Et voici la deuxième partie... J'espère qu'elle vous satisfera :)
Le soir-même, bien après le dîner avec ses parents, elle leur souhaita bonne nuit et partit s'enfermer dans sa chambre. Il était un peu plus de vingt deux heures, dans un peu plus d'une vingtaine de minute, Finn et Sam viendraient la chercher au bout de la rue.
Elle patienta, écouta son mp3, ne lâchant jamais des yeux l'écran de son téléphone. Elle ne voulait surtout pas louper l'appel des garçons.
Près de six chansons plus tard, l'engin s'illumina sous le nom de Sam.
- Oui ? Chuchota-t-elle hâtivement, en balançant sans ménagement ses écouteurs sur son lit.
- On est là.
- J'arrive.
Rapidement, elle mit ses chaussures puis passa par sa fenêtre. Comme d'ordinaire, elle marcha sur le premier niveau du toit pour rejoindre la gouttière à quatre cinq mètres de là pour se laisser descendre le long de l'engin. Elle atterrit dans le jardin, se courba quand elle passa devant la fenêtre de la cuisine encore éclairé pour sortir finalement par l'entrée de derrière faisant ainsi le tour de la maison.
Par la suite, elle courut au bout du boulevard où elle repéra immédiatement le véhicule de Kurt que Finn avait emprunté. Elle monta derrière sur les brèves salutations de ses deux amis. Installée, Sam ne manqua pas de rajouter une dernière fois :
- Tu es bien sûr de vouloir venir ?
- Pourquoi on n'a pas encore démarrer ?
- Très bien.
Il roula des yeux dans un bref sourire qu'il partagea avec Finn qui démarra dans la seconde pour quitter les lieux.
Une dizaine de minutes plus tard, ils furent enfin à destination, sur le parking du Woodies. Un bar à tendance gay au vue des jeunes garçons qui passaient l'entrée, se garaient ou repartaient simplement. Elle repéra deux filles mais ce fut bien les seuls.
- Qu'est-ce qu'on fait une fois qu'on l'a repéré ? Demanda Rachel une fois le moteur arrêté.
Les deux garçons se dévisagèrent mal à l'aise alors que Rachel comprenait :
- Je vois… Vous n'avez pas de plan ?
- On s'est dit qu'on improviserait sur le coup, avoua Finn.
- Que vous utiliseriez vos poings plutôt…
- Non… On voulait juste lui faire peur. Mais surtout avoir la vérité sur ce qui l'a poussé à traiter Kurt comme il l'a fait et d'aller s'excuser convenablement auprès de lui, suivit Sam.
- Alors allons-y pour ces deux dernières choses. Pas besoin de faire peur à qui que se soit.
Ils descendirent de voiture, claquèrent les portières dans un même mouvement. Ils se dirigèrent jusqu'à l'entrée des lieux. Ils firent la queue derrière quelques jeunes puis une fois leur tour venu, le videur leur demanda leur papier d'identité. Toutes leurs cartes d'identités disaient qu'ils avaient plus de vingt et un an même si l'homme ne sembla pas croire une seconde à ce qu'elles disaient. Toutefois au bonheur de trois, il leur dégagea l'entrée sur la bonne soirée du videur.
Pas étonnant qu'il y ait tant de jeunes même un mercredi soir. Des faux papiers et les portes vous étaient grandes ouvertes.
Ils passèrent le vestibule assez sombre, dépassèrent les deux portes battantes et pénétrèrent dans les lieux. À part le choix de la musique, les quelques drapeaux couleur arc-en-ciel qui trônaient ici et là ainsi que la quantité de jeunes garçons, le bar était assez typique. Trônaient sur les murs des affiches encadrées de grands artistes ayant le plus souvent touchés de près la population gay. Le comptoir du bar juste devant eux, les chaises et tables étaient toutes faites du même bois. Un peu plus au fond, une façade aux vitres floutés se dessinait et laissait entrevoir une deuxième salle plus petite, légèrement à l'abri des regards.
- Vous le voyez ?
Sous l'interrogation de Rachel, ils décortiquaient uns à un les visages hétéroclites mais n'apercevaient pas le sien.
- Non…
- Peut-être dans l'arrière salle. Leur indiqua Sam d'un mouvement de tête peu après Finn.
Dans une même cadence, ils se dirigèrent jusqu'au petit coin. Passant en première l'embrasure découpée dans le mur, Rachel jeta un coup d'œil de droite à gauche de ces lieux où traînaient des banquettes à angles dans chaque recoin sombre de la pièce.
Puis soudain, le visage baissé, jouant du doigt avec le verre devant lui, elle repéra sa silhouette seule dans ces lieux. Il lui était impossible de déchiffrer ses traits. Mais même sans voir son visage, la colère monta d'un cran en elle.
Ses deux amis passèrent à leur tour l'ouverture alors qu'elle leur indiquait d'un mouvement du bras :
- Là…
Il dût entendre ce mot car, sans bien discerner son faciès caché par la pénombre, ils le virent tous trois relevé sa tête vers eux.
Déterminés, fulminants, ils terminèrent la distance qui les séparait de la table où il s'était installé, sous une parade du garçon qui les surprit d'autant plus que leurs yeux discernaient clairement à présent ses lignes ravagés :
- Vous êtes venu finir le travail ?
Il fallait avouer que les trois arrivants ne s'était pas attendu à ça…
Son visage était déconfit. La mâchoire enflée, l'œil jauni, la pommette fracassée… De près, si abimé, il ne ressemblait presque plus au garçon qu'il avait déjà eu l'occasion d'apercevoir.
Partis pour lui faire le moral sur son comportement, sous le choc, Rachel ne réussit qu'à demander le ton étrangement désolé pour lui :
- Qui t'a fait ça ?
- Comme si vous ne le saviez pas… souffla-t-il épuisé, buvant une gorgée dans son verre avec une certaine difficulté.
