirer Victor qui secoua la tête :
- Tu crois pouvoir les acheter ?
- Bien sûr que non Victor, répondit Lexa en le rejoignant. Il y a du potentiel ici malgré ce que peuvent penser les politiciens. Becca était d'accord à ce sujet, elle avait respecté sa part du marché en lançant le chantier des nouveaux logements sociaux mais…
- Mais elle est morte tout comme l'espoir que tous ici avaient mis en elle, trancha Strand.
- Je pourrai relancer la machine Victor si j'étais aux commandes.
- Avec des « si » on refait le monde. Si je n'étais pas noir je serais sans doute le PDG d'une multinationale italienne et pourtant je ne suis qu'un vieux dealer qui compte chaque jour le peu de recettes qui rentrent dans ses poches.
- Tu n'es pas que ça Victor et tu le sais, répondit la brune.
Lexa connaissait l'histoire de Victor : l'homme s'était fait une place avec son intelligence plutôt que grâce à la force brute ce qui avait tout de suite plu à l'héritière. Il était d'un tempérament discret et doux quand on le connaissait en privé bien qu'il pouvait se montrer intransigeant dans les affaires. Victor avant d'être réduit à dealer avait été l'un de ces rares enfants défavorisés à réussir ses études en faculté ce qui lui avait offert la possibilité de devenir comptable dans une grande entreprise italienne mais le racisme et la jalousie de ses collègues l'avaient conduit à se faire humilier et licencier. L'humiliation qu'il avait subie par rapport à son homosexualité notamment lui avait fait perdre confiance en l'homme, aussi quand Lexa était venue frapper à sa porte en compagnie de Becca, elle avait su le comprendre et apprécier le personnage puisqu'ils partageaient tous deux ce tabou qu'était l'homosexualité en Italie. L'homme n'avait pas mis longtemps à comprendre le secret que l'héritière tenait cacher à la portée de tous les mafieux qu'elle commandait d'une main de fer.
- Je te demande une autre chance Victor, rien qu'une. Je ne blâme pas Becca, elle a fait un très beau travail pour cette ville, elle a juste été insouciante rien qu'une seconde et ça lui a coûté très cher.
- Elle aurait fait une sacrée sénatrice, souffla Victor.
- Oui... Répondit Lexa, pensive et à la fois nostalgique.
Victor regardait à présent les enfants de sa cité jouer à différents jeux grâce aux nouveaux ballons qui avaient été achetés. Il resta silencieux un long moment ce qui rassura Lexa : s'il ne disait rien c'est qu'il réfléchissait.
- Qu'est-ce que tu attends de nous ?
- Votre soutien pour les élections.
- C'est tout ?
- Ce sera déjà pas mal. Ah et j'aimerai ajouter un représentant pour ta communauté dans ma liste électorale.
- Qu'y gagnons-nous ?
- La reprise des chantiers des logements sociaux et une partie vous sera directement réservée.
- Ça ne me suffit pas.
- Qu'est-ce que tu veux d'autre ?
- Une place de deal dans ces nouveaux logements sociaux.
Lexa soupira :
- Ils ne sont même pas sortis de terre que tu veux déjà les salir avec tes trafics Victor ?
- Parce que tu crois qu'ils feront une année sans voir passer un gramme de blanche ? Quelle naïveté.
- Très bien mais sache que je n'aurai pas de poids en tant que Dona. Ce sera à toi de te faire respecter des autres Familles pour qu'ils ne viennent pas réclamer le territoire. Je ne gère pas les partages de territoire.
- Tu devrais réclamer ton ancien titre, un Donati reste un Donati.
- Peut-être mais j'ai promis à quelqu'un de pas rebasculer, sourit-elle.
Victor tourna le regard vers l'héritière, un sourire se dessina sur ses lèvres :
- Tu as peut-être bien fait de partir.
La sicilienne le regarda, intriguée.
- Tu as changé et en bien. Je ne sais pas qui est l'heureuse élue mais elle doit être spéciale pour t'avoir domptée.
