Chapitre 28 : Souffrance et trahison
Bonsoir tout le monde !
Et voilà le chapitre 29 tout beau, tout chaud !
Un grand merci pour vos nombreuses reviews concernant le chapitre précédent ! Je n'ai pas eu le temps de vous répondre mais je vais prendre le temps de le faire dans la semaine, c'est promis !
Allé je vous laisse lire la suite ! L'arrestation d'Edward ayant provoqué un grand élan je me doute que vous avez un certain nombre de questions !
Chapitre 28 : Souffrance et trahison
PDV Edward
La seule chose dont j'eus conscience durant l'heure qui suivit fut que le fourgon était très peu confortable et que les menottes autour de mes poignets me faisaient un mal de chien.
J'ignorais quelle heure il était quand on me poussa dans une salle d'interrogatoire froide et sombre.
Je fus menotté à la chaise et on me laissa seul sans aucune explication.
J'eus le temps d'étudier la pièce sous toutes les coutures.
De nouveau un long moment s'écoula avant qu'un homme en tenue de civile n'entre dans la pièce un dossier en carton et une enveloppe imposante dans les mains.
Il posa le tout sur le bureau attaché au sol qui se trouvait entre nous. Il prit son temps pour s'installer en face de moi et ouvrir un dossier devant lui.
- Vous savez pourquoi vous êtes là ?
Sa voix était posée et calme à mille lieux de ce que je ressentais intérieurement.
Une des questions tournant en boucle dans mon esprit, concernait l'état de ma famille, l'autre allait vers Bella. Etait-elle au courant ?
Je haussais les épaules aux paroles du policier. Je n'allais pas parler avant qu'il ne dise quelque chose.
Je le vis plonger sa main dans l'enveloppe en papier et ressortir une arme que je n'eus aucun mal à reconnaitre.
C'est celle que détenait James contre moi depuis dix ans.
Je ne pus empêcher mes yeux de se remplir de larmes.
Bella devait savoir. Je n'avais pas eu le temps.
- Vous ne serez pas surpris si je vous dis qu'elle est remplit de vos empruntes ? Sans parler de cette lettre vous incriminant, signée de la main d'une certaine Tanya Swan …, la sœur ainée de Quil Swan, ce gamin innocent que vous avait tué dans un instant de beuverie.
Il avait tout. James lui avait tout donné.
Je me penchais sur le bureau pour me prendre la tête entre les mains.
- Je pense qu'il est temps que vous nous donniez votre version …
Je pris une profonde inspiration.
Je n'avais plus guère de choix. Je ne demandais pas d'avocat de toute façon, j'étais certain que mes parents étaient entrain de s'en charger.
- J'avais 18 ans quand je l'ai rencontré au détour d'un couloir de la fac. Tanya était une belle jeune femme. J'ai tout de suite était attiré par cette fougue et surtout cette interdit qu'elle représentait. Elle semblait dangereuse et représentait tellement plus de défit que les filles de mon âge. On a rapidement eu une relation. J'ai toujours soupçonné quelque chose d'étrange. Elle était assez libérée, n'avait pas beaucoup de complexes et surtout faisait du charme à tous les hommes un tant soit peu mignon qui passait devant elle.
« Je n'ai jamais vraiment fait attention. Je m'en moquais un peu en fait. Elle m'a convaincue un week-end de faire une escapade à Seattle parce qu'elle était originaire de là-bas et qu'une partie de sa famille y vivait encore. Elle n'a pas voulu me dire qui. Je savais seulement qu'elle était orpheline donc j'étais tranquille au niveau des parents. J'ai payé le voyage. On s'est vite retrouvé dans des quartiers chauds. On a fait la tournée des bars et sans que je sache vraiment, je me suis retrouvé dans un état de semi-conscience assez rapidement. On en était au trois ou peut-être au quatrième bar quand elle est tombait sur un mec étrange. Elle l'appelait James et j'ai vite compris que cet homme, n'était vraiment pas là pour faire ami-ami. Après s'en être pris à Tanya, c'est moi qui ait trinqué.
« On est sorti du bar et il nous a entrainés dans une ruelle sombre un peu plus loin. Il m'a mis une raclé. Quand je fus au sol, James m'a attrapé par le col et m'a soulevé. Il m'a fait comprendre que je lui devais de l'argent. C'est là que j'ai compris que la drogue que Tanya me donnait était en fait à James, et qu'en plus de consommer un produit que je n'avais pas payé, je m'étais servi de sa marchandise. Tanya était une prostituée et James était son mac. Il était juste là pour réclamer son dû et rappeler son objet de travail à l'ordre. J'ignore à quoi elle pensait en revenant à Seattle. Elle devait se douter que James la retrouverait.
