Avant tout chose, je vous souhaite à toutes et à tous une bonne année 2011 !

Ensuite, je vous réitère mes plates excuses pour cette attente. Plusieurs d'entre vous m'ont écrit pour me faire part de ce problème. Je sais que je suis trop longue entre deux chapitres et que cela ternit énormément le plaisir de la lecture. Je pense d'ailleurs avoir perdu plusieurs lecteurs à cause de cela, et les rewiews se font de moins en moins nombreuses…

Croyez bien que j'en suis consciente et que cela m'affecte, il n'y a pas un jour où je pense au retard que j'ai accumulé.

Mais sachez que j'agirais bien différemment pour ma prochaine fic, je ne ferais pas la même erreur. Je serais longtemps absente du forum lorsque j'aurais terminé « Frustration », afin de pouvoir prendre de l'avance dans l'écriture de mon nouveau fic, ainsi je pourrais poster à un rythme beaucoup plus court.

Je ne veux néanmoins pas bâcler les derniers chapitres de cette première fic..Et je vous remercie à l'avance pour la patience dont vous faites preuve.

Et pitié, ne me laisser pas tomber….laissez moi vos impressions…..Vous êtes mon meilleur carburant !

MERCI A VOUS, FIDELES LECTEURS !

J'espere que ce chapitre sera à la hauteur de vos attentes...

Bonne lecture à tous…


Chapitre 27 : Le peuple des Elus

Dans un soupir de bonheur et de paix, je resserrais Bella contre mon cœur ressuscité, promettant au ciel de la protéger et la chérir jusqu'à la fin des temps. Pour la toute première fois en plus d'un siècle, Bella venait de me procurer une sensation que je pensais impossible : celle d'être en accord avec ce que j'étais. Oui, je cessais de me haïr. J'étais même pleinement reconnaissant à Carlisle de m'avoir sauvé et transformé, à présent, car grâce à lui, j'avais reçu ce qu'aucun mortel ne pourrait jamais avoir.

L'amour absolu et éternel, au sens propre.

Bella se resserra étroitement contre moi en murmurant faiblement mon prénom.

Je réalisais alors que je sanglotais. Je portais mes doigts à mes yeux, à mes joues comme pour effacer les larmes irréelles que je versais sur ma peau de marbre.

Des larmes de joie.

Des larmes d'amour.

Au centre de notre clairière secrète, allongée sur une soyeuse couverture, je me blottie dans les bras aimants d'Edward, soupirant pour la énième fois de bonheur. Nous faisions l'amour depuis des heures et j'avais complètement perdu la notion du temps. Je n'aurais su dire à quel moment de la journée nous nous trouvions. Et je m'en fichais…Je ne désirais rien d'autre qu'être avec lui, mon corps ne semblant jamais rassasié du plaisir qu'il m'offrait. Les rayons du soleil parvenaient toujours à se frayer un chemin jusqu'à cette alcôve paradisiaque. Au-delà de la chaleur agréable qu'ils me procuraient, ce que j'appréciais par-dessus tout, c'était de pouvoir contempler les merveilleux effets qu'ils produisaient sur la peau d'Edward. Mes yeux ne se laissaient pas d'admirer ce spectacle féérique. Mes doigts jouaient avec la fine toison sur son torse et semblaient parfois disparaitre dans l'éclat scintillant de sa peau aux milles diamants.

Ses lèvres de glace glissèrent à mon oreille.

« Dans tes bras, dans ta couche,

Je revis pleinement.

Ton amour, hameau de mon âme,

A chassé les ombres du passé,

Il est ma force…Il est tout.

Je voudrais hurler au monde,

Mon bonheur inespéré.

Mon amour, ma vie,

T'aimer et t'honorer

Au-delà des âges,

Seront mes seuls devoirs. »

Un frisson de désir chatouilla à nouveau ma peau, je resserrais mes bras autour de son corps nu et éclatant, nos jambes s'enroulèrent dans un nouvel et délicieux prélude.

« Ceux qui affirment que la poésie est démodée sont des idiots… » Murmurais-je contre ses lèvres tentatrices.

« Ce sont surtout des malheureux car leur cœur n'a pas encore trouvé sa muse.. » Répondit-il en se pressant contre moi.

Une brume opaque envahit soudain la petite clairière. Le soleil disparut à son tour derrière d'affreux nuages, tout s'effaça autour de nous et la température devint subitement glaciale.

Soudain mes mains se refermèrent sur du vide. Edward n'était plus là.

« Edward ? Ou es-tu ? Edward ? » Appelais-je, affolée.

Je ne voyais rien, la brusque obscurité et les épaisses volutes de brumes venaient de transformer la clairière en un véritable lieu de cauchemar, et je me demandais comment un endroit aussi charmant put soudain devenir à ce point hostile.

« E-Edward ? » Répétais-je contre le vent, mes dents s'entrechoquant sous l'effet du froid.

Mes mains erraient dans le vide, cherchant désespérément à le saisir.

Le vent siffla de plus belle dans les arbres, rajoutant au lugubre de la situation, je me levais en enroulant la couverture autour de mon corps gelée et grelottant…De peur et de froid.

« Pardonne-moi.. »

« Edward ? »

La voix fut si lointaine, que je ne fus pas sûre que ce fusse lui.

« Pardonne-moi.. »

Cette fois je reconnus sa voix. Elle fut si sombre, si éplorée que mes yeux s'embuèrent directement de larmes.

« Edward ? Ou es-tu ? Qu'est ce qui se passe ? »

« Je ne vaincrais pas ce mal..»

« Quoi ? De quoi parles-tu ? Quel mal ? » Criais-je en m'agitant, cherchant à le localiser.

La froideur du vent me transperçait, aussi acéré qu'une lame, et les sifflements stridents redoublèrent sous ses terribles rafales.

« Edward ? Reviens, je..J'ai peur.. »

Je tournais encore et encore sur moi-même, tentant de l'apercevoir. Je poussais soudain un cri lorsque plusieurs silhouettes se détachèrent de la brume. Mon cœur battait à tout rompre, les silhouettes inquiétantes bougèrent lentement, dans un silence de mort.

Je m'autorisais à nouveau de respirer lorsque je reconnus la famille Cullen. Ils étaient tous là.

« Edward a disparu ! Je-le ciel est devenu noir et..et»

Je m'arrêtais de parler, remarquant leur air grave, non, pire : tragique. Ils étaient de toute évidence au courant de la disparition soudaine d'Edward.

Le ventre noué, je resserrais douloureusement la couverture autour de ma poitrine.

« Qu'est ce qui se passe ? »

Leur silence oppressant renforça cruellement mon inquiétude. Soudain un cri déchirant retentit au loin.

« Edward ! » Criais-je en larmes à présent. C'était lui qui venait de pousser ce crie d'agonie.

Jasper, Carlisle et Emet se précipitèrent aussitôt en direction de cette terrible clameur, ils disparurent, comme avalés par la brume. Alice, Esmée et Rosalie se déplacèrent simultanément et se placèrent devant moi, toutes griffes dehors, telle une barrière infranchissable.

De quoi voulaient-elles me protéger ?

Je sursautais en découvrant deux énormes yeux cuivrés fendre l'obscurité.

« Jacob ! »

Rosalie et Alice sifflèrent férocement contre lui. La réaction de Rosalie ne m'étonna pas, à l'inverse de celle d'Alice.

Jacob souffla bruyamment en baissant légèrement les oreilles, son inhabituelle impassibilité m'étonna tout autant que la brusque hostilité d'Alice à son encontre. D'habitude, elle se montrait assez tolérante vis-à-vis de Jacob, par respect pour mon amitié avec lui.

« Qu'est ce qui se passe ? » Criais-je, à bout.

Jacob se plaça à une distance raisonnable des sœurs Cullen, mais resta près de moi, semblant lui aussi guetter un danger, dont il voulait me protéger.

Esmée avait le visage déchiré par le chagrin. Je ne l'avais jamais vu en proie à une telle détresse. Je m'avançais doucement vers elle.

« Esmée, qu'est ce qui se passe ? » Lui demandais-je dans un sanglot, pensant que ce que je pouvais imaginer devait être encore pire.

Elle m'enlaça, un peu trop fermement, elle qui se montrait toujours si prudente, si délicate avec moi.

« Le trouble progresse…Carlisle ne sait plus quoi faire.. » Sanglota-t-elle, les yeux dépourvus de larmes.

« Que.. ? Quoi ? De..De quoi parlez-vous ? »

La brume s'épaissit encore, semblant m'absorber dans le néant qui s'ouvrit sous mes pieds.

« Réveille toi mon amour… »

Un picotement froid mais agréable fit tressaillir ma joue.

« Edward ? » L'appelais-je. Il semblait à mon côté, je le sentais, mais je ne le voyais toujours pas, je ne comprenais pas.

« Réveille-toi… »

J'ouvrais soudain les yeux dans un sursaut.

« Bonjour. Désolé d'avoir dû te réveiller, mais tu semblais faire un mauvais rêve.. »

Je clignais des yeux, le souffle bloqué dans ma gorge.

Un mauvais rêve. Tout ceci n'était que le fruit de mon imagination désaxée.

« Tout va bien ? » Me demanda Edward.

« Oui, je..juste un rêve idiot… »

Il y avait longtemps qu'un rêve – ou plutôt un cauchemar- ne m'avait semblé si réel. Je frottais mes bras, semblant encore sentir la morsure du froid.

« Tu as froid ? » Demanda Edward

« Plus maintenant.. » Le rassurais-je.

Il fallait très rapidement que je me reprenne avant qu'Edward ne s'alarme inutilement.

« Quel heure est-il ? »

« Presque neuf heure. » Dit-il en déposant un baiser sur mes lèvres.

Zut, j'avais raté mon premier cours, il allait falloir que je trouve une excuse crédible si je ne voulais pas me retrouver dans le bureau du principal.

« Pourquoi ne m'as tu pas réveiller plus tôt ? » Ronchonnais-je à moitié.

« Tu avais besoin de repos. » Dit-il simplement.

Je soupirais gentiment, je ne pouvais rien contre la surprotection d'Edward.

« Tu es sûr que tout va bien ? Tu es vraiment pâle..»

« J'ai trop dormi, c'est tout... »

Je me redressais contre le dosseret, remarquant qu'Edward était déjà paré, toujours aussi magnifique. Il effleura mon bras d'un air inquiet. Je baissais les yeux, celui-ci était clairsemé de bleus, plus ou moins pâles ou jaunis. Mon autre bras n'avait rien à lui envier.

Je les dissimulais sous les draps.

« Edward, tout va bien…Cesse de t'inquiéter.. »

Il grimaça en coin mais ne rajouta rien. Il y avait un net progrès !

Bon, il était clair que je n'irais pas courir un 100 mètres aujourd'hui, vu que chacun de mes muscles me rappeler au bon souvenir de cette nuit… mais à part ça, j'allais parfaitement bien.

Edward lissa une mèche de mes cheveux derrière mon oreille.

«Et puisque nous sommes déjà plus qu'en retard pour le lycée..Que dirais-tu de sauter les cours ce matin ? »

Edward qui me proposait de sécher les cours ? Oui, oui, oui !

« Je suis partante. Que prévois-tu ? » Répondis-je en me retenant de proposer ce que m'hurler mes hormones, toujours sur leur qui-vive !

« Allons chez moi. Nous serons plus à l'aise pour parler de ce qui arrive. Les autres sont au lycée, nous serons tranquilles.»

« Cela semble vraiment important. » Soulignais-je.

Il hocha solennellement la tête, mais malgré la gravité qu'il affichait, je n'étais pas inquiète. J'avais vraiment hâte de savoir ce qu'Alice n'avait pas voulu me confier la veille au soir.

Je m'étirais paresseusement et remarquais plusieurs paquets posés sur ma commode.

« Qu'est ce que c'est ? » Demandais-je d'un signe de tête.

« Alice est passée il y a 20 minutes, elle nous a acheté des vêtements. » Me dit-il d'un ton prudent.

Je levais un sourcil, méfiante.

« J'ai une pleine armoire de vêtements ici, Alice réprouvait-elle à son point mes goûts ? »

« Ne dit pas des sottises. Alice ne peut s'empêcher d'offrir des présents lorsqu'elle est heureuse, c'est tout ».

Je restais dubitative.

« J'y ai eu droit moi aussi. » Me dit-il pour m'amadouer.

Parfaitement réveillée à présent, je remarquais effectivement qu'il ne portait pas les mêmes vêtements qu'hier soir. Et..Je me mordis la lèvre inferieure, appréciant pleinement sa chemise en stretch, qui moulait admirablement son torse, sans parler de son ventre sculptural.

Je devrais penser à remercier Alice…Spécialement pour m'avoir offert cette appétissante vision d'Edward !

« Et qu'est ce qui la rend si heureuse ? » Repris-je en surmontant un soudain déluge hormonal !

Edward sourit et son regard se fit encore plus admiratif que d'habitude.

« Toi. »

Je lui lançais un regard perplexe.

Le regard incandescent d'Edward se fit..adulateur. J'avais perçu ce regard –presque idolâtre- la nuit dernière. Regard que je ne comprenais pas.

« Moi ? Je ne comprends pas. » Dis-je en secouant la tête.

Il se pencha et m'embrassa tendrement.

« Tu comprendras, mais pour l'instant, debout ! Prépare-toi avant que Charlie rentre.»

Il me poussa gentiment vers le bord du lit, je soupirais, me rendant compte que je n'aurais pas refusé quelques heures de repos supplémentaires. Finalement, j'étais reconnaissante à Edward de m'avoir laissé dormir.

« Je m'occupes de ton petit déjeuner.» Me proposa-t-il.

Mon ventre vide se manifesta par des geignements disgracieux, et supplanta haut la main ma fatigue.

« Aurais-je droit… à des crêpes ? » Murmurais-je timidement.

« Tout ce que tu voudras… » Murmura t'il en m'embrassant, puis il disparut tel un fantôme.

Je me levais avec entrain cette fois, ignorant au mieux les fourbures de mon corps. Je remarquais une fois debout les lacérations diffuses dans les draps. Je passais mes doigts dans les entailles de tissu et souris aux souvenirs délicieux de notre nuit torride.