- Domptée ? S'amusa la brune.
- Qui aurait cru que la terrible et sombre Lexa Donati se radoucirait face à une femme.
L'héritière ne put s'empêcher de sourire :
- Parfois la vie peut-être surprenante.
- Hm… Je t'offre un cigare ?
- Avec plaisir, acquiesça la brune.
Victor repartit dans l'appartement et revint une minute plus tard avec deux cigares. Il en tendit un à la Donati qui accepta le feu que le brun lui alluma.
- Ils sont contents ces petits cons, commenta le dealer en regardant de nouveau les enfants du quartier jouer avec les différentes balles.
- Tant mieux.
- Qui échangeons-nous en guise de bonne foi ?
Les sourcils de l'héritière se froncèrent légèrement. Elle tira sur son cigare avant d'expirer la fumée : cela se faisait lorsque deux clans voulaient être sûrs de pouvoir se faire confiance avant un pacte. Pour éviter toute traitrise, chaque clan devait se confier un membre important de sa famille respective. L'otage ou du moins l'invité restait vingt-quatre heures en territoire ennemi et était ensuite restitué à sa famille. S'il était fait le moindre mal à la personne confiée, cela rendait caduc le marché établi et terminait généralement en bain de sang.
- Victor…
- C'est ça ou rien Lexa.
- Très bien, je reste…
- Non, ce n'est pas toi que je veux. J'imagine que ta vie t'importe peu puisque tu es revenue ici de ton plein gré.
- Je n'ai personne à te confier Victor, répondit la brune, sur la défensive.
- En effet puisque ton frère est passé chez les Barzetti, il ne te reste plus que...
Les yeux de Lexa s'agrandirent d'effroi :
- Non, coupa t-elle sèchement.
- Non ? Interrogea t-il.
- Je ne te confierai pas ma compagne.
- Pourquoi ? N'as-tu pas confiance ?
- Bien sûr que si mais je ne veux pas la mêler à mes affaires.
- Dans ce cas tu peux partir dès maintenant et nous oublier.
- Victor ! Ne sois pas stupide ! S'agaça l'héritière.
- Au contraire, si tu acceptes de me confier vingt-quatre heures ton amie, cela voudra dire que tu me fais confiance et que je peux te faire confiance en retour. Je te confierai mon neveu en échange, je le considère comme mon fils.
- C'est non, répéta t-elle en rendant le cigare au dealer.
- Garde-le, sourit-il. Si jamais tu changes d'avis d'ici ce soir, dépose-la à partir de vingt-trois heures.
Sourcils froncés, la Donati s'écarta pour traverser l'appartement rapidement. Elle ouvrit la porte pour sortir et ne demanda pas son reste auprès des gardiens d'étage pour regagner le rez-de-chaussée où Ilian et Camillo l'attendaient patiemment. Lorsqu'elle fut dans le véhicule, Raven se tourna vers elle :
- Alors ?
- Impensable, répondit-elle, agacée.
Lexa se tut ensuite et fit signe à la latina de démarrer lorsque ses deux gardes du corps furent montés.
Clarke enfila rapidement ses lunettes de soleil pour protéger ses pupilles claires de la lumière, elle était à présent exténuée de sa première garde mais tellement heureuse à la fois. La sensation d'urgence, ses doigts jouant avec les différents instruments chirurgicaux pour sauver des vies, sa voix donnant des directives : il n'y avait rien de meilleur. Elle profita de la chaleur extérieure pour bronzer quelques instants en attendant que Lexa vienne la chercher. Alors que ses yeux étaient fermés et qu'elle savourait la caresse du soleil sur son visage, elle entendit une voix familière l'appeler :
- Clarke ?
Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle se retrouva face à Finn qui lui souriait. Le jeune homme était nettement plus présentable que dans ses souvenirs. Ses cheveux étaient coiffés en arrière, ils avaient toujours une certaine longueur. Clarke haussa un sourcil devant le petit bouc entretenu qui habillait son menton. Il portait un short en jean lui arrivant aux genoux et un polo blanc. Le regard océan de la médecin se perdit un instant sur la carrure du jeune homme qui semblait avoir changée : le policier semblait avoir pris du muscle.
