Merci à Vluk (Effectivement, Dom n'a pas su se taire, pour ne pas changer ... Je ne dirais rien pour Abel/Gemma, on finira par le savoir ... Merci d'avoir pris la peine de laisser une review, ça me fait vraiment plaisir. A bientôt j'espère), UranusMarie, Isabelle Pearl, Barbiemustdie, harry-potter-fictions, Jolierosedu68 (merci beaucoup pour tes encouragements, à bientôt), et Al (J'espère que tes examens se sont bien passés, je crois les doigts pour toi ! T'inquiète, pour moi, ta review est très claire. Honnêtement, je ne pense pas que Rose se soucie de Gemma, je crois juste qu'elle a été tellement blessé dans son égo qu'elle ferait tout pour se venger d'Abel. Mais tu as raison, le rapprochement des filles commence à se voir et d'autres personnes vont s'occuper de Gemma ! Dewi/Heather, ça avance, doucement mais sûrement -on atteint bientôt le dénouement d'ailleurs-. Pour Dom, tu as raison, je pense qu'elle ne s'attendait pas du tout à ce que Gemma la prenne au mot mais, après tout, elles ont passé un bon moment quand même, même si elles ne l'avoueront jamais. Merci pour ta review et bonnes vacances à toi, la chance !)
Bonne lecture !
Je ne crois pas à la valeur des existences séparées. Aucun de nous n'est complet en lui seul
Virginia Woolf
- Maman, siffla Nella Flint. S'il te plait.
Rouge de honte, la jeune fille tenta de se soustraire à l'étreinte de sa mère -qui portait un pantalon blanc bien trop moulant pour son âge, des bottes vertes et son manteau aubergine- mais malgré sa taille fine, Maxine Flint avait de la ressource. Et, plantée au milieu de la voie 9 3/4, la réputation de la jeune Serdaigle était ruinée.
- Sois polie avec ta mère, jeune fille, murmura son père tout en la regardant sévèrement.
Si Nella avait eu un tant soit peu de courage en elle, elle aurait serré son père dans ses bras, juste pour voir s'il appréciait, lui. Fort heureusement, Maxine la lâcha quelques secondes plus tard, les yeux humides, comme à chaque fois que sa fille repartait pour Poudlard.
Craignant qu'elle ne fonde en larmes, Nella agrippa sa valise et se prépara à faire définitivement -enfin, jusqu'aux vacances d'été- ses adieux à ses parents avant de monter dans le Poudlard Express. Mais, et alors que sa mère avait le dos tourné et regardait avec émerveillement un boursoufflet que tenait un gamin de première année dans ses bras, la main de Marcus Flint s'abattit sur son épaule. Lentement, il se pencha vers sa fille et murmura, prenant soin que sa femme ne l'entende pas.
- Fais attention à toi et concentre toi sur tes études.
Nella fronça les sourcils, se demandant où il voulait en venir mais n'eut pas le temps de s'appesantir plus sur la question. Déjà, le train sifflait, signe que le départ était imminent. Docilement, elle hocha la tête et se précipita vers marchepieds, valise en main. Elle n'eut que le temps de monter à bord que, déjà, le train démarrait.
Qu'est-ce que son père avait voulu dire ? Il savait pertinemment que seules les études comptaient pour Nella, à partir du moment où il l'avait formaté pour ça. Dès son plus jeune âge, la jeune fille avait été éduqué au monde magique et, si cela aurait pu en perturber plus d'un, elle n'avait pas l'impression d'être instrumentalisée. Elle aimait ça : tout savoir sur tout. Peu de sortilèges lui résistaient, la preuve, elle était l'une des seules à pouvoir faire apparaitre un Patronus parmi les septième année, elle adorait la métamorphose et les potions -un peu moins depuis qu'Heather Moorehead était son binôme- et trouvait même un intérêt à l'Histoire de la Magie lorsque c'était Gemma qui la racontait.