Je m'avançais jusqu'à la commode et déballais les cadeaux d'Alice, tout en essayant de ne pas penser à leur prix astronomique…au vue des somptueux emballages.

Je soulevais un magnifique chemisier noir, aux manches longues, orné d'admirables arabesques de dentelle. Je découvris ensuite un pantalon de cuir gris, esprit motard…Superbe et quelque peu audacieux. Du Alice tout craché ! La lingerie, quant à elle…Je ne trouvais pas les mots pour la qualifier.

Alice devait vraiment être très heureuse !

Je vérifiais que le col du chemisier soit suffisant haut pour masquer les marques dans mon cou. C'était parfait…Evidement.

« Merci Alice...Mais n'en prend pas l'habitude, tu sais à quel point ça me gène !. » Chuchotais-je en imaginant qu'elle verrait mes remerciements dans ses visions..Et qu'elle ne tiendrait évidemment pas compte de ce message !

Je filais sous la douche, regardant à peine au passage mon corps couvert de bleus, car ce qui m'horrifia avant tout fut la vision de mes cheveux !

Comment Edward avait-il pu me couver d'un tel regard adulateur avec une allure pareille ! Ma chevelure était un véritable palace…pour une colonie d'oiseaux, pas moins ! Je fuis mon horrible reflet dans le miroir dans un chuintement et me précipitais dans la cabine de douche. Edward avait dû se doucher peu de temps avant car les parois étaient encore ruisselantes de gouttes d'eau. Mes hormones incontrôlables ne firent qu'un bond, et déjà les images d'Edward, nu, ses muscles dessinés par les cascades d'eau, s'agitèrent dans ma tête.

Je me douchais avec hâte, refrénant les fantasmes de mon esprit concupiscent !

Une fois lavée, j'essayais tant bien que mal de démêler mes cheveux hirsutes. La lutte fût âpre, mais je réussis finalement à les dompter et à les rendre présentables. Je finis de me préparer en trombe, de plus en plus impatiente de savoir ce qu'Edward avait à me révéler.

Mon empressement et ma maudite maladresse faillirent me faire trébucher au milieu de l'escalier. Quoique, ce n'était peut être pas les seules raisons : je n'avais pas vraiment l'habitude de porter un étroit pantalon de cuir !

Je ralentis le pas en prenant une grande inspiration pour me calmer. Cette bouffée d'air ravit mes papilles. Une odeur de bacon, d'œufs, de pancakes et de pain perdu flottait dans l'air. Le rêve ! Mon ventre ne tarda d'ailleurs pas à manifester sa joie, par une salve de gargouillis très distingués !

Dans la cuisine, je m'approchais d'Edward en serrant mon ventre, priant qu'il se tienne correctement. Face aux fourneaux, il était en train de retourner le pain perdu d'une main et les tranches de bacon, de l'autre.

« Un vrai chef ! » Le complimentais-je.

Il me sourit et me fit signe du menton de m'assoir.

Je m'installais devant le plus somptueux des petits déjeuners. Un café fumant, une assiette d'œufs brouillés à la tomate, mes fameux pancake recouvert de sirop d'érable et …une carafe de fruits fraichement mixé.

Je regardais l'évier, étonnée.

« Je ne savais même pas qu'il y avait un blender ici ! » Lâchais-je abasourdie...et honteuse.

Edward rit tandis que je me délectais en avalant un verre de jus de fruits.

« C'est un petit déjeuner royal ! » M'enthousiasmais-je.

Il s'assit en me servant une assiette de pain perdu et une autre de bacon frit.

« Tu es ma reine.. » Souffla-t-il.

« Je me verrais plutôt en ogre, vu tout ce que tu m'as préparé ! » Rétorquais-je en attaquant mes œufs, affamée.

Il rit.

« Cela me convient aussi.. »

Il détailla ma tenue en levant un sourcil.

« Chquoi ? » Demandais-je la bouche pleine.

« Je me disais qu'Alice a toujours eut un excellent goût vestimentaire.. » Dit-il, son regard appréciateur caressant mes courbes.

« Tu es très belle.. » Dit-il d'une voix suave.

« Merci. Alice a également très bien choisi ta tenue..» Répondis-je avec le même regard.

Il me gratifia d'un sourire enjôleur…une lueur de désir dans les yeux.

« Mange. » M'ordonna-t-il tendrement, après quelques secondes de badinage visuel.

Mon bien être avant tout…

Je m'attaquais sans tarder au pain perdu qui affriolait mon odorat depuis le début.

Je soupirais d'aise à la première bouchée : il était délicieux ! Edward avait un réel talent culinaire, ce qui était d'autant plus surprenant de la part d'une personne qui ne mangeait pas !

« Ton pain perdu est un délice ! » Le complimentais-je en engloutissant allègement le reste de la tranche.

« Il a …une saveur particulière.. » Dis-je en cherchant à identifier l'ingrédient mystère. Soudain mes papilles trouvèrent la réponse et je sentis mes joues s'empourprer.

Les lèvres d'Edward s'allongèrent dans un sourire malicieux.

« En effet…Je n'ai pas suivit à la lettre la recette traditionnelle, j'ai voulu y ajouté une touche personnelle.(D'un revers de pouce sensuel, il gomma des miettes au coin de ma bouche)…Et j'ai rajouté un soupçon de cannelle… » Murmura t'il d'une voix langoureuse.

Je toussotais brusquement en avalant de travers.

« Si je me rappelle bien…Tu en raffoles.. » Rajouta t'il, taquin.

M'étranglant à moitié, les souvenirs de cette nuit emplirent ma tête. Les yeux de lave d'Edward étaient rivés sur moi, et il était en train de se remémorer exactement la même caresse que moi. Cette expérience avait été merveilleuse, grisante, elle nous avait lié plus étroitement que tous les mots du monde. Je n'avais pas pensé jusqu'alors que l'on pouvait ressentir soi-même un tel plaisir en prodiguant cette caresse. Et…J'avais adoré sentir ce contrôle sur Edward, de l'avoir totalement à ma merci juste par mes lèvres…

Mon souffle retrouvé, je bue à grande gorgée mon café, sentant mes joues s'échauffer de plus belle. J'essayais piteusement de garder bonne figure mais les traitresses sabotaient mes efforts !

Un sourire carnassier (qui devrait être interdit aux moins de 18 ans, tant il était sexy !) se forma au coin de sa bouche. L'aura qu'il dégageait était incroyable…et irradiait mon bas-ventre d'une chaleur vibrante.

Je piquais hardiment ma fourchette dans le plat de pancake pour me reprendre.

Je présentais la crêpe à mes lèvres, soutenant vaillamment ses yeux félins qui suivaient avec avidité mon mouvement, et pris une bouchée généreuse.

Le coin de sa bouche s'étira un peu plus.

« En effet. » Répondis-je en mâchant nonchalamment, essayant de garder contenance (si l'on oubliait mes joues cramoisies !).

Il s'adossa contre la chaise en soupirant délicieusement.

Bien, apparemment, sa petite taquinerie prenait fin.

Je terminais tranquillement mon repas, sous son regard épris. Ses yeux prenaient encore de temps à autre cette étrange lueur adulatrice, qui me déconcertait tant.

« J'ai mangé pour six. » Déclarais-je, repue, en posant mes mains sur mon ventre tendu.

Edward me sourit, apparemment ravi que je fasse tant honneur à son repas.

Il se leva en prenant mon assiette. Je me levais à mon tour, nous fîmes ensemble la vaisselle, presque comme un couple normal..Pensais-je.

Après avoir tout rangé, je remontais rapidement à l'étage pour me re-brosser les dents.

« Nous pouvons y aller ? » Me demanda Edward lorsque je revins.

« Oui. J'ai pris les clefs ma camionnette.»

Il grimaça.

« Désolée, mais tu n'as pas ta voiture, et si je fais la route sur ton dos, je ne suis pas sûr de garder ce somptueux déjeuner ! »

« On prend ta camionnette ! » Concéda-t-il aussi sec, le regard apeuré.

Je me retins de rire en allant prendre mon manteau.

Nous arrivâmes enfin chez lui, sous une pluie déchainée, qui s'était déclarée tout juste après notre départ. La visibilité était déplorable, pour ne pas dire nulle, ce qui m'avait obligé à conduire encore plus lentement que d'habitude…Sous les réguliers et ô combien agaçants soupirs réprobateurs d'Edward !

Même la musique de l'autoradio n'était pas parvenue à couvrir son exaspération.

« J'aurais pu conduire. » Me lança-t-il alors que je garais ma vieille camionnette devant l'entrée de la splendide demeure des Cullens.

« Pour que tu achève ma camionnette ? Non merci ! Et puis, cesse de râler puisque nous sommes arrivés. »

« Vraiment ? (il regarda autour de lui prenant un air perdu) En quelle année sommes-nous ? »

Je fronçais les sourcils.

«Très drôle ! »

Il s'esclaffa en ouvrant la portière. Son rire moqueur fut brusquement assourdi par la pluie battante. Il faisait vraiment un temps de chien.

En moins d'un seconde, ma porte s'ouvrit sans avoir eu le temps de grincer, je fus happée dans ses bras et nous nous retrouvions dans le hall d'entrée, comme si nous avions été télé- transportés. La pluie n'avait même pas eu le temps de m'atteindre, Edward, lui, était à peine mouillé.

« Merci. » Soufflais-je.

« De rien. » Dit-il en m'offrant son bras pour monter à l'étage.

« Bella ! » Fit Esmée d'une voix rayonnante.

De son pas aérien, elle sembla voler vers moi. Elle m'enlaça tendrement, comme l'aurait fait Renée. Elle prit mon visage entre ses mains glacées si fines et si légères. Je fus troublée de constater qu'elle aussi me regarder avec cette étrange lueur de ferveur dans les yeux.

« Ma chère Bella. Tu n'as pas seulement sauvé mon fils, tu nous as tous sauvé ! »

Son étreinte se prolongea.

« Je n'ai jamais vu Carlisle aussi heureux… Et c'est grâce à toi.» Me dit-elle d'une voix vibrante.

Mes yeux roulèrent anxieusement vers Edward. Notant mon malaise, Esmée se redressa en jaugeant sévèrement Edward.

« Tu ne lui as encore rien dit ? »

Il lui sourit tendrement, tendit qu'il me prit doucement dans ses bras.

« Non, le temps nous a hélas manqué, j'ai préférais privilégier le repos de Bella…Les événements d'hier soir…ont été éprouvants. » Lui dit-il

Je me sentis terriblement embarrassée et je suppliais le ciel de ne pas rougir devant Esmée. Ce qui était inutile…Car même si mon visage ne virait pas au rouge, mon odeur ne devait lui laisser aucun doute quant à ce que nous avions fait durant une partie de la nuit.

« Oh !...Oui, oui, bien sûr..Tu as bien fait. » Dit elle, d'une voix compatissante.

Elle n'était pas dupe, mais elle fit mine de croire au mensonge d'Edward pour ne pas me mettre encore plus mal à l'aise. Admirable Esmée. Je louais sa profonde délicatesse et son savoir vivre unique…dont avait hérité en partie Edward.

« J'ai emmené Bella ici pour pouvoir tout lui expliquer sans être déranger.» Reprit Edward.

« Oui, vous serez tranquilles. Allez-y..Allez-y.. » Dit elle d'une voix qui trahit une certaine nervosité.

Edward hocha la tête.

« Je vais te cuisiner un bon déjeuner. » Me dit joyeusement Esmée.

« Oh..Ne vous donnez pas trop de peine..Je crois que j'ai mangé pour la journée ce matin.»

Elle me sourit affectueusement.

« Au cas où tu aurais quand même un petit creux, un repas sera prêt. »

Edward se pencha à mon oreille.

« Tu ne feras pas changer d'avis Esmée, Bella. » Chuchota-t-il en riant.

Je souris à Esmée.

« Très bien, mais n'en faite pas trop. »

Esmée joignit ses mains devant elle, ravie.

Edward embrassa le front de sa mère et nous montâmes à l'autre étage. Devant sa chambre, le visage d'Edward prit une solennité inhabituelle. Mon ventre se noua soudain d'impatience et d'appréhension. Edward ouvrit la porte et m'invita galamment à entrer. Son divan en cuir avait disparu, remplacé par un grand lit, drapés d'une parure luxueuse, aux teintes d'ocre et d'or, qui rappelaient la couleur des yeux d'Edward.

« Qu'est-il arrivé au divan ? »

« Esmée l'a fait remplacer. Elle aime beaucoup restaurer des meubles, mais celui-ci était irrécupérable. »

« Oh.. » Je me rappelais alors les circonstances dans lesquelles le divan avait été abimé (et le mot était faible..) et une douce chaleur saisit mon ventre. Vilaines hormones ! Et ce lit généreux n'arrangeait pas l'hystérie de mon système hormonal ! J'étais devenu une véritable obsédée !

Les yeux d'Edward se rétrécirent. J'eux l'impression que la chaleur de la pièce venait d'augmenter…avant de me rendre compte que cela venait de moi !

Sans un mot, Edward s'avança lentement vers moi. Il m'enlaça, me plaquant fermement contre lui, soudain, il captura ma bouche dans un baiser sauvage et possessif. Il avança doucement, me faisant reculer, jusqu'à que mes jambes butèrent contre le lit. Il continua d'avancer et me fit basculer sur le lit. Il encadra mon visage de ses mains, se pencha pour effleurer mes lèvres.

« Ce lit semble te plaire…» Murmura-t'il d'une voix enjôleuse.

Son torse musclé pesait sur ma poitrine, ses cuisses formaient deux puissantes colonnes soudées aux miennes.

« E-Edward.. » Protestais-je faiblement. J'avais envi de lui- comme toujours- mais je voulais savoir ce qui se passait, savoir ce qui semblait chambouler la famille Cullen.

Il respira ma peau dans un grognement, mon cœur sauta un battement.

« Ton corps m'appelle.. » Murmura-t-il contre ma gorge.

C'était vrai, mon corps réagissait de manière autonome et ne tenait absolument pas compte de mes résolutions. Sans m'en rendre compte, mes bras avaient crocheté son cou, l'attirant d'avantage vers moi, mon bassin ondulant explicitement contre lui.

