Disclaimer : les persos sont à JK Rowling bien sûr. ^^
Couple : HP-DM principalement.
Résumé : Harry a témoigné pour Draco ce qui a permi au blond de retrouver sa liberté. Vont-ils reprendre contact ?
Petit post it : mon dieu... c'est l'avant dernier chapitre. J'ai eu beaucoup de mal à l'écrire celui-là, j'espère vraiment qu'il vous plaira. J'en ai écrit trois autres versions avant de me stabiliser sur cette idée. Bref ! Je vous souhaite une bonne lecture !
Chapitre 29 : Rêves et jeu de piques.
Ron ressortit de la salle de bain, examina le bord de la fenêtre de la chambre, repassa dans le salon et se posta finalement au milieu de l'atelier.
- Pas mal, lança-t-il.
- Pas aussi bien que ton appartement, c'est ça ? ricana Harry en déposant un énième carton dans un coin.
- Ah ça c'est sûr ! répliqua le rouquin. Non, non, mais sérieusement, c'est pas mal. J'imaginais pas du tout les appartements des profs de Poudlard comme ça.
Le brun eut un sourire satisfait. Il était heureux de s'installer dans ce vieux château où il avait vécu déjà tant de choses.
- Bon, tu m'aides ou tu te contentes de critiquer ?
Ron lui fit une révérence en plaisantant et sortit sa baguette pour faire voleter le bureau jusque dans l'atelier. Pendant une bonne partie de la matinée, ils aménagèrent ensemble ce petit studio.
- C'est cool de ta part de laisser Grimmaurd à mes parents.
- Je me voyais mal retirer à ta mère le seul endroit au monde où elle peut accueillir tous ses enfants d'un seul coup. Et puis mieux vaut ça plutôt que l'endroit reste vide, non ?
Le rouquin était d'accord. Il était particulièrement content pour son ami. En réalité, depuis la fin de la guerre Ron était content pour tout : son appartement avait été sa première joie, puis le témoignage d'Harry en faveur de Malfoy, qui prouvait que Potter allait mieux, puis l'installation de ce même Potter à Poudlard. C'était parfait.
- C'est parfait ! lança Harry en regardant son intérieur. Il ne manque que deux ou trois petites décorations et ça sera niquel.
Ce disant, il sortit une cage toute neuve qu'il avait miniaturisé dans sa poche. Il la plaça dans son atelier, sur un anneau au centre du plafond et installa Hedwige dedans. L'oiseau, tout content d'avoir un peu plus d'espace, battit des ailes comme pour le remercier.
Puis, sous les yeux moqueurs mais discrets de Ron, il sortit une carte à jouer d'un tiroir de son bureau et après y avoir jeté un coup d'œil, la mit dans sa poche.
- Quoi ? grogna-t-il en voyant l'attitude de son ami.
- J'ai rien dit, se défendit Ron en haussant les épaules. On y va ?
Harry prit ses clefs et après un dernier regard vers son salon, ferma la porte de ses quartiers. Il était installé dans la tour Sud, au troisième étage. Ils descendirent sans un mot jusqu'à la Grande Salle encore vide. Dès le lendemain, elle allait être remplie de tous les nouveaux petits élèves Poudlariens. Au moment de sortir du château, Ron l'attrapa par la manche et l'arrêta.
- Rassure-moi Harry, murmura l'auror, tu ne vas pas finir comme Snape, n'est-ce pas ? Je veux dire…tout seul, à errer dans Poudlard jusqu'à la fin de ta vie. Seul.
- Où veux-tu en venir Ron ?
- Quand est-ce que tu vas te décider d'aller voir Malfoy ?
En posant sa question, le rouquin n'avait pu s'empêcher de faire une grimace qui fit sourire Harry.
- Viens avec moi.
Le brun l'entraîna à travers le château qu'ils connaissaient si bien, jusqu'au centre du stade de Quidditch. Les souvenirs les frappèrent de plein fouet. Ceux des matchs, des tests de gardien, des cris, des encouragements, du sang parfois.
