Hey !
Tout d'abord : Bonne Année ! Et bonne santé, tout plein de bonheur et tout ce qui va avec ! :D
Et ensuite... Bon alors je sens que je vais me faire passer à tabac mais... Me revoilà ! Après trèèès longtemps, malheureusement. J'espère que vous m'en voulez pas trop... Pour le coup j'ai pas vraiment d'explication c'était juste que je n'avais plus l'envie d'écrire... Mais voilà, c'est revenu, ne vous en faites pas ! Et prenez ce chapitre comme un cadeau de Noël (en retard) et un bon commencement pour l'année 2016 concernant Magui. D'ailleurs, une de mes résolutions pour cette année est de finir cette fic' ! J'espère que je pourrai la tenir...
Bref, concernant les reviews, d'habitude je réponds toujours à ceux qui ont un profil mais puisque certaines datent de longtemps... J'ai préféré tout regroupé plus bas (donc si vous ne voulez pas les lire, vous pouvez passer directement au chapitre).
Voilà, c'était tout !
Bonne lecture,
Leaule.
OoOoOoOoO
Guest : Contente de voir que tu attendais ça avec impatience ! Oui, c'est vrai que le précédent n'était pas très joyeux mais comme tu dis, ça change. Tu vas enfin savoir qui a empoisonné Magui ! Tu me diras si tu étais sur la bonne personne mais je ne pense pas ;) Merci, du courage, j'en ai eu besoin ! À bientôt j'espère !
darling-plumedelicorne : Merci beaucoup pour ta review, elle m'a fait très plaisir ! C'est vrai que les persos font un peu n'importe quoi mais c'est sûrement ça qui rend la fic' plus vivante (parce que Magui sans les autres ce ne serait sûrement pas pareil). Haha, je te laisse tout le plaisir de découvrir ça ;) Merci, et ne t'inquiètes pas, je compte bien finir cette fic' ! Au plaisir de te revoir :D
keloush : Merci ! :D
Eclya : Ne t'inquiètes pas, le retard je le connais parfaitement ! Aaah, cette phase si délicate... Honnêtement, tu peux franchir le cap, je pense que tu ne perds rien ;) Que de compliments (encore) ! Ça me fait vraiment plaisir de savoir que ma fic' te plaît autant :D Je vois que cette fois, tu parles de James ! Bon, c'est vrai que si tu voulais faire une review avec tous les persos dedans... Ça aurait été long x) James a beaucoup de succés, dis donc ! Bon en même temps, c'est un peu le "comique" de la bande... L'enquiquineur aussi... Un peu bête... Bref, le vrai prince charmant ;) J'imagine bien que tu dois être contente pour Scorpius et Rose... Même si pour l'instant rien n'est fait et j'avoue que moi aussi j'ai hâte de me pencher plus dessus !
Comme je l'avais dit, j'ai écrit ce chapitre alors que j'étais un peu dans une phase "dépressive", enfin, ce mot est exagéré mais on comprend un peu l'idée. Au début, j'avais un peu peur de le poster parce que je trouvais que ça ne correspondait pas du tout à l'univers de Magui qui est beaucoup plus joyeux et bon enfant. Mais finalement, je ne regrette pas ! :D J'espère que la suite te plaira tout autant ! Bisous ;)
Xata : Oui, oui, il y a une suite ne t'inquiètes pas ! Un peu longue à venir mais elle est là ;)
Zou : Merci, voilà la suite, j'espère qu'elle te plaira :D
Guest : Haha, contente de voir que ça t'a plu tout de suite ! Je crois que les reviews suivantes sont de toi (si ce n'est pas le cas, désolée ^^') donc je réponds là. Alors, oui, ce n'est peut-être pas qu'une impression... Il y a eu un moment où je lisais énormément de mangas (j'en lis toujours, mais moins), alors peut-être que ça se ressent dans l'écriture ;) Et donc, voilà la suite ! J'espère qu'elle te plaira :D
- Magui ? appelait Sunny d'une voix douce, Magui ?
Margareth se tourna sur le côté pour échapper à sa meilleure amie qui tentait de la sortir du pays des songes. Franchement, il n'y avait pas plus cruelle comme torture ! Quoique, vu les rêves qu'elle faisait, il valait peut-être mieux qu'elle en sorte... Rose en citrouille, vraiment ?
Elle papillonna des yeux pour voir le sourire attendri de Sunny et ramena un bras excessivement lourd sur sa tête pour se protéger des rayons du soleil qui essayaient de la rendre aveugle.
- J'ai fait un de ces rêves bizarres ! marmonna-t-elle en enfouissant sa tête dans l'oreiller.
Du moins, c'est ce qu'elle voulut faire avant d'entendre un drôle de gargouillement sortir de sa gorge.
- Magui, allez réveille-toi, l'infirmière a dit que tu devais te réveiller aujourd'hui et tu as raté assez de cours comme ça, dit Rose (que Margareth aperçut entre deux papillonnements).
L'infirmière ? Et qu'est-ce que la rousse faisait là ? D'habitude elle se levait bien après elle...
Margareth ouvrit péniblement les yeux. Elle eut droit au visage larmoyant de Lily en premier plan.
- MAAAAAGUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII, cria-t-elle en se jetant à son cou. J'ai eu tellement peur !
- Lily ? croassa-t-elle.
Sa voix lui semblait étrangement étouffée.
- Je suis tellement, tellement, tellement désolééée !
- Arrête de geindre, grommela Eloïse en la poussant avant de se tourner vers Margareth, tu te sens mieux ?
- Moui, fit l'alitée, mais je ne me rappelle pas m'être sentie mal...
Elle remarqua ensuite qu'elle était à l'infirmerie. Ce qui coïncidait avec le fait que Rose ait parlé de l'infirmière. Mais qu'est-ce qu'elle fichait à l'infirmerie ? Oh non, ne lui dites pas qu'elle était encore là à cause d'une histoire à dormir debout, par pitié...