« Je..veux savoir ce qui m'arrive.. » Soufflais-je dans sa nuque, la tête me tournait, je pouvais à nouveau ressentir son désir…qui se joignit au mien, et qui était sur le point de m'engloutir.

M'habituerais-je un jour à la façon dont il parvenait à transformer mon corps en lave ?

Je frémis lorsqu'il glissa sa main sous mon chemisier. Un grognement de plaisir s'éleva lorsqu'il aborda mes seins. Un gémissement franchit mes lèvres et je répondis à ses avances en me cambrant naturellement contre lui. Il entreprit de déboutonner mon chemisier. Je fermais les yeux, parcourue d'un frisson d'excitation. Je me sentis soudain submergée par la force du lien -hors norme- qui nous unissait. Parmi ce déluge de sensations, je perçus un engagement, une union qui allait bien au-delà de tout ce que j'avais pu imaginer. Cette sensation semblait trop forte, trop envahissante…Et en même temps parfaite et naturelle.

J'ouvrais les yeux sous le choc. Qu'est ce que c'était ?

Mon besoin de comprendre prit le dessus sur les exigences de mon corps. Mais j'étais à la limite de point de non retour, je n'aurais bientôt plus la force de résister aux caresses d'Edward. Or je voulais obtenir des réponses, maintenant !

« E-Edward, arrête..» Soufflais-je.

Il sursauta, les traits paniqués.

« Mon dieu, je t'ai fait mal ! » S'alarma-t-il.

« Non, non.. » M'empressais-je de le rassurer.

« Je..Excuse-moi Edward…Je ..J'ai envi de toi…Seigneur, j'ai toujours envie de toi…Mais je veux que l'on parle d'abord…J'ai besoin que tu m'expliques ce qui m'arrive.. »

« Ohh.. »

Il réajusta les pans de mon chemisier et se releva, le visage dépité.

« Pardonne-moi Bella. C'était mon intention.. ...me suis laissé emporter.»

J'entendis la douleur dans sa voix.

« Nous sommes deux Edward. »

Il ferma les yeux en soupirant.

« Je vais essayer d'empêcher que cela se reproduise…Mais je ne peux rien promettre » Dit-il d'un ton désolé.

Il s'allongea près de moi sans imaginer que je luttais moi aussi pour ne pas me jeter sur lui. Je rêvais qu'il m'arrache mes vêtements et qu'il m'aime passionnément…mais cela devait attendre. Mon ventre en feu palpitait en désaccord, mais je réussis à ignorer les complaintes de mon corps. Du moins pour l'instant.

Edward resta silencieux un moment, comme s'il méditait. Je ne dis rien, lui laissant le temps nécessaire pour se reprendre, je remarquais qu'il avait cessé de respirer.

Il s'adossa finalement contre le dosseret, je fis de même.

Ses yeux étincelants me couvrirent d'une chaleur aimante.

« Ça va être long.. Tu es bien installée ? »

J'inclinais la tête, impatiente, il me sourit.

« C'est Alice qui a compris avant tout le monde ce qui t'arrive…ce qui nous arrivent plus exactement. J'ai totalement refusé de la croire au début, mais j'ai bien dû admettre qu'elle avait raison. J'ai vu les preuves…Pour t'expliquer ce qui t'arrive, notamment ton aptitude à ressentir mes émotions, je dois commencer par te raconter une très ancienne histoire, une légende qui perdure dans le monde des vampires et qui s'est étoffé au fil des âges. (Il fit une pause) Il s'agit du mythe du peuple des Lumières, un clan singulier de vampires, qui aurait vécu dans les montagnes du nord de l'actuelle Géorgie, dansle royaume de Karthlie, vers l'an 700. On les appelle aussi le peuple des Elus ou encore le peuple de l'Espoir.

Bien avant de me créer, Carlisle a découvert l'histoire de ces vampires, aux mœurs atypiques. Le premier point –fondamental- de ce peuple était qu'ils ne se nourrissaient pas de sang humain. Ce qui interpella Carlisle, comme tu peux l'imaginer.

« Il y en avait d'autres comme lui ! » Répondis-je, captivée.

« Oui, c'est ce qu'il a pensé. Il commença à faire quelques recherches et il a très vite apprit auprès de vampires très âgés, que ce peuple possédait également d'autres caractéristiques… surprenantes. Carlisle se lança alors dans une véritable quête, il partit à la recherche de ce clan mystérieux..Durant soixante ans.

« Soixante ans ? » Repris-je, ébahie.

« Oui.. Il a même vécu en Géorgie, arpentant toutes les chaines montagneuses du pays, dans l'espoir de rencontrer un représentant de ce peuple, en vain, hélas. Il rencontra néanmoins parmi la population locale, des familles qui lui confirmèrent, que jadis, du temps de leurs ancêtres, d'étranges créatures vécurent dans les montagnesd'Ushba. Mais chez les humains aussi, ce n'était guère qu'une légende, un mythe, qui se transmettait de générations en générations. Carlisle s'obstina malgré tout, il continua à chercher, encore et encore, il notifia tout ce qu'il apprenait des humains, comme des vampires de la région. Il a remplit des dizaines de livres, il récolta beaucoup d'informations au cours de son périple, mais jamais de preuves formelles, aucun témoins vivants. Et au bout de tant d'années infructueuses, la solitude, se fit trop pesante, elle prit le dessus sur sa motivation et écorchera ses espoirs. Il avait l'impression de tourner en rond, il rentra alors en Amérique…et je fus crée quelques années après. »

Je resserrais son bras, il mit sa main sur la mienne et la serra tendrement. J'étais triste pour Carsile, pour son échec, mais, égoïstement, je me sentais heureuse qu'il n'ait jamais trouvé ce peuple, car si tel avait été le cas, Edward ne serait pas là, ici, avec moi. La pensée qu'il aurait put ne pas exister me serra la gorge, c'était pour moi, tout bonnement inconcevable.

« Qu'avaient-ils de si différents ? Mise à part leur régime alimentaire.» Enchainais-je, sans avoir le courage d'avouer à Edward mon égoïste soulagement.

« Leur idéologie. C'est cela qui fascina le plus Carlisle. Ils s'étaient regroupés afin de vivre selon des valeurs, très semblable aux siennes. »

« Ils refusaient de vivre en monstre et se nourrir de sang humain. »

« Oui, mais il y avait plus. Le Peuple des Lumières aspirait à conserver des sentiments humains, comme du temps où ils étaient vivants. Pour eux, ressentir des émotions était primordial, car ils étaient convaincus que tant qu'ils conservaient cette conscience humaine, ils conservaient aussi leurs âmes. Ressentir les éloigner du mal, des ténèbres, dans lesquelles ils refusaient de sombrer.

« Ils ne croyaient donc pas avoir perdu leur âme après avoir été transformé en vampire ? »

Contrairement à toi faillis-je préciser.

« Pas exactement, ils croyaient qu'elle était en sursis. S'ils perdaient leurs sensations humaines, ils deviendraient des monstres sanguinaires, dépourvus de toute conscience. Et c'était seulement à ce moment là qu'ils pensaient perdre à leur âme, faisant d'eux des êtres damnés à jamais.

Sans émotions, la bête en eux les dévorait lentement, inexorablement. Ils s'attelaient donc à cultiver des sentiments que les vampires n'éprouvent pas d'ordinaires : l'amitié, la compassion, le pardon, le partage, l'entraide, la bienveuillance envers leur congénères, mais aussi, et surtout envers la population humaine. »

« Comment ça ? »

« Ils vivaient retranchés dans les sommets montagneux, ces lieux inhospitaliers leur procurant refuge et sérénité. Mais ils n'avaient pas rompu le lien avec le monde des hommes, bien au contraire. Dans l'ombre, ils œuvraient pour le bien de la communauté des Hommes, leurs capacités vampiriques leur facilitant grandement la tache. C'est d'ailleurs grâce à leurs bienfaits que Carlisle a trouvé des récits à leur sujet dans la littérature humaine. »

« De quelle manière aidaient-ils les humains ? »

« Apparemment, ils auraient apporté leur aide aux cours de certaines catastrophes naturelles, dans des conflits, des attaques…des épidémies… »

« C'étaient des anges gardiens en quelques sorte. »

Edward sourit.

« Je ne suis pas sûr que le terme d'ange soit parfaitement adapté..Ils restaient avant tout des vampires, Bella. Même s'ils protégeaient la race humaine, ils avaient toujours leur part de ténèbres. »

« Si je te suis bien, aider les hommes, les aider à survivre, cela leurs permettaient d'entretenir leurs si précieuses émotions humaines. »

« Exactement, mais il ne faut croire qu'ils étaient comme des hommes, Bella. Leur inhumanité les rendait toujours dangereux. Comme tous les vampires.»

Sa voix se ternit et je compris qu'il ne fallait pas que je fasse l'erreur d'idéaliser ce peuple. Et son dernier commentaire l'incluait dans ce constat, j'en étais sûr.

« L'inhumanité n'est pas l'apanage de ton espèce Edward. Loin de là. Toi et ta famille êtes bien plus humains que tu ne le penses. » Lui fis-je remarquer, le cœur serré par son opiniâtre sévérité envers lui même.

« Tu devrais te montrer moins dur avec toi-même. » Insistais-je sous son regard inflexible.

« Et toi, tu devrais te monter beaucoup moins indulgente avec nous, Bella. »

Bon, de toute évidence, il ne céderait pas encore aujourd'hui. Mais je m'étais promis qu'un jour, je réussirais à faire fléchir son jugement. Je parviendrais à ce qu'il se perçoive différemment… en restant patiente et obstinée.

« Tu m'as parlé d'élus cette nuit, qu'est ce que c'est ? »

« C'est comme ça qu'ils nommaient leur âme sœur. »

« Pourquoi cette étrange appellation ? » »

« Tu vas comprendre. Il y avait un sentiment essentiel que tous espéraient conserver : l'amour. Cette émotion majeure s'affaiblissait inexorablement au cours de leur existence éternelle. Pour préserver ce sentiment unique, ils devaient à tous prix trouver leur âme sœur, leur élu. Une personne qui leur était destiné, quelque part. L'élu d'un vampire était considéré comme son gardien ou sa gardienne d'âme. C'étaient à leurs yeux un être sacré qui, grâce à son amour, leur garantissait le salut de leur âme. C'était le pilier de leurs croyances, car celui qui trouvait son élu était définitivement sauvé. L'élu était leur Lumière. Voilà leurs croyances…et les raisons qui poussèrent Carlisle à chercher si longtemps.»

« Il ne cherchait pas seulement ce peuple, il cherchait aussi le moyen de sauver son âme... » Chuchotais-je, émue en comprenant tout l'enjeu qu'avait représenté cette quête pour Carlisle.

« Oui. » Murmura Edward.

« En ce temps là, cela le tourmentait beaucoup.» Souffla-t-il.

« Il a dû être atrocement déçu de ne pas les trouver…»

« Mais depuis il a trouvé sa voie. Sa rédemption réside en ses actes : Guérir et soulager les hommes sera peut être son moyen de sauver son âme. »

Mon cœur se serra et je fronçais soudain les sourcils.

« Je ne connais personne d'aussi bon que Carslile, vos histoires d'âmes damnées sont ridicules ! »

« Nous ne serons jamais d'accord sur ce point. » Dit-il, imperturbable, ce qui m'agaça d'autant plus.

Il me sourit tendrement, son regard reflétant une nouvelle fois cette dévotion insensée.

« Mais s'il existe vraiment un haut delà pour une créature telle que moi, je te devrais ce miracle Bella. »

« Tu n'a jamais eu besoin de moi pour ton âme Edward, tu ne l'as jamais perdue ! » M'emportais-je.

« Nous ne serons jamais d'accord sur ce point. » Répéta-t-il tendrement.

Je lui lançais un regard noir, mal assuré. La façon dont il me regardait m'empêcher totalement d'être en colère contre lui.

« Cesse de me subjuguer ! Ce n'est pas loyal ! » Maronnais-je.

Il me sourit.

« Erreur, c'est moi qui suis subjugué. » Rétorqua-t-il d'une voix suave.

Je reposais la tête contre son torse et je ne trouvais rien d'autre à faire que grommeler dans ma barbe, ce qui le fit rire, le filou.

« Bien…Tout ceci ne m'explique ce qui m'arrive… » Lui fis-je remarquais.

« J'y viens... Ils devaient donc trouver leurélus, et pour cela, ils possédaient une capacité unique, étrangère au reste de la communauté vampirique : L'Instinct. Un lien unique qui unissait deux âmes sœurs. Le peuple des Lumière étaient guidés par un instinct animal totalement différend des autres vampires. Cet instinct propre leur permettait de reconnaitre leurs élus. »

Je relevais la tête.

«Oh ! C'est un peu comme chez les Quileutes ! Je veux dire pour la meute. »

Edward pencha la tête en me regardant, perplexe.

«Ça.. Ça fait un peu penser à leur phénomène d'imprégnation.»

Ses traits se durcirent, cette analogie ne sembla guère lui plaire.

« Il n'y a aucune similitude avec ce qui se passe pour les loups.» Dit-il d'une voix austère.

Bien, la comparaison ne lui plaisait pas, c'était le moins que l'on puisse dire.

« Un peu quand même. Eux aussi tombent amoureux d'une personne prédestinée. » Insistais-je.

Il eut un reniflement indigné, comme si je l'avais gravement insulté.

« D'ailleurs j'espère que Jacob sera bientôt imprégné, ça arrangera peut être les choses entre nous… » Je m'arrêtais net lorsque je perçus sa colère dans son esprit..et dans son regard.

Edward se figea comme un bloc. D'habitude, il ne se mettait pas dans un état pareil lorsque je parlais de Jacob, du moins plus depuis longtemps. Son attitude m'intrigua, quelle mouche l'avait piqué ?

« Quoi ? Il y a un problème avec Jacob ? »

Il ne répondit pas, mais sa fureur ne déclinait pas.

« Edward, parle-moi s'il te plait. Il s'est passé quelque chose avec lui ? (Silence) Ou un autre membre de la meute ?»

Il releva la tête et regarda dans le vide.

« Je ne souhaite pas aborder ce sujet maintenant. » Dit-il enfin d'une voix sombre.