Les trois jeunes gens se regardèrent l'un après l'autre à la recherche d'une réponse qu'aucun ne semblait avoir. Ils étaient tout aussi intrigués.
- Vous ne savez vraiment pas ?
Ils bougèrent la tête en signe de négation alors que Blaine rajoutait, hachant ses mots :
- C'était un gars de votre chorale… Grand, baraqué, avec une veste de football sur le dos. Quand on était ensemble, Kurt a parlé de lui à quelques repris mais je n'ai jamais pu me souvenir de son nom
- Attends une minute…
La lumière se faisait dans les esprits des trois jeunes gens. Comment s'était possible ? Personne ne paraissait apte à mettre un nom sur le responsable des coups reçus par Blaine. Mais après quelques secondes, Finn finit par lâcher désarçonné :
- C'est David Karofsky qui t'a fait ça ?!
Comme il sembla subitement reconnaître le nom, il hocha de la tête en signe d'affirmation.
- Quand ça ?
- Il m'est tombé dessus après mes cours…
Subitement, ils entendirent Sam s'esclaffer haut et fort. Il se tint les côtes alors qu'il tenta difficilement de faire passer un message à travers son rire. Quand il se calma légèrement, il déclara profondément sincère :
- Je n'aurais jamais cru tant apprécier Karofsky !
- Sam… Le rappela à l'ordre Rachel même si elle comprenait ses émotions à cet instant. Le karma diriez-vous…
- Quoi ? Ce n'est pas comme si cette tête de con ne l'avait pas cherché. Cracha-t-il en pointant Blaine du doigt, les traits dégoutés.
- Votre ami n'a pas tort…
Cette réplique du capitaine des Warblers intrigua chacun des compères. Il admettait mérité ce qui lui arrivait ?
- Pourquoi il t'a attaqué ? L'interrogea alors Finn.
- Pour la même raison qui vous a poussé à venir ici ce soir. Il avala difficilement sa salive alors qu'il semblait souffrir des mots qui s'apprêtaient à passer ses lèvres. Pour ce que j'ai fait à Kurt.
Cette révélation surpris l'intégralité du groupe. David Karofsky qui protégeait l'honneur de Kurt… C'était loin d'être un évènement banal.
Mais délaissant ce sujet pour se concentre plus spécifiquement sur Kurt, Sam s'emporta soudain face au timbre du garçon :
- N'essaie même pas de faire comme si t'étais désolé. Tu t'es conduit comme un vrai connard avec lui ! Comment t'as pu lui faire ça ! Le larguer de la pire des manières et l'humilier ainsi tout en blessant ces sentiments.
- Je le suis, vous savez,… désolé. Je me suis peut-être conduit comme un vrai salaud en l'abandonnant de la sorte mais je ne suis pas responsable de la photo qui a été diffusé.
- Tu ne vas pas nous faire croire que ce n'est pas toi qui as pris ce cliché ?!
- J'ai pris la photo mais jamais je ne l'aurais fait circuler. Il soupira de remords, de regrets même puis renchérit assez troublé, je voulais juste garder cette image de lui.
Rachel se rappela alors la première impression qu'elle avait eue de cette photographie. La beauté qui transparaissait dans chaque pixel. Une scène précieuse qu'un détenteur aurait dû préférer garder pour lui seul.
Il y avait quelque chose qui n'allait pas dans toute cette histoire. Il manquait de nombreux coup de pinceau à ce tableau.
- Tu te moques de nous ?! Tu crois qu'on va gober le fait que tu n'es pas responsable de ça ?! Que quelqu'un a mis en ligne la photo qui se trouvait sur ton téléphone. Lâcha Finn, n'appréciant pas ses fausses excuses.
Mais l'étaient-elles ?
Un doute était né dans le cœur de Rachel. Cette détresse dans les yeux de Blaine, cette émotion à la pensée de celui qui avait été son amant. Si c'était de la comédie alors l'osc…
- Ecoutez, vous n'avez pas la moindre idée de ce que ça m'a coûté de le laisser dans cette chambre ce matin-là !
Il s'époumona brutalement, les poings crispés, le corps fébrile. Il semblait curieusement touché par tous ces évènements.
D'un accord tacite que les trois membres des New Direction partagèrent, Rachel demanda calmement :
- Et si tu nous expliquais… Mais pas d'entourloupes. C'est la vérité qu'on veut.
Sans prononcer un mot, il acquiesça au même instant que les trois amis s'installaient à ses côtés sur la banquette.
- Tout d'abord, le responsable de la diffusion de la photo s'appelle Sébastian. J'ai beau être capitaine de notre équipe, il en est le véritable « leader ». Et il a développé toute sorte de jeu avec nous pour arrêter de « s'ennuyer » comme il le dit si bien…
- Quand on vous a tous rencontré aux sélections, il n'était pas là pourtant. Compléta Sam encore sur les nerfs.
- Pour lui, tant qu'on ne prouvait pas que l'on était capable de gagner les sélections « sans son talent » alors il refusait de perdre son temps avec nous. À la Dalton, il a la main mise sur tout le monde. Il a carte blanche étant donné l'argent que donne sa famille à l'école chaque année en plus du fait que ses ancêtres ont aidé à créer l'académie. Et bien sûr, donner tant de pouvoir à un gars comme Sébastian crée une multitude de problèmes aux autres.
- Quels genres de problèmes ? Demanda Rachel très intrigué par le récit du brun, comme l'était ses deux partenaires à cet instant.
- Il aime bien lancer toutes sortes de paris que l'on ne peut bien évidemment pas refuser au risque d'être éjecter de la chorale sans commune mesure. Il a même réussit à faire virer quelqu'un de l'école une fois… Tout le monde sait que ce n'est pas quelqu'un de bien mais aller savoir pourquoi, il m'a prit sous son aile l'année dernière. À l'époque je venais d'arriver, je n'étais qu'un gamin qui voulait juste se faire une place auprès des autres. Donc, sachant qui il était, je suis entré délibérément dans son jeu. Je ne pensais pas alors aux conséquences.