- Miss Thompson, vous êtes réveillée, s'écria l'infirmière en apparaissant de derrière Violette qui était restée silencieuse (si bien que Margareth ne l'avait pas vu jusqu'à ce moment), avec un sourire. Comment vous sentez-vous ?
- Heu... Bien, merci.
Est-ce qu'elle avait été malade ? Elle s'était évanouie ? Bon sang, elle ne se rappelait de rien...
- Je vais vous examiner, dit l'infirmière en poussant Lily et Eloïse.
Sunny et Rose eurent l'intelligence de fermer les rideaux autour d'une Violette qui pinçait les lèvres sans dire un seul mot.
- Bien, j'ai identifié votre problème, dit Madame Pomfresh en l'examinant de sa baguette. Vous êtes allergique aux yeux de scarabées.
Margareth s'arrêta un moment. Quoi ?!
- Il y en avait dans la potion d'Hagrid et dans celle que vous avez ingurgité par erreur, vous vous en souvenez ?
Non, elle ne se souvenait de rien. D'ailleurs, elle ne s'était pas disputée avec Lily ?
- Miss Thompson, faites un effort ! Votre amie, Rose Weasley, est venue me voir pour me dire qu'elle avait trouvé cette bouteille vide sous votre lit. On a ensuite compris que c'était le devoir que votre professeur de Potions vous avez demandé de faire pendant les vacances ! Vous l'avez confondu avec une bouteille d'eau, vous vous rappelez ?
Margareth chercha. Après sa dispute avec Lily (elle s'était bel et bien disputée avec elle), elle était tout de suite remonté dans sa chambre. Elle se rappela qu'il y avait une boule dans sa gorge qui la gênait atrocement (à cause de sa dispute donc) et elle avait attrapé sa bouteille d'eau et... Et lui avait trouvé un goût bizarre.
- Vous avez eu de la chance que cette potion ne soit pas dangereuse ! C'était un anesthésiant, lui apprit la femme. La prochaine fois, choisissez un autre récipient plutôt qu'une bouteille d'eau.
Margareth sentit ses joues chauffer. Bon sang, qu'elle idiote. Le professeur Malefoy le lui avait bien rappelé d'ailleurs en lui collant un P parce qu'elle ne l'avait pas mis dans le bon récipient. La vérité était qu'elle avait complètement oublié les fioles alors la seule chose qu'elle avait trouvé était une bouteille d'eau. Et voilà où elle en était.
- Et, hum, est-ce qu'il y a des effets secondaires ? demanda-t-elle en jetant un coup d'oeil à Violette et son mutisme.
Parce qu'en effet secondaire, elle s'y connaissait. L'infirmière fouilla dans sa poche pour en sortir une petite fiole contenant un liquide jaunâtre qu'elle versa sur ses doigts avant de l'étaler sur les joues de Margareth.
- Contrairement à la dernière fois, où les effets de votre allergie vous ont fait pousser des "excroissances", eh bien, il semblerait que vous ayez eu des hallucinations, quelques douleurs pulmonaires ainsi que les traits "normaux" d'une allergie comme le gonflement des yeux et des plaques. Vous n'avez pas vraiment éternué mais vous vous êtes beaucoup grattée cette nuit et votre gorge a enflé.
Oh. Et c'était tout ? Tant qu'elle n'avait pas d'oreilles de chat et de queue.
- Je vous ai appliqué une sorte de minerve pour vous empêcher de vous gratter quand votre gorge a cessé d'enfler, mais vous risquez de porter quelques marques dans les prochains jours, continua l'infirmière en retirant le bandage autour de son cou.
Elle le posa et appliqua de la potion jaune. Ses avants bras y passèrent et Margareth remarqua avec un léger froncement de sourcils que de grandes traces de griffures s'y étendaient. Elle avait dû se gratter très fort tout de même.
L'infirmière la rassura en voyant son regard un peu choqué et lui apprit qu'elle pourrait sortir le jour suivant. Elle la gardait en observation aujourd'hui pour s'assurer que son état n'empirerait pas. Puis elle partit après avoir averti les filles l'entourant de ne pas faire de bruit.
- Maguiiiiii ! hurla Lily en se ruant sur elle dès que l'infirmière eut refermé le rideau. Si tu savais comme tu m'as fait peuuuuur !
Margareth hésita à lui rendre son étreinte mais finit par craquer et passer ses bras dans le dos de la rousse.
- Magui, continua Lily en se pendant à son cou, tu m'en veux toujours ?
Margareth la fixa un moment. Est-ce qu'elle lui en voulait ? Oui, un peu. Est-ce qu'elle pouvait résister à cette moue adorable ? Non, pas du tout.
- Je te pardonne, sourit Margareth d'un air las.
- Ouiiii ! cria Lily.
-Tu as eu de la chance, coupa Eloïse, heureusement que ce n'était qu'un anesthésiant. Imagine, si ç'avait été autre chose !
- Je n'imagine pas non...
Rose poussa un soupir avant de s'affaler sur une chaise. Sunny s'assit sur le lit avec un pinça encore les lèvres et ne prononça toujours pas un mot. Margareth se sentit affreusement gênée et son silence s'étendit aux autres filles. Silence pendant lequel Lily en profita pour monter sur l'autre côté du lit et se lover contre elle. Margareth se retint de soupirer en se rappelant l'attitude de la rousse quelques heures avant son malencontreux "accident". Cette petite était sacrément lunatique tout de même.
- Tu as fait passer une nuit affreuse à tout le monde tu sais ? dit finalement Sunny en balançant sa tête sur le côté.
- Comment ça ?
- On a mis du temps à comprendre ce qu'il t'arrivait et quand on l'a finalement compris ça faisait déjà deux heures que tu avais pris l'anesthésiant. D'après l'infirmière tu es une vraie bombe à retardement.