- Et l'enfant ? Demande le flic que j'avais presque oublié.
Quand je jaugeais sa réaction, il m'était impossible de savoir s'il me croyait ou non alors je continuais mon monologue.
- Quand je lui aie fait comprendre que je ne savais rien, il m'a jeté conte un mur et c'est là que j'ai aperçu les deux enfants. L'un d'entre eux était caché derrière une poubelle mais l'autre et venu à mon secours et à essayait de me soulever. Je lui ai demandé de partir, je lui ai dit qu'il fallait qu'il coure le plus vite possible loin d'ici. Je le lui ai dit !
« Quand je me suis retourné, James était entrain de frapper Tanya, la jetant au sol et la bourrant de coup de pieds. Son sac à main était à portée de main alors je l'ai attrapé. Je voulais juste trouvé quelque chose pour l'aider, sans trop savoir ce que je cherchais. Je suis tombé sur cette arme et sans réfléchir je l'ai sorti. Je l'ai braqué sur James. Quand il m'a vu, il a ris… j'étais bourré et défoncé, je ne l'ai pas vu me sauter dessus. J'avais la main crispé sur la détente … et le coup est partis … j'ai vu l'enfant s'écrouler et l'arme dans ma main … je suis resté un moment ainsi … puis tout est devenu noir … j'ai toujours pensé que c'est Tanya qui m'a assommée, même si je ne comprenais pas bien pourquoi …
- Que s'est-il passé ensuite ?
- Quand je me suis réveillé, l'arme avait disparu … mais pas l'enfant qui gisé à même le sol à quelques mètres de moi. Je me suis approché et j'ai vu la tâche de sang sur sa poitrine … j'ai compris que s'était moi qui l'avait tué … alors je me suis enfuit le plus loin possible. Je suis retourné chez moi ou mes parents m'ont passé un savon carabiné. Quand j'ai monté ma société il y a 10 ans et qu'elle a commencé à amassé pas mal d'argent, James est revenu … il m'a montré l'arme et la lettre de Tanya qui est que pure mensonge. Je savais que devant un tribunal, je serais forcément accusé de meurtre … alors j'ai acheté son silence.
- Pure mensonge ?
Je hochai la tête, conscient qu'apparemment il ne me croyait pas. Je n'avais rien pour me défendre, aucune preuve, aucun témoin. Rien du tout et ça je l'avais toujours su.
Si James corroborait les propos tenus dans cette lettre mensongère ajouté à l'arme alors j'étais foutu.
- Oui, rien de ce qui est dit dedans n'est vrai !
Il parut septique et je secouai la tête.
A quoi bon … apparemment il avait déjà la réponse.
- Et mademoiselle Swan dans cette histoire ?
- Elle est revenue un an après le meurtre … elle m'a demandé de l'aide mais je ne lui ai pas laissé le temps de parler. Je l'ai mise à la porte … son corps était retrouvé quelques jours plus tard à quelques pâtés de maisons de l'endroit où j'habitais à l'époque …
- Avez-vous une trace du chantage dont vous étiez l'objet ?
Je haussais les épaules. Je prenais de l'argent des comptes de ma société, s'attendait-il vraiment à ce que je laisse des traces aussi visible ? J'avais été idiot à une époque mais j'avais tout de même tenté de faire preuve d'intelligence depuis ces dernières années.
- Non, j'ai dissimulé toutes les preuves en faisant des virements quotidiens au nom d'une société factice aux îles Caïmans.
Il nota l'information avant de relever la tête.
- Vous dîtes n'avoir tiré qu'une seule balle n'est-ce pas ?
Je hochai la tête surpris par la question.
- Pourquoi ?
Le policier me regardait avec dédain et je savais que quoi que je dirais, il n'avait pas vraiment l'air de me croire.
- Monsieur Cullen, Quil Swan a reçu deux balles !
- Ce n'est pas possible !
- Etes-vous sûr que ça s'est déroulé ainsi ?
- Bien sûr !
Je compris que quoi que je dise mon histoire ne tenait pas la route. Jusqu'à ce jour jamais auparavant je n'avais soupçonné que l'enfant avait été touché de deux balles.
Le rapport ne faisait état que d'une seule blessure fatale dans la tête. Quand je m'étais réveillée je n'avais vu qu'une seule blessure.
