ORE NO IMOUTO GA KONNA NI KAWAI WAKE GA NAI
VOLUME FINAL
chapitre 4.2
« D'accord, je te remercie ! A bientôt »
J'avais poussé un soupir de frustration en raccrochant pour la énième fois ce fichu téléphone.
Cela faisait maintenant une demi heure que j'avais reçu le mystérieux message que Kirino m'avait envoyé après avoir tenté de me joindre plusieurs fois pendant que j'étais occupé avec Ayase. Alors que j'avais mis mon portable à recharger, elle m'avait laissé utiliser son fixe pour que je puisse appeler les amies de ma sœur que ma mère n'avait pas forcément contacté. J'avais réussi à joindre Saori, Kuroneko, Kanako et deux de ses amies du collège auxquelles elle parlait de temps en temps et dont Ayase m'avait donné le numéro. Mais rien n'y faisait. Aucune d'elles n'avaient vu Kirino depuis hier. Elle avait totalement disparu depuis que maman l'avait vu sortir de la maison il y a de cela une heure et demi maintenant. Et plus le temps passait, plus mon inquiétude augmentait.
« O … Onii-san ! Calme toi ! » m'avait adressé Ayase en voyant mon insistance à lui demander si Kirino n'avait pas encore éventuellement des amies chez qui elle pourrait être.
« Ah. Excuse moi … » répondis je un peu gêné en voyant que j'avais un peu trop élevé la voix. « C'est juste que … Ce genre de truc ne lui ressemble pas du tout ! » m'étais je écrié en remontant les escaliers pour retourner dans la chambre d'Ayase.
« M … Moi aussi je suis inquiète Onii-san ! » enchaîna t'elle en me suivant. « Mais on va la retrouver. Je suis sûr que Kirino a une bonne raison pour avoir fait ça ! » conclua t'elle avec conviction.
Je n'avais pas répondu à la tentative d'Ayase de me rassurer. Il faut dire qu'elle n'avait pas vraiment été convaincante. J'avais même l'impression que elle-même ne croyait pas à ce qu'elle disait. Ce qui ne faisait que renforcer mon stress. Une fois dans la chambre d'Ayase où j'avais laissé mon portable en recharge, j'avais jeté un bref coup d'œil dessus pour voir si la batterie était suffisamment rechargée. Le niveau m'avait convaincu et je m'étais empressé de débrancher le chargeur pour mettre le portable dans la poche de mon blouson que je venais de renfiler.
« Bien ! Je vais me mettre à sa recherche ! » avais je lancé en finissant de boutonner mon blouson
« O … Onii-san ! Attends, je vais venir moi aussi ! » m'avait adressé Ayase en sortant une veste de son placard.
« Ayase ? » avais je dit pour attirer son attention pendant qu'elle revêtait son pardessus.
« Oui onii-san ? » me répondit elle en se retournant.
« Je peux t'emprunter cette photo ? » lui avais je demandé en désignant la photo sur son bureau la représentant elle et Kirino. « L'écran de mon portable est cassé et avec cette pluie, je ne pourrai pas m'en servir pour montrer de photos de Kirino aux gens pour la chercher » m'étais je justifier.
« Oh … » fit elle en rougissant un peu. « D … D'accord onii-san » finit elle par réagir en commençant à sortir délicatement la photo du cadre.
« Merci Ayase » avais je répliqué en essayant de sourire un peu.
« Tiens onii-san » fit elle en me tendant doucement la photo. J'avais tenté de la saisir mais Ayase n'avait pas voulu la lâcher tout de suite. « Par contre, il faut que tu me promettes de ne pas la perdre. C'est … C'est une des premières photos que j'ai faite avec Kirino quand j'ai commencé à travailler avec elle » s'était elle justifié un peu embarrassée en fuyant mon regard.
« Ne t'inquiète pas » lui avais je répondu avec aplomb. « Je prendrai soin de cette photo comme si c'était Kirino elle-même » l'avais je rassuré.