Lily acquiesça en posant sa tête contre celle de Margareth.
- Quand on s'en est rendu compte c'est comme si on avait enclenché le détonateur, continua Eloïse, tout s'est accéléré et tu t'es mise à crier comme une folle !
- On ne savait pas ce que tu voyais mais Yana te terrifiait, tout comme Yoshura, expliqua Rose.
Margareth se rappela vaguement d'un rat géant et d'une fille effrayante comme dans les films d'horreur. Un frisson lui parcourut l'échine en se rappelant ces détails et elle adressa un sourire désolé à Rose.
- Tu t'es effondrée dans les bras de James, inconsciente, et c'est là qu'on a aussi remarqué que ta gorge avait doublé de volume et que tu respirais très mal. Heureusement, James a eu vite fait de t'emmener à l'infirmerie et tu as été prise en charge très vite, termina Sunny.
- On aurait pu limiter les dégâts si on l'avait vu tout de suite, grommela Eloïse, en colère contre elle-même visiblement.
- Ce n'est pas de votre faute... soupira Margareth.
C'était juste elle qui s'était empoisonnée d'elle-même. Deux fois en plus ! Mais quelle idiote ! Certains jours elle aimerait tellement se coller des baffes ! D'ailleurs si elle était toute seule, elle l'aurait sûrement fait !
Mais attendez... Limiter les dégâts ?
- Comment ça "limiter les dégâts" ? s'enquit-elle.
Violette, qui jusque là était horriblement silencieuse, ouvrit la bouche.
- Tu as une tête affreuse, lâcha-t-elle d'un ton empressé.
Heu... Comment était-elle censée le prendre ? Au vu des regards noirs que jetèrent les quatre autres à la blonde : mal. Très, très, mal.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda-t-elle sans savoir si elle voulait vraiment que la Gryffondore réponde à cette question.
- Je veux dire que tu es gonflée de partout...
Eloïse lança un regard qui voulait clairement dire "tu te tais ou c'est toi qui sera gonflée de partout" et Margareth ne s'en sentit que plus mal. Les filles lui cachaient quelque chose qu'elle n'était pas vraiment sûre d'apprécier et qui était (encore une fois) en rapport avec son physique. Et si Violette était muselée (elle qui était siiii franche) ce devait être sacrément laid...
- Mais gonflée comment ? paniqua-t-elle.
Rose, Sunny et Eloïse échangèrent un regard qui se dirigea ensuite furieusement vers Violette qui se mura dans le silence.
- Je peux te montrer si tu veux, intervint Lily, j'ai un miroir dans mon sac pour le cours de Défense contre les forces du Mal.
Margareth n'eut pas le temps de refuser ou d'acquiescer que la rousse se laissait tomber en bas du lit et se lançait dans une looongue explication concernant sa possession d'un miroir, à savoir que le professeur de DCFM leur avait demandé d'en emmener un de poche afin de se débarrasser d'une bête qui ne supportait pas de voir son propre reflet. Margareth songea qu'en son temps (qui n'était pas si ancien que ça) elle n'avait jamais fait ce genre de chose en cours... Lily, ignorant ses pensées, lui colla le miroir dans les mains et elle hésita un moment avant de jeter un coup d'oeil dedans. Et elle eut bien raison au vu du résultat.
Elle avait les yeux encore gonflés, humides et rouges, tout comme le reste de son visage. Elle avait notamment une grosse plaque qu'elle avait drôlement dû gratter à en juger par la croûte marron qui s'étendait sur sa joue. Sans compter les traces sur sa gorge qu'elle sentait légèrement enserrée et qu'elle trouva encore gonflée et striée de griffures. Non, vraiment, elle avait drôlement dû se gratter...
Les filles assassinèrent encore plus Violette du regard en voyant la tête dépitée de la malade et la blonde grommela qu'au moins Margareth était au courant maintenant, tout en croisant les bras d'un air boudeur.
- On a bien cru que tu allais t'égorger, l'infirmière a dû te jeter le sort de stupéfixion pour te calmer, soupira Eloïse.
- Mmh... Tu as eu beaucoup de chance d'après elle, marmonna Lily.
Sous-entendu : tu aurais pu mourir.
Margareth prit une grande inspiration (douloureuse) avant de se laisser tomber contre son oreiller. À ce moment-là, la sonnerie retentit bruyamment arrachant des soupirs las aux quatre cinquième année.
- Bon, on te laisse, on a cours de Potions, s'excusa Rose.
Eloïse approuva d'un air dégoûté et Violette marmonna dans sa barbe inexistante.
- Moi je reste ! clama Lily d'un ton enjoué avant de se rasseoir sur le lit.
Les trois filles les saluèrent, promettant de repasser avant la fin de la journée, puis finirent par partir. Sunny lui embrassa la joue avec un sourire avant de suivre les autres.
Lily planta ses yeux dans les siens au moment où son amie refermait sagement le rideau derrière elle et ouvrit la bouche avec un air de petit chat mouillé.
- BORDEL MAGUI ! hurla quelqu'un en rouvrant brusquement les rideaux.
Margareth se tourna vers l'intrus (s'attendant, comme tout le monde, à trouver un Gryffondor à la crinière ébouriffée) et retint un long soupir.
- Qu'est-ce que tu as à crier Roméo ?
Celui-ci haussa un sourcil en voyant Lily pratiquement sur les genoux de Margareth.
- Eh bien, je vérifiais que tu ne te sois pas rendormie, dit celui-ci avec un sourire XXL.
Il s'assit au bout de son lit, dos à dos avec Lily qui préféra descendre et se mettre dans un coin opposé à celui du Serdaigle. Le brun, nullement gêné par ce brusque changement de position, lui adressa un grand sourire de psychopathe. Décidément, il en traumatisait du monde...