Son père savait indubitablement que sa fille se concentrerait sur ses études. Pourquoi lui avoir recommandé de faire attention à elle ? Etait-ce à cause du malade qui rodait dans le château, même s'il n'avait pas frappé depuis un mois ? C'était sûr, il ne pouvait parler d'autre chose. Nella frissonna étrangement, se demandant si quelque chose lui échappait et fut heureuse de trouver son amie Gemma au bout de quelques minutes, son moral ayant baissé en flèche.
La jeune fille était assise avec Mervin Kalls, l'air fatigué mais heureuse et, lorsqu'elle ouvrit la porte du compartiment, il était en train de raconter ses vacances mouvementées. A ce qu'elle saisit, sa belle-mère avait passé son temps à le fuir, interdisant même à ses demi-sœurs de jouer avec lui ou lui parler.
- Au moins, je n'aurai pas de choix cornélien à faire cet été, grognait le gamin. Je passerai toutes les vacances chez ma mère.
A son arrivée, les embrassades et les vœux fusèrent, même Mervin s'autorisa à la serrer dans ses bras. La nouvelle année semblait avoir eu un effet bénéfique sur lui, le garçon semblait plus calme et posé. Malgré tout, Nella resta méfiante. Ce gamin avait une âme damnée cachée par une tête d'ange.
- Alors, ces vacances ? s'enquit Gemma en la regardant avec un grand sourire, relâchant la pression sur son bouquin d'Histoire de la Magie qu'elle tenait fermement sur ses jambes depuis qu'elle était entrée dans ce compartiment.
- Oh, le repas de Noël chez cette vieille tante était vraiment ennuyant. Mais papa à au moins la satisfaction de se rapprocher de sa famille. C'est un pas de plus vers la rédemption. Tu sais, je m'en veux toujours de n'avoir pas pu t'inviter le soir de Noël. Tu as du passer une soirée vraiment horrible, murmura Nella, compatissante. Je suis nulle de me plaindre alors que …
- Oh … je …, balbutia étrangement Gemma, je n'étais pas toute seule.
Intriguée autant par le ton hésitant de sa meilleure amie que par ses joues rouges, la jeune fille lui fit un signe de la tête pour la pousser à poursuivre.
- T'étais avec ce crétin de Johnson ? s'enquit Mervin, l'air soudainement grave.
Gravement atteint plutôt. Apparemment, le Serdaigle ne supportait pas qu'on s'approche de Gemma, qu'il prenait pour sa sœur, sa mère et sa petite amie en même temps. Déjà qu'elle avait du mal à trouver grâce à ses yeux, alors un garçon grand et fort comme Johnson. Enfin, elle pouvait bien se moquer du septième année, elle ne le supportait pas non plus. Malgré tout, elle préférait l'idée que Gemma passe le réveillon avec lui que seule dans la maison de ses parents avec son vieil elfe.
- Tu ne m'as rien dit dans tes lettres, lui reprocha-t-elle doucement.
- Pas Johnson, Dominique Weasley. J'étais chez les Weasley, avoua Gemma.
La seule réaction de Mervin et Nella fut d'ouvrir grand la bouche en signe d'incompréhension, avant de se lancer un coup d'œil de connivence. Cela lui faisait mal d'être d'accord avec lui sur un quelconque point mais … Gemma devenait folle. C'était la seule explication. Comment comprendre qu'elle paraissait assez s'entendre avec Weasley pour accepter une invitation d'elle ? Mais ce n'était pas ça l'important.
Nella se sentit trahie, abandonnée et son cœur se fissura.
- Il faut que j'aille patrouiller dans les couloirs, on se voit après ? s'enquit la Préfète-en-Chef sans paraitre s'apercevoir du trouble des deux Serdaigle.
Et, déposant délicatement son livre dans sa valise à moitié ouverte sur la banquette, la jeune fille lissa sa jupe d'uniforme avec un grand sourire avant de disparaitre dans le couloir du Poudlard Express. Crispée sur son siège, Nella la regarda disparaitre sans rien dire. Ce qui n'était pas le genre de Kalls, qui se tourna vers elle, les joues rouges de colère.
