NdA : Aucune nouvelle de ma beta (je suis triiiiiste) donc toutes les erreurs de ce chapitre sont les miennes (vous allez enfin comprendre ce qu'Aliyela doit endurer, niark niark) Mais bon, je me doute que tu dois être overbookée ma belle, pas de soucis.
Le prochain chap devrait arriver mercredi (mais si c'est jeudi ou vendredi pas taper, sinon j'arrête la fic ^^). Par ailleurs, je vais faire une podfic de cette fanfic (si je trouve comment uploader le fichier MP3, si certain(e)s sont intéressé(e)s, faites le moi savoir)
Alors, reviews des reviews :
Clem's, oui bon ça va pas la peine de prendre cet air malin -_- (t'en fais pas l'auteure est juste vexée que ses cliffhanger soient si prévisibles ça lui passera) Liibra, j'espère que cette fois tu auras tes dix heures de sommeil *regard sévère* ma lunenette belle (et sportive, excusez du peu ), pas de mimimamour dans ce chap désolée. Mais Dean et Cas sont là, ils sont juste pas là ensemble -_-. Merci pour les beaux compliments. Et Sam et Ruby ne sont pas hieurk, c'est pas un mot ça. On dit « dégoutants » quand on est bien élevée ^^. Sara the best, ben, nan, le point d'orgue de cette fiction c'est le réveil de Lucy, mais le slash est partie de la fic. Pas dans ce chapitre par contre, du moins pas de manière graphique, Cas et Dean ont autre chose à faire. Oui, j'ai vu le 5.16 et oui, c'est mon favori de la saison 5, simplement, c'est pas vraiment une review de cette fic ça. Si tu veux discuter de ce genre de chose, je te conseille le forum du Monde du Slash (.). Narchouillette (et oui, j'en rajoute jusqu'à ce que tu hurles au massacre de pseudo) tu es injuste avec Sammy, il faut le comprendre le pauvre, c'est pas facile comme situation… Et Dean a essentiellement laissé Cas « à la maison » comme tu dis pour le protéger. Et vous ne serez pas débarrassé d'Adam, ne rêvez pas. Mumiah en a pas fini avec les Winchester. Je suis d'accord, Pam est géniale, et je l'adore encore plus après le 5.16. Gaël a un rôle assez mineur dans mon esprit, donc pas de panique. Lily-la-belette, merci. Cybelia, voilà la suite et merci de tes encouragements. Cass Shelly, patience over ^^… for now. Alyceis, tu prends du retard mon grand (pas la peine de me faire une analyse hypra détaillée si ça te fais trop, même si j'adore ça, concentre toi sur ce qui t'intéresse hein ^^) *c'est à l'auteure de patienter et elle trépigne*. Egwene Al' Vere, merci et voilà la suite. Et enfin ma Mapi, ne me fais pas une crise d'apoplexie avec toute cette inquiétude hein, le Mds a besoin de toi ! Toujours pas assez de Cas à mon avis (mais tu as de la chance, il me masse pas les pieds à moi, il a plutôt tendance à me les casser, lorsque je manque d'inspiration), et je sais pas vraiment si ce chap sera fait pour te rassurer.
My Sin, My Perdition
Partie 29: Generations
Bobby avança sur le perron et lança un regard noir à la jeune femme qui venait de descendre de sa moto. Elle n'était pas particulièrement grande, mais sa musculature développée et sa manière de se tenir lui conférait une certain présence. Elle avait des cheveux noirs, courts, un peau mate, un blouson noir, un foulard rouge, un vieux tee-shirt vert, un jean sombre, des bottes de biker et un couteau à la ceinture. Bobby savait reconnaitre un chasseur, ou dans ce cas, une chasseresse, lorsqu'il en voyait une. Mais chasseur ou pas, ce corps pouvait abriter un démon.
-C'est une propriété privée ici, ma fille, va voir ailleurs.
Elle ne réagit pas à la provocation, et il ne s'était pas attendu à autre chose. Elle se contenta de poser son casque sur le guidon et de lui faire face. Ses yeux étaient aussi noirs que du charbon, mais heureusement humains. L'un dans l'autre, elle était assez jolie.
-Robert Singer ?
Elle avait un aussi étrange accent. Il entendit Gaël sortir derrière lui.
-Qui le demande ? S'enquit le blond.
La jeune femme fit quelques pas et inclina la tête dans un salut.
-Je suis Nour Ibn Khalil.
-Christo, marmonna Bobby.
Cela fit plisser les yeux de Nour.
-Je ne suis pas un démon.
-Elle dit la vérité.