- Kurt n'a pas été la première personne a qui tu as fait ça, n'est-ce pas ? S'exprima Finn le ton sec, déjà certain de ce fait.
- Non, c'est vrai. Avoua-t-il honnêtement. Seulement après cet été, à la rentrée de septembre, j'ai décidé d'arrêter de jouer selon ses règles. J'avais déjà fait suffisamment de mal comme ça… Je ne supportais plus l'image du garçon que j'étais devenu. Mais il n'a pas accepté ça. Il a menacé de me virer de la chorale, de me retirer la seule chose que j'aimais vraiment. Enfin quand il n'était pas aux entraînements…
- Alors tu as préféré continuer son petit manège, faire souffrir plus de gens encore… Qui peut prendre du plaisir à rester dans un groupe dirigé par un mec aussi infect ?! S'énerva de nouveau Sam.
- Je vous ai promis la vérité. Je n'ai jamais dit qu'elle serait facile à entendre. Lâcha-t-il le ton doux, acceptant pleinement les marques de rancœur et d'agressivité qui lui étaient faites. Comme s'il savait toutes les mérités.
- La chorale, le reste des gars… C'est tout ce que j'avais. Après un an à faire « ça » - il prononça ce court terme avec tant de dégout – j'en avais pris l'habitude. Je pouvais continuer à prendre ses « paris ». Cela dit, tout est allé de travers quand j'ai rencontré Kurt…
- Ne me dis pas que tu as commencé tout ça avec Kurt pour satisfaire ses lubies ? Dit Finn le timbre endurcit
- Non… J'ai parlé à Kurt, je lui ai envoyé tous ces messages parce que je le voulais. J'ai dû cacher ma relation avec lui à tout le monde à la Dalton. Seulement, Sébastian a du commencer à se douter que j'entretenais une liaison avec un gars et lorsqu'il l'a finalement découvert, deux jours avant ma fameuse nuit avec Kurt, il m'a imposé de m'en prendre à lui… Mais je n'ai pas pu. De toutes les personnes que j'ai blessées, Kurt est le seul pour qui il m'était impossible de le faire. C'est pour ça que j'ai préféré tout arrêté. En le quittant, je l'empêchais de l'atteindre par moi-même.
- Tu l'aimes vraiment.
Blaine détourna la tête, mal à l'aise sous cette évidence.
Même si cette phrase sonnait presque comme une question, elle n'en était plus une dans la tête de Rachel. En réalité il ne s'était jamais joué d'eux. Il ne les avait jamais manipulés. Celui à qui il avait caché la vérité était ce scélérat dont il leur parlait depuis presque un quart d'heure déjà.
- Comment tu as pu le laisser tomber de cette façon là ? Poursuivit Rachel, la voix voilée par l'émotion.
- Je devais être dur. Il fallait m'assurer qu'il ne reste pas attacher à moi.
- Et t'étais obligé de le baiser pour ça ? Lâcha Sam, les bras croisés, passablement irrité par ce comportement.
- Sam ! Arr… Commença Rachel.
- Il a raison.
Les trois le dévisagèrent tandis qu'il reprenait :
- J'aurais pu rompre avec lui le jour où Sébastian est venu me voir en me disant qu'il savait tout sur ma relation avec Kurt. Mais, égoïstement, je ne pouvais pas le quitter sans m'être uni à lui au moins une fois. De ma vie, je n'avais jamais ressenti ça pour un homme. Il fallait que je le fasse. La photo que j'ai prise ce matin-là n'était que pour me rappeler de cette nuit. Mais Sébastian m'a dérobé mon portable, l'a trouvé et la suite... Eh bien, vous la connaissez.
Un mutisme plana pendant un bon moment autour de la tablée. Il y avait beaucoup d'informations à encaisser pour tout le monde. Une réalité qui changeait l'intégralité des perspectives de cette histoire.
- Après un tel récit, j'aurais bien besoin d'un autre verre. Soupira Blaine dont le verre avait été avalé durant la durée de toutes ses explications.
- Moi, je prendrais bien le premier… Suivit Sam sous le premier sourire que les quatre partagèrent pour la première fois depuis qu'ils s'étaient croisés.
Et alors que Blaine se levait, leur disant qu'il s'en occupait, Finn l'arrêta, une pensée revenu dans sa tête :
- Je pense à un truc qu'on a un peu mis de côté mais Karofsky… Ils observèrent tous les marques sur son visage… Il n'est pas seulement venu te voir pour te taper dessus. Il ne t'a rien demandé ?
- À vrai dire, entre deux coups et le martèlement de ses questions quant à savoir pourquoi j'avais divulgué cette photo, je lui ai dit vaguement qui était le responsable. J'ai dû lui paraître suffisamment convaincant car il a arrêté de me frapper et m'a menacé d'en finir avec moi si je mentais.
- Pourquoi il agirait comme ça pour Kurt ?
- Surement parce qu'il lui est reconnaissant de ce qu'il fait pour lui sans même en avoir conscience…
- Reconnaissant pour quoi ?
- Eh bien, vous savez – Silence - Je suis sûr que vous savez…
Les deux têtes d'ahuris qu'étaient Finn et Sam n'avaient pas la moindre idée où conduisaient les mots de Blaine quand Rachel pensait savoir exactement ce qu'il insinuait.
- De quoi tu parles ? S'impatienta Finn devenu à présent très proche de Dave.
- Je ne suis pas sûr que c'est à moi d'en parler...
- Dis-nous !
- Il est de la jaquette. Finit par lâcher Blaine
- La jaquette ? Ils répétèrent en même tant, comme deux ignorants.
Et subitement, Rachel perdit patience face à l'incompréhension totale de ses amis et lâcha abruptement :
- Ce qu'il veut vous dire c'est qu'il est gay !
La mâchoire des deux se décrocha un instant tandis que la révélation se faisait dans un coin de leur têtes.