- Cette fille l'a enquiquiné pendant des semaines et tu vas me dire que c'est naturel de passer le réveillon avec elle ? Mais … dis quelque chose !
Penaude, Nella secoua la tête, ses longs cheveux blonds caressant son visage avec l'effet d'une claque. Lentement, elle se releva, ignora Mervin qui tentait de la retenir, sans succès et se retrouva à son tour dans le couloir. Au loin, elle apercevait encore la silhouette de Gemma mais elle ne la rejoignit pas et prit la direction opposée. Au bout de quelques secondes, elle finit par trouver les toilettes.
Lorsqu'elle en ressortit, une demi-heure plus tard, son cœur et ses yeux étaient secs, et elle retourna dans son compartiment. Mervin Kalls et ses affaires avaient disparu depuis bien longtemps.
oOoOoOoOo
- Heather !
Par réflexe, Dewi Carlson posa sa main sur le bras dénudé de la jeune Serpentard qui se retourna, sans paraitre plus surprise que ça. Par un coup de chance incroyable, la Gryffondor l'avait croisé alors qu'elle sortait des toilettes et disparaissait déjà dans le couloir pour rejoindre son compartiment et, remerciant silencieusement Merlin pour l'avoir mis sur sa route, elle avait décidé de ne pas laisser passer sa chance.
Heather était belle en son sens cet après-midi là. Avec ses cheveux lisses et clairs qui lui arrivaient sous les oreilles, ses yeux qui la fusillaient faussement et sa mâchoire crispée en signe d'énervement. Dans tous les cas, elle ne lui avait jamais fait peur et ce n'était pas maintenant qu'elle allait réussir à l'impressionner.
- Qu'est-ce que tu veux Carlson ?
- Ça va ?
La question impromptue parut déstabiliser un peu Heather et ses lèvres droites s'abaissèrent. Néanmoins, elle ne baissa pas la garde très longtemps et, bientôt, elle redevenait la reine des glaces que tout le monde connaissait.
- Moi ça va, chuchota Dewi en jetant un coup d'œil autour d'elle, alertée par des bruits de voix.
Un groupe de cinquième année passèrent près d'elle et un grand garçon roux se permit de lui demander si tout allait bien en jetant un regard sombre à Heather. C'est vrai qu'il était inhabituel de voir deux filles aux couleurs opposées discuter ensemble comme si elles étaient de vieilles amies. S'il savait … Dewi lui fit signe que tout allait bien et lui conseilla de déguerpir, le regard de la Serpentard s'étant fait plus sombre. Il était clair qu'elle n'hésiterait pas à s'en prendre au garçon, même s'il la dépassait de deux bonnes têtes. Ce dernier haussa les épaules et rejoignit son groupe d'amis en courant, lui jetant de petits coups d'œil par-dessus son épaule.
- Je crois que j'ai une touche, sourit Dewi tout en guettant la réaction d'Heather.
- Grand bien m'en fasse.
Mais, là aussi, elle avait tiqué. Dewi n'avait pas rêvé. Oh non, on n'allait pas lui faire croire qu'Heather ne ressentait plus rien pour elle, plus maintenant. Galvanisée par ce qu'elle pensait être une victoire, elle avança d'un pas vers elle, frôlant son uniforme avec une délectation non feinte. Malgré son regard noir, Heather ne fit rien pour s'éloigner. Puis, comme cette dernière l'avait fait quelques semaines auparavant pour la défier de parler à James, elle pencha sa tête par-dessus son épaule et susurra :
- J'ai parlé à James.
Ne lui laissant pas le temps de répondre, elle recula, sans cesser de sourire. Sa main se glissa par mégarde sur l'épaule de son ancienne petite-amie et elle lui frôla la joue. Puis, elle se dégagea, brusquement hésitante. Elle avait beau connaitre Heather, elle savait aussi que certaines de ses réactions étaient imprévisibles. Elle ne voulait pas être l'objet de sa colère, pas plus encore.
- Je sais, murmura Heather, alors qu'elle s'éloignait déjà, le regard fixé à l'autre bout du couloir.