- Finn ! Waouh ça fait un sacré bout de temps ! Tu as changé dis donc !
- Toi aussi, sourit-il en désignant ses cheveux rouges.
- Haha oui on peut dire ça… Une envie française…
- Je vois. Ça me fait plaisir de te revoir, tu es partie dans la précipitation avec…
- Lexa ? Oui, c'est compliqué… Répondit la rousse, gênée.
- J'imagine… Toutes ces menaces et tentatives d'assassinat… Ça a de quoi faire peur. Je ne voudrai pas te faire peur mais c'est pire ici depuis deux ans, on n'a jamais eu autant d'affaires que depuis votre départ.
- Ah bon ? Fit Clarke, intéressée.
- Ouais… Enfin je ne peux pas t'en dire plus…
- Qu'est-ce que tu fais dans les parages ?
- Je suis venu chercher ma petite-amie, expliqua sereinement le policier.
- Oh.
Clarke fronça les sourcils à sa réponse « Imbécile, c'est quoi cette réaction ? » pensa t-elle. Son cœur s'était légèrement emballé à la réponse du brun et elle avait bien du mal à comprendre pourquoi.
- Tu la connais peut-être, elle travaille en traumatologie.
- Peut-être… J'ai repris en trauma hier midi seulement.
- Ah bah la voilà ! Hey Maya ! Sourit le brun.
Le sourire du brun s'agrandit à la vue d'une jeune femme mince aux cheveux noirs : Clarke la reconnut aussitôt. C'était l'infirmière qui lui avait proposé de venir déjeuner avec elle à la cafétéria. La fameuse Maya rougit légèrement lorsqu'elle fit face à la rousse :
- Re-bonjour Docteur Griffin…
- En effet, Maya, nous nous sommes déjà vues…
- Bon, on va te laisser, j'invite Maya à manger un bout sur la plage, à moins que tu ne veuilles te joindre à nous ?
- Non ça va aller, on va venir me chercher.
- Très bien, bon ben à une prochaine fois Clarke ! Ça m'a fait plaisir de te revoir, sourit le policier en posant une main sur la taille de sa petite amie qui le suivit après avoir salué poliment la médecin.
- Oui, salut…
L'américaine les regarda s'éloigner avec une étrange boule au ventre. Finn avait l'air si heureux… Bien sûr elle était contente pour lui et cette fameuse Maya mais d'un autre côté… Il y avait quelque chose qui la gênait. Une bise sur la joue la sortit de ses pensées, Octavia venait d'arriver :
- Hey ! Ben alors, c'est quoi cette tête ?
- Rien… Je viens juste de croiser Finn et sa copine…
- Ah oui Maya, elle est sympa !
- J'imagine…
- Ça n'a pas l'air de t'enchanter…
- C'est pas ça, il a arrêté de jouer ?
- Oui, il voit un thérapeute pour les addictions aux jeux chaque mois à l'hôpital.
- Tant mieux, je ne souhaite à personne ce que j'ai dû supporter avec le Finn complètement accro et endetté…
- Oui mais dis-toi que s'il n'avait pas contracté cette dette, tu ne te serais peut-être pas rapprochée de ta chérie !
- C'est pas faux, sourit Clarke. Mais je tiens à dire que je lui avais déjà tapé dans l'œil lorsqu'on s'est rencontrées la première fois à l'hôpital, se vanta t-elle.
- Non ?!
- Si, elle me l'a dit ! Rit la rousse.
- Eh ben ça si c'est pas un scoop, sourit Octavia. Ah voilà notre chauffeuse !
Le SUV Porsche s'arrêta sur le dépose-minute et Raven descendit du véhicule pour ouvrir la portière arrière avec une légère courbette :
- Si Mesdames les princesses veulent bien se donner la peine de monter dans mon humble carrosse !
- Pff ! Tu es ringarde Rav', se moqua Octavia en montant la première.