- Karofsky ? Ce n'est pas possible… Il a montré plus une fois qu'il…
- Qu'il détestait les homos. Qu'il préférait les voir brûler en enfer… Et Cetera, Et Cetera… C'est un cas classique de refoulement de sa propre identité sexuelle qu'il ne pouvait pas accepter, déblatéra Blaine, sûr de lui.
- Parce qu'il l'accepte maintenant ? Il n'en donne pas trop l'impression… Souffla Sam étonné par tous ces éclaircissements.
- Il essaie en tout cas. Kurt m'a dit comment il était avec lui avant qu'il ne rejoigne votre chorale. Je pense qu'une fois qu'il vous a rejoint et Kurt par la même occasion il a commencé à comprendre qu'il pouvait être ce qu'il voulait. Je crois qu'il lui offre le courage d'être qui il est et je crois aussi qu'en se prenant à moi, il se vengeait du mal qu'il lui avait fait.
Réfléchissant à la dernière tirade de Blaine, Rachel déclara, la clarté se faisant dans son esprit :
- Donc si on suit ta logique, il va s'en prendre aux gens qui ont blessé Kurt…
- Oui, probablement.
Aucun son ne filtra alors que tous cherchaient à comprendre le raisonnement énoncé par Rachel. Un raisonnement qui n'indiquait qu'une chose :
- Oh merde ! Lâchèrent Finn et Sam d'une même voix, totalement paniqué.
- Et oui !
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda Blaine, légèrement confus.
- Sébastian va le sentir passer… Proféra Finn.
- Et s'il s'attaque à lui, vu la façon dont tu nous l'as décrits, on peut être sûr que ce ne sera que le début des problèmes pour Dave.
- On ne peut pas le laisser se foutre dans la merde à cause d'un mec comme ça. Et à tous les coups il y aura des retombés sur le Glee club. S'enquit Sam peu après Rachel.
Soudain, dans un même élan, ils se levèrent tous de table – même Blaine - et coururent comme des dératés à travers le bar. Ils bousculèrent les gens sur leur passage jusqu'à rejoindre la sortie du bâtiment.
- Appelle-le Finn ! Lui ordonna Rachel alors qu'ils se dirigeaient tous jusqu'au véhicule qui les avait amené et qu'elle demandait à l'attention de Blaine. Où est Sébastian ce soir ?
- Ces parents vivent à Columbus alors il est réside à l'internat de l'école la semaine.
- Il n'y a aucune chance que Karofsky apprenne une telle info, claironna Sam, vivement inquiet
- Quand il m'a cogné tout à l'heure, il avait l'air plutôt déterminé.
Rachel se retourna vers Finn, téléphone en main tandis qu'ils atteignaient enfin la voiture.
- Il ne répond pas.
- Réessaie.
Ils restèrent plantés devant le capot, alors que Finn refaisait le numéro. Il mit le haut parleur et attendirent quelques secondes, n'ayant pas trop d'espoir à ce que le grand gaillard réponde. Pourtant, tandis que la tonalité défilait, David décrocha le timbre sombre et étrangement silencieux :
- Allo ?
- Dave ! T'es où là ?
- Je m'apprête à régler quelques problèmes. Je te rap…
- Fait pas le con, mec ! Le coupa Finn. Je suis avec Rachel et Sam. On est avec Blaine. Il nous a tout expliqué en détails et vaux mieux pas que tu t'attires des problèmes avec ce gars.
- Ecoute je fais ce que j'ai à faire. Ne vous en mêlez pas.
Après plusieurs phrase, il était facile de voir qu'il avait bu plus qu'il n'était nécessaire. Il n'était certainement pas en état pour prendre de bonnes décisions.
- C'est bien beau de vouloir protéger Kurt comme tu le fais. Mais pense aux conséquences sur ta vie, pense à la chorale. Je sais que Kurt ne voudrait que personne ne se mette dans les ennuis pour lui.
- Il s'agit pas que de lui ! Je vais lui faire regretter tout ce… - Il se stoppa - A croire que tu me portes chance, les dernières lumières viennent de s'éteindre… Je dois y aller.
Aussi simplement, il leur raccrocha au nez.
- Il est plus malin qu'il n'y paraît cet idiot. S'exprima Sam avec une certaine compassion et compréhension pour les actes de David.
- Faut l'arrêter avant qu'il fasse une vraie boulette.
- Pour rentrer dans l'académie de nuit, il faut savoir par où passer. Il va perdre du temps à trouver un moyen d'entrer. On peu peut-être y arriver.
Sous les mots de Blaine, ils montèrent l'un après l'autre dans le véhicule sous une déclaration de Finn qui les fit tous se taire alors qu'il démarrait :
- Je crois bien que c'était de ça que parlait Mr Schue quand il disait que ce genre de chose peut rapidement dégénérer en règlement de compte et créer plus de problèmes que de solutions.
Certes, Rachel et ses deux compères n'avaient fait qu'écouter d'une oreille attentive le long dialogue qu'il avait eu aux Woodies avec Blaine. Seulement quand on essayait de s'imaginer les idées qui avaient germé dans l'esprit de Karofsky, ainsi que ce qu'il avait fait endurer à Blaine… Ses actions n'annonçaient rien de bon…
Encore une fois Will avait eu raison…
Et bien évidemment, elle ne manquerait pas de lui raconter tout en détail et de s'excuser pour son manque de jugeote.
Moins d'une dizaine de minutes plus tard, ils rejoignaient le boulevard de la Dalton Académie. Sur l'indication de Blaine, Finn tourna sur la droite, cinquante mètres avant la grande bâtisse, là où se trouvaient les dortoirs des internes.
Ils s'arrêtèrent au bord du trottoir, juste devant l'immeuble de brique rouge, reflétant l'image princière et éclatante de l'école.
- Suivez-moi !
