Chapitre 29

Suite à la déclaration du chef de mon clan, un lourd silence prit place dans la pièce. Je sentais que tous les regards convergeaient vers moi, mais mon regard, lui était planté dans les yeux azur de Masaishi.

Je ne l'aimais pas. Non pas parce qu'il venait de déclarer, sans mon avis, que je ferai partie de ses troupes. Mais parce que je sentais qu'il servait des intérêts, les siens ou ceux de l'Arashi.

Quelqu'un tirait les ficelles quelque part, cette personne me voulait dans cette guerre, cette personne voulait m'attaquer sur un lieu qu'elle avait choisit.

-Pourquoi me voulez-vous à vos côtés? dis-je d'un ton étonnament sûre.

Il fut d'abord surpris par ma question, ses sourcils se haussant étrangement. Puis un fin sourire s'étira sur mon visage, j'étais sûre qu'il pensait que j'allais réagir violemment et directement par un non. Mais je choisissais la diplomatie, et la manière de "j'évite de donner ma réponse tout de suite".

-Parce que tu es une Aoki, répondit-il, et de surcroît, tu es venue t'entraîner dans mon village cet été, alors en retour de l'entraînement que tu as reçu tu dois défendre ton village.

-Mais ne pensez-vous pas que son village est Konoha? le confronta Tsunade, le bandeau qu'elle porte est bien celui de Konoha et non celui d'Aoki.

-Peut-être, mais elle doit allégeance à Aoki! Elle n'appartient pas à Konoha! Ell est née à Aoki, elle utilise la technique héréditaire, elle a bénéficié de notre enseignement alors elle doit nous le rendre! S'écria-t-il en faisant des gestes violent avec ses mains.

Voyant qu'il commençait à s'énerver, Itachi se rapprocha de moi ainsi que Sasuke, cherchant à épauler son frère si besoin il y avait. Je souris devant cette protection, me disant qu'il ne fallait tout de même pas exagérer.

Devant notre manque de réaction face à sa brutalité, la bouche de Miasashi fit une moue de dégout mais un éclair de lucidité passa dans son regard, prouvant qu'il avait trouver un argument sa faille.

-Cette guerre sera peut-être synonyme de tristesse, de désespoir, de sang et de mort... mais si tu fais partie de nos rangs, tout cela pourra être éviter. Tu as un potentiel que je ne peux nier, et je culpabiliserai de ne pas te persuader de te battre à nos côtés. Ta force fera sûrement pencher la balance en notre faveur, alors, je t'en supplies, viens nous aider.

Ses mots, je les connaissais. C'était ceux que j'avais cherché, ceux qui m'avaient empêché de dormir, ceux qui, je le savais, m'éclaireraient sur ma perte de mémoire.

Il avait touché un autre point lui aussi très important. Pourrais-je vraiment faire la différence dans cette guerre? J'y croyais moyennement mais Kazami m'avait déjà assuré que j'avais un très bon niveau pour mon jeune âge.

Je mordis ma lèvre inférieure de frustration, ne sachant pas quelle décision prendre. Et puis merde, je savais déjà inconsciemment où est-ce que je devais aller, ce que je devais faire, et comment découvrir les réponses à mes questions. Et enfin découvrir cette vérité, celle qui m'empêchait de vivre à fond, qui ne quittait mon esprit qu'à de très rares instants.

Mon regard se posa sur Kazami. Ses yeux étaient remplis d'anxiété, et je pouvais voir sur son visage son inquiétude et sa douleur de me voir faire un tel choix. Mais ma décision était prise.

-D'accord.

Tous les regards une nouvelle fois se posèrent sur moi mais cette fois-ci ils étaient remplis de surprise mais aussi de peur. Personne ne s'attendait à ce que ma réponse soit oui, apparemment.

-Elyna, clama Tsunade en se levant de son siège, ne prends pas une décision si hâtive! De plus, je n'accepterai pas qu'une de mes kunoichi aille faire une guerre si absurde et inutile!

-Tsunade! la gronda Misaishi, ne supportant pas de voir son village rabaissé ainsi.