- Si c'était le cas, tu ne pourrais pas afficher ce grand sourire à l'heure actuelle, remarqua Margareth en se rappuyant contre son oreiller.
- Que de menace pour un si petit corps, ricana le Serdaigle.
Ils se regardèrent un instant et Margareth comprit pourquoi il était aussi insupportable. Lily le gênait, visiblement.
- Lily, j'ai un peu soif, est-ce que tu peux aller me chercher à boire ? quémanda-t-elle avec un sourire gentil.
La rousse hocha rapidement la tête, comprenant l'intention.
- Et à manger, petite puce, ajouta Roméo avec un clin d'oeil.
La puce, partit presque en courant, non sans adresser un regard noir au jeune homme avant de déguerpir.
- Tu lui fais peur, soupira Margareth.
- Tant mieux, c'est le but, grogna-t-il.
Elle haussa un sourcil, se demandant pourquoi ce soudain changement d'humeur. Le brun lui adressa un regard agacé en retour.
- Magui, cette fille t'a humiliée devant tout le monde et toi tu lui pardonnes gentiment ! s'exclama Roméo d'un air outré.
Nous y voilà !
- Oh, c'est bon, je pense que je lui ai bien rendu la monnaie de sa pièce, souffla-t-elle en croisant les bras.
- Non, tu ne comprends pas, elle t'en a fait baver pendant des mois et tu lui pardonnes à la moindre petite larme ! Elle te mène par le bout du nez !
Oui, elle le savait. Mais qui ne la menait pas par le bout du nez dans cette école ?
- Et alors ? Ça ne te regarde pas, à ce que je sache...
- Magui, c'est pour toi que je dis ça !
Elle leva les yeux au ciel.
- Roméo, c'est gentil de t'inquiéter mais je t'assure que je sais y faire avec Lily alors..
- La preuve, coupa-t-il, c'est de sa faute si tu es là aujourd'hui.
Margareth s'apprêtait à répliquer mais s'interrompit.
- Comment ça ?
- Si vous ne vous étiez pas engueulées comme deux mégères, tu n'aurais pas bu cette bouteille et tu ne serais pas là !
- Roméo... soupira-t-elle.
Il y eut un bruit de porte qui s'ouvre plutôt violemment, la voix de l'infirmière qui ordonna à ce que les "braillards" sortent et le rideau qui s'écarta pour montrer un groupe d'élèves aux couleurs de Serdaigle qui cherchait visiblement quelqu'un.
- Ah t'es là ! s'écria un des garçons en direction de Roméo. T'as pas oublié qu'on doit aller voir Flitwick aujourd'hui ?
- Ah... si, soupira Roméo en se levant.
- Rooh, Romy, on te l'a pas assez dit, sérieux ? rouspéta une fille.
- C'est bon, je suis là, j'y vais, fit-il avec son faux-sourire de nouveau en place.
- Mmh... fit la fille en détournant les yeux du visage angélique qui lui faisait face.
Il avait quand même une manière exceptionnelle de manipuler les gens !
- Bon Magui, cette conversation n'est pas terminée ! fit celui-ci en se retournant. Et promets-moi de ne pas te laisser faire !
- Oui, ne t'en fais pas, répondit-elle en souriant.
Il finit par partir, au grand soulagement de Madame Pomfresh et de Margareth. Et ce n'est que quand Lily referma les rideaux qu'elle remarqua que la petite rousse était revenue.
- Tiens, ton eau, fit-elle en lui tendant un pichet et un verre avant de s'asseoir sur la chaise qu'avait occupé Rose.
Margareth prit le tout avec un léger merci, sa conversation avec Roméo lui revenant en mémoire. C'était vrai que Lily abusait peut-être un peu de sa gentillesse mais qui ne le faisait pas ? Ils passaient tous leur temps à se ficher de sa pomme ou à l'entraîner dans des histoires qu'elle ne comprenait qu'à moitié et qui finissait toujours par lui retomber dessus... Mais en même temps, sans eux, ce serait d'un ennui ! Et ils étaient tous si... présents quand elle avait besoin d'eux. Parfois trop, mais ce n'était pas plus mal. Elle les aimait tellement ses amis complètement barges qui la faisaient rire, pleurer, se mettre en colère ou se sentir aussi tarée qu'eux.
Elle était donc en train de sourire bêtement tout en buvant le liquide frais, juste comme il fallait, qui lui fit un bien fou quand Lily se racla la gorge. La petite rousse avait une expression gênée et un peu triste aussi. Allons bon, qu'est-ce qu'il y avait encore ?
- J'ai, hem, entendu ce que Roméo t'a dit... soupira la Gryffondore après un moment.
- Oh, fut tout ce que put faire Margareth.
Il ne manquait plus que ça, évidemment.
- Lily, tu...
- Magui, je suis vraiment désolée, coupa la plus jeune. Je sais que j'ai fait n'importe quoi et que j'avais l'air d'une gamine insupportable et je...
Lily s'arrêta et poussa un long soupir avant de se lever et de s'asseoir sur le lit de Margareth.
- En fait, au début, je te trouvais horriblement ennuyante et tellement hypocrite. Tu étais toujours là, à écouter tout le monde et à sourire comme une idiote à mon frère. Je pensais juste que tu voulais sortir avec lui parce qu'il était connu et tout mais...
Il y eut une petite pause et Lily commença à faire des noeuds avec ses cheveux.
