J'ai publié le premier chapitre de cette traduction un 31 juillet, il y a donc précisément 4 ans. C'était un choix symbolique, et je me suis dit que ce serait dommage de laisser passer ce 31 juillet 2018 sans publier un nouveau chapitre. Cela aurait été encore plus symbolique de clôturer cette traduction aujourd'hui, mais il reste encore un chapitre après celui-ci.
Trêve de bavardages, nous souhaitons tous un joyeux anniversaire à J.K. Rowling et à Harry, et place à l'avant-dernier chapitre !
Chapitre vingt-neuf : Finale de Quidditch
. . .
« Pas dans la clameur des rues achalandées,
Pas dans les cris et les applaudissements de la foule,
Mais en nous-mêmes, sont le triomphe et la défaite. »
Henry Wordsworth Longfellow
. . .
— Bonjour, me dit James, un petit sourire satisfait sur le visage, tandis qu'il s'asseyait à côté de moi à la table du petit-déjeuner.
— Pourquoi tu souris comme ça de si bon matin ? lui demandai-je, me sentant tout à coup un peu suspicieuse.
— J'avais raison, c'est tout.
À propos de quoi ?
— Raison ? Depuis quand est-ce que tu as raison à propos de quoi que ce soit ?
James se pencha près de moi, ses lèvres frôlant mon oreille.
— Tu es une voleuse de couverture.
J'en restai bouche bée.
— Menteur !
— Je vais demander quelque chose à Kieran pour les devoirs de Sortilège, nous informa Christine avec tact en se levant.
Elle m'envoya un regard entendu, avant de s'en aller vers la table des Serdaigle.
Je jetai un coup d'œil autour de nous pour m'assurer que personne ne pouvait m'entendre, et je lui dis à voix basse :
— Je te ferais savoir que c'est toi qui voles les couvertures !
L'expression de James fut extrêmement comique.
— Quoi ?
— Oui, je me suis réveillée à 3 heures du matin, complètement gelée, car quelqu'un ne voulait pas lâcher la fichue couette.
— Eh bien, bredouilla James, c'est parce que je me suis réveillé à 2 heures du matin et que tu avais presque toute la couette pour toi !
— Tu veux dire que… on est tous les deux des voleurs de couverture ?
Je ne pus m'empêcher de rire en m'en rendant compte.
L'arrivée du courrier nous interrompit. Soif fit une embardée vers moi et déposa une enveloppe devant mon assiette. Je vis James recevoir lui aussi une lettre.
J'avais imaginé que la lettre pourrait venir de Tristan, mais l'écriture sur l'enveloppe était celle de ma mère. Je la récupérai et l'ouvris avec précaution.
Chère Éva,
Je suis très contente d'apprendre que tu as parlé avec Tristan il y a quelques jours. Je sais que ça n'a pas été une période facile et que la situation t'a beaucoup touchée. Tristan est venu dîner et a discuté avec ton père. Je ne te cache pas que j'aurais préféré que rien de tout cela ne se soit passé, mais cela s'est passé, et on s'en remettra. Tristan a mentionné le fait que Richard et Gareth ne veulent toujours pas lui adresser la parole. Est-ce que tu pourrais leur en souffler un mot ? Je sais que ça fait du mal à Tristan et cela me fait mal de voir mes enfants en froid.
Nous pourrons en discuter un peu plus lorsque vous rentrerez à la maison, mais je voulais te tenir informée. Continue de réviser pour tes ASPIC et fais de ton mieux. Elles ne sont pas dites "intensives et contraignantes" pour rien, mais fais en sorte de bien te nourrir et de dormir assez. Tu dois savoir qu'à la finale de Quidditch il y aura des dénicheurs de talents (et quelques reporters de Quidditch), et je veux que tu sois en forme.
Je t'aime,
Maman
Un post-scriptum avait été écrit de la main de mon père.
PS : si tu songes à signer avec les Tornades, je te déshérite. N'importe quelle équipe, mais pas celle-ci, et ce n'est pas une blague. Rentre tes coudes.
— Salut.
Je levai les yeux de ma lettre pour voir Fred s'asseoir sur le banc en face de James et moi. Je repliai doucement ma lettre, la rangeai dans son enveloppe, et plaçai le tout dans mon sac. À côté de moi, James fit de même.
Fred baissa les yeux vers son assiette vide puis me jeta un regard en coin, l'air embêté. James se racla bruyamment la gorge et fusilla Fred du regard.
— Éva, euh, à propos d'hier soir, commença-t-il, hésitant. Tu sais que… Je suis désolé. James est à la fois mon cousin et mon meilleur ami. Je voulais juste veiller sur lui, tu vois ?
Je hochai la tête. Je comprenais. J'aurais fait la même chose si la situation avait été à propos de Christine et Kieran. Je n'aurais probablement pas été très sympathique.
— Ce n'est pas grave, Fred, lui dis-je, sincère. Tu remplissais juste ton rôle d'ami envers James.
— À partir de maintenant, Éva Louise, fit Fred avec un sourire, je te fais confiance pour ne pas lui briser le cœur.
— Merci, le remerciai-je en me servant une cuillère de yaourt dans mon assiette.
Fred se tourna vers James, les yeux pétillants.
— Et je pense ne pas me tromper en disant que tu ne lui briseras pas le sien, étant donné que tu es fou amoureux d'elle.
James lança un morceau de saucisse à Fred, en plein dans le nez.
— Ce ne sont pas tes affaires, espèce de fouineur.
Fred remua le nez.
— C'est du gâchis de saucisse. Ah, et au fait, merci pour la cravate. Joli effet sur la poignée de porte.
Cette fois, c'est moi qui envoyai un bout de mon petit-déjeuner à Fred.
— Oh, allez ! protesta-t-il alors que le morceau de banane lui frappait le front. Vous croyiez que j'allais laisser passer une opportunité de vous taquiner alors que vous êtes restés tout seuls dans le dortoir pendant si longtemps ? Impossible !
— Eh bien essaie, lui dis-je d'entre mes dents.
Christopher apparut à côté de Fred, arborant une expression mécontente.
— Je croyais que tu allais m'attendre ! fit-il à Fred en observant le choix qui s'offrait à lui pour le petit-déjeuner.
Fred rougit légèrement.
— J'ai vu Susannah sortir de la salle commune avec ses amis, donc je les ai suivis.
— Susannah Peters ? fis-je, incrédule. Tu harcèles encore cette pauvre fille ?
Son rougissement s'aggrava.
— Ce n'est pas du harcèlement ! se défendit-il dans un cri. Elle est juste facile à embêter, et je trouve ça amusant.
— Il me semble avoir déjà entendu ça. Mais où ?! prétendit se demander James, sarcastique.
— Ça me dit quelque chose, en effet, sourit Christopher. Est-ce que ses yeux s'enflamment ?
Fred fit un bruit offusqué et mordit dans un énorme morceau de muffin.
Attendez, quoi ?
— « Est-ce que ses yeux s'enflamment ? » Par Merlin, de quoi est-ce que vous parlez ? questionnai-je les trois garçons.
Suite à cela, Fred faillit s'étouffer avec son gâteau.
— Itapdi ?
— Ferme-la, le prévint James en menaçant Fred de sa fourchette.
— Et en anglais, ça donne quoi ? demandai-je à Christopher en me tournant vers lui, dans l'espoir d'obtenir une explication.
Christopher se mit à rire
— Ce que Fred essaie de te demander, c'est : « Il ne t'a pas dit ? »
Est-ce que j'étais censée comprendre ? Je ne l'espérais pas. Il parlait sûrement la langue des sirènes. Fred finit par avaler sa bouchée et me dit :
— James. James ne t'a pas dit.
— Tais-toi, Fred, le menaça de nouveau James, les dents serrées.
Je me tournai vers James et le fixai d'un air inquisiteur.
— Pas dit quoi ? Je croyais qu'on n'était plus censés avoir de secrets ?
Pris sur le fait, James eut le bout des oreilles rougissant.
— Quand tu t'énerves, tes yeux s'enflamment et brillent encore plus que d'habitude.
Euh… pardon ?!