-C'est le cas, maugréa celle-ci, à cause de vos mésententes vous mettez une de mes kunoichis, qui est normalement au service de Konoha, en danger et je ne l'accepte pas!

La voix de Tsunade était forte, grave et ses poings avaient plusieurs fois frapper la table qui par je ne sais quel miracle ne c'était pas effondré. Devant cet autorité, celle de Misaishi se retrouva au point zéro en un rien de temps. Pour mon plus grand bonheur.

-Je comprends votre colère, Tsunade, mais ma décision est prise, assurai-je, j'y vais.

L'Hokage me regarda pendant quelques instants, les lèvres tremblant sous la rage et détourna le regard, nous dévoilant qu'elle acceptait mon choix. Elle se rassit, plus calme et planta ses yeux de biches dans ceux de Masaishi.

-Ne rêvez pas, il n'y aura qu'un seul de mes ninjas qui ira se battre pour votre guerre de pacotille. Et si il lui arrive quelque chose, Masaishi, sachez que vous aurez en plus Konoha contre vous.

Notre chef avala sa salive bruyamment et un éclair de peur passa dans ses yeux de fourbes. Il reprit contenance, se tourna vers moi, et dit d'une voix d'ou transpirait quand même la peur.

-Dans une heure à la porte Est de Konoha, Elyna.

Il partit avec ma tante par la fenêtre, me laissant seule avec des personnes qui allaient sûrement me demander des explications. Kakashi partit dans un nuage de fumée sans ne rien prononcer, Tsunade sortit de son bureau pour aller voir Shizune, sans me regarder, et Sasuke s'en alla discrètement. Petite correction: ce n'était pas à la guerre que j'allais mourir, mais par Itachi Uchiha, qui me tournait le dos et semblait vraiment en colère.

-Te rends-tu compte de ce que tu viens d'accepter?

Sa voix était froide, mais assez neutre. Je n'entendais pas de colère ni de peur.

-Je crois, dis-je avec une petite voix.

-Oh ne me réponds pas ça Elyna, me gronda-t-il en se retournant, tu as intérêt à être sûr parce que tu n'es pas partie pour faire une promenade de santé!

Cette fois-ci je ressentais vraiment de la colère dans sa voix mais aussi...de l'inquiétude.

-La guerre, Elyna, c'est un cauchemar mais il ne suffira pas de te réveiller pour t'en sortir. Tu vas cotôyer la mort tous les jours, tu vas voir les gens que tu aimes être blesser et mourir! C'est ce que tu veux comme futur? Hein? C'est ça?

J'eus un mouvement de recul, ne m'attendant pas à tant de colère. Certes, c'était justifié, mais j'avais l'habitude qu'il soit toujours raisonnable et contenu dans ces paroles et là c'était totalement le contraire.

-Dire que cet après-midi on était en train de parler de gosse, soupira-t-il tristement, nous voilà en train de nous séparer pour que tu ailles te battre pour un conflit aussi débile qu'inutile!

-Je sais ce que je fais, Itachi! Fais-moi confiance! Je peux me débrouiller toute seule, je sais me débrouiller toute seule! J'ai été entrainé par mon père, par Kazami, par toi et j'ai fais des dizaines de missions! Et tu crois que c'était pour quoi? Une balade de santé, comme tu dis? NON!

Cette fois-ci, ces yeux se plissèrent sous la réflexion et je sentais que j'en avais beaucoup trop dit en face d'un Uchiha.

-Fais ce que tu veux, car apparemment mon avis ne compte pas, souffla-t-il.

Il me tourna le dos et sauta par-dessus la fenêtre.

-Itachi, s'il-te-plaît! dis-je en m'avançant pour le rattraper.

Mais une main entoura mon poignet, m'empêchant de le rejoindre.

-Laisse-le réfléchir, Elyna, me conseilla Sasuke.

D'un signe de tête il m'enjoigna de le suivre. Nous sortîmes du bureau de l'Hokage et marchâmes ensemble dans la nuit fraîche, sans discuter. Mes yeux étaient concentrés sur le sol, j'avais pensé qu'Itachi aurait été de mon côté, mais je secouais la tête. Je soupirai, le coeur en miette de le savoir en colère contre moi.