- Ce n'est pas Poudlard que je vais hanter, commença Harry en examinant un des poteaux du terrain, c'est le stade.
Il fit un clin d'œil amusé à Ron lequel croisa les bras dans une attitude réprobatrice. Potter soupira et reprit son sérieux.
- J'ai aidé à la libération de Malfoy, en quoi cela m'oblige à prendre contact avec lui ?
- Tu as libéré Malfoy parce que tu t'es rendu compte que tu ne supporterais pas de le savoir mort ou condamné à vie dans un lieu où tu ne pourrais plus le voir, répliqua Ron. Ça me fait mal de l'admettre, mais tu as libéré Malfoy parce qu'à un moment donné de ta vie, tu l'as aimé plus que haï.
Si Harry fut surpris par le discours de Ron, il n'en montra rien à travers son masque. Puis il finit par rigoler doucement.
- Tu as bien appris ta leçon Ron, tu devrais épouser Hermione.
- C'est… prévu, avoua l'auror en rougissant un peu.
Potter se redressa et fixa son ami d'un air de reproche, les poings sur les hanches, trop heureux de trouver quelque chose pour changer de sujet.
- Comment ça ?
- Tu… tu lui dis pas, d'accord ? lui lança nerveusement Ron. Elle ne sait pas encore. Tiens, regarde.
D'une poche de sa cape, il sortit un petit écrin dans lequel siégeait avec classe une magnifique bague de fiançailles.
- Bravo! Quand est-ce que tu fais ta demande ?
- Quand tu auras reparlé à Malfoy !
Le sourire d'Harry qui éclairait son visage, malgré le masque noir, se fana aussitôt. S'il avait cru passer à autre chose, il s'était trompé.
- Tu me fais du chantage sur le dos de ta demande en mariage ? s'horrifia-t-il. C'est honteux de ta part !
Le rouquin soupira.
- Non, c'était une blague. Peu importe si tu reparles à Malfoy ou pas. Je lui demanderais le jour de nos un an. Et c'est bientôt.
Les deux amis quittèrent le terrain pour retourner à Londres en transplannant. Ni Ron ni Hermione ne reparlèrent plus de Draco. Mais évidemment, Harry, lui, continua d'y penser tous les jours.
oOoOoOoOoOoOo
Il marchait tranquillement, redécouvrant le simple plaisir de marcher dans un couloir. Les vieux tapis sentaient la poussière, les tapisseries aux murs également. Il y avait du travail à faire pour rendre ce manoir plus accueillant.
Draco Malfoy entra dans le boudoir où sa mère lisait. A son entrée elle leva la tête et lui sourit.
- Alors ? demanda-t-elle d'une voix douce.
- Tu me donnes vraiment carte blanche ? répondit son fils.
- Je te fais entièrement confiance.
- Alors il y a du travail, répondit Draco en se laissant tomber dans un fauteuil.
Narcissa lui sourit de nouveau. Elle était fière de son fils. Mais une part d'ombre semblait encore flotter au-dessus de lui. Comme si quelque chose l'empêchait encore de rire franchement. Les ravages de la guerre sans doute. L'instinct maternelle lui dictait pourtant qu'il y avait encore autre chose.
- Draco, murmura-t-elle pour attirer son attention, est-ce qu'il aurait quelque chose dont tu voudrais me parler ?
Le blond releva la tête et observa sa mère. Depuis qu'il avait quitté Askaban et qu'il était revenu au manoir familial, il avait eu l'occasion de parler de plusieurs sujets avec elle. Ils avaient discuté de Lucius, de la prison, de la guerre, de l'Ordre, de Voldemort… mais pas encore de…
- Potter, lui répondit-il.
- Et bien ?
Draco hésita. Jusqu'à quel degré Narcissa était-elle prête à protéger son fils et à le comprendre ? Il se souvint qu'elle avait tout de même réussi à rester confiante même après qu'il ait tué son mari, son propre père. Le blond poussa un profond soupir.
- Potter ? insista la belle sorcière.
- Oui, Potter, lâcha Draco. Je voudrais te parler un peu de lui.