- Quoi ?! S'offusqua la mécanicienne, amusée.
- C'est pas faux, nous on préfère la Raven survoltée ! Enchérit Clarke. Lex' n'est pas venue ?
- Non, elle se repose. On a passé deux jours plutôt survoltés haha…
- Ah ? C'est à dire ?
- Je laisse à Bella le plaisir de te raconter ! Je te dépose et après moi et Octavia on commence à déménager ses affaires à l'appart' !
- Alors ça y est c'est bon ? Sourit la Blake.
- Claro que si ! C'est tout bon ! S'exclama la latina en montrant un petit trousseau de clé.
- Super !
- Oula j'ai raté un épisode on dirait, s'amusa la rousse bien que l'absence de la belle héritière l'inquiétait un peu.
- Octavia et moi on va devenir colocataires ! Si c'est pas le top ça !
- Et ben… Ça en promet des pas mal ça, hm ? Se moqua la médecin avec un petit coup dans les côtes de son amie qui lui fit une moue innocente.
- Rav' est-ce que tu peux nous arrêter chez mon frère, j'aimerai rendre Racoon à Clarke !
- À vos ordres !
Des miaulements indignés s'échappaient de la caisse de transport que la médecin portait d'une main.
- Mais oui mon beau, je vais te libérer ! S'amusa Clarke en saluant de sa main libre Ilian qu'elle connaissait déjà et qui était posté près de la porte d'entrée.
Le garde du corps lui ouvrit cette dernière pour lui faciliter la tâche et elle l'en remercia vivement. Elle s'avança jusqu'à la cuisine pour poser la caisse sur l'immense ilot central.
- Coucou mon beau… Tu te souviens de moi ?
Le chat aux yeux vairons renifla un instant les doigts tendus à travers la grille de la cage avant de se remettre à miauler de plus en plus fort. Clarke sourit et déverrouilla cette dernière : Racoon sortit aussitôt et la regarda droit dans les yeux en lui miaulant dessus longuement. Elle ne sut si c'était un miaulement de reproche dû au transport dans la cage ou bien si c'était un miaulement de colère du fait qu'elle l'ait abandonné pour fuir avec Lexa il y a deux ans.
- Oh je suis tellement désolée mon chaton, je ne pouvais juste pas t'emmener avec nous… Tu n'aurais pas été heureux… S'excusa la rousse en lui posant une caresse entre ses deux oreilles.
Racoon la fixa encore quelques secondes avant de descendre pour aller renifler et découvrir le nouvel environnement. Il semblait reconnaître l'endroit mais la disposition avait visiblement changé.
- C'est Roméo qui va être content de te revoir, dit la médecin pour elle-même. Lex ? Tu es là ?
- Sur la terrasse, répondit la voix de l'héritière Donati.
Clarke marcha jusqu'à la grande baie vitrée qui était ouverte. Elle trouva rapidement sa compagne qui étonnamment n'était pas collée sur son ordinateur ou sur un dossier : Lexa avait les yeux fermés et semblait pensive, abritée sous un parasol turquoise dans le fauteuil balancelle installé dessous.
- Bonjour toi, sourit la médecin en s'accroupissant devant la brune qui ouvrit les yeux derrière ses lunettes de soleil.
- Bonjour, répondit la Donati en tendant une main à la rousse.
Lexa avait troqué son pantalon tailleur contre un short noir. Elle avait par contre gardé son chemisier blanc ainsi qu'un foulard noir cachant les marques d'étranglement que lui avait fait son parrain. La médecin s'empara de la main tendue et vint s'asseoir sur les cuisses de sa compagne qui l'enlaça rapidement contre elle. Clarke soupira de contentement en sentant les lèvres de la sicilienne contre sa peau.
- Hm ça m'avait manqué ça, sourit-elle.
- À moi aussi…
- C'est mignon ton petit foulard mais il ne fait pas un peu chaud ?
- Tu as raison… Soupira Lexa sans pour autant retirer l'accessoire.