— Ce qu'il essaye de te dire, c'est qu'il adore quand tes yeux s'enflamment, intervint Fred, apportant son aide d'un air taquin. Avant, il faisait exprès de se disputer avec toi pour observer le phénomène.
Je haussai un sourcil.
— Ah bon ? Tu faisais exprès de m'énerver ? Pour voir mes yeux « s'enflammer » ?
— Euh… oui, lâcha James, les oreilles désormais cramoisies. Enfin, seulement depuis l'année dernière, mais… oui.
Voulait-il dire que, quand je le surprenais parfois avec son air de J'ai-envie-de-me-disputer, c'était parce qu'il voulait voir mes yeux briller (ou peu importe ce qu'il voulait y voir) ? Il le faisait exprès ? C'était quoi, cette logique masculine ?
— Tu es incorrigible.
— Tu as de beaux yeux qui s'enflamment. Extraordinaires, me répondit-il avec un sourire en coin.
— Aussi extraordinaire qu'hier soir ? s'enquit Fred d'un ton tout sauf innocent.
En réponse, James lui envoya les œufs qu'il avait recueillis dans sa fourchette.
— Hé, fais gaffe ! s'écria Fred. Ou je dis à Éva que Christopher t'a encore aidé à nouer ta cravate ce matin.
Christopher et moi éclatâmes de rire. James n'avait pas l'air amusé et lança de nouveau ses œufs sur Fred.
— Au fait, Éva, me dit Christopher en se tournant vers moi. Désolé pour hier soir. Je cherchais juste à protéger James, à jouer mon rôle d'ami.
— Je sais, lui dis-je. Je ne m'attends à rien de moins de ta part.
— Je suis content que vous ayez pu discuter pour régler cette histoire.
— Moi aussi, souris-je.
— Ouais, « discuter », fit Fred avec sarcasme.
— Fred ? l'appelai-je. Tu sais que j'ai déjà donné un coup de poing au visage de quelqu'un, non ?
— D'accord, d'accord ! répliqua Fred, les mains en l'air. J'arrête de me foutre de vous.
— Bien, acquiesçai fermement.
— Pour l'instant.
— Il ne s'est rien passé ! m'écriai-je, exaspérée.
— Voilà pourquoi c'est hyper facile de t'embêter, rétorqua Fred en souriant de toutes ses dents. Tu te comportes comme si tu étais coupable.
— Fiche-lui la paix, Fred, le menaça James d'un ton dur, qui excluait toute réponse. Ce n'est plus drôle. Arrête de la mettre mal à l'aise.
Euh, ce n'était pas drôle avant non plus, merci bien.
— Okay, soupira Fred d'un air dramatique.
Je continuai de le fusiller du regard.
— Promis, fit-il, avant d'ajouter après une courte pause : Désolé.
— J'ai l'impression que c'est à ce moment-là qu'en général quelqu'un lance de la nourriture sur Fred, s'amusa Christopher.
— Je préférerais que…, commença Fred, avant d'être interrompu par l'attaque d'un morceau de banane.
. . .
— Okay, tout le monde, appelai-je les membres de l'équipe de Quidditch. Il ne reste qu'une semaine avant le match contre Serdaigle. Donc premièrement, je vous rappelle que je ne veux voir personne se promener seul. Ce serait mieux de toujours vous assurer de vous déplacer en groupes. On n'a pas besoin d'autres accidents ou de blessures.
— Je n'arrive pas à croire que Rinaldi lance ses amis sur toi, bouillonna Nico. C'est tellement un comportement de mauvais joueur !
— Tu veux dire, de mauvaise joueuse, le corrigea Zara.
— On lui met des bâtons dans les roues dans sa quête de la Coupe, rappelai-je à Nico. Elle ne pense qu'à la fin, pas aux moyens. Les moyens n'ont pas nécessairement d'importance pour Lyra Rinaldi.
— J'aimerais tellement pouvoir prouver que c'était elle, marmonna Zara, bouillante de colère, les bras croisés sur sa poitrine. J'aimerais suivre ton exemple et lui mettre un coup dans le nez.
Je ne pouvais pas en vouloir à Zara de se sentir ainsi, pas quand j'avais moi-même envie de remettre mon poing dans la figure de Lyra Rinaldi, et surtout dans celle de Chelsea Barnett pour son sortilège du Croche-Pied. Quelle saloperie. Mais malgré mon envie presque irrépressible de riposter, je ne pouvais pas.
— On n'a pas besoin d'avoir un joueur en retenue juste avant le match, les prévins-je. On a besoin de la présence de tout le monde samedi, et en un seul morceau.
— Si seulement on avait une autre chance contre Serpentard, lâcha James, la voix terne.
Je savais exactement comment il se sentait. Je ressentais la même chose. Depuis le moment où nous avions perdu contre Serpentard lors de ce premier match, j'avais regretté de ne pas avoir de seconde chance de jouer contre Rinaldi et de battre l'équipe de Serpentard.
— Je sais, répondis-je, tandis qu'autour de moi tous nos coéquipiers hochaient la tête. Je sais. Mais c'est comme ça que fonctionne le Quidditch. Une seule chance.
— Malheureusement, psalmodia Nico, suite à quoi Bree acquiesça.
— Tout ce que l'on peut faire, c'est nous assurer que Serpentard ne remporte pas la Coupe, fit fermement Lily.
— Exactement. Maintenant, parlons stratégie, fis-je, de manière à ramener la concentration de l'équipe vers le Quidditch. Je sais qu'on en a déjà parlé, mais on ne peut pas en parler trop. On peut s'attendre à ce que Serdaigle ait une stratégie d'enfer, comme toujours. Jones, Davies et Chang jouent ensemble depuis deux ans et ils font un très bon travail. Ils anticipent les décisions des deux autres, alors ne les perdez pas de vue, aucun de vous.
— David préfère l'anneau du milieu, compléta Richard. Et Chang doit travailler sur l'efficacité de ses passes.
— Je suis contente que tu l'aies noté. Faites aussi attention à Jones car il est gaucher. Chang semble être le maillon faible, mais ne le sous-estimez pas. Vous l'avez vu jouer contre Serpentard.
Richard hocha fermement la tête.
— Est-ce que je peux de nouveau regarder tes notes sur les Poursuiveurs ? me demanda-t-il.
— Bien sûr !
Je tentai de ne pas sourire face au dévouement que montrait mon frère. Ce garçon avait été bien élevé.
— Je serai dans la salle commune après le dîner.
— Poursuiveurs ! Madeline Harper, leur gardienne, lance avec son poignet et non son épaule, dis-je, me souvenant des paroles de James sur ses compétences – du coin de l'œil, je vis les lèvres de James se mouvoir en un sourire entendu. Faites donc en sorte de tirer parti de ses lancers. En revanche, elle est bonne pour deviner quand les Poursuiveurs s'apprêtent à feindre. On va travailler ça aujourd'hui sur le terrain. Nico et Zara ! continuai-je. Watson est nouveau dans l'équipe cette année, et il est doué. Mais de ce que j'ai pu observer, lui et Higgins ne s'entendent pas toujours bien. Ils ont l'air d'être en concurrence l'un contre l'autre, donc ça pourrait vous avantager, mais n'y comptez pas trop. Je suis certaine que Harper les a rappelés à l'ordre après leur dernier match.
— Pas de problème, fanfaronna Nico, l'air fier. On sait jouer ensemble. Zara et moi, on fait une équipe d'enfer.
Zara lui sourit de toutes ses dents.
— Absolument, P'tit Gars.
Nico prit un air renfrogné.
— J'ai presque pris un centimètre cette année ! protesta-t-il avec vigueur.
Derrière lui, James pouffa bruyamment dans ses gants de Quidditch. Nico se retourna pour le fusiller du regard, ce qui n'atténua pas le rire de James.
Zara tapota Nico sur le haut de la tête.
— Tu te rends compte que même en mesurant 1,80m, je t'appellerai toujours P'tit Gars ?
— Tu es mignon comme ça, Nico, lui dit gentiment Bree, ce qui sembla ravir Nico au plus haut point.
— Bref, continuez simplement votre travail d'équipe, et travaillez vos revers de Cognards, dis-je à mes batteurs, ramenant la conversation au Quidditch.