- Je te détestais tellement et je voyais Albus qui était en train de tomber raide dingue de toi et moi je pouvais rien faire ! Alors j'ai fait comme tout le monde et j'ai essayé d'être ton amie puis je me suis rendue compte que je t'aimais vraiment bien... T'es quelqu'un de plutôt facile à vivre et de vraiment gentil. J'ai vu comment tu étais avec Albus et comment tu le regardais et j'ai compris que vous deux c'était... évident. Et je crois que je te détestais encore plus. Alors à chaque fois qu'il y avait la moindre petite embrouille j'ai tout fait pour qu'il te déteste, que tu me détestes et que vous ne vous parliez plus mais plus je faisais et plus vous étiez attirés comme deux aimants l'un vers l'autre ! Et quand j'ai appris que tu lui avais dit non alors que tout le monde était persuadé que tu dirais le contraire... J'ai craqué et j'ai fait n'importe quoi...
Lily renifla et s'essuya le nez du revers de la main.
- Je suis désolée Magui, renifla-t-elle, tu dois me prendre pour une gamine...
- Non, non, bien sûr que non, tenta Margareth ne sachant pas quoi dire d'autre.
Elle se rendait petit à petit compte que la rousse avait juste peur qu'elle lui vole son frère... Et qu'elle prenne sa place auprès de James et Albus. Mais comment pouvait-elle lui expliquer qu'elle ne pourrait jamais "prendre sa place" ?
- Lily je... Albus et James t'aiment très fort tu le sais ? Ils ne te remplaceront jamais et encore moins par moi ! On est très différentes et, enfin, tu es leur soeur quoi ! s'embrouilla-t-elle toute seule.
Il y eut un petit silence où Margareth se sentit dépassée par les événements. Ça lui faisait de la peine que la rousse pense ça d'elle et, en même temps, elle était contente qu'elle se soit confiée.
- Moi non plus, je ne t'aimais pas trop au début, avoua Margareth. Je te trouvais bien trop changeante et tu te mêlais toujours de ce qui ne te regardais pas mais... j'ai appris à t'apprécier et à supporter tes "crises". Tu as été là quand je doutais et tu m'as aussi réconfortée, à ta manière. Bien sûr, il y a aussi certains moments où tu méritais d'être suspendue au plafond par les pieds mais maintenant je comprends pourquoi et je te pardonne. Je pense qu'on est parties sur de mauvaises bases toutes les deux, que dirais-tu de toute recommencer ?
Lily plongea ses yeux dans les siens avec l'air d'avoir vu Dieu en personne et eut un sourire débordant de reconnaissance. Oula, elle ne pensait pas lui faire cet effet quand même...
- Magui, je t'adore ! s'écria la rousse en se ruant sur elle pour une pause câlin.
Margareth se laissa faire et elles restèrent un moment comme ça, juste en train de se câliner. Jusqu'à ce que la sonnerie retentisse et que la rousse soit obligée de partir. Elle ne reçut pas d'autres visites après ça et Margareth en fut plutôt contente. Elle pouvait enfin remettre ses idées en place !
oooooo
- Miss Thompson, réveillez-vous ! s'écria la voix de Pomfresh et elle émergea difficilement.
- Quelle heure est-il ? marmonna-t-elle.
- L'heure de prendre votre repas et vos médicaments ! Je vous aurais bien laissé dormir mais je vous ai déjà permis de vous reposer à midi et il faut tout de même que vous mangiez.
Si ce n'était que ça, alors. Elle se laissa encore gentiment faire et la femme lui sourit devant sa docilité. C'était certainement l'une des patientes les plus sages qu'elle n'eut jamais eu ! Et elle put l'entendre soupirer "Aaah, si ses amis pouvaient tous être comme elle" quand la porte s'ouvrit dans un fracas avant qu'un brouhaha n'envahisse la pièce.
- Je vais devoir vous mettre dehors si vous continuez à piailler ainsi ! s'écria l'infirmière. Et vous êtes beaucoup trop, il est hors de question qu'autant d'élèves stagnent dans mon infirmerie !
- Madame, s'il-vous-plaît, nous serons sages ! supplia presque James.
- J'ai dit non !
- Mais...
- Dépêchez-vous de choisir qui passera en premier ou je vous mets tous dehors !
- Moi !
- Alors là, tu rêves, Potter !
- Quoi ?! Vivi, tu vas me faire le plaisir de me laisser passer !
Il y eut un bruit d'altercation et James et Virginia entrèrent presque en se battant dans son espace vital. Et quand elle disait son espace vital, elle parlait de son lit, sur lequel roulait actuellement les deux idiots. Heureusement qu'elle avait eu la bonne idée de se lever histoire de se dégourdir les jambes.
- Vivi va me faire le plaisir de lâcher mon idiot de copain et ils vont tous les deux se dépêcher de s'excuser auprès de Magui, claqua la voix de Yana.
Virginia et James s'immobilisèrent et jaugèrent la petite brune du regard.
- Pardon, Magui, nous ne recommencerons pas, dirent-ils sagement avant de se séparer.
Yana les menait à la baguette, visiblement.
- Chut, faites moins de bruit, Molly est en train d'embrouiller l'infirmière, chuchota Lily en se cachant derrière les rideaux.
Eloïse, et Sunny entrèrent juste après et se planquèrent de l'autre côté des rideaux. Nathaniel et Caleigh furent les suivants et eux se cachèrent sous le lit.
- Vous voyez ! Nous ne serons pas nombreux ! s'écria Molly en ouvrant le rideau.
L'infirmière parut sceptique mais leva les yeux au ciel.
- Très bien mais je vous préviens, je ne veux pas un seul cri !
Et elle partit d'un pas furieux et s'enferma dans son bureau. Pourquoi avait-elle cédé si c'était pour avoir l'air aussi en colère ? Il y avait des fois où la logique des adultes lui échappait...
- Et voilà comment on embrouille une sorcière, les enfants, chantonna Molly, suivie par Dominique.
Margareth leva les yeux au ciel et choisit de ne pas s'asseoir sur le lit où le cousin de ces dernières avait élu domicile.
- Heyyyy, comment tu vas Magui-chérie ? s'exclama le voleur de lit en question.
- J'AI DIT PAS UN SEUL CRI ! hurla l'infirmière.