Ce qui en clair signifiait que j'avais vu juste. L'incident concernait bien Edward et Jacob, s'il s'agissait d'un autre que lui, il m'en aurait fait part sans une telle insistance.

« Tu m'inquiètes. Que s'est il passé entre vous ? (je réfléchis un instant) Tu l'as rencontré hier soir, hein ? lorsque tu es parti chasser. (Sa joue tressaillit) C'est forcement à ce moment là, puisque tout allait bien jusque là.»

« Notre fréquentation n'a jamais été simple, Black et moi.» Lâcha-t-il durement.

« Tu m'inquiètes Edward. » Lui dis-je d'un ton affecté, espérant qu'il m'en dirait plus.

« Je suis désolé, ce n'était pas mon intention. » Me dit il, sa voix était sincère mais froide.

J'attendis un peu mais vu le silence glacial qui s'éternisait, il était clair qu'il ne céderait pas maintenant.

« Bon o.k..» Concédais-je, à contre cœur. Edward et Jacob étaient les deux personnes les plus importantes de ma vie et je détestais savoir qu'ils ne s'apprécieraient jamais.

Je retournais m'adosser contre lui, m'exhortant mentalement de ne plus faire allusion aux Quileutes, et tout particulièrement à Jacob, jusqu'à ce qu'il me confie ce qui s'était passé entre eux. Je ne voulais pas ternir d'avantage l'humeur d'Edward, de toute manière, j'étais obligée d'attendre qu'il se décide à parler. Je l'acceptais..Non sans difficulté, tant mon cerveau fourmillait déjà de milles et unes hypothèses.

Je pressais tendrement mes mains contre son torse et il se détendit et sa colère se dissipa presque immédiatement, je ne la sentais plus.

« Continue.. » Lui demandais-je d'une voix douce.

Il enfuit sa main dans mes cheveux et me caressa tendrement le cuir chevelu.

« Merci.. » Murmura-t-il, reconnaissant que je n'insiste pas d'avantage.

« Un vampire du peuple des Lumières pouvait partir des siècles entiers pour trouver son élu, parcourant chaque pays de ce monde. Mais s'il n'y parvenait pas, et si le démon menaçait de le pervertir, il ne retournait pas auprès de son peuple, il préférait se donner la mort avant de devenir un fléau pour le monde humain. Il refusait de devenir le monstre qu'il avait toute sa vie combattu. »

« C'est horrible.. »

« D'autres sombraient dans la folie, tout simplement.»

« Comment s'y prenaient-ils pour trouver leur élu ? »

« L'instinct les guidaient. »

« Oui, j'ai bien compris, mais comment cela fonctionnait exactement ? »

«Lorsque l'Instinct se manifestait chez deux âmes sœurs, Il déclenchait entre eux une attraction irrationnelle, à laquelle ils ne pouvaient résister. Il ouvrait aussi une connexion entre leurs esprits : Chacun pouvait lire dans l'esprit de l'autre. C'était un don propre au peuple des Lumières. Les élus se reconnaissaient grâce à l'Instinct, ils s'unissaient. Dès lors, ils étaient liés à jamais. »

Les faits commençaient à se mettre en place dans ma tête et ma respiration s'emballa.

« Un..un élu…pouvait-il être… humain ? »

Je croisais son regard, ses yeux d'ambre scintillèrent de milles feux.

« Pas pouvait mais était. »

Je le questionnais du regard.

« Les élus des vampires étaient tous humains. C'étaient en eux que résidaient la source de l'Amour.»

Je déglutis, ses yeux avaient de nouveau pris cette lueur d'admiration…que je commençais à comprendre.

« Et..que se passait-il.. ? »

« L'élu humain était transformé.» Murmura-t-il.

Il s'arrêta, comme pour me laisser le temps de digérer. Il savait ce que je venais de comprendre. Je me redressais, la gorge serrée et le cœur battant trop fort.

« Tu..Tu crois que je suis..que nous sommes.. » Je ne réussis pas à finir ma phrase, les mots étaient restés coincé au bord de mes lèvres.

« Des élus, oui. » Dit-il à ma place.

Je couvrais ma bouche pour étouffer mon exclamation bouleversée, bien que ce fût la réponse à laquelle je m'attendais. Un long silence s'ensuivit, le temps que j'accuse le choc de cette révélation. J'étais paralysé, ma main couvrait toujours ma bouche, Edward me l'ôta délicatement et la porta jusqu'à ses lèvres.

« Tu es ma gardienne d'âme Bella.» Me dit-il d'une voix grave et émue.

Je restais la bouche entrouverte, clignant des yeux pour me débarrasser des larmes qui se formèrent.

« Bella ? » S'enquit-il.

« Je..ça va..C'est juste.. Je ne m'attendais pas à ça…»

Il me bascula sur mon dos, se plaqua sur moi, ses yeux adorateurs plantés invariablement dans les miens. Il dégagea les cheveux de mon visage et prit mon visage entre ses mains.

« Tu es une humaine à part, Bella, tu es une élue, tu appartiens à une lignée d'êtres sacrés.» Me dit-il avec dévotion.

« Ne dis pas de sottises ! » Protestais-je en me tortillant entre ses bras.

«C'est la vérité..» Chuchota-t-il en m'embrassant.

Je secouais fermement la tête, Edward sourit, semblant totalement ignorer mon désaccord. Je cessais de gigoter –inutilement- dans ses bras et le fixais avec attention.

« Chut ! » Lui ordonnais-je lorsqu'il entrouvrit sa bouche pour parler.

« Pas un mot de plus sur cette histoire de lignée sacrée, o.k ? Parlons juste du reste.»

Il hocha la tête le regard joyeux.

Je pris une profonde inspiration.

« Tu y crois n'est ce pas ? Tu crois vraiment que nous sommes…des élus ? (le dire en sachant à présent tout ce que ça sous-entendait provoqua en moi une drôle de sensation) »

« Si tu m'avais posé la question il y a encore quelques jours, je t'aurais répondu non, aujourd'hui…oui, j'y crois. » Dit-il sans broncher. La certitude dans sa voix fut implacable.

« Et qu'est ce que nous sommes ? Des descendants de ce peuple ? Une réincarnation ou un truc de ce genre ?» Demandais-je dans une volée…mal maitrisée.

Edward caressa ma joue le temps que je retrouve un peu mon calme.

« Je ne sais pas. Je crois déjà que Dieu nous a donné la possibilité de nous aimer, alors tout est permis... » Dit-il d'une voix pieuse.

Sa réponse était loin de satisfaire ma raison…Mais même si celle-ci avait quelques difficultés à assimiler tout ça, je savais qu'il y avait un fond de vérité dans ce qu'il venait de me raconter.

Ce n'était pas une simple légende. Je ne pouvais pas l'expliquer, je le savais c'est tout. L'Instinct, puisqu'il se nommait ainsi, m'imprégnait en ce moment même d'une chaleur apaisante et sereine. Je réalisais soudain que mes raisonnements logiques n'avaient aucune importance, ils ne faisaient pas le poids face à ce que je ressentais.

Je ne me sentais complète qu'en la présence d'Edward, et ce, depuis le début. Avant lui, cette impression de complétude m'avait toujours été refusée. Il était comme la pièce manquante de ma vie.

Je me sentis brusquement apaisée.

« Il y a une chose que j'ai du mal à comprendre : tu ne veux pas croire que tu possèdes toujours ton âme, par contre, tu veux bien croire que Dieu serais intervenu pour nous ? Tu n'es pas logique ! »

« Mes croyances n'ont rien à voir avec la logique. » Lâcha-t-il dans un rire étouffé.

Je secouais la tête, dépassée. Nous étions vraiment différents sur ce point, Edward et moi. Lui était un croyant, moi, à vrai dire je n'avais jamais été très concernée par la religion. En fait, j'étais totalement réfractaire aux grandes religions et leurs cortèges –souvent absurdes- de règles et de lois. Je n'étais pas totalement athée, je croyais en une force supérieure mais cela s'arrêtait là.

« O.K., bon...Revenons à nos moutons…Si tout est vrai, pourquoi ne lis-tu pas en moi ? »

Son sourire s'effaça laissant place à un rictus agacé. Apparemment j'avais mis le doigt sur un point sensible.

« J'avoue que je n'ai pas de réponse. Je n'ai pas encore eu le temps d'en discuter avec Carlisle, peut être qu'il aura une hypothèse à cette… interférence. » Me dit-il finalement.

Peut être que ma singularité qui empêchait déjà à Edward de lire mes pensées interférait aussi dans le processus. Ce qui semblait passablement contrarier Edward.

« Et mon odeur si ..attractive ? Cela vient aussi de là ? »

« C'est probable, oui. C'est peut être le premier moyen pour un vampire de reconnaitre son élu. C'est ton parfum qui m'a subjugué la première fois que je t'ai croisé, c'est lui qui a tout déclenché.»

« Mais maintenant elle subjugue tous les autres vampires…Pourquoi ? »

Il secoua la tête.

« Là aussi je n'ai pas la réponse…Peut-être est-ce dû à ton caractère unique..Sacré..» Murmura-t-il avec dévotion.

« Arrête avec ça s'il te plait…Je ne suis pas sacrée.. » Affirmais-je dans une réaction épidermique.

L'idée que je sois perçu comme un être divin me donna des frissons. Je ne m'étais toujours sentir à part des autres, d'accord, mais je n'étais quand même pas si étrange que ça ! Pourquoi fallait-il que même dans le monde d'Edward je sois différente des autres ! Ma poisse ne me quitterait donc jamais !

« Je ne suis pas le seul à le penser…» Murmura-t-il dans un sourire enjôleur.

Je me rappelais alors les paroles d'Esmée à son accueil.

« Pourquoi Esmée a-t-elle dit que je vous sauvais tous ? Toi je peux comprendre…(Je terminais plus lentement)… puisque je suis…ton élu, mais pour les autres.. ?»

« Etre ou non un élu n'a pas d'importance. Pour elle, tu lui as apportée ce qu'il lui manquait : la preuve essentielle que l'amour a bel et bien un pouvoir rédempteur. Elle sait maintenant que sa famille pourra accéder à l'au-delà.»

Je me retins de lever les yeux au ciel. Ils étaient vraiment tous cramponnés à ce soit disant paradis. J'oubliais parfois qu'ils avaient grandi à une époque bien différente de la mienne.

« Je ne suis donc pas une sauveuse divine ! » Dis-je d'un ton soulagé.

Il rit.

« Non..Mais tu es quand même sacrée à ses yeux.. »

Je grimaçais de dégout, il rit à nouveau.

Son rire doucereux cessa et Edward prit mes mains, les plaquant contre son torse.

« Je suis conscient que tout ceci est étrange..et difficile à croire…Mais L'Instinct est bien réel. Je ressens moi aussi cette formidable énergie, elle coule en moi, elle s'anime lorsque je suis avec toi. C'est un -»

« ..Lien qui nous relie d'une manière indescriptible l'un à l'autre. » Terminais-je dans un murmure.

Ses mains encerclèrent mon visage et je crus me noyer dans son regard incandescent, débordant d'amour et de bonheur.

« Qui nous lie pour l'éternité. » Rajouta-t-il en se pressant contre moi.

« C'est donc Lui qui me fait ressentir toutes ces émotions bizarres ces temps-ci ? »

« Oui. »

« Alors je ne suis pas folle ? »

Il rit.

« Non. Absolument pas. »

« Ouf ! ..Et en ce qui concerne…notre..Humm…insatiable besoin physique de l'autre ? C'est aussi à cause de Lui, j'imagine ? »

Il traça sensuellement le contour de mes lèvres avec son doigt.

« Oui… Notre appétit sexuel est certainement sous son influence.»

« Ouf ! Je ne suis pas non plus une obsédée, alors ? »

Même si je m'amusais de la situation, j'étais quand même soulagée de comprendre enfin les réactions de mon corps. (Quelques peu incontrôlables !).

Il rit à nouveau.

« Non. Mais cet effet là n'est pas pour me déplaire… » Me taquina t'il.

« Je n'en doute pas.. »

Ses yeux malicieux se ternirent.

« Mais L'instinct est puissant. Tout à l'heure, tu as voulu que je te morde, tu m'as offert ton sang pendant que nous faisions l'amour. Tu t'en souviens ? (J'acquiesçais de la tête) En d'autres circonstances l'aurais tu fais ? Accepterais-tu de me rejoindre sans avoir pu faire tes adieux à ta famille, à tes proches…Sans l'aide de Carlisle pour atténuer la douleur ? »

« Non. » Répondis-je instantanément, une boule dans la gorge.

« Alors, à ton avis, pourquoi l'as tu souhaité tout à l'heure ? »

« Je..Je ne sais pas trop..(Je réfléchis, me plongeant dans mes souvenirs)…Cela m'a semblé..naturel. »

Il acquiesca.

« C'était L'Instinct Bella. »

« Oh… »

« Tu m'as terriblement tenté, j'ai eu toutes les peines du monde à résister.» M'avoua-t-il.

« Je suis désolée, Edward ! »

« Tu n'y es pour rien Bella. »

Il ondoya soudain son bassin lentement contre le mien.

« Mais j'ai adoré… » Murmura t'il les yeux plissés.

« Dit m'en plus sur eux. » Murmurais-je, étourdie par son aura et le délicieux chatoiement de son esprit. Je voulais tout savoir, si je me laissais aller à ses avances, nous ne reprendrions pas cette conversation avant des heures !

« Tu es sûr de ne pas vouloir faire une pause ? » Ronronna-t-il.

Son amour conjugué à son désir, était comme une douce brise, sensuelle et enjôleuse qui m'enveloppait, se glissait en moi, semblant enserrer mon cœur..et mon bas-ventre.

« Oui. » Réussis-je à souffler, ma réponse m'étonnant moi-même.

Il lâcha un soupir mélancolique, qui me fit sourire, puis il se remit sur son dos, m'entrainant doucement contre son torse. J'humais avec délice la senteur boisée de sa peau et me demandais vraiment d'où me vint la volonté de lui résister.

« Les tous premiers Elus, ceux par qui tout a commencé, se nommaient Yuri et Nora.