Elle craignait la réaction de sa compagne lorsqu'elle verrait les marques et surtout quand elle saurait à quoi elle s'était exposée comme danger la veille. Clarke allait sans doute lui faire une scène et après son entrevue avec Victor, elle n'avait simplement pas la force de faire face au terrible caractère de la médecin. Elle serra un peu plus le corps de son amante contre elle, comme pour être sûre qu'elle était bien réelle.
- Lex ? Interrogea la rousse.
- Hm ?
- Quelque chose ne va pas ?
- Hm… Embrasse-moi tu veux ? Souffla la sicilienne.
Un sourire s'étira sur le visage de Clarke et elle ne se fit pas prier pour embrasser à plusieurs reprises le visage de son amante.
- Tu es magnifique… Souffla l'américaine avec un baiser sur l'oreille de la brune.
Lexa sourit à son tour et se contenta de faire balancer légèrement le fauteuil pour les bercer toutes les deux. Sans s'en rendre compte, les deux jeunes femmes s'endormirent, enlacées ensemble.
« Juste encore quelques minutes… » Pensa silencieusement l'héritière.
- Je dois avouer qu'avoir une mécano sous la main au quotidien va être pratique ! Sourit Octavia en regardant la latina lui changer la roue de sa Vespa maintenant que les cartons étaient à l'intérieur du duplex.
- Je ne fais pas que changer des roues tu sais ? S'amusa Raven.
- Je me doute que tu bricoles pas mal aussi.
- Hm hm… Répondit la mécanicienne. Tu ne devais pas vendre ce truc pour acheter une petite voiture maintenant que tu as Matteo ?
- Si… mais c'est que je l'aime bien ma Vespa…
- Je vois. Pourquoi tu ne prends pas ma Jeep quand tu es avec Mat' ?
- C'est vrai ?
- Ouais, je prends ma moto pour aller chez Lexa en général. Si jamais j'ai besoin de la Jeep je te préviendrai.
- Trop bien ! Merci Rav'.
- De rien ma belle, sourit-elle. Bon et si tu allais me chercher une bonne bière ? J'ai juste envie de glander dans ma bouée licorne dans la piscine collective maintenant que cette roue est changée.
- C'est autorisé de boire dans l'enceinte de la piscine ? Il ne me semble pas avoir lu ça dans le règlement de copropriété…
- Ouais ben hé oh, j'ai payé ma place, ils vont pas me casser les couilles les viocs ! Tu viens ou pas ?
- Ok j'arrive… Laisse-moi juste le temps de retrouver mon maillot de bain dans mes affaires.
- Tu peux te baigner toute nue si tu veux, la taquina la brune.
- Haha ! Très drôle Reyes.
- Toujours !
La latina rit doucement en voyant son amie filer vers l'entrée de leur duplex. Elle se mordit la lèvre de gourmandise :
- Y'a pas à dire la grossesse t'a donné un joli petit cul Octavia Blake…!
Elle vérifia une dernière fois que la roue soit bien en place avant de se lever, retirer son vieux treillis et débardeur pour rester en maillot de bain. Elle passa rapidement sous la douche solaire qu'elle avait installée avant de se diriger vers la piscine de leur résidence. Celle-ci était vide. Cela n'allait pas durer, aussi récupéra t-elle sa bouée en forme de licorne qu'elle jeta négligemment au bord du grand bassin turquoise.
- Ah ça c'est le pied, dit-elle en s'installant dans la bouée.
Après une dizaine de minutes durant lesquelles elle en avait profité pour bronzer, elle entendit le portail de la piscine s'ouvrir : Octavia venait d'arriver avec un bikini plutôt appétissant.
- Tu as ma bière ?
- Oui je n'ai pas oublié roh… Soupira la brune.
- Envoie !
- Non Raven, tu viens la chercher. Si on se fait prendre à faire n'importe quoi dans la piscine on va se faire tirer les oreilles ! Répondit la Blake en posant au bord de la piscine la bouteille.
- Quelle fille pieuse tu es, se moqua la mécanicienne en se mettant à bouger les bras pour faire avancer sa bouée vers le bord de la piscine.