- Excusez-nous Madame ! répondit Molly tandis que Yana donnait un coup sur la tête de son petit-ami.
Il y eut un nouveau silence.
- Je vais bien, James, dit finalement Margareth en secouant la tête.
- Alors c'est parfait ! dit joyeusement Virginia.
- Tu nous a fait peur tu sais ? soupira Yana.
- Oh que oui, approuva Eloïse.
- Ma petite Maguiii, dit Caleigh en la serrant contre elle. Tu n'es pas trop marquée, je m'attendais à pire !
- Rose et Violette ont un devoir à rendre en études des Moldus, intervint Sunny, alors elles n'ont pas pu venir.
Margareth hocha la tête, légèrement débordée.
Lily lui adressa un sourire resplendissant de sa place et elle le lui rendit, malgré la Poufsouffle qui observait sa joue d'un oeil expert.
- Bon, ça partira au bout de quelques jours mais ne t'amuses pas à la gratter, dit-elle d'un ton professionnel. Oh mon dieu, ça ce n'est pas très beau par contre ! ajouta-t-elle en observant son cou.
- Oui, je sais, soupira Margareth, la voix encore enrouée par le sommeil et par sa récente mésaventure.
- Ma chérie, tu as une tête affreuse ! dit finalement Virginia.
- On me l'a déjà dit, soupira la concernée.
- Elle vient de se réveiller, c'est normal ! grogna Yana.
- Mais et si Al' arrive ? s'exclama la blonde en croisant les bras.
- Eh bien il arrivera, soupira la Serpentarde.
- En parlant de lui, il est bien venu te voir ? demanda James.
- Heu...
- Il avait cours, remarqua Lily.
- Il était là ce matin, dit Sunny, il est resté jusqu'à neuf heures parce qu'il n'avait pas cours puis il est parti juste avant qu'elle se réveille.
- Au moment de l'examen médical, quoi, compléta Eloïse.
- Qu'il est gentleman ce garçon, ricana Virginia.
James eut un petit sourire aussi et Yana leva les yeux au ciel.
- Il n'est pas venu manger avec toi, s'enquit Caleigh ?
- Elle dormait à ce moment-là, intervint Lily.
- Décidément, tu ne fais que dormir quand il vient te voir, soupira Virginia.
- Il est quand même gentil d'être passé te voir, souleva la petite rousse, il avait un emploi du temps serré aujourd'hui.
- Oh, c'est vrai qu'il est ministre à ses heures perdues, railla James.
- Je ne parlais pas de ça, bouda la Gryffondore.
- Enfin, c'est quand même normal qu'il fasse tout pour voir sa petite amie à l'infirmerie, déclara finalement Nathaniel qui n'avait pas parlé jusque là.
Sa phrase fut accueillie avec un silence tellement long que Margareth se demanda un instant ce qu'il avait dit de si énorme pour recevoir ce traitement.
- Heu... non ? fit le Poufsouffle qui se demandait visiblement la même chose et qui commençait à devenir très certainement rouge face aux regards choqués qui lui étaient adressés.
- Attends, tu viens de dire quoi ? interrogea James d'un ton abasourdi, brisant enfin ce long silence.
- J'ai bien entendu, je suis pas la seule ? marmonna Molly.
- Rooo, quoi, vous ne l'aviez toujours pas compris ? râla Eloïse.
- Ils sont un peu simplets, soupira Yana.
- Parce que tu étais au courant ? s'écrièrent les deux autres.
- C'est tellement évident... remarqua Dominique.
- Excusez-moi mais de quoi vous parlez ? coupa Margareth.
Il y eut de nouveau un blanc.
- Alors là, on tombe dans le fin fond de la bêtise humaine, déclara Yana.
- Si elle ne l'a pas remarqué c'est que c'est vrai, non ? fit Lily d'une voix enjouée.
- Remarqué quoi ? s'agaça Margareth.
- Mais enfin, t'as pas entendu qu'il vient d'avouer à tout le monde que tu étais avec Albus ?! répondit Molly sur le ton de l'évidence.
Et le "stupide Gryffondore" sous-entendu était très évident aussi.
- Heu...
Attendez, quoi ?!
- Magui ! s'écria une voix reconnaissable entre toutes.
- Al, crie pas ! intervint Orlando. Imagine si elle dort ou si- Oh ! bonjour tout le monde ! Tu es enfin réveillée Magui ! Content que tu ailles mi-
- Magui, tu vas bien ?! coupa Albus.
- Je...
Elle sentit alors deux mains s'accrocher à ses épaules tandis que Lily se cachait derrière elle. La petite rousse avait les yeux plantés au sol d'un air penaud. Margareth passa de Lily à Albus et elle vit ce dernier fusiller la petite rousse du regard. Elle était sûre que si Lily avait eu le choix entre s'immoler ou rester face au regard meurtrier de son frère, la rousse aurait choisi la première option.
Albus s'avança vers elles, lâchant Lily des yeux pour capturer ceux de Margareth qui se sentit toute chose.
- Albus... souffla-t-elle hypnotisée et incapable de dire autre chose.
Ses yeux parcoururent le visage de la jeune fille et s'arrêtèrent sur sa gorge avant de remonter pour lui adresser un regard inquiet.
- Magui, je...
Il s'arrêta et soupira avant de passer une main dans ses cheveux. Elle remarqua alors le petit pendentif qui dépassait de sa manche et son coeur rata un battement pour se mettre à battre de manière chaotique.
Bon sang, il portait son bracelet ! Est-ce que ça voulait dire que...
Il s'approcha et effleura sa joue qui portait encore la marque de son allergie, la figeant dans son élan d'enthousiasme et court-circuitant son cerveau. Il posa sa main complètement à plat contre sa peau qui s'enflamma, englobant sa joue abîmée. Elle s'appuya contre lui, cherchant à approfondir le contact inconsciemment.
