Bonjour bonjour !

Et oui ! Je suis là, à temps ! Pas de retard ! Bon, d'accord, c'est parce que le chapitre fait un peu moins de 3800 mots - 3791 pour être exacte - et qu'il a donc été rapide à écrire...

Un chapitre un peu moins drôle, mais moi je le trouve tout mignon avec le rapprochement de Lilith d'un de ses frères... En espérant que cela vous plaise aussi :)

Disclaimer : Un pitit piaf à moi, un à Oda, une demi-elfe à moi, Autremonde à S.A. Mamikonian... Bah oui, qu'est-ce que vous croyez, seul Lilith m'appartient, tout le reste est à son auteur respectif... *sent une aura meurtrière derrière elle et se retourne* Oh, bonjour Marco, non, je n'ai absolument pas sous-entendu que tu étais un piaf, qu'est-ce qui te fait croire ça ? *se casse en courant*

Réponse aux reviews :

NeferGwen : Allez, faut s'accrocher pour les exam's, normalement y'en a plus pour très longtemps... enfin ça dépend de ce que tu passes :). Moi aussi je trouve ça mignon quand elle dort sur les genoux de son Oyaji, alors pourquoi pas en faire une habitude d'enfance. L'entraînement de Marco... Bah pas pour tout de suite, vu que Monsieur est parti en mission. Heureuse de voir que notre Thatch bleu a des fans !

JeTapeL'Incruste : Bah, c'est p'tes même bien l'orage en approche... Qui a dit que la mission ne durerait pas plus d'un mois ? *sourire démoniaque* Et je crois que le plus drôle pour Bay en dindon, c'est que Marco ne l'a pas fait exprès... pourtant c'est bien la plus hilarante ! - surtout quand il insiste bien sur la condition de poulet de la capitaine.

Pini : Viii une grosse review à dévorer ! Ne t'inquiète pas pour les fautes, je n'ai rien vu (Conscience : Des fautes ? Quelles fautes ?), donc je ne suis pas témoin de ta tentative d'assassinat de la langue française :). Je sais bien que je suis sadique, mais ça empire d'histoire en histoire... donc je ne peux pas m'empêcher de poser la question. Allez, soyons sympathique, plus d'infos sur la mission de Marco dans les premiers paragraphes, mais je ne suis pas sûre que cela suffise... ^-^ Oh, toi aussi tu passes ton temps sur des fanfics alors que tu dois réviser ? Je me sens moins seule, tout d'un coup... Et pour petite info, mes chapitres sortent tous les vendredis sauf exeptions précisées en fin et/ou début de chapitre, souvent le soir par contre - enfin même si là vu que je n'ai plus court ça va être sans doute le matin ou en début d'après-midi.

Bonne lecture !


Lilith se tournait et se retournait dans son lit, le sommeil la fuyant. Elle était inquiète pour Marco. Il avait beau être super fort, elle n'ignorait pas que la magie pouvait être des plus destructrices, et ça lui faisait peur. Tout ça parce que Bay avec l'aide d'Epoida avait réussi à localiser quelqu'un qui pourrait être un sortcelier. La jeune capitaine avait préféré venir en parler à leur Oyaji en personne, pour savoir ce qu'elle devait faire, et au final son Familier s'était porté volontaire pour les accompagner, arguant que sa connaissance de la magie et son Akuma no Mi seraient des atouts si l'homme était belliqueux. Shirohige avait accepté.

Alors le premier commandant avait préparé son départ, sa division restant sur le navire. Il avait donné des ordres clairs à Loki pour que la division marche correctement pendant son absence, et à elle il lui avait donné une liste des personnes à qui elle pouvait demander de l'aide pour se transformer en phénix. Bien sûr, il lui avait donné pleins de conseils et de recommandations, la rassurant le plus possible, mais elle lui en voulait un peu. Elle savait qu'il ne l'abandonnait pas, cependant c'était ce qu'elle ressentait. Il était parti le jour même, avant que le soir ne tombe. Et la date de son retour était inconnue.