Bobby tourna la tête pour regarder Castiel. L'ange déchu était sorti silencieusement de la maison pour se placer à coté de Gaël.
-Qu'est-ce que tu veux ?
-J'ai besoin de votre aide pour trouver quelqu'un. C'est important.
Bobby hésita une seconde, puis baissa son arme. Il ne serait pas dit qu'il refuserait l'asile à l'une des leurs. Gaël suivit son exemple et retourna à l'intérieur suivit de Castiel. Bobby fit signe à la jeune arabe de le suivre.
-C'est pas un très bon moment, ma belle. Mais enfin. Tu peux m'appeler Bobby, lui c'est Gaël, et voici Castiel et Pamela.
-Castiel, répéta la jeune femme, apparemment étonnée.
C'est vrai que le nom n'était pas habituel. Mais il y avait plus que ça dans sa voix, et Bobby avait appris à se méfier.
-Alors, tu dis que t'as besoin d'aide pour trouver quelqu'un. T'es pas d'ici, hein ?
-Je ne suis pas des Etats Unis, clarifia-t-elle en refusant d'un geste la bière qu'il lui offrait.
Damn. L'eau bénite…
-Je suis née en Palestine. Je viens de Jérusalem.
-Ca fait un long trajet pour rechercher quelqu'un, commenta Gaël en s'appuyant contre la table de travail, ses longues jambes croisées devant lui.
Nour le fixa un instant. Elle n'était pas vraiment habitué à devoir prendre des gants. Là d'où elle venait, elle n'avait pas besoin d'expliquer aux autres chasseurs qui elle était, et ses contactes avec les civils restaient limités. Dans certains cas, la violence humaine masquait très bien celle des créatures surnaturelles. Dans les autres, elle se débrouillait. Elle avait voyagé dans de nombreux pays arabes, et partout où elle allait, elle savait ce qu'elle faisait. Ici, tout était différent.
-Je… ne choisis pas où je me rends. Cela dépend vraiment de ma tâche. Mais l'Apocalypse ne concerne pas que les Etats-Unis, quoique vous en soyez inexplicablement le foyer central.
Son ton était un peu trop ironique, elle s'en rendit compte. Mais aucune des personnes présentes ne sembla s'en formaliser. Etre chasseur signifiait souvent être apatride, ou plutôt, ne pas avoir une grande conscience de la valeur symbolique de la frontière chez les humains, les chasseurs se concentrant essentiellement sur celle, beaucoup plus dangereuse, séparant le normal du surnaturel. Il n'y avait pas beaucoup de patriotes parmi eux. Mais elle vit celui appelé Castiel – était-il possible qu'il soit un ange ? – froncer les sourcils à la mention de l'Apocalypse et du Moyen-Orient.
-Et qui tu cherches ? Demanda Bobby en prenant une lampée de bière.
Elle décida d'être franche. Après tout, des semi-vérités ne gagneraient pas leur confiance.
-Samuel Winchester.
-Pourquoi ? Coupa sèchement le vieux chasseur, en la fixant encore plus attentivement.
Nour retira son blouson pour se donner le temps de réfléchir. On en arrivait à la partie difficile. Ils n'étaient pas comme elle. Comment pourrait-il comprendre… ?
-J'ai… une connexion avec lui. Les personnes avec qui j'ai ce lien ont besoin de mon aide.
-Tu es une psychique ? Intervint la femme, Pamela, pour la première fois.
Nour secoua la tête en dénégation. Pamela fronça les sourcils. Il y avait quelque chose avec cette jeune femme, avec son empreinte psychique, de différent. Elle était plus forte que celle des autres humains. Son don pour percevoir les aura s'était affiné depuis sa cécité. Et cette Nour était spéciale.
Son empreinte ressemblait à celle de Castiel. Curieux.
-Alors quoi ? Grogna Bobby, visiblement soupçonneux.
Nour soupira et haussa les épaules.
-C'est difficile à expliquer. Les gens comme moi, nous… sommes réceptifs à certains esprits. Nous partageons leurs expériences. Nous vivons leurs souffrances. Nous devons les aider. Je suis un chasseur, ne vous trompez pas, mais j'ai aussi un devoir particulier. Un devoir envers ceux que les démons envahissent, touchent, torturent et tuent.
-Sois plus claire, gamine.
La jeune femme jeta un regard à Castiel.
-Avant de vous dire quoique ce soit de plus précis, je dois savoir. C'est un ange ?
Un silence stupéfié suivit cette question. Gaël échangea un regard avec Bobby, alors que celui-ci se plaçait un peu plus devant Castiel, comme pour le protéger.
-Non, réplica Castiel, mais j'ai été un ange.
-Cas, avertit Bobby.
