Jeli71 : Oui un grooos boulot O_o Et j'espère que tu as passé de bonnes fêtes. D'ailleurs j'espère que vous tous avez passé de bonnes fêtes !!!

Rafikis : Marchi beaucoup O_o Rodney va le faire poireauter niark !!!

MEL : Liz n'est pas une garce O_o non mais un peu de respect O_o Sinon… merci pour le com…

Alexiel974 : Toujours prête à rendre service lol Et pas de panique tu vas voir les retrouvailles entre tout ce beau monde O_o.

Ticoeur : Oh là c'est pas moi qui vais te jeter la pierre sur ce coup là ! Et oui Liz a morflé… faut faire dans le réaliste :s J'aime bien… que vous aimiez bien le câlin lol. Moi aussi O_o.

G33K : Merci d'avoir reviewer ma grande ^^ C'est bien une carapace. En fait elle fait passer sa peur de les avoir perdu tous les deux sur James… et John… ben oui il faut le dire : il a l'impression de compter pour du beurre alors que ce n'est pas le cas. C'est carrément l'inverse ! Pour cette question : est-ce que je suis mieux que lui et tout… disons que quand on aime vraiment et qu'on est certain d'être aimé en retour, ça n'a plus d'importance, il n'y a plus personne d'autre (enfin ça il va le savoir après hein, là y'a trop de choses dans sa caboche pour qu'il y songe O_o). En ce qui concerne la réaction de Rodney : tu as une hypothèse de bonne lol.

BONNE ANNEE A TOUS !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Lorsque midi sonna à sa montre, John se dit qu'il était temps d'aller se restaurer un peu. Cependant, il appréhendait la sortie de ses quartiers ainsi que le chemin le menant au mess. Et surtout, il redoutait le mess. Car, il en était pratiquement certain, il y rencontrerait ses collègues et, il l'espérait encore, ses amis. Il ferma les yeux et respira un grand coup avant d'ouvrir la porte de ses quartiers et de s'engouffrer dans le corridor.
Ses pas le menaient lourdement vers le mess. Pour l'instant, il n'avait rencontré aucun des trois atlantes, ce qui lui permit de réfléchir à ce qu'il comptait leur dire pour se faire pardonner son attitude.
C'est ainsi qu'il arriva au portes du mess sans s'en rendre compte. Ce n'est que quand Radek le percuta malencontreusement que John reprit ses esprits.

« Oh pardon colonel.
- Radek..Comment allez-vous ?
- Ca va, je récupère assez vite selon le Docteur Beckett.
- Je suis content de vous revoir sur pieds !
- Merci. »

John allait rentrer dans le mess lorsque le Tchèque le rappela :

« Et merci de nous avoir ramené Elizabeth. »

Le militaire lui sourit. Le scientifique disparut.
Sheppard respira un grand coup et reporta son attention sur la salle. Il la balaya du regard. Personne de son équipe. Le cœur un peu plus léger, il entra dans la pièce et se dirigea vers le self. Il ressortit et s'apprêtait à aller s'asseoir à une table lorsqu'il vit entrer Ronon, Teyla, Rodney et James. La discussion que l'Athosienne entretenait avec les trois hommes s'arrêta net lorsque qu'elle le vit. Les regards convergèrent vers le militaire et tous se regardèrent en chiens de faïence.
John d'un côté, plateau repas à la main, Teyla, Ronon, James et Rodney de l'autre, le fixant.

Le militaire ne savait pas quoi faire, pas quoi dire. Tous ses beaux discours répétés dans le couloir s'envolèrent. Mais ils ne pourraient pas restés indéfiniment dans cette position au milieu du mess, les trois quart des regards braqués sur eux.
Alors que le colonel s'apprêtait à ouvrir la bouche, Rodney se décida à réagir.

« Bon, on attend quoi, j'ai faim moi ! »

Et sans un regard pour le militaire, le scientifique passa à côté de lui. Teyla et Ronon s'entre regardèrent et le suivirent.
Si Ronon passa à côté de John sans le voir, Teyla, elle, se risqua un regard à son encontre, un regard perçant, le sondant pour voir s'il regrettait. Et alors qu'elle le dépassait, elle l'entendit murmurer un :

« Pardon. »

La jeune femme stoppa sa course mais ne se retourna pas. Une seconde plus tard elle partait rejoindre ses amis. John ferma les yeux. Ca s'avérait plus difficile qu'il ne l'avait imaginé.
James arriva à sa hauteur.