Je réfléchissais à toute vitesse quand le policier m'interrompit.
- Vous connaissez le nom de famille de ce James ? Me demanda-t-il en se grattant le menton.
Je fus surpris par la question et il s'en aperçut.
- Pourquoi me poser la question … ce n'est pas lui qui a apporté les preuves ?
Le policier secoua la tête et reposa sa question.
- Nomade. Il est le nouveau bras droit de Caïus Vladescu, mais je vous en prie dîtes-moi que vous le saviez déjà ...
Le policier secoua la tête et se leva. Je tentais de suivre le mouvement mais les menottes m'en empêchèrent.
- Inspecteur, je vous en supplie … qui vous a apporté l'arme et la lettre ?
Il posa les mains sur le poignet de la porte alors que je criais une fois de plus ma question.
C'est avant de sortir qu'il lâcha sa réponse.
- C'est Isabella Masen Voltury, la sœur de Quil et Tanya Swan.
Je retombais comme une masse sur ma chaise, sonné.
- Bella … soufflais-je.
James ne s'était même pas déplacé lui-même. Bien entendu. Il devait se douter que lui aussi devrait répondre à certaine question.
Il s'était tout simplement servit de la soif de vengeance de Bella pour me détruire car il savait que ce serait pour moi la sanction extrême.
Il avait surement dû déjà prendre la fuite, comme il savait si bien le faire. J'aurais dû y penser avant.
J'avais été vraiment naïf, pourquoi ne pas y avoir pensé, pourquoi ?
Si j'avais parlé à Bella, si j'avais fait preuve de courage sans doute aurais-je su avant que deux balles avaient atteint son frère. Quand à James, avait-il joué un rôle dans la mort de Quil ?
Deux balles, deux coups de feu … je n'en avais tiré qu'un seul.
De nouveau le temps parut n'avoir aucune limite avant qu'un autre inspecteur n'entre dans la pièce.
Je dus raconter une autre fois, ce qu'il s'était passé et encore une fois quelques minutes plus tard. Ils me posèrent des tonnes de questions, voulant tout savoir. Je dus clarifier tous les moments soit disant flous de mon histoire.
Il ne cessait de s'attarder sur le deuxième gamin. Mais j'ignorais de qui il s'agissait, je ne m'étais même jamais posé la question. Je ne l'avais vu que quelques secondes, sans doute était-il parti quand les choses avaient dérapées. Il y avait peu de chance pour qu'il ait vu la scène.
La lettre de Tanya était de toute manière assez équivoque pour eux. Elle me jugeait coupable.
Je l'avais lu il y a dix ans et bien qu'elle ne décrive rien, elle me désignait.
Elle était peut-être une prostituée camée mais cette lettre s'ajoutait à l'arme. Il n'en fallait pas plus pour conclure que je mentais.
Ce n'est qu'au bout d'un très long moment que je fus autorisé à dormir un peu à même la table de bois devant moi.
Une dizaine ou peut-être une quinzaine d'heures s'étaient écoulés quand je passais devant le juge qui décida de me mettre en détention provisoire.
C'était beaucoup trop rapide, je n'avais pas été jugé que j'étais déjà coupable à leurs yeux.
Bella … Bella ….
Etait-elle derrière tout ça ?
La simple idée me donnait des hauts le cœur.
Je fus envoyé à Rickers Island sans autre forme de cérémonie en attendant mon procès.
Je n'eus de nouvelles de ma famille qu'une fois arrivé là-bas.
Le processus d'incarcération fut extrêmement rapide en comparaison de la garde à vue.
Bientôt, on me donna un nécessaire de toilette et je déambulais, chaîne aux pieds et tenue réglementaire orange sur le dos, le long des cellules de la prison.
On m'attribua une cellule double ou un homme d'âge mur se trouvait déjà là. Je pris soin de baisser les yeux à mon entrée et de me faire tout petit.
Grâce à la montre en plastique que j'avais au poignet, j'eus enfin la notion du temps et on m'annonça une visite de mon avocat seulement une heure après mon arrivé.
Je dus de nouveau traverser des couloirs à n'en plus finir avant d'atteindre le parloir ou se trouvait un homme de l'âge de mon père en costume trois pièces.
Sans surprise il m'expliqua qu'aucun droit de visite ne m'était encore accordé et qu'il allait en faire la demande auprès du procureur.
Je demandais des nouvelles de ma famille et il m'expliqua que c'est mon père qui l'avait engagé. Lui et Carlisle se connaissait depuis des années, Maître Jones avait été un patient de mon père.