— Maintenant, James ; tu es mille fois plus doué que Greenfield, mais garde un œil sur lui. Il a repéré le Vif d'or avant Malefoy, après tout, même s'il a perdu l'équilibre, et donc le Vif. Je veux que tu l'empêches de le voir avant toi ; s'il te devance, distrais-le. Nico et Zara, je compte sur vous pour l'y aider. Serdaigle a pour l'instant cinq cents points, et on en a cinq cent quatre-vingts. Serpentard a joué tous ses matchs et ils ont un total de mille points. Si on veut gagner la Coupe, il nous faut quatre cent trente points. James, tu sais ce que ça signifie.
James acquiesça fermement.
— Je ne peux pas attraper le Vif d'or avant qu'on ait au moins deux cent quatre-vingts points.
— Je sais que ça fait beaucoup, mais j'ai entièrement confiance en vous, leur dis-je de ma meilleure voix de capitaine. Nous sommes l'équipe qui travaille le plus, on est en excellente forme physique, et nous avons les meilleurs joueurs de l'école.
— Et c'est nous qui y mettons le plus de cœur, intervint Lily. On adore tous le Quidditch. On est tous dévoués à la tâche de devenir les meilleurs joueurs possibles. C'est ce qui nous distingue.
Eh bien, Lily Potter était tout bonnement fabuleuse. Je savais que cela avait été un bon choix que de la faire entrer dans l'équipe, il y a plusieurs mois. Elle avait prouvé à de nombreuses reprises qu'elle était une joueuse douée et dévouée.
— Bien dit ! s'écria Nico, tandis que Bree applaudissait avec enthousiasme.
James posa sur Lily un regard d'une immense fierté qui mit des papillons dans mon ventre. James m'avait dit, une fois, que Lily lui rappelait sa mère. Je me demandai si c'est ce à quoi il pensait à cet instant.
— Vous savez ce qui nous distingue ? fit Zara. On est amis. Je veux dire, regardez ces Serdaigle, qui sont en concurrence au sein de leur propre équipe, et les Serpentard, qui se battent au milieu du terrain. Au bout du compte, on joue par fierté pour Gryffondor.
Alors que je lançai un regard circulaire dans les vestiaires, observant mes joueurs, j'étais sûre de rayonner de bonheur.
Absolument géniale, cette équipe.
. . .
— Bon, ça suffit ! fis-je, dégoûtée, jetant ma plume sur la table. Je vais apprendre à devenir ambidextre.
Trois paires d'yeux s'élevèrent avec inquiétude. Christine et Kieran fronçaient les sourcils, mais l'expression de James était positivement alarmée.
— Ton poignet te fait encore mal ? me demanda-t-il, la voix pleine de panique.
— Juste un peu, essayai-je de le rassurer.
Mais en disant cela, je ne pouvais tout de même pas me mentir. La faible douleur qui revenait sans cesse dans mon poignet droit m'inquiétait un peu.
— Peut-être que tu as trop poussé à l'entraînement, suggéra Christine avec hésitation.
Je plissai le nez.
— On ne pousse jamais trop à un entraînement.
— Si, Éva, et tu le sais, me dit Kieran, l'air déterminé.
— On ne devrait pas s'entraîner demain, proposa fermement James. Laisse tout le monde se reposer une journée avant le match de samedi.
Avais-je bien entendu les mots « ne pas s'entraîner » sortir de la bouche de James Potter ? C'était quoi, cette suggestion pourrie ?
— Tu te fiches de moi ? m'enquis-je, fixant son visage en espérant y trouver l'ombre d'un sourire amusé.
En vain.
— Absolument pas.
— Mais j'ai réservé le terrain ! m'écriai-je, scandalisée par la proposition de James. Hors de question que les Serdaigle profitent de ce temps sur le terrain à notre place !
Kieran haussa légèrement un sourcil.
— Ne le prends pas mal, Kieran, fis-je, mais il faut qu'on gagne.
Il m'envoya un petit sourire et resserra sa cravate bleu et bronze.
— Permets-moi de ne pas être d'accord à ce propos.
— On peut s'étirer, ou faire quelques exercices tranquilles, expliquai-je à James. Et on peut parler stratégie, mais il faut qu'on occupe le terrain. Impossible d'abandonner ce créneau horaire, James.
— Je ne veux pas que tu prennes trop de risques et que tu te blesses encore plus, s'inquiéta James.
Il approcha ses bras et prit mon poignet dans ses mains chaudes. Il se mit doucement à masser mes muscles, étirant légèrement mon poignet. Je faillis soupirer de satisfaction. Ça faisait franchement du bien.
— Je ne me blesserai pas plus, lui promis-je.
Nous venions de nous remettre à nos révisions pour les ASPIC quand Nico et Bree se précipitèrent à notre table.
— Une des amies de Rinaldi a essayé de faire tomber Zara dans l'escalier, cracha Nico avec colère.
Je sautai immédiatement sur mes pieds. À côté, James fit de même.
— Où est-elle ?
— Elle parle aux professeurs Londubat et McGonagall, répondit Bree.
Je remarquai avec satisfaction que ni Bree, ni Nico n'était à bout de souffle. Il semblerait que tous ces tours de terrain supplémentaires avaient eu l'effet escompté.
— Ne t'inquiète pas, on a demandé au professeur Londubat de la raccompagner à la tour de Gryffondor, m'assura Nico. On suit tes conseils, et on se déplace toujours par deux.
— Foutus Serpentard, marmonnai-je. Foutue Rinaldi, me corrigeai-je, me rappelant que ni Scorpius, ni d'autres Serpentard n'avait essayé de nous faire tomber par terre ou dans les escaliers.
Nous ne pouvions pas laisser ses tactiques déloyales faire du mal à notre équipe. Gryffondor devait gagner le match. Nous n'avions pas le choix.
Non.
Il ne s'agissait pas de gagner. Ce n'était pas le but principal du Quidditch, à mon sens. Je ne pouvais pas laisser une personne vindicative me le faire oublier. Pour moi, le Quidditch, ça voulait dire donner le meilleur de moi-même. Peu importe ce que Rinaldi – ou n'importe qui d'autre, d'ailleurs – puisse faire, rien ne changerait ça pour moi.
L'équipe de Gryffondor jouerait du mieux qu'elle le pourrait, et c'était exactement ce qu'on attendait de nous. James l'avait dit : on gagne ou on perd, mais en équipe.
. . .
Chère Éva,
Nous sommes fiers de toi et de tout ce que tu as accompli cette année. Comme toujours, joue de ton mieux, et amuse-toi. Nous serons dans les gradins, à encourager notre poursuiveuse et notre gardien préférés.
Nous t'aimons fort,
Maman et Papa
PS : Rentre tes coudes !
La naissance du jour du match était grise, couverte, maussade. L'air était chargé de l'odeur caractéristique de la pluie. Je jetai un coup d'œil au plafond de la Grande Salle et fronçai les sourcils. J'aurais pu imaginer de meilleures conditions pour mon dernier match de Quidditch à Poudlard.
— Détends-toi, me dit Lily, assise à côté de moi sur le banc. Tu nous as forcés à nous entraîner dans de bien pires conditions météos. On a déjà joué sous une pluie torrentielle. Même s'il pleut pendant le match, ce ne sera probablement pas aussi difficile. Et de toute façon, de cette manière, on n'a pas à se préoccuper de l'éblouissement causé par le soleil.
Du coin de l'œil, je vis Richard sourire légèrement, un regard de pure admiration tourné vers Lily. Bizarrement, cela me calma et j'acquiesçai. Ce que disait Lily était vrai. Entièrement vrai. Tout ce qui m'inquiétait, c'était la visibilité de James à cause de la pluie. Le Vif d'or était difficile à repérer, même dans les meilleures conditions, alors sous la pluie…
— Je sais, répondis-je avec un petit sourire que j'espérai rassurant. Merci.
— Je suis attrapeur, me rappela James. Je gère.
Je serrai sa main dans la mienne pour le rassurer.
— Tu attraperas le Vif. Tu es le meilleur de l'école.