« Laisse leur du temps. »

John acquiesça et prit place à une table. James rejoignit les atlantes.

Pendant ce temps, au self, la discussion fut relancée à l'initiative de Rodney.

« Non mais vous avez vu ?! Il a le culot de revenir et de manger au mess !! »

Ronon hocha la tête pour signifier que, pour une fois, il était d'accord avec le scientifique. James et Teyla s'échangèrent un regard.

« Il veut se faire pardonner, dit l'Athosienne Peut-être que…
- Peut-être que rien du tout ! trancha Rodney. Il s'en fiche de nous, il s'en fiche de la cité! Et bien parfait ! Mais qu'il ne revienne pas en espérant qu'on lui pardonne en nous faisant sa tête de martyre ! »

L'énervement du Canadien était plus que palpable, et c'est à cela que s'arrêtèrent Ronon et James. Mais Teyla perçut autre chose. Une chose plus profonde. Une immense tristesse. La tristesse d'avoir été rejeté alors qu'il était si dur pour lui de se dévoiler. Oui, d'eux trois, ce serait certainement Rodney qui donnerait le plus de fils à retordre à John.

Le colonel picorait dans son assiette tentant de reprendre peu à peu contenance. Teyla lui avait semblé réceptive à son pardon. Ronon lui… et bien c'était toujours difficile de savoir ce qu'il pensait. Mais Rodney… Il l'avait tout bonnement ignoré. Bien sûr il l'ignorait assez souvent. Mais d'habitude, ils se chamaillaient dans ces cas là. Mais ça, c'était avant… Maintenant, il le haïssait, il en était sûr ! John soupira et ferma les yeux. Lorsqu'il les rouvrit, il s'aperçut que les quatre atlantes étaient attablés un peu plus loin. Teyla et James lui faisaient face. Ronon et Rodney lui tournaient le dos. Le regard du militaire croisa celui de son frère qui lui fit un signe discret l'invitant à les rejoindre. Mais John secoua la tête. Ils étaient trois contre lui et il ne voulait pas prendre le risque de se faire envoyer balader devant tout le monde. Son regard glissa ensuite vers Teyla. Il capta le sien et articula un « je suis désolé » appuyant ces mots muets d'un regard sincère. La jeune femme ferma les yeux et soupira faiblement. John en fit autant, sentant que plus rien ne serait jamais comme avant. Mais lorsqu'il la regarda de nouveau, il la vit lui sourire faiblement et lui faire signe de venir les rejoindre. Le colonel hésita un moment mais se dit qu'il ne pourrait y couper. Et tant pis en fin de compte pour le potentiel scandale. Il l'aurait bien mérité ! C'est donc la démarche male assurée qu'il se rendit avec son plateau repas à la table de ses amis. Et c'est d'une voix plus qu'hésitante qu'il leur demanda :

« Je peux m'asseoir ? »

Teyla jeta un œil à Ronon et Rodney. Aucun des deux ne réagit. Elle prit donc les choses en main et se décala pour laisser une place entre elle et James.

« Allez venez. »

Le scientifique lança un regard noir à la jeune femme, regard lui criant « traîtresse », avant de replonger le nez dans son plateau pour éviter de voir John s'installer, comme par hasard, pile en face de lui.
Le silence prit place entre les atlantes. John cherchait désespérément ses mots, Teyla et James se demandaient comment entamer une conversation quelconque et Ronon et Rodney n'en avaient visiblement rien à cirer de la présence du militaire.
Le colonel releva timidement les yeux vers les deux personnes se trouvant en face de lui. Quoiqu'il dise, il le savait, il subirait leurs foudres. Alors pourquoi attendre ? Il inspira un grand coup.

« Ecoutez, je… »

Mais il fut brusquement interrompu dans son élan par Rodney qui se leva d'un bond.

« J'ai du travail. »

Et le scientifique de sortir aussi sec du mess.

« Vous lui avez fait de la peine John, plus qu'à nous. «

Le militaire se retourna vers Teyla avec un air désemparé.