Bien entendu, je ne fus pas surpris quand il m'annonça que mon cas était critique.
- Qu'est-ce que je risque ?
- Au vu du dossier et en songeant à la personne qui veux votre peau, je dirais la prison à perpétuité.
- C'est Bella n'est-ce pas ? C'est Isabella Masen Voltury ? Je lui dois tout ça !
Il hocha la tête et de nouveau les larmes envahirent mes yeux. Si Bella tirait les rênes, je ne donnais vraiment pas cher de moi lors du procès. Elle voulait la justice, je le savais depuis le début. Elle allait tout faire pour l'obtenir.
- J'ai besoin de tout connaître pour pouvoir vous aider !
Pour la quatrième –et j'espérais la dernière fois en deux jours – je me mis à raconter ce qu'il s'était passé. Je n'arrivais pas à déterminer s'il me croyait ou non mais je ne m'arrêtais pas.
- Je suis d'accord avec l'inspecteur … il y a des choses qui ne vont pas dans cette histoire ! Je vais devoir mener ma petite enquête !
J'étais d'accord avec lui. Jusqu'à maintenant je n'avais pas vraiment réfléchit sur cette soirée, je voulais l'oublier mais maintenant je n'avais plus le choix. Si je voulais m'en sortir, je devais me battre.
- Nous allons devoir mettre en place une stratégie de défense … vous avez déjà signé des aveux ce qui ne va pas jouer en votre faveur. Quand à ce James que vous avez dénoncé à la police, Madame Voltury en a fait de même mais il n'y a aucune preuve contre lui. Le chantage dont vous avez tous les deux été l'objet n'apparait nulle part.
- James a fait chanter Bella ?
Je ne l'avais jamais soupçonné.
Je devais parler à Bella. James ne pouvait pas s'en sortir !
- Ecoutez, Edward. Isabella Masen Voltury doit être le cadet de vos soucis en ce moment … vous devez vous concentrer sur le procès à venir et non sur une femme qui fera tout pour vous mettre derrière les barreaux jusqu'à la fin de vos jours.
Il avait raison bien sûr mais cette femme comme il disait était celle pour laquelle j'aurais donné ma vie si on me l'avait demandé.
- Que nous soyons clairs, je suis au courant de la relation que vous avez entretenu avec elle … étiez-vous au courant qu'elle était la sœur de Quil et de Tanya Swan ?
J'opinai alors qu'il pinça les lèvres.
- Pour vous en sortir, nous allons devoir jouer avec la crédibilité des deux sœurs …
- Que voulez-vous dire ?
- Tanya Swan était une droguée, prostituée quant à sa sœur, on peut se servir de son passage à l'orphelinat ainsi que de son enfance contre elle. De plus son changement d'identité sera un point crucial de notre défense.
- Je vous interdis d'utiliser ça contre elle … ce ne sera pas son procès mais le mien … je refuse que vous l'attaquiez sur des bêtises qu'elle a pu faire à 15 ans. Sans compter que je ne vois pas du tout ce que ça vient faire dans cette histoire !
Si je n'avais plus rien à offrir à Bella, je pouvais au moins essayer de limiter les dégâts que provoquait cette histoire sur elle et sur les filles.
- Vous n'aurez pas le choix Edward …
- On n'a toujours le choix et moi je décide de ne pas utiliser cette défense, c'est complétement ridicule … Isabella Masen Voltury est une femme bien, qu'importe qu'elle est changée son nom de famille, ou qu'elle ait commis des erreurs dans sa jeunesse. Je suis le premier à penser que les erreurs de jeunesses peuvent nous coûter très chères alors que nous n'avons rien demandé. Vous n'utiliserez pas ça, je vous l'interdit … Peut-être qu'elle peut nous aider … elle peut …
L'avocat me regarda avec dédain et me lança un rire mauvais. Il se leva de sa chaise tout en ramassant ses dossiers.
- Nous aider ? Vous n'avez pas compris qu'Isabella Voltury ou plutôt Swan est prête à tout sauf nous aider ? C'est à cause d'elle que vous êtes ici !
- Je dois lui parler … cette histoire avec James …
- C'est trop tard Monsieur Cullen ! Vous auriez dû y penser avant … Vous n'avez rien pour confirmer vos dires ! Tous vous accusent et surtout tout prouve que vous mentez quant aux circonstances de cette histoire !
- Je ne mens pas !
- Alors nous allons tout faire pour le prouver ! Mais vous verrez que vous n'aurez pas le choix Edward. Je vous laisse réfléchir à des points pour votre ligne de défense. Je m'occupe du droit de visite. Je reviendrais demain.