— Je croyais que tu étais contre le fait de gonfler mon ego ?
— C'est jour de match. C'est différent, lui expliquai-je d'un ton important.
Le coin de ses lèvres tressaillit, semblant retenir un sourire arrogant.
— Allez, vas-y, ne te retiens pas. Fais ton fier, lui dis-je en levant légèrement les yeux au ciel.
Je tournai mon attention vers le reste de l'équipe, vérifiant qu'ils étaient tous en train de manger.
— Allez, mange quelque chose, disait Nico à Bree.
Il lui passa une fourchette pleine d'œufs brouillés sous le nez. Elle s'éloigna et grimaça.
— Écarte-moi ça de la figure. Je déteste les œufs et j'ai déjà envie de vomir.
— Il faut que tu manges, lui rappelai-je un peu sévèrement.
Je n'allais pas laisser un seul membre de cette équipe se diriger vers le terrain le ventre vide et sans énergie.
— Dit la fille qui a à peine touché à un fruit, marmonna Lily avec un petit sourire.
— Et tu as à peine touché à ton assiette, contrai-je. Que tout le monde mange quelque chose. On a dix minutes.
Dix minutes avant d'aller aux vestiaires. Par tous les Hippogriffes ; comment cela se faisait-il que le temps ait passé si vite ?
Vingt-cinq minutes plus tard, je me tenais devant mon équipe au milieu des vestiaires. Une fois que tout le monde s'était équipé, notre nervosité s'était quelque peu estompée. Une sombre détermination se trouvait sur le visage de chacun, et j'étais sûre qu'on pouvait observer la même expression sur le mien.
C'était la dernière fois que je me tenais devant l'équipe de Gryffondor en tant que capitaine. La veille au soir, j'avais prévu quelques paroles à leur dire avant le match, pour les motiver. Maintenant que j'étais devant eux, elles ne me semblèrent pas adéquates. Tout à coup, je les trouvais banales, et je me secouai les méninges pour trouver quelque chose d'autre à dire.
— Okay ! commençai-je, de ma voix la plus autoritaire. On y est. C'est la dernière fois que l'on va jouer tous ensemble sur ce terrain en tant qu'équipe de Gryffondor. Vous avez tous travaillé très dur cette année. On était forts au début, et on a continué à s'améliorer au fil de l'année. Je suis fière d'avoir été votre capitaine. Alors on y va, et on joue pour Gryffondor. On joue pour nous. Jouons le match qu'on est capables de jouer, pour que, peu importe le résultat, que l'on gagne ou que l'on perde, on puisse repenser à ce match et être fiers de ce que l'on a accompli.
— Pour toi, on va gagner, capitaine, m'assura Nico.
— Ce n'est pas pour moi, lui répondis-je. Nous sommes une équipe. C'est pour nous tous. Ce qui est important, c'est de jouer de notre mieux.
— Allez Gryffondor ! chanta Lily, les yeux brillant de zèle et de détermination.
— Gryffondor ! Gryffondor ! Gryffondor ! Gryffondor ! reprit l'équipe, le poing en l'air.
C'était une belle vision, cette équipe de Quidditch pleine de détermination, prête à affronter ce qui se présenterait.
— Jouons comme des Gryffondor ! rugis-je, sentant l'énergie me traverser.
Alors que je resserrais les attaches de mes protège-poignets, James s'approcha de moi et me susurra à l'oreille :
— Je n'ai jamais ressenti une attirance pour toi aussi forte qu'à cet instant.
Richard, qui se tenait non loin, s'empourpra intensément et s'éloigna rapidement. Je ne pus m'empêcher de rire.
— Donc tu penses que j'ai réussi mon speech ? demandai-je à James en me mordant la lèvre.
Après tout, j'avais entièrement improvisé ce discours. James me sourit et attrapa le bout de ma queue de cheval pour jouer avec.
— Tu étais formidable. Peut-être que les dénicheurs de talents passeront au-delà de ton incapacité à garder tes coudes serrés et te proposeront de passer une sélection quand même.
— Andouille, fis-je en me mettant à rire, m'approchant de lui pour l'embrasser. Peut-être que les dénicheurs de talents passeront au-delà de ton ego surdimensionné et décideront que te donner une chance en vaut la peine.
— Arrêtez votre petit jeu de on-se-taquine-on-se-dispute-et-on-flirte, et ramenez-vous, nous ordonna Zara avec un léger sourire.
Ah, oui. Et dire que je m'étais promis que ma relation avec James n'affecterait pas l'équipe.
— Tu me distrais beaucoup trop, l'informai-je, pointant un doigt menaçant vers son visage.
En réponse, il m'envoya un rapide clin d'œil.
— N'est-ce pas !
— Vous pourrez en discuter plus tard, marmonna Richard, clairement agacé et gêné.
— Voici les Serdaigle ! cria le commentateur. Harper, Greenfield, Jones, Davies, Chang, Higgins et Watson !
L'équipe de Serdaigle s'envola sur le terrain dans une bourrasque de maillots bleu et bronze. Dans les gradins, leurs supporters remuaient des fanions en les acclamant furieusement.
— Que le meilleur gagne, me chuchotai-je à moi-même alors que nous montions sur nos balais pour nous lancer dans l'air matinal frais et gris.
Nous fûmes accueillis par un tapage d'applaudissements provenant des gradins des Gryffondor, ainsi que de quelques supporters de Poufsouffle.
— Et maintenant, Gryffondor ! Dubois, Potter, Martin, Thomas, Phelps, Dubois et Potter !
Tandis que nous entamions notre habituel tour de terrain, le commentateur continua sa présentation.
— Ce sont deux équipes très fortes qui vont s'affronter aujourd'hui. Dubois, de Gryffondor, et Harper, de Serdaigle, ont entraîné leur équipe respective particulièrement dur cette année. Cela promet d'être un match aussi excellent qu'épineux, mesdames et messieurs !
Le foule était très bruyante et turbulente, aujourd'hui. Le temps gris et quelque peu maussade n'avait pas atténué l'enthousiasme que les élèves avaient pour le Quidditch. Ils étaient debout, bras levés, tenant bannières et fanions.
Je savais que dans la masse se trouvaient des dénicheurs de talents, mais je ne m'autorisai pas à laisser mes yeux les chercher. Cela ne me rendrait que plus nerveuse. Au lieu de cela, je cherchai Christine dans les gradins des Serdaigle, mais je ne la vis pas. D'habitude, elle ressortait beaucoup, avec son écharpe rouge et or. Mais lorsque je volai près des gradins des Gryffondor, je l'aperçus, jumelles pendues autour du cou, assise avec Roxanne, Sorcha et Gemma. Toutes les quatre étaient en train de crier et tenaient, avec d'autres, une bannière rouge et or sur laquelle on pouvait lire : « Lance droit le Souafle, Éva ! ».
Sentant un sourire fendre mon visage, je leur fis un signe joyeux de la main. La veille au soir, j'avais fredonné l'hymne du Club de Flaquemare : Repoussez les terribles Cognards et lancez droit le Souafle. Elles savaient à quel point je voulais jouer pour Flaquemare, et elles étaient là, elles me soutenaient, même Gemma. En voilà, une surprise. Peut-être qu'elle m'avait enfin comprise, ou alors c'est qu'on lui avait lancé un sortilège d'Allégresse.
Au premier rang des gradins se tenaient Fred, Al, Hugo et Gareth, ainsi que des amis de Richard, Gareth et Hugo. Tous les garçons s'étaient peint le visage de couleurs rouges et dorées et faisaient virevolter des banderoles magiques sur lesquelles on pouvait voir des lions rugir. Fred et Al tenaient une grande bannière faite main qui disait : « La Coupe aux lions ! ».
Et là, est-ce que c'était bien… Oui ! Derrière le groupe de garçons, à côté de Rose, était assis Scorpius Malefoy. Scorpius était dans les gradins des Gryffondor. Par Merlin, s'il ne faisait pas attention, il serait le prochain sur la liste « à abattre » de Rinaldi.
Alors que nous nous mettions en position, je sortis tout ceci de mon esprit et jetai un coup d'œil aux membres de l'équipe de Serdaigle. Ils semblaient tout aussi déterminés que les Gryffondor. Le commentateur avait raison ; ce match ne serait pas simple.
