Cet OS a été écrit dans le cadre d'un défi d'écriture appelé « Nuit du Fof », vous trouverez un lien sur mon profil. Une nuit, en une heure, un thème, une histoire.

Bonne lecture

Miliampere

Une nouvelle vie

Il avait réussi.

Après des années de tentatives, d'engueulades et de réconciliations, de visites et de solitudes, de rires et de larmes, de joies et de déception, de rêves et de cauchemars, il était là, chez lui, dans sa nouvelle vie.

Ca avait commencé il y a longtemps, 7 ans, et pourtant dès fois il lui semblait qu'une seule année était passée.

Il avait quitté Pittsburgh, laissant derrière lui sa mère, sa sœur, Brian, Daphné, et tous ses amis, pour commencer une nouvelle vie dans une ville totalement inconnue.

Il se souvenait de ses débuts : une petite chambre chez une amie de Daphné, un boulot dans un café du quartier gay, un autre boulot dans une galerie un week-end sur deux, et une difficulté à joindre les deux bouts.

Et Brian, dont il refusait l'aide financière, faisait la route pour venir le voir, lui payait des restaurants de luxe et des outils de peintures d'une qualité incroyable.

« Il te faut du bon matériel pour faire du bon boulot ».

Ces premiers mois avaient été si durs. Il n'avait pas de chez lui, il ne perçait pas, il ne gagnait pas d'argent, il était seul…

Puis il avait saisi les opportunités : un concours de dessin qu'il avait remporté, une salle d'expo toute modeste qui l'avait remarqué, et un nouveau travail dans une entreprise d'art graphique.

Et surtout, un appart. Un chez lui. Pas grand, mais sans coloc, pour y accueillir qui il voulait.

Dans cette petite salle, il avait exposé pour la première fois, d'abord au milieu d'autres artistes, puis au bout d'un an sa première exposition solo. Il avait vendu ses premières toiles. Un prix risible quand on y pense, mais aujourd'hui encore il se souvenait de la joie, la fierté, et le triomphe qu'il avait ressenti quand le premier acheteur lui avait remis son chèque, et qu'il l'avait exhibé sous les yeux amusés de Brian.

Brian venait toujours au moins une fois à toutes ses expositions.

De sa première exposition solo, quatre ans après son arrivée à New-York, il en avait tiré une notoriété qu'il n'aurait pas crue aussi rapide. Une agente l'avait remarqué, un acheteur lui avait acheté trois toiles d'un coup, et il avait enfin pu mettre quatre zéros sur les prix de ses peintures.

Il avait alors cherché un nouveau chez lui. Mais un vrai cette fois. Un qui t'imposes un crédit sur vingt ans, qui un jour serait à lui, rien qu'à lui.

Ca a été une des plus grosses engueulades avec Brian. Mais une qu'il avait aimé, une mature, responsable, un problème d'adulte qu'ils avaient traité en adulte, et résolu tout aussi bien. Pas une de leur querelle sans fin, d'une autre époque.

Brian voulait payer la moitié du nouveau loft. Mais lui voulait, pour la première fois de sa vie se débrouiller seul, sans Brian pour le secourir et tout lui faciliter.

« Je veux vivre ici moi aussi ! »

Ca avait été, pour lui, la plus belle déclaration que Brian pouvait lui faire. Il lui avait avoué son désir d'avoir un avenir à deux, en couple, de créer quelque chose de vrai et de concret, de s'engager dans cette relation pas toujours si simple.

Alors Justin avait dit oui.

Et là, deux ans plus tard, il était dans un pull en soie fine d'une qualité qu'il n'aurait pas pu s'offrir à peine cinq ans auparavant, il regardait par l'immense fenêtre de son séjour la magnifique ville illuminait de New York. Dans un coin de son chez lui, un tableau magnifique attendait d'être livré à son nouvel acquéreur, pour une somme astronomique. Dans sa main, il tenait une coupe remplie d'un champagne d'une qualité rare.

Derrière lui, il entendait Brian approcher.

Mon ange ?

Les coups de feu d'artifice retentirent alors dans la ville. Les éclats de couleurs passaient à travers les fenêtres et illuminaient le visage de Brian.

Bonne année.

Et Justin lui rendit un sourire. Oui, c'était une bonne année. Et la nouvelle à venir serait surement tout aussi merveilleuse.