En entendant mes mots, Ayase accepta enfin de me laisser lui prendre la photo que j'avais immédiatement précieusement rangée dans mon portefeuille. Mon regard s'était alors porté en direction de la fenêtre pour voir si le temps était toujours aussi mauvais, ce qui était malheureusement le cas. Sentant qu'il n'y avait plus une seconde à perdre, j'étais immédiatement sorti de la chambre pour descendre au rez de chaussée me dépêcher de mettre mes chaussures. Ayase m'avait immédiatement emboîté le pas et nous nous étions retrouvé en même temps à l'extérieur, prêts à entamer les recherches.
« Onii-san, tu as une idée de l'endroit où on pourrait trouver Kirino ? » m'avait questionné Ayase en fermant soigneusement à clé la porte.
« Eh bien … » avais je commencé à répondre en m'efforçant de garder mon parapluie droit malgré le vent. « J'avais pensé aller à Akihabara dans des circonstances normales mais je ne pense pas que ce soit là bas qu'elle soit »
« Oui c'est vrai. Mais ou va-t-on pouvoir aller la chercher alors ? » rétorqua Ayase sur un ton inquiet ?
« On va essayer de demander aux commerçants près de chez moi s'ils l'ont vu passé » lui avais je répondu après quelques secondes de réflexion. « Dépêchons nous, on ne sait pas ce qui a pu se passer ! » avais je conclu en franchissant le portail.
C'est ainsi que Ayase et moi nous nous sommes retrouvés dans la rue sous une pluie battante, un parapluie chacun. Mais alors que nous nous apprêtions tous les deux à une marche forcée et rapide, une camionnette blanche dont la carrosserie était parée d'illustrations de personnages d'animés arriva en trombe vers nous avant de s'arrêter à notre hauteur. Je m'étais demandé un instant si ce n'était pas Kirino qui allait en sortir pour nous dire qu'elle nous avait bien eu avec son fameux message. Mais en voyant le conducteur, mes espoirs s'étaient dissipés.
« S … Saori ? » avais je crié surpris en la reconnaissant avec ses fameuses lunettes. « Qu'est ce que tu fais ici ? »
« Kyosuke-shi ! Ayase-chi ! Dépêchez vous de monter ! » me répondit elle avec enthousiasme. « On est venu vous aider ! »
« Hein ? Qui ça « on » ? » avais je demandé aussi perplexe qu'Ayase qui se tenait à côté de moi.
Une seconde après avoir posé cette question, les portes de la camionnette s'ouvrirent brusquement pour laisser apparaître … Kuroneko et Sanada ! Ils nous avaient invité à monter tout de suite car il n'y avait pas de temps à perdre. Un peu interloqué mais néanmoins confiant en voyant mes amis se trouver là au moment où j'avais le plus besoin d'eux, je m'étais engouffré sans plus attendre dans la camionnette en invitant Ayase à faire de même. Elle avait hésité mais comme je ne voulais pas perdre de temps, je lui avais pris la main sans réfléchir et je l'avais entraîné avec moi. Une fois que nous fûmes tous les deux à l'intérieur, Saori démarra en trombe, nous faisant légèrement perdre l'équilibre à moi et aux autres. Une fois remis, j'avais demandé à Kuroneko pourquoi ils étaient ici.
« C'est le vehicule d'intervention spécial de l'Otaku Girl de Saori pour les cas d'urgence » m'avait répondu Kuroneko en se tenant aux côtés de Sanada.
« Un vehicule d'intervention d'urgence hein ? » avais je réagi peu convaincu en regardant autour de moi. Il y avait quelques ordinateurs portables, un coffre contenant des vêtements de cosplay et autres accessoires, des mangas éparpillés un peu partout et quelques posters d'animés sur les recoins.
« Oui » m'avait rétorqué Kuroneko. « On s'en sert des fois pour aller participer à des achats tard le soir ou pour assister à des avant premières loin de Chiba. C'est très pratique » conclua t'elle de façon détachée.
« Je vois … » avais je répliqué un peu confus.
Sans que je n'aie eu le temps de prononcer une parole de plus, la camionnette négocia un virage apparemment serré un peu trop brutalement. Nous nous étions à nouveau retrouvé tous par terre après avoir perdu l'équilibre. J'aurais pu heurter le corps d'Ayase ou de Kuroneko mais il avait fallu que je rencontre celui de Sanada. Une fois remis, cet idiot s'était maladroitement excusé de m'avoir involontairement donné un coup de coude sur la figure.