-Je suis humain à présent, continua-t-il sans prendre compte de l'interruption. Je suis un ange déchu.
Nour le fixa un moment puis acquiesça pour elle-même. Elle devait prendre le risque. Elle dénoua son foulard et l'enleva d'un coup sec, dévoilant son amulette.
-Qu'est-ce que c'est ? Demanda Gaël, en se péchant avec un mélange de méfiance et de curiosité.
Il ne lisait pas l'Arabe. Un peu de Sanskrit oui, du Thaï, à la limite, mais pas d'Arabe. Bobby jeta un coup d'œil à Castiel. L'ange déchu s'approcha et lut le texte à voix haute. Pour trois personnes sur cinq, il aurait bien pu dire la météo ou annoncer la fin des temps, ça aurait été pareil. Mais ça devait être important, car les yeux de Castiel s'agrandirent et il pencha la tête sur le coté.
-Ca veut dire quoi ? Questionna finalement Bobby.
-Grossièrement traduit dans votre langue, ça signifie « Appartenance à la descendance de Gabriel »… « Enfant de Gabriel » en quelque sorte.
Pamela s'avança et se plaça à coté de l'ange déchu.
-Enfant de Gabriel ? Comme, l'Archange Gabriel ?
Ce fut Nour qui hocha la tête.
-C'est lui qui a crée notre ordre. L'Archange Gabriel a eu une part fondamentale dans la création de l'Islam.
-De l'Islam ? Questionna Gaël avec incrédulité.
Il se rétracta en voyant trois visages réprobateurs se tourner vers lui. Visiblement, il avait fait montre d'une inculture que ne lui pardonnaient pas ses compagnons. Castiel, lui, continuait à fixer le pendentif.
-C'est après la création de l'Islam que le Paradis a perdu la trace de Gabriel. Il nous a quitté pour ne plus revenir. Il utilise ses immenses pouvoirs pour se dissimuler aux yeux du Ciel. Les Archanges supérieurs doivent savoir où il se trouve et pourquoi, mais nous n'en avons jamais rien su.
Il leva les yeux et croisa le regard de Nour.
-Mais je n'ai connaissance d'aucun Ordre appelé les Enfants de Gabriel.
La jeune femme hocha la tête et rangea son amulette sous son tee-shirt.
-C'est normal. Nous avons pris soin de cacher notre existence. C'est Gabriel qui nous a enseigné comment faire. Nous sommes tous les descendants de ses enfants, nombreux parmi les chasseurs qui appartiennent à l'Islam sont des descendants de Gabriel.
-Voilà pourquoi votre présence est différente, murmura Pamela. Vous êtes des sortes de super Nephilim.
-Disons, temporisa Nour avec un demi-sourire, que le sang et l'essence d'un Archange sont très puissants, et que, contrairement à ceux des premiers Nephilim, ils ont eut beaucoup moins le temps de se diluer. Mais il n'y a que chez certains d'entre nous que le pouvoir des Enfants se manifeste.
Elle rattacha son foulard et s'éloigna un peu de la pression du groupe pour s'appuyer contre une fenêtre.
-Le mythe fondateur des Enfants de Gabriel veut que *l'Archange Gabriel ait donné naissance à des jumelles, Iman et Assia, et des jumeaux, Islem et Faruk . Il a endormi leurs pouvoirs, leur a appris à se cacher aux yeux des autres, et leur a confié un secret. Lorsque le monde aurait besoin d'eux, ils le sauraient. C'est tout, ni plus, ni moins. Depuis, certain d'entre nous ont cette… ce pouvoir en quelques sortes. Ce n'est pas quelques choses que nous contrôlons. Parfois, des esprits en proies à des souffrances ou des peurs incontrôlables appellent les nôtres. C'est comme si… comme si nous entendions leurs prières de désespoirs, ou de colère. Les connexions sont plus ou moins fortes. Elles sont très fortes lorsque l'esprit qui nous appelle est sur le point d'être ou est déjà possédé. Et je n'en ai jamais eu d'aussi forte que celle que j'ai eu avec Sam.
-Donc, intervint Pamela à mi-voix, que se passe-t-il lorsque ça arrive ?
Nour posa ses yeux sombres sur la medium.
-Nous voyons par leurs yeux, ressentons leurs émotions, expérimentons leurs pensées et leurs sensations comme si c'étaient les nôtres.
-En quoi cela les aide ? Ca parait cruel comme capacité…
La jeune Arabe haussa les épaules.
-Je n'ai jamais rien connu d'autre, confessa-t-elle après un instant. Je suis née comme ça.
Pamela s'approcha d'elle et posa une main sur la sienne.