-Il n'est pas en colère, me dit Sasuke, il est juste inquiet, et se sent pour la première fois complètement démuni. Malgré toute la force qu'il a, il ne peut pas protéger la femme qu'il aime de cette guerre. Enfin,c'est ce que je ressentirai si ça arrivait à Sakura...

Je m'arrêtai de marcher et il fit de même. Si Itachi serait partit à la guerre...j'aurai très mal réagit, et soit j'aurai tout fait pour venir avec lui soit j' laurai séquestré. C'est vrai que je n'avais pas vue la situation sous cet angle.

-Laisse-moi te raconter une histoire, enfin, une petite car je ne suis pas un grand orateur. As-tu entendu parler de la Troisième Grande Guerre des Ninjas?

Je hochai la tête tandis que nous reprîmes notre marche.

-Itachi avait quatre ou cinq ans cette année-là, et il a été traumatisé par l'horreur de la guerre. Ne sois pas étonnée qu'il réagisse aussi violemment, c'est une de ces plus grandes peurs qui devient réalité en ce moment même. C'est un très grand pacifiste au fond de lui.

-Tout s'explique, murmurai-je en regardant le ciel.

-Voilà, on est chez toi, me dit-il en s'arrêtant.

-Sasuke, tu diras aux autres que je n'aie pas pu leur dire au revoir car je n'avais pas assez de temps, d'accord? Et qu'ils vont me manquer.

-Et toi fais en sorte de rester en vie... tu sais que ça le détruirai, hein? Tu le sais?

-Oui Sasuke...merci.

Il hocha la tête et je rentrai chez moi pour me préparer. Je pris une douche rapide, m'habillai avec une tenue que j'avais rarement mise: celle avec un simple pantalon noir, avec un t-shirt manche longue lui aussi noir et un blouson sans manche vert. Je rangeai le bandeau de Konoha dans un de mes tiroirs et sortit celui d'Aoki que je n'avais jamais mit. Je l'enroulai autour de mon front, et me fis la réfléxion que je préférai celui de Konoha.

Je soupirai et enroulai ma sacoche avec mes armes autour de mes hanches, et mis une autre sacoche autour de ma cuisse.

Je me regardai dans la glace et trouvai que ça ne m'allait pas du tout, de toute façon je me sentais vraiment mal-à-l'aise.

Un éclat doré attira mon attention sur mon bureau. Je m'approchai et découvris la chaîne que m'avait offert Itachi pour nos six mois, que je n'avais d'ailleurs jamais remise depuis qu'il y avait eu cet épisode fâcheux avec Yumi. Je souris et le mis autour de mon cou, me disant que c'était le bon moment pour le revêtir.

Je me regardai une dernière fois dans la glace, bougeant bizarrement pour m'habituer à mes vetêments et m'en allai. Il était temps que j'aille m'expliquer avec l'aîné des Uchiha, je n'allai pas partir en guerre sans que ce ne soit clair entre nous.

En arrivant, je vis la fenêtre de sa chambre grande ouverte mais décidai de passer par la porte d'entrée, car je ne savais pas trop quel était son humeur. Je toquai à celle-ci, entendit quelqu'un dévaler les escaliers et l'ouvrir.

Comme d'habitude, j'avais l'impression de chavirer rien qu'en le voyant. Ma gorge se serra lorsque je me fis la réflexion que c'était peut-être la dernière fois. Nous nous regardâmes quelques instants sans parler et je décidai de faire le premier pas.

-Sasuke m'a tout dit et je comprends parfaitement ce que tu ressens. Mais cela ne me fera pas changer d'avis: je dois y aller, peu importe ce que tu en penses, balbutiai-je.

-Il y a des choses que je ne sais pas, hein? dit-il tristement.

-Exact, soupirai-je.

-Et tu ne veux pas me les dire.

-Je ne peux pas te les dire, rectifiai-je, juste... fais-moi confiance.

Son regard devint plus doux, puis ses bras m'entourèrent et me poussèrent contre son corps. Je le serrai fort contre moi, ayant peur que ce soit la dernière fois.