Discrètement, parfaitement silencieux, ils descendirent sous la réplique de Blaine puis empruntèrent la petite cour pavée qui conduisait à l'entrée des lieux. Regardant tout autour d'eux, ils continuèrent sur la droite, suivant la ligne de fenêtre qui s'alignait. Ils contournèrent le premier angle du bâtiment, s'arrêtèrent devant l'une des lucarnes de la façade droite de l'internat.
Et quelle ne fut par leur surprise quand ils remarquèrent celle-ci déjà entrouverte.
- Il semble que votre copain a déjà trouvé la façon d'entrée dans les lieux.
- Pourquoi laisser ouvert un tel accès aussi ? C'est un internat pourtant.
- Il fallait bien que les élèves du dortoir qui souhaitent faire le mur puissent sortir et entrer à n'importe quel moment. Ça fait des années que les étudiants trafiquent certaines fenêtres.
Prenant appui sur ses bras, Blaine monta sur le rebord et s'infiltra silencieusement dans la pièce qui n'était autre qu'une bibliothèque faisant office probablement de salle d'étude. Chacun entreprit le même mouvement puis réunis dans la pénombre de la pièce, ils marchèrent derrière Blaine vers la porte qui conduisait certainement au couloir principal du rez-de-chaussée.
Le garçon ouvrit faiblement la porte, jeta un rapide coup d'œil puis murmura à l'attention des trois qui opinèrent tous :
- La voie est libre. Mais restez aux aguets, Vern, l'agent de sécurité qui est pas très commode doit déjà faire une ronde.
« Une véritable opération commando ! » Pensa Rachel avec autant d'humour que d'inquiétude vis-à-vis de la situation.
Sitôt qu'ils furent dans le corridor, clandestinement, ils cheminèrent vers la porte d'entrée pour accéder à l'escalier qui conduisait aux étages.
- Sa chambre est au deuxième. Il faut…
- J'arrive pas à croire qu'on entre par effraction dans une propriété privé et tout ça pour sortir quelqu'un de là ! Chuchota Rachel peu rassuré.
- Ça fait du bien de commettre des mauvaises actions ? Lança Sam, dans un sourire malin tandis qu'ils atteignaient le premier palier.
- C'est peut-être comme ça que tu prends ton pieds mais…
- Vous allez arrêter tous les deux ! Souffla Finn le ton bas, irrité par l'attitude des deux qui échangèrent un sourire complice.
Soudain, un faible bruit retentit sur leur droite, les arrêtant net dans leur mouvement alors qu'il posait le pied sur l'escalier suivant. D'un même mouvement, ils pivotèrent à quatre-vingt dix degré, observant le long corridor recouvert de peinture encadré, déserté, parfaitement silencieux.
Ils soupirèrent de soulagement, reprirent leur ascension cessant définitivement de parler. Au milieu des marches, bercées par le silence dérangeant des lieux, ils sursautèrent brutalement dès lors qu'un puissant fracas résonna à l'étage qu'il tentait d'atteindre.
Un craquement suivit par la puissance dévastatrice voix qu'ils reconnurent tous :
- Ouvre ta putain de porte connard ! Je vais t'apprendre ce que c'est de s'en prendre aux autres comme tu le fais.
Instinctivement, les quatre jeunes gens se précipitèrent dans les escaliers. Finn s'écroula même dans les marches à un instant pour se releva la seconde suivante. Ils débarquèrent comme des fous dans les couloirs, prirent sur la gauche car c'était là qu'avait retenti la voix de Dave.
- OUVRE !
Karofsky semblait déchainer alors qu'il tournait finalement aux croisements de leur route et l'observait frapper comme un forcené sur la porte.
Sam se précipitait déjà sur lui pour l'emmener de force avec eux. Rachel resta pétrifiée sur place, ayant du mal à croire à tous les évènements qui avaient conduit à l'épisode qui se déroulait sous ses yeux.
Elle fut interpellé par Blaine et Finn cependant alors que le premier qui se précipitait aussi pour aider Sam dans sa besogne se fit arrêter par la main de son ex petit ami qui lui tendait les clés de la voiture
- Blaine attends nous à la voiture et lance le moteur ! On n'est pas élève de cette école nous et il faudra se barrer le plus vite possible.
- TU VAS OUVRIR SALAUD
- Mais… Tenta le jeune garçon.
- QU'EST-CE QU'IL SE PASSE ICI ?!
Une voix austère, qu'elle ne reconnut pas et qui n'annonçait que le début des problèmes sembla soudain se rapprocher rapidement d'eux. Elle provenait au delà de l'angle du corridor, tout en face d'eux.
Le visage de Blaine se peint de gratitude, acquiesçant sous le terme de Finn et repartit en sens inverse par là où il était arrivé.
Au même instant qu'il les quittait, Finn partit aider Sam qui semblait avoir du mal à maintenir la carrure du brun déchainé entre ses bras.
Le faisceau lumineux d'une lampe torche se répercuta contre l'angle du mur, opposé à la position de Rachel.
- Dépêchez- vous !
Elle ne trouva rien de mieux à leur dire alors qu'à deux, ils arrivaient finalement à le ramener vers elle.
- Lâchez-moi !
Alors qu'ils étaient à la hauteur de la jeune fille qui sentit une forte odeur d'alcool imprégné l'air ambiant de Karofsky, Finn s'emporta, retenant de toutes ses forces le garçon qui voulait retourner taper comme un malade contre la porte de Sébastian. D'ailleurs, deux portes s'ouvraient déjà laissant un fin filet de lumière s'échapper des chambres.
- Dave, s'il te plaît ! On a pris des risques pour venir te chercher. Si tu ne veux pas qu'on soit tous dans la merde, viens avec nous !
Les paroles suppliantes de Finn durent le faire revenir sur Terre alors qu'il semblait enfin prendre conscience de leur présence, de la situation.
- EH VOUS ! NE BOUGEZ PAS !
À l'autre bout du détroit, l'éclat de la lampe les aveugla un bref instant. Au même instant la porte de la chambre de Sébastian sembla s'ouvrir au moment même où Sam criait :
- Courrez !