Pourtant ils étaient déjà en septembre, et elle avait peur qu'il ne soit pas de retour pour leur anniversaire, pour leur premier anniversaire ensemble. Et elle n'avait pas envie de le fêter sans lui. Il lui avait redonné goût à la vie plus que quiconque dans la famille, et même, elle se sentait coupé en deux, mutilée d'une part importante d'elle quand il était absent. Elle soupira. Elle n'arriverait vraisemblablement pas à dormir. Elle se dégagea des draps, et s'assit au bord du lit. Elle ne voulait déranger personne, mais elle ne savait pas vraiment où elle pourrait aller...

Soudain la demi-elfe eut une idée. Elle s'habilla chaudement rapidement, puis discrètement sortit dans les couloirs et remonta sur le pont. Elle repéra sa vigie préférée – celle avec une plate forme. Elle n'était pas très pratique pour voir arriver les navires mais permettait d'avoir un magnifique panorama, ce qui faisait qu'elle était tout de même souvent utilisée. Lilith y monta prudemment, et traversant la vigie, poussa la porte pour atteindre la plate forme. Elle s'accouda à la rambarde et leva la tête pour observer les étoiles qui scintillaient dans la nuit. Se rappelant des leçons avec Marco avec un petit pincement au cœur, elle tourna la tête vers une étoile plus brillante que les autres, et qui brûlait d'un éclat rouge.

- Benibara*, souffla-t-elle en se souvenant du nom. La Rose Sanglante.

Marco lui avait dit qu'il y avait souvent des légendes autour des étoiles et constellations, il lui en avait raconté la plupart, mais il ne connaissait pas celle-ci. Elle aurait pourtant bien aimé l'entendre... Un claquement derrière elle la fit sursauter, et par réflexe mit la main sur sa dague en se tournant à demi. Elle activa son Haki et se détendit en reconnaissant la Voix.

- Izou, tu m'as fait peur ! s'exclama-t-elle à voix basse.

- Bonne réaction, ça commence à rentrer finalement, plaisanta le travesti en venant s'installer à ses côtés, sortant de sa manche de kimono son kiseru, avant de lui demander : Tu ne dors pas ?

Elle nia, reportant ensuite son regard vers les étoiles. Du coin de l'œil, elle perçut son aîné en train d'allumer la pipe allongée, qui trouva ensuite place entre ses lèvre. Il tira une bouffé et expira lentement la fumée avant de continuer à interroger sa petite sœur.

- Pourquoi ? Encore un cauchemar ?

- Non, pas cette fois... Je n'arrivais pas à trouver le sommeil, alors je suis montée ici. Quand je ne me sens pas très bien, je préfère être en hauteur. Et c'est encore mieux quand je peux voir le ciel.

- Tu aimes regarder les étoiles ? s'étonna-t-il.

Elle acquiesça en rougissant légèrement, ce qu'Izou ne vit pas dans l'obscurité ambiante. Elle hésita un peu, avant de lui retourner la question. Il eut un petit sourire avant de répondre positivement. Le silence tomba entre eux, seulement interrompu par leur respiration. Un frisson parcourut le corps de Lilith, et elle resserra les pans de sa veste contre elle, jusqu'à ce qu'Izou ne se déplace et ne revienne rapidement avec deux couverture. Il en prit une pour lui et recouvrit sa petite sœur avec l'autre, qui le remercia d'un câlin. Il l'observa alors qu'elle continuait à fixer les étoiles et eut une idée, autant pour chasser ses peurs qui avaient décidé de le tourmenter cette nuit que pour essayer de faire dormir Lilith.

- Tu veux que je te raconte l'histoire qu'il y a derrière le nom de chaque constellation ?

- Marco m'en a déjà raconté la plupart, mais est-ce que euh... par hasard tu connaîtrais celle de Benibara ?

- Hey, je les sais toutes, c'est même moi qui les ai contées à Marco quand il était petit.

- Tu as connu Onii-san quand il était petit ? s'étonna-t-elle.

- Tu veux savoir quoi, la légende de Benibara ou les petits détails croustillants et honteux sur notre poulet préféré ?

- Marco c'est pas un poulet ! s'indigna-t-elle en croisant les bras et en gonflant les joues, mécontente.

Izou rit devant la bouille qu'elle offrait, et tira doucement sur ses joues, c'était pas la peine de bouder pour si peu. Elle grommela encore un peu contre son aîné avant de venir chercher refuge dans ses bras.