Heather Moorehead attendit que la démarche féline et familière de Dewi eut disparut pour afficher un sourire ironique. Puis, tout aussi doucement, elle leva le bras et déplia sa main, la levant devant elle. Ses doigts s'abaissèrent plusieurs fois. Devant elle, à quelques pas, James Potter la fusillait délicieusement du regard.
Cela valait bien le coup.
oOoOoOoOoOo
Le lundi matin, la première heure de cours était unanimement détesté par l'ensemble des septièmes années, moins Gemma Lysenko qui était la seule à aborder un grand sourire en entrant dans la salle d'Histoire de la Magie. Mais, en ce premier jour de cours de la nouvelle année, la Préfète-en-Chef était présentement en train de courir dans les couloirs, légèrement en retard parce qu'elle avait déjeuner en tête à tête avec Abel Johnson. Ainsi, elle ne put pas voir Nella Flint passer la porte, le ventre tordu autant par l'absence de sa meilleure amie que parce qu'elle avait sauté le petit déjeuner, ne voulant pas se retrouver toute seule.
Et elle aurait sûrement été plus surprise encore que James Potter, Dewi Carlson ou même Camille Teyssier, une des commères de Poufsouffle, de voir un sac sombre tomber près de la table que Nella avait choisi, et un grand métis s'assoir à ses côtés.
Wil Jordan s'est assis à côté de Nella Flint, inscrivit Camille sur un parchemin, qu'elle passa à sa voisine, toute excitée.
Super, inscrivit laconiquement Dominique avant que sa tête ne tombe brusquement sur son pupitre, un souffle rauque sortant de sa bouche.
Plus loin, sur la gauche, Nella Flint se sentait partagée entre le mélange de joie curieuse qu'elle éprouvait à l'idée de montrer à Gemma qu'elle aussi, pouvait se trouver d'autres "amis" et l'idée pas très réjouissante de passer deux heures à côté de Wil Jordan. Lequel sortit son manuel sans mot dire, semblant vouloir lui démontrer qu'il était capable de passer deux heures à étudier tranquillement.
- T'en veux ? s'enquit-il en désignant une espèce de gâteau mâchouillé. Je ne t'ai pas vu à la Grande Salle ce matin.
Le visage de la jeune fille se figea, semblant se demander s'il était vraiment sérieux. D'après l'apparence de ce gâteau, quelqu'un en avait déjà mangé une partie. Puis, elle sourit. Parfois, Wil était aussi drôle que stupide. Mais, depuis la fois où ils s'étaient promenés dans la neige avec Dewi Carlson, elle ne l'évitait plus avec autant d'acharnement, les saluant tous les deux dans les couloirs et faisant même des efforts pour qu'ils s'améliorent en cours de Duels.
- Non merci, chuchota-t-elle.
Elle allait rajouter qu'il n'était pas obligé de la surveiller mais la porte s'ouvrit brusquement, laissant apparaitre une Gemma essoufflée comme jamais. Bizarrement, Potter, assis juste derrière elle avec Carlson ne fit aucun commentaire. Sa meilleure amie sembla chercher quelque chose dans la salle et Nella se sentit rougir jusqu'aux oreilles. C'était la première fois qu'elles ne s'installaient pas ensemble en cours et, l'espace d'un instant, elle faillit regretter d'avoir accepter la présence de Wil Jordan.
Gemma finit par la repérer et son visage s'orna d'une expression mi-surprise, mi blessé -ce qui fit mal à Nella-. Lorsqu'elle comprit qu'elle allait devoir s'assoir seule, elle prit le pupitre au premier rang, devant le bureau de Binns qui avait déjà commencé à tourner les pages de son manuel.
La jeune fille baissa furieusement les yeux vers son parchemin, se sentant observée par le Gryffondor et ne put s'empêcher de rougir furieusement.