Tout ce qu'elle avait envie de faire était de se jeter sur le brun pour lui rouler le patin du siècle. Mais vu son état, d'un ce ne serait pas très hygiénique et de deux pas très décent vu qu'ils étaient entourés d'une bonne dizaine de personnes. Et elle avait juste envie de leur dire "au diable" et de faire ce qu'elle avait prévu. Puis s'ils n'avaient toujours pas compris après ce qu'avait dit Nat' et ce qu'il venait de se passer, elle ne pouvait plus rien faire pour eux !
- Heu... Désolée de vous interrompre mais je peux savoir ce que vous fichez ? intervint la voix implacable de James.
- Il me semble qu'ils étaient en train de se dévorer du regard sans oser dépasser le stade du regard, soupira Virginia, et toi tu interromps tout, comme d'habitude !
Margareth poussa un soupir.
- Vous savez quoi ? Je pense qu'on devrait y aller, dit Scorpius avec un gentil sourire. C'est vrai quoi, nous on a plein de devoirs..
- Hein ? s'écria Orlando. Mais on a déjà tout f-
- ...et je suis certain que vous aussi ! continua le blond après avoir terrassé son ami d'un coup de coude judicieusement placé.
- Oui, tout à fait ! s'écria Sunny.
- Maintenant que tu le dis... remarqua Eloïse avec une petite moue.
- Et vous je suis sûr que vous avez des tonnes de révisions, n'est-ce pas ? reprit le Serpentard en direction des septième année.
- Ah oui, beaucoup, fit Yana.
- Des toooooonnes ! renchérit Virginia.
- Ba... Pas moi, dit James en fronçant les sourcils.
- Si, tu en as plein ! grommela Yana.
- Mais... Non je t'assure...
- Eh bien tu vas en trouver parce que là on part de cette infirmerie pour réviser, d'accord ?
- Heu... Si tu le dis...
Elle lui attrapa ensuite le bras et le tira hors du lit en faisant un petit signe de tête vers Margareth. Cette dernière lui rendit son sourire, légèrement gênée par leur finesse.
- Et moi, qu'est-ce que tu vas me trouver ? provoqua Caleigh d'un ton agacé.
- Un soudain intérêt pour les révisions des septième année, intervint Virginia avec un joli sourire.
Elle attrapa ensuite la blonde par les hanches et la guida jusqu'à la sortie. Nathaniel haussa les épaules et, après avoir jeté un regard complice à Magui, finit par sortir.
- Bon, ba, je suppose que moi aussi j'ai quelques trucs à réviser ! s'écria Lily.
- Non, tu restes, coupa Albus en lui attrapant les épaules.
- Piou, merci pour tout, fit Margareth en se tournant vers le blond.
- De rien mais je veux juste que tu fasses attention à ces deux-là, marmonna-t-il.
- Oh, je ne pense pas que je risque grand chose...
- Tu te trompes, tu ne les as pas vu se disputer après la "discussion" que tu as eu avec Lily, confia-t-il en zieutant discrètement les deux autres qui s'affrontaient du regard. Ils se seraient battus si James n'était pas sorti de nulle part pour les calmer...
Margareth resta bouche-bée et le blond en profita pour s'éclipser discrètement, contrairement aux autres. Elle finit par se tourner pour voir Albus et Lily se tuer à coup de regard noir. Elle retint un soupir et s'assit sur son lit, faisant tourner deux têtes inquiètes vers elle.
- Tu es fatiguée ? demanda Lily. On peut te laisser si tu veux.
- N'essaie pas de te défiler, grogna Albus.
- Je ne me défile pas ! Je pense juste à sa santé si, de ton côté, tu t'en fiches.
- Oh et tu t'en préoccupais quand tu l'as jetée à terre pour l'insulter de tous les noms ?!
Lily pinça les lèvres, furieuse.
- Si c'est pour qu'on se hurle dessus, ça ne sert à rien, on l'a déjà fait. T'es vraiment borné !
Elle s'apprêta à partir sous le regard glacial d'Albus.
- Eh, on se calme, vous deux, intervint Margareth d'une voix douce.
En fait, elle ne pouvait tout simplement pas parler plus fort sans avoir l'impression que ses cordes vocales s'enflammaient joyeusement. Au moins, Lily s'arrêta.
- Mince, Magui, elle ne va pas s'en tirer comme ça ! s'exclama Albus du même ton outré que Roméo avait employé quelques heures plus tôt.
- Je n'ai jamais dit le contraire, remarqua-t-elle.
Cette phrase eut au moins le mérite de faire taire Albus.
- Lily, et si tu expliquais tout à Albus, mmh ? proposa-t-elle.
- Non, répondit sèchement la rousse.
- Et c'est moi qui suis borné ? grommela le brun.
- Al', s'il-te-plaît, soupira-t-elle.
Il se tut encore une fois.
- Lily, pourquoi tu ne lui dis pas ce que tu m'as dit ? retenta-t-elle.
- Parce qu'il ne m'écoutera pas.
- Et je fais quoi là ? Si c'est pour dire des conneries pareilles, je ferais mieux de ne pas t'écouter, rétorqua Albus.
- Al... prévint Margareth.
Il croisa les bras et s'appuya contre le mur d'un air boudeur.
- Lily, fais un effort et il en fera un de son côté, fit-elle d'un ton doux.
- Je...
La rousse se tut et pinça furieusement les lèvres avant de pivoter et de partir en courant.
- Lily attends ! s'exclama-t-elle.
Avant de tousser à en cracher ses poumons.
Sa gorge lui faisait de plus en plus mal à chaque quinte de toux. Ses poumons s'enflammèrent tandis que sa cage thoracique semblait se comprimer de plus en plus. Sans parler de ses cordes vocales qui étaient sûrement en train de tenter de s'échapper de sa gorge de la manière la plus douloureuse qui soit.
