Comme promis, voilà la suite ! :)

Chapitre 27

Réveil dans la faiblesse et la culpabilité

La douleur avait, durant un moment, été si forte que je n'avais pu que supplier quelqu'un d'abréger mes souffrances. Je ne me souvenais plus de qui. Durant un certain temps, j'avais eu l'esprit embrumé. J'avais mal au point de ne plus rien percevoir d'autre que ma souffrance. Jamais plus je ne voulais revivre ce calvaire. Puis, peu à peu, j'avais compris ce qu'il se passait je me souvenais. Je me transformais. Et mon cœur s'était arrêté de battre, stoppant le mal qui me rongeait. J'avais entendu Carlisle. Puis Edward. Il me suppliait de me battre. Et je me rendis compte à quel point j'avais été monstrueuse de vouloir abandonner. Il était là, il souffrait autant que moi. J'avais voulu abandonner et le laisser seul, dans ce monde. Lui sans moi. Moi sans lui. Cette « claque » me fit reprendre courage, lorsque je pensais que je souffrirai mille fois plus sans lui.

Puis, plus tard encore, après je ne sais combien d'heures de tortures, je m'étais éveillée. Il faisait nuit, à l'extérieur. Pourtant, je voyais tout. Comme si la lumière ne m'était plus essentielle. Je voyais. Et j'entendais. Des pas, des craquements, tout. Absolument tout. Des respirations, de froissements de vêtements. Tout.

Alors que je découvrais petit à petit mon nouveau corps, je sentis une main se glisser furtivement dans la mienne. Je ne l'avais pas vue venir, celle-là.

-Bella ?

Une voix douce, mélodieuse. Edward. Je tournai légèrement la tête. Il me regardait, apparemment soulagé. Je souris.

Avant que je n'aie eu le temps de reprendre mes esprits, Emmett et Alice entrèrent dans la chambre, faisant claquer la porte contre le mur. Edward gronda et je me retrouvai contre le mur d'en face, prise d'une forte panique accompagnée d'un instinct de survie plus développé et des impulsions d'un nouveau-né.

-Du calme, fit Emmett, se reculant quelque peu, les mains en l'air.

Jasper entra dans la pièce, légèrement en retrait, et une vague de calme s'abattit sur moi. Alice sautillait près d'Emmett, ne cessant de commenter mon nouveau physique et toutes les robes qui devraient aller avec mes formes. Carlisle, qui entrait à son tour, arborait un petit sourire confiant et à la fois inquiet. Comment pouvait-on ressentir ces deux sentiments si contradictoires au même moment ?

-Bella, tu es réveillée. Comment te sens-tu ?

Il est vrai que, pour le moment, je devais être son rat de laboratoire. J'étais l'un des seuls cas de l'histoire de l'humanité à avoir été transformée comme je l'avais été. Pf. Comme si j'avais besoin de ça ! Comment je me sentais ?

-Euh, eh bien, en voilà une bonne question. Je dirai bien.

Je ne ressentais plus la douleur. Je ne pouvais donc qu'aller mieux. Elle n'était plus présente, m'offrant un calme que je n'avais ressenti depuis longtemps. Depuis le début de mes démangeaisons.

-Pourrais-tu développer un peu ? Ressens-tu la soif ? Ne ressens-tu pas de colère envers quelque chose d'insignifiant ? Arrives-tu à te rappeler ce qu'il s'est passé avant ta transformation ?

-Eh bien, pas de colère, non. Mais…

Je portais ma main à ma gorge. Elle était sèche. Elle me brûlait. J'avais soif. C'était insupportable.

-Elle a soif, constata Jasper. Très soif. Ce qui est normal si on considère que le venin lui brûle la gorge depuis le début de sa transformation.

Le début de ma transformation ? Il voulait dire par là, le début de mes réels tourments ? Combien de temps ? Combien de temps cela avait-il duré ?

-Edward, ma transformation…

-Cinq jours, Bella. On a eu terriblement peur que tu ne tiennes pas le coup.