Qu'est-ce qu'avait dit son père déjà ? Concentre toi sur tes études. Son père avait beau être un vieil ours bourru, il avait on ne peut plus raison.
oOoOoOoOoOo
- Une sortie à Pré-au-Lard ? s'enquit Camille Teyssier en fronçant les sourcils. La dernière ne leur a pas suffit ?
Elle pensait bien évidemment à Ludovic Estebald, le batteur des Gryffondor qui avait été agressé lors de la dernière sortie dans le village sorcier.
Comme personne ne lui répondait, elle se glissa entre Molly et Dominique, évita soigneusement le regard d'Arthur à qui elle n'avait pas reparlé depuis leur dernière altercation et qui lorgnait dans sa direction et tapa du poing sur la table.
-Arrêtez de toujours penser à votre estomac, s'indigna-t-elle en attrapant violemment la fourchette pleine de Dominique qui poussa un couinement effarée, mécontente de se voir interrompre pendant son rendez-vous sacré du dîner. Alors est-ce que c'est vrai ? J'ai entendu Potter et Jordan discuter dans le hall, il parait qu'une sortie est organisée.
- Tant mieux, grogna Dominique en reprenant sa fourchette tout en la fusillant du regard. J'en ai marre de rester enfermée ici.
- On est rentré que depuis trois jours, fit remarquer Isabelle avec logique.
La jolie slave resta hermétique à la grimace immature que lui fit la petite blonde, paraissant extrêmement concentrée sur sa salade de fruits, qui avait piteuse mine en cette saison hivernale. Puis, bizarrement, elle releva la tête violemment, fixant Camille avec attention.
- Mais je suis d'accord avec elle, ce n'est pas très intelligent.
- Cela fait des semaines qu'il n'y a pas eu d'agressions, objecta Anatole.
Bizarrement, Joana Mayer ricana ironiquement, regardant le garçon d'un air entendu et ce dernière la fusilla du regard. Leur échange ne passa inaperçu pour personne et ce fut Camille la première qui s'exclama :
- Qu'est-ce que vous avez ?
- Vous êtes vraiment étranges, approuva Dominique.
- Anatole a un rencart, répondit Joana, explosant bruyamment de rire. Oh, allez, c'est bon, ils finiront bien par le découvrir maintenant.
- Avec la Gryffondor ? murmura Arthur en prenant la parole pour la première fois.
Boudeur, Anatole repoussa son assiette avant d'assener une petite tape sur la chevelure châtain de Joana, ce qui redoubla le fou rire de cette dernière. Lorsqu'elle reprit son souffle, ce fut pour enfoncer un peu plus le jeune Poufsouffle.
- Oui, avec la Gryffondor … qui n'est autre que …
- Joana !
- Oh aller, c'est bon, ça fait des mois que je garde le secret. J'en peux plus, j'ai trop hâte de voir leurs tronches quand elles sauront.
- Laissez le tranquille, soupira Molly, s'il n'a pas envie …
- Crois-moi, tu veux le savoir !
De plus en plus intriguée, Dominique observa Anatole, qui avait l'air de vouloir s'enfuir en courant. Piteusement, le garçon fusilla une dernière fois Joana du regard -cette dernière lui souffla un petit baiser comme pour s'excuser- et se mit à triturer le col de sa chemise.
- Elle est moche c'est ça ? s'enquit Dominique.
- Non, elle est pas mal, répondit Isabel à sa place.
- Tu sais ? s'exclamèrent Joana et Camille en même temps.
- Evidemment, mais rassure toi, tu l'as appris avant moi, ajouta Isabel en voyant le regard soudainement glacial de Joana.
- Bon accouche, les interrompit Dominique en remarquant qu'Anatole s'était discrètement levé et était sur le point de prendre la fuite.
- Rose Weasley.
Et il disparut à grandes enjambées jusqu'à rejoindre le hall du château laissant quatre jeunes gens bouches bée, une jeune fille qui riait à gorge déployait et une autre qui contemplait la scène en se demandant ce qu'il allait advenir.
Dominique était bien trop sous le choc pour dire quoi que ce soit.