« Je sais. Teyla. Ronon. Je suis désolé. Je veux dire je suis vraiment désolé. Vous êtes venus m'aider et je vous ai rejeté. Alors que… j'avais besoin de vous. »

Le Satédien jeta un regard à la jeune femme qui l'encouragea du sien.

« Nous refaites plus ce genre de plan ok ?
- Ok. »

John se tourna de nouveau vers l'Athosienne.

« Teyla…. »

Elle lui sourit alors en hochant la tête avant de lui prendre la main et la serrer.

« Excuses acceptées. »

Un énorme poids s'enleva du cœur du militaire. Mais un résidu subsistait encore quand il songea à Rodney.

« Vous feriez mieux d'aller le retrouver, lui conseilla Teyla.
- Oui, vous avez raison. »

James posa une main amicale sur l'épaule de son frère.

« Ca va aller.
- On parle de Rodney.
- Mais c'est ton ami. Il va te pardonner. Mais il faudra trouver des arguments convaincants.
- Oui… bon j'y vais. »

John se leva et fit quelques pas avant de rebrousser chemin vers la table et de prendre la mousse au chocolat resté sur son plateau. Prévenant l'interrogation de ses amis, il leur expliqua, la mine sérieuse :

« Je prépare mes arguments. »

James sourit en secouant la tête, Teyla et Ronon échangèrent un sourire entendu.

« Il va en baver, dit le Satédien.
- C'est évident, approuva l'Athosienne. »

John fit tous les endroits affectionnés par le scientifique : son labo, ses quartiers, le ponton… mais rien. En désespoir de cause il essaya la salle d'entraînement et celle de la Porte, mais toujours rien. C'est donc dépité qu'il entra dans le hangar à jumpers. Alors qu'il tournait à l'angle de Jumper 1, il se figea. Rodney, ou plutôt la moitié de Rodney, dépassait de dessous le vaisseau. Il était en train de le bidouiller.

« Vous trafiquez les freins pour que je me plante à la prochaine mission ? »

Un silence se fit et la voix de Rodney retentit.

« Non, je trafique la force d'inertie pour que vos organes se réduisent en bouillie lors de votre prochain vol ! »

Il lui parlait… bon pour le menacer de mort, mais au moins il lui adressait la parole.
Le militaire soupira et s'accroupit pour être à la hauteur des jambes du Canadien. Il laissa de côté son humour et reprit d'une voix plus sérieuse.

« Rodney… je suis désolé. »

Un ricanement accueillit sa déclaration. Il ferma les yeux et reprit.

« Jamais je n'aurais dû vous envoyer balader. Je me suis comporté comme un idiot et je m'en veux. »

Toujours le silence.

« McKay sortez de là-dessous qu'on discute !
- Pas le temps, je bosse ! »

Un peu énervé, Sheppard prit la planche à roulette sur laquelle était installé le scientifique et le fit se dégager de dessous le jumper.

« Oh, ça va pas bien non ?!
- Je voudrais vous parler !
- Et moi j'ai pas envie de vous entendre ! rétorqua sèchement Rodney en se levant. »

Il s'en alla ranger ses instruments de travail, suivi de près par John.

« Rodney ! Je m'excuse !
- Super !
- Jamais je n'aurais dû vous frapper !
- Je vous le fais pas dire ! »

Le scientifique rabattit rageusement le couvercle de son ordinateur portable.

« Ecoutez… »

Rodney se retourna violemment, la colère et la tristesse marquant ses traits.

« Non ! Vous allez m'écouter ! On était venus pour vous dire qu'on tenait à vous et qu'on ne voulait pas que vous partiez ! On a essayé de vous raisonner, mais vous… vous … vous vous en fichez de nous ! Ca on l'a bien compris ! Tout ce qui vous intéresse c'est vous et votre ego ! Parce que ça ne marche pas comme vous voulez côté jupons, vous délaissez vos amis et vous fuyez tout ce pour quoi vous vous êtes battu depuis des années ! »

John regardait, abasourdi, les larmes monter aux yeux de son ami.

« Vous savez combien ça a été dur pour nous… pour moi de vous dire que je vous… que je tenais à vous ?! Bon sang je suis nul avec les mots, s'il y a bien une chose que je déteste par-dessus tout dans la vie c'est de me montrer comme je suis. Je… je l'ai fait pour vous et vous…vous… »

Mais il ne put aller plus loin. Ses larmes étaient sur le point de sillonner ses joues. Il se retourna et voulut reprendre son ordinateur portable, mais John l'en empêcha d'une main.