Après son départ, je fus raccompagné jusqu'à ma cellule. Ma première soirée dans un centre de détention fut assez horrible à vivre. Essayant de me faire oublier dans un coin du réfectoire, je jetais des coups d'œil discret aux hommes qui m'entouraient.
Ils avaient l'air de gros caïds pour la plupart et je me sentais réellement mal à l'aise dans cet endroit.
Je dormis bien entendu très mal cette nuit-là et je fus réveillé bien avant que le gardien ne nous apporte les petits déjeuners. Je touchais à peine à ma nourriture et laissais mon colocataire de cellule finir ma part. Du moins il s'empara de mon plateau quand je le reposais sur le sol.
Il était environ dix heures quand on m'annonça une nouvelle visite.
Certain qu'il s'agissait de mon avocat, je poussais un soupir. Je sentais que cet homme et moi allions avoir du mal à nous entendre.
Je fus de nouveau emmener au parloir mais cette fois on me menotta à une table, comme lors de mon interrogatoire la veille, qui se situait au centre d'une pièce entourait de barreaux.
Avaient-ils peur que j'étrangle mon avocat qu'ils me menottaient ainsi ?
Je compris la raison de cette sécurité quand des talons retentirent au loin. Je ressentis sa présence bien avant qu'elle n'apparaisse devant mes yeux.
Sa démarche était assez reconnaissable pour moi.
Plutôt que de la regarder dans les yeux et constater toute la haine qu'elle devait ressentir pour moi, je préférais fermer les paupières et me délecter de son parfum de fleurs qui me parvint quelques secondes après qu'elle s'arrêta de marcher.
Je savais qu'elle devait se trouver devant moi à seulement deux ou trois mètres.
La seule chose à laquelle j'arrivais à penser, c'est l'avenir que cette femme et moi aurions eu si Tanya n'avait pas existé.
Je restais un long moment les paupières closes à attendre qu'elle parle mais elle ne le fit pas. Me doutant que sa visite n'était pas éternelle, je finis par ouvrir les yeux à contre cœur.
Je tombais d'abord sur ses éternels escarpins qui me paressèrent vraiment incongrue dans un endroit comme celui-là. Je remontais ensuite sur sa robe noir, une couleur que je ne lui avais jamais vu porté avant de tomber sur son visage fermé.
Je n'avais jamais eu le droit à cette expression-là de sa part. Même au début de notre collaboration, elle ne m'était jamais apparu aussi glaciale, à mille lieux de la femme décontracté et pleine de vie que j'avais tenue dans mes bras sur le perron de sa porte, trois jours auparavant.
Cette femme avait été mienne l'espace d'un instant et pourtant cela me paraissait si loin déjà.
Je fermais les yeux afin de tenter de me calmer avant de les rouvrir.
Ses poings serrés le long de ses flancs ne m'échappèrent pas. Elle était littéralement entrain de bouiller de rage.
Quand mes yeux croisèrent les siens, je ne pus m'empêcher de lui dire les seules mots qui me traversèrent l'esprit.
- Je suis … tellement … désolé … Bella …
Je la vis parfaitement se tendre encore d'avantage à mes paroles. Son expression changea et ses yeux se noircirent sous la haine fulgurante qu'elle éprouvait envers mois.
- J'avais confiance … en toi …
Elle serrait tellement les dents que les mots avaient du mal à franchir ses lèvres.
- J'y croyais …
Chacune de ses paroles étaient une lame qu'elle enfonçait elle-même dans ma chair.
James avait vraiment trouvé la vengeance parfaite. Quoi de plus horrible que d'être détruit par la femme que l'on aimait.
- Tu as approché … mes filles … moi … tu es entré dans ma maison et dans ma vie … tu m'as écouté … tu t'es permis de me conseiller … de me donner des leçons … tu parlais de mensonges, de secrets et de non-dits … moi c'est de trahison dont je te parle …
J'ignore si s'était la disposition de la pièce mais le mot résonna en écho plusieurs fois. La voix de Bella était caverneuse et transmettait parfaitement les nombreuses émotions qui la traversaient.
- Bella …
- Ne m'appelle pas ainsi … tu n'as pas le droit …
- Je sais …
Je tentais de me lever pour m'approcher d'elle mais je fus violement tiré vers l'arrière à cause des menottes accrochées à la chaise fixée au sol.
Je ne pouvais pas bouger. La seule manœuvre que je pouvais faire, c'est tendre la main.