- Je veux bien entendre la légende de Benibara, s'il te plaît, demanda-t-elle poliment.

Il la détacha de lui le temps de s'installer en tailleur contre le mur de la vigie avant qu'elle ne vienne s'asseoir sur lui. Il réarrangea la couverture pour qu'elle ne prenne pas froid, et allait éteindre son kiseru quand Lilith l'en empêcha.

- Tu n'es pas obligé de l'éteindre pour moi, je ne trouve pas l'odeur désagréable...

Elle ne finit pas totalement sa phrase, ayant un peu honte d'avouer au travesti que l'odeur de tabac avait fini par imprégner ses vêtements et que c'était automatiquement l'odeur qu'elle lui associait, qu'elle trouvait par ailleurs assez rassurante, comme celle de son Familier ou de leur Oyaji. L'odeur n'était d'ailleurs pas exactement la même que celle des cigares de Fossa, un peu trop forte pour elle, et qu'elle n'aimait pas particulièrement. Izou lui adressa un sourire complice.

- C'est juste plus pratique pour conter une histoire, mais je suis heureux de savoir que cela ne te dérange pas.

Il éteignit donc son kiseru et le rangea dans sa manche avant de serrer Lilith contre lui. Il ne lui avouerait sans doute jamais, mais il se rassurait beaucoup avec ce contact. Même si cela faisait presque deux mois que sa petite sœur avait failli perdre la vie, il se sentait toujours coupable, et ce contact lui permettait de confirmer que l'enfant ne lui en voulait pas le moins du monde. Cela le réconfortait, même si lui n'arrivait pas à se le pardonner. Elle leva les yeux vers lui, et il commença à raconter.

- Il y a fort longtemps, bien avant que la Marine et le Gouvernement Mondial n'existent, l'on murmure que sur une île de Grand Line vivait une jeune combattante du nom de Bara. Elle avait les cheveux aussi rose que cette délicate fleur, mais elle n'en avait pas la fragilité. Elle défendait son île, célèbre pour ses fleurs aussi magnifiques que rares et souvent attaqué pour cela, avec acharnement et âpreté. Elle finissait souvent ses combats recouverte du sang de ses ennemis, et petit à petit les habitants ont commencé à la surnommer Benibara, comme un hommage. Puis un jour, débarqua sur cette île que peu osait encore attaquer un pirate. Dès qu'elle fut au courant Benibara vint à sa rencontre. Une fois face à l'homme, elle exigea de lui qu'il dise ce qu'il venait faire sur cette île.

Izou se tut, ne sachant pas si la petite fille l'écoutait réellement, mais très rapidement celle-ci le supplia de continuer, qu'il était méchant de laisser tant de suspense. Il eut un petit rire avant de reprendre.

- Il rétorqua qu'il était venu cueillir la plus belle fleur de l'île. Elle tira son épée en clamant qu'elle ne le laisserait pas faire, et il lui répondit avec un sourire malicieux « Même si c'est vous la plus belle fleur de l'île, Benibara ? ». La jeune femme en resta muette de stupéfaction, et le pirate en profita pour l'assommer.

- Il l'a kidnappé ? s'horrifia l'enfant, avant de demander précipitamment : Et ensuite ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Il lui est arrivé quoi à Benibara ?

- Mais ne m'interrompt pas, ou tu n'auras pas la suite !

Lilith se tut immédiatement, avant de lui lancer un regard suppliant, et le travesti continua, sûr d'avoir toute l'attention de son auditoire.

- La guerrière se réveilla sur le navire, dans la chambre du capitaine, bien loin de son île natale. Il lui avait prit son épée pour qu'elle n'essaye pas de le tuer. Il fit un deal avec elle : il la laisserait repartir et lui redonnerait son épée si elle arrivait à le battre à mains nues. Tant qu'elle n'y arriverait pas, elle resterait avec lui...

- Et ? Et ?

Il rit devant l'impatience et les yeux pétillants de la demi-elfe, suspendue à ses lèvres.