-Et ça peut arriver n'importe quand ?
Nour acquiesça.
-Avec le temps, j'ai appris à garder un certain contrôle sur mon corps à moi lorsque cela se produit, pour ne jamais me retrouver prise au dépourvu. Mais même comme cela, mes actions sont limitées. Cependant, une fois la connexion établie, j'ai un minimum de contrôle. Je peux dans la plupart des cas me connecter et me déconnecter à loisir, avec beaucoup de concentration.
-Comme une borne internet ? Questionna Gaël, avec encore plus d'incrédulité dans la voix.
Il passa de visage en visage, cherchant des réponses.
-C'est possible ça ?
Castiel approuva de la tête, les yeux perdu dans le vague, comme s'il était plongé dans ses souvenirs.
-Comme le dit Pamela, son aura le confirme. Gabriel est le messager du Seigneur, et à ce titre, ses actions nous sont parfois obscures. Mais elles sont toujours motivées par la volonté de protéger et de servir l'Humanité. Et son… pouvoir, si l'on peut dire, n'est pas inaccessible à des Nephilim si proches de leur ancêtre. Au contraire. Les pouvoirs des Nephilim sont bien plus terribles que cela. Gabriel a dû en brider une grande partie pour éviter d'être remarqué.
Bobby but une lampé de sa bière et fit un geste de la main.
-Revenons à nos moutons ! Sam ? Tu as une connexion avec Sam ?
Nour s'assit sur le rebord de la fenêtre, les sourcils froncés.
-J'avais une connexion avec Sam. J'ai vu son calvaire dans la pièce que vous appelez la Panic Room, ainsi que son évasion. Mais je l'ai perdu à nouveau. Je n'avais aucun contrôle sur ce lien, tellement il était puissant. Et je sais que je dois aider Sam. Mais sans le lien… Je ne sais pas quoi faire…
Un silence s'imposa dans la pièce. Gaël, incrédule et dépassé, se tenait en retrait, pendant que Pamela et Bobby réfléchissaient à ce nouveau développement, et que Castiel était perdu dans ses souvenirs de Gabriel, à la recherche d'une explication derrière son comportement. Nour, quant à elle, prit enfin le temps d'étudier ses compagnons. Le vieux chasseur inspirait le respect. Elle pouvait voir qu'il avait de l'expérience, qu'il avait beaucoup vu et en connaissait encore davantage. Pamela… Elle n'était pas une chasseresse. Une maîtresse de l'esprit sans doute. Elle ne savait pas avec quelles bases spirituelles et quels rituels travaillaient les medium aux Etats-Unis, mais elle connaissait des gens comme Pamela chez elle. Gaël… Un homme un peu impétueux, probablement peu cultivé au-delà de ce dont il avait besoin, mais un homme bien. Elle n'était pas si différente de lui, si ça n'était qu'elle avait la foi, et elle soupçonnait que ce n'était pas le cas de cet homme. Castiel… était un mystère. Descendante d'un Archange, elle n'avait jamais douté de sa foi, ou de l'existences des anges. Mais c'était la première fois qu'elle en rencontrait un. On lui avait appris à les éviter, si jamais ils devaient revenir sur Terre. Mais Castiel était un ange déchu. C'était différent et…
Avec un râle de douleur, elle tomba en avant, la tête en feu, les tempes battantes.
La connexion était revenue.
Dean se glissa dans le couloir à pas feutrés. Dénicher Sam n'avait pas été facile, surtout que cette andouille avait choisi la suite nuptiale, ce qui lui donnait la nausée. Il n'imaginait que trop ce que son frère et sa pute démoniaque avaient trafiqué là-dedans. Il serra les dents et se dissimula, attendant qu'il y ait un peu de mouvement. Cela ne tarda pas. Son géant de grand-frère sortit de la pièce, veste enfilée.
Parfait.
Il sentit la rage monter en lui, et se laissa envahir. Cette pute allait déguster. Toutes ces années qu'il avait passé en Enfer, pour protéger Sam, pour sauver Sam… Elle avait tout fichu en l'air ! Elle les avait trompé ! Elle se jouait de Sam sans difficulté. Plus maintenant. D'ici quelques instants, finie la salope ! Il pourrait ramener Sam à la raison. Son frère pouvait être tête de mule, mais leurs liens étaient trop fort pour se briser sous les assauts de cette pétasse. Il refusait de croire que Sam le trahirait volontairement. Si elle n'était plus là, tout rentrerait dans l'ordre.
