Versailles Drabble :

Un petit frère

Note de l'auteure : Bonjour à tous et me voici de retour après tout ce temps avec une réserve pleine de drabbles non posté et pleins d'idées ! Bon, je vais vous faire un topo. Pour ceux qui suivent Maastricht : Le prochain chapitre est écrit et il va se réveiller pour vous sur la Fanfiction en question car comme je l'ai déjà dit, pour ceux qui veulent la suite ce n'est plus sur Versailles Drabble mais bien sur Maastricht. La suite des aventures de Marie Louise arrive bientôt et ce sera surement tout chaud. Sinon j'ai de petits drabbles qui traînent par-ci par là et qui attendent d'être postés. Je n'ai pas oublié l'idée de la Fanfiction Game of Thrones et personnages de Versailles, c'est juste que… C'est ultra compliqué à mettre en place. Sinon, une amie me fait faire plein de défi OTP et je dois en avoir une bonne dizaine. Dites-moi si vous voulez que je leur face une petite place dans une autre rubrique. Encore désolé pour mes longs mois d'absences. Je n'ai pas chaumé pour autant et suis bien décidée à tout reprendre. Pour repartir en douceur, voici un drabble tout mignon entre frères.

Son enfance, il en avait des souvenirs… Pleins de souvenirs de jeux, de rencontres, d'aventures, de règles à respecter. Mais il y avait un souvenir qui surpassait tout les autres, un souvenir qu'il ne devrait pas avoir tant il était jeune pour commencer à avoir des images en tête. Pourtant celles-là il ne pouvait les oublier, il les chérissait bien trop. Comme si l'on avait troublé l'eau l'image se distordait et floutait un peu autour de la scène mais il s'en fichait. La petite bouille du bébé qui se débattait dans ses linges blancs était intact, et voilà le plus important.

On lui avait dit, regarde Louis, c'est ton petit frère et il s'appel Philippe. Puis la nourrice l'avait attrapé et couché. À partir de là il ne se souvenait plus de rien et c'est ce qui le chagrinait. Il ne se souvenait plus des premiers pas ou premiers mots de son frère. Il ne se souvenait plus des ses crises d'enfants pour le lait ni des nuits qu'il ne faisait pas. Pourtant, il aurait pu en avoir de ces souvenirs là. Le petit dormait dans sa chambre et d'après ces nourrices de l'époque il dormait même avec. Surement lors de mauvais rêve allait-il chercher le nouveau né. Il savait qu'il avait toujours eu une bonne motricité mais tout de même… À cette époque il avait deux ans… Un nouveau né dans ses bras, ça aurait pu être dangereux… Pour ce passage là il était persuadé que s'il avait dormit avec Philippe bébé c'était parce que les nourrices l'avaient mis dans le lit à sa demande.

En réalité, Louis se souvenait un peu plus des deux ans de son frère. On dit qu'à partir de quatre ans, les images restent, s'en vont la plupart du temps mais qu'elles commencent à faire place. C'était surement pour ça qu'il se souvenait de la bouillie qu'il reçu sur la joue après en avoir envoyé ainsi que de l'urine qu'il reçu au visage et qu'il avait lui aussi lancé. Ce jour là il s'en souvient bien, c'était la première fois qu'on eut puni son cadet, pourtant il était tellement petit et ne se rendait pas compte de ce qu'il faisait. C'est ce jour là qu'il comprit à quel point la situation était injuste entre lui et son frère. Mais il ne dit rien, après tout pourquoi s'en plaindre. On était entrain de lui apprendre dans sa tête d'enfant que c'était légitime.

Plus tard il apprit que son père était malade et l'on continua à habiller Philippe en jolie petite fille. Il se souvenait d'avoir demandé à sa mère pourquoi depuis que son frère était tout bébé, on l'habillait ainsi. On lui inculqua donc la différence entre les hommes et les femmes. Mais on le rassura en lui disant que l'on rendait juste Philippe docile pour que plus tard il soit gentil. On lui transmit donc la peur car on l'instruit sur les crimes de son oncle la même année de son début de règne. Il avait cinq ans.