- Elle essaya, jour après jour, mais elle avait trouvé plus fort qu'elle. Au départ elle le haïssait. Puis elle vint à le connaître, à aimer certains aspects de sa personnalité. Elle mit de moins en moins d'ardeur à vouloir le battre. Puis, une douce nuit d'été, elle abandonna. Elle n'arrivait plus à se battre contre le pirate. Alors elle alla le voir dans sa cabine et déclara qu'elle l'aimait trop pour continuer. Il lui offrit un grand sourire et lui répondit qu'elle en avait mis du temps avant de lui céder, mais qu'il ne l'en aimait que plus. Ainsi leur couple fut formé, et malgré ce que les mauvaises langues pouvaient en dire, ils s'aimaient passionnément. Sauf qu'entre-temps, son île natale avait commencé à subir des attaques de plus en plus violentes. C'était son pays. Elle demanda donc à son amant de la laisser partir s'il l'aimait vraiment. Il lui rendit sans hésiter son épée et la supplia de revenir vite.

Lilith commençait à voir venir la fin, et même si elle sentait qu'elle était dramatique, elle ne pouvait s'empêcher de vouloir l'entendre.

- Elle revint donc sur son île et y instaura à nouveau la paix, cependant elle se languissait de son amant, mais ne pouvait pas laisser son pays sans défense. Alors elle prit plusieurs apprentis qu'elle forma au métier des armes. Cela dura trois ans, trois ans pendant lesquels elle ne cessa de penser jour et nuit à son compagnon. Puis elle put repartir, enfin, et elle se lança à la recherche de son pirate. Elle mit encore deux mois avant de trouver son équipage. Mais un grand malheur était arrivé pendant son absence.

Izou se tut un instant, savourant son effet les yeux brillants, et la demi-elfe se retenait de gigoter d'impatience, sachant pertinemment que dans ce cas-là son aîné serait sadique et la ferait attendre encore un peu plus.

- Son amant avait cru qu'elle l'avait délaissée, et s'était petit à petit laissé mourir. Il ne lui restait plus que quelques heures à vivre lorsqu'elle l'eut retrouvé. Elle se haït, mais elle préféra profiter à fond des derniers instants qu'il leur restait à vivre ensemble. Et le matin suivant, à l'aube, son amant rendit son dernier souffle dans ses bras. Elle se saisit de son épée, et se tua, ne voulant plus rester encore à vivre sans lui. Les dieux émus les rassemblèrent alors dans une étoile, aussi rouge que le sang de Benibara qu'elle versa pour suivre son amour au tombeau.

- C'est une belle histoire... chuchota l'enfant en se collant encore plus contre son aîné. Mais elle est vraiment triste.

- Si tu le dis, sourit-il en caressant ses cheveux.

Ils restèrent un long moment dans cette position, et Izou ne sut pas vraiment lequel d'entre eux s'endormit en premier, mais le lendemain matin, ce fut l'un de ses hommes qui le réveilla en le secouant par l'épaule.

- Izou Taïsho, il est déjà huit heures, faut vous réveiller...

Le travesti ouvrit un œil, avant de soupirer. Il aurait bien dormi plus longtemps... Au moins ses hommes avaient dû le laisser tranquille un moment tout de même, s'il était huit heures. Il tenta de se lever avant de se rappeler que Lilith avait dormi sur lui – ce qui expliquait qu'il ait un peu mal partout –. Il baissa les yeux et eut un sourire attendri. L'enfant tenait entre son poing fermé un bout de son kimono tandis qu'elle suçait son pouce. Il allait la réveiller en douceur quand...

- LILITH ! J'TE JURE QUE SI T'ES PAS LA DANS LA SECONDE, J'ALOURDIS TA PUNITION !

Il reconnut la voix si mélodieuse de bon matin de Frédérick, et visiblement il n'était le seul, puisque sa petite sœur se tourna dans son sommeil en grommelant.

- Non... L'est pas sept heures... J'peux encore dormir...

- Lilith, il est huit heures, contredit Izou.

L'enfant se réveilla en sursaut, les cheveux en bataille, et sa couverture glissa. Elle jeta un regard paniqué à ses aînés. Il ne pouvait pas déjà être huit heures ! Sauf que Fred hurla à nouveau, et Lilith perdit des couleurs.

- Il va me tuer... gémit-elle.

- Tu exagères, fit le travesti en la prenant dans ses bras et en se relevant, la calant contre lui. Je vais calmement lui expliquer la situation et faire en sorte que tu ne sois pas plus punie que tu ne l'es déjà.

- Merci Onii-san.