La bouée bougea à peine, ce qui incita la latina à y mettre un peu plus d'énergie. Elle finit par se redresser pour tendre le bras bien qu'elle était encore loin de sa colocataire.
- Vas-y ça me soule, il veut pas avancer ce connard de bourricot à corne !
- Tu n'as qu'à descendre et venir chercher ta bouteille, répondit Octavia qui s'était installée sur un des transat à disposition.
- Si je me suis mise dans cette bouée c'est pour ne pas me mouiller chérie ! Allez quoi, un peu d'aide serait pas de refus, j'ai changé ta roue gratos je te signale !
- Alala… Soupira la secrétaire en se levant pour aller récupérer la bouteille et la tendre autant qu'elle le pouvait.
- Quoi alala ?
- J'ai l'impression d'avoir un deuxième Matteo mais en version fille ! Moins j'en fais mieux je me porte !
- Je veux bien que tu me fasses autant de bisous que tu en fais à Matteo, se moqua la mécanicienne en se penchant un peu plus.
- Ne dis pas n'importe quoi ! Bon allez Rav ! Fais un effort bon sang ! Râla la Blake.
- Mais je vais tomber si je me penche encore ! Pesta la latina.
Les doigts de la mécanicienne réussirent finalement à effleurer le goulot de la bouteille mais elle perdit aussitôt son équilibre ce qui provoqua sa chute de la bouée ainsi que celle d'Octavia qui surprise, n'eut pas eu le temps de se rattraper. Les deux jeunes femmes remontèrent à la surface :
- Haha merde ! Saloperie de canasson ! C'est vraiment pas fiable ! Rit Raven.
- Ça devait arriver avec tes bêtises ! Il y a de la bière dans l'eau maintenant ! Grogna Octavia. La prochaine fois tu te débrouilleras et tu ne me mettras pas dans tes plans foireux !
- Oh allez, ne boude pas, c'était drôle ! Sourit la mécanicienne en nageant autour de la Blake qui lui accorda finalement un sourire.
- Andouille va !
- Oulala attention the insulte ! Tu la sors de quelle église celle-là ? Se moqua la latina.
- Je vais t'en foutre une église moi tu vas voir !
Des rires et des éclaboussures s'en suivirent, laissant les deux jeunes femmes s'amuser innocemment dans la grande piscine luxueuse de la copropriété.
La soirée avait rafraichi l'atmosphère et ce furent les lèvres de Lexa qui firent frissonner la peau de la médecin qui s'était finalement rendormie dans le canapé après leur étreinte dans la balancelle.
- Hm… Quelle heure il est ?
- Environ vingt-et-une heure, souffla l'héritière en caressant avec douceur la cuisse douce de sa compagne.
- Edda est toujours là ?
- Non, Anya m'a appelée tout à l'heure pour que je charge Ilian de la lui ramener. Tu viens manger ? J'ai préparé une salade.
- Hm d'accord… Je ne me suis même pas sentie partir, avoua la rousse en baillant tout en s'étirant.
- Ce n'est pas étonnant avec la garde de vingt quatre heures que tu as enchaînée… Il faut que tu reprennes le rythme.
- Oui, je devais répondre au mail de mon père… Je le ferai tout à l'heure.
- Tu corresponds avec ton père ?
- Oui je lui ai dit que nous étions rentrées en Sicile… Il n'est pas content parce qu'on ne s'est pas arrêtées en Amérique avant de rentrer.
- Oui je le comprends… Trois ans sans te voir, ça a du être difficile pour lui et ta mère.
- J'imagine que oui… Ils me manquent aussi… Ils me parlaient de venir… Tu penses que ce serait possible ?
- Pourquoi pas oui mais après les élections et uniquement si je suis élue d'accord Clarke ?
- D'accord, sourit la médecin, heureuse de ce compromis.
Un baiser court s'échangea entre les deux femmes.
- Clarke…
- Hm ?
- Je dois te dire quelque chose à propos du foulard.