Sa cousine Rose, rebelle et têtue, fière et grande gueule, au caractère impossible avait été invité à une sortie par Anatole Bensberg, pataud et maladroit, empoté et enrobé et trop gentil pour réussir à attirer une fille dans ses filets ces sept dernières années. Pire encore : elle avait accepté.
Wahou. Elle n'arrivait pas à savoir si c'était une mauvaise nouvelle ou s'il fallait simplement en rire. Parce que ce pouvait être une blague.
- Alors ? murmura Joana en essuyant une larme au coin de ses yeux.
- C'est …
- … surprenant.
- J'allais dire mignon Dominique, lui reprocha Molly en levant les yeux au ciel. L'amour ne se commande pas. Et puis, ça fera du bien à Rose, elle est impossible à vivre ces derniers temps.
Et sa cousine de se rapprocher d'Arthur Lowell, soudainement mal à l'aise et de poser doucement ses lèvres sur sa joue.
Camille et Dominique se lancèrent un regard entendu et quittèrent à leur tour la table, voulant absolument rejoindre Anatole pour qu'il leur explique tout de A à Z.
oOoOoOoOoOo
- Et là, Lucie et Laura ont refusé tout net de monter avec moi dans le bateau, sous prétexte que j'étais capable de le faire couler. Tu parles que j'aurais dû le faire, et peut-être même que j'y avais songé, ces pestes m'avaient volé mon dessert au déjeuner. Mais c'était pas une raison pour que Daisy … c'est un prénom ça Daisy ? … se mette à pialer devant tout le monde que j'étais dangereux et qu'il fallait m'enfermer.
Cela faisait dix minutes que Mervin Kalls racontait à Gemma Lysenko, plutôt distraite et Nella Flint ses vacances de Noël. Depuis le moment où il avait commencé à geindre, cette dernière pressentait un long monologue ennuyeux, coupé de "mais non, t'as fais ce qu'il fallait" ou "Ils abusent vraiment !" et elle n'avait pas eu tort. Seulement, pour une fois, ces mots venaient d'elle et non de Gemma qui était la seule à pouvoir calmer les ardeurs du gamin.
- Et je crois que mon père y réfléchit réellement, soupira-t-il en ramenant sa main sur sa tête, effet comique qui contrastait avec le côté dramatique de la situation.
A moitié avachie sur Gemma dans un des canapés sombres de leur salle commune, tandis que Nella s'était lovée dans un fauteuil, un essai de Botanique dans les mains, le jeune garçon parlait fort sans que personne ne songe à lui demander de se taire. En quelques mois, malgré ses airs énervants et criards, il avait réussi à mettre dans sa poche la plupart des Serdaigle, même les Préfets.
- Ils te relâcheront vite, ne put s'empêcher d'ironiser Nella.
Mervin la fusilla du regard, tentant de prendre Gemma à partie, mais cette dernière avait le regard fixé sur la pendule enchantée posée entre deux fenêtres. Elle semblait attendre quelque chose mais son amie ne savait pas quoi, car elle ne lui avait rien dit.
Sans doute un rencard avec Weasley ou Johnson, songea Nella tandis que son visage se faisait plus sombre.
- Mais ça, c'était le troisième jour. Je ne vous ai pas encore dit ce qu'ils m'ont fait le sixième.
Soupir intérieur de la part de Nella qui ne savait pas ce qui l'agaçait le plus : le babillage du gamin ou l'inattention évidente de sa meilleure amie qui attendait quelque chose et agissait de façon vraiment bizarre.
- Daisy a eu l'idée d'aller au restaurant. Bien évidemment, elle n'avait pas pensé à moi et a bien été obligé de m'amener, sans doute parce qu'il lui semblait plus dangereux que je reste à la maison. J'aurais pu ensorceler ces affreuses aquarelles exposées dans le salon et peintes par ses affreuses filles, vous comprenez. Alors, au final on est sortis. Et bien évidemment, il a fallu qu'on tombe sur le serveur le plus maladroit au monde. Il a fait tomber son assiette sur Laura. Elle s'est mise à beugler évidemment …
Mervin. Mervin était vraiment le plus agaçant.