Il entra sans un bruit, le couteau de Ruby dans la main. Le couteau de Ruby…pour tuer Ruby. Alistair aurait adoré…
Elle lui faisait dos, empaquetant ses affaires. Il sourit, raffermit sa prise sur son arme et se jeta en avant. Elle se retourna dans un excellent réflexe, mis son bras en défense, et ne reçut qu'une égratignure. Il força son avantage, donnant un nouveau coup sous un autre angle. Mais elle arrêta son bras, le couteau à quelques centimètres de son visage, avec un cri de surprise. Il utilisa tout son poids pour la pousser contre une des cloisons, pressant de toutes ses forces pour passer ses défenses. Changeant de stratégie en une milliseconde, il libéra violement son bras, attrapant ses poignets avec son autre main, et porta ce qui aurait dû être un très satisfaisant coup final….
Seulement une autre main saisit son poignet et s'en servit pour le repousser violement sur le lit.
-Non, cria Sam.
Il était descendu pour aller à la voiture de Ruby, lorsque l'éclat brillant de la lune sur un pare-choc noir avait attiré son attention. Dès qu'il avait vu l'Impala, il avait compris, et était remonté chercher Ruby. Pas une seconde trop tôt. Dean, impossible, insupportable, arrogant Dean, avait choisi de faire sa propre justice, manquant de détruire leur seule chance de stopper l'Apocalypse. Si Sam n'était pas intervenu…
-Laisse-la ! Et calme toi ok ?
Dean se redressa, fixant cet étranger qui habitait le corps de son frère. Sam se tenait entre lui et Ruby. Et voilà. Ca y était. Le mauvais pressentiment de Cas.
-Ca devait être une sacrée fête que vous vous étiez mitonnés, hum ? Vu le mal que tu t'es donné pour m'empêcher d'y assister !
La respiration de Sam ne trompait pas. Il était au plus haut de son trip. Cette pétasse l'avait gavé !
-Bien essayé, mais je suis là.
Sam soupira en regardant le visage provocateur de son frère. Pourquoi fallait-il que Dean fasse le difficile ? Mais au moins, il venait de boire du sang, il était en pleine possession de ses moyens, il pouvait essayer de convaincre son frère…
-Dean, c'est bien que tu sois là. Ecoute, on va en parler, ok ?
Dean fixait Ruby, que Sam ne pouvait pas voir. Il ne manqua pas l'expression exaspérée et un rien méprisante qui traversa ses traits. Comment avait -il pu ne pas remarquer ça… Depuis le début, elle les trahissait. Et il s'était laissé avoir, tout comme Sam…
-Quand elle sera morte, on parlera autant que tu veux !
Pourquoi son frère était-il aussi stupide ? Songea Sam avec irritation.
-Ruby, va-t-en.
Dean s'avança. Non, ça n'allait pas se passer comme ça !
-Elle n'ira nulle part !
Mais Sam l'empêcha de s'avancer, et il ne put que contempler, impuissant, le départ de la pute démoniaque. Sam le regardait avec… presque de la pitié. Cela blessa Dean. Mais il ne devait pas se laisser déborder. Il fallait qu'il ramenât Sam. Il le fallait.
-Cette fille c'est du poison, Sam !
-C'est pas ce que tu crois, réplica Sam, tentant visiblement de le calmer.
Ca ne fit que l'exaspérer davantage.
-Regarde ce qu'elle t'a fait ! S'écria-t-il avec véhémence.
Le visage de son cadet restait de marbre. Il refusait de comprendre, ça n'était pas possible autrement ! Foutu junkie !
-Elle t'abandonne pendant des semaines, en te laissant crever de besoin pour une autre dose !
Mais pourquoi Dean faisait-il l'idiot comme ça ? Se pouvait-il qu'il soit à ce point stupide pour ne pas voir l'importance de ce que Sam accomplissait ?
-Elle était partie chercher Lilith, répliqua-t-il tout aussi violent.
Dean ouvrit la bouche avec incrédulité devant l'étendu de l'illusion que Sam s'était créé…
-C'est ce qu'elle te raconte. Elle t'a comme elle veut, elle te manipule !
Mais il pouvait voir le dénie sur le visage de son frère. Il ne le reconnaitrait pas. Il ne voulait pas admettre qu'il avait tort.
-Tu as tout faux, Dean !
Il eut un geste d'impuissance. Que pouvait-il faire pour que Sam ouvre enfin les yeux ?
-Sammy, tu te mens à toi-même.
Comment ? Comment atteindre Sam ? Tout d'un coup, aussi stupide que cela puisse paraître, il souhaita que Castiel soit là. Que quelqu'un de plus rationnel puisse mettre des mots sur ce qu'il n'arrivait pas à faire comprendre à son frère. Il tenta une autre approche, jouant sur leur amour, comme lorsqu'il avait tenté de convaincre Sam de ne pas partir pour Standford…
-Je veux juste que tu ailles bien ! Tu ferais la même chose pour moi ! Tu sais que tu ferais la même chose !
