Merci pour les reviews. Merci Miiio, je te laisse découvrir ce qu'il advient de nos amoureux hors norme.
*Lemon*
Chapitre 29
Trunks entendait le grésillement de la pluie contre les vitres. Il n'avait plus entendu ce son depuis un mois. Depuis l'orage qui avait éclaté après le procès. Il n'arrivait pas à se décider à ouvrir les yeux, confortablement calé dans la chaleur douillette du lit et du corps immobile de Goten, à quelques centimètres du sien. Le réveil émit à nouveau son bip sonore depuis la table de chevet, et Trunks finit par étendre la main pour le désactiver à tâtons.
Il ouvrit les yeux et se rapprocha doucement de Goten, qui restait inerte et endormi. Trunks secoua doucement son bras, sans résultat. Il contempla sa peau encore dorée du soleil généreux des états du Sud, où ils s'étaient réfugiés après le procès.
Il s'étaient littéralement enfuis. Trunks n'en était pas très fier, mais ils en avaient eu tellement besoin, après cette épreuve. Goten en avait eu besoin. Trunks avait été impressionné et fier de son courage. Il se sentait un peu coupable de ne pas avoir soupçonné sa force de caractère, et il ne l'en aimait que plus. Mais il était sorti épuisé de tout ça.
Parfois, quand Trunks fermait les yeux, il avait l'impression de revenir un mois en arrière, balloté par la foule, à la sortie de la salle d'audience, débordé par la rumeur hurlante des journalistes, qui l'interpelaient pour répondre à leurs questions, agressé par les flashs des photographes qui semblaient être partout à la fois. Par miracle, à cet instant, le garde du corps de la Capsule avait réapparu, accompagné de plusieurs collègues, et assisté des renforts de sécurité du palais de justice. A peine la séance levée, Goten s'était précipité sur Trunks, pour le féliciter de l'issue de l'audience, mais surtout pour s'assurer qu'il allait bien. Ils avaient à peine eu le temps d'échanger plus qu'un sourire, avant que l'assistance ne se rue sur eux.
Trunks avait agrippé le poignet de Goten pour fendre la foule, mais ses reflux énergiques avaient failli les séparer plus d'une fois. Il avait repéré sa mère, et Gohan, perdus dans la masse, un peu plus loin. Son père était parti déjà. Leurs yeux s'étaient croisés, mais ils n'avaient pas pu faire un pas les uns vers les autres. Ils n'avaient même pas pu se parler. Trunks se souvenait juste le regard de sa mère, encourageant et pétillant de joie. Ça lui avait suffi.
Quand les gardes du corps avaient finalement réussi à les extraire, Goten et lui, de la cohue excitée, Trunks avait décidé de s'enfuir. Il sentait les doigts tremblants et moites de Goten entre les siens, il ressentait tout son désarroi, face à ce déchaînement : les questions crues et outrancières qui volaient jusqu'à leurs oreilles, l'acharnement des flashs, où que leurs yeux se tournent, la violence des bousculades de curieux qui voulait le voir, comme l'attraction du moment. Ils avaient subitement eu l'impression que la foule voulait les manger, les déchiqueter en morceaux et les dévorer sur place. Même Trunks, qui avait plus d'habitude de tout ça que Goten, même Trunks, qui s'y était préparé depuis plusieurs jours, fut pris de frayeur et de lassitude. Et Goten était complètement désarçonné par la réaction des gens, qu'il n'avait pas soupçonnée si vive. C'était ce qui avait décidé Trunks à fuir.
Dès qu'ils furent installés dans la voiture, qui était censée les ramener chez sa mère, il ordonna juste au chauffeur de se rendre à l'aéroport. Goten lui avait lancé un œil surpris et incrédule, mais il n'avait pas protesté. Il se sentait si perdu. Il repensait à Gohan, à Végéta, dont il avait cru reconnaître la voix au milieu de la rumeur surprise, quand il avait annoncé qu'il était le petit ami de Trunks. Il repensait aux questions ignobles que les journalistes leur avaient adressées à la sortie de l'audience. Il repensait aussi à la foule avide.