Yuri faisait partie des tous premiers membres du clan, l'histoire rapporte qu'il en fut même l'un des fondateurs. Il fut néanmoins le premier à ne plus à supporter cette existence de solitude et de tourments, après des siècles d'efforts. Sa satisfaction d'aider les humains ne suffisait plus à enrayer le démon. Le chagrin l'avait rongé, il avait presque oublié tous ses souvenirs d'homme, les seuls sentiments qu'il lui restait étaient la souffrance et la douleur. Les affres du temps avaient presque totalement effacé les souvenirs de sa conscience humaine, il se savait aux portes des ténèbres. Le mal avait grandi en lui, ce n'était plus qu'une question de temps pour qu'il prenne possession de son esprit. Il décida de réagir pendant qu'il le pouvait encore et décida de quitter les siens pour mettre fin à son existence. Son idée était simple : rencontrer d'autres vampires hostiles et mourir dans un combat. Et le meilleur moyen d'en rencontrer était de rejoindre les régions peuplées d'humains, et de patienter. Il rejoint donc la vallée, ou vivaient de grandes familles de nomades, qui se regroupaient au printemps. C'était un moment propice, où de nombreux marchands allaient et venaient.

Il errait donc toutes les nuits parmi la population, discrètement, espérant rencontrer enfin un adversaire qui le délivrerait de son fardeau. Finalement vint le jour de sa libération...Mais pas celle auquel il s'attendait.

Au soleil de midi, caché dans les hauteurs rocheuses, il capta l'esprit d'une femme. Une humaine, qui sentit elle aussi sa présence. Il n'avait jamais eu une telle faculté et il crut en premier lieu qu'il était devenu fou. Mais c'était bien à lui qu'elle s'adressait. La bonté, l'amour qu'il ressentit dans l'esprit de cette femme bouleversa tout son être. Elle était là pour le sauver, lui, et pas un autre. La nuit venu, il trouva la jeune femme, il trouva Nora, son âme sœur, son élu. Ils retournèrent vivre au sein du clan, où Nora devint à son tour une immortelle.

Cet événement apporta un nouvel l'espoir pour les compagnons de Yuri. L'espoir d'une nouvelle vie pour un peuple condamné. Ils découvrirent que leur existence n'était pas seulement limitée à la mémoire des sentiments passés…Ils pouvaient réellement aimer et être aimer. Quelqu'un, quelque part, leur était destiné. Yuri et Nora en étaient la preuve. C'est ainsi que l'histoire du Peuple des Lumières a débuté…et qu'elle se propage depuis plus de deux milles ans.»

Je reniflais en silence, mon cœur fleur bleu, subjuguée d'émotions.

« Qu'est devenu ce peuple ? »

« Deux hypothèses s'affrontent. La première, la plus répandue, serait qu'une guerre les aurait décimés. »

« Une guerre ? Contre qui ? »

Il haussa les épaules.

« Un autre clan de vampires, qui se saurait senti menacer par ce clan puissant, aux mœurs si singulières. (Il eut un sourire sinistre) Même dans notre espèce, la différence est très mal acceptée. Le simple fait qu'ils ne vivaient pas comme les autres vampires était une raison suffisante pour les détruire. (Il souffla lugubrement) Moi et ma famille avons souvent dû affronter des frictions à cause de notre choix de vie...Et cela se reproduira. »

L'intolérance avait décidément la dent dure, quelques soient les époques et les mondes.

« Les Volturis sont assez âgés pour avoir vécu à cette époque. Ils auraient pu.. »

Il secoua la tête, je m'interrompis.

« Non, ils n'ont rien à voir avec leur disparition. En ce temps là, les Volturis n'avaient pas acquis leur souveraineté actuelle, ils n'étaient pas assez puissants, mais nul doute que si un tel clan existait de nos jours, ils auraient certainement ordonner leur suppression.»

J'eus un frisson incontrôlable, Edward me resserra contre lui.

« Carlisle a eut de nombreuses occasions d'en discuter avec les Volturis pendant qu'il vécut parmi eux. Ils lui ont affirmés que tout ceci ne relevait que du folklore. Mais Carlisle est convaincu que leur désintérêt était feint, et qu'eux aussi, avaient dû certainement engager des recherches sur ce clan légendaire.»

« Et qu'ont-ils trouvés ? »

« S'ils ont découvert quelque chose, ils n'en ont jamais informé Carlisle.»

Je sentis soudain ses muscles se tendre.

« Quoi ? »

Il me regarda avec un air sombre.

« Les Volturis doivent ignorer ce qui nous arrivent. (Il serra les poings) Cela leur donnerait une raison de nous- (il serra les mâchoires)- de nous étudier..ou pire.» Dit-il avec colère.

« Il n'y a actuellement aucune raison qu'ils l'apprennent, non ? » Essayais-je de le rassurer..et de me rassurer par la même occasion. L'idée de devenir, Edward et moi, le centre d'intérêt de ces montres me révulsa.

« Non » Dit-il après un moment.

« Alors pas la peine de s'alarmer.»

Il acquiesça encore un peu tendu.

« Quelle est la seconde hypothèse ? » Enchainais-je pour disperser son agitation.

« Ils seraient devenus un clan trop important. Pour leur sécurité, ils se seraient dispersés à travers le monde afin de ne pas attirer l'attention sur eux. Mais aucun vampire n'a jamais pu témoigner d'une rencontre avec l'un d'entre eux. Le mystère reste entier.»

« Laisse-moi deviner. Carlisle a un faible pour cette hypothèse. »

« On ne peut rien te cacher. » Dit-il dans un sourire. Je fus heureuse que son trouble se soit dissipé.

«Et a-t-il un jour pensé que, ce qu'il a cherché durant tant d'années, était sous propre toi ? Que son propre fils était un élu ? »

Les yeux d'Edward brillèrent.

« Jamais… » Murmura t'il d'une voix vibrante.

« Mais sans toi, rien ne se saurait produit.. » Rajouta-t-il.

« Dieu seul le sait, n'est ce pas ?… » Répondis-je d'un ton moqueur.

Il rit.

« Irrésistible et irréductible impie…» Susurra-t-il amoureusement.

« Je pourrais voir les notes de Carlisle ? »

« Hum, il faudra sécher les cours de cet après midi si tu veux toutes les parcourir. » Dit-il d'une voix trainante.

« Pas de problème. S'il y a un lien entre ce peuple et nous, je veux tout apprendre à son sujet. »

Il bascula à nouveau sur moi, m'allongeant sur le dos.

« Tout ceci ne t'effraye pas le moins du monde, n'est ce pas ? »

« Intriguer serait le mot juste..Pourquoi serais-je effrayée ? »

«Eh bien..Nous sommes liés par une force qui nous dépasse. Le lien qui nous unis ne peut être défait. Tu… (Il hésita)..Tu ne pourrais plus me quitter, même si tu le souhaitais… »

« Vraiment ? » Demandais-je d'un ton faussement troublée.

« Selon…la légende, oui.. » Sa voix hésitante mourut sur ses lèvres. Une brusque inquiétude figea son visage d'archange et j'eus immédiatement honte d'avoir voulu le taquiner sur le sujet. Je ressentis son trouble.

« C'est valable pour toi aussi ? » Me rattrapais-je.

« Bien sûr ! »

Je lui souris amoureusement en posant ma main sur sa joue.

« Alors je ne vois pas ce qui pourrait m'effrayer.. Etre avec toi est la seule chose que j'ai toujours voulu Edward. Tu viens de m'apprendre que nous serions destinés l'un à l'autre, relié par une force mystique : Je ne pourrais pas être plus heureuse. J'ai même l'impression de faire partie d'un conte féérique… alors, non, je n'ai pas peur.»

« Les vampires n'ont guère leur place dans les contes féériques.»

Il ironisa, mais son regard laissa transparaitre son soulagement.

« A vrai dire, je ne suis pas vraiment fan des contes classiques.» Lui chuchotais-je.

« Cela ne me surprend pas.. » Murmura-t-il en se pressant contre moi, son inquiétude s'éloignant dans son esprit.

« Je n'ai jamais voulu t'imposer quoique ce soit Bella…Jamais. Mais l'Instinct définie de nouvelles exigences. Et je.. »

« T'appartenir pour l'éternité a toujours été mon souhait le plus cher. » Le coupais-je d'une voix vibrante.

« Peu m'importe qu'une force nous régente..Puisqu'au final, elle a pour but de nous réunir…Pour l'éternité. »

Ses yeux d'ambre flamboyèrent d'un bonheur si intense qu'il me sembla, l'espace d'une seconde, y voir briller des larmes. D'un tendre revers de main, j'effleurais ses cils pour sécher ses larmes invisibles. Mes joues, elles, étaient réellement humides. Je pleurais pour nous deux. Lorsqu'il ouvrit les paupières, ses yeux avaient pris la couleur de la nuit, et je fus soudain submergé par son amour et son désir. Vif, impérieux, absolu, dangereux. Ma respiration en fut heurtée, je le sentis animé d'un désir tel que je ne pouvais plus résister.

Ses émotions dans ma tête, étaient comme une déferlante…par laquelle je ne demandais qu'à être emportée. Je fermais les yeux un instant me laissant happer par ses émotions, un soupir impatient s'échappa de mes lèvres. Un grognement monta de sa gorge et je ne pus retenir un frémissement. Son corps élancé se pressa contre moi.

« Je t'aime Bella, je t'aime plus que tout. » Me dit il le souffle court.

Je ressentais parfaitement son désir, son excitation, sauvage, possessive, mais aussi son amour inconcevable, son adoration démesurée pour la seule femme qu'il n'aimerait jamais : moi. J'étais désabusée par une telle vénération.

« Edward.. » Murmurais-je les yeux encore embués de larmes. Je regrettais à cet instant qu'il ne puisse pas lui aussi lire en moi, car les mots me manquaient pour lui exprimer ce qu'il représentait pour moi.

Il saisit mon visage entre ses mains et je me noyais dans son regard d'encre, où luisait une passion brutale. Edward écrasa mes lèvres dans un grognement sensuel, volant mon souffle, jusqu'à ce que je fasse courir fiévreusement mes mains le long de sa chemise, la déboutonnant avec fébrilité, impatiente de presser mes paumes contre son torse nu. Le vêtement s'ouvrit enfin et je le fis glisser le long de ses épaules. La convoitise et l'amour se mêlait dans les yeux obscurs d'Edward. Il se leva brusquement, se débarrassant avec frénésie du reste de ses vêtements. Je retins mon souffle tandis que je dévorais des yeux sa plastique parfaite, toujours autant subjuguée par tant de perfection. Il se pencha vers moi et me dévêtit avec empressement. Il siffla de plaisir lorsqu'il m'ôta, en dernier, mon chemisier.

Il me lança un regard réjoui et indolent. Le choix d'Alice avait fait mouche, une nouvelle fois !

« Le rouge te va à ravir.. » Susurra-t-il en traçant le contour de ma lingerie, son pouce effleurant subtilement le bout de mes seins.

Il apprécia mon dessous durant de longues secondes avant de me le retirer avec une ardeur maitrisée. Sa discipline m'apparut extraordinaire, au vu de ce que son corps exigeait.

« Mais rien ne peut égaler ta nudité.. » Murmura-t-il en embrassant mes seins.

Ses mains glissèrent à l'intérieur de mes cuisses, ses doigts saisirent les pans de mon string, je soulevais légèrement mes hanches pour faciliter son mouvement...et laisser à la fois transparaitre mon invite silencieusement.

Ses mains vibrantes autour de mes chevilles, il prit une profonde inspiration, qui gonfla glorieusement son torse d'ivoire…Le rendant d'autant plus sexy. Son regard s'assombrit encore - si cela était possible et prit la couleur de la nuit.

Il rampa lentement sur moi et embrassa mes cuisses, mes hanches, mon ventre, mes bras, mes seins, son souffle devenant de plus en plus heurté…Tout comme le mien, consumée des pieds à la tête par ses myriades de baisers glacées, qui laissaient pourtant sur ma peau des délicieuses sensations de brûlures. Je tournais la tête, offrant mon cou à ses baisers affamés..c'était sa place favorite et si je ne l'avais pas déjà su, le brutal accroissement de son désir ne laissa aucun doute. Il gémit, ses lèvres s'attardant voluptueusement sur une veine.

« Ton sang danse pour moi.. » Gronda-t-il.

Sa langue se délectait de mon pouls fuyant, son désir éveillait en lui un trouble dangereux, mais il contrôlait sa soif avec beaucoup plus de facilité que la nuit dernière. Je ressentais de plus en plus clairement sa part d'ombre qui cherchait sans relâche à prendre le dessus.

Je ressentais sa lutte, ainsi que son souhait, de plus en plus pressant, de pouvoir s'abandonner totalement. Je partageais le même vœu, je rêvais au moment où je pourrais me livrer à lui sans limites, ni obstacles. J'avais si hâte d'appartenir à son monde, d'être à lui, sans plus aucunes réserves ! Avant de se laisser trop gagner par son désir de sang, ses lèvres cessèrent de cajoler la mince membrane qui les séparer de son butin interdit. Sa bouche glissa jusqu'à mes seins, sa langue agaçant leur pointe douloureusement durcie par le désir et l'excitation.

« Je te veux.. » Gémis-je, à bout de ses caresses.

Il releva la tête dans un grondement.

« Prend moi. » Soufflais-je en ondulant de plaisir.

Il m'embrassa avec fougue et s'introduit en moi, comblant ce vide en moi qui n'attendait que lui. Nos lèvres scellées emprisonnèrent les gémissements mutuels qui éclatèrent dans nos gorges. Je nouais mes jambes autour de ses reins, Edward entama un rythme doux mais puissant, mes hanches se soulevant pour aller au devant de ses élans. Mon corps n'était véritablement en vie que lorsqu'Edward était en moi.

« Dieu, oui! » Soupirais-je à chacune de ses poussées. Connectée à son esprit, j'étais doublement enivrée de plaisir.

«Ma douce Bella.. » Murmura-t-il à mon oreille le souffle haletant.

J'étais fasciné par tant de tendresse et de douceur dans sa passion alors qu'un désir sauvage faisait rage en lui. Je n'avais pas peur de tout ce désir emprisonnée, au contraire tout mon être aspirait à ce qu'il soit enfin libéré. Mes pensées s'éparpillèrent tandis que je m'abandonnais à notre communion charnelle. Si incroyable, si magique. Et mon désir de ne faire qu'un avec lui, d'égal à égal me consumait un peu plus à chaque seconde.