- Magui ? Tu vas bien ? s'inquiéta Albus.
Est-ce qu'elle avait l'air d'aller bien ? Évidemment, quelqu'un qui s'étouffe va absolument bien ! Mais qui lui avait fichu un crétin pareil ?! Et puis cette gorge qui lui faisait mal à en crever !
Le crétin en question se précipita sur le verre d'eau toujours posé sur la table avant de le remplir et de lui coller dans les mains. Elle manqua de le renverser au moins quatre fois puis le porta à ses lèvres. Margareth finit par se calmer, s'excusant mentalement auprès d'Albus, après avoir bu quelques verres. Eh bin, qu'est-ce que c'était que ça ?
- Tu vas mieux ? s'enquit le brun.
Elle hocha la tête, incapable de parler.
- Bon, heu, je vais te laisser alors, marmonna rapidement le brun, se sentant de trop.
Il commença à partir sans qu'elle ne puisse faire quoique ce soit.
- Reste, gémit-elle avec une voix ressemblant à celle d'un Yoda en fin de vie.
Avant de prendre une grande inspiration à la Dark Vador. Star Wars, quand tu nous tiens.
Albus fit demi-tour et s'assit à côté d'elle sur le lit.
- Désolé de t'avoir infligé ça, on aurait pas dû se disputer devant toi, s'excusa-t-il en passant une main dans ses cheveux.
Elle secoua la tête. Ce n'était pas très grave. Il fallait qu'elle s'y habitue si elle voulait devenir la copine officielle de ce crétin aux yeux sublimes.
- Lily est un peu caractérielle alors... marmonna-t-il.
Niveau caractère, il n'était sûrement pas le plus à plaindre, qu'il se rassure.
- Je sais que tu es en train de penser que j'ai un caractère de cochon aussi, bougonna-t-il.
Elle sourit comme seule réponse. Il lisait dans ses pensées maintenant ?
- Je ne lis pas dans les pensées mais... C'est tout comme, nargua-t-il avec un sourire en coin.
Margareth leva les yeux au ciel. Un gamin, vraiment.
- On se dispute souvent, il ne faut pas t'en faire, tu sais, dit-il d'un ton un peu plus sérieux. Bon, peut-être que cette dispute est un peu plus forte que les autres mais... Mais elle t'a fait du mal alors...
Margareth se redressa. Non, elle ne voulait pas être la cause d'une dispute entre Lily et Albus. Même si, en l'occurrence, il y avait de très bonnes raisons de se disputer. Le brun dut le comprendre puisqu'il secoua la tête.
- Je ne pense pas que ce soit très grave... la rassura-t-il d'un ton plutôt bas. Je veux juste qu'elle comprenne qu'elle n'a pas le droit d'agir comme ça envers toi sous prétexte que tu es trop gentille pour te défendre.
Margareth eut un petit sourire gêné. Combien de fois lui avait-on reproché d'être trop gentille et de se laisser faire ? Il passa encore une fois sa main sur sa joue avant de se pencher vers elle.
- Je veux juste qu'elle comprenne que personne n'a le droit de te faire du mal, et encore moins elle, chuchota-t-il d'une voix un peu trop rauque.
Ils étaient... très proches. Ils l'avaient souvent été, certes, mais... Albus n'avait jamais eu cette expression là, avant. La main du brun descendit le long de son bras pour finir au creux de ses reins. Margareth sentit un brasier se réveiller dans son corps quand Albus pencha la tête et que ses yeux la happèrent. Wou, il faisait un peu trop chaud non ? Elle sentit tout son sang affluer sur ses joues et dans son ventre tandis que des papillons slalomaient gaiement dans son estomac. Les pupilles d'Albus se dilatèrent quand il baissa les yeux vers ses lèvres et elle ne put s'empêcher de les mordre. Il se pencha lentement vers elle tandis qu'elle commençait à fermer les yeux...
- Bien, c'est l'heure du couvre-feu, les visiteurs sont priés de retourner dans leur dortoir ! cria Madame Pomfresh dans l'infirmerie.
Ils sursautèrent et Albus s'écarta vivement d'elle au moment même où la femme ouvrait les rideaux.
- Oh, ils sont tous partis ? s'étonna-t-elle.
Margareth se demanda un instant comment elle avait pu les rater avec tout le boucan qu'ils avaient fait... Jusqu'à ce que l'infirmière semble suspecter quelque chose de louche à l'air mortifié de Margareth et celui incroyablement gêné d'Albus. Ou plutôt l'inverse.
Elle leur adressa un regard qui en disait long avant de refermer les rideaux comme au ralenti et tous les deux savaient qu'elle se tenait derrière, prête à intervenir au moindre soupir de complaisance. Et Margareth se retint juste à temps de pousser un long soupir frustré.
- Je, hem, dois y aller, marmonna rapidement le Serpentard.
Elle hocha tout aussi rapidement la tête. Le brun se dirigea vers les rideaux dans le but de la laisser puis se ravisa et revint vers elle avec un air déterminé. Il plaqua un baiser sur ses lèvres que Margareth se retint d'approfondir (et de se cramponner aux vêtements du Serpentard) avant de partir aussi vite que sa soeur l'avait fait.
Une fois Albus éloigné, Margareth se laissa tomber sur son matelas et poussa un long soupir frustré. Oh, bon sang, mais que venait-il de se passer ?
- Miss, ce n'est pas la peine de soupirer comme ça après un jeune homme, coupa l'infirmière en écartant une nouvelle fois les rideaux. Les jeunes de nos jours, tout de même.
Margareth se retint de grogner et obéit quand la femme lui ordonna de s'asseoir.
- Bien, regardez moi et faites aaaah.
- Aaaaah, fit-elle avant de se relancer dans une quinte de toux.
Pourquoi tout cela n'arrivait qu'à elle, au juste ?