Alice avait perdu la face après sa révélation. L'avocate de Trunks l'avait judicieusement décrite comme une fille cupide, qui avait, en quelque sorte, utiliser sa plainte pour faire chanter Trunks, et soutirer bassement un maximum d'argent à l'héritier. Une victime toute relative, qui avait sur-joué son rôle, en espérant odieusement que Trunks n'oserait jamais révéler son homosexualité. Cette explication n'avait pas été difficile à vendre, après les aveux d'Alice à la barre du Tribunal. Et Goten imaginait assez bien que c'était la réalité de ce qu'était Alice. Comment expliquer sinon qu'elle ait tu son identité dans sa déposition ? Elle ne l'avait certainement pas fait pour préserver Trunks, ça devait donc être à but lucratif. Alice ne s'en était d'ailleurs pas franchement défendue. Il repensait parfois à son sourire étrange, alors qu'il lui avait lancé un regard dur et sombre. Cette fille restait une énigme pour lui. Mais Les motivations d'Alice n'étaient plus vraiment importantes maintenant. Trunks avait été condamné à une amende et à un travail d'intérêt général. Pas de prison. Goten était soulagé.
L'orage s'était déversé sur eux en trombes bruyantes, dès que la voiture avait démarré et, observant les gouttes hargneuses, qui constellaient les vitres pendant qu'il filait vers l'aéroport, Goten réalisait qu'un problème en chassait un autre, parce qu'ils devraient maintenant faire face aux conséquences. Il n'était pas pressé d'affronter sa famille et de reconsidérer le cours de sa vie, maintenant que tout ça était officiel. Il se sentait extrêmement fatigué, et surtout, il avait besoin de Trunks.
Il tourna la tête et le regarda, assis à côté de lui sur la banquette de la voiture. Ils n'avaient pas échangé un mot depuis l'audience. Le silence entre eux n'était perturbé que par le bruit de la pluie contre les carreaux, et les rumeurs du moteur et de la circulation. Ils craignaient de le rompre, gêné par la présence du chauffeur devant eux. Trunks le fixait simplement en retour et avança sa main discrètement jusqu'à rencontrer la sienne pour saisir ses doigts.
Goten n'avait pas demandé où on partait, ni pourquoi, ni pour combien de temps. Il avait suivi Trunks avec une confiance aveugle, et ils s'étaient retrouvés dans un hôtel miteux à l'autre bout du monde, là où personne ne cherchait à comprendre, ni qui ils étaient, ni ce qu'ils faisaient ensemble.
Ça avait été un peu dingue de faire ça. Tout le monde avait dû les attendre. Bulma, à qui Trunks avait promis de la rejoindre après l'audience, Gohan, ahuri par les aveux publics de son frère, Végéta aussi, à sa façon. Et même à la Capsule, l'absence de Trunks avait dû agiter l'entreprise. Et les journalistes avaient dû les chercher sans les trouver. Qu'ils crèvent.
Ils n'avaient prévenu personne, ils n'avaient pas affronté toute la tempête. Comme une autruche, la tête dans le sable de la plage. Goten avait été un peu étonné de l'initiative de Trunks, c'était si contraire à ses principes d'homme responsable et réfléchi, mais il avait apprécié cette bouffée d'oxygène.
Maintenant ils étaient revenus. La pluie, comme le reste, les avait attendus patiemment.
- Goten, c'est l'heure, murmura doucement Trunks à son oreille.
Goten s'étira en marmonnant, et se retourna pour enlacer Trunks paresseusement. Trunks passa affectueusement ses doigts dans ses cheveux, avant de se dégager pour se lever.
- Tu vas être en retard, annonça-t-il.
Goten entendit la porte de la salle de bains se refermer et le bruit assourdi de la douche allumée. Il ouvrit lentement les yeux. Gohan. Il l'avait appelé depuis l'aéroport pour lui annoncer son retour. Il était tombé sur Videl. Il l'avait sentie à la fois heureuse, surprise et embarrassée par son appel. Gohan était sorti, mais Videl avait proposé à Goten de passer le lendemain pour le voir.
Goten leva un œil sur l'heure affichée par le réveil. Trunks avait raison, il devait se lever. Il ressentait une certaine tension de devoir rendre visite à son frère. Et cette visite n'était que le préambule de celle, autrement plus délicate, qu'il devrait rendre au Mont Paozu. Goten avait été stupéfait de s'apercevoir que les journalistes ne désarmaient pas. Ils étaient rentrés avec un charter, discrètement mélangés à une fournée de passagers, un mois après l'éclat du procès, et il avait pensé qu'ils seraient tranquilles. Pourtant, ils avaient encore été surpris par quelques photographes aguerris, qui avaient réussi à connaître leurs vols de retour, par des moyens qui restaient totalement inexplicables à Goten. « Le personnel de la compagnie aérienne » avait soufflé Trunks entre ses dents, en les repérant derrière les barrières. Sa vie serait donc ça. Un moment en tous cas. Traqué. Chichi devait savoir maintenant. C'était sûr.