« Dites … » m'étais je inquiété en retrouvant mon équilibre. « Est-ce que Saori a son permis au moins ? »
Kuroneko m'avait regardé un peu perplexe avant de me répondre.
« C'est une question intéressante. Je la lui poserai quand on sera descendu » avait elle dit un peu trop naturellement pour que ça paraisse normal.
« C'était avant de monter qu'il aurait fallu la lui poser ! » avais je vociféré, outré par tant d'irresponsabilités.
« Ne t'inquiète pas, Kyosuke-shi ! » m'avait adressé Saori par l'intermédiaire d'un interphone. « Je fais de la conduite accompagnée depuis l'année dernière avec mon chauffeur. Et au besoin, j'ai un faux permis de conduite qui ressemble à s'y méprendre à un vrai ! »
« B … Bien … Dans ce cas … » avais je répliqué, encore plus inquiet que tout à l'heure.
« En général, c'est son chauffeur qui conduit. Elle a dû être prise de court par l'urgence je suppose » avait rajouté Kuroneko pour justifier la réaction de Saori.
« Oui je comprend » avais je rétorqué en essayant d'être compréhensif. « Mais pourquoi êtes vous venu nous chercher ? »
« Lorsque tu as appelé Saori tout à l'heure, elle s'est beaucoup inquiété et elle m'a téléphoné juste après toi pour me demander si on voulait se joindre à l'opération « Kirino ». J'ai accepté bien sûr. Kirino est ma meilleure amie » m'avait précisé Kuroneko sur un ton qui trahissait un léger stress.
« D'accord. Mais et lui ? » avais je ajouté en désignant Sanada d'un air suspicieux. « Je ne me souviens pas l'avoir appelé »
« Oh. Eh bien, je me suis dit que ce serait bien d'avoir quelqu'un en plus pour nous aider » s'était justifié Kuroneko en rougissant un peu.
« Je ne connais pas Kirino mais si c'est la meilleure amie de Kuroneko, alors je ferai tout pour la retrouver ! » m'avait déclaré confiant Sanada avant que je n'aie eu le temps de réagir.
« Bon … Après tout tu ne seras pas de trop » avais je finalement répliqué en souriant à Sanada. « Mais où est ce que Saori nous emmène ? »
Kuroneko m'avait expliqué que l'idéal selon les informations que l'on avait serait de commencer nos recherches à partir de chez moi en remontant jusqu'au centre ville. Pendant ce temps, nous avions évidemment essayé de joindre à nouveau Kirino mais son portable ne semblait même plus être allumé. Ayase avait rapidement fait connaissance avec Sanada et avait adressé ses félicitations à Kuroneko pour son nouveau petit ami. L'atmosphère s'était un peu détendue depuis que j'avais reçu l'inquiétant message que ma sœur m'avait envoyé mais l'inquiétude de tout le monde était palpable. Surtout la mienne apparemment étant donné que Ayase et Kuroneko n'arrêtaient pas de vouloir me rassurer sur le fait qu'on allait retrouver Kirino.
Arrivé chez moi, nous avions rapidement remonté avec la camionnette tous les chemins possibles pour se rendre au centre ville mais nous avions fait chou blanc. La pluie redoublait toujours de violence et il était difficile d'identifier les gens qui se promenaient dehors à cette heure ci. Heureusement, maman m'avait dit que Kirino était sorti avec son uniforme de collègienne, ce qui allait faciliter nos recherches. Une fois arrivés au centre ville, nous avions décidé de garer la camionnette dans un coin pour commencer à questionner les gens dans la rue. Nous nous étions séparé en groupe en essayant de montrer une photo de Kirino au plus grand nombre de gens possible mais aucun n'avait semblé l'avoir aperçu. Même les commerçants du quartier ne l'avaient pas vu. Il faut dire qu'à cette heure ci et par ce temps, ils n'avaient pas vraiment fait attention à ce qui se passait dans la rue.
« Alors, quelqu'un a trouvé une piste ? » avais je demandé alors que Saori, Sanada, Ayase, Kuroneko et moi nous étions rassemblés.