Cinq jours. Presque le double d'une transformation normale mais je n'avais pas eu de notion du temps et, maintenant, toute cette histoire était du passé. Ma transformation était achevée, j'étais vivante – en pleine forme serait un terme plus approprié – et je n'avais plus à m'en faire de ce côté-là.

Je découvrais mon nouveau moi. Dans l'ensemble, il me plaisait bien. Mes gestes étaient précis et bien plus gracieux qu'avant mais je devais dire que je m'étonnais moi-même. J'avais l'impression de ne pas totalement contrôler mon corps. Lorsque je pressentais un danger, j'avais l'impression de me laisser guider par une force invisible, de me laisser emporter par elle.

-Bella, reprit Carlisle. L'avant transformation, t'en souviens-tu ?

Une partie était vague. Mon père, ma mère. J'avais d'ailleurs du mal à mettre un visage sur leurs noms. Alors qu'avant, je ressentais de l'amour pour eux, ils me laissaient maintenant indifférente. Mais Jake était encore dans ma tête, Mike, sa grand-mère, Démétri, la douleur, tout. Oui, je me souvenais de tout.

-Je me rappelle de… de tout ce qui concerne mon don.

Edward soupira. Il avait sûrement espéré que j'allais oublier cet épisode dérangeant de ma vie. Je l'avais espéré, aussi, quand bien même je n'aurai visiblement pas dû.

-Ca viendra avec le temps, souffla-t-il.

Il s'approcha de moi et me serra dans ses bras. Il fit ensuite sortir le reste de la famille, prétextant vouloir me parler. Il m'assit sur le lit et se positionna en face de moi.

-Bella, je voulais te dire que je suis désolé. Terriblement désolé. Si je pouvais revenir dans le temps pour t'évi…

Malgré le fait qu'il avait enserré mon visage entre ses mains, je n'eus pas de peine à me dégager de son emprise et l'embrassai, l'empêchant ainsi de se fustiger comme il avait si souvent tendance à le faire.

-Non, Edward, ne t'en veux pas, s'il te plaît. Nous ne savions pas.

-J'aurai dû…

-Rien, Edward. Combien de fois t'ai-je tenté ? Combien de fois ai-je désiré te pousser à bout ? Je suis la seule à blâmer, Edward.

Il soupira une nouvelle fois.

-Bella…

-Non, Edward. Maintenant emmène-moi chasser, ma gorge me brûle !

Il se releva et nous sautâmes par la fenêtre, nous enfonçant dans la forêt. Pour la première fois, je découvrais ma vitesse. C'était… grisant, enivrant. Je me sentais vivante, bien que ce ne soit plus le cas.

Je tentai de dépasser Edward et y réussis sans trop de mal, jusqu'à ce qu'il se repositionne à ma hauteur et qu'il me dépasse à son tour. Pf. Comment avais-je pu croire une seule seconde le battre à la course ? Il était l'un des vampires les plus rapides.

Puis, une odeur forte me parvint. Elle était moins alléchante que celles du Groenland et je devinai qu'elle était animale. Il y avait quelque chose de beaucoup plus amère dans celui-ci. Un caribou. Je me laissai guider par mes instincts, oubliant totalement qui j'étais. L'odeur. Il n'y avait que cela qui comptait. L'odeur.

Je pistai l'animal et suivis son parfum à travers les arbres. Puis l'odeur se fit plus forte, plus alléchante. Il y avait quelque chose qui venait de se mélanger à elle. Ca n'allait pas dans la même direction. Je tournai précipitamment, suivant cette nouvelle fragrance. Ma proie se trouvait là, devant moi. Elle était à ma portée, prête à devenir mon repas.

Je me sentis soudainement bloquée dans mes mouvements et, avant que je n'aie pu faire quoique ce soit, je me retrouvais loin de mon repas. Je me débattis, essayai de faire lâcher prise à mon assaillant. Puis je fus mise sur mes pieds. Dans mon déséquilibre, je tombai sur les fesses et remarquai que ce n'était autre qu'Edward, qui se trouvait devant moi.