-Je t'enverrai des messages quand je pourrai par Neko-chan, d'accord?

-Je les attendrai avec impatiente. Prends soin de toi, et pense à ta vie avant tout. Ces villages ne méritent pas que tu te sacrifies pour eux, souffla-t-il.

-Merci pour tout.

-Pour quoi?

-Pour m'aimer.

Nos lèvres se posèrent l'une contre l'autre dans une étreinte douce et voluptueuse.

Nous nous séparâmes et je partis rejoindre Kazami et Misaishi.


-En rang et plus vite que ça!

Je plissai une nouvelle fois mes yeux et fusillai du regard un de nos supérieurs. Il pouvait continuer à hurler cette phrase autant de fois qu'il le voulait, on ne pouvait pas aller plus vite que la queue. La file indienne bougea quelque peu, et je fis un pas en avant. Je regardai les personnes qui m'entouraient et remarquai que nous étions extrêmement jeune, on était pour la plupart encore que des adolescents.

Je levai mon regard vers le ciel et remarquai que celui-ci, qui au début était chargé de nuages gris, devenait de plus en plus noir ce qui ne présageait rien de bon.

Je tournai ensuite mes yeux vers le campement. Des cinquantaines de tentes étaient plantés, certaines réservés pour dormir, d'autres pour être soigner et d'autres pour manger. Bref, j'allai avoir un niveau de confort assez faible d'ici les prochaines semaines, adieu les douches chaudes. Notre campement était entouré par l'immensité de la forêt ou la plupart des combats se déroulaient, enfin, c'était ce que Kazami m'avait rapidement raconté avant de partir pour régler des affaires avec Masaishi. Cette forêt, apparament, avait été naturellement la frontière entre Aoki et les Chi, elle était donc remplit de pièges en tout genre et surtout d'ennemis armés jusqu'au dent qui n'attendaient qu'une chose: nous tuer.

-A ton tour, et arrête d'être dans la lune! hurla une nouvelle fois le capitaine.

J'eus un petit sursaut lorsque je remarquai que c'était à moi qu il s'addressait, bafouillai quelques excuses et rentrai dans la tente.

Un homme, d'une soixantaine d'année, était assis sur un tabouret et feuilletai plusieurs papiers.

-Tu es Elyna Aoki c'est ça?

-Comment le savez-vous?

-Tu n'as pas besoin de le savoir, grogna-t-il en me regardant de haut en bas. Oh, comme ça Konoha nous ammène de la chair fraîche? Etonnant de la part de ce village qui traite ses ninjas comme des humains, cracha-t-il.

Je ne relevai pas sa pique et le défiai du regard.

-Allez assieds-toi là, dit-il en mettant un tabouret en face de lui, je vais éviter d'être méchant avec toi, tu es déjà assez dépaysé comme ça.

Je m'assis sur le tabouret et attendit patiemment qu'il daigne me dire pourquoi j'étais là, comme il était occupé à remplir quelque chose dans ces papiers.

-Bien, alors pour toi ce sera le 01-09-12.

-Hein?

-Oh, tu n'es pas au courant? gloussa-t-il, alors pour ta gouverne, nous te tatouons un numéro sur ta cheville qui nous permettra de te reconnaître si tu tombes sur le champ de bataille.

-Ah, bafouillai-je en avalant ma salive bruyamment.

-Bienvenue dans la réalité. Enlève ta chaussure.

Je l'enlevai et regardai le vieil homme bêtement, ne me sentant pas à ma place et ne sachant pas quoi faire. Il me fit signe de me lever, ce que je fis, et je compris enfin qu'il fallait que je pose mon pied sur le tabouret.

Il prépara son matériel et je commençai à paniqué. Je le vis triturer une drôle de machine, préparer une aiguille qu'il accrocha à celle-ci, et à faire rentrer de l'encre noir dedans. Puis, sans prévenir il débuta mon tatouage ce qui m'arracha une grimace de douleur. Merde, je ne pensais pas que ça ferait si mal, j'avais l'impression que des milliers de piques s'amusaient à faire des troues dans ma peau et à l'écarter.