Elle n'eut pas le temps de percevoir son visage et se laissa entraîner par ses amis.
Poussant Karofsky en avant, elle laissa ses compères ouvrir la marche de leur course. Le surveillant aux traits indéchiffrables était sur leur pas alors que Rachel regardait derrière elle pour voir à quelle mesure il se rapprochait d'eux.
Ils retrouvèrent aisément dans les escaliers qu'ils descendirent deux par deux, le souffle court. L'adrénaline s'emparait de chacune de ses liaisons nerveuses. Dans les marches Karofsky s'écroula sur ses genoux, mais fut fort heureusement relevé tout aussi vite par les deux autres.
- ARRÊTEZ-VOUS !
Au niveau de la rambarde, l'homme semblait passablement énervé par cette course poursuite.
Mais les étudiants de Mckinley High n'en eurent que faire et rejoignirent promptement le rez-de-chaussée. Ils reprirent le couloir pour débarquer comme des furies dans la bibliothèque par laquelle ils étaient tous passés. L'un après l'autre, ils s'engouffrèrent par la fenêtre que Blaine avait eue la bonne idée de laisser ouverte. Sam ferma la ligne, passa l'ouverture et sauta au sol dès l'instant où leur poursuiveur entrait dans les lieux.
À bout de souffle, ils longèrent le mur, tournèrent à gauche puis rejoignirent la voiture dont le moteur vrombissait déjà. Dans sa course Rachel virevolta pour voir si l'autre était toujours après eux mais il ne semblait pas les avoir suivit.
Pourtant dès que chacun atteint les portières sous les vociférations de Blaine qui leur disait de grimper rapidement, la porte d'entrée s'ouvrit sur l'homme et sa lampe torche
- Démarre !
À peine avait-il mit un pied dans l'auto, que les portière n'étaient pas encore refermées, Blaine mis un coup d'accélérateur les engageant dans la rue, prenant le virage sous le crissement strident des pneus.
Ils s'éloignaient déjà, l'attention fixée mécaniquement derrière eux. Puis brusquement, comme pour permettre à tout le monde de respirer, Sam lâcha encore sous le joug de l'adrénaline :
- Putain, c'était dément !
Soudain et simultanément, chacun explosa de rire. Sous la nervosité, l'invraisemblance de ce qu'ils avaient entrepris, le bonheur de s'en être tiré, les éclats perdurèrent de longue seconde. Et dès l'instant où elle se dit que rien n'aurait pu arriver après ça, les sirènes d'une patrouille de police retentirent derrière eux, laissant danser dans l'habitable l'éclairage rouge et bleu.
- Non ! Vous n'êtes pas sérieux là ! S'exaspéra Sam assis au milieu sur la banquette arrière.
- Il n'a même pas dépassé les limitations de vitesses. Rajouta Finn.
- Je ne pense pas qu'ils nous soient tombés dessus par hasard. Vern a dû les appeler et leur a probablement décrit la voiture. Il a largement eu le temps de la voir…
- On est foutu ! Soupira Rachel, l'inquiétude ayant repris ses droits.
Blaine se gara sur le bord suivit de près par l'automobile de la police. Ils restèrent tous silencieux, aussi tendus qu'une corde de guitare dès lors qu'ils virent les deux agents des forces de l'ordre descendre et faire claquer leur portière.
Ils s'approchèrent doucement, gardant la lampe torche de celui qui arrivait sur la gauche dirigé directement sur la fenêtre du conducteur.
Dans la nuit, il était impossible de distinguer le visage des policiers, encore moins quand leurs lumières étaient braquées au niveau de leur menton. De cette façon, il ne discernait rien de leurs traits.
Devant les vitres avants, chacun d'un côté, l'un d'eux toqua à celle de Blaine, lui intimant de descendre le rempart qui les séparaient.
- Permis et papier du véhicule s'il vous plaît.
Fort heureusement pour eux, Blaine avait bien passé son permis. Quant aux autres documents, Finn les sortit le plus calmement possible de la boîte à gant.
- Vous venez d'où comme ça ? C'est un peu tard pour des jeunes de sortir si tard alors qu'ils ont certainement cours demain
- On a trainé un peu à Schoonover Park.
- Vous ne vous seriez pas arrêté à la Dalton Académie sur votre route ?
Ils étaient faits comme des rats !
- On a reçu un appel il y a quelques minutes et votre voiture corr…
- Sam ?
L'officier à la fenêtre de Finn braqua sa lumière plus intensément sur le visage du blond. Pour les trois à l'arrière, ils leur été toujours impossible de déchiffrer le faciès des agents, pourtant le son de la voix de celui qui venait d'ouvrir la bouche pour la première fois raidit instantanément le corps de Sam.
- T'en connais un Evans ? S'adressa l'officier à son collègue qui éteint derechef sa torche.
« Evans ! »
- C'est mon fils…
Cette soirée allait vraiment de surprises en surprises.
Les visages des trois garçons se tournèrent illico vers Sam. Rachel, elle, resta obnubilée par le père de Sam qu'elle reconnaissait aisément maintenant que l'éclat ne l'aveuglait plus.
- On fait quoi ?
- Je vais régler ça…
- Comme tu veux. Je te laisse faire. Je t'attends à la voiture.
Être fils d'un flic… Bon sang, il y en avait des avantages !
L'officier qui semblait déjà prêt à les embarquer une minute plus tôt, repartait nonchalamment d'où il venait. De toute évidence, peut importe ce que lui demanderais son coéquipier, il fermerait surement les yeux.
- Descend de là Sam.
Ouvrant la portière du côté de Rachel, bien forcé, Sam passa par-dessus la jeune femme et rejoint son paternel sur le bas côté de la route. La colère et la rage étaient dans chacune de ses mimiques, chacun de ses mouvements. Mais pour ce soir, il allait être impératif pour tous qu'il mette sa fierté de côté.
Son ami serait suffisamment intelligent pour comprendre ça… n'est-ce pas ?