Narcissa ferma son livre, le posa sur un petit guéridon à côté de son fauteuil, et croisa les mains sur ses genoux dans une attitude très attentive. Son fils prit une pose désinvolte qui ne lui allait pas du tout et en revint à une attitude plus posée après avoir capté le petit sourire ironique de sa mère.
- Quand j'étais à l'Ordre, il était forcément très présent, commença-t-il sans savoir trop dans quelle direction il allait ni comment il allait pouvoir amener le sujet véritable. Au début, on se détestait cordialement, poursuivit-il, dans la lignée de la haine entre les Malfoy et les Potter.
- Evidemment, rigola Narcissa.
- Et puis, j'ai appris à le connaître, et lui de même je suppose. De fil en aiguille, on…
Voilà, il y était, et bien entendu, il se retrouvait complètement bloqué. Mais les yeux bleus de sa mère pétillaient. Elle avait déjà compris.
- Plusieurs fois ? demanda-t-elle seulement.
Draco se renfrogna quelque peu. La perspicacité de Narcissa avait parfois quelque chose d'agaçant.
- Suffisamment pour être un peu attaché, répondit-il en grimaçant.
- Je vois… Que comptes-tu faire ?
- Comment ça ? demanda Malfoy sincèrement étonné.
- Il a témoigné pour toi, preuve qu'il te… pardonnait en quelque sorte. C'est plus ou moins grâce à lui si tu es ici avec moi aujourd'hui. Il semble encore compter pour toi. Donc je te demande, que comptes-tu faire ?
Draco se leva, épousseta inutilement la manche de sa chemise et ancra son regard dans les yeux amusés de Narcissa.
- Content que tu le prennes comme ça, maman, lança-t-il d'un ton calme. Mais ne t'inquiète pas, je ne compte rien faire. C'était la guerre. Comment a-t-il dit déjà ? Ah oui… il y avait de fortes circonstances atténuantes qui ont fait que nous nous sommes laissés aller à… à ça. Mais c'est sûrement fini, ajouta-t-il en se dirigeant vers le couloir.
Même en dehors de la pièce, il entendit Narcissa murmurer :
- Sûrement…
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Assit à son bureau, une simple lampe à pétrole près de lui, Harry Potter était plongé dans la lecture de la dernière Gazette du sorcier. Il ne loupait plus un seul article d'Hermione. Hedwige piaffait doucement dans sa grande cage.
La rentrée s'était passée comme il l'imaginait. Le grand repas avec les nouveaux élèves, la chanson du choixpeau, la présentation des nouveaux professeurs, les applaudissements à l'annonce de son nom… Le nouveau professeur de vol était satisfait et à l'aise dans ce vieux château.
Soudain, quelqu'un frappa à sa porte. Un peu surpris, car il était assez tard, Harry se leva cependant et alla ouvrir pour tomber nez à nez avec Severus Snape.
- Bonsoir, lâcha celui-ci. Je finissais ma ronde et je souhaitais vous parler.
Sans rien répondre, Potter s'écarta et le laissa entrer. Voilà bien longtemps que les deux hommes ne s'étaient plus croisés directement et n'avaient pas échangé un seul mot. C'était une entente relativement méfiante. Le professeur de défenses contre les forces du mal s'installa dans le divan sans même attendre d'y être invité.
- Je vous écoute, lui dit alors Harry.
Pour lui, le nom de Snape rimait encore beaucoup trop avec la mort de Dumbledore. Il savait bien que le professeur avait été un espion depuis le début, mais malgré tout, cela ne rendait pas leur relation plus conviviale.
- Vous devez vous souvenir de ce que Minerva souhaite mettre en place cette année, commença directement Severus en croisant les jambes.
- Les cours mixtes, oui, répondit Hary, qui s'appuyait à son bureau.
- Je pense que nos deux matières ont tout intérêt à se lier.
- Le vol et la défense ? s'étonna le brun. Je ne vois pas…
- Faites marcher votre cervelle Potter pour une fois, siffla le directeur des serpentard. Avec quelle autre matière vous voyez vous travailler ? Potions ? Les plantes ? Oh… l'histoire des runes peut-être ?