- Je n'ai jamais voulu te faire de mal et encore moins à tes enfants … les choses ont pris une tournure auxquelles je ne m'attendais pas … et ensuite … je voulais juste profiter de l'instant qui m'était accordé prêt de toi … mais je comptais te le dire … j'ai juste reculé l'instant … j'ai trop attendu …
Elle pinça les lèvres avant de reprendre la parole d'une voix dure.
- Depuis quand es-tu au courant ? Le début ?
Je secouai la tête.
- Pas du tout … je n'ai fait le lien que le jour où tu as accepté de nous accompagner au parc …
- Donc avant que nous …
- Oui avant …
Je n'avais aucune excuse et je le savais parfaitement. Que j'ai finalement prit la décision de tout lui révéler n'était pas une excuse en soit. Rien ne pouvait m'excuser.
- Comment as-tu pu … en sachant … comment tu as pu me regarder dans les yeux … comment es-tu parvenu à me … à me toucher … en sachant …. Que tu étais en parti responsable de ma douleur ?
- Je n'ai jamais voulu ça Bella … j'étais déjà amoureux de toi quand je me suis rendu compte que …
- Que tu avais tué mon frère …
C'était encore pire que ce que j'avais imaginé. Bella était un amas de souffrance et de douleur. Je l'avais brisé encore plus profondément que ce qu'elle était auparavant. Comment avais-je pu penser un seul instant qu'elle serait à peine affectée par mon comportement ? Comment avais-je pu croire qu'elle reprendrait sa vie comme elle l'avait laissé après m'avoir rencontré ?
- Tu es un assassin !
Tout en prononçant ses mots, je vis parfaitement ses larmes se mettre à couler le long de ses joues et descendre dans son cou.
Etre témoin de ce spectacle me brisa un peu plus.
- Je sais Bella … mais je te jure que je n'ai jamais voulu tuer ton frère … il était tout simplement là … et je te jure que je dis la vérité ! Je ne sais pas ce que t'a raconté James mais … je n'ai tiré qu'une seule balle … il n'y a eu qu'un seul coup de feu ..
- Deux balles ! Mon frère a reçu deux balles ! Tu mens ! Tu mens comme tu respires !
Elle était hors d'elle. Sa haine et son dégout pour moi étaient si présents que j'en étais vraiment malade.
- Je te jure que non ! Je ne mens pas. Bella je t'en prie … tu me connais … je n'ai jamais joué avec toi … je n'aurais jamais tué ton petit frère de sang-froid ! Je n'ai tiré qu'une seule balle dans cette bagarre et …
- Et mon frère a reçu une balle dans la tête tu ne peux pas le nier !
Non je ne le pouvais pas. Depuis 16 ans je pensais être coupable comment pouvais-je demander à cette femme de me croire ? J'étais coupable autant à ses yeux qu'aux miens.
Qu'importe la deuxième balle, qu'importe James ou cet enfant derrière les poubelles.
- Tu as eu une relation avec ma sœur … elle avait besoin d'aide et tu l'as laissé toute seule …
Mes larmes se mirent à couler à leur tour faisant écho à celles de cette femme magnifique ravagée par ce que je lui avais fait.
- Tu étais sans doute la dernière personne dont j'aurais douté … comment aurais-je pu soupçonner ton lien avec mon passé ?
Je n'avais plus vraiment l'impression qu'elle s'adressait à moi. C'est comme si elle se parlait à elle-même.
Le silence tomba pendant lequel je la vie essuyer ses larmes et reprendre contenance.
- Tu vas payer pour ce que tu lui as fait … je vais te détruire Edward Cullen comme tu as détruit la vie de mon frère … et la mienne … je vais tellement te briser que tu vas regretter le jour où tu m'as rencontré …
- Vas-y Bella mais je ne regretterais jamais ce vendredi après-midi crois-moi … et je veux que tu saches que je pensais chacune des paroles que je t'ai dîtes, chacun des gestes que j'ai eu envers toi … j'étais sincère …
- Tu es pathétique … mais sache que je vais prendre d'autant plus de plaisir à te faire payer …
Sur cette menace elle tourna les talons et se dirigea vers la sortie.
- Je suis désolé Bella, tellement … mais je t'en prie si il te reste une seule note de sympathie pour moi, cherche à comprendre et demande toi une seconde si je suis le seul à devoir payer ! James est aussi coupable que moi !
- Si tu crois que je vais le laisser tranquille !
Elle me tournait le dos et je savais qu'elle allait partir .