Sam soupira. Il fallait qu'il tente une autre tactique, puisque visiblement Dean ne voulait rien comprendre !
-Ecoute-moi cinq minutes.
Il jeta le couteau sur le lit, avant d'appuyer ses dires d'un geste des deux mains.
-Juste écoute-moi. On a un indice sur un démon qui est proche de Lilith. Viens avec nous, Dean. On réglera tout ça ensemble.
Pendant un instant, il eut l'impression d'avoir toucher son aîné.
-Ca a l'air super…
Mais il dût vite déchanter.
-… Tant que c'est toi et moi. La pute démoniaque est pas dans le contrat ! Tu lui dis bye bye, et on peut y aller maintenant !
Il vit Sam levait les yeux au ciel. Il croyait être raisonnable, Dean le lisait dans son langage corporel. Il pensait qu'il savait mieux que tout le monde. Et quoique dise Dean, ça n'y changerait rien. Sam était accro. C'était trop tard…
-Je peux pas, confia le cadet, Dean, j'ai besoin d'elle pour m'aider à tuer Lilith.
De voir ce visage si franc et honnête, de savoir qu'il était complètement perdu dans un monde imaginaire où il se croyait le plus fort, de ne pas savoir quoi dire ou faire… C'était insupportable. Dean se détourna, se passant la main sur la bouche, souhaitant de toutes ses forces que Castiel soit là.
-Je sais que t'arrive pas à comprendre tout ça ! Mais peut-être qu'un jour tu verras !
Il secouait la tête, incapable de lui faire face. Sam regardait son frère, essayant de ne pas être trop brusque. Dean était si aisément blessé dans sa fierté. Mais il devait coprendre que Sam devait accomplir cette tâche…
-Je suis le seul à pouvoir le faire Dean.
Cela perça le brouillard qui entourait l'aîné. Sam. Sam était arrogant. Ca n'était pas une nouveauté. Mais avant, cette arrogance était une façon de cacher son manque de confiance en lui, sa peur d'être différent. Maintenant, c'était juste ça. De l'arrogance pure. Et ça n'était pas Sammy.
-Non, c'est pas à toi qu'il revient de le faire.
Sam secoua la tête à cela. Dean, Dean, Dean… Comment son frère pouvait être aussi naïf. C'était certainement l'influence de son nouvel objet de passion…
-Ah oui, c'est vrai, j'oubliais. Les Anges pensent que c'est ton rôle.
Il y avait tellement de moquerie dans ce ton, que cela stoppa Dean un moment. Sam avait déjà mis en doute ses capacités, lorsqu'il souffrait de la mort de leur père, lorsqu'il avait décidé de tout foutre en l'air parce qu'il était condamné à l'Enfer… Mais dans toutes ces occasions, les doutes de Sam étaient nés de l'inquiétude que son cadet éprouvait pour lui. Pas cette fois. Cette fois, c'était cet étranger avec la voix de Sam, qui se moquait ouvertement de lui. De ce qu'il était. De ce que Castiel disait qu'il était. Castiel avait plus de foi en lui que Sam. Ca faisait mal.
-Tu penses pas que j'en suis capable ? Questionna-t-il néanmoins.
Dean ne reconnaitrait jamais qu'il était devenu faible depuis l'Enfer. Sam n'y pouvait rien. Il songea un instant à ne pas dire ce qu'il allait dire, mais il fallait bien remettre du plomb dans la tête de son frère.
-Non, tu ne peux pas. Tu n'es pas assez fort.
-Mais pour qui tu te prends…
-Je suis réaliste, c'est tout, coupa Sam. Je fais ce qui doit être fait.
Comment Sam avait-il pu en arriver à être dans un délire pareil ?
-Ah ouais ? Et bien je vais te dire, tu vas rien faire du tout et…
-Arrête de me dire ce que je dois faire !
Il se rattrapa avant d'avoir pu être trop brusque.
-Ecoute, toute ma vie, tu as pris le volant, t'as toujours tout décidé ! Et je t'ai fait confiance, parce que t'es mon frère. Aujourd'hui, je te demande de me faire confiance, juste cette fois !
Il observa attentivement le visage de Dean, cherchant un écho. Mais il ne vit qu'un tranquille désespoir. Et cet horrible regard, plein de pitié et de tristesse. Pourquoi Dean ne voyait-il pas ?
-Non. Tu n'es pas toi-même, Sam ! Tu sais pas ce que tu fais !