-Qu'est-ce qu'il t'a pris, hurlai-je ? Pourquoi tu as fait ça ?

-C'était un humain, Bella. Un chasseur. Tu allais tuer un humain sans même t'en rendre compte.

Je me figeai d'horreur. Disait-il vrai ? Bien sûr, sinon pourquoi m'aurait-il arrêtée ? Oh mon Dieu, j'allais tuer un humain ! J'eus une sorte de hoquet et me tassai contre un arbre, n'osant regarder Edward dans les yeux. Je lui avais crié dessus alors qu'il m'avait évité un drame. J'étais lamentable.

-Je suis désolée, Edward.

-Bella…

Je relevai quelque peu la tête et vis qu'il fuyait lui aussi mon regard. Pourquoi ?

-Edward ? Qu'est-ce qu'il y a ?

Avait-il honte de moi ? Il n'avait cessé de me rabâcher les oreilles sur le fait que ça arrivait à chaque membre de notre espèce, que nous ne pouvions ne pas tuer au moins quelqu'un. Seul Carlisle y était parvenu. Et Edward n'avait jamais supposé que j'aurai une aussi grande force d'âme que lui. Alors pourquoi ?

-Edward, qu'est-ce qu'il y a ?

Il y avait tant de honte dans ses yeux. La honte, oui. Pas besoin de Jasper pour le savoir. Je me relevai, lui faisant face. Edward baissa la tête, s'éloignant de deux pas de moi.

-Edward !

Je m'accrochai à lui, voulant l'obliger à me regarder. Il enserra ma taille et tomba à genoux devant moi.

-Edward ?!

Un sanglot. Il pleurait. Mon Edward pleurait. J'avais du mal à le croire, lui qui se montrait toujours si fort, refusant de me montrer la moindre de ses faiblesses. Son orgueil des années 1900. Insupportable. Mais là… J'avais l'impression de voir un enfant devant moi. Un enfant sans carapace, se laissant aller à ses sanglots sans gêne, se déchargeant d'un poids gardé trop longtemps sur ses épaules.

Je me baissai, passai mes bras autour de son corps et le serrai comme je pus. Je me souvins que j'avais maintenant plus de force et relâchai un peu la pression. Je passai une main dans ses cheveux, essayant de le réconforter comme un enfant. Comme l'enfant qu'il laissait voir.

-Chuut, Edward, chuuut ! Du calme. Calme-toi. Ca va passer. Qu'est-ce qu'il t'arrive? Parle-moi, Edward.

Il avait glissé sa tête dans mon épaule et je le sentais revenir à lui, reprendre de l'assurance et calmer ses pleures.

-Je suis désolé, Bella. C'est le contrecoup à tout cela. Ta disparition, ta transformation, le fait de t'avoir crue perdue à jamais, aussi, surtout, tant de fois. Désolé, je n'aurai pas dû me laisser aller.

Il se releva, me prit par la taille et m'emmena. Je savais qu'il me cachait quelque chose. Il ne me disait pas toute la vérité et cela m'inquiétait. J'avais peur pour lui. Peur de sa réaction. Qu'est-ce qui pouvait le rendre à ce point vulnérable ?

Edward m'emmena dans un coin plus reculé de la forêt et me laissa flairer toutes les odeurs à ma guise. Je repérai vite ce que mon cerveau qualifia de « Cerf » et m'y attaquai. Il fut vrai qu'alors que j'arrivai face à l'animal, j'avais une certaine appréhension quand au comment je devais m'y prendre. Comment le tuer sans faire souffrir l'animal, pour trouver l'artère qui libérerait son sang dans ma bouche mais je compris bien vite, laissant agir mon instinct. Ce fut d'une facilité déconcertante.

Edward me regardait avec fierté, amour ainsi que peur et tristesse. J'aurai tant aimé savoir ce qu'il ne me disait pas. Il le ferait lorsqu'il sera prêt ou, tout du moins, je l'espérai.