Je le voulais.. Sauvage et sans chaines.

« Edward.. » Gémis-je dans un sursaut de plaisir.

Il roula soudainement sur le dos en m'entrainant avec lui. Je me retrouvais juchée à califourchon sur lui et un cri de volupté surgit de mes lèvres tandis qu'il entra plus profondément en moi. Mes genoux enserrèrent ses flancs, il posa ses mains sur mes hanches et me laissa le temps d'apprivoiser cette position. Je ressentais sa vigilance à ne pas me blesser, mais mon corps réclamait plus. Tellement plus. Je m'inclinais pour l'embrasser, mes paumes pressées contre son torse grondant de plaisir. Sa bouche affamée dévorait la mienne avec une férocité irrésistible, il souleva doucement mes hanches, imprimant un mouvement exquis le long de son membre. Je gémis sous le feu du plaisir qui courait dans mes veines, il lâcha mes lèvres, son regard fiévreux plongé dans le mien.

« Je veux te contempler.. » Chuchota-t-il d'une voix rauque.

Je sentis mes joues se coloraient, je surpassais mon brusque émoi, et me redressais lentement, sous son regard élogieux.

« Tu seras la plus belle des immortelles..» Murmura-t-il en prenant le bout de mon sein entre ses lèvres. Une onde de plaisir foudroya mon corps à ces mots. Son assentiment -si total- à me transformer était pour moi la plus belle des preuves d'amour. J'enfouis mes doigts dans ses cheveux dans une euphorie de plaisir, tandis que sa bouche choyait avec tendresse et avidité mes seins, passant inlassablement de l'un à l'autre.

« Edward.. »

Il se rallongea, prit mes seins en coupe et balança le bassin, m'invitant silencieusement à me déhancher sur lui.

« Donne-toi à moi.. » Murmura-t-il d'une voix où se mêlaient exigence et envoutement.

Je m'agrippais à ses épaules et nos regards se soudèrent. Il feula de plaisir tandis que j'entamais une lente ondulation le long de son membre…me découvrant une sensualité nouvelle. Sauvage et libre. M'exposer ainsi sous les yeux avides d'Edward me galvanisait, il révélait plus que la femme en moi : une amante passionnée.

« Oui.. » Feula-t-il, son visage se contactant de plaisir.

Il me laissait le contrôle et je découvris une nouvelle forme de plaisir. Je pris appui sur son torse pour plus d'aisance et de volupté : ses lèvres se mirent à louer mon nom à chacun de mes mouvements. Fou de plaisir, il soulevait son bassin à ma rencontre, me donnant une vue imprenable sur ses muscles abdominaux, en pleine action.

Une émotion intense, plus forte que le simple plaisir charnel nous unissait, du feu semblait couler dans mes veines, tandis que nos deux corps bougeaient en harmonie. Dans son regard, dans ses pensées, je me sentais la plus belle des femmes.

Je lui enserrai la taille et me jetais sur ses lèvres dans un baiser passionné. Il grogna contre ma bouche et ses mains agrippèrent à nouveau mes hanches, m'exhortant un rythme plus soutenu.

« Je veux que tu saches.. » Soufflais-je le souffle altérée par le plaisir croissant. « ..Que tu seras à jamais le seul… »

Je me redressais, ses doigts se resserrèrent sur mes cuisses de manière possessive.

« Le seul.. » Gémis-je plus fort, sentant mes muscles se contracter, au seuil du plaisir suprême.

« Le seul » Grogna-t-il, euphorique.

Ivre de sensations, je tremblais de volupté et ondulais de plus en plus sauvagement sur lui, mes mains ancrées sur son torse frissonnant, transportée par un plaisir toujours croissant, enivrée tantôt par ses grognement sensuels, tantôt par ses sanglots de bonheur.

Je n'aurais su décrire l'ivresse que j'éprouvais lorsque sa tête se cambrer de plaisir, faisant saillir les muscles de son cou, ou lorsque ses mains lâchaient brusquement mon corps pour empoigner violemment les draps.

J'entendais la pluie s'abattre contre l'immense baie vitré, elle semblait accompagner nos soupirs et nos gémissements, qui se mêlaient dans une même extase. Le rythme s'accéléra soudain. Plus loin, plus fort. Nos corps jouaient une harmonie céleste. Sentant la jouissance sur le point de m'emporter, j'agrippais fermement les épaules d'Edward, mes ongles crissant sur sa peau de glace. Il s'assit brusquement en enserra ses jambes autour de sa taille.

« EDWARD ! » Criais-je en rejetant ma tête en arrière.

« BELLA !» L'entendis-je crier tandis que nous atteignons ensemble l'extase.

Une extase époustouflante, qui témoignait de notre amour exceptionnel, irrationnel.

Edward m'étreignit, son visage contre ma poitrine. J'embrassais ses cheveux, écoutant avec ravissement l'écho de nos respirations saccadées. Un grondement sourd jaillit de sa gorge tandis que son corps trembla une dernière fois sous le mien. Sa fraicheur était une bénédiction contre ma peau surchauffée.

Le souffle encore haletant, il posa son front contre le mien.

« Mon élu.. » Murmura-t-il.

« Mon élu.. » Répétais-je après lui, sans hésitation cette fois, le cœur débordant d'amour.

Un sourire de pur bonheur illumina son magnifique visage repu de plaisir. Le corps alanguie d'une douce torpeur, je m'affaissais contre son torse, respirant son odeur étourdissante, laissant s'apaiser les battements effrénés de mon cœur. Edward retomba en arrière m'entrainant doucement avec lui, ses bras protecteurs enlacés autour de mes épaules. Il tira le drap sous lui et le rabattit sur nous, toujours soucieux de mon bien-être. Je tremblais, mais ce n'était pas dû à la froideur de sa peau. Je me blottis contre lui, savourant l'étreinte rassurante de ses bras, mes doigts jouant tendrement avec la fine toison qui recouvrait son torse. Je regardais, amusée, ma main sur son poitrail, monter et descendre au rythme de sa respiration toujours houleuse.

Au bout de quelques minutes, il pencha la tête et embrassa ma main câline.

« Je suis à toi, Bella. Je te confie ma vie, mon âme, tout ce que je suis. En retour je t'offre le vœu d'un amour total et eternel. Mon existence sera voué à ton bonheur.» Chuchota-t-il d'une voix vacillante d'émotions.

« Edward.. »

Il me pressa contre lui.

« Je n'aurais de cesse de te protéger et quiconque te fera souffrir ou voudra t'enlever à moi périra. » Précisa-t-il.

Sa voix resta douce, néanmoins son ton refléta sans ambigüité toute la violence et la cruauté dont il pourrait faire preuve. Je relevais mon visage vers lui, l'esprit traversé par différentes émotions. J'étais surprise, troublée, mais à la fois touché par sa brutale honnêteté et attendrie (et excitée) par son attitude possessive. Je liais ma main dans la sienne, sans rien ajouter.

Il inclina légèrement la tête, comme lorsqu'il écoutait les alentours. Le regard dans le vide, un sourire affectueux apparut sur ses lèvres fines.

« Qui a-t-il ? » Chuchotais-je.

Ses yeux revinrent se poser sur moi.

« Esmée est aux anges. » Chuchota-t-il dans un sourire.

Le feu me monta instantanément aux joues. J'avais complètement oublié qu'elle était présente dans la maison…et qu'elle avait dû tout entendre…jusqu'à nos moindres soupirs !

Edward caressa mes joues empourprées.

« Elle appréhendait un peu ta réaction…Mais elle a vite été soulagée.. »Murmura-t-il dune voix tendre mais malicieuse.

J'eus l'impression que tout mon sang venait d'affluer au niveau de mon visage. Je me relevais soudain pour constater les dégâts infligés aux magnifiques draps ocre. Je passais mes doigts dans les désastreuses déchirures dans un geignement désespéré.

Edward rit tendrement et colla ses lèvres à mon oreille.

« Ne t'en fais pas, Esmée ne nous en voudras pas…Comme moi, tu la combles de bonheur. » Me susurra-t-il d'une voix tout juste audible.

Son amour m'enveloppa avec une force inouïe, je fus empli d'une telle plénitude que mon désarroi et ma gène s'effacèrent comme par enchantement. Je me rallongeais contre Edward, enveloppée autant par son esprit que par ses bras, me donnant pleinement conscience du lien si étonnant qui nous relier. Etroitement enlacés, une délicieuse torpeur diffusa à travers mon corps alanguie. Rattrapée par la fatigue, je baillais contre sa peau, sentant le manque de sommeil de cette nuit sur le point de m'emporter.

« Dors mon amour… » L'entendis-je murmurer.

« Je..ne veux pas… » Articulais-je avec difficulté.

Il se mit à fredonner tendrement, le velouté de sa voix me précipita aux pays des songes…

J'ouvrais lentement les yeux en étirant paresseusement mes bras par-dessus ma tête. Mes muscles lancinants me parurent aussi mous que de la guimauve. Je remuais langoureusement, me lovant généreusement dans les draps, savourant leur agréable chaleur. Je me serais sentie divinement bien, si ce satané mauvais rêve n'avait pas ressurgi dans mon sommeil. Le même que la nuit dernière, qui me laissa cette fois une étrange appréhension.

« Me khma…..Mon élu se réveille enfin..» Ronronna la voix mélodieuse d'Edward.

Mon élu.

Je souris à ce nouveau qualificatif qui déclencha une nuée de papillons dans mon ventre. Je décidais de chasser immédiatement mon trouble naissant, refusant que mon subconscient angoissé gâche ce moment. Je m'adossais contre le dosseret, enserrant les draps autour de ma poitrine. Edward était assit sur le rebord de la fenêtre, une malle en bois finement décorée était à ses côtés, couvercle béant, laissant apparaitre de nombreux ouvrages. Je vis son regard appréciateur s'attarder sur mes épaules dénudées.

« J'ai dormi longtemps ? » Demandais-je encore un peu léthargique.

Edward se leva et posa son livre, la seconde suivante il fut assit à mon côté.

« Quelques heures..Il est presque midi. » Murmura t'il en penchant son visage vers le mien.

Il m'embrassa avec une tendresse infinie, puis se retira doucement.

« Tu as donc profité de ma faiblesse humaine pour t'éclipser..» Le taquinais-je.

« A contre cœur, crois le bien. Si j'étais resté avec toi dans ce lit, je ne t'aurais guère laissé dormir.. » M'avoua t'il d'une voix envoutante.

Je me pressais contre lui.

« Je n'aurais bientôt plus besoin de sommeil… » Lui susurrais-je dans l'encolure de sa chemise, mes lèvres cherchant le contact de sa peau. Un grognement doux remonta le long de sa gorge et ses mains se resserrèrent autour de moi.

« Tu es une véritable tentatrice.. » Susurra-t-il dans mes cheveux.

Son désir effleura mon esprit comme une douce brise, je souris tendrement contre sa peau.

J'aperçus la malle par-dessus son épaule, remarquant au passage que la pluie avait cessé.

« Ce sont les notes de Carlisle ? »

« Oui, tout est là. J'ai pensé que tu serais plus à l'aise ici pour les consulter, que dans le bureau de Carlisle. »

« Merci. » Lui dis-je, enthousiasmé de plonger dans le fruit de ses recherches.

« Je dois avouer que j'ai aussi hâte que toi de les lire. J'attendais que tu sois réveillée pour commencer. »

« Tu ne les a pas déjà lu par le passé ? » Demandais-je très étonnée.

Il secoua la tête dans la négative.

« Avant toi… Je n'étais pas vraiment en condition pour partager la passion de Carlisle au sujet de ce peuple, que je prenais pour une simple fable. Les choses étaient différentes pour moi à cette époque, j'avais toutes les peines du monde à envisager mon avenir eternel. Je pensais que la solitude serait ma seule compagne. Je refusais de me laisser leurrer par de faux espoirs…La désespérance et l'amertume prenaient systématiquement le dessus sur tout autres sentiments.»

Il s'interrompu dans un sourire vibrant de joie.

« Ce temps est révolu. Maintenant, je suis totalement disposé à découvrir le contenu de cette malle. (Il lia ses mains aux miennes)…Grâce à toi. »

Je fus enveloppée par un torrent d'amour, la chaleur de ses émotions infiltra chaque parcelle de mon corps. La sensation était indescriptible…Magique. Une larme roula sur ma joue.

Edward l'embrassa avant de déposer un baiser sur mes lèvres, puis il se leva pour aller chercher un livre dans la malle.

« C'est le premier recueil de Carlisle. » Dit-il en me tendant le livre.

Je passais lentement mes doigts sur la couverture en cuir usé, puis l'ouvris avec émotion. « Registre I » était inscrit dans une calligraphie parfaite sur la première page, jaunis par le temps. Conjointement à la mienne, je sentis la vive émotion qui saisit Edward.

Il vint s'installer derrière moi et s'adossa en arrière, m'entrainant doucement contre lui.

Ses mains m'enlacèrent d'avantage autour de mon ventre tandis que je tournais la page. Je jetais un rapide coup d'œil au contenu de la malle.

Une longue et intense après-midi de lecture nous attendait…

Sur la route du retour, je conduisais bien plus vite que d'habitude, pour le plus grand plaisir d'Edward, même si mon allure était loin de satisfaire ses exigences en matière de vitesse. C'était mieux que rien pour lui !

Nous étions tellement absorbés par notre lecture que nous n'avions pas vu défiler les heures et j'avais plus d'une heure de retard sur l'heure habituelle à laquelle j'étais censé rentrer après les cours. Charlie allait me faire une scène … Si Esmée ne nous avait avertis, nous serions encore dans la chambre d'Edward ! J'avais hâte de reprendre l'étude des archives de Carlisle, il restait encore tant de livres à parcourir ! Précisons qu'un certain nombre de pauses coquines -trois- pour être exact…avait quelque peu ralenti notre rythme de lecture, mais comme me l'avait dit Edward il était difficile de résister à l'Instinct

Charlie était déjà rentré, sa voiture de fonction était garé dans la petite allée, je me garais à côté. Edward fut tendu.