Néanmoins, je décidai de rester forte et courageuse, et mon visage revêtit difficilement un masque de mutisme. Plusieurs fois il aspergeait ce que je pensais être de l'eau sur mon tatouage, passait un torchon sale sur ma cheville pour l'enlever et reprenait son travail.

-C'est finit, dit-il au bout dune dizaime de minutes, tu peux y aller. Ah, attends.

Il mit de la crème sur une compresse qu'il étala sur ma cheville et regarda son travail avec circonspection.

-Ouais, il est un peu de travers, mais de toute façon on ne me demande pas de l'art. Allez gamine, déguerpis, et essaye de ne pas te faire tuer par les Chi!

Encore perdue, je remis vite fait ma chaussure et sortis de la tente en boitant un petit peu.

Je me mis sur le côté de la tente, m'éloignant de l'agitation du camp et regardai vite fait mon tatouage.

-Putain il est horrible, grognai-je, et ça fait mal merde!

Je regardai autour de moi et vis d'autres jeunes boitillant, et me fis la réflexion que la beautée de l'histoire était que je n'étais pas toute seule.

Maugréant d'autres injures dans ma barbe, j'allai à la tente suivante ou se déroulait une réunion pour les jeunes recrues, pour nous expliquer comment ça allait se passer et le rôle que nous allions avoir. Etant l'une des dernières je restai debout, au fond, alors que tout les autres étaient assis. A l'autre bout de la tente se trouvait ma tante, avec Miasaishi et d'autres généraux, sûrement là pour faire bonne figure, et aussi pour nous effrayer un peu histoire de nous rappeler que nous étions en guerre et non en train de jouer.

Ils attendirent quelques instants, le visage dure et ferme, et ma tante s'avança, nous signifiant qu'elle allait bientôt parler.

-Jeune shinobi, débuta-t-elle d'une voix forte et grave, l'heure est grave. La guerre froide que nous entretenions depuis plusieurs années avec les Chi n'est plus depuis que nous avons retrouvé, il y a de cela quatre jour, les corps de six valeureux soldats. Ce massacre est impardonnable et nous ne pouvons accepter un tel déchaînement de haine. C'est pourquoi aujourd'hui, oui mes enfants, aujourd'hui nous allons nous battre contre ces ennemis, qui sans aucun scrupule tuent nos parents, nos enfants, nos amis!

Elle marqua une pause durant laquelle les shinobis crièrent, hurlèrent et tapèrent dans leur main. Sauf moi. J'étais tranquille, au fond, regardant avec un oeil critique ce qui se déroulait en face de moi.

-Mes très chères amis, il est l'heure de nous réveiller, et de montrer à ces Chi ce que valent des Aoki en colère! Ils vont connaître la rage de l'invisibilité! La rage de ceux qui veulent vivre! Et c'est à vous, les jeunes, de prendre votre avenir en main et de vous battre pour votre liberté et la paix de vos futurs enfants!

Nouvelle pause, nouveaux applaudissements. Mais cette fois-ci, certains c'étaient levés de leur chaise, un sourire de tueur écartelant leur visage, prêt à se battre et à tuer.

Le regard de Kazami se posa sur moi, et quelques secondes plus tard celui de Masaishi aussi. Je compris tout de suite qu'ils savaient ce que je pensais de tout ça et que, dans mon for intérieur, les critiques fusaient. Quelle était belle, la manipulation de masse! La haine était le meilleur moyen d'emmener leurs soldats au combat, apparemment.

Le regard de Kazami revint sur les jeunes shinobis et elle mit ses mains en avant, demandant le calme.

-Maintenant que vous êtres prêts à vous battre, allez à la prochaine tente ou d'autres shinobis vous diront dans quelle division vous serez affectés et quel sera votre rôle. Bonne chance à tous!

Il y eut des nouveaux hurlements, et les plus impatients se précipitèrent à la prochaine tente.

