Labyrinthe et Bleach appartiennent à leurs propriétaires respectifs.


Une heure était passée depuis leur fuite, tumultueuse et agitée, du WICKED. Durant tout ce temps Tsukishiro avait été absente, tentant de se remettre les idées en place. Mais à chaque fois qu'elle essayait les images de Toru agonisant lui revenaient. A côté d'elle le capitaine était resté calme, la laissant tranquille, elle le remerciait pour cela, elle avait juste besoin de calme. Calme difficile à trouver à cause de la vitesse insensée du conducteur à travers les villes et villages qu'ils traversaient. A certains moments des gens semblables à la folle s'amassèrent autour du bus, le chauffeur n'en tint pas compte et continua sa course effrénée. A travers les vitres et la pluie battante les lumières des villes leur semblaient irréelles, imaginaires, tous avaient encore du mal à croire ce qui leur arrivait. Après tout ce qu'ils avaient vécus dans le Labyrinthe, contre les griffeurs, les voilà dans un bus roulant à vive allure à travers la nuit et la pluie, il y avait de quoi être déboussolé.

La blanche sorti de ses pensées en entendant son voisin demander à la femme non loin d'eux ce qu'il se passait, il était effectivement temps de savoir à quoi rimait cette situation.

- Oh, c'est une très longue histoire, répondit-elle d'une voix calme et plus aimable qu'attendu.

Peut-être étaient-ils vraiment de leur côté, enfin ils l'espéraient tous.

- S'il vous plait, racontez nous. Demanda Hana, assise avec Ichigo juste devant les deux blancs.

La femme les regarda avant de soupirer.

- Il va vous falloir un moment pour retrouver la mémoire, si toute fois elle revient. Nous on n'est pas des savants, on ne sait pas combien de temps ça va prendre ni comment ils ont fait.

- Qui sont ces gens ? Demanda la maton aux cheveux noirs.

- Tout remonte à l'époque des grandes éruptions solaires. Elles ont eu lieu de manière imprévisible. Il y a toujours eu des éruptions solaires, c'était déjà observé avant, mais jamais d'aussi impressionnantes. Celles-ci ont été sans précédent. Quand ont les a vu s'était déjà trop tard. D'abord les satellites ont brûlés, il y a eu des millions de morts en quelques jours et des pays entiers sont devenus des déserts. Après ça il y a eu la maladie… Quand l'écosystème est mort à son tour il a été impossible de la contrôler. On appelle ça la Braise. C'est horrible, vraiment horrible. Seuls les plus riches ont les moyens de se payer un traitement, il n'y a aucun remède contre la Braise. A moins que certaines rumeurs soient vraies…

Beaucoup de questions traversèrent les blocards mais ils se continrent pour écouter la suite.

- Quant à vous, vous n'êtes que des orphelins parmi tant d'autres. Ils en ont testés des milliers mais vous avez décroché votre place pour le dernier test. Tout ce que vous avez vécu a été soigneusement pensé et calculé afin d'étudier vos réactions et vos ondes cérébrales, vos pensées. Tout ça pour que les chercheurs trouvent un remède contre la Braise.

Elle fit une pose pour organiser ses pensées et reprit.

- La plupart des symptômes physiques sont les même. Ça commence par un délire, puis l'instinct animal remplace les réflexes conditionnés et enfin la maladie détruit la partie humaine de la victime. Tout ça se passe dans le cerveau. La Braise ''vit'' dedans. Je préfèrerai mourir que de l'attraper.

La femme fit passer ses yeux noirs sur les quatre blocards face à elle en fronçant les sourcils.

- Il est hors de question de les laisser infliger ça à des enfants. On a juré de combattre le WICKED. On vous en dira plus en arrivant, nous vivons loin dans le Nord. Il y a des milliers de kilomètres entre les Andes et nous. On appelle ça la Terre Brûlée, elle est plus ou moins centrée autour de l'équateur. Ce n'est qu'on désert de poussière où vivent des sauvages contaminés par la Braise. On essaye de la traverser pour trouver un remède. Mais on est déterminés à combattre le WICKED pour qu'il cesse ses expériences. On espère sincèrement que vous vous joindrez à nous.

Sur ces mots elle se tourna vers la fenêtre, mettant fin à la discussion.

Tu crois qu'on est en sécurité maintenant ? Demanda doucement la blanche.