- J'aurais voulu que les choses se passent autrement …, murmurai-je en la voyant avancer sa jambe pour partir.
Je ne cessais de répéter mes excuses jusqu'à ce qu'elle disparaisse au loin, le bruit de ses talons résonnant dans mon esprit comme un glas annonçant ma mort prochaine.
PDV Bella
Qu'avais-je fait pour mériter ça ? Quels étaient mes crimes ? Mes péchés ?
Etais-je vraiment une si mauvaise personne pour que la vie s'acharne sur moi de cette façon ?
- Vous êtes entrain de vous détruire Isabella, me lança Aro d'une voix calme et sans réel éclat.
Je portais mon regard sur lui, pleine de haine et de rancœur.
- Je suis prête à courir le risque. Je payerais pour les crimes que j'ai commis, ne vous faîte aucun soucis et puis je suis certaine que la société a les reins assez solides pour supporter des contrats en moins pendant quelques temps …
A dire vrai, arrivée à ce stade, je me moquais éperdument de ce qui pouvait bien se passer. La compagnie pouvait bien couler dans l'heure, je n'étais pas certaine que je ressentirais encore quelque chose.
J'étais comme … anesthésiée comme si quelque chose animée mon corps mais que je n'étais maîtresse de rien.
- Je ne parlais pas de la compagnie … nous avons signé tellement de contrat ces derniers temps que je ne me fais pas beaucoup de soucis la dessus … quand à ce qu'il pourrait se passer avec la justice … je suis certain que j'arriverais à soudoyer quelques jurés … mais je parlais de vous Isabella …
Je détournais le regard de ses prunelles bien trop intenses et inquisitrices à mon goût. Je ne voulais pas qu'il me sonde, je ne voulais pas qu'il comprenne l'état dans lequel je me trouvais.
Je ne voulais tout simplement pas qu'il se rende compte que je venais tout simplement de mourir.
Mon cœur hurlait dans ma poitrine sous les coups qu'il avait reçus encore et qui venaient probablement de l'achever. Il était entrain de se briser en mille morceaux dans ma poitrine et je ne pouvais rien faire pour arrêter le massacre.
- Je saurais gérer la crise que vous avez créé, de toute façon nous n'avons guère le choix. Je vais amadouer la justice et le reste mais vous … êtes-vous vraiment capable de gérer votre passé ? Non seulement devant un tribunal mais également aux yeux des clients, de la société ou encore du monde extérieur ? Est-ce que vous êtes réellement prête à assumer les erreurs que vous avez commises ?
Honnêtement ses questions avaient du sens mais dans mon esprit, une seule chose était vraiment importante.
La vengeance.
La haine, la douleur et le mépris étaient guidés par une seule et même pensée. Me venger d'Edward Anthony Cullen et le détruire comme il venait de le faire avec moi.
- Vous allez lever le voile qui vous dissimulait … tout ce que nous avons construit ses dernières années sera massacré … vous n'aurez plus de secret Isabella. Votre vie sera étalée au grand jour et celle de votre famille également …
- Vous m'avez déjà mise en garde Aro !
Il hocha la tête.
- Je le sais. Mais cette fois-ci ce n'est pas seulement de vous que je m'inquiète … mais aussi des filles … avez-vous pensé à Kiara ? Son père ne risque-t-il pas de surgir après toutes ces années ?
- Le père de Kiara ne fait plus partie du décor depuis longtemps Aro !
En fait je n'en savais rien mais il y avait peu de chance pour que cette affaire-là soit révéler. Après tout, je ne voyais pas bien qui pouvait découvrir la vérité.
- Et je sais que mes filles vont en souffrir … mais avez-vous pensé une seule seconde à mon petit frère ? Il va enfin avoir le droit à la justice qu'il mérite …
Aro regarda à travers la fenêtre de la limousine avant de prendre une grande inspiration et de se lancer. Je sentais que je n'allais pas aimer ce qu'il allait dire.
- Bella … avez-vous réellement entendu l'interrogatoire d'Edward Cullen ? C'était un accident !
Mes dents se crispèrent et je refermais les poings sur mes pouces.
- Qui vous dit que c'est la vérité ? Vous n'avez donc pas lu cette lettre ? Cet homme est un menteur et un assassin !
- Cet homme s'est surtout fait piéger !
Je ne retournais vers lui choquée.
- C'est vraiment ce que vous pensez ?
- C'est votre sœur la fautive !