- … Et Daisy a fait un scandale. On a même pu partir sans payer ce qu'on avait déjà consommé tellement les serveurs ont en eu marre d'elle. Mais dans la voiture, elle a trouvé le moyen de m'accuser ! Vous vous rendez compte ? Ce serveur qui a trébuché, elle a dit que je l'avais ensorcelé. Quelle vieille chouette ! Mon père m'a bien évidemment puni et j'ai passé la journée du lendemain dans ma chambre. Le reste du séjour a été une horreur, grogna-t-il. J'ai demandé à ma mère d'avancer le rendez-vous avec le juge aux prochaines vacances. Il est hors de question que je remette un pied là-bas. Je déteste Daisy, Laura et Lucie ! Je déteste la France ! Et je déteste mon père aussi, il n'est même pas capable de se rendre compte que …
- C'est bien Mervin, murmura Gemma, visiblement distraite.
Sans se rendre compte de l'incongruité de la scène, la jeune Serdaigle se leva tout en lissant furieusement ses cheveux avec sa main. Elle se mordit doucement les lèvres avant de murmurer, les yeux fixés sur Nella qui avait levé le nez de son livre :
- J'ai complètement oublié mais Abel m'attend … On se voit ce soir ?
Et elle disparut hors de la salle commune, laissant sa meilleure amie et Mervin Kalls qui, bouche grande ouverte, semblant ne pas en croire ses yeux. Nella, elle, était ennuyée mais pas surprise. Après tout, elle connaissait Gemma et, contrairement à ce qu'elle leur avait dit, ce rendez-vous était prévu : elle surveillait l'heure depuis tout à l'heure. Ce qui ne l'excusait en rien.
La jeune fille poussa un petit soupir, sous les cris courroucés de Mervin. Vu le cinéma qu'il faisait, on aurait dit qu'on venait de l'amputer d'un membre.
- Non mais il lui a lancé un Imperium ce plouc ou quoi ? Et toi, tu restes assise sur ton canapé et …
- Mervin, je trouve vraiment que ce serait une bonne chose que ta mère demande ta garde exclusive. Et vu comment ton père et ta belle-famille te traitent, elle risque fort de l'obtenir. Peut-être que si tu ne le vois pas pendant un moment, ton père finira pas se rendre compte qu'il est idiot. Maintenant, tu m'excuseras mais il faut que je retourne dans mon dortoir.
La jeune fille referma doucement son livre, ayant pris soin de corner la dernière page auparavant et s'élança dans le couloir qui menait dans son dortoir, ignorant le visage médusé de Kalls qui ne s'attendait visiblement pas à une telle réaction de sa part. De loin, elle l'entendit rejoindre son amie Aurore Marin - celle avec les cheveux roux- et la taquiner sur sa dernière note en Vol sur Balai. C'était effarant de constater avec quel naturel il arrivait à passer du coq à l'âne.
D'autant plus effrayant qu'elle-même n'y arrivait pas du tout, songea Nella en essuyant une larme qui venait de tomber sur sa joue.
oOoOoOoOoOo
- Salut, lança Gemma en plaquant ses lèvres sur celle de son petit-ami.
Ce dernier esquissa un sourire avant de l'entrainer hors du hall, loin des nombreux élèves qui passaient par là. Les deux mains dans les poches, Abel Johnson marchait à vive allure sans que cela ne dérange la jeune fille qui suivait le pas avec une bonne humeur non feinte. Ce ne fut que lorsqu'il eut atteint le bord du lac et s'asseya sur une grosse pierre, à l'abri des regards, qu'il sembla se détendre.
Il tapota la place qui restait à côté de lui et Gemma ne se fit pas prier pour s'assoir à ses côtés.
- Tu as passé une bonne après-midi ? s'enquit Abel en remettant une mèche de ses longs cheveux derrière son oreille.
- J'ai fini ce devoir d'Histoire de la Magie dont je t'avais parlé, tu sais celui sur l'Histoire des Harpies. D'ailleurs c'est vraiment drôle parce que j'étais persuadé que …
- Très bien, c'est super, rigola-t-il.