Goten abandonna la tiédeur moelleuse des draps et se dirigea à son tour vers la salle de bains. Il bouda sa propre salle de bains pour lui préférer celle de Trunks. Il était toujours sous le jet de la douche, et Goten fut submergé par la vapeur brûlante et l'odeur caractéristique de son savon, qui avaient envahi toute la pièce. Il se déshabilla et entra dans la douche. Trunks ne l'avait pas entendu à cause du crépitement de l'eau, et sursauta quand il enroula ses bras autour de sa taille et posa son front contre sa nuque.
Trunks se retourna et écarta les mèches de cheveux plaquées sur son front. Il saisit doucement son menton et l'embrassa.
- Tu stresses ? demanda-t-il doucement.
- J'ai pas peur de mon frère, soupira Goten en passant ses lèvres dans le cou de Trunks.
- Il faut le faire maintenant, tu le sais…
Goten ne répondit pas, repoussant Trunks contre le mur carrelé, pour mieux caler son corps contre le sien. Trunks sentait l'anxiété en lui malgré tout. Il le laissa passer sa langue sur sa peau déjà mouillée par la douche, et saisit très doucement son pénis déjà dur. Il le massa lentement et remarqua sa réactivité. Goten émit un faible grognement et se mit à lui rendre la faveur, envoyant un frisson le long de son échine. Trunks musela un gémissement. Goten était toujours pressant. Il n'en avait jamais assez, et, d'après ce qu'il avait bien voulu admettre de sa vie avec Valèse, Trunks avait compris qu'il avait stocké un certain appétit qui se libérait auprès de lui. Trunks ne s'en plaignait pas, le contact de Goten était presque magique, systématiquement délicieux et excitant, et son désir éveillait toujours celui de Trunks.
Trunks étendit la main pour récupérer du savon liquide, qu'il appliqua généreusement sur Goten. Goten continuait à parcourir son cou et son visage du bout des lèvres, comme s'il essayait de s'enivrer du goût de sa peau. Au bout d'un moment, Trunks le sentit proche de la limite. Goten le repoussa dans le coin de la douche et le contraignit à se retourner. Trunks ne résista pas au mouvement, lui-même impatient de la suite. Il se retint maladroitement au carrelage trempé du mur et retint un grognement, en sentant Goten s'introduire en lui sans préavis. Il se rebella un peu pour ajuster sa position. « Chiotte, Goten ! » protesta-t-il sourdement, contrarié par l'empressement de son amant. Mais Goten se contenta de saisir l'arrière de sa nuque de sa main libre, continuant, de l'autre, à le masturber paresseusement. Trunks sentait son souffle brûlant à son oreille, et bientôt le plaisir.
Goten adopta d'emblée un mouvement ferme qui trahissait l'avidité particulière de son besoin. Il était plus brusque que d'habitude et Trunks avait parfois du mal à maintenir son équilibre, tout juste retenu par le mur visqueux. Il crut plus d'une fois qu'il ne tiendrait pas, mais à chaque fois, Goten le ramenait vers lui et le retenait avec des gestes sûrs, faisant preuve d'un contrôle inhabituel chez lui. Bientôt, Trunks se laissa aller à lui accorder son entière confiance. A partir de là, son plaisir se fit rapidement plus intense, et il devina l'orgasme qui montait en lui plus rapidement qu'il ne l'aurait voulu. Il s'empara de la main de Goten sur lui, pour essayer de le faire ralentir. « Chibbi » souffla-t-il d'une voix rauque. Mais Goten continuait. « Goten…trop… Je vais… ». Les sensations qui le submergeaient lui coupaient la respiration. Il essaya de contrôler ce qu'il pouvait. « Vas-y » chuchota Goten dans le creux de son cou. La caresse de son souffle et le frôlement de sa voix anéantirent la volonté de Trunks et il jouit violemment avec un gémissement de satisfaction. Goten passa ses doigts dans ses cheveux, avant de ramener ses deux mains sur ses hanches pour accélérer son rythme, prolongeant l'onde de plaisir qui parcourait encore le corps de Trunks. Il se libéra enfin après quelques minutes.
Trunks lui laissa un instant pour sortir de son étourdissement, et se détacha de lui prudemment. Goten s'adossa au mur, la tête légèrement inclinée en arrière, les yeux fermés. Trunks l'embrassa affectueusement et caressa sa joue.
- Ça va bien se passer. Ce n'est que Gohan, dit-il d'une voix rassurante.
Il planta encore un baiser sur sa joue avant de retourner sous le jet de la douche. Goten n'avait pas bougé et le fixait, les paupières mi-closes.
- On va vraiment être à la bourre, souligna Trunks en l'abandonnant définitivement.