Légèrement vexé de se faire reprendre comme à l'époque où il n'était qu'un élève, Harry répondit d'un ton qu'il voulut glacial.
- Je ne pensais pas que le vol faisait parti du programme de Minerva.
- Evidemment, répliqua Severus en souriant de son rictus ironique, moins on en fait…
- Je ne vous permets pas ! siffla Potter.
Le silence retomba sous la menace et Snape laissa à son ancien élève quelques secondes de répit avant de reprendre :
- Il pourrait être intéressant de créer un cours où nos élèves apprendraient à utiliser leurs défenses contre les forces du mal en plein vol. Qu'en dites-vous Potter ?
Harry prit un instant de réflexion. Effectivement, cela rentrait parfaitement dans ce qu'avait demandé Minerva : regrouper certaines matières pour rendre l'apprentissage plus concret. De plus, Harry avait quelques notions particulièrement pointues sur les techniques de défenses en plein vol. En revanche, cela impliquait qu'il allait devoir travailler régulièrement avec Snape…
- Vous avez raison, répondit-il, ce sera excellent.
- Ah, je ne pensais pas que vous accepteriez si facilement, approuva Severus en se levant. Seriez-vous devenu plus adulte ? ajouta-t-il en posant déjà sa main sur la poignée de la porte.
- Il y a une condition, le rattrapa Harry.
Snape se retourna vers lui, sourcils froncés.
- Je vous écoute…, susurra-il, mécontent de s'être fait avoir.
- Vous devrez m'amener auprès de Draco et m'aider à le reconquérir, lança Potter, les poings sur les hanches, tout sourire.
Severus le fixa un instant et disparut doucement comme s'il s'envolait dans l'air. Harry respira plus fort à cette vision, à la fois surpris et inquiet. Etait-ce le fait d'avoir prononcé le prénom de son ancien amant qui faisait battre ainsi son cœur ? Le brun ferma un instant les yeux.
Lorsqu'il les rouvrit, il était en sueur, assit au milieu de son lit dont les draps défaits montraient l'agitation de la nuit passée…
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Kingsley était assez fier de son initiative : ce vernissage pour fêter officiellement la fin de la guerre était une totale réussite. Certes il y avait peut-être trop de journalistes, mais un peu de pub ne pouvait pas faire de mal à sa popularité.
En milieu de soirée, Draco Malfoy fit une entrée assez remarquée. En tenue de soirée, cheveux lissés et légèrement plus longs qu'autrefois, les mois passés en prison semblaient n'avoir fait que glisser sur lui. Plusieurs journalistes vinrent aussitôt l'accaparer. Il était après tout le seul sorcier désormais encore en vie possédant la marque des ténèbres. C'était sans compter Potter, bien entendu.
Draco n'en revenait pas que sa mère ait réussi à le convaincre de venir à ce vernissage. Il discuta quelques instants avec la mère des Weasley qui avait voulu savoir comment Narcissa allait, puis se dirigea tranquillement vers les tableaux exposés, un verre de whisky à la main.
Son regard finit par tomber sur une tignasse noir de jais un peu plus épaisse que la moyenne : un groupe de paparazzi entourait fermement le jeune et brillant professeur Harry Potter. Depuis un coin de l'exposition, un peu à l'écart, Malfoy l'observa qui essayait vainement de conserver un aimable sourire derrière son masque. Même à plusieurs mètres, le blond voyait à quel point il se forçait.
Mais il ne s'attendait cependant pas à croiser les deux pupilles vertes : l'œil caché derrière le masque noir le transperça jusqu'au plus profond de lui. Il était inexorablement attiré par ces deux lueurs tendres. Harry détourna le regard sans lui faire de signe, et reprit son dialogue avec les journalistes.
Draco avait le cœur qui battait la chamade. Etait-ce cela le désir ? Ne pas pouvoir croiser le regard de l'autre sans manquer de s'évanouir ? Le blond prit brusquement sa décision : il devait reprendre contact avec Potter. Une jeune sorcière venait de s'approcher à son tour du buffet pour prendre une coupe.