- Ça c'est ce qu'il dit ! Mais dans sa lettre …
- C'était une toxico et une prostituée Isabella ! Je n'aurais pas confiance en elle, même si j'avais la vérité en face de mon nez ! Et une arme avec des empruntes ne prouve strictement rien ! Edward a avoué que c'est lui qui l'avait dans la main ! Mais il y eu deux coup de feu et il affirme qu'il n'en a tiré qu'un ! Je pense que vous savez mieux que personne de quoi James Nomade est capable ! Vous savez parfaitement que cette histoire est vraiment trop louche pour être crédible !
Je secouai la tête et me frottais le visage.
- Vous savez que j'ai raison … c'est James qu'il faut faire enfermer et non Edward …
- Je vous rappelle qu'il est le bras droit de Caïus Vladescu l'homme avec lequel vous venez de signer un contrat Aro !
Il me regarda les yeux plissés et tellement brillant que je fus un instant interpellée.
- Aro ?
- Vous pensez réellement que j'allais signer le moindre contrat avec un trafiquant d'armes ?
- Je ne comprends pas … j'ai apposé ma signature …
- D'un contrat factice Isabella … mais parfaitement légal. J'ai juste ajouté une page en plus dans le feuillet dont Caïus Vladescu ne s'est même pas rendu compte …
Je restai choquée et sans voix durant de longues secondes.
- Mais pourquoi ? Je veux dire …
- Je n'allais surement pas lier la société à ce type n'ayant aucun scrupule à vous rabaisser comme il le fait … vous n'êtes pas la seule à vouloir la vengeance … et il était réellement temps de mettre fin à ces tentatives pathétiques de couler la compagnie … en le faisant investir dans des actions boursières à déficit, j'étais presque certain qu'il allait perdre la somme colossale qu'il allait investir …
- Pourquoi ne m'avoir rien dit ?
- Je n'ai pas jugé bon de le faire … vous aviez d'autres préoccupations …
Alors Aro n'avait jamais cessé d'être de mon côté ? J'avais douté d'un des rares hommes qui ne m'avait jamais voulu de mal.
- Et Marcus ?
- Il est au courant bien sûr … c'est même lui qui m'a aidé avec la légalité …
Honnêtement je ne m'y étais pas attendu. Jamais je n'aurais pu penser qu'Aro imagine un plan pour enfin régler le problème Caïus Vladescu.
- Mais tout ça n'est que détails Isabella …
Je secouai la tête de nouveau afin de me remettre les idées en place avant prendre une profonde inspiration.
- Edward Cullen est un meurtrier et croyez-moi je vais lui faire regretter le jour où il est né !
Heureusement pour moi, la voiture s'arrêta à ce moment-là devant les bureaux de la compagnie. Je n'attendis même pas que quelqu'un vienne ouvrir la portière, j'attrapais la poignée et en deux secondes je me retrouvais sur le trottoir.
Je n'attendis personne et je pris l'ascenseur qui me mena directement à l'étage de la compagnie.
Sans regarder personne, je me dirigeais à la manière d'un robot vers mon bureau dont je refermais la porte sans attendre.
Je m'adossais au battant et me laissais tomber sur le sol.
Pourquoi avais-je l'impression qu'on venait de m'arracher une partie de moi-même ? Pourquoi ses émotions qui me terrassaient étaient-elles encore plus violente que le jour où j'avais compris que mon mari ne reviendrait pas ? Que je ne reverrais jamais le doux sourire de mon frère ? Et que mes parents ne seraient plus jamais là pour sécher mes larmes ?
Ce vide en moi était si grand, qu'il allait m'engloutir.
Aro avait tort. Edward Cullen était entièrement responsable de ce qui s'était passé 16 ans plus tôt et encore plus de ce qu'il se passait en ce moment à l'intérieur de moi.
Pour quelles raisons était-il entré dans nos vies ? Qu'avait-il gagné à me faire croire en un futur qui au final n'existerait jamais ?
S'attendait-il vraiment à ce que je ne découvre jamais la vérité ?
Depuis que j'avais compris, je n'arrivais plus à penser de manière cohérente.
La seule chose qui avait un sens pour moi, c'était de voir Edward Cullen payer pour ce qu'il avait fait à mon frère et aussi pour ce qu'il m'avait fait à moi.
Il devait payer, j'avais juste envie qu'il paye.
Alors qu'en pensez-vous ?
Voilà un premier voile qui se lève sur ce qu'il s'est passé le soir de la mort de Quil !
Pour le prochain chapitre, ce sera un léger retour en arrière !
A la semaine prochaine !