« J'ai interrogé tous les commerçants de la rue mais personne ne l'a vu passer » avait répondu en premier Saori
« Pareil pour nous » avaient poursuivis Sanada et Kuroneko. « On dirait qu'elle n'a pas fait d'achat dans le coin »
« Je n'ai rien trouvé non plus » s'était désolée Ayase, déçue elle aussi de ne pas pouvoir apporter de bonnes nouvelles.
Nous étions tous un peu désemparés à ce moment là. Nos parapluies à la main, nous nous étions demandés par où il fallait poursuivre nos recherches. Saori avait alors suggéré de nous rendre dans un autre coin du centre ville proche de la maison où Kirino aurait pu se trouver. Et c'est le cœur rempli d'inquiétude que nous étions tous remontés dans la camionnette pour nous rendre rapidement à l'endroit que Saori avait mentionné. Une fois arrivé, elle gara à nouveau la camionnette et nous avions cette fois décidé de remonter les rues tous ensemble pour être sûrs de ne pas manquer un indice qui aurait pu être important.
La pluie n'avait toujours pas cessé de tomber depuis, comme pour nous décourager de poursuivre nos recherches. Mais cette pensée n'avait effleuré personne et tout le monde prenait soin d'interroger tous les passants qu'ils croisaient en leur montrant une photo de Kirino. Moi-même, je redoublais d'effort malgré mon inquiétude pour questionner les gens avec calme. A chaque fois que je sortais la précieuse photo à laquelle tenait tant Ayase, je ne pouvais cependant pas m'empêcher d'être de plus en plus tourmenter en la regardant. C'était dur de ne pas penser au pire dans ce genre de situation. Mais ça ne m'avait pas empêché de continuer à braver le mauvais temps avec mes amis qui eux-mêmes faisaient de leur mieux pour m'aider, bien qu'ils étaient probablement aussi inquiets que moi.
Notre groupe progressait petit à petit dans la rue. Nous faisions chacun nos recherches de notre côté sans vraiment nous soucier des uns des autres. A court de passants et de commerçants, nous avions décidé de changer de rue au pas de course. A court de souffle à un moment, je m'étais retrouvé derrière tout le monde, occupé à lutter contre le vent pour ne pas qu'il m'arrache le parapluie des mains.
C'est alors que je l'ai entendu. Une voix familière qui m'avait appelé de mon côté droit en criant de toutes ses forces.
« Kyosuke ! »
Je m'étais arrêté net.
Ce cri résonna dans ma tête quelques secondes avant de disparaître. J'avais scruté la rue à ma droite pour voir d'où ça pouvait venir mais il n'y avait personne que je connaissais sur les trottoirs. En regardant bien, il y avait de l'autre côté de la route un bar à l'enseigne un peu équivoque. On aurait dit que le cri venait de là. C'était Kuroneko et Sanada qui avaient fait des recherches de ce côté-ci mais vu l'allure du bar, ils n'avaient sans doute pas songé que ma sœur puisse s'y trouver. D'ailleurs, même après avoir entendu cet appel, j'avais moi aussi du mal à y croire. Je n'étais même pas sûr que ce genre d'établissement acceptait les mineurs. Et pourtant, plus je regardais en direction de ce bar et plus j'avais la certitude que le cri que j'avais entendu ne pouvait provenir que de là bas.
Je m'étais apprêté à attirer l'attention des autres pour qu'ils m'accompagnent mais en reposant mon regard devant moi, je m'étais aperçu qu'ils étaient déjà loin devant. Cela m'avait surpris. Pourquoi ils ne s'étaient pas arrêtés eux aussi en entendant ce cri ? Même avec le bruit de la pluie et de la circulation, il était impossible qu'ils ne l'aient pas entendu. Et pourtant, ils avaient continué de courir comme si de rien n'était pour se diriger vers la rue voisine. Ils semblaient ne même pas avoir remarqué qu'ils m'avaient laissé derrière.
Un peu confus, j'avais hésité pendant quelques secondes à prendre le risque de sortir mon portable au risque que la pluie le rende rapidement inutilisable pour faire signe à mes amis de m'accompagner. Mais j'avais décidé de ne pas perdre de temps et de traverser rapidement la route pour aller inspecter ce bar suspect. Le cri de ma sœur hantait mes pensées de plus en plus et amplifiait au fur et à mesure ma hâte de la retrouver. Finalement, le feu piéton passa au vert et je pu traverser avant de me ruer à l'entrée du bar que j'avais ouverte sans ménagement.