- Bonsoir Malfoy, lui lança-t-elle.
- Bonsoir Granger.
- On n'espérait pas te voir ici, lui sourit-elle.
- Je me doute bien, oui, répliqua Draco d'un ton légèrement froid.
- Ne le prends pas mal, lui expliqua Hermione en plongeant dans les yeux gris. Mais c'était une question que l'on se posait tous. Je suis contente de te voir, ajouta-t-elle.
Malfoy observa un instant cette jeune femme qu'il avait tant insulté dans sa jeune vie d'écolier… La politique de son père avait fait des ravages sur son esprit.
- Je pense que les autres seraient contents que tu te joignes à nous.
- Tu veux faire entrer un serpentard dans un groupe de Gryffons ? ricana Draco.
- Nous ne sommes plus à Poudlard, soupira Hermione en lui prenant le bras.
- Certains y sont pourtant retournés, murmura Malfoy en la suivant sans histoire.
- Tu parles d'Harry ? rigola Granger discrètement en l'entraînant. Il est bien là bas. Le château est comme une maison pour lui.
Draco ne répondit pas. Ils passaient à côté de trois journalistes qui accaparaient encore Kingsley et le blond s'inquiéta de ne plus y voir Potter. Hermione le conduisit jusqu'à un autre groupe, pas très loin, où discutaient joyeusement Arthur, Remus, Ron… et Harry.
- Il manque une femme dans ce groupe, lança-t-elle avec bonne humeur.
Elle lâcha le bras de Malfoy et s'accrocha à celui de Ron en souriant. La présence du blond laissa flotter un léger silence que Granger s'empressa de rompre.
- De quoi parliez-vous ? demanda-t-elle avec un grand sourire.
La conversation reprit doucement, mais comme en sourdine pour Draco. Il ne pouvait cesser d'observer le masque noir qui recouvrait le visage si parfait de Potter. Il se sentait bien entendu coupable pour ce qui s'était passé dans le cachot, mais il trouvait ce masque particulièrement sexy. Les pupilles vertes venaient de trouver les yeux gris.
Les deux jeunes sorciers s'observèrent à la dérobée, le cœur battant. Harry tâchait de ne rien faire passer à travers son regard. Il voulait rester neutre, impassible. Malfoy finit par détourner le regard, à contre cœur, et s'attacha à comprendre la conversation. C'est en mettant les mains dans ses poches qu'il sut ce qu'il allait faire.
Au fond de sa poche, une carte : le roi de pique n'attendait que lui. Du bout des doigts il chauffa la carte en la frottant. Il n'avait plus qu'à espérer que Potter ait sa carte sur lui. Il reposa son attention sur le brun et attendit.
L'expression d'Harry changea brusquement. Le brun porta sa main à la poche et fixa de nouveau Draco. Celui-ci lui fit un léger sourire. Brusquement, faisant fi de tous ces gens qui les entouraient et qui discutaient, il s'avança au milieu du cercle, attrapa Potter par le col de sa cape et se colla contre lui.
En douceur, pour ne pas l'effrayer, Malfoy se pencha et embrassa tendrement le coin des lèvres qui n'était pas recouvert par le masque. Le baiser était léger, simple. Au fond de lui, Draco sentit une nuée de papillons qui s'envolèrent, effaçant brusquement les couleurs de cette scène.
Lorsqu'il rouvrit les yeux, il était en sueur, assit au milieu de son lit dont les draps défaits montraient l'agitation de la nuit passée… Pas de Potter en vue.
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Harry n'en revenait pas : voilà plusieurs nuits de suite qu'il rêvait de Malfoy. Tout en faisant semblant de suivre la conversation entre Ron et Charlie, venu pour un week end à Londres, il repensa à son dernier rêve. Il s'interrogeait : comment son esprit avait-il pu garder un souvenir si précis du corps du blond, de sa voix, de ses yeux.
- Oh Harry ! appela soudain Ron.