« Qui a t'il ? »

«Tu as reçu le faux courrier qu'a rédigé Jasper. Charlie a lu ton admission à l'Imperial Collège de Londres. »

Je déglutis péniblement.

« Il ne t'a pas entendu te garer…Et il ne remarquera pas ton retard..»

Mes mains se crispèrent sur le volant. Charlie devait vraiment être déconcerté par la nouvelle, pour avoir pu ignorer le moteur suffocant de ma camionnette et l'heure tardive ! L'un de mes plus gros mensonges se mettait en place, j'avais brusquement peur de mentir à mon père, peur de ne pas y parvenir, peur de ce que cela allait impliquer.

«Comment réagit-il ? » Demandais-je d'une voix mal assurée.

« Beaucoup d'émotions se bousculent en lui…Il ne s'entendait pas à une telle nouvelle… »

« C'est compréhensible puisque je ne lui en ai jamais parlé… » Marmottais-je dans ma barbe.

Edward dénoua délicatement mes doigts crispés autour du volant.

« Il est aussi très fier de ton admission…»

« Ma fausse admission…» Lâchais-je d'une voix plus dure que je ne l'aurais voulu.

Edward regarda en direction de la maison, son regard fut indescriptible.

« Sa fierté se débat avec d'autres sentiments : colère, crainte… peine. (Il marqua une pause) Il est heureux pour toi, pour ton avenir, mais ce départ si précoce et surtout si lointain le perturbe..et l'attriste. Il lui faudra un peu de temps pour digérer tout ça…Même si au fond de lui il a déjà accepté ta décision d'étudier en Europe. (Son regard se reporta sur moi.) C'est un homme généreux, tu passes avant tout, avant ses propres souhaits. L'abnégation est une qualité rare chez les humains. » Termina t'il d'une voix basse et respectueuse.

Edward était totalement honnête avec moi, c'était très dur d'écouter ce que traversait Charlie et je dus lutter âprement pour retenir mes larmes. Mais je lui fus reconnaissante d'être aussi franc, c'était difficile pour lui, il souffrait pour moi, je le ressentais.

« Veux tu que je t'accompagne ? » Me proposa-t-il d'une voix compatissante.

Je secouais la tête.

« Je dois le faire seule. » Murmurais-je.

Il hocha la tête dans la compréhension, son regard sombre et tourmenté était de retour,

il embrassa ma main puis sortit de la camionnette.

« Je ne serais pas loin. » Murmura-t-il avant de refermer discrètement la portière.

Il huma longuement l'air, tournant lentement sur lui même. Lorsqu'il s'assura que les alentours étaient sans danger, il disparut le temps d'un clignement d'œil.

Mon cœur se serra douloureusement, j'avais ressenti sa douleur à m'obliger de mentir à mon père - à mes parents- mais je n'avais pas réussi à le soulager, ma gorge était trop nouée par ma propre détresse. Je m'en voulais atrocement et j'espérais qu'il ne percevrait pas mon silence comme de la colère ou de l'hésitation à le suivre dans son monde.

J'avais choisi ma vie, et je ne le regrettais pas une seconde, je savais ce qui m'attendait – Edward avait suffisamment clair, et ce, à maintes reprises- mais débuter cette vie de mensonge s'avérait plus difficile que je ne l'avais envisagé. Je devais accepter le fait que je ne pouvais pas concilier tous mes désirs : Edward et ma famille, mes amis….Jacob. J'eus un violent pincement au cœur en repensant à mon meilleur ami, pourquoi fallait il que je pense à lui maintenant ! Je m'effondrais sur le volant, retenant les larmes qui brouillaient déjà ma vue.

Jacob me manquait terriblement, et son refus de me voir, de me parler, me blesser plus que je ne voulais bien l'admettre. Il me fallut quelques minutes avant de me ressaisir et de me sentir prête à affronter Charlie. Je sortis de la camionnette sous le grincement éraillé de la portière.

Je regardais autour de moi, sans apercevoir Edward, mais je savais qu'il était tout prêt. Sa souffrance et sa culpabilité m'effleuraient…sans que je puisse l'en soulager. Je pestais contre moi-même d'avoir été aussi distante avec lui quelques minutes plus tôt.

« Je t'aime » Murmurais-je en direction des fourrés. Une douce chaleur effleura mon esprit en forme de réponse. Elle me soulagea et me donna des forces, la main moite sur la poignée de la porte d'entrée, je pris une profonde inspiration.

« Sois forte.. » Soufflais-je pour moi-même, tandis que j'entrais affronter l'inévitable…

Il était minuit passé lorsque je montais enfin me coucher. Je me retournais dans l'escalier, pour regarder un instant Charlie, assis dans son vieux fauteuil. La lumière du poste de télévision éclairait son visage...qui semblait afficher de nouvelles rides. De chagrin et d'inquiétude.

Inhabituellement, je l'avais embrassé sur la joue pour lui dire bonne nuit. Il avait serré affectueusement mon épaule -un peu trop longtemps- et je ne sais comment, mais je sus à son regard triste et chaleureux à la fois, qu'il avait compris que tout allait changer pour moi. Que plus rien ne serait comme aujourd'hui, comme s'il avait pressentit qu'il y avait bien plus derrière ce départ.

Malgré mes demandes répétées, il n'avait pas voulu aller se coucher malgré l'heure tardive, prétextant je ne sais quelle rediffusion de match de base-ball. Je savais que ce n'était qu'un prétexte, c'était sa façon à lui de se recueillir…de digérer ma décision de partir avant la fin de mon année scolaire. J'eus d'ailleurs un mal fou à lui expliquer et surtout à lui faire admettre que je ne pourrais pas passer mes examens de fin d'étude ici, à Forks. J'avais brisé son rêve de me voir porter la toge durant la cérémonie de remise de diplôme…

Malgré quelques tensions au début de notre discussion, tous s'était à peu près bien passé. A ma plus grande surprise j'avais menti avec aisance, piochant ici et là dans mon imagination mensongère les arguments convaincants…A croire que j'avais toujours eu cette aptitude, ce qui n'arrangeait pas ma conscience !

Charlie, comme a son habitude, n'avait guère fait étalage de ses sentiments. Sa réserve naturelle m'avait facilité la tache. Un des rares points qui avait semblé le consoler (pour ne pas dire le réjouir !) était la relation à distance que ce départ impliquer pour Edward et moi. L'idée d'un océan entre nous lui convenait parfaitement !

S'il savait…

Malgré ma facilité –inattendue- à mentir, je détestais ça, j'en avais horreur, mais je n'avais pas le choix. Le mensonge était le garant de la sécurité de ceux que j'aimais. Il leur permettait également de continuer à vivre une vie normale…Enfin je l'espérais.

Oui, il était nettement préférable que Charlie et les autres croient que j'allais étudié dans une université londonienne…plutôt qu'ils apprennent qu'il existait bel et bien des mondes parallèles au nôtre, peuplés de vampires, d'hommes-loups, d'élus… et que j'allais moi même devenir un vampire…pour vivre au côté de mon amant immortel !

Jetant un dernier regard abattu en direction de Charlie, je rejoignis ma chambre, et chaque nouvelle marche gravie sembla m'éloigner à des kilomètres de lui. Il me semblait déjà être à des milliers de kilomètres, quelque part en Alaska. Là où Edward venait de m'apprendre que nous nous installerions pour ma mutation. Ainsi, pas de parents, pas d'amis aux alentour...que je risquerais d'attaquer.

Atteindre ma chambre parut me prendre un temps infini, et une fois à l'intérieur, je m'adossais contre la porte dans un soupir coupable. Une partie de moi était soulagée d'en avoir terminé…du moins pour ce soir. Rénée était la prochaine étape.

« Comment te sens-tu ? » La voix velouté et soucieuse d'Edward émergea de la pénombre.

J'allumais la petite lampe de mon bureau et découvrais Edward retranché dans un coin de la chambre.

« J'ai droit à un joker ? » Fis-je d'un faux ton détaché.

Je ne fis qu'un pas avant qu'il me rejoigne. Je sentis qu'il essayait de me camoufler sa douleur.

« J'aurais tant voulu t'épargner cet aspect de notre vie… »

Je lui posais un doigt sur la bouche.

« J'étais prévenue Edward. J'ai choisi cette vie, j'en accepte les règles…Même si c'est difficile. »

Il me prit dans ses bras, pressant mon visage contre son torse.

« Ce sera plus facile avec le temps… » Murmura t'il tristement.

Edward relâcha son attention et sa peine et sa compassion me heurtèrent avec force.

« Je suis désolée pour tout à l'heure, j'ai été-»

Ce fut à son tour de poser un doigt sur ma bouche.

« Tu n'as rien à te faire pardonner, Bella. Et je te promets de tout mettre en œuvre pour que tu puisses rester en contact avec ceux que tu aimes…»

J'embrassais son doigt froid, il me souleva dans ses bras et me mena à mon lit. Il m'allongea délicatement, m'ôta mes chaussures, fit de même avec les siennes et me rejoint. Je me collais à lui, brusquement épuisé par toutes ces émotions.

Tandis qu'Edward me massait les cheveux, Jacob ressurgit dans mes pensées.

« Edward.. J'ai besoin de savoir une chose.. »

« Bien sûr, que veux tu savoir ? » Répondit-il instantanément.

Je déglutis péniblement, espérant que mon insistance ne le mettrait pas en colère.

« Que s'est-il passé ente toi et Jacob ? » Lâchais-je finalement.

Je le sentis se raidir contre moi, il garda le silence.

Au bout d'un moment, je l'entendis soupirer tout bas.

« Jacob est venu sur notre territoire, nous avons faillis nous battre, Seth est heureusement intervenu. »

« Quoi ! Mais pourquoi ? » Demandais-je dans le choc.

« Il m'a vu m'enfuir de chez toi la nuit dernière, il a d'abord cru que je t'avais blessée, il m'a ensuite suivit…Lorsqu'il m'a abordé, il était rempli de haine, il était à la limite de m'attaquer, j'ai tenté de calmer un peu la situation…( il baissa légèrement la tète) Mais je suis particulièrement sensible en ce moment ( il grimaça), je m'emporte plus vite que d'habitude, je suis plus jaloux aussi…L'Instinct exacerbe mes sentiments… il me rend plus féroce..Et lorsque… j'ai entendu qu'il te considérait comme sienne…Cela m'a mis hors de moi… si Seth ne l'avait pas résonné, l'affrontement aurait été inévitable. » Sa voix resta calme et mesurée mais je sentis sa rage envers Jacob, une rage contre laquelle il luttait, et à laquelle se mêlait aussi du chagrin.

Au fond de lui, il aurait voulu que les choses soient différentes, il connaissait la valeur que j'accordais à l'amitié de Jake, il aurait souhaité que les tensions cessent entre eux, afin de m'épargner de la peine.

« Tu ne l'as pas attaqué Edward. Et puis.. Jacob a dépassé les bornes ! Il est venu sciemment te provoquer… Son intrusion aura-t-elle des répercussions..? » Pensais-je soudain, affolée.

« Non. J'ai promis à Seth que nous ne réclamerions pas vengeance. C'est la douleur qui l'a rendu aussi inconscient. Carlisle a pu s'entretenir avec Sam. Il n'y aura pas de guerre, le pacte continue.»

Carlisle avait vraiment des raisons d'être fier de son fils.

« Que..que s'est il passé pour Jake ? »

« Un bon sermon de la part de Sam. »

Je soupirais de soulagement.

« Le pire a été évité de justesse. J'espère que Black ne défiera pas les ordres de l'alpha.» M'avoua-t-il.

Mon ventre se noua. Le pire paraissait possible au vu de l'état de Jake.

« Quelle tête de mule ! » Pestais-je contre lui.

« Il t'aime. Et, il ne veut pas admettre que tu m'es choisi.. » Murmura Edward.

Mon cœur se serra.

« Il le faudra bien ! » Déclarais-je.

« Je le souhaite…Car si sa rivalité et sa convoitise le poussent encore à m'affronter, un drame ne pourra pas être évité. Et la guerre éclatera.» Le visage d'Edward s'était durcit cette fois.

L'effroi me serra la gorge au point d'avoir du mal à respirer. Je refusais que l'un ou l'autre soit blessé -ou pire- et que la paix établi entre les Quileutes et les Cullens soit brisée…Par ma faute.

« Je dois lui parler !» Affirmais-je en serrant les poings.

Edward tressauta.

« Non ! » Rugit-il.

Il s'immobilisa soudain et tendit l'oreille vers la porte pour s'assurer que son éclat de voix n'avait pas attiré l'attention de Charlie.

« Sa colère l'aveugle, il pourrait aussi s'en prendre à toi ! » Reprit-il plus bas, mais fermement.

« Jacob ne me fera jamais de mal. » Répliquais-je.

« Tu ne peux pas en être certaine ! Son esprit est corrompu par la haine et la jalousie. Il est hors de question que tu le rencontres ! »

Son ton directif me déplut, même si je savais que c'était son inquiétude qui se cachait derrière ce brusque élan autoritaire.

« Alors tu resteras près de moi. Si il y a une menace- ce que je refuse de croire- tu la percevras.»

Il cligna des yeux, apparemment étonné par ma proposition. C'était la seule solution qui s'offrait à moi si je voulais parler à Jacob. L'amour et la surprotection d'Edward pouvait s'avérer redoutable, je n'avais pas d'autre choix.

Il réfléchit un instant.

« Ma présence pourrait envenimer la situation. Je suis la dernière personne qu'il souhaite rencontrer. » Me fit il remarquer.

« Il l'acceptera. »

« Je n'en suis pas si sûr…Ce n'est pas seulement de la haine qu'il éprouve à mon égard..mais de l'aversion à l'état brut. Je suis un montre pour lui…»

Mon cœur se serra à ces mots. Je ne supportais pas le fait que Jacob refuse de voir au-delà de leur différence. Edward y parvenait lui. Je serrais soudain les poings de colère.

« Si Jacob refuse que tu m'accompagnes, alors je n'aurais plus rien à lui dire. Si il te rejette, il me rejette aussi.»

