Merci les filles pour vos review! Je suis en retard pour la publication, conseils de classe oblige. Et en plus ce soir sur Gulli, il y a un film avec Martin Freeman ! Qui est prof !
Chapitre XXIX
S'engager
"Lucas..." tenta Béatrice pour le retenir.
Mais il lui tourna le dos comme autrefois et quitta la salle à manger devant les regards ébahis de tout le monde.
"Lucas ?" l'appela une nouvelle fois Béatrice "Lucas North !"
Pour toute réponse, la porte claqua. Tout le monde resta figé, pas sûr de comprendre ce qu'il se passait.
"Béa..."
Béatrice était à moitié levée, figée.
"Béa..."
"Je t'en prie, Sherlock. C'est pas le moment."
"Au contraire, Béatrice. C'est maintenant ou jamais. Tu sais comment est Thorin. Va lui remettre les pendules à l'heure. Ne refaites pas les mêmes erreurs qu'autrefois." lui conseilla le détective.
La journaliste regarda dubitativement son cousin.
"Tu veux que je lui cours après ?" s'étrangla-t-elle de colère et de tristesse "Alors que c'est la deuxième fois qu'il me repousse !"
"Ne sois pas conne Béa ! Lucas ne te repousse pas. Il fuit parce que c'est un mec et, parce qu'en bon mec, il a peur." expliqua Mary.
"Mais de quoi il a peur maintenant ? Punaise, je l'aime à m'en rendre malade. Il le sait et il s'amuse à me détruire. Pourquoi ?" cria la jeune femme au bord de la crise de nerfs
"Parce que ce qu'il y a de plus intolérable pour lui, c'est ta souffrance."répondit Mary
"Il n'y a que toi qui puisse rectifier le tir entre vous deux. Va le retrouver Béatrice." l'encouragea Molly en prenant la main de Sherlock.
Béatrice regarda un instant ses amis avant de se précipiter dehors.
"Pourquoi Lucas a-t-il réagi comme ça ?" s'étonna John
Ce fut Loki qui répondit:
"Parce qu'il reste hanté par son passé et ses erreurs. Il ne se croit pas la hauteur de ce qu'est devenu Bilbo."
"Les nains et leur égo." soupira Sherlock
En réponse, il reçut un coup de coude de la part de Molly et les regards réprobateurs du reste de la compagnie.
"Sherlock, quand on joue à la diva, on évite de critiquer." se contenta de dire Mary en finissant son verre.
"Oh ! Ca va hein!" râla le détective de mauvaise foi.
Eve, enlaçant ses doigts avec ceux de John sous la table tourna son regard vers la porte d'entrée par où le couple venait de disparaitre.
"J'espère que cela va s'arranger entre eux."murmura-t-elle
"Et moi j'espère qu'on va pouvoir mettre un terme à cette mission avant que leurs affaires de coeur ne nous pètent à la gueule." grogna Jaime en finissant son verre. "Y-a-t-il du dessert ?"
"Crème au café." répondit Bombur
"Bien. Et on débouche cette bouteille qu'ils soient là ou pas. On ne va pas se laisser emmerder à la fin !"
"Bien dit Patron!" approuvèrent Mitchell et Harry
Béatrice avait à peine pris le temps d'enfiler un gilet en laine qui traînait dans l'entrée. Elle referma la porte derrière elle. Même s'il s'était remis à neiger, les traces de pas de Lucas étaient encore clairement visibles. Elles menaient vers l'ancienne porcherie qui leur servait de stand de tir. Serrant contre elle les pans du vêtement tiède, elle marcha aussi vite que possible vers le bâtiment. Les flocons de neige s'accrochaient à ses boucles désordonnées, fondant à moitié. La chaleur qui l'avait encore entourée quand elle était sortie s'estompait rapidement. Son souffle, seul bruit qu'elle produisait dans cette atmosphère feutrée, formait des nuages de vapeur. Le froid anesthésiait ses pensées. Mais le souvenir de Thorin lui tournant le dos se rappelait à elle cruellement. Encore un souvenir qui revenait quand elle aurait préféré oublier. Lucas ne pouvait pas lui refaire la même chose. Il l'aimait. Il le lui avait dit. Il s'était battu pour le lui prouver. Et il allait maintenant tout gâcher. Si elle ne lui remettait pas les idées en place, ils allaient de nouveau se perdre. La guerre allait le lui prendre.
