Chapitre XXVIII

Anasatsia arriva dans la chambre de Gabrielle et ouvrit doucement la porte. Elle se rappellera toujours de cette image à la faire vomir. Gabrielle était étendue nue, les bras et les jambes écartés, en-dessous d'un homme à moitié saoul qui lui touchait les seins. Mais il ne faisait pas que ça … non. Il était en train de la violer et prenait du plaisir à la voir souffrir. Son sang ne fit qu'un tour dans ses veines … Elle courut vers le lit et frappa de toutes ses forces le violeur. La tête de celui-ci partit en arrière sous le coup. Elle le poussa ensuite en dehors du lit et se mit à califourchon dessus. Elle laissa aller toute sa colère dans les coups qu'elle lui donnait. Elle vit ensuite une petite dague à l'intérieur de la botte de l'homme et la planta dans son cœur plusieurs fois. Il résista quelques secondes mais elle le maintint au sol fermement. Il souffla ensuite une dernière fois et s'affaissa de tout son long. Anastasia tremblait. Elle n'avait jamais tué personne jusque là. Elle regarda ses mains ensanglantées et laissa couler une larme. Elle l'avait fait pour le bien de Gabrielle. C'était bien. Il ne fallait pas culpabiliser d'avoir ôté la vie à ce moins que rien.

Elle tourna la tête vers Gabrielle, lâcha le couteau et s'affaira à la détacher, non sans avoir jeté un coup d'œil au corps parfait de son amie.

Anastasia détacha une Gabrielle encore sous le choc.

Celle-ci enlaça Anastasia sans se soucier du fait qu'elle était nue. Elle était contente que celle-ci soit arrivée pour la sauver.

G : (tremblant) M … merci.

Anastasia lui caressa doucement les cheveux pour la calmer.

A : Ne me remercie pas. Je ne suis pas arrivée à temps. (dit-elle en laissant couler une larme le long de sa joue)

Elle rabattit le drap sur Gabrielle et posa sa joue contre le haut de sa tête. Elle se coucha ensuite, emportant Gabrielle avec elle. Celle-ci laissa couler une larme tout en continuant à trembler. Elle se sentait terriblement mal. Tout ce qu'elle avait envie de faire, c'était de disparaitre, de se tapir quelque part où plus personne ne la retrouvera.
Elle se lova dans le cou de sa sauveuse et ferma les yeux, se calmant petit à petit. Elle osa poser une question, brisant le silence qui s'était installé entre elles-deux.

G : Pourquoi tu l'as tué ? (dit-elle en un murmure)

A : Je … C'était instinctif. Il fallait le faire. Je tiens tellement à toi.

G : Tu es mon ange-gardien ?

Anastasia laissa échapper un doux rire. Gabrielle frissonna.

A : Je ne sais pas. Peut-être que j'étais destinée à te rencontrer et à t'aider.

G : Peut-être. (dit-elle en souriant)

A : Dors maintenant. Tu as besoin de repos.

G : Tu restes ? (dit-elle en serrant son amie)

A : Bien-sûr. Dors maintenant.

Anastasia caressa l'épaule de Gabrielle du bout des doigts et ferma les yeux, appréciant ce moment.
Quand elle entendit la respiration de Gabrielle se faire régulière, elle se leva du lit et prit le corps sans vie de cet homme, si l'on peut appeler ça un homme, plutôt une ordure, qui avait prit l'innocence de Gabrielle. Elle alla le mettre dehors en essayant de ne pas se faire remarquer. Elle réussit brillamment à se débarrasser du corps et retourna finir sa nuit auprès de Gabrielle.

La conquérante quitta la pièce en courant, la larme à l'œil. Il ne fallait pas que ses hommes et ceux des autres généraux la voient dans cet état. Elle avait été absorbée par le récit de Gabrielle. Elle ne l'avait pas quitté des yeux un seul instant. Mais comment pouvait-elle savoir tout ça sur elle ? Ca l'avait désarçonnée mais en même temps impressionnée. Evidemment, ce n'était pas exactement ce qui s'était passé au détail près mais elle avait bien résumé et brodé autour. Elle avait fait ça magistralement.
Elle n'avait même pas osé lui dire que c'était sa prestation était impressionnante. Elle avait fui.
Mais elle la haïssait pour avoir fait resurgir le souvenir de son frère mort sur le champ de bataille, juste devant ses yeux horrifiés. Elle voulait la tuer pour ça mais ce n'était pas de sa faute … Enfin si. C'est quand même elle qui a abordé ce sujet. Elle savait qu'elle y serait sensible. Xena admirait son courage …