Sa main se glissa dans la sienne et la Préfète-en-Chef poussa un soupir d'aise, ne paraissant pas se rendre compte de l'interruption dont elle avait été victime. Pendant quelques minutes, ils regardèrent silencieusement le soleil couchant se reflétant sur le lac, alors que le ciel devenait de plus en plus gris chaque seconde. En cette période, il faisait nuit très tôt en Ecosse, ce qui expliquait -en plus du froid- le peu de monde dans le parc.
Puis Gemma se tourna vers Abel et remarqua qu'il avait l'air pensif.
- Quelque chose ne va pas ?
Immédiatement, il lui adressa un sourire contrit, replaçant une nouvelle fois ses cheveux qui s'échappaient devant son visage, le gênant pour parler, avant de répondre.
- Non, c'est juste que … les gens parlent beaucoup de nous en ce moment.
Gemma fronça les sourcils, surprise. Mis à part cette furie de Rose Weasley qui ne racontait que des bêtises, elle n'avait jamais entendu qui que ce soit parler d'Abel et elle. Mais, après tout, elle n'écoutait pas ce qui se disait sur son passage, la plupart du temps ces derniers mois, la seule chose qui la mettait au centre des commérages était Potter et son obsession de l'humilier. Ainsi se sentit-elle idiote de ne pas avoir remarqué cela avant et comprit que cela pouvait gêner Abel.
- Cela ne me dérange pas … enfin, si, mais pas tant que ça, s'embrouilla le sixième année. En fait, ça me dérange un peu. C'est comme quand j'étais avec Rose sauf que …
- Sauf que Weasley est tarée.
Bien évidemment, elle n'avait pas parlé des abnégations que la cousine de Dominique lui avait dit le soir de Noël. Gemma trouvait cela tellement inapproprié et dicté par la jalousie qu'elle ne voyait pas pourquoi embêter Abel avec ça. C'était son problème et si Rose revenait lui parler, elle s'en chargerait. Après tout, elle avait un peu réussi à dompter sa cousine, cette dernière ne devrait pas trop lui poser de problèmes.
- Ouais, affirma Abel avec un fin sourire sans lui demander plus de détails.
La jeune fille sourit doucement avant de poser la tête sur l'épaule de son petit-ami. Petit-ami. Comme elle avait pu le confier à Nella quelques soirs plus tôt, alors que les deux filles révisaient leurs Potions, cela lui faisait extrêmement bizarre de parler d'un garçon en ses termes et encore plus d'embrasser et de tenir la main de quelqu'un. C'était étrange, gênant et doux en même temps. Il lui faudrait plus de temps pour s'habituer mais, déjà maintenant, elle savait qu'elle appréciait. Et puis, inutile de le nier, elle avait des sentiments pour ce beau jeune homme qui était le premier à s'intéresser à elle de cette façon.
- Tu sais ce qu'on va faire ? s'exclama-t-elle soudainement. Nous devrions nous voir seulement en privé, comme maintenant. Ainsi, on évite les commérages et, en plus, nous sommes réellement seuls. Bien entendu, rien ne nous interdit de nous parler dans le château mais … soyons moins proches ?
- Vraiment ? Tu voudrais faire ça ? s'enquit le sixième année, l'œil étrangement brillant.
- Qu'est-ce que ça changerait ? assura-t-elle en haussant les épaules. On se retrouve déjà ici tous les soirs !
- Très bien, alors si ça ne te dérange pas, j'accepte. Mais seulement pour quelques jours, le temps que les gens se calment, d'accord ?
Gemma hocha les épaules, approbatrice. Ses yeux verts se posèrent sur le lac, tout à fait noir maintenant. Le soleil s'était totalement couché. Dans cette position, elle ne put pas voir le fin rictus qui s'étalait sur le visage d'Abel Johnson, l'air totalement satisfait de sa personne. Cette Lysenko était encore plus gourde que ce qu'il pensait.