Bien sûr, Goten était en retard. Sans s'en inquiéter plus que ça, il avait même décidé de venir à pied. Une façon chimérique de retarder l'échéance. Il était venu seul pour voir Gohan, il avait pensé que c'était mieux, et Trunks avait, de son côté, ses propres missions à accomplir. Goten devait d'ailleurs reconnaître que, même s'il était légèrement tendu en se présentant devant la maison de Gohan, il n'aurait pas échangé sa place avec celle de Trunks, même pour tout l'or du monde.
- Bonjour Goten, salua Videl en ouvrant la porte.
- Bonjour Videl, je suis en retard, désolé, bredouilla Goten.
- C'est rien, entre !
Goten la suivit timidement. Elle lui parlait avec le même ton enjoué que d'habitude, avec la même douceur engageante, mais Goten avait deviné, à son air vaguement étonné quand elle avait ouvert, qu'elle avait cru qu'il ne viendrait pas.
Il observa le décor autour de lui. Il lui semblait qu'il n'était pas revenu ici depuis un million d'années. Pourtant il avait vécu ici deux mois, après sa séparation de Valèse, presque un an auparavant. Il lui semblait se souvenir d'une autre vie.
- Hey Goten ! Quelle surprise que tu sois enfin rentré ! s'exclama la voix de son frère.
Il sortit de ses méditations et lui rendit son sourire radieux.
- Tu nous as manqué. Où étiez-vous tous les deux ?
Gohan était assis sur un tabouret, accoudé au comptoir de la cuisine, un journal déplié sous ses yeux, et tenait une tasse à la main. Goten fut instantanément réconforté de le trouver égal à lui-même. Content. Gohan avait toujours l'air heureux et décontracté. Même quand il avait des soucis. Comme une règle inflexible qu'il s'imposait, par égard pour son entourage. Sa voix n'avait pas vacillé quand il avait prononcé sa question. Tous les deux.
- Ahem… On a…bougé un peu… On a fait les états du Sud, bredouilla Goten avec embarras.
De tout le mois qu'il venait de passer, il n'avait appelé strictement personne. Il n'avait pas donné de nouvelles. Il savait que Trunks avait eu Bulma au téléphone. Mais lui, Goten, n'avait eu ni l'envie, ni la volonté d'appeler qui que ce soit. Même Gohan, il devait honteusement l'admettre. Et son frère aurait pu lui en faire le reproche. Goten se mordit les lèvres d'un air coupable.
- J'avais besoin d'air, précisa-t-il à mi-voix, en évitant de regarder Gohan.
- Pas de problème pour moi, répondit doucement Gohan.
Goten capta cependant le coup d'œil furtif qu'il adressa à Videl.
- En tout cas, tu es bien bronzé, releva Videl sur un ton plus léger, il reste du café, tu en veux ?
Goten hocha timidement la tête.
- Comment ça se présente ? demanda Gohan, je veux dire… Le retour.
Le retour. Goten comprenait que son frère évoquait pudiquement les conséquences de la révélation de sa relation avec Trunks. Il n'osait même pas formuler exactement les choses, mais Goten préférait ça pour l'instant. Il pencha la tête de côté, en s'accoudant au comptoir, en face de son frère.
- On vient de rentrer, donc…En tout cas, je ne vais plus travailler à la Capsule… C'est trop compliqué.
Goten bégayait légèrement et peinait à sortir les mots.
- Ça c'est dommage, releva Videl sur un ton plus direct, qu'est-ce que tu vas faire alors ?
Goten se frotta l'arrière de la tête. C'était une vraie question. Parce qu'il n'avait certainement pas l'intention de devenir l'homme au foyer entretenu par Trunks Briefs. Il était d'une nature trop indépendante et trop sociale pour ça.
- Je ne sais pas encore. On verra. Il va falloir que je retrouve quelque chose.
Videl versa le café avec un hochement de tête. Gohan fixait son frère d'un air désolé et Goten ne savait pas vraiment deviner si c'était à cause de la perte de son travail en particulier, ou de sa situation d'une manière générale.
- Et les journalistes ? reprit Gohan, tu sais qu'on en a eu jusque dans le jardin ? Ils voulaient savoir où tu étais et certains nous ont même proposé un pont d'or pour des détails sur ta vie et des photos de toi et Trunks enfants.
Videl eut un petit rire cristallin.
- Je les ai virés vite fait, tu peux me croire, précisa-t-elle.
Goten eut un faible sourire, en visualisant exactement la scène.
- J'imagine qu'ils vont se lasser, soupira Goten.