La guerre...Ravenhill...Le silence angoissant...Les cris...Fili sans vie...Thorin...Thorin...Dwalin qui criait, qui voulait aider mais qui était retenu pas leurs ennemis...Thorin...le sang! Oh ! Mahal ! Tout ce sang. La vie qui s'écoulait avec...le dernier sourire de Thorin, ses excuses, leur amour de nouveau renaissant mais si cruellement arraché, leur dernier baiser...et ce vide dans les yeux de Thorin qui faisait écho au propre vide dans son coeur...son dernier espoir détruit...
Ses genoux s'étaient dérobés. Elle reprit ses esprits au contact de la neige qui mouillait ses jeans bleus. Ses mains s'étaient d'elles-mêmes portées à sa bouche pour étouffer ses sanglots convulsifs. Son regard se porta vers la porcherie...Thorin...Lucas...comment pouvait-il seulement penser à la laisser en arrière de nouveau ?
Avec une grimace de douleur, elle se releva et clopina jusqu'au bâtiment.
Lucas revint à sa place après avoir changé sa feuille de tir. Il fallait qu'il se prépare mentalement. Il allait quitter Béatrice.
Définitivement.
Quand bien même son coeur et son âme appartenaient au maître-hobbit. Il avait cru pendant un moment que le bonheur était à leur portée.
Comme pour Marianne.
Il avait oublié que la vie qu'il menait était une vie sans espoir. Il n'était qu'un soldat. Sa femme n'aurait qu'une vie de souffrance, à devoir toujours attendre son retour jusqu'au jour où il ne reviendrait plus. Personne ne méritait cela et encore moins Bilbo qui méritait la nouvelle vie qu'elle menait, qui méritait de parcourir le monde, de vivre à l'abri du malheur et de la souffrance.
Qui méritait d'être libre.
Il referma le barillet de son arme. Il allait viser quand il sentit une perturbation de l'air autour de lui. Une détonation venait de retentir. Au coeur de son affiche apparut un trou. Il se retourna, en enlevant son casque après avoir abaissé son arme.
"Lucas North, je peux savoir ce qu'il te prend ?" lança Béatrice venimeuse.
Lucas se retourna et commença à ranger son arme.
"Qu'est-ce que tu viens faire ici, Béatrice ?" soupira-t-il
"Ça ne se voit pas : je suis venue tirer mon coup. Maintenant, je peux savoir pourquoi tu es parti plus vite que si tu avais un balrog aux fesses ?"
Elle ne lâcherait pas le morceau tant qu'il n'aurait pas été clair. Et s'il voulait qu'elle s'éloigne avant de trop souffrir, il allait devoir jouer sur les mauvais souvenirs de Bilbo.
"Retourne jouer avec tes machines. Tu n'as rien à faire avec une arme. Tu vas te blesser. Laisse-ça aux gens compétents." lança-t-il en s'efforçant d'être méprisant envers elle, elle qui était plus que tout digne d'admiration.
Mais Béatrice éclata de rire. Un rire dur, un rire qui lui promettait des larmes et de la souffrance s'il continuait sur cette lancée.
"C'est à moi que tu essayes de mentir..."
"Oh ! Pitié ! Tu ne vas pas me faire croire que tu es une de ces femmes parfaites qui me connaissent trop bien." se moqua-t-il toujours sans la regarder.
"Et toi...tu vas me faire croire que c'est ton genre de parler tranquillement quand tu veux chasser quelqu'un, quand tu veux voir disparaître la personne que soi-disant tu aimes ?"
Lucas se retourna brusquement. Il avait besoin de hurler. Tant pis s'il lui faisait peur.
"Tu voudrais peut-être que je sois violent aussi ?" la provoqua-t-il
Béatrice se rapprocha de lui et le fusilla du regard en plissant les yeux.
"Ça ressemblerait plus au souvenir que j'ai de Thorin: le nain qui n'a pas hésité à me suspendre dans le vide quand je le suppliais de revenir à lui." répondit-elle venimeuse
"Parce qu'un certain traitre de hobbit m'avait volé ce que j'avais de plus précieux." rétorqua-t-il en la toisant froidement.
Mentir était si facile pour lui.
Il pensait que cette dernière phrase la ferait réagir.
Certes, ce fut le cas, mais ce n'était pas la réaction qu'il attendait: elle le gifla avant de l'empoigner par le col et de le plaquer au sol.
Fin...
Non, je blague. A mardi prochain.