— Je veux un match propre et un jeu respectueux, nous informa Madame Bibine de sa voix la plus stricte.
Elle siffla et lança le Souafle dans les airs.
Je m'élançai sur mon balai, qui partit vers le haut, et j'attrapai le Souafle rouge. Les poursuiveurs de Serdaigle m'encerclèrent immédiatement, me poussant à faire une passe hâtive et à laisser tomber le Souafle. Ha ! Plutôt improbable !
D'un mouvement net, je permis à mon balai de perdre de l'altitude, ce qui prit de court les poursuiveurs de Serdaigle. Puis, du coin de l'œil, je vis Bree, à son poste. Je lançai le Souafle légèrement derrière moi. Bree coinça la balle rouge sous son bras et, en accélérant soudainement, s'envola vers les paniers de but adverses.
Lily et moi la suivîmes de l'autre côté du terrain, flanquées par les poursuiveurs de Serdaigle, qui avaient clairement l'intention de ne pas nous laisser garder le contrôle du Souafle. Je croisai le regard de Lily et fis un petit hochement de tête. Elle acquiesça en réponse, comprenant ce que j'avais voulu lui communiquer.
— Martin manque son but. Le gardien de Serdaigle, Harper, remet le Souafle en jeu, expliqua le commentateur.
Harper lança le Souafle en direction de Jones, qui l'attrapa avec dextérité. Lily, Bree et moi reprîmes notre formation. Bree et moi nous occupâmes de bloquer les deux autres poursuiveurs, tandis que Lily volait près de nous, tentant de faire en sorte que Jones lâche le Souafle.
Jones jeta un regard autour de lui et vit que ses coéquipiers poursuiveurs étaient occupés. Relevant son balai, il changea de direction et se positionna derrière nous. C'était une bonne tactique, à laquelle je ne m'attendais pas. Jones passa facilement le Souafle à Davies, qui traversa le terrain à toute allure.
— Dubois bloque Davies ! Nous sommes toujours zéro à zéro.
Tandis que Chang et moi nous jetions tous les deux sur le Souafle lancé par Richard, un Cognard vint vers nous en sifflant. Avec un regard au Souafle, puis à Chang, je pris ma décision et fis une roulade sur le côté. Chang me regarda d'un air paniqué, puis roula sur le côté à son tour.
En-dessous de moi, Lily se faufila et se saisit du Souafle avant que Davies ne puisse faire de même. L'un des batteurs de Serdaigle, Watson, envoya un Cognard vers Lily, mais Zara l'atteignit avant lui et l'envoya valser dans le sens inverse avec un sourire. Mais le mal était fait. Lily avait lâché le Souafle et Jones l'avait récupéré.
— Jones, Davies, Jones, Chang… et Chang marque ! Dix points pour Serdaigle ! hurla le commentateur.
Les gradins des Serdaigle explosèrent sous les applaudissements et les cris de joie, et je lâchai un juron tout bas. Pour une équipe et leurs supporters, être les premiers à marquer donnait indéniablement un coup de boost au moral.
Lily réussit à attraper le Souafle lors de sa remise en jeu. Elle me le passa, je le lui renvoyai, Lily le passa à Bree, Bree me le passa. Nous nous fîmes des passes rapides, cherchant à désorienter les Serdaigle pour qu'ils ne devinent pas notre objectif. D'un signe de tête précis, je signalai aux deux filles qu'il était temps de nous mettre en position pour notre Attaque en faucon modifiée.
Nous passâmes la ligne qui marquait la moitié du terrain et formâmes un V serré et contrôlé. Alors que nous traversions le terrain à toute allure, les autres joueurs s'écartèrent rapidement de notre chemin.
— Dubois marque, Gryffondor rattrape son retard ! Dix points partout !
Des hurlements d'approbation jaillirent des gradins des Gryffondor.
— Gryffondor ! Gryffondor ! Gryffondor !
Vingt minutes plus tard, Gryffondor était en tête, mais de seulement vingt points. Le score était 50 à 30. Dans le même temps, le ciel avait continué de s'assombrir, et je savais que nous devrions très bientôt jouer ce match sous la pluie... Naturellement, c'est ce moment que choisit la pluie pour commencer à tomber du ciel. Lily avait eu raison – l'équipe de Gryffondor avait enduré des entraînements bien pires que ce à quoi nous devions faire face aujourd'hui. Le vent était faible et la pluie tombait verticalement plutôt qu'en biais. Si une averse était inévitable, ce type de pluie était, d'entre tous, le meilleur que nous puissions espérer avoir. Cependant, j'étais contente que mon équipe se soit bien entraînée, puisque n'importe quelle pluie réduisait le champ de vision.
Lancé par Richard suite à une tentative de but manquée de Serdaigle, le Souafle était en train de foncer sur moi, quand Davies apparut de nulle part. Alors que nous nous jetâmes tous les deux sur le Souafle, son coude entra en collision avec mon nez et je laissai échapper un cri de douleur.
— Aïe ! fit le commentateur. On dirait que Dubois s'est pris un coude dans la figure. Mais pas de pénalité, car on ne dirait pas que ç'ait été fait exprès.
J'ignorai la douleur aiguë dans mon nez et me concentrai plutôt sur le Souafle, dont je voulais reprendre possession. Davies s'en était emparé lorsque ma main avait volé à mon nez pour le tâter avec précaution.
Je pouvais goûter le sang qui coulait lentement de mon nez jusqu'à mes lèvres, mais, au moins, la pluie sembla en nettoyer la majeure partie. C'était déjà ça.
— Potter se prend un Cognard dans la jambe ! Ça n'a pas l'air trop grave, il l'a juste effleuré. Il aura un beau bleu, mais heureusement que Potter a de bons réflexes ! Et Thomas et Phelps font des revers parfaits. Dubois a vraiment fait du bon travail sur ses joueurs durant cette saison. Beau travail d'équipe !
Aux paroles du commentateur, mon cœur se réchauffa un peu, mais je gardai ma concentration sur Davies et le Souafle. Si James avait juste été effleuré par le Cognard, alors il allait bien. Je ne pouvais pas me laisser distraire par une blessure superficielle.
Le match sembla s'étirer longuement, sans que la fin ne se fasse entrapercevoir. Gryffondor et Serdaigle se valaient beaucoup, particulièrement en termes de poursuiveurs et de batteurs. Là où, je l'espérais, nous serions en supériorité, ce serait pour James. Cela ne faisait rien que Scorpius ait battu James lors de notre premier match. En ce qui me concernait, James était le meilleur de l'école. Il pouvait faire toute la différence.
À travers la pluie, je lançai un bref coup d'œil au panneau de scores et y lus Gryffondor 200 – Serdaigle 170. Il nous manquait encore quatre-vingts points pour que James puisse attraper le Vif d'or. En attendant, lui, Nico et Zara devaient garder un œil sur Greenfield pour l'empêcher de l'attraper et de mettre fin au match. Si Greenfield l'attrapait à ce moment précis, Serdaigle gagnerait le match et serait deuxième dans le classement final. Serpentard serait premier, tandis que Gryffondor terminerait troisième ou quatrième.
La pluie rendait le Souafle glissant, ce qui posait quelques soucis aux poursuiveurs. Même avec nos gants, nous nous servions beaucoup du bout de nos doigts. En tentant d'attraper une passe de Bree, mes doigts glissèrent et, soudain, la balle m'échappa. Dans un moment de confusion (et de stupidité), je fis un mouvement sec et désespéré pour rattraper le Souafle, mais au lieu de cela, ma main retomba lourdement, doigts en premier, sur le manche du balai de Chang.
En soi, ce n'était pas si terrible, mais quelques instants plus tard, une passe en diagonale mais puissante de Lily me poussa à récupérer le Souafle d'un mouvement irréfléchi de la main. Je grimaçai en sentant deux des doigts de ma main droite se déboîter. Je me rappelai fermement de mettre la douleur de côté. J'avais déjà joué avec des doigts déboîtés plein de fois. J'avais même joué avec un bras cassé. Cela aurait pu être pire. Je pouvais y arriver. Absolument.