Cet été, j'avais eu le droit à un cours d'histoire sur nos armées, leur formation et tout le reste. Les guerres se passaient à peu près ainsi dans le monde des Shinobi: il y avait, tout d'abord, les unités de collecte d'information, les unités de traqueurs, l'unité d'embuscade et l'unité d'assistance médicale. Pour sûr, je n'allais pas être affecté à l'unité d'assistance médicale car je n'avais aucun talent dans ce domaine. Je ne pouvais être à la collecte d'information car je ne m'étais pas spécialisé dans l'espionnage, ni dans l'unité de traqueur car je n'avais pas de grande capacités sensorielles. Certes, elles étaient développés, mais ce n'était pas extraordinaire. Par contre, je pouvais très bien être dans l'unité d'embuscade: je me déplacais vite, discrètement et savait très bien prendre par surprise mes ennemies. L'unité d'embuscade était peut-être celle où on avait le plus de chance de perdre la vie: on était les premiers sur les lieux, et les autres divisions pouvaient mettre du temps à arriver.

Ensuite, les autres ninjas étaient affectés à des divisions, spécialisés à moyenne distance ou autre, mais leurs fonctions pouvaient très bien changer si on avait besoin d'eux autre part.

Malheureusement, je fus l'une des premières dans la tente par je ne sais quel miracle. Je m'avançais vers un shinobi qui tenait un calpin ou était écrit tous les noms et prénoms ainsi que notre affectation.

-Elyna Aoki, lui dis-je, m'attendant au pire.

-Troisième division.

Ma langue claqua contre mon palet tandis que je méloignai. Bon, je n'étais pas en première ligne mais le support de l'unité d'embuscade. Enfin, je crois. Zut, je n'étais même pas sûr de ça, les divisions étant différentes en fonction des villages, et là je m'appuyais sur mes connaissances de Konoha. Mon regarde chercha quelqu'un pour me renseigner, mais malheureusement c'était la cohue total.

-Toi aussi tu es en Troisième Division? me demanda une jeune fille en s'avançant vers moi.

Je la détaillai rapidement du regard. Elle avait de longs cheveux roux flambloyants et bouclés, de grands yeux bleus mais était très petite. Elle était habillé comme tout le monde, mais un signe physique la distinguait des autres: une longue cicatrice démarrait de dessous son oeil gauche et prenait fin près de son oreille.

-Oui, je suis Elyna Aoki, me présentais-je.

-Ah, on a Konoha dans nos rangs! Il y a moins de risques que l'on perde, alors, s'extasia-t-elle. Oh pardon, j'oubliais, je m'appelle Risa: heureuse de te rencontrer.

Nous nous serrâmes les mains, et je sentis que derrière ce corps frêle se cachait une détermination sans faille.

-Hey, Kento, viens par là, elle aussi est dans la Troisième Division!

Un jeune homme, plus vieux que nous, se placa à ses côtés.

-C'est Elyna, continua Risa, tu sais de Konoha! Il y a moins de risques que l'on perde, hein!

-Sans doute, répondit le jeune homme, peu convaincu.

Il avait des cheveux noirs, coupé court, des petits yeux bleus, ce qui lui donnait un regard de fouine, et avait à peu près ma taille. Sans peau était blanche et sans aucune impuretés, de quoi faire rougir Ino.

-Dis-moi, quelle est la fonction de la troisième Division ici? Car j'ai peur de confondre avec Konoha, m'expliquai-je, gênée.

-Ah, on est le support de l'unité d'embuscade, on doit les aider dès qu'ils sont en sous-nombre, ce qui fait que l'on est jamais très loin d'eux. D'ailleurs, on va sûrement bientôt être appeler, j'ai vue partir un groupe il y a de cela une demie-heure, s'excita Risa.

-TROISIEME DIVISION, hurla un des généraux, JE VOUS VEUX A LA SORTIE DU CAMP MAINTENANT, VOUS ALLEZ REJOINDRE L'UNITE D'EMBUSCADE NUMERO CINQ!

-J'ai toujours le nez aussi fin, rigola la jeune fille.

Une dizaines de jeunes sortirent de la tente et je suivis Risa et Kento, ne sachant pas ou étais la sortie du camp. Très vite, nous rejoingnîmes un groupe d'une trentaine de ninja. Ceux-là étaient beaucoup plus vieux et on voyait tout de suite qu'ils étaient très expérimentées et qu'ils avaient l'habitude de ce genre de manoeuvre.