Ils s'écartèrent à une dizaine rendant impossible de percevoir leur conversation. En plus de ça, à côté l'un de l'autre, ils leurs tournaient le dos et il était donc difficile d'avoir une vague idée sur le chemin que prenait leur discussion.
- Il t'avait déjà parlé de son père ?
Sachant que la question de Finn s'adressait à elle, Rachel répondit sincèrement :
- Oui… J'ai même eu l'occasion de le rencontrer le soir de Thanksgiving.
- Il est sympa ?
- Il en avait l'air en tout cas… Mais je préférerais ne pas parler de ça. C'est les problèmes de Sam et si j'étais vous – elle les regarda un à un – j'éviterais de lui poser des questions à son propos.
Personne ne rajouta rien mais acquiescèrent silencieusement d'une certaine façon.
Après cinq minutes, sur une poignée de main comme pour sceller un contrat, Sam fut raccompagné à la voiture par son père. Sam ouvrit la portière pour remonter. Il poussa Rachel à se décaler au milieu, aux côté de Karofsky qui était resté bien silencieux, affichant même une certaine culpabilité sur son visage. Elle ne dit rien pour le moment alors que Mr Evans se postait devant la vitre du conducteur toujours ouverte et leur lançait sévèrement :
- Disons que mon collègue et moi on ne vous a pas vu ce soir alors faites en sorte que les choses restent ainsi à partir d'aujourd'hui. Je ne veux plus à avoir à arrêter un seul d'entre vous.
- Bien sûr ! Déclara Finn quant tous les autres opinaient sincèrement de la tête.
Il appuya alors sur un bouton de sa radio et lança devant leurs yeux…
- Centrale ?
- Echo Charlie, le véhicule a donné quelque chose ? Grésilla le talkie.
- Négatif, ce n'était pas le bon véhicule. On continue les recherches. Terminé.
- Très bien. Terminé.
- Reprenez la route maintenant. Rentrez tous chez vous. Je ne veux plus vous voir sur les routes ce soir.
Sans demander leur reste, Blaine remit le contact et démarra sur la route qu'ils empruntaient avant d'être arrêter.
Le silence persista alors dans l'auto et cela par simple respect pour Sam qui était loin d'être de très bonne humeur depuis qu'il était remonté à bord. Rachel lui donna un petit coup de coupe dans les côtes pour attirer son attention vers elle.
Il ne prit même pas la peine de se tourner vers elle. Elle crut qu'ils en resteraient là mais elle le vit alors pianoter sur son téléphone qu'il lui tendit discrètement par la suite. Elle lut alors :
« Il nous laissait filer si j'acceptais les séances avec ma mère, lui et le psy »
Sans un son, elle lui rendit l'instrument, passa son bras autour de ses épaules. Dans l'état actuel, dire quelque chose n'aurait servit à rien. Il devait juste savoir qu'elle serait présente pour lui s'il en avait besoin.
Sur la route pour ramener chacun chez soi, après ce qui pesa comme de très longues minutes, Finn demanda alors à Karofsky, revenant sur les évènements qui les avaient tous conduits ici :
- Sérieux, Dave, t'allais lui faire quoi à ce Sébastian ?
- À peu de chose près… La même chose qu'à lui. Dit-il sobrement, en regardant Blaine à travers le rétroviseur. Et maintenant qu'on parle de ça, je suis désolé pour ce que vous avez tous dû faire ce soir.
- T'inquiète pas. Sans rancune.
- Et puis ça partait plus ou moins d'un bon sentiment. T'as fait ça pour Kurt au départ. Enchérit la petite brune.
Il ne semblait pas trop apprécier que l'on montre ainsi du doigt pour qui il avait agit de la sorte. Néanmoins, tous entendirent clairement les paroles suivantes :
- Il n'a pas mérité tous ce qu'« on » lui a fait enduré. Je crois que j'essayais simplement de l'aider de la seule manière que je connaisse.
- T'es un mec bien, Dave.
Cette unique phrase que prononça Sam, sans même quitter l'extérieur du regard, abasourdi tout le monde. Aussi facilement, le blond enterrait la hache de guerre entre eux. Il le reconnaissait et acceptait l'homme qu'il était devenu.
- Je pense qu'il serait bien qu'on garde secret toute cette histoire. C'est mieux pour tout le monde, vous ne croyez pas ? Leur demanda Finn.
Question à laquelle tous agréèrent.
- Cela dit… Il s'adressa à Blaine… Toi, tu vas devoir parler à Kurt. Le plus tôt possible. On lui dira ce qu'il s'est passé ce soir, comment tu nous as aidés mais c'est à toi de lui raconter tout ce que tu nous as avoué aux Woodies. Ensuite, t'auras plus qu'à prié pour qu'il te reprenne.
- Pour ça, j'ai déjà commencé.
Quelques jours après tous ces évènements, alors qu'il venait de réattaquer pour une nouvelle semaine de cours, étrangement, tout était redevenu parfaitement normale.
Kurt était revenu en cours. Il avait été mis au courant de tous les faits de la fameuse soirée qui avait eu lieu jeudi dernier. Blaine lui avait tout expliqué, lui fournissant plus de détails encore qu'à eux d'après les dires de Kurt. Des détails sur la façon dont il avait traité certaines personnes par le passé.
Rachel se rappelait avoir beaucoup rit quand son ami lui avait dit qu'à la fin de son discours, il n'avait pu réfréner de lui envoyer une violente gifle en plein visage. Ce, juste avant de fondre sur ses lèvres pour lui témoigner que tout était pardonné maintenant qu'il savait la vérité. Ça avait surement été la conversation la plus intense que Kurt n'ai jamais partagé avec qui que se soit.
D'ailleurs, malgré que Dave ne s'y soit pas pris correctement, le garçon n'avait pas oublié d'aller le remercier pour ce qu'il avait voulu faire pour lui. Cette scène là, qui s'était déroulé devant les yeux de la jeune fille, avait été pour le moins atypique.