Nous rentrâmes à la maison. Il me tenait fermement la main de telle manière à ce que je ne puisse pas m'éloigner. Il était étrange, comme s'il essayait de… Comme s'il essayait de se protéger par ma présence. Comme un enfant reste toujours près de sa maman.

Alors que nous regagnions la villa, Alice me sauta littéralement dessus. Edward leva les yeux au ciel et sourit.

-Je vous laisse, m'annonça-t-il.

Alice le regarda partir et le sourire heureux qu'elle affichait disparut instantanément.

-Il faut que je te parle.

Elle me tira contre la forêt.

-Alice, qu'est-ce qu'il se passe ?

Elle me fit m'asseoir sur un rocher et me regarda un moment, tournant en rond, se frottant la tête en se demandant sûrement si elle devait me parler.

-Bon très bien. Tu t'es sûrement demandée ce que signifiait le comportement étrange d'Edward ?

-Oui. Pourquoi ? Tu sais quelque chose ?

Elle se remit à tourner en rond et je l'entendis murmurer des « Il va me tuer ! ». Puis, elle se stoppa une nouvelle fois et soupira.

-Voilà, comme tu le sais, Bella, les vampires sont fragiles émotionnellement.

Je secouai la tête de haut en bas. Oui, on me l'avait déjà dit.

-Edward n'échappe pas à cette règle, loin de là. Il est même plus facilement touchable que n'importe qui d'autre. Il y a plusieurs raisons à cela. Il a été seul très longtemps. Il s'est longtemps méprisé de par son statut de vampire. Il allait mal, très mal, lorsqu'il t'a rencontré. Mais tu l'as fait croire. Tu as réussi à lui rendre l'espoir. Celui que nous aussi nous pouvions vivre des moments de pur bonheur. Et il t'aime, Bella. Il est dépendant de toi. Alors, quand tu as disparu, Edward n'a pas tenu le coup. Jamais nous ne l'avions vu aussi mal et c'en était terrifiant. Mais ce n'était plus contre notre espèce qu'il en voulait. Il en voulait au monde entier de t'avoir arrachée à lui et une part de lui réclamait vengeance. A un moment, il a craqué. Alors qu'il chassait, il est tombé sur un chasseur. Il aurait pu s'arrêter, il aurait pu faire demi-tour, s'il en avait véritablement eu envie, s'il n'avait pas envie d'être un monstre.

J'essayai de suivre. Je comprenais. Oh, non.

-Il a tué le chasseur, demandai-je ?

-Oui. Une part de lui voulait le tuer. Edward l'appelle le monstre. Mais, cette nuit-là, ce n'était pas seulement le monstre mais lui, tout simplement. Il voulait le tuer. Il voulait qu'on te rende à lui. Il en avait besoin. Il a besoin de toi, Bella. Tu ne t'imagines pas l'état dans lequel il se trouvait lorsque tu as disparu. Ce que tu as vu aujourd'hui n'était rien. Rien, en comparaison. Alors aujourd'hui, lorsqu'il t'a vu t'excuser d'avoir voulu tuer le chasseur alors que tu es une nouvelle-née, et que lui a plus de 100 et qu'il a tué pour soulager sa peine, il a craqué. Il a en partie libéré les sentiments qu'il avait refoulés lors de ta captivité.

Je me levai et gagnai notre chambre. Alors j'avais eu raison. Edward essayait de se protéger en restant près de moi. Il avait voulu se protéger de lui-même.

Il se trouvait près de la fenêtre. Il regardait à l'extérieur. Il n'y avait rien. Le vent, la neige, les arbres. Ma culpabilité fut accrue du fait que je ne pouvais m'empêcher de m'en vouloir de l'avoir fait souffrir. Je savais que s'il le découvrait, il se mettrait en colère, disant que ce n'était pas ma faute. C'était cependant plus fort que moi. Je ne pouvais m'en empêcher.

J'allai l'entourer de mes bras, ma tête enfouie dans son dos. Il passa ses mains sur les miennes, n'essayant pas d'échapper à notre étreinte. Edward savait-il ce qu'Alice m'avait dit ? Je ne pouvais m'en assurer sans lui mettre la puce à l'oreille. Je préférai donc me taire.