« Rodney… »

Le scientifique se débattit pour qu'il lâche prise mais John, plus fort, le força à se retourner. Et son cœur se serra à lui en faire mal lorsqu'il vit l'une après l'autre les larmes couler le long des joues de son ami. Jamais il ne l'avait vu comme ça, Si vulnérable, si … lui.

« Rodney…
- Allez-y, moquez vous de moi ! réussit-il à prononcer entre deux larmes. »

John ferma brièvement les yeux avant de s'approcher du scientifique et de le serrer dans ses bras. Mal à l'aise, oui… mais qu'importait en cet instant ? Au bout d'une minute, Rodney consentit enfin à lui rendre son étreinte.
C'était la première fois qu'ils franchissaient cette barrière. C'était la première fois que l'un montrait à l'autre ce qu'il ressentait pour lui. La première fois qu'ils se montraient tels qu'ils étaient, sans sarcasmes, sans piques. Juste pour prouver à l'autre qu'il était là pour lui.
Au bout d'un long moment, les soubresauts du Canadien cessèrent et John murmura :

« Pardon Rodney.
- Je vous pardonne…Maintenant vous… pourriez me lâcher ? Parce que si on nous trouve comme ça on pourrait se poser des questions. »

Le colonel sourit. Il avait retrouvé son scientifique attitré. Il relâcha son emprise.

« Merci. Bon… euh… je retourne dans mon labo. A plus tard John.
- A plus tard Rodney. »

Alors que le militaire regardait le scientifique partir, le soulagement peint sur son visage, une question lui revint en tête.

« Au fait, qu'est-ce que vous trafiquiez sur mon jumper ? »

C'est sans se retourner et en franchissant la porte que Rodney lui lança :

« Vous le saurez lors de votre prochaine mission. »

John fronça les sourcils et se rendit à bord du vaisseau examinant les alentours. A priori rien n'avait changé. Il se mit alors aux commandes. Le jumper s'illumina sans pour autant décoller. John se concentra et demanda :

« *Un laser à plasma ? * »

Mais rien ne se produisit.

« *Nouvelles armes quelconques ?* »

Toujours rien. C'est à ce moment que son estomac gargouilla. John soupira et souhaita :

« *Un sandwich au poulet…* »

A cet instant, la chose que le lieutenant-colonel John Sheppard attendait depuis 3 ans se manifesta devant lui : une sorte de tube sortit de la paroi du jumper et lui présenta une chose emballée dans du papier allu. Fébrilement, n'osant y croire, il tendit la main vers elle et la déballa. Ses yeux ronds se posèrent alors sur la merveille se tenant devant ses yeux :

« Non… J'y crois pas… McKay…Je vous aime. »

Après avoir dégusté son sandwich au poulet et réfléchi aux récents évènements, John se rendit compte qu'il avait complètement oublié de donner la mousse au chocolat, qu'il avait préalablement mise à l'abri en cas de discussion qui se serait avérée… houleuse, à Rodney. Et bien que l'envie de la garder pour lui fusse grande, il se dit qu'il lui devait bien ça. Le militaire avait été surpris de la rapidité avec laquelle le scientifique lui avait pardonné. Il s'était attendu à tout : du coup de pied au coup de poing en passant par la tentative de meurtre, mais pas au fait qu'il se laisse aller…dans ses bras. John fronça les sourcils. C'était bien la première fois qu'il avait ce genre d'affinités… avec un homme. Et c'est à cet instant qu'il se rendit compte à quel point l'amitié du Canadien lui importait.

Après avoir contemplé la mousse d'un ait songeur un petit moment, John partit en direction du labo. Et comme prévu il y trouva Rodney en train de s'échiner sur un pauvre objet ancien.

« Mais tu vas marcher oui !! Je me farcis pas la génothérapie et ses piqûres tous les deux jours pour le plaisir !! Mais tu vas marcher sal…
- Un problème McKay ? »

Rodney sursauta, sans pour autant se retourner.