Ses yeux d'ambre s'assombrirent brusquement et je fus soudain plaquer sur le dos, assaillit par ses lèvres. Un grognement doux résonna dans sa gorge, tandis que nos bouches s'abandonnaient l'une à l'autre. Son amour et son désir se déchainèrent dans mon esprit, m'enveloppant d'une chaleur étourdissante.

« Je t'aime tant » Murmura t'il sur mes lèvres.

Je grignotais sa lèvre inferieur, me pressant contre lui. Du feu liquide semblait soudain couler dans mes veines, je le désirais avec une passion toujours renouvelée. Nous avions fait l'amour peu de temps auparavant, mais cela me semblait atrocement loin.

Je le repoussais sur son dos et le chevauchait sans cesser de jouer avec ses lèvres.

« Que fait Charlie ? » Murmurais-je d'une voix significative.

Il me fit basculer dans un feulement sexy et pressa son bassin contre le mien. Je gémis en sentant son érection au travers le tissu de son jean.

« Il s'est assoupi dans son fauteuil…Il dort comme un bébé… » Susurra t'il d'une voix rauque.

Exactement ce que j'espérais. Je souris malicieusement et m'attelais sur le champ à déboutonner sa chemise. Ses yeux de fauve s'assombrirent et suivirent avec attention ma progression. Au dernier bouton, il retira vivement sa chemise et la jeta à terre. Il remonta mon chemisier et grogna lorsque mes seins nus apparurent. Je n'avais pas pris le temps de remettre mon soutien-gorge. Il interrompit mon déshabillage et parcourut ma poitrine d'un regard acéré.

« J'adore ce genre de surprise… » Grogna t'il.

Je levais les bras, Edward fit passer ma chemise au dessus de ma tête, mais il ne me l'ôta complètement et la laissa au niveau de mes bras pour les emprisonner. Il se pencha pour embrasser mes seins l'un après l'autre, dans un flot de grognements possessifs -particulièrement excitants- tandis que ses mains caressaient mes flancs avec une avidité croissante.

Je gémis lorsqu'il plaqua brusquement son torse glacé contre ma poitrine qui se durcit d'avantage à son contact.

« Tu me rends fou… » Souffla t'il dans mes cheveux. Je l'entendis humer mon odeur dans un soupir jubilatoire, son corps se raidit sous le plaisir, je ressentis aussitôt sa soif. Piquante, brûlante, absolue…mais admirablement maitrisée, malgré les terribles souffrances qu'elle provoquait en lui. Je constatais à présent que le sexe et la soif étaient étroitement liés chez Edward, le plaisir charnel semblait déclencher son désir de sang. (Peut être étais-ce le cas pour tous les vampires).

Lorsque ses lèvres parcoururent mon cou, sa langue cherchant précautieusement l'endroit où battait mon pouls affolé, mon fantasme qu'il libère sa pulsion et qu'il me morde surgit dans mes pensées. Mon désir et mon plaisir grandit en imaginant son exaltation, son euphorie …que je serais maintenant pleinement en mesure de ressentir.

Je penchais ma tête en arrière terriblement excitée, Edward ronronna de plaisir tandis que sa bouche redoubla d'attention contre ma peau. Mon corps ondulait de plaisir sous sa langue gourmande.

« Continue…Déshabille moi… » M'intima t'il en déliant mes bras de mon chemisier. Sa voix fut chaude, sensuelle…dominatrice…et précipita mon désir de le sentir en moi. Il se laissa retomber sur le dos en arborant un sourire coquin. Son amour sauvage, obsessionnel, protecteur ondulait dans mon esprit…. D'un mouvement empressé je m'attaquais à la boutonnière de son jean. Edward gémit, et lorsque j'effleurais le renflement qui tendait son boxer, un râle profond s'échappa de sa gorge. Son plaisir déferla dans ma tête, j'embrassais le bas de son ventre, son bassin s'arqua sous un gémissement suppliant. Je m'apprêtais à faire glisser son jeans lorsque son téléphone retentit.

Edward émit un grognement contrarié, il se releva sur un coude et plongea furieusement sa main dans la poche arrière de son jean pour saisir l'objet importun. Lors de son geste tempétieux, un petit écrin en bois s'échappa de sa poche sans qu'il s'en soit rendu compte.

« Evidemment.. » Maugréa-t-il en regardant l'écran.

Il répondit, le visage renfrogné.

« Oui Alice…Quoi ? (Il s'assit brusquement, m'attrapant avant que je sois déséquilibrée. Son visage se crispa.)…Oui…Oui… Très bien…Oui…Cela ne m'étonne pas…Merci Alice.»

« Qui a-t-il ? »Demandais-je après qu'il eut raccroché.

« Emmet a repéré les traces de deux vampires au nord, à l'extérieur de la ville. Ils sont loin d'ici et Alice n'a rien vu d'alarmant, mais elle préfère miser sur la prudence. Et je suis d'accord avec elle. Ton odeur est dangereusement détectable…surtout-»

« Surtout si nous faisons l'amour.. » Terminais-je dans un soupir las.

Edward m'enlaça tendrement.

« Mais lorsque ces intrus auront quitté la région, nous pourrons nous aimer. Emmet est sur leur trace -il est d'ailleurs ravi de cette nouvelle distraction- Nous serons averti lorsqu'il n'y aura plus de danger. »

« C'est génial…Nos ébats sont orchestré par ta famille ! »

Il grimaça.

« Je sais. J'évite d'y penser. »

« Et tu y parvient ? »

« Pas aussi bien que je le voudrais.. » M'avoua-t-il avec une moue adorable.

« Mais dit-toi que dans quelques décennies nous en riront…»

Je fis la grimace, souhaitant de tout cœur qu'il eût raison. Il relâcha son étreinte pour saisir la couverture qu'il drapa autour de mes épaules. Ne plus être au contact de sa peau déclencha un nouveau soupir de déception entre mes lèvres.

« Je suis navré Bella, mais je n'aurais pas pu résister longtemps à cette vision de rêve.. » Murmura-t-il au creux de mon oreille, ses mains effleurant la couverture au niveau de mes seins.

« C'est injuste.. » Grommelais-je avant d'emmètre un autre soupir de frustration.

« L'attente ne fera qu'accroitre notre plaisir… » Souffla t'il à mon oreille.

« Par pitié tais-toi. » Râlais-je d'une voix plaintive.

Edward se retint de rire. L'étonnante décontraction qu'il affichait renforça mon admiration, son attitude était en totale opposition avec le bouillonnement intérieur que je captais.

« Comment fais tu ? »

A son sourire, il devina à quoi je faisais illusion.

Il respira profondément.

« De l'entrainement, rien d'autre. Grâce au temps….Beaucoup de temps… »

Il me berça tendrement tandis que je rêvais qu'il entreprenne tout autre chose.

Le visage posé sur son bras, mon attention fut soudain attiré sur le petit écrin au bord du lit. Il était sur le point de tomber, je le rattrapais de justesse et le présentais à Edward.

« Il est tombé de ta poche. » Lui signifiais-je au vu de son air surpris.

Il s'en empara délicatement.

« Qu'est ce que c'est ? Cela semble ancien.»

« Je l'ai trouvé dans la malle pendant ton sommeil, je ne pensais pas que Carlisle l'avait rangé avec ses documents. Il l'a découvert durant sa quête.» Me répondit-il en admirant l'écrin de bois, ses doigts agiles suivant lentement les arêtes élimés.

« Cela ne répond pas à ma question. »

Mon impatience le fit sourire. Il souleva lentement le couvercle de l'écrin et je découvris une chaine en or ornée d'un splendide pendentif circulaire. Je l'examinais avec attention : il décrivait deux astres : le soleil et la lune, imbriquées l'un dans l'autre. La gravure du soleil, en or, s'étendait sur les trois quart du cercle, le restant représentait un quartier lunaire, en or blanc. La finesse de ce bijou était stupéfiante, je n'avais jamais rien vu de tel.

« C'est magnifique.. » Soufflais-je, émerveillée.

« C'est l'alliance des élus. C'est Carlisle qui l'a baptisé ainsi. »

« Il a appartenu à un membre du peuple des lumières ? »

« Carslile le pense, oui. »

« Comment l'a-t-il eu ? »

« Lorsqu'il vécu en Géorgie, il rencontra une vieille femme dans un village à moitié déserté, elle était seule et mourante. Il en prit soin jusqu'à la fin, elle lui transmit le collier sur son lit de mort, sans explication. Le pendentif l'a tout de suite intrigué, il en a étudié la symbolique et fut convaincu qu'il avait un rapport avec le Peuple des Lumière. Il s'est acharné dans ses recherches et il a réussi un jour à trouver un fragment de parchemin, qui faisait apparemment mention de ce bijou…en lien avec des « êtres aux yeux d'or », mais cela reste très flou. On ne sait pas grand-chose en fin de compte. »

« Mais Carlisle se moque des preuves, n'est ce pas ? »

Edward hocha doucement la tête.

« La foi lui suffit…» Murmura-t-il, un sourire tendre aux lèvres.

« Que signifie-t-il ? » Demandais-je en suivant les contours de l'étincelant pendentif.

Edward le pris dans le creux de sa main.

« En langage astrologique, le cercle, considéré comme la forme la plus parfaite, est le symbole de l'Esprit pur. Le double sillon circulaire que l'on aperçoit à la périphérie, rappelle sans conteste l'image de l'alliance, cercle éternel, symbole universel de l'amour et de l'engagement. Le croissant de lune, lui, est le symbole de l'âme. Carslile y voit une double lecture. Comme tu peux le voir, les deux astres sont combinés, il y voit la réunion de nos deux mondes : le monde des ombres et de la nuit -les vampires- symbolisé par la lune et le monde de la lumière et de la vie- les humains- symbolisé par le soleil.

« La gravure représente l'union entre vampire et humain. »

« Oui, c'est exactement ce qu'a déduit Carlisle. Il suppose qu'il pouvait s'agir d'une forme de bijou d'alliance qui s'échangeait au sein d'un couple d'élus. »

« Je reconnais là le côté romantique de Carlisle. »

Edward rit tendrement.

« Nous avons beaucoup de points communs lui et moi. » Me dit il en soulevant la chaine entres ses deux mains. Ses yeux se voilèrent et la douce chaleur de son amour envahit mon esprit. Mon ventre se noua, saisit d'un drôle de picotement. Je sus ce qu'Edward s'apprêtait à faire.

« Je sais que tu boudes les cadeaux…Mais..me permets tu de t'offrir ce pendentif ? »

Je déglutis, comprenant immédiatement que cela signifiait beaucoup plus qu'un simple cadeau pour lui, le mot alliance résonnant comme un tambour dans ma tête.

Je sentis mon cœur s'affolait, l'esprit d'Edward bouillonnait d'émotions.

« Je..Tu ne peux pas…Il est à Carlisle. » Bafouillais-je lamentablement.

Son sourire charmeur se fit malicieux. Je portais ma main à ma poitrine, j'avais l'impression que mon cœur convulsif allait transpercer ma peau.

« Plus maintenant... Je l'ai appelé lorsque j'y suis tombé dessus…Et il me l'a légué avec une joie immense.» Dit-il le visage enjoué.

J'aurais dû me douter que Carlisle serait du côté de son fils. Edward me fixa avec une intensité troublante.

« Tu es mon élu, Bella. Et si ce pendentif a été crée pour célébrer l'amour entre deux âmes sœurs, il doit être porté. Accepte-le, au nom de mon amour…» Murmura-t-il.

Le velouté de sa voix me fit fondre et mon cerveau cessa de fonctionner. Je baissais lentement la tête, relevant d'une main mes cheveux pour découvrir ma nuque, et permis à Edward de me passer la chaine. Je n'aurais su décrire le bonheur que je ressentis en lui lorsqu'il crocheta la fermeture. Ses émotions m'assaillirent de toutes parts, semblant rendre mon esprit trop étroit pour toutes les accueillir. Je relevais la tête et vis ses yeux flamboyer d'un bonheur sans pareil tandis qu'il admirait le pendentif à mon cou.

Je touchais l'alliance du bout des doigts, avec une émotion inattendue. J'aimais soudain ce pendentif, j'aimais surtout ce qu'il représentait aux yeux d'Edward.

Sa main froide effleura le haut de ma poitrine, juste au dessous de l'alliance.

« Il est à sa place à présent. » Dit-il d'une voix solennelle.

Mon autre main caressa son torse nu, remontant vers sa pomme d'Adam.

« Il manque son jumeaux à ton cou.. » Murmurais-je en me rapprochant de ses lèvres.

Il m'enlaça dans un grognement sensuel, effleurant ma bouche avec son nez.

« Esmée se fera une joie sans nom d'en faire confectionner un autre à l'identique. » Murmura-t-il avant de m'embrasser avec la légèreté d'une plume.

Le contraste entre son désir –violent, explosif- et à la tendresse, la retenue de ses gestes m'impressionnait toujours autant. Qui aurait pu penser que derrière tant de légèreté et de douceur, se cachait une telle passion ! Le tourbillon de ses émotions m'étourdit. Le prix qu'il payait en permanence contre cette lutte intérieure m'inssupportait chaque minute un peu plus. J'entrouvris mes lèvres, m'abandonna à l'assaut doux et froid de son baiser, me réjouissant qu'il n'eut plus longtemps à endurer ce fardeau.

Son téléphone portable retentit à nouveau…

Nous gémirent simultanément sachant que ce coup de fil n'avait rien de hasardeux et qu'il sonnait le glas de notre étreinte passionnée.

Nous avions tous deux un mal fou à rester raisonnable…mais Alice veillait au grain, rien ne lui échappait…hélas.

Car rester auprès d'Edward dans un lit, sans rien n'entreprendre, présageait une longue nuit d'agonie…une très longue nuit.

TBC….


J'espère de tout cœur que ça vous a plut…..

Vous êtes seuls juges…de vouloir ou non la suite…..

A vos claviers !FAITE EXPLOSER MA MESSAGERIE! lol

Merci à tous !

(Beaucoup de rebondissements sont à prévoir pour la suite...)

NB: Si certains n'ont pas réussi à visualiser la forme du pendentif que j'avais en tête, J'ai bricolé comme je le pouvais sur mon ordi, une image qui s'en rapproche, et je l'ai mise à la place de mon ancien avatar...L'image sera visible d'ici 24 h...Tjs ce souci du détail...lol