— On dirait bien que Dubois s'est de nouveau blessée. À la main, il semblerait.
J'eus envie de frapper ce commentateur de Poufsouffle à la tête avec une batte de batteur. Je savais qu'il ne faisait que son travail en rapportant les événements du match, mais je ne tenais pas particulièrement à ce que l'équipe adverse sache que ma main était blessée.
— Ça va, Éva ? m'appela Lily, la voix empreinte d'inquiétude.
— Ça va ! répondis-je, tentant de paraître joyeuse.
Je ne voulais pas que les autres s'inquiètent pour moi. L'équipe avait besoin de se concentrer sur le match, pas sur ma blessure. Cependant, attraper le Souafle était déjà suffisamment compliqué à cause de la pluie, mais il fallait maintenant que je l'attrape avec des doigts déboîtés. J'aurais pu supporter la douleur de ma main, mais la pluie multipliait le tout par cent.
Je réussis à intercepter le Souafle que me passa Bree, mais je le passai immédiatement à Lily, à cause de la douleur dans ma main droite. Aïe ! Encore pire… Cela avait été une passe maladroite, et je le savais. Et malheureusement, les poursuiveurs de Serdaigle le savaient aussi.
— VIF D'OR EN VUE !
En voyant James et Greenfield descendre en piqué, mon cœur se serra. Le hurlement de la foule s'intensifia, tous les yeux sur les deux silhouettes qui volaient à toute allure vers le sol. Non, non, non ! Le match ne pouvait pas encore prendre fin. Je sentis les battements de mon cœur devenir irréguliers. Allez, James, je t'en prie !
— POUR GRYFFONDOR ! mugit Nico, dont le rugissement eut pour écho un Cognard qui apparut soudain à droite, déviant Greenfield de sa trajectoire. Alors que ce dernier s'écartait du chemin, il entra presque en collision avec James, dont la course avait également été stoppée. Mais cela n'avait pas d'importance, car Nico nous avait sauvés en empêchant le match de s'arrêter si vite. Je me demandai si James avait déjà vu le Vif d'or avant cette action et avait pris son temps, comme on en avait parlé.
Nico fit un high five triomphant à Zara, tandis que les supporters des Serdaigle laissèrent échapper un soupir de déception collectif, et ceux de Gryffondor, des cris d'encouragement. Je fus traversée par le soulagement. Le match n'était pas terminé et nous n'avions certainement pas fini de nous battre.
Mais alors que le match progressait, les choses n'étaient pas réjouissantes pour Gryffondor. Zara avait reçu un Cognard au bras gauche (qui n'était heureusement pas son bras dominant), Lily s'était elle aussi déboîté un doigt, et Serdaigle nous avait rattrapés et menait maintenant avec trente points d'avance. Mais les Serdaigle n'étaient pas en meilleur état. Harper et Chang s'étaient aussi fait toucher par des Cognards. Harper aurait un hématome aux côtes, Davies s'était blessé à l'épaule, et Zara avait donné un coup de coude volontaire dans le visage de Higgins, ce qui nous avait valu une faute.
Je fis signe à Lily et Bree pour nous mettre en formation. Avec nos blessures à la main (et mon ancienne blessure au poignet), les passes que Lily et moi faisions n'étaient plus aussi bonnes qu'elles auraient dû l'être, et cela se voyait. Voir que je laissais des doigts déboîtés m'empêcher de jouer au mieux de mes capacités me donnait envie de me mettre des claques. Il fallait que je gère mieux la douleur et que je mette tout ce que j'avais en moi pour jouer au mieux. C'est ce que j'avais dit à mon équipe avant le match. Jouons le match qu'on est capables de jouer, pour que, peu importe le résultat, que l'on gagne ou que l'on perde, on puisse repenser à ce match et être fiers de ce que l'on a accompli.
— Les blessures des deux côtés ont un impact sur plusieurs des joueurs, plus particulièrement sur Lily Potter et sur la capitaine, Éva Dubois, chez Gryffondor, et sur Harper et Chang, chez Serdaigle. C'est un match très serré !
J'étais capable de plus que ce que je faisais actuellement. Malgré la douleur et les lancements dans mes doigts, et malgré la vive douleur dans mon nez, je pouvais faire mieux. Il le fallait. Je n'avais tout simplement pas le choix. Lorsque le Souafle fut de nouveau lancé dans ma direction, je m'en emparai avec dextérité, ignorant la douleur, et je le plaçai en sécurité sous mon bras, les coudes serrés. J'espérai que, quelque part dans les gradins, mon père me regardait et approuvait la position de mes coudes.
Après avoir marqué deux fois, je sentis une nouvelle énergie sur le terrain. La foule des Gryffondor applaudissait avec une nouvelle vigueur. J'entendis des voix hurler mon nom et m'encourager, me disant de « lancer droit le Souafle ».
— Dubois lutte vaillamment contre sa main blessée, fit le commentateur. Regardez-moi cette technique !
Je ne pus m'empêcher de sourire de toutes mes dents. Regardez-moi cette technique. Bien vu, monsieur Poufsouffle.
James fit une feinte de Wronski qui dupa Greenfield, qui pensa que James avait repéré le Vif d'or. Quand Greenfield heurta le sol au moment même où James remonta brusquement son balai pour éviter de justesse la collision, la foule lâcha une exclamation. Greenfield se releva lentement et secoua la tête. Il enfourcha de nouveau son balai pour rejoindre le match, mais ses mouvements n'avaient pas l'air très coordonnés.
La pluie continuait de tomber, et le match se poursuivait. Il était difficile de dire depuis combien de temps nous étions là-haut. On aurait dit que cela faisait des années. Nous nous approchions enfin des deux cent quatre-vingts points, mais le score des deux équipes ne s'éloignait jamais de plus de vingt points. Richard faisait un travail remarquable devant ses anneaux, empêchant bien plus de Souafles d'entrer qu'il n'en laissait passer.
— POTTER A VU LE VIF D'OR !
Gryffondor 280 – Serdaigle 270, disait le panneau d'affichage. J'eus l'impression que tout l'air de mes poumons s'échappa de mon corps. Dans quelques instants seulement, le match pouvait prendre fin…
Tout le monde s'arrêta pour observer James plonger dans les airs derrière le Vif. Greenfield n'était pas loin derrière. Mon cœur se serra dans l'attente angoissante, et je me tins au Souafle comme si ma vie en dépendait.
À travers la pluie, je vis James tendre le bras devant lui et faire un geste comme pour attraper quelque chose, puis faire un bond en arrière alors qu'un Cognard le frappait au bras droit. Il serra son bras près de son corps et continua sa poursuite du Vif, tenant désormais son balai d'une main seulement. James s'approchait de plus en plus du sol… D'une seconde à l'autre… Il tendit sa main gauche, pilotant maintenant son balai avec ses genoux, puis…
— JAMES ! hurlai-je en voyant mon petit ami se précipiter en avant et basculer par-dessus le manche de son balai, cinq mètres au-dessus du sol. En heurtant le terrain, il fit de son mieux pour amortir sa chute dans une roulade, mais son bras blessé le gêna et il termina comme un tas sur la pelouse mouillée.
Les spectateurs observèrent la scène dans un silence de mort. Mon cœur menaçait de s'échapper de ma poitrine tant il était rempli de l'inquiétude que je ressentais, mais je ne relâchai pas le Souafle pour autant, prête à continuer à jouer. Puis, très lentement et avec beaucoup de prudence, James se releva et brandit sa main gauche au-dessus de sa tête. Son expression était pleine de douleur, mais aussi triomphante. Le petit Vif d'or cherchait à s'échapper d'entre ses doigts.
— Il l'a fait ! James Potter a réussi ! GRYFFONDOR GAGNE ! hurla le commentateur. Je n'arrive pas à croire ce que je viens de voir… Mesdames et messieurs, voilà un match digne d'un livre des records ! Un match de presque quatre heures trente, avec un score incroyablement serré du début à la fin. Mais Gryffondor gagne ce match, et, oui, avec seulement dix points d'avance, Gryffondor gagne la Coupe de Quidditch !