Je ne sais pas, j'espère. Répondit-il pensivement. Repose-toi, tu en as besoin.

Je ne suis pas la seule. Fit-elle en baillant.

Le jeune homme ne répondit pas, la blanche s'était endormie contre son épaule, respirant doucement. Elle avait eu beaucoup d'émotions fortes, comme tout le monde, mais l'impact sur elle avait été quelque peut différent, au vu de sa relation privilégiée avec Toru. Il la regarda un moment, se ressassant les mots de la femme non loin d'eux, tout ceci était bien compliqué mais confirmait qu'Ichigo et lui n'étaient pas dans leur monde, ils avaient été piégés ici.

Il soupira, il allait falloir un bon moment pour que Soul Society les retrouve, si ont les retrouves. D'un autre côté ils étaient maintenant plus qu'impliqués dans cette histoire et pour une raison qu'il ignorait il voulait arriver au bout, partir avant lui semblait être la solution de facilité, en le faisant il fuirait et il ne voulait pas abandonner les blocards, ils ne le méritaient pas et surtout pas maintenant. Si on lui proposait de partir maintenant il refuserait, à coup sûr. Et puis… il y avait Tsukishiro, elle l'intriguait de plus en plus et dire qu'elle les avaient vu tous les deux enfants le travaillait, il voulait savoir pourquoi, savoir qui elle était, qui ils étaient.

Il posa à nouveau son regard sur elle, ses traits étaient enfin calme, bien sur tout cela allait la hanter un moment mais si elle arrivait à avancer malgré ça alors ça irai. Il faut du temps à toutes choses. Il fronça soudain les sourcils en repensant à sa transformation en louve, il allait la questionner dessus, doucement mais la questionner tout de même. Peut-être n'en savait-elle pas plus, si c'était dû au WICKED alors elle avait surement oublié, ou pas, avec la transformation tout était possible. Qui plus est il devait en parler avec elle.

Soudain il sentit le bus s'arrêter, il regarda sa montre et vit que deux heures supplémentaires s'étaient écoulées. En regardant dehors il vit qu'ils étaient sur un parking boueux devant un grand bâtiment qui comportait plusieurs rangées de fenêtres.

Les soldats les conduisirent à l'intérieur et les firent monter à l'étage, dans un immense dortoir où des lits superposés s'alignaient. Des placards et tables se trouvaient également dans la grande pièce et les fenêtres étaient couvertes de rideaux.

L'endroit était assez coloré, trop pour le jeune capitaine, les murs étaient jaune vif, les couvertures rouges, les rideaux verts pomme…

- J'ai l'impression d'être au paradis, déclara Minho.

- Je suis d'accord. Approuva Ichigo. Après le Bloc tout gris j'ai l'impression d'être sur une autre planète.

Sur ces mots le chef de leurs ''sauveurs'' les laissa aux bons soins d'un petit groupe de neuf hommes et femmes en pantalon noir et chemise blanche, entièrement propres, et emporta avec lui les deux seules filles du Bloc, leur expliquant qu'elles avaient leur propre chambre. On leur attribua alors des lits et on leur distribua de nouveaux vêtements avec un nécessaire de toilette.

Le diner fut le meilleur qu'ils eurent mangé depuis des années, au menu pizza, une grosse pizza. Bien que le blanc fût réticent au début, après avoir passé des semaines dans le Labyrinthe on devient moins pointilleux quand on leur offre un bon repas. Le groupe respirait la joie, la satisfaction et le soulagement. Ils étaient assez silencieux mais les sourires soulagés étaient bien là. Le capitaine ne pouvait s'empêcher de penser que tout ça était trop beau, beaucoup trop beau pour qu'il n'y ait pas de revers à la médaille. Le roux sembla deviner ses pensées et se contenta de lui dire de profiter pour le moment, qu'ils aviseraient plus tard. Le jeune homme haussa les épaules, il valait mieux être trop prudent qu'insouciant.

Quand vint l'heure d'aller se coucher personne ne protesta, tous avaient besoin de sommeil et ce n'était pas le trajet en bus qui avait put les reposer entièrement. La fatigue était là et plus pesante que jamais.

Toshiro partageait son lit superposé avec Ichigo, qui avait insisté pour dormir en haut. A côté d'eux se trouvait les lits de Minho et Newt.