Quant au cas de Sam, qui avait été réintégré après ces trois jours de suspensions, avait été satisfait qu'aucune des personnes présente ce soir-là ne lui ait reparlé de son père. D'après ce qu'il lui avait dit ce week-end, la première séance avec le psychologue n'aurait pas lieu avant une semaine encore. Et comme il l'avait mentionné, c'était toujours ça de gagner en attendant…
Pour finir et pas des moindre, la relation qu'entretenaient Will et Rachel était elle aussi de nouveau au beau fixe.
Suites aux évènements survenus, dès le lendemain, après avoir retrouvée Will dans la Cour Sud, elle lui avait tout raconté en n'omettant aucune partie de ce qui avait été dit ou vécu. Son amant était bien le seul au courant de chaque élément de toute l'affaire.
Elle s'était excusée pour son manque d'anticipation et de raisons. Il avait été heureux qu'elle fasse preuve d'une telle franchise avec lui, qu'au bout du compte ces paroles sensées la protéger elle et ses élèves avaient été entendues. Et bon sang, ce jour là, s'ils n'avaient pas été au lycée, ils se seraient unis une fois de plus. Trop heureux d'en avoir terminé avec cette dispute, il avait passé presque le reste du temps accroché au corps et à la bouche de l'autre…
Que de péripéties avaient bercés sa vie ses derniers jours, semaines, mois…
Elle attendait tout contre l'arbre de la Cour Sud la venue de Will, laissant ses prunelles s'étendre sur le paysage qui comblait ce magnifique décor. Quand elle entendit, les bruits de pas dans le petit escalier, elle se retourna subitement pour offrir à Will le plus merveilleux des sourires.
Celui-ci n'eut pas l'air de le capter alors qu'il marchait jusqu'à elle, la tête basse, obnubilé par elle ne savait quelle réflexion. Elle vint à sa rencontre, lui prenant immédiatement la main et demanda confuse :
- Il y a un problème ?
- Je sais pas trop encore… Un truc bizarre vient d'arriver.
- Explique.
- Eh bien…
Flashback
Will s'apprêtait à quitter sa salle de cours pour rejoindre Rachel dans la Cour Sud. Et dès l'instant où son sac fut sur son épaule, Sue Sylvester entra dans la pièce sans même toquer à la porte.
- La politesse veut qu'on le frappe d'abord et que l'on attende de nous dire d'entrée Sue.
- J'ai préféré évité. À force d'écouter tes élèves chanter, je me suis dit que tu devais déjà commencé à devenir sourd.
- Ah ! Ah ! Ironisa-t-il. Qu'est-ce que tu veux cette fois ?
Elle s'avança de quelques pas jouant avec le papier qu'elle tenait entre les mains alors qu'elle relançait :
- J'ai trouvé ça sur le net. Ça a été déposé il y a quelques minutes. Je me suis dit que tu pourrais la montrer à qui de droit.
Il regarda la photo, éprouva un peu de peine mais surtout une envie irrésistible de rire face à la dérision d'une telle scène.
- Tu trouveras bien quelqu'un pour te dire de quoi il s'agit…
Sur ces simples mots, sans autres explications, elle quitta alors la pièce.
Fin du flashback
Rachel épia Will à la fin de son discours.
- Fais voir la photo ! Lui dit-il impatiente de voir de quoi il s'agissait.
Il sortit alors le document de son sac, lui tendit sous le choc de la jeune fille.
- Nom de Dieu !
- Tu le connais ?
Elle se mit soudain à rire à s'en faire mal aux côtes. Elle rit si fort qu'elle eu presque peur un court instant que quelqu'un puisse l'entendre à l'autre bout du lycée.
- Qu'est-ce qu'il y a ? l'interrogea Will incrédule.
- C'est Sébastian, lâcha-t-elle tout en continuant de glousser. Le responsable de tous les problèmes de Kurt.
- Tu en es sûr ?
- Blaine nous a montré sa tête sur son compte facebook ce week-end… Enfin il avait encore des cheveux à ce moment et portait des vêtements moins affriolants.
Elle lui arracha soudain la photo des mains et ponctua :
- Non mais t'a vu le trait noir sur toute la longueur de son crâne… On dirait un vrai cul !
Emporté par l'éclat de la jeune fille, Will se laissa à son tour entraîner par sa bonne humeur.
- Finalement il y a une justice, confessa-t-elle tout claironnante.
Mais subitement, Will s'arrêta de rire comprenant exactement qui était la responsable d'un tel évènement. Il se rappelait encore la conversation qu'il avait eue avec le coach près d'une semaine plus tôt alors qu'elle cherchait le responsable des soucis de Kurt.
- Une justice qui s'appelle Sue Sylvester… Et tu sais ce que ça veut dire…
Aussi vite que l'hilarité était apparu, elle s'éteignit.
- Oh non…
- J'ignore comment elle a put faire un truc pareil ou même comment elle a réussi à savoir que c'était ce Sébastian le responsable de ce qui est arrivé à Kurt. Mais on peut être sûr d'une chose... on va payer cher cette bonne action. Et plus vite qu'on ne le croit.
Le couple s'observa intensément. La boutade dont avec été victime Kurt semblait l'avoir poussé à prendre leur parti et faire payer le responsable de la plus belle des façons qui soit.
Mais malgré ses intentions qui passait presque pour honorable, il fallait reconnaître que Sue aimait souvent être la seule et unique à mettre en pièce leur précieuse chorale.
Ils pouvaient s'attendre à en baver très prochainement…
Fin de chapitre.
Ce sera tout pour cette fois cher lecteurs !
J'espère, comme d'habitude, que ces deux nouveaux chapitres vous ont plu.
N'hésitez pas à me faire savoir votre avis à ce propos ;) C'est toujours bon à savoir surtout après une telle histoire. Et si il vous reste des questions à propos de Blaine, Sebastian, Karofsky, Sam... c'est normal... Je n'en ai pas encore fini avec eux aussi :D
Au plus vite possible !