- Du foulard ? Questionna la rousse, intriguée mais encore endormie.
Lexa s'assit près de son amante qui s'était redressée pour mieux écouter. L'héritière défit lentement l'accessoire pour découvrir les marques violacées qui marquaient à présent son cou. Cela ne manqua pas : Clarke se leva immédiatement, la mine inquiète, elle amena ses doigts vers les bleus pour les survoler, catastrophée.
- Bon sang Lex' ! Qui t'as fait ça ?!
- C'est une histoire compliquée… Avoua la brune.
- Je vais aller chercher de quoi soulager ça ensuite tu m'expliqueras d'accord ?
- Tu es fâchée ? S'inquiéta la Donati.
- Oui et non ! Répondit la rousse, partagée. D'un côté j'aurai aimé que tu me préviennes avant et d'un autre je suis contente que tu ne m'aies pas menti…
Un sourire soulagé s'étira sur les lèvres de l'héritière lorsque Clarke posa un baiser doux sur sa joue en murmurant :
- Ne bouge pas, j'arrive.
Clarke écoutait complètement abasourdie son amante lui raconter pour la deuxième fois l'histoire avec son parrain. Lexa avait été sincère et lui avait raconté l'entière vérité, n'oubliant aucun détail.
- Tu lui as vraiment planté un stylo dans la main ?...
- J'étais obligée Clarke… Il…
- Lex', ce n'est pas un reproche. Tu as bien fait… Oh bon sang, dire que j'aurai pu ne pas te revoir aujourd'hui ! Réalisa la médecin en serrant sa compagne entre ses bras.
- Je ne pensais pas que ça tournerait aussi mal, s'excusa la Donati en serrant son amante entre ses bras pour la rassurer.
- C'est pour ça que tu n'étais pas bien quand je suis rentrée alors…
- Oui et non…
- Il y a autre chose ?
- Oui. Aujourd'hui je suis allé voir un homme qui pourrait m'apporter beaucoup de poids pour les élections mais il m'a proposé quelque chose que je ne pouvais accepter.
- Quoi ?
- Une vieille tradition mafieuse. Je ne suis plus là dedans, j'ai refusé.
- Dis-moi…
- Il voulait pour sceller notre accord un échange d'otages durant vingt quatre heures.
- Des otages ?
- Oui, chaque partie confit un membre de sa famille à l'autre en guise de confiance. Ça peut très bien se terminer mais ça peut être tout l'inverse si jamais l'autre partie renie son accord.
- Pourquoi est-ce que tu as refusé ?
L'héritière détourna le regard, honteuse de la réponse mais devant le regard insistant de la médecin, elle finit par avouer :
- Parce qu'il veut que ce soit toi Clarke.
Son amante ouvrit la bouche de surprise :
- Moi ? Mais je n'ai jamais…
- Été dans le système de la Mafia oui, je lui ai dit non. Je ne veux pas t'impliquer dans ce genre d'histoires alors que tu essaies de reprendre une vie à peu près normale Clarke. Je vais juste devoir faire autrement, la rassura la brune bien qu'elle n'y croyait pas.
- Lex', est-ce que le soutien de cet homme pourrait vraiment faire pencher la balance ?
- Bien que j'aimerai dire non, je dois avouer que Victor pourrait m'apporter plus de poids que j'en ai à l'heure actuelle.
- Dans ce cas, j'irai, dit fermement la médecin.
- Quoi ? Non ! Refusa Lexa.
- C'est moi qui t'ai convaincue de revenir te battre ici…
Les doigts de la médecin survolèrent de nouveau les marques violacées sur le cou de sa compagne qui luisaient légèrement à cause de la pommade qu'elle lui avait appliquée précédemment.
- Laisse-moi t'aider. Seule tu n'y arriveras pas, mais ensemble oui.
Le visage de Lexa était crispé dans la voiture. Raven arrêta le véhicule au même endroit que ce matin. Camillo descendit pour vérifier l'absence de danger et fit signe à sa supérieure qu'elle pouvait sortir. Clarke et la Donati sortirent du véhicule : Victor les attendait au bas de l'immeuble par lequel Lexa était entrée un peu plus tôt dans la journée.