Il mélangea longuement son café, laissant flotter un silence embarrassé, inhabituel dans cette maison. Il ne perçut pas le mouvement de Videl qui s'éclipsa discrètement pour le laisser seul avec Gohan.
- Les journalistes…reprit Gohan d'une voix hésitante… Ils sont allés jusqu'au Mont Paozu, tu sais.
Goten sursauta. Il releva vivement la tête, les yeux écarquillés par la panique.
- Il faut vraiment que tu ailles voir maman, maintenant. Elle ne comprend pas ce qui arrive.
Goten fronça les sourcils avec préoccupation.
- Et papa ?
- Papa, soupira Gohan, tout ce qu'il retient de tout ça, c'est les crises de nerfs de maman. Lui non plus ne comprend pas, dans un autre registre. Bulma voulait aller les voir… Mais c'est à toi de le faire.
Goten hocha mécaniquement la tête. Il n'avait rien à objecter. Il avait tellement reculé ce moment qu'il s'était presque convaincu qu'il n'arriverait jamais.
- Elle est en colère ? demanda-t-il.
- Elle est en colère parce que tu lui as caché, parce qu'elle l'a appris par des journalistes grossiers, qui sont venus la harceler jusqu'à la maison, parce que tu ne lui as plus donné de nouvelles depuis plus d'un mois. Tu la connais…
A la façon que Gohan avait de gigoter nerveusement sur son tabouret, Goten comprit qu'il enrobait une partie de la vérité et il sentit son estomac se tendre.
- Je vais y aller avec Trunks, annonça-t-il.
Gohan serra les lèvres.
- T'es sûr que c'est une bonne idée ?
- Oui. Je veux qu'elle comprenne. Elle comprendra mieux si j'y vais avec lui.
- C'est toi qui vois, conclut Gohan avec incrédulité en plongeant ses yeux dans son fond de tasse.
- Trunks est important pour moi ! Si c'était une fille, elle exigerait que je vienne avec elle, c'est pas vrai ? s'écria Goten.
Gohan se gratta la tête avec embarras.
- Ok, Goten, si tu veux. C'est juste… C'est pas une fille… Et… C'est Trunks… alors…
- Alors ? coupa Goten, j'ai pas le droit de l'aimer ? C'est un monstre ? Moi aussi, peut-être?
- Arrête ! trancha Gohan d'une voix apaisante, arrête, et comprends que c'est pas forcément facile pour les gens autour de toi. Et la façon dont on l'a découvert a été un peu… traumatisante. Et puis… On parle de Trunks !... On vous a tenu dans nos bras quand vous étiez des bébés, on vous a surveillés quand vous étiez gamin. On vous a… bordés dans le même lit… Alors…
Gohan se tut et soupira. Goten n'en revenait pas. Il ne s'était pas attendu à ce genre de discours dans la bouche de son frère. Ça le révoltait et ça le désespérait en même temps. Gohan perçut son œil sombre. Il sentait qu'il était sur la défensive et ce n'était pas ce qu'il recherchait. Il ne trouvait pas vraiment ses mots et s'apercevait qu'il maîtrisait mal son émotion. Gohan s'était juré de ne pas laisser percer sa stupeur, et surtout, il s'était juré de ne pas juger son frère. Il voulait rester son allié malgré tout.
- Goten, il faut juste que tu laisses du temps … Certains en ont besoins plus que d'autres, mais… C'est un choc pour elle.
Goten se tut. Etrangement, l'angoisse, qu'il avait ressentie jusqu'ici, concernant la réaction de Chichi, se muait progressivement en colère. Comme un soldat, effrayé par le combat, qui se voit soudain pris de rage dans le feu de l'action, Goten supportait de moins en moins l'idée qu'on lui reproche ce qu'il était. Et ce qui attisait encore sa révolte, était de s'apercevoir qu'une partie de l'opprobre était sur le point de retomber sur Trunks. Il voulait bien comprendre le blâme de n'avoir pas su être celui qu'il était censé devenir, il voulait bien concevoir la déception de sa mère, mais il n'accepterait jamais aucun grief contre Trunks.
Il fixa son frère qui lui souriait faiblement, malgré l'expression renfermée de Goten. Finalement Gohan tapota sa main dans un geste d'encouragement.
- Va la voir, peu importe ce qu'elle dira, elle finira par se calmer. Elle t'adore tellement.
Ses paroles adoucirent l'humeur de Goten. Ils n'y croyaient pas vraiment, mais il appréciait le soutien de son frère.
- Nous irons demain, tu veux bien la prévenir ? J'ai pas le courage d'appeler, conclut Goten.
- Ne t'inquiète pas, je le ferai, promit Gohan.
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