-Je t'aime, Bella.

-Je sais, dis-je simplement. Moi aussi.

Je l'attirai avec moi, contre le lit. Je ne voulais pas faire l'amour, non, seulement me reposer dans ses bras. Il se trouvait que je ne me sentais pas bien moi-même. J'avais mal au cœur. J'étais ensevelie sous la culpabilité. C'en était douloureux. J'avais sûrement autant besoin de lui que lui de moi.

Il me serra dans ses bras et je me sentis mieux.

oOo

Le temps passa. Un jour, puis un autre. Je ne pouvais m'enlever Jake, Mike, sa grand-mère et Démétri de la tête. Ils étaient partout, où que j'aille. Jasper était venu me parler et m'avait demandé si j'avais besoin d'aide. Je lui avais répondu que j'allai bien. Que je n'avais besoin de rien ni de personne. Mensonge. J'allai mal, très mal, mais mon orgueil m'empêchait de lui dire. Mon orgueil, et ma peur d'inquiéter Edward.

Alors que je passai devant le bureau de Carlisle, me promenant dans la maison, j'entendis ce dernier parler à mon empathique de futur beau-frère.

-Oui, Jasper ? Que se passe-t-il ?

-Il faut que je parte. Quelques semaines. Quelques mois, je ne sais pas.

-Pourquoi donc ?

Je me fis petite contre le mur. Je me morigénai, sachant que ce n'était pas bien d'écouter aux portes.

-C'est Bella. Je… Elle ressent des choses qui… qui me dépassent. Je n'arrive plus rien à contrôler, tellement c'est fort. Elle souffre et refuse mon aide. J'ai besoin de prendre du recul.

Carlisle devait réfléchir car il ne dit rien durant un bon moment.

-Je compte en parler à Alice dans la soirée.

-Tu comptes la faire venir avec toi ?

-J'espérais plutôt qu'elle resterait avec Bella et Edward. Surtout avec Bella. Mais si elle veut venir avec moi, je ne l'en empêcherai pas.

J'entrai alors dans la pièce, juste après avoir frappé à la porte. J'étais scandalisée qu'il veuille partir à cause de moi. Ce n'était pas à lui de le faire, mais à moi. J'étais totalement responsable de ce qu'il se passait et c'était lui qui voulait s'exiler ? C'était du grand n'importe quoi !

-Bella, fit Carlisle ? Que puis-je pour toi ?

Je me retournai auprès de Jasper, la tête baissée.

-Tu n'as pas à t'en aller à cause de moi. Si tu te sens à ce point mal en ma présence, c'est à moi de partir et non pas le contraire.

-Bella, protesta Jasper. Il est normal que tu te sentes mal avec les événements qui se sont passés. Tu ne peux pas t'en aller. Tu as besoin de soutient.

Il avait raison mais je ne voulais pas céder.

Alors que je réfléchissais à ce que je pouvais faire, Edward entra dans la pièce. Il avait un air compatissant envers son frère. Il vint m'entourer les épaules de ses bras réconfortants.

-Si quelqu'un doit partir, Jasper, ce n'est certainement pas toi. Bella et moi pouvons nous en aller quelques temps dans l'une de nos résidences. Nous avons besoin de nous retrouver un peu. Ca nous fera du bien.

Carlisle médita et finit par déclarer :

-Réunion de famille dans dix minutes, à la salle à manger.

Edward m'entraina dehors. Il nous emmena dans notre chambre. Il me poussa contre le mur avec une grande douceur. Je sentis ses lèvres venir se poser contre mon cou, sa main passer dans mes cheveux. Un ronronnement naquit de mon corps. Il me surprit et je sursautai. Je n'avais pas l'habitude.

-Du calme, Bella. Ce n'est rien. Tu vas t'y faire. En ce qui concerne le fait de partir ensemble, Bella, qu'en penses-tu ? Le souhaites-tu ?

Comment pouvais-je lui refuser quelque chose lorsqu'il me parlait de cette voix suave tout contre mon oreille ? Ne l'aurait-il pas fait que j'aurai quand même été partante.