Le dealer offrit deux rangées de dents blanches et bien alignées :
- Alors c'est donc toi la femme qui a conquis notre Dona ? Je dois avouer que je te pensais un peu moins frêle.
- C'est parce que tu ne m'as pas supporté plus de deux heures. Compte sur moi pour te faire changer d'idée, répondit Clarke, le regard sévère.
- Ouh, je vois que ta copine à la langue bien pendue, sourit Victor.
Lexa se contenta de répondre froidement :
- Si tu lui fais la moindre égratignure, compte sur moi pour venir te tuer de mes propres mains Strand.
La menace eut le mérite de faire hocher la tête au chef du territoire noir.
- On ne va pas la toucher ta princesse… Tant qu'elle se tient tranquille. Dante, approche, ordonna Victor.
Un jeune homme d'une vingtaine d'années, habillé d'un jean blanc et d'une chemise noire se détacha d'un groupe de jeunes proches d'eux.
- Lexa, je te présente Dante, il est comme mon fils. C'est lui qui prendra ma relève si jamais il m'arrive quelque chose. Tu peux imaginer que la menace que tu m'as énoncée tout à l'heure est réciproque si jamais tu touches à un seul de ses cheveux.
La Donati toisa le jeune homme qui était bien bâti pour son âge.
- Bien. Je te demande une dernière minute avec Clarke.
- Je n'y vois pas d'inconvénient.
L'héritière tendit la main à la médecin qui attrapa cette dernière pour la suivre dans la voiture de laquelle Raven était descendue pour leur laisser un peu d'intimité. Bien qu'elle tentait de ne pas montrer son inquiétude, Clarke était fébrile.
- C'était assez ? Demanda t-elle, tremblante.
- Oui Clarke, tu as été parfaite, la rassura Lexa en caressant ses joues. Répète moi une dernière fois ce que je t'ai dit…
- Pas de questions, pas de provocations gratuites ni de négociations. Je me tais et j'attends que tu viennes me chercher demain soir.
- C'est ça… Expira Lexa qui essayait de ne pas montrer son stress pour donner confiance à sa compagne.
- Je dois y aller là non ?
- Oui…
- J'y vais alors, indiqua Clarke.
- Attends… Souffla la sicilienne en retenant la médecin par le bras pour la tirer vers elle afin de l'embrasser une dernière fois.
Le baiser fut effréné, chaotique comme si les deux femmes s'apprêtaient à se dire au revoir pour toujours. Clarke interrompit d'elle-même le baiser car elle se doutait que Lexa n'allait pas réussir à la laisser partir.
- Allez… Souffla t-elle en ouvrant la portière après une dernière caresse sur la joue de la Donati.
Lexa posa une dernière fois son front contre celui de sa compagne avant de la laisser descendre du véhicule après un simple murmure commun. Clarke fut ensuite remplacé par le fameux Dante à la peau sombre qui resta mutique face à l'ancienne Dona.
Un murmure qui signifiait beaucoup malgré la simplicité des mots employés : « Je t'aime ».
Et encore un chapitre de terminé ! Yeah ! Alors qu'en avez vous pensé ? Dites-moi tout :) J'ai adoré introduire le personnage de Victor Strand ! J'espère que ce nouveau personnage vous plaît car il jouera un rôle important dans l'Héritage :D Petit passage Octaven rigolo ! Qu'est-ce qu'elles ne sont pas douées ces deux-là et ce n'est pas fini... x) Vous avez aimé les passages clexa ? Je sais que certain(es) attendaient la découverte des bleus de Lexa par Clarke ! Elles sont vraiment beaucoup plus à l'écoute l'une de l'autre depuis qu'elles sont de retour en Sicile, elles ont retrouvé le parfait équilibre dans leur couple ! Le prochain chapitre sera très tendu mais je pense que vous vous en doutiez vu la fin de ce chapitre 29...
Allez à dans trois semaines :)