Le brun redressa la tête, chassa les images qui envahissaient son esprit et se reconcentra sur les deux rouquins. Le repas était fini, mais Ron et son frère continuaient de discuter au bout de la longue table de la cuisine de Grimmaurd.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Potter en s'excusant d'un sourire.
- Charlie proposait d'aller faire un tour en balai cet après midi, tu es partant ?
- Avec plaisir !
- Tu n'auras pas trop l'impression d'être en train de travailler ? rigola Charlie.
- C'est l'avantage d'avoir un boulot qui me plaît, répondit Harry en lui souriant. Je n'ai jamais l'impression de travailler.
Il se laissa entraîner par la joie des Weasley réunis et alla chercher son balai. Une fois des sorts d'invisibilité jetés, Ron, Hermione, Charlie et lui quittèrent l'ancienne maison des Blacks et s'envolèrent discrètement. L'air frais fit immédiatement du bien au brun. C'était ce qu'il appréciait le plus dans son nouveau métier : être à l'air libre. Et voler bien entendu.
Une fois qu'ils furent au-dessus des nuages, en sécurité, et loin du centre de Londres, le sort d'invisibilité se dissipa doucement. Ron et Charlie entamèrent aussitôt une course folle, tandis qu'Hermione et Harry voletaient tranquillement côte à côte.
- Tu as l'air fatigué Harry, lui lança la jeune femme.
- Oui, je dors mal ces temps-ci.
- A cause de tes cours ? s'étonna la jeune femme.
- Non, non, mes cours se passent très bien. C'est juste que… j'ai tendance à rêver et…
La brune poussa une exclamation étouffée et l'observa avec inquiétude.
- De Voldemort ? murmura-t-elle.
Harry rigola gentiment et la rassura aussitôt.
- Non, je n'ai plus fait de cauchemars à son propos depuis sa mort.
Hermione hocha la tête, et ne l'embêta plus avec ses questions. Ils rejoignirent les garçons en quelques secondes et s'amusèrent à s'envoyer une balle dans les airs, bien au-dessus des nuages.
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Narcissa sursauta en entendant le juron qui traversa sans problème les trois cloisons qui la séparait pourtant de son fils. D'un pas élégant, elle sortit du boudoir et se dirigea dans le salon principal. De grandes et vieilles bâches transparentes recouvraient entièrement le sol de la pièce vidée de tous ses meubles. Au milieu de la pièce, un haut escabeau trônait et à ses pieds, Draco Malfoy en train de nettoyer ses habits à grands coups de baguette magique.
- C'est joli ce bleu ciel, lança Narcissa en entrant. Qu'est-il arrivé ?
- J'ai glissé de l'échelle, grogna le blond en nettoyant le bas de son pantalon. Et évidemment, je suis tombé dans ce bac à peinture.
Par politesse, sa mère se retint de rire, mais un large sourire vint tout de même fendre son visage. Elle sortit à son tour sa baguette magique et aida son fils à remettre de l'ordre dans ses travaux. Puis elle lui enseigna un sort un peu complexe qui pouvait à l'avenir lui éviter ce genre de désagrément. Tandis qu'elle l'observait envoyer la peinture au plafond, elle ne put s'empêcher de remarquer les cernes qui noircissaient ses yeux.
- Tu m'as l'air fatigué, murmura-t-elle.
- Non, ça va, répondit le blond sans quitter des yeux le plafond du salon.
Narcissa haussa un sourcil et insista.
- Je t'assure que tu devrais te reposer, tu as une mine épouvantable.
Draco poussa un soupir et se tourna vers elle.
- Je ne dors pas très bien ces temps-ci, avoua-t-il. Mais rien de grave, ça passera.
- Si tu le dis, murmura la blonde en le laissant tranquille.
Elle se détourna et s'apprêtait à sortir de la pièce en travaux lorsqu'un objet insolite attira son attention. Elle se pencha et ramassa une carte à jouer. Etonnée, elle se rapprocha de Draco et la lui montra.
- J'ai trouvé un roi de pique par terre, serait-ce à toi ?