« Non… ça va. »

John sentit une pointe de tristesse l'envahir mais se ressaisit. Ils venaient à peine de mettre leurs différends de côté. Il était évident que leur relation n'allait pas reprendre comme si de rien n'était en quelques minutes.
C'est donc prudemment qu'il s'approcha du scientifique qui lui faisait toujours dos. En passant la tête par-dessus son épaule il put se rendre compte qu'il triturait nerveusement une petite boite rectangulaire de conception et de gravures sans conteste anciennes.
Rodney soupira bruyamment.

« On vous a jamais dit que ça énervait qu'on regarde par-dessus l'épaule de quelqu'un ?! »

John se recula un peu.

« Désolé. »

McKay se radoucit. C'était rare que le colonel Sheppard s'excuse. Autant apprécier ce geste comme il se devait. Après un moment, John se hasarda de nouveau à proposer son aide.

« Ecoutez, j'ai du temps à tuer alors si vous voulez un coup de main… »

Mais le Canadien s'escrimait toujours à tenter d'ouvrir cette boite, sans lui adresser un mot.
Le militaire baissa les yeux et soupira faiblement avant de se diriger vers la sortie. Alors qu'il en franchissait le seuil, Rodney l'interpela d'une petite voix :

« Attendez…Je… j'ai quand même des choses plus importantes que ce truc à faire ! Alors vous qui ne faites jamais rien, vous allez m'ouvrir ça. »

Dans d'autres circonstances, John aurait assaisonné son ami. Mais là, il ne demandait qu'à lui rendre service pour se rapprocher de nouveau de lui. Alors… il revint sur ses pas et accepta la boite qu'il lui tendit sans le regarder.

« Pendant que vous vous amusez avec ça, moi je vais trouver une idée géniale pour sauver l'Univers. »

John se mordit la langue, se retenant de lui lancer une certaine pique en rapport avec un certain système solaire, et se concentra sur l'objet.

oooooooooooooooo

Pendant ce temps, Carson avait jugé bon de faire venir Elizabeth de la salle de réanimation à l'infirmerie. Ne courant plus aucun risque grave, le médecin avait jugé bon d'installer sa leader dans un lieu plus propice aux visites, la salle de réanimation ayant récemment dû accueillir de tristes nouvelles recrues, victimes d'une attaque Wraith et nécessitant de ce fait le moins d'agitation possible pour leur repos. Or comme Elizabeth recevait trois visites à l'heure, cela devenait de plus en plus difficile de soigner les soldats tout en émettant un « chuuuuuuuuut » toutes les trois secondes.
Et ce changement d'atmosphère ne déplut pas à la jeune femme. Dès qu'elle franchit le seuil de l'infirmerie dans son fauteuil roulant poussé par son médecin-chef, elle se sentit tout de suite apaisée. Elle quittait un endroit incertain, où la mort avait tendance à prendre le pas sur la vie, pour un lieu où la vie avait gagné plus de terrain.

Alors qu'elle s'apprêtait à se lever, Elizabeth fut retenue par la main de l'Ecossais.

« J'espère que vous plaisantiez. Il est hors de question que vous bougiez le moindre muscle. Vous n'êtes pas encore assez résistante pour faire la moindre station debout.
- Mais je…
- Elizabeth ?! »

Devant le regard sévère de Carson, la jeune femme secoua la tête et capitula.

« Bon… très bien… Mais je vous assure que les cachets que vous me donnez me font du bien et…
- Ils ne font qu'atténuer la douleur. Ils ne cicatrisent pas les blessures. Si vous faites le moindre mouvement trop appuyé tout simplement parce que vous ne sentez rien, vous risquez de rendre vos plaies encore plus difficiles et longues à cicatriser. »

La leader n'émit aucune protestation, sachant pertinemment qu'il avait raison. Mais c'était plus fort qu'elle. Elle ne supportait pas de ne rien faire et d'être traitée comme une impotente. La pitié, elle n'en voulait pas davantage que les petites attentions. Elle était d'une nature indépendante et redoutait par-dessus tout d'être redevable à quelqu'un pour quoique ce fut. Cependant, elle devait bien voir les choses en face, elle était loin d'être en grande forme et quoiqu'elle en dise, ses côtes, son poignet et surtout son tibia la faisaient encore souffrir. Oh, bien sûr, bien moins que lorsqu'elle était revenue sur la cité, mais tout de même.
Comme s'il lisait dans ses pensées, Carson sourit en l'installant sur le lit.