Mais quand est-ce que Dean arrêterait de le traiter comme un enfant ?
-Si, évidemment que je le sais !
Dean se força à ne pas détourner les yeux. Comment en étaient-ils arrivés à ce point ? Comment avait-il pu perdre Sam de cette façon…
-Alors c'est pire !
-Pourquoi ? Ecoute…
-Parce qu'alors le problème vient pas de ce que tu fais, mais de ce que tu es !
Là. C'était dit. Trop tard pour revenir en arrière.
-Ca veut dire…
Castiel… J'ai besoin de toi !
Sam se tendit. D'un coup, les images revenaient… Ce Dean-là ressemblait à celui de la Panic Room. Pas si irréelles que ça, finalement, ces hallucinations…
-Quoi ?
Il vit les yeux de son frère se durcirent alors même qu'ils se remplissaient de larmes. Il savait ce que son aîné allait dire.
-Non…
Une humidité traîtresse envahissait les yeux de Dean. Il ne pouvait les détacher de son frère. Si familier et pourtant si étranger… Il regarda son frère plisser les yeux.
-Vas-y, dis-le !
Il mettait Dean au défi… Alors qu'il devait faire appel à toutes ses forces pour ne pas fuir ce regard si lourd, pour ne pas esquiver cette vérité. Ce que Dean pensait vraiment de lui.
-Ca veut dire que tu es un monstre.
La phrase claqua comme un coup de fouet, comme une lame tranchant le silence… Comme le coup que Sam porta à son frère avec toute la violence possible. Dean s'écrasa au sol. Il se releva un peu trop lentement. La blessure était plus morale que physique. Il fit à nouveau face à Sam, hésitant un court moment sur la conduite à tenir. Mais voir Sam ainsi, des rides de concentration autour du nez, les yeux presque noirs tant ils étaient plissés, respirant comme un animal sur le point de bondir…Il ressemblait à…
Il chargea et décocha une droite à son frère, faisant violement tourner sa tête sur son cou.
Dean n'avait qu'une conscience très vague du combat. Tout ses mouvements étaient instinctifs, et il ne retenait rien, mais dans son esprit, il avait l'impression de ne pas être sur le même plan. Ni la douleur, ni la violence ne semblaient parvenir à expulser la noire réalisation qui l'envahissait tout entier. Ca y était. C'était la fin de son frère. Et cette fois-ci, il ne pouvait pas le sauver. Rien de ce qui se passait ne semblait pouvoir chasser le froid et le vide qui l'envahissaient chaque seconde encore davantage.
Sam, de son coté, était déchaîné. Sa colère contre Dean, contre son orgueil, contre son ton de sain depuis que les Anges l'avaient soi-disant élu, contre Castiel et ce qu'il avait fait de Dean, et de la confiance que son frère avait en lui. Contre la faiblesse de son aîné, et son incapacité à reconnaitre que lui, Sam, pouvait pour une fois être capable de réussir là où le grand Dean Winchester avait échoué ! Il attrapa son frère et le propulsa au travers de la cloison, le regardant s'écraser sur la table basse puis au sol avec une satisfaction sauvage.
Dean ne se releva pas. Mais ça ne suffit pas à apaiser la rage qui le dévorait. Il se jeta sur son frère.
Dean sentit les mains de Sam se refermer sur son cou, et alors que son corps se débattait frénétiquement pour préserver sa vie, son esprit était, lui, étrangement détaché de la situation. Il avait si froid.
Cas…
Il ne pouvait éviter le regard fou de Sam, empli de haine. Comment en étaient-ils arrivés là ? Comment son petit frère, l'enfant qu'il avait embrassé, câliné, réconforté, l'enfant pour lequel il vivait exclusivement depuis ses quatre ans… comment était-il devenu cet adulte plein de ressentiment, ce monstre assoiffé de sang… Dean… Dean avait échoué. Son père l'avait prévenu… Il aurait dû… Sammy…
Les contours de sa vision devenait de plus en plus flou, au fer et à mesure que l'air ne parvenait plus à ses poumons. Il sentit ses yeux rouler dans leurs orbites, alors qu'il haletait sous la formidable pression des battoirs de son frère. Il était déjà mort une fois… Mais pas de la main de Sammy…
Sam regardait son œuvre avec plaisir. Plus rien à dire Dean ? On fait moins le malin, hein ? Dean ne pouvait plus rien dire, ne pouvait plus cracher son venin médiocre ! Dean ne pouvait plus… Dean. C'était Dean. Il ne pouvait pas faire ça.
Il relâcha le cou de son frère brusquement. Puis il se releva, avalant son souffle en une respiration saccadée, les yeux fixé sur le corps suffocant de son frère.