Le blond récupéra brusquement la carte et la fourra dans sa poche. Elle avait dû glisser au sol pendant sa chute. Intérieurement il pria pour que sa mère ne pose aucune question, mais c'était bien mal connaître Narcissa Malfoy.
- Je ne savais pas que tu jouais aux cartes…, susurra-t-elle.
- Maman, je ne te dirai rien, ça n'est pas la peine de chercher, répliqua Draco en déplaçant l'escabeau qui le gênait.
La blonde fronça les sourcils, et quitta la pièce, légèrement vexée du manque de confiance que son propre fils lui accordait. Une fois qu'il fut sûr qu'elle était sortie, celui-ci ressortit la carte et l'observa : quelques gouttes de peinture coloraient le visage du roi. Il la frotta doucement pour les retirer.
Aussitôt son cœur se mit à battre : sous ses frottements, aussi légers et précis soient-ils, la carte venait de chauffer, prête à envoyer un message. Draco observait ce bout de papier sans même oser respirer, et commença à faire des calculs de statistiques. Combien y avait-il de chances pour que Potter ait sa carte sur lui ?
Aucune probablement. Pourquoi aurait-il conservé un vulgaire bout de… Draco n'acheva même pas sa réflexion : il l'avait bien toujours sur lui, pourquoi pas Harry ? Le blond s'en voulut soudain d'avoir été aussi sentimental. N'aurait-il pas mieux fait de laisser cette carte ridicule au fond d'un tiroir ?
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- Harry, ça va ? lui demanda Charlie en se rapprochant.
- Oui et toi ? lui sourit le brun.
- J'avoue que voler un peu me fait le plus grand bien. Surtout en si bonne compagnie, ajouta-t-il avec un clin d'œil en direction de Potter.
Le brun rougit légèrement sous le compliment. Il se souvenait parfaitement du jour où le rouquin lui avait fait une demande tout à fait insolite au beau milieu du salon du Terrier, alors qu'ils étaient allés nourrir Hedwige et Pattenrond. Il jeta un coup d'œil à Ron et Hermione qui se chamaillaient gentiment loin devant eux.
- Harry, murmura Charlie, je suppose que tu me diras sûrement non, mais me laisserais-tu quand même t'inviter boire un verre avant la fin de ce beau week end ?
Le brun tourna son visage vers le dompteur de dragons et lui sourit. Pourquoi ne ferait-il pas des efforts pour se trouver quelqu'un d'autre ? Après tout, Malfoy et lui, ça n'avait jamais été qu'une folie, une aventure due à la guerre, sans plus. Charlie était quelqu'un de bien. Certes, il vivait loin, mais les choses pouvaient toujours changer.
- Pourquoi pas, oui ! répondit finalement Harry.
Charlie lui fit un large sourire. Il avait peut-être perdu la première manche pendant la guerre, mais il gagnerait la seconde !
- Je ne veux pas te brusquer, murmura-t-il en rapprochant son balai de celui du brun. C'est juste que… je te trouve vraiment très attirant, ajouta-t-il avec son plus beau sourire.
Harry allait lui répondre quelque chose de gentil quand une chaleur nouvelle lui envahit la poitrine. Devant son expression incrédule à laquelle il ne s'attendait pas, Charlie haussa les sourcils et lui demanda ce qui n'allait pas. Le brun se redressa sur son balai sans lui répondre et fouilla sous sa cape, dans la poche de sa chemise. Il en sortit la dame de pique, plus brûlante que jamais.
- Qu'est-ce… qu'est-ce que c'est ? s'étonna Charlie.
- C'était le moyen que Malfoy et Harry utilisaient pour se contacter pendant la guerre, expliqua Ron qui s'était rapproché d'eux avec Hermione.
- Ah…, murmura son grand frère un peu désappointé.
- Il t'a laissé un message ? s'étonna Hermione.