« Ecoutez, je sais que c'est dur pour vous de rester cloîtrer dans une pièce sans moyen de sortir et sans rien à faire. Mais vous devez vous reposer. Vos membres doivent se remettre avant que vous n'entamiez votre rééducation.
- Quand pourrais-je la commencer ? »

Le médecin leva les yeux au ciel devant l'impatience de sa patiente.

« Dans une bonne semaine. Vous cicatrisez bien, mais je ne veux prendre aucun risque, et surtout pas avec vous ! »

Elizabeth baissa la tête. Le médecin, lui, sentit le rouge lui monter aux joues.

« Bon euh… je reviens,,, j'ai… »

Il émit un petit rire nerveux.

« Quelle tête en l'air, j'ai oublié mon scalpel dans l'autre salle. A moins que ça ne soit en vous la dernière fois que vous ai opéré, Il faudra que je vérifie. »

Elizabeth leva vivement la tête, surprise par l'humour plus que douteux de son ami. Lequel ami, blanc comme un linge devant l'énormité de ses propos, s'enfuit plus qu'il ne sortit de l'infirmerie.

La surprise passée, la dirigeante sourit avant de s'installer confortablement dans le lit et de fermer les yeux. Le sommeil la gagna en un rien de temps. Mais sa quiétude fut de courte durée. Bientôt une ombre se dessina et elle ne distingua qu'une seule chose. Un sourire. Un sourire cruel…

Elizabeth était tétanisée. Ce sourire… Cet affreux sourire… Planté au milieu d'un visage aux contours flous. Visage qui flottait dans le vide et s'amusait à tournoyer autour d'elle… Elle avait prié pour ne jamais le revoir. Mais il était là… il la menaçait de nouveau. Alors elle ferma les yeux et se prit la tête dans ses mains.

« Allez-vous en !!
- Elizabeth… tu vas souffrir…
- Partez !!!!!!!
- Elizabeth… tu vas mourir… »

La jeune femme battit rageusement l'air des mains.

« Laissez-moi tranquille !! »

Le visage disparut dans la brume. Elizabeth n'entendit plus aucune voix. Les battements de son cœur reprirent un rythme normal mais c'est néanmoins avec angoisse qu'elle ouvrit les yeux. Mais rien. Elle regarda de toute part…Le noir s'éclairait par touches et au bout de quelques secondes, des murs apparurent, puis un toit… Il lui semblait être dans un entrepôt. Il lui semblait connaître cet entrepôt. Oui, elle le reconnaissait. Son sang se glaça. Ce bâtiment, ses geôliers. Son cœur s'emballa de nouveau. Elle se retourna pour chercher une sortie quelconque mais se retrouva nez à nez avec un homme. Un homme qui la terrorisait depuis presque trois ans… Kolya.

« Oh non... »

Elle fit volte face et voulut s'enfuir mais le Genii la rattrapa par le bras.

« Allons, allons Docteur Weir, restez avec nous. La fête vient juste de commencer. »

Dans un geste de désespoir, la jeune femme tenta de mettre une gifle à son assaillant, mais il stoppa aisément son poignet avant de lui asséner à son tour un coup, mais cette fois un coup de poing dans la mâchoire. Elizabeth tomba à terre. Lorsqu'elle se releva, sa lèvre était coupée à la commissure droite et le souffle lui manquait. Ses yeux paniqués, presque fous, cherchaient la sortie. Mais où qu'elle regarde : nulle porte, nulle échappatoire. Elle était prise au piège. Et pendant ce temps, Kolya avançait inexorablement vers elle, avec ce sourire carnassier et cruel suspendu aux lèvres.
Elizabeth tenta le tout pour le tout. Elle voulut contourner le Genii par la droite mais elle se sentit immédiatement retenue et projetée violemment en arrière.

L'instant d'après, elle se retrouvait ligotée sur une chaise. Son regard cherchait plus frénétiquement que jamais un moyen de s'enfuir, une lueur à laquelle se raccrocher. Parce qu'elle savait pertinemment ce qui l'attendait.