-Oui, Edward. Mais où irons-nous ?

-Je ne sais pas encore. Nous avons beaucoup de résidences à travers le monde. Celle-ci, la villa de Forks, celle du Groenland ne sont que quelques-unes parmi tant d'autres. Nous pouvons aller où tu le désires. Dis-moi un lieu, nous nous y rendrons.

Je réfléchis et je devais avouer que je n'en avais pas la moindre idée. Le temps passa à une vitesse folle et nous allâmes à la salle à manger, Edward et moi. On nous y attendait. Carlisle parla d'une voix calme, expliquant la situation.

-Voilà. Jasper ne peut plus rester en présence de Bella pour des raisons qui nous sont évidentes. Bella pense en revanche que c'est à elle de partir. Edward veut s'en aller aussi, voulant se retrouver avec Bella. Il est temps de réfléchir un tout petit peu avant de prendre des décisions qui pourraient s'avérer désastreuses.

J'écoutais calmement. Alice pensait que c'était une bonne idée de m'éloigner de tout avec Edward, ce qui n'était pas le cas de Jasper, pensant que j'étais une nouvelle-née. Son avis se tenait. Rosalie se fichait royalement de notre décision tant qu'il n'y avait pas de répercussions sur elle. Esmée voulait que nous passions du temps ensemble, Edward et moi. Rien que nous. Nous en avions besoin, selon elle, après toutes nos épreuves. J'étais en total accord avec elle. Carlisle écoutait sans bouger et Emmett était d'avis à ce qu'Edward et moi lui fassions des petits neveux. Evidemment. Il se prit plusieurs regards noirs et rigola de plus belle. Je me sentis terriblement mal à sa remarque. Ce n'était cependant pas de la gêne. Je n'aurai su dire quoi, d'ailleurs.

Puis, tout se passa très vite. Carlisle prit une décision qu'une seule personne n'approuva pas. Rosalie. Bien évidemment. Après le départ précipité des Cullen de Forks, ils n'avaient pas pu régler des détails et Carlisle pensait que la famille devait sauver les apparences en retournant là-bas. Pas moi, pas Edward. Eux. Nous, nous pouvions rester ici ou encore aller dans une autre résidence mais ils n'allaient pas nous déranger. Nous pouvions faire ce que nous voulions, aller où nous voulions. Personnellement, j'avais envie de calme. J'espérai que nous resterions là.

Puis, les détails furent approfondis. Si nous avions le moindre problème, nous devions les appeler et Carlisle prendrait une décision qu'il jugerait juste et impartiale face à la situation dans laquelle nous nous trouvions. Si le quatrième atteint venait à se manifester, nous devions nous rendre au Groenland. J'espérai que ce ne serait qu'un humain. C'était affreusement monstrueux de dire cela. Je voulais qu'il soit humain pour qu'il soit plus facile à éliminer, pour qu'il ne puisse me faire souffrir que par ma culpabilité de le voir mourir et non pas par une nouvelle séquestration.

La discussion se termina et je me levai de table, montai dans la chambre et fermai à clé derrière moi. Je ne voulais pas qu'Edward voie l'état dans lequel je me trouvais. Le mal, la peur de souffrir. De faire souffrir. Oui c'était l'enfer et je comprenais enfin pourquoi Jasper voulait s'en aller. Je ne lui en voulais pas. Je n'avais pas le droit.

Alors que j'étais prise par de violents sanglots, j'entendis frapper à la porte. C'était Edward qui me suppliait de lui ouvrir. Il voulait me réconforter. Je ne méritai pas cela. Son amour, sa protection. Je ne méritai rien de lui. Juste la douleur. La douleur aurait dû être la seule chose à laquelle je devrai avoir droit.

Je sombrai.

Voilà pour ce soir !

J'espère que vous avez aimé :)

Sinon, sachez que cette fiction prendra bientôt fin,

puisqu'elle ne compte que 32 chapitres !

A bientôt !

Bisous