Le brun retourna la carte, mais ne vit rien s'inscrire au dos. Malfoy avait simplement activé la carte. Dans quel but ? Il avait donc conservé la carte, pourquoi ? Souhaitait-il qu'il vienne ou voulait-il lui dire quelque chose ? Une foule de questions venaient d'envahir son esprit. Le cœur battant, Harry redressa la tête et fit tout pour qu'aucune émotion particulière ne transperce son masque.
- Où sommes-nous ? demanda-t-il en rangeant la carte.
- Au-dessus de Tadley je crois, répondit Ron. Pourquoi ?
- Je vous laisse, lança Harry. Je crois que je vais pousser jusqu'au Wiltshire. Je vous retrouve plus tard à Grimmaurd !
A peine avait-il fini de s'expliquer qu'il filait à vive allure en direction du sud-ouest de l'Angleterre. Derrière lui, Hermione avait un léger sourire, Ron rouspétait, et Charlie ne disait plus rien, conscient qu'il n'aurait jamais le héros des sorciers pour lui tout seul.
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Au milieu du salon, Draco regardait encore la carte comme une bombe à retardement. Il n'y avait pas trente-six solutions : soit Harry n'avait pas la carte sur lui et ne verrait jamais qu'il l'avait actionné, soit…
La sonnette du manoir résonna soudain. Les mains du blond tremblèrent légèrement lorsqu'il entendit Narcissa transplanner pour aller ouvrir la lourde porte d'entrée. La blonde fut très surprise de découvrir un sorcier ébouriffé par le vent, un balai dans la main sur son perron.
- Harry Potter…, murmura-t-elle.
La dernière fois qu'elle l'avait vu, c'était au second procès de son fils, durant lequel le brun avait fait la plaidoirie qui suffisait à libérer Draco. Elle trouva son masque noir plutôt élégant, tout en se demandant ce qu'il pouvait bien cacher.
- Bonjour, répondit poliment le brun. Est-ce que Malfoy est là ?
Narcissa hésita un instant avant de s'écarter. La taille du hall dans lequel il entra impressionna Harry, bien que l'ambiance très sombre laissait à désirer. Il eut brièvement l'impression de retourner dans le vieux manoir de Voldemort.
- Ne faites pas attention à la décoration, lui lança Narcissa en le guidant vers les étages. Draco est justement en train de la refaire.
Le brun était trop stressé pour imaginer un Malfoy dans la peinture, mais un léger sourire vint tout de même effleuré son visage derrière le masque. Ils arrivèrent enfin sur le palier du troisième étage. Narcissa s'arrêta en haut des marches.
- Au bout du couloir à droite, lui désigna-t-elle avant de redescendre tranquillement.
Harry resta un instant debout au milieu du passage, fixant la lumière qui venait de la porte indiquée par la blonde. La carte avait cesser de chauffer. Le brun reprit sa marche, le cœur battant un peu plus vite que d'habitude. Lui avait-il réellement pardonné ? N'allait-il pas avoir envie de l'attaquer lorsqu'il verrait sa frimousse d'ange ? Il arriva plus vite qu'il ne l'aurait souhaité devant la porte. Il la poussa doucement et fit un pas dans le salon vide.
Face à lui, baguette tendue dans sa direction, un Malfoy peu sûr de lui le fixait. C'était beaucoup plus intense que dans tous ses rêves. Le blond avait la main qui tremblait légèrement, mais son regard n'oscillait pas et restait bien ancré dans les yeux verts.
- Tu m'as appelé ? demanda simplement Harry.
Le blond frémit en entendant cette voix. Potter fit encore un pas en avant, et Draco baissa sa garde...
à suivre...
Et voilà... hihi je sais, la coupure est un peu cruelle. Mais la suite arrive tout bientôt ! Je vais peut-être finir ma dissert pour l'IUFM avant quand même... peut-être... quoique... Roh, je ne suis pas sérieuse !
Je ne vous donne pas le titre du dernier chapitre, car je n'ai encore pour l'instant pas la moindre idée de ce que ce sera. ^^ Gros bisous et à tout bientôt !
ps : j'ai une idée de OS, mais j'aimerais savoir ce que vous préféreriez : hp-dm encore ou un hp-ss ? bisous !