Des souvenirs moins flous le berçaient. Ceux de ses huit ans. Philippe en avait six et bon dieu ce qu'il était crédule et naïf à cet âge là. Mais ce qu'il était mignon. Partout où il allait, Philippe suivait sur ses petites jambes qui avaient du mal à le faire courir. Louis lui apprit tout. Monter dans les arbres, poursuivre les poules, se sauver des gouvernantes et nourrices, se cacher dans les buissons pour se remplir les cheveux de feuilles et de terre. Il le faisait se salir, à cause de Louis, la robe du cadet était sans cesse déchirée et sale. Alors il se faisait gronder. Un jour, alors qu'il venait chercher le plus jeune pour jouer, Louis avait observé une scène qu'il n'aurait pas voulu connaître. Son petit frère se prendre une gifle et pleurer en se tenant la joue. Leur mère lui hurlait dessus en lui interdisant d'encore gâcher ses vêtements. Ce à quoi le petit répliqua du haut de sa demi-douzaine d'année qu'elle n'avait qu'à l'habiller comme tout les petits garçons et qu'il voulait passer du temps avec son ainé. Louis partit en courant alors qu'une gouvernante passait. Il ne voulait pas qu'il le voit espionner. Il ne sut comment l'argumentaire finit mais le lendemain, le petit brun toujours en robe fut interdit de jeu à l'extérieure avec son frère. Dedans oui mais dehors non. Alors, pendant deux ans, Louis joua seul dans la forêt pendant que Philippe était forcé de jouer avec un petit garçon habillé comme lui. Parce qu'il ne voulait laisser ça faire, le petit roi passa la plupart de ses journées ensoleillées caché du monde extérieur dans sa chambre, seul lieu où il pouvait jouer avec son petit frère, racontant à celui-ci des milliers d'histoires avec des cubes en bois et de fausses armes du même matériau.

Dix ans, le voilà qu'il galopait sur son premier cheval attitré et comme il avait fait un caprice pour lui, Philippe maintenant en pantalon, filait comme le vent, doublant son ainé en riant ce qui amusait Louis à sa suite. Ces années firent parti des plus belles. Des courses à n'en plus finir, un petit frère grandissant avec deux ans de plus que son âge car il devait tout faire en même temps que Louis. Enfin bon, il n'allait pas se plaindre il adorait ça. Le temps passa et bientôt ils durent rencontrer d'autres personnes. Henriette arriva dans leur vie. Le petit Philippe de dix ans vit pour la première fois sans le savoir, sa première femme et mère de ses deux filles.

Ils ne l'accueillirent pas très bien car les filles ne peuvent pas jouer avec les garçons. Mais il se trouvait que l'enfant savait se défendre. Aussi, alors qu'ils voulurent la semer, elle passa son temps à les devancer, faisant le plus gros travail possible pour pouvoir les suivre. Elle se fit accepter dans le duo qui se transforma lorsqu'elle atteint leur branche dans le grand chêne. À cette suite, une grande aventure contre les espagnols commença avec pour chacun des armes de bois fait avec des branches. Henriette elle aussi jouait un soldat, tant pis pour sa féminité ils feraient avec. Ils coururent dans la forêt se fichant de loups ou d'ours éventuels, défendant un fort qui se trouvait être une simple grotte faite de mousse. À corps perdu ils se lancèrent dans la bataille et réussirent tout trois à vaincre. Louis gagna son fort et ses deux compatriotes l'acclamèrent comme leur héros. Pour toute récompense, Henriette lui offrit une magnifique Topaze qu'elle avait trouvée dans l'eau. Tout se passait merveilleusement bien à cette époque. Alors…

À quel moment tout avait basculé ?

Ils avaient grandi. Louis à ses seize ans s'intéressa à la gente féminine, laissant son frère et les jeux de côté pour approcher de plus près ce qui lui était jusqu'à présent interdit. Peut-être avait-il trop abusé, après tout pour que sa mère en vienne à mettre des barreaux à ses fenêtres… Il se souvint être passé par celle de son frère et d'avoir toujours mit celui-ci dans ses combines… Et qu'avait fait le petit frère ? Il accepta de l'aider, de surveiller le soir lors de ses heures de sommeil couloirs et chambres pour ne pas que son frère se fasse prendre et il accepta de se faire gronder à sa place. Durant les deux premières années de son adolescence il se sacrifia pour son ainé.