- Hé les gars… Fit Minho.

- Hum ? Répondit vaguement Ichigo, à moitié endormi.

- Vous pensez qu'ils se devenus quoi, ceux qui sont restés au Bloc ?

- Aucune idée. Mais vu le nombre de victimes qu'il y a eu pour venir je n'aimerai pas être à leur place. Dit Newt.

- Vous croyez qu'on est en sécurité avec ces gens ?

- Oui, peut-être. Admit Ichigo.

- Et toi Toshiro, t'en dit quoi ?

- Je ne sais pas. On ne les connait pas, je préfère m'en méfier un minimum.

- Je suis d'accord. Acquiesça Newt.

Il eu un silence pensif avant qu'ils ne se souhaitent tous une bonne nuit. Le capitaine bailla, se remémorant tout ce qu'ils avaient traversés, Ichigo et lui, depuis leur réveil au Bloc. Tout ça lui semblait si loin à présent… Il repensa soudain à Tsukishiro.

Tsukishiro ? Comment ça se passe de votre côté ?

Tu ne dors pas le bleu ? Grommela-t-elle.

Dans un premier temps il ne répondit pas, en fait il était soulagé qu'elle l'ai appelé ''le bleu'', ça prouvait qu'elle ne se laissait pas abattre, qu'elle redevenait doucement celle qu'il avait connu en arrivant au Bloc, la si forte et mystérieuse maton des coureurs.

Il semblerait que non. Je te réveille ?

Non, pas encore du moins. Pour ce qui est de ma chambre… un peu trop criard les couleurs.

On a la même chose ici, c'est hideux.

Absolument d'accord, mais un peu de couleur après trois ans de gris… je ne vais pas trop me plaindre.

Elle avait eu une courte hésitation en pensant au gris du Bloc, la couleur turquoise des yeux du blanc était soudainement apparue dans son esprit. Il avait été une couleur dans le gris de son esprit, une couleur dans le gris du Bloc, mais elle préféra se mordre la langue, dire ça serait étrange, n'est-ce pas ?

Tsukishiro ?

Oui ?

Tu as bien dit ''ma chambre'' ?

Ha, oui, on m'a séparée d'Hana, pour me laisser un peu seule ont-ils dit. Une excuse bidon si tu veux mon avis.

Comment ça ?

Ils voulaient surement m'isoler pour mieux… non, non rien. Soupira-t-elle.

Elle n'avait pas eu besoin de finir pour qu'il comprenne, surement était-ce dû à sa transformation en loup. Il hésita à la questionner tout de suite, finalement il se dit que ce n'était pas le moment, tout le monde avait besoin de repos, pas de poser d'avantage de question.

J'ai discuté un peu de ce qu'il s'était passé avec Hana, sur… sur Toru… Elle m'a passé un sacré savon. Avoua-t-elle.

Ça t'a aidé ?

Oui… Je pense… Mais je…

Tu as besoin de temps.

Oui.

Il eut un court silence avant que le jeune homme ne reprenne.

Si tu as besoin, n'hésite pas à venir m'en parler, je serais toujours là pour t'écouter.

C'est gentil. Merci, Toshiro.

Il ne répondit pas, gêné de son initiative, de mémoire il n'avait jamais dit ça à quelqu'un, quoi qu'il ne pouvait pas vraiment se fier à sa mémoire. Il soupira, il s'était vraiment adouci.

Tsukishiro…

Oui ?

Ça va peut-être te paraitre étrange venant de moi mais… mais j'aimerai me souvenir de toi, enfin de nous… enfin... par rapport à ce que tu m'as dit avoir vu durant ta transformation.

Elle resta silencieuse un moment avant de répondre doucement.

Moi aussi. J'aimerai en savoir plus encore. Et ce n'est pas étrange, Toshiro, je crois que tu es trop dur avec toi-même.

Et c'est toi qui me dis ça ?

Ironique pas vrai ? Avoua-t-elle avec un rire. Bon, je tombe de sommeil, bonne nuit.

Bonne nuit Tsuki.

Il sentit un sourire venir d'elle, sourire qui se fit doucement communicatif. Ce n'était pas un grand sourire, mais un sourire simple, doux. Pour l'instant ça suffisait.


Plus que l'épilogue et nous en aurons fini avec ce tome ! Le prochain se nommera ''Bound in the Heart'', à bientôt !