-Tu me connais pas, cracha-t-il avec mépris. Tu m'as jamais compris. Et t'en sera jamais capable.
Les mots ouvraient des plaies plus profondes que tous les coups que Sam aurait pu lui infliger. Il ne parvenait presque plus à respirer, et pas parce que se gorge le torturait, mais parce qu'elle se fermait tout à fait. Il se sentait vide. Il trouva la force de poser les yeux sur Sam, pour le voir s'éloigner vers la porte, sans un regard…
-Si tu franchis cette porte, t'avise pas de revenir !
Le regard de Sam était blasé. Il semblait dire « comme tu veux ». Et c'était le pire.
L'indifférence.
Sam ouvrit la porte et sortit. C'est toi qui l'a voulu, Dean. On aurait pu agir ensemble, si t'avais laissé ta foutue fierté au placard, si t'avais accepté pour une fois que je puisse être celui qui sait… Il ne pouvait nier qu'il se sentait triste et désorienté. Mais il était surtout furieux. Fou de rage. Dean avait eu ce qu'il méritait. Il verrait bien, lorsque Sam vaincrait Lilith. Il finirait par s'excuser. Et Sam pardonnerait, mais pas tout de suite.
De toutes façons, il avait mieux à faire pour le moment. Il avait une tâche à accomplir.
Dean entendit la porte se refermer, le bruit résonnant de sens derrière ses paupières closes.
Je l'ai perdu.
Et c'était pire que lorsque Sam était mort. Parce que Sam, à l'époque, était encore Sam. Son Sammy. Où était ce Sam à présent ? Avait-il été absorbé totalement par le sang de démon, et la créature qui s'en nourrissait, qui grandissait avec lui ? Il tenta de se redresser, mais ses muscles étaient sans force. Sam. Sam… Il se laissa glisser au sol, au milieu des bouts de verre et de bois, éclatés, comme lui… Masse informe et tranchante, abandonnée là… Son souffle était si court… Il ferma à nouveau les yeux, la main pressée contre son torse, enflammé et douloureux.
Cas…
-Sam est parti, murmura Nour en ouvrant les yeux.
Bobby lui jeta un regard par le retro viseur, avant d'échanger un coup d'œil avec Castiel, assis à coté de lui, et appuya sur l'accélérateur.
-Dean va bien, rassura la jeune Arabe. Ils se sont battus, mais il est sauf.
Ils étaient en route vers Coldsprings. La connexion avait envahi Nour au moment où Sam s'était nourri une dernière fois plus tôt dans la soirée. Elle pouvait encore goûter le sang dans sa bouche. Mais elle avait à nouveau perdu Sam. L'esprit du jeune Winchester esprit était-il trop fort ? Ou y avait-il autre chose…
Castiel priait à voix basse. Elle reconnaissait les mots. Latin. Elle sourit et entonna sa propre prière.
Gaël s'était endormi sur la canapé, étendu de tout son long, les bras croisés sur la poitrine. Pamela pouvait entendre son souffle régulier, et même se l'imaginer sur l'écran noir de son esprit. Elle l'avait vu dormir ainsi si souvent. Elle se leva de sa chaise et rejoignit l'escalier dont elle grimpa les marches à pas mesurés. Elle voulait rencontrer ce mystérieux Adam. Le frère de Sam et Dean, si on en croyait Bobby. Elle chercha une présence dans les étages, afin de déterminer la pièce dans laquelle se trouvait le jeune homme.
Elle s'arrêta soudainement. Cette aura… Pourquoi brillait-elle ainsi ? Elle suivit ses sens jusqu'à l'une des chambres. La lumière dans son esprit s'accroissait, si éclatante, somme regarder le soleil, comme… comme lorsqu'elle avait contemplé Castiel sous sa vraie forme. Elle posa la main sur son couteau en fronçant les sourcils et tapa à la porte.
Un léger bruit de pas, puis le bruit d'un loquet et la porte s'ouvrit. Son esprit fut envahi de blanc, aussi violent que celui qui lui avait volé les yeux, et elle ouvrit la bouche pour hurler sa douleur. Mais tout devint noir avant qu'elle n'ait pu émettre le moindre son.
Mumiah retira ses doigts du front de la medium et la rattrapa avant qu'elle n'ait pu glisser au sol. Il la souleva sans le moindre effort et la porta jusque dans la chambre de Castiel, la déposant sur le lit. Il lui retira ses lunettes et les posa sur la table de nuit.
Il sourit. Ca ne serait plus long à présent.
A suivre ^^ je sais, vous me haïssez… et moi je vous z'aiiiime