Les gradins explosèrent, tandis qu'une centaine d'élèves de Gryffondor et beaucoup de Poufsouffle éclatèrent dans des rugissements quasiment assourdissants. Ils se mirent rapidement à quitter le stade et à descendre sur le terrain pour féliciter l'équipe.
Je fis atterrir mon balai pour me mettre à chercher James, mais la foule et la pluie m'empêchèrent de l'apercevoir. J'espérais qu'il allait bien. Entre ce qui ressemblait sans aucun doute à un bras cassé et cette chute de cinq mètres, un séjour à l'infirmerie était terriblement nécessaire.
Nico fut le premier à m'atteindre, m'enfermant dans une étreinte violente. Il avait beau être petit, il faillit me faire tomber par terre, sur l'herbe trempée du terrain.
— Je t'avais bien dit qu'on y arriverait, capitaine ! hurla-t-il dans son embrassade.
Soudain, Bree, Zara, Lily et Richard apparurent également en sautant et en hurlant leur excitation.
— Je n'arrive pas à y croire ! On l'a fait ! s'écria Bree, des larmes de joie faisant briller le coin de ses yeux bruns.
— Tu as intérêt à y croire rapidement, parce qu'on a vraiment gagné ! cria Lily en sautillant, le poing en l'air en signe de victoire.
— Superbe jeu, P'tit Gars, fit Zara en serrant affectueusement Nico dans ses bras.
Puis James se trouvait devant moi. Son maillot était complètement trempé et ses cheveux, collés à sa tête. Sans un mot, il me montra le Vif d'or qui cherchait toujours à s'échapper de sa main gauche. On aurait dit qu'il s'était fait piétiner par une horde d'hippogriffes, mais ses lèvres formaient un énorme sourire qui fit rater un battement à mon cœur. Peut-être deux.
Je réduisis la distance qui nous séparait et étais sur le point de jeter mes bras autour de son cou, quand je m'arrêtai brusquement.
— Tu es blessé, dis-je. Ton bras.
En réponse, il m'attira à lui et me serra fortement, avant de me soulever et de me faire joyeusement tourner. Faisant attention à mes doigts, je liai mes bras autour de sa nuque pour l'aider, vu qu'il ne me tenait qu'à un seul bras.
— James, par Merlin, on a gagné la Coupe ! criai-je au-dessus de tous les autres hurlements qui provenaient toujours des gradins et des élèves qui se tenaient sur le terrain.
— Tu as été géniale ! s'écria-t-il à son tour. On a été géniaux ! Par Godric, je n'oublierai jamais ce match.
Je m'écartai légèrement pour pouvoir regarder James dans les yeux, mais mes bras restèrent fermement autour de son cou. Il m'observait tendrement de ses iris noires et chaleureuses, mais avec une étincelle que je n'avais encore jamais vue dans ses yeux. Alors même que mon maillot était trempé et que j'étais gelée, je sentis une douce chaleur prendre place dans le creux de mon ventre. Un peu comme si j'avais avalé une longue gorgée de bièraubeurre.
Il enfouit le Vif dans une poche de son maillot, puis prit mon visage dans ses mains calleuses et se baissa pour que nos lèvres se rencontrent. Mes mains plongèrent dans ses cheveux humides, tout en cherchant à le rapprocher de moi. C'était un baiser intense, et nous ignorâmes la pluie, nos coéquipiers, la foule, nos blessures, tout. À cet instant précis, il n'y avait que nous.
— Allez, vous deux ! nous interrompit Nico en faisant son apparition sous la pluie.
— Ton timing est pourri, P'tit Gars, grogna James en se séparant de moi.
— Ils apportent la Coupe, le raisonna Nico. On ne peut pas laisser la capitaine gagnante louper ça !
Il était absolument hors de question que je rate le moment où je pourrais tenir la Coupe de Quidditch entre mes mains en tant que capitaine de l'équipe de Gryffondor. J'avais attendu ce moment durant toute ma carrière à Poudlard.
— On ferait mieux d'y aller, capitaine, sourit James.
Je lui rendis son sourire.
Parfois, je m'étais demandé si ce moment – s'il arrivait un jour – serait à la hauteur de ce que j'avais imaginé dans ma tête pendant toutes ces années. Mais je n'aurais pas dû m'inquiéter, car soulever la Coupe de Quidditch, dorée et brillante, au-dessus de ma tête, sous les acclamations de la foule pour Gryffondor, était encore mieux que dans mon imagination.
Le public chantait encore frénétiquement, et on prenait des photos de la scène. Tous les membres de l'équipe de Gryffondor eurent l'occasion de porter la Coupe et de la soulever pour célébrer la victoire.
— Éva ! Richard !
— Papa ! répondis-je, joyeuse.
Lorsqu'il m'atteignit, mon père m'emprisonna dans ses bras.
— Je suis tellement fier de toi, me dit-il.
Et j'entendis la fierté dans sa voix, qui me rendit aussi heureuse que de tenir la Coupe de Quidditch entre mes mains. Il me libéra, s'écarta et m'observa.
— Excellent travail, pour tes coudes, Éva.
— Éva, oh, ma chérie !
Et ma mère apparut soudain, à l'affût de mes blessures.
— J'étais tellement inquiète, quand ton nez s'est mis à saigner. Attends.
Elle sortit sa baguette et lança un Tergeo pour enlever le sang séché de mon visage. Ah, je me sentais bien mieux.
Ma mère se tourna ensuite vers Richard, qui venait de serrer la main de mon père.
— Richard, tu n'es pas blessé ?
Il secoua la tête et plissa le nez pour montrer son rejet d'attention maternelle.
— Superbe jeu, capitaine.
Je me retournai pour voir Tristan, mal à l'aise, les mains dans les poches de son pantalon. Elena se tenait à côté de lui, accrochée à son bras. Par le caleçon de Merlin, qu'est-ce qu'elle fichait ici ?
— Tristan, fis-je, gênée. Tu es venu.
— Bien sûr que je suis venu. Je n'allais pas louper ton dernier match à Poudlard.
— Ta petite équipe a très bien joué, Éva, me dit Elena de cette voix trop polie qu'elle avait toujours. Je suis très impressionnée. Il y avait des recruteurs de talents des Tornades dans les gradins, tu sais. Je serais très surprise que tu ne reçoives pas d'offre de leur part pour passer les essais pour intégrer la réserve.
— Euh, merci, dis-je d'un ton légèrement dédaigneux.
Si je recevais une offre des Tornades pour participer à leurs essais, je la jetterais directement à la poubelle. Ou peut-être au feu de la salle commune.
— Pense bien à ce que je t'ai dit, quand on a déjeuné ensemble, me rappela Tristan.
J'allais répliquer, quand, surgissant de nulle pas, Fred manqua me plaquer par terre, à la manière d'un joueur de rugby.
— ÉVA LOUISE, espèce de magnifique joueuse de Quidditch !
Apparemment, le maquillage de Fred était waterproof, car la pluie ne l'avait pas effacé du tout. Les rayures diagonales rouge et or s'étendaient toujours avec précision sur son visage. Christopher n'était pas loin derrière Fred, portant un T-shirt rouge et du maquillage doré. Quelqu'un (probablement Fred) avait mis du maquillage dans ses cheveux.
— Louise ? entendis-je ma mère demander à Richard.
Elle avait l'air perdue, ce qui était logique, puisqu'elle et mon père m'avaient prénommée Éva Rebecca. Richard haussa les épaules.
— C'est Fred. C'est la meilleure explication que je puisse te donner.
C'était une bonne explication.
— Merci, Fred, fis-je avec un énorme sourire, lui rendant son étreinte.
— C'était… waouh, me félicita Christopher. Je savais que tu étais douée, Éva, mais je ne savais pas que tu l'étais autant ! Comment vont tes doigts ?
— J'essaie de ne pas y penser, admis-je.
— Prête à rencontrer les Potter ? me lança Fred avec un clin d'œil.
Christopher sourit de toutes ses dents. Je sentis mes yeux s'arrondir et ma peau pâlir.
— Quoi ?!
Fred posa ses mains sur mes épaules et me força à me retourner.
— C'est parti !