Une fois à l'intérieur, j'avais rapidement replié mon parapluie avant de balayer du regard chaque recoin de ce bistrot dans l'espoir d'y trouver ma sœur. J'avais à peine jeté un bref coup d'œil que j'avais déjà aperçu à l'accoudoir du bar une jeune fille portant un uniforme de collégienne. En relevant rapidement les yeux, j'avais reconnu tout de suite la longue et soyeuse chevelure rousse de ma sœur. Elle était entouré de deux gars bien plus âgés qui avaient l'air de la draguer. Excédé par cette vision, je m'étais sans plus attendre dirigé vers elle et je l'avais interpellé en ignorant les deux hommes qui l'entouraient.
« Hé ! Kirino ! » lui avais je lancé en mettant ma main sur son épaule. « Qu'est ce qui se passe ?! Qu'est ce que tu fais ici ? » m'étais je écrié avec colère.
« Beuh ? » m'avait adressé ma sœur d'un air hagard. « Oh c'est toi ? »
Kirino avait l'air complètement à l'ouest. Son regard était terne. En regardant sur le bar, j'avais vu plusieurs verres vides devant elle. Des verres qui étaient destinés en général à contenir de l'alcool. Et ma sœur en avait un rempli à la main.
« Qu'est ce que ça veut dire ? C'est quoi tous ces verres ? Tu … Tu as bu de l'alcool ?! » m'étais je écrié, choqué de voir ma sœur dans cet état.
« Qu … Qu'est ce ça peut te … te foutre hein ? » avait difficilement articulé Kirino en dégageant une haleine imbibée d'alcool. « Et puis tu … tu fais quoi ici ? T … T'as pas quelqu'un qui t'attend a … ailleurs ? Allez d … dégage » m'avait elle lancé un peu énervée en balançant son verre de droite à gauche
« Je ne comprends rien à ce que tu racontes. Commence par poser ce verre ! » avais je hurlé à ma sœur en lui prenant d'autorité son verre des mains.
« Ho ! R … Rends moi ça espèce de m … méchant ! » répliqua ma sœur en tentant maladroitement de reprendre son verre.
« Hé vous ! » avais je crié en m'adressant au barman qui m'avait regardé un peu inquiet. « Vous lui avez demandé son âge avant de lui servir tous ces verres ?! » poursuivis je en désignant tous les verres vides sur le comptoir.
« C'est que … » me répondit embarrassé le barman en paraissant trembler un peu. « Ce … ce sont eux qui me l'ont demandé » fit il en désignant un des gars qui avait eu l'air de draguer ma sœur quand j'étais rentré.
En regardant le type qui m'avait était désigné, il s'agissait d'un homme ayant environ la trentaine et qui était habillé comme un homme d'affaire. Mais sa coupe de cheveux et son visage parsemé de quelques cicatrices bien visibles me disait que ça ne devait pas du tout en être un. Il m'avait dévisagé froidement sans un mot, une cigarette à la main et un verre de l'autre. Bien que j'étais furieux, j'avais éprouvé un certain malaise en regardant cet homme de plus près et j'avais hésite quelques secondes avant de lui demander des explications. Mais ma fureur avait finalement vite reprit le dessus.
« Je peux savoir ce qui vous a prit de faire boire de l'alcool à une fille qui n'a même pas 16 ans ? » avais je fini par vociférer à l'attention du type à ma droite.
« Dis donc sale merdeux … » avait répliqué froidement l'homme en question avant de poser son verre après l'avoir vidé. « Tu as une idée de à qui tu es en train de parler là ? »
Et comme pour joindre le geste à la parole, l'homme mystérieux m'avait fait face et avait mis son bras droit en évidence devant moi avant de retrousser sa manche jusqu'au coude. Mon sang s'était glacé en voyant la chose qui s'était dévoilée devant moi. Sur son avant bras était gravé un grand tatouage en forme de dragon. Et en dessous, le nom du clan auquel il appartenait : les Nakamura. Une famille célèbre dans la ville pour être de puissants yakuzas.
« Ça craint ! » m'étais je dit à moi-même en tentant de masquer ma peur.