L'homme de la seizième division redescendit rapidement avant son commandant pour avertir Frédérick, tandis qu'Izou descendit plus lentement pour ne pas chuter avec l'enfant dans ses bras. Il s'expliqua avec son frère qui râla pour la forme mais accepta finalement de ne pas punir plus Lilith. Celle-ci offrit un immense sourire en remerciement au travesti, qui juste avant de la laisser filer avec le second commandant lui souffla :

- Si tu as encore du mal à dormir, viens directement me voir dans ma cabine, d'accord ?

- Ça ne te dérangera pas ?

- Absolument pas, la rassura-t-il avec un sourire.

Elle le remercia avec un câlin, avant de rejoindre Fred qui s'impatientait.


La journée était vite passée pour le commandant, et il se retrouva encore, alors que la nuit était déjà tombée depuis longtemps, à travailler sur des rapports en grommelant. Si seulement certains de ses hommes n'étaient pas des aimants à ennuis ! Quoique Lilith les dépassait sans doute largement. Il posa son crayon en soupirant et s'étira, il finirait demain, il faisait désormais trop sombre, même avec sa lampe. Il ne comprenait pas comment Marco pouvait travailler toute la nuit sans problème... Enfin son phénix avait peut-être une excellente vue nocturne, il lui poserait bien la question quand le blond reviendrait. Izou se leva et détacha ses cheveux, qui ondulèrent jusqu'au milieu de son dos, quand quelqu'un toqua timidement à la porte. Il n'eut pas besoin de son Haki pour deviner qu'il s'agissait de sa plus jeune sœur.

- Entre Lilith.

L'enfant poussa la porte et se glissa dans la cabine, refermant derrière elle en tremblant. Izou fronça les sourcils, et s'apprêtait à lui demander ce qu'elle avait quand elle se jeta à son cou en sanglotant, le faisant tomber par terre. Il étouffa une grimace et un hoquet de douleur, avant que par automatisme, il ne referme les bras autour d'elle. Elle nicha sa tête contre lui, mouillant le haut de son kimono de ses larmes.

Un cauchemar, sans doute.

Il passa une main dans les cheveux de l'enfant et les caressant doucement en murmurant des paroles rassurantes. La petite fille se calma peu à peu, mais elle ne tenta pas pour autant de se dégager de là où elle était. Elle se sentait si bien dans les bras de son grand frère... Il avait une étreinte plus douce que celle de Marco, plus féminine, si elle avait à la décrire.

- Tu veux me raconter ton cauchemar ?

Elle nia de la tête. Elle n'aimait pas en parler, et son Familier devait même presque parfois la forcer pour qu'elle accepte de les lui confier. Elle espérait que son aîné n'insiste pas. Il lui tapota gentiment la tête, et elle eut un regard surpris.

- Ça n'a pas d'importance, tu me le diras quand tu seras prête. Tu veux rester dormir avec moi ? Je ferai en sorte d'éloigner tous ces vilains rêves qui t'embêtent, après tout c'est le rôle des grands frères !

Il avait prononcé ces paroles avec un ton doux et un air calme et rassurant, ce qui mit en confiance Lilith. Elle acquiesça, et le travesti passa un bras sous elle pour la soulever en même temps qu'il se relevait. Le bas de son dos, voir plus bas encore, le tiraillait, mais il se tut pour ne pas faire culpabiliser l'enfant. Il comprenait mieux maintenant pourquoi Marco plaisantait sur le poids de sa compagne d'âme et s'en plaignait. Vraiment, il compatirait désormais, même si ce chanceux avait sans doute moins mal grâce à son Akuma no Mi. Il l'installa sur le lit, et s'accroupit pour être à sa hauteur.

- Je vais prendre une douche et me changer, ça ne devrait pas prendre beaucoup de temps, tu veux bien attendre encore un peu toute seule ?