James s'approchait de moi, accompagné de ses parents, d'Al et de Lily. Derrière eux se tenaient d'autres membres de leur famille, mais ils restèrent en arrière. Par tous les hippogriffes, j'allais rencontrer Harry Potter. Je veux dire, j'avais grandi avec un père célèbre et une mère connue, mais le père de James avait battu Voldemort. Peu importe ce que James ait à en dire, c'était un tout autre niveau de célébrité.
Lily jetait des coups d'œil surexcités en direction de ses parents, puis dans la mienne. Enfin, elle me fit un geste joyeux de la main et s'éloigna pour aller parler à Richard et à mes parents.
— Bravo ! me salua Al.
Il portait une bannière Gryffondor et quelqu'un (encore une fois, je suspectai Fred) lui avait peint un grand G rouge et or sur les joues. Derrière lui, je vis Roxanne, Rose et d'autres membres de la famille Weasley discuter avec animation.
Harry Potter ressemblait trait pour trait à Al, mais en plus vieux. Il avait les mêmes cheveux noirs désordonnés, les mêmes yeux verts brillants, une fine et grande carrure. Il m'était également possible de voir une ressemblance entre James et son père. James avait hérité de sa taille, de sa carrure et de ses cheveux en bataille. Cependant, ses yeux étaient ceux de Mrs Potter, et ses traits et son sourire étaient une version masculine de ceux de sa mère. Ginny Potter était une femme très jolie, avec des cheveux d'un roux flamboyant, de chaleureux yeux bruns, et un sourire un peu espiègle.
— Éva, je te présente mes parents, Harry et Ginny Potter. Maman, Papa, voici Éva. Ma petite amie.
En prononçant ces mots, James rougit un peu.
— Je suis ravie de vous rencontrer, leur dis-je en tendant ma main pour serrer celle que Mr Potter me proposait, avant de me souvenir que j'avais des doigts déboîtés. Je finis par changer de main et lui proposer maladroitement ma main gauche.
Je laissai échapper un rire nerveux, et les lèvres de Mr Potter frémirent alors qu'il me serrait la main. Ne voulant pas paraître malpolie, j'empêchai mes yeux d'errer vers son front et sa célèbre cicatrice en forme d'éclair.
— On a beaucoup entendu parler de toi, Éva, me dit Mrs Potter en me souriant amicalement.
— Oui, beaucoup, insista Mr Potter en acquiesçant. Tu prends beaucoup de place dans les lettres de James.
— Papa ! protesta James, l'air totalement embarrassé.
— On t'avait prévenu de ce qui se passerait quand tu nous présenterais une fille, avant même que tu sois en âge de t'y intéresser. Tu ne vas pas m'empêcher de faire honte à mon aîné, si ?
— N'oublie pas qu'on va aussi rencontrer Richard, lui rappela sa femme d'un air enjoué. Celui qui fréquente ton unique fille.
— Je ne suis pas près d'oublier ce détail ! marmonna Mr Potter.
Malgré toute ma précédente inquiétude, je me sentis sourire. Les Potter étaient si… normaux.
— Richard n'est pas trop horrible, je suppose, dis-je avec un brin de sarcasme dans la voix, en jetant un coup d'œil à mon frère et à Lily.
— Tu as joué de manière fantastique aujourd'hui, Éva, me félicita Mrs Potter. James nous a dit que tu aimerais jouer professionnellement aussi.
— Oui.
— J'ai vu de nombreux dénicheurs de talents dans les gradins, observa Mr Potter. Après ce match, je pense que vous allez tous les deux recevoir de nombreuses offres. Laisse-moi deviner ; tu veux rejoindre Flaquemare ?
— Je plaide coupable, m'amusai-je. Mes parents m'ont élevée en fan absolue de Flaquemare. Enfin, mon père, surtout. Je veux dire, ma mère adore le Quidditch aussi, évidemment, mais c'est mon père, le vrai fanatique.
— Je devrais aller dire bonjour à Olivier, fit Harry. C'était mon capitaine de Quidditch de ma première à ma troisième année. Je me souviens encore du jour où McGonagall l'a interrompu en plein cours pour lui dire qu'elle lui avait trouvé un attrapeur. Je croyais qu'elle allait m'expulser.
Il sourit légèrement au souvenir.
Mrs Potter m'envoya un sourire chaleureux.
— Eh bien, bonne chance pour tes essais, Éva. Si je peux en juger par le match d'aujourd'hui, les dénicheurs seraient fous de ne pas t'envoyer plusieurs offres. James, invite-la à dîner cet été. On aura très envie d'entendre parler de tes essais.
— Merci, Mrs Potter.
Elle fit un geste de la main.
— Non, appelle-nous Ginny et Harry.
— Oh, lâchai-je, mon mot préféré en cas d'inconfort s'échappant naturellement de ma bouche. Merci, Ginny.
Me tournant vers James, je lui offris un sourire taquin et lui demandai :
— C'est ton tour. Prêt à rencontrer mes parents ?
— Rencontrer Olivier Dubois ?
Je levai les yeux au ciel.
— Je viens de faire la connaissance de Harry et Ginny Potter. Je crois que tu pourras t'en sortir avec Olivier Dubois.
— Mais c'était simplement Maman et Papa !
— Pour toi, oui ! lui fis-je logiquement remarquer en lui poussant gentiment l'épaule. Et Olivier Dubois est juste mon père à moi !
Derrière nous, j'entendis Harry et Ginny se moquer de nous. Je me sentis rougir abondamment. Peut-être que j'aurais dû penser au fait qu'ils étaient juste à côté et qu'ils pouvaient entendre notre conversation avant de parler. Oups. Terriblement gênant.
Alors que nous nous approchions de ma mère et de mon père, je les vis en pleine conversation avec Lily et Richard. Gareth ignorait délibérément Tristan et Elena, discutant avec un de ses amis à la place.
— James, voici mes parents, Phillipa et Olivier Dubois. Maman, Papa, je vous présente James.
— C'est un plaisir de te rencontrer enfin, James, lui dit gentiment ma mère. Tu peux m'appeler Pippa.
— Enchanté de faire votre connaissance, Mrs Dubois, répondit James.
— Pippa, lui rappela ma mère.
Mon père ne s'embarrassa pas de présentations et entama sans attendre une discussion sur le Quidditch.
— Je vois que ton balai est un Nimbus 2005. C'est une bonne qualité et on voit que tu t'en occupes bien. J'en déduis que tu vas voler avec pour tes essais ?
— Oui, monsieur. Quand j'ai appris à monter sur un balai, mon père m'a fait commencer avec un Brossdur, mais les balais de cette compagnie se désaxent vers la gauche après quelques années d'utilisation. J'ai reçu celui-ci pour mon anniversaire l'année dernière, et j'en suis très content. J'aime sa prise. Seuls quelques petits ajustements sont nécessaires.
Mon père hocha la tête.
— C'est ce que j'ai toujours pensé. Les caractéristiques de pilotage sur ce modèle sont excellentes. Éva et Richard en sont ravis !
Ma mère secoua légèrement la tête en observant la scène, mais elle ne put s'empêcher de sourire.
— Éva, n'oublie pas qu'il faut que tu ailles à l'infirmerie pour soigner ton nez et tes doigts, me rappela ma mère.
Je lançai un regard à James, tout sourire.
— Ça n'aurait pas été correct de quitter Poudlard sans dire au revoir à Madame Pomfresh.
— Elle sera ravie de nous voir, prédit James avec un sourire ironique. Une dernière leçon de morale sur les dangers du Quidditch. Allez, capitaine. Plus vite on y sera, plus vite on pourra célébrer avec notre Maison.
Note
Un grand merci à Marie Lapiz, qui a pris le temps de relire ce chapitre et de corriger les coquilles que je ne voyais pas !
À bientôt, promis !
Réponse à Mady : Merci pour ta review ! Je dois avouer que, même si ce n'est qu'une traduction et qu'elle dure depuis plusieurs années (et même si j'ai déjà lu la fiction originale plusieurs fois), ça me fera un petit coup au cœur aussi que de la terminer. J'espère que ce chapitre t'a plu et que tu resteras pour la fin !
-DNP