Une nuit, la porte de Philippe fut fermée, seul les bruits de ceux qui sont agréablement occupés se faisaient entendre. Louis n'était pas rentré et pour une fois il rejoignit son amante du soir par la porte. Sans le savoir ce soir là, il venait plus ou moins d'assister au changement total de son petit frère. De toute façon, même s'il l'avait su il n'aurait rien fait, il l'aurait laissé faire ses armes tout seul. Le matin il vint le retrouver. Il était seul et paisiblement endormit. Évidemment, Louis s'en fichait et s'assit sur le lit pour attendre qu'il se réveil. Il se souvient avoir toujours apprécié le voir tranquille et reposer, il ressemblait toujours au bébé qu'il fut été dans son sommeil. Lorsque le brun se réveilla, Louis se releva pour ne pas qu'il le trouve assis sur son lit. Philippe encore dans la brume se redressa et c'est à ce moment là que les langues se délièrent. Louis lui apprit qu'il voulu passer par sa fenêtre et le brun rougit, détournant la tête. Il semblait nerveux. L'ainé rit en lui disant que c'était naturel et qu'il voulait savoir. Peut-être était-ce à ce moment là que l'ainé n'aurait pas dû lui hurler son pêché dessus. Peut-être était-ce à ce moment précis qu'il aurait dû se comporter en grand frère et le rassurer au lieu d'être d'accord avec lui en ce qui concerne le non salut de son âme. Peut-être aurait-il dû s'asseoir et l'écouter pour le rassurer. Peut-être aurait-il dû lui caresser le dos et lui sourire… Lui demander de lui raconter de la même façon qu'il aurait demandé à un bon ami comment s'est passé ses nuits de noces avec une magnifique femme… Mais il ne l'avait pas fait. Philippe a surement dû perdre confiance en son frère à ce moment là. Ce petit frère qui avait inquiété l'ainé mais qui prit d'une confiance aveugle en lui n'a pas lutté une seule seconde avant d'avouer ses préférences masculines.

Louis ne lui avait plus parlé pendant trois bonnes semaines. Pourquoi avait-il fait ça ? En réalité c'est ce qui avait renfermé son petit frère encore plus qu'avant. Peut-être que s'il était revenu durant ces trois semaines, beaucoup de choses se seraient arrangées entre eux. Enfin, c'est ce qu'il comprit trop tard dans son lit alors que la fièvre le rongeait. On toqua à la porte, ce qui l'obligea à élever la voix. La petite frimousse timide de Philippe se fit voir et inquiet il entra, refermant bien la porte derrière lui. Il s'avança sous l'œil surpris mais heureux de Louis qui lui fit une petite place, le voulant au plus proche de lui. Le brun étonné s'assit et regarda ses propres mains, laissant l'honneur à Louis pour commencer à parler. L'ainé lui sourit et lui demanda comment il allait, ce qu'il faisait en ce moment, il lui demanda aussi voulant être amusé si ce n'était pas trop dur d'être le prince préféré ce qui le fit couiner mais rire légèrement ainsi que dire que ce n'était pas sa place. Louis eut les yeux brillants, se sentant touché. Alors son frère ne voulait ni du trône ni de sa mort. Il sourit chaudement. Puis, sans crier gare et comme réponse il fit lui aussi un pas en avant en lui demandant si son amant était toujours le même. Philippe écarquilla les yeux, ne voyant aucune moquerie il secoua la tête, méfiant. L'ainé hocha la tête et se mordit la lèvre, ne sachant s'il devait s'excuser, lui expliquer. Il ne put jamais le faire. Un médecin venait d'entrer en compagnie de la reine qui chassa le plus petit presque d'un coup de pied en laissant encore paraître son éternel déception par rapport au cadet. Louis se fit entendre mais tout le monde n'en avait rien à faire.

Le temps passa mais rien ne s'arrangea. La royauté le toucha de plein fouet et il n'eut plus l'opportunité d'en parler. Henriette revint dans leur vie et tout se déchira encore plus. Le Chevalier fit des siennes, la cassure fut encore plus forte. Un souvenir revenait… Au départ de la guerre, il lui dit qu'il serait fier de lui. Fier ? Oh oui il fut ! Il en fut même jaloux ! Mais il n'a surtout pas compris ce jour là ce que son frère voulu réellement lui dire, beaucoup trop fier de son statut royal. Ce qu'il fut bête ! Ne s'était-il jamais demandé pourquoi au lieu de lui faire la guerre Philippe s'était contenté de se protéger dans ses appartements ? Pourquoi même en sachant qu'il était l'amant de sa femme Philippe avait quand même toujours protégé ses arrières ? Par ce qu'il était son petit frère et qu'il se le devait ? Non. Seule une stupide fierté pouvait lui faire penser ça. Il ne s'est même pas posé la question de pourquoi Philippe n'était pas partit en Italie rejoindre son amant. Pourtant c'était évident. Peut-être le royaume de France aurait besoin de lui et un tout petit peu le roi aussi. Il ne s'était jamais demandé pourquoi Philippe avait accepté cette mission qui consistait à trouver l'espion alors que ça aurait pu briser une relation déjà bien fragile. Pour lui ce n'était pas une véritable histoire d'amour. Pourtant… Ce qu'il voyait ce soir était la preuve que cette histoire était bien réelle. Mais il réalisa aussi autre chose. Il réalisa que depuis tout ce temps, Philippe voulait juste le rendre fier, réparer cette déception qu'il lui a apporté à ses seize ans. Il voulait juste gagner sa confiance et sa fraternité. Mais lui comme Louis étaient bien trop maladroit car aucun ne sait réellement parler de lui ainsi que de ces sentiments. Encore faudrait-il que les deux se connaissent soi-même. Louis avait perdu son frère il y a longtemps. Un frère qui pensait l'avoir perdu et qui a toujours voulu le récupérer alors que lui avait déjà depuis longtemps oublié cette affaire. Il comprenait maintenant cette histoire. Ce souvenir que lui avait compté Philippe lors de l'agonie d'Henriette. Celle de la topaze. Il l'avait profondément déçu… Philipe tentait tout pour réparer les fautes qu'il pensait avoir commis alors qu'en face, Louis le décevait de plus en plus en prenant sa femme, en la laissant mourir, en jouant avec leurs vies, avec sa vie comme il pourrait le faire avec des pions. Pourtant, ce n'est pas ce qu'il voulait, ça n'a jamais été ce qu'il voulait.