Elle ne voulait pas, mais elle pensait qu'elle embêtait déjà assez son grand frère, alors accepta. Le travesti lui sourit avant de s'éclipser vers la salle d'eau. Lilith se recroquevilla sur elle-même, ses bras autour de ses jambes, et enfouit sa tête. Les ombres dansantes sur le mur créées par la lampe sur le bureau de son frère donnaient une atmosphère angoissante et sinistre à la pièce, et cela ne lui rappelait que trop son cauchemar. Dès que le bois de navire craquait ou grinçait, c'est-à-dire souvent, elle sursautait, apeurée, avant de se recroqueviller à nouveau. Izou la retrouva dans la même position, et il fronça les sourcils. Pourquoi ne lui avait-elle pas demandé de rester si elle avait peur ? Il soupira, leur frangine avait visiblement encore du mal à accepter qu'elle ne les dérangeait pas, et ses cauchemars récurrents ne devaient guère aider. Le commandant toussa pour se manifester, ne voulant pas lui faire peur, puis vint s'asseoir à côté d'elle. Elle releva la tête, observant le visage démaquillé de son aîné, hésitante. Il lui ouvrit les bras et elle vint rapidement s'y blottir, respirant son odeur. Elle était en sécurité.

Izou dégagea une mèche de cheveux de devant le visage de l'enfant et la glissa derrière l'oreille avec un geste doux pour ne pas l'effrayer. Il ignorait de quoi elle avait rêvé, mais ça l'avait considérablement ébranlé, et il se demandait comment elle faisait pour être aussi joyeuse la journée. Pendant des années, lui, il n'y était pas arrivé. Peut-être parce qu'il était plus vieux et avait enduré plus de choses. C'était leur Oyaji qui l'avait sauvé d'une vie de servitude et d'abus. Il avait pourtant mis longtemps à ne plus se réveiller en sueur chaque nuit après un cauchemar où ses anciens... maîtres – il haïssait le mot – abusaient de lui ou le vendaient pour la nuit au plus offrant. Il frissonna à ces mauvais souvenirs, et Lilith leva ses yeux de chat dans les siens.

L'enfant vit la même lueur dans les yeux charbon de son frère que celle qu'elle percevait dans ceux de son Familier quand il parlait de son passé. Ce fut sans doute ce qui la décida à parler de son cauchemar. Plus peut-être le fait qu'elle se sentait bien dans son étreinte. Elle ne savait trop, en fait. Elle posa sa tête sur la poitrine du commandant et ferma les yeux, avant de commencer à lui raconter.

- J'étais... J'étais dans un endroit sombre, sans lumière. Je ne sentais personne autour de moi. J'ai commencé à vous appeler. Marco... Oyaji... Toi... Personne ne me répondait. Puis... Puis de l'eau à commencer à me recouvrir... Je... Je n'arrivais pas à maintenir ma tête hors... hors de l'eau... J'étais en train d'étouffer... de l'eau commençait... commençait à envahir ma bouche sans... sans que je... je ne puisse rien faire... Et... Et... au moment où je me noyais... Il... Il y a eu... eu un énorme rire... et une... une voix qui... qui a dit... que... que personne ne... ne m'aimait et ne... ne viendrait me sauver... Puis... Puis... je me suis réveillée.

Sa respiration était devenue plus saccadée et plus rapide au fur et à mesure qu'elle racontait, et quand elle eut finit Izou posa une main sur sa tête pour caresser ses cheveux en même temps qu'il la berçait et lui chuchotait des paroles rassurantes. Elle finit par s'endormir entre ses bras, et il la détacha délicatement de lui pour ne pas la réveiller. Il la coucha dans son lit, ne voulant pas la laisser seule pour cette nuit, même s'il fallait qu'elle apprenne à dormir sans quelqu'un à ses côtés, puis alla souffler la mèche de sa lampe, avant de venir s'étendre aux côtés de l'enfant. Immédiatement, comme si elle avait senti sa présence, elle vint se coller contre sa poitrine. Il eut un petit sourire attendri, avant de passer un bras autour d'elle.

- Bonne nuit, petite sœur.


Benibara : D'après mes maigres connaissances en japonais issu des mangas, Beni = rouge sang, sanglant et Bara = rose, donc Benibara = rose sanglante. Si quelqu'un a une meilleure traduction je suis preneuse...

Il est mignon ce chapitre, non ?

Allez, à vendredi prochain pour la suite, et bonne chance pour ceux qui ont le bac, je croise les doigts - si ça pouvait marcher pour moi aussi d'ailleurs... -

Et bien sûr, comme à chaque fois, je vous demanderais de bien me faire grâce de quelques reviews...