Quelque peu écarté et en face de nous se trouvait un homme d'une quarantaine d'année, le visage dure. Il avait les yeux bleux, comme tout le monde ici, mais ces cheveux bruns étaient attachés en un chignon ce qui lui donnait un air assez féminin. D'ailleurs, il avait en corps assez androgyne, mais on ne pouvait se tromper sur son sexe car il n'avait pas de poitrine.

-Bien, nous voilà les bleus alors, gloussa-t-il en nous regardant, bon les jeunes je ne vous dirai cela qu'une fois alors retenez-bien: la guerre ça craint, alors si j'en vois un qui traine la patte, il retournera dans les jupes de sa mère, d'accord? Pas de poule mouillé dans la Troisième Division.

Nous hochâmes la tête, conscient de ce qui nous attendait.

-Bon, l'unité d'embuscade numéro cinq se retrouve en sous-nombre face à l'ennemie alors on va aller l'appuyer. Elle se trouve à la lisière ouest de la forêt, c'est PARTI! hurla-t-il en se rendant invisible.

Nous fîmes tous de même sans aucune hésitation. Nous courûmes à une vitesse déconcertante, mais je tenais la route sans aucun problème. Nous nous enfoncâmes dans la forêt, certains courant au sol, d'autres préférant sauter de branche en branche, mais nous ne nous séparions pas ni ne nous éloignions de notre chef.

Bientôt, des bruits de combat se firent entendre et j'eus un petit moment de panique intérieur en essayant de me rappeler quelles étaient les techniques des Chi.

La particularité des Chi était le contrôle du sang, nous étions invisible et pour la plus grande partie des ninjas complètement indétectables. Mais pas pour les Chi: eux pouvait sentir notre sang, même si nous n'avions pas de blessures, sur un rayon de plusieurs kilomètres. Alors pour eux, lorsque nous étions invisibles, il nous voyait. Voilà pourquoi je savais déjà que lorsque nous arriverions sur le champ de bataille nous nous rendrions visibles car sinon ce serait du gâchis total de chakra.

Après avoir fait un petit récapitulatif de leurs techniques dans mon esprit, je sortis un kunai que je logeai dans le creux de ma main.

Brusquement, la forêt prit fin laissant place à une plaine ou se déroulait la réfléchir, je me rendis visible et lançai mon kunai qui attérit dans l'épaule d'un Chi, qui plus tôt avait enfoncé son épée dans le ventre d'un Aoki. Il eut un hurlement d'horreur et lorsque je passai derrière lui je l'assomai pour le mettre une bonne fois pour toute hors d'état de nuire.

Une énergie que j'avais sentie pour la dernière fois lorsque je m'étais battu contre Yumi refit son apparition. Cette sauvagerie, cette envie de tout faire pour rester en vie fit irruption dans mon esprit, dans mes veines, dans mon souffle. Une seule chose courrait dans mon esprit: ne crève pas, et tu retrouveras Itachi.

J'avançai encore, prit un Chi par son manteau et le balançai sur un autre, mettant deux d'un seul coup hors d'état de nuire. Merci Sakura pour tes cours sur la concentration du chakra!

Je vis du coin de l'oeil une boule de feu prendre forme et se diriger vers moi. Rapidement je fis les signes et hurlai:

-Katon, Gokakyu no jutsu!

Je pris une grande inspiration, malaxai mon chakra comme Itachi me l'avait appris, et contra l'attaque de mon assaillant. Nos deux attaques se rencontrèrent de plein fouet, créant une telle vague de chaleur que les ninjas aux alentours durent s'éloigner. Nous restâmes assez longtemps avec nos Katon enclenchés, puis simultanément nous les stoppâmes, à bout de souffle.

Nous courûmes l'un vers l'autre et débutâmes un taijutsu assez féroce. J'arrêtai son poing, lançai ma jambe qu'il contra avec son coude et nous nous écartâmes pour reprendre des forces. Merde, celui-là était vraiment coriace.

Malheureusement, je ne pouvais user de ma Technique de Transpercement avec les Chi, car si leurs doigts rentraient en contact avec ma chair, ils pourraient couper ma circulation sanguine et ainsi me mener à la mort. Voilà pourquoi se battre avec un Chi était une perte de temps: l'issue ne pouvait être qu'un match nul, sauf si l'on utilisait des techniques n'ayant aucun lien avec nos techniques héréditaires. Et voilà ce que j'allais faire: utiliser une technique secrète, de mon propre cru et que j'avais mise au point lorsque m'entraînait mon père il y a presque de cela un an.

Je sortis quatre kunai de mes poches et les lancèrent retrospéctivement au nord, sud, est et ouest. Mon ennemi me regarda étrangement et écarquilla les yeux de terreur lorsqu'il remarqua qu'il ne pouvait plus bouger. Sûre de mon avantage, je m'avançai, rentrai dans le cercle qu'avait créée mes kunais et l'assomai aussi simplement que le shinobi précédent. Je ne pouvais me résoudre à le tuer.

Ensuite, calmement, je repris mes kunais, les remis dans ma poche et regardai le combat autour de moi.

C'était un vraie boucherie. Pendant que moi, je m'étais battue et coupé du reste du monde, d'autres étaient morts ou étaient en train d'agoniser à terre. Je voyais vite ce que provoquait comme blessure la technique des Shi: plusieurs shinobis n'avaient plus de bras, de jambes ou étaient au sol avec une expression de pur frayeur sur le visage avec du sang s'écoulant par les lèvres. Voilà ce que provoquait leur technique de contrôle de sang: ils provoquaient une pression tel dans le membre que celui-ci éclatait tout simplement.

Naturellement, ce genre de choses ne devaient pas arriver, mais les Chi utilisaient un autre jutsu qui faisait donc éclater nos membres. Car couper la circulation sanguine pourrait provoquer des fourmillements ou certes la perte d'un membre, mais celui-ci ne devrait pas se décrocher de notre corps.

Alors que je me mordais la lèvre de frustration, j'entendis un shinobi crier:

-CHI, REPLIEZ-VOUS!

Je soupirai de soulagement, me disant que ça au moins c'était finit.

Les ninjas déguerpirent et nous ne partîmes pas à leur poursuite. Il fallait que l'on s'occupe de nos blessés et de nos morts.

-Portez les blessés légers au campement, ils auront les soins nécessaires là-haut. Pour les blessés graves et les morts, une équipe médicale va bientôt arriver, nous informa-t-il.

Nous hochâmes la tête et fîmes le tour du champ de bataille pour repérer ceux que nous devions porter ou laisser ici. Lorsque l'équipe médicale arriva, quelques ninjas restèrent sur place pour surveillez si les Chi ne revenaient pas, mais moi je décidai de retourner au campement. J'étais un peu choquée, un peu perdu, et je ressentais une envie irrépressible d'écrire à mes parents et à Itachi, de leur conter cette journée, même si je ne m'en sentais pas vraiment capable.

Arrivée au campement, je me rendis dans le coin ou les tentes étaient réservés pour dormir ou se reposer, et me rendis au registre pour voir à quelle tente et lit j'étais assigné. Je rentrai dans l'une d'elle et eut le plaisir de voir que j'étais toute seule. Il y avait des lits en hauteur, au nombre de quatre. Je m'assis sur le lit du bas, de préférence le plus éloigné, et sortis une lettre et une plume de mon sac-à-dos.

J'écrivis d'abord à mes parents, leur disant que j'allais bien. Néanmoins, ma main tremblait et je sentais les larmes monter à mes yeux et par je ne sais quel miracle je réussis à la finir.

Mais lorsque je dus écrire celle à Itachi, je restai plusieurs instants à me demander comment je devais la commencer. Par "mon amour"? Ou "mon coeur"? Ou peut-être tout simplement "Itachi"?. Alors que je débatais intérieurement sur comment débuter ma lettre, une larme roula sur ma joue et s'écrasa sur le papier. Puis une deuxième, une troisième jusqu'à temps que je ne pus plus rien contrôler et qu'une multitude de perles glacées s'écrasèrent au sol.