En face de lui, Chevalier venait de se taire et Philippe, une balafre sur le nez, lui fit bien comprendre qu'il ne voulait pas être gentil.

« Ça t'aurais arrangé hein ? Que je meurs. Tu aurais pu en retirer toute la gloire. Et qu'aurais-tu marqué sur ma tombe ? A donné son cul pour la France. »

Il renifla de dégout et détourna le regard. Louis eut un sourire incontrôlé et se posta devant son frère. Au moins une fois encore il voulait l'embêter un peu. Après tout, c'était dans sa nature.

« Si jamais, tu me tournes le dos maintenant alors tu tournes le dos à la France. Tu ne pourras plus revenir. Il ne voulait pas le voir à nouveau partir. Il se perdrait sinon. Il écarta les bras. Je t'aime mon frère. »

Philippe parut hésitant et bien surpris mais il ne put s'empêcher de répondre à l'étreinte. Les deux frères partagèrent ce lien alors que le blond quittait discrètement la pièce. Il l'autorisa à partir à la guerre. Il parlerait avec Philippe à son retour. Il devait lui dire ce qu'il pensait depuis toutes ces années.

Le brun revint victorieux et Louis qui abandonnait sa carrière de vainqueur sur le champ de bataille, laissa la presse faire les louanges du brun.

Il vint le rejoindre dans ses appartements alors que visiblement, ce n'était pas le moment. Il aurait dû s'en douter en voyant Liselotte dans le couloir. Chevalier couina et se sépara du prince qui râla, puis s'en alla après avoir salué le roi. Louis le regarda partir puis sourit à son frère.

« Heureusement que je ne suis pas arrivé dix minutes plus tard. Au moins, Philippe eut un petit rire.

-Que veux-tu ?

-J'aimerais savoir s'il fait des cauchemars de moi. Tu l'entends prononcer mon nom la nuit alors qu'il tremble ? Rit Louis.

-Ne te moques pas. Tu représente une grande autorité pour lui. Tu sais qu'il t'étais reconnaissant de l'avoir laissé en vie ?

-J'espère bien. Je me disais bien qu'il avait aussi écrit l'étiquette. Il s'assit sur un fauteuil. Je vois que tu vas bien mon frère.

-Et toi que tu es bien tranquille. Répondit Philippe en s'asseyant.

-En effet.

-Oui je vais bien. J'ai un fils, ma femme est en pleine santé et remplie d'énergie alors qu'elle a depuis peu accouchée et Chevalier n'a pas fait de bêtises. Donc on peut dire que tout va bien. Mais tu ne viens pas pour ça ? Si ?

-En quelque sorte. Rit Louis. Je viens pour te connaître. Il le regarda.

-Me connaître ? Reprit Philippe en haussant un sourcil.

-Oui, te connaître. Ça fait longtemps… Que l'on ne s'est pas réellement parlé. Parles-moi de toi. Qu'as-tu vécu depuis tes seize ans ? Moi, ma vie et mes passions sont publiques. Mais les tiennent… Tu choisis celles qui vont être ou non vue. Alors raconte-moi. Que t'est-il arrivé depuis que nous nous sommes séparés ? »

Note de l'auteure : Tadaaaaaaaaa ! Finit ! Je suis de retour ! YAY ! Bon, dites-moi ce que vous en pensez ! Je vous naime mes lapins versaillais en guimauve doré et orange.