« Elizabeth, calmez-vous. C'est de l'aide que vous cherchez ? Mais personne ne viendra, vous le savez bien… »

Sa voix était douce. D'une douceur inquiétante. Cette douceur, ce calme avant la tempête. La tempête…Ces horribles heures qu'elle avait passées avec lui sous ces trombes d'eau…
Le décors changea brusquement ! Elle étaitt dehors, une pluie torrentielle déferlait sur elle alors que Kolya et deux de ses sbires, qui se tenaient pourtant avec elle, sur cette passerelle, à seulement quelques centimètres, n'étaient même pas mouillés.

« Que voulez-vous ? cria-t-elle
- Devinez cher Docteur, répondit Kolya sans la quitter des yeux.
« La cité ? »

Il secoua la tête.

« Les coordonnées de la Terre ? »

Nouvelle dénégation.

« Les adresses de nos mondes alliés ?
- Non Elizabeth, non… »

Le Genii était maintenant penché vers elle, à quelques centimètres de son visage. Devant le regard d'incompréhension de la jeune femme, il lui sourit pour lui susurrer :

« Mais votre vie, tout simplement. »

Elle entendit ce murmure malgré la tempête, comme s'il n'y avait plus que ce son. Le sang de la dirigeante se glaça. Le Genii reprit, sur le même ton :

« Il ne reste plus que vous.
- Quoi ?
- J'ai déjà eu sa vie… »

Kolya dégagea une partie du champs de vision d'Elizabeth et elle put voir un corps, ligoté à une chaise tout comme elle… Rodney… une balle dans le cœur.

« Oh non mon dieu !
- Oh mais il n'est pas parti seul. »

Une nouvelle chaise apparut, comme sortie de nulle part. Carson, une balle dans la gorge… la plaie béante au niveau de la pomme d'Adam.
Elizabeth sentit la nausée la prendre. Les larmes lui brouillèrent la vue.

« Non… mon dieu… vous êtes un monstre !!
- Ne me complimentez pas tout de suite. Attendez de voir le clou du spectacle. »

Le cœur de la jeune femme s'emballa.

« Non… pitié non… pas lui… je vous en supplie ! »

Kolya claqua des doigts et John apparut, vivant. Deux gardes le tenaient fermement. Lui se débattait.

« Elizabeth ! »

Un faible sourire de soulagement apparut sur le visage de la jeune femme.

« John, vous êtes…
- Mort, acheva Kolya. »

Le Genii pointa John de son arme et l'abattit d'une balle en pleine tête. Les deux gardes le lâchèrent et le corps du militaire s'effondra sur le sol trempé. Elizabeth ouvrit les yeux d'horreur et aucun son ne sortit de sa bouche. L'eau ruissela sur le corps, le lavant du sang qui le recouvrait pour lentement le faire s'écouler aux pieds de la jeune femme.
Elizabeth avait le souffle coupé. Ses oreilles bourdonnaient. Ses yeux se brouillaient. Elle était paralysée, ne pouvait plus parler.

" Oh non Elizabeth… Ne pleurez pas. Vous allez le rejoindre. »

La dirigeante lui lança un regard noir. Elle tenta de se débattre de ses liens.

« Je vais vous tuer !!
- Ah non. J'ai demandé le premier. »

Son sourire doucereux fit subitement place à un rictus de mépris. Son regard était froid, cruel. Et c'est d'un ton dur qu'il prononça :

« Tuez-la ! »

Ses deux gardes avancèrent, armes pointées vers elle. Kolya sourit de nouveau.

« Lentement. »

Les Geniis se regardèrent et échangèrent un sourire sadique avant de ranger leurs armes.
Elizabeth voulut se lever mais un coup s'abattit sur sa joue lui faisant brusquement baisser la tête. Son regard se posa alors sur le corps de John. Un autre coup s'abattit. Et encore un. Chaque coup lui arrachait un bout de chair. Mais le sang était vite lavé grâce à l'eau. Au quatrième coup, cette fois dans les côtes, elle ne put empêcher un cri de s'échapper. Les poings, et bientôt les pieds, pleuvaient sur elle, encore plus drus que les gouttes d'eau. Elle hurlait de douleur. Encore et encore… Elle souffrait le martyre. Puis…
Puis une main la secoua avec force.
« Pitié, achevez-moi… »

« Elizabeth…
- Achevez-